Je viens de terminer, avec soulagement, la lecture du dernier livre de Jean Tirole, l’Économie du bien commun.
Je dis « avec soulagement » car je dois bien l'avouer, ce livre m'est parfois tombé des mains tellement sa lecture peut s'avérer ennuyeuse ; mais il sera certainement très apprécié des étudiants en économie voulant apprendre quelque chose de notre « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel » autrement appelé par simplification (ou par fainéantise) prix « Nobel d'économie ».
Certains passages sont parfaitement abordables et compréhensibles du commun (sic) des mortels, par contre d'autres se révèlent abscons et exigent du lecteur courageux d'être complètement éveillé et en possession de tous ses moyens intellectuels afin de comprendre quoi que ce soit, ce qui explique peut-être que le relecteur en charge de la correction orthographique ait laissé passé quelques bourdes vers la fin du livre du genre de celles-ci :
Mais ces fautes d'inattention ou mauvaises connaissances du sens d'un mot, même si dans le second cas on peut trouver cela étonnant de la part de quelqu'un d'aussi érudit que Jean Tirole, n'enlèvent rien à la pertinence (ou la non-pertinence...) des propos de l'économiste qu'il est.
Il m'est impossible de faire un résumé de ce livre tellement il est touffu, touffu dans le sens où il n'y a pas beaucoup d'« air » dans sa rédaction, c'est-à-dire que non seulement il manque de l'originalité qui permettrait au lecteur de rester attentif et de ne pas s'endormir, mais il y a également une telle densité d'informations que cela s'apparenterait presque davantage à du bourrage de crâne qu'à une dissertation sur ce que représente l'économie du bien commun, titre du livre et sujet apparemment paradoxal quand il est traité par un économiste plutôt catalogué (étiqueté ?) comme libéral que comme hétérodoxe...
Cependant, même si Jean Tirole ne fait pas partie des Économistes Atterrés, on ne peut pas dire qu'il soit un extrémiste du libéralisme, autrement dit un néo (ou ultra) libéral ; quelques passages suffisent à se convaincre aisément qu'il est assez modéré et réaliste (et lucide) dans ses positions :
Je ne prendrai qu'un seul exemple tiré du livre de Jean Tirole, dans lequel on est en droit de se poser des questions...
Dans le sous-chapitre sur les tarifs des entreprises régulées (page 611) Jean Tirole nous dit ceci, qui apparemment dans son esprit ne s'applique pas uniquement aux entreprises régulées mais a un caractère général :
En tant que consommateur je me vois essentiellement confronté à deux situations :
Et que dire quand il se lance dans des explications de ce genre ?
Jean Tirole est beaucoup plus convaincant sur le sujet du climat pour lequel il consacre plus de quarante pages (263 à 310) avec en plus quelques références parsemées tout au long de son ouvrage ; ainsi :
Je dis « avec soulagement » car je dois bien l'avouer, ce livre m'est parfois tombé des mains tellement sa lecture peut s'avérer ennuyeuse ; mais il sera certainement très apprécié des étudiants en économie voulant apprendre quelque chose de notre « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel » autrement appelé par simplification (ou par fainéantise) prix « Nobel d'économie ».
Certains passages sont parfaitement abordables et compréhensibles du commun (sic) des mortels, par contre d'autres se révèlent abscons et exigent du lecteur courageux d'être complètement éveillé et en possession de tous ses moyens intellectuels afin de comprendre quoi que ce soit, ce qui explique peut-être que le relecteur en charge de la correction orthographique ait laissé passé quelques bourdes vers la fin du livre du genre de celles-ci :
- [...] les réseaux base tension [...] (page 622)
- La première solution qui vient à l'esprit, dites des droits physiques sur les transports [...] (page 622)
- Cette incitation a incité le gestionnaire [...] (page 606)
Mais ces fautes d'inattention ou mauvaises connaissances du sens d'un mot, même si dans le second cas on peut trouver cela étonnant de la part de quelqu'un d'aussi érudit que Jean Tirole, n'enlèvent rien à la pertinence (ou la non-pertinence...) des propos de l'économiste qu'il est.
Il m'est impossible de faire un résumé de ce livre tellement il est touffu, touffu dans le sens où il n'y a pas beaucoup d'« air » dans sa rédaction, c'est-à-dire que non seulement il manque de l'originalité qui permettrait au lecteur de rester attentif et de ne pas s'endormir, mais il y a également une telle densité d'informations que cela s'apparenterait presque davantage à du bourrage de crâne qu'à une dissertation sur ce que représente l'économie du bien commun, titre du livre et sujet apparemment paradoxal quand il est traité par un économiste plutôt catalogué (étiqueté ?) comme libéral que comme hétérodoxe...
Cependant, même si Jean Tirole ne fait pas partie des Économistes Atterrés, on ne peut pas dire qu'il soit un extrémiste du libéralisme, autrement dit un néo (ou ultra) libéral ; quelques passages suffisent à se convaincre aisément qu'il est assez modéré et réaliste (et lucide) dans ses positions :
- Le marché a de nombreuses défaillances, qui doivent être corrigées (titre d'un sous-chapitre page 209)
- Le défi climatique (titre d'un chapitre page 263)
- Mais, au fait, pourquoi régule-t-on ? (titre d'un sous-chapitre page 422)
- Dans beaucoup de domaines, nous sommes dépendants de l'avis d'experts beaucoup mieux informés que nous [...] La confiance est non seulement liée à la compétence, mais aussi à l'absence de conflits d'intérêt [...] (page 529)
- La dérégulation et l'ouverture à la concurrence n'allaient cependant pas de soi, sauf peut-être chez les idéologues du laissez-faire. (page 597)
Je ne prendrai qu'un seul exemple tiré du livre de Jean Tirole, dans lequel on est en droit de se poser des questions...
Dans le sous-chapitre sur les tarifs des entreprises régulées (page 611) Jean Tirole nous dit ceci, qui apparemment dans son esprit ne s'applique pas uniquement aux entreprises régulées mais a un caractère général :
- [...] l'efficacité économique requiert que le prix d'un bien ou d'un service soit égal au coût marginal de ce bien ou de ce service. Le coût marginal est le coût de production d'une unité supplémentaire du produit et ne reflète donc en rien l'existence de charges fixes [...] Ces coûts fixes [...] doivent être soit ventilés entre les différents produits et les différents consommateurs qui collectivement justifient ces charges fixes, soit couverts par un financement séparé [...] Le raisonnement derrière ce principe de tarification au coût marginal est simple (sic) : si un bien coûte 10€ à produire, le consommateur que je suis internalisera le coût pour la société de la production de ce bien seulement s'il est tarifé à 10€ [...] (suivent plusieurs exemples de tarifications avec les comportements du consommateur y afférents)
En tant que consommateur je me vois essentiellement confronté à deux situations :
- dans l'urgence : je suis par exemple dans un magasin ou une grande surface et je n'ai pas la possibilité de comparer le prix d'un article avec ceux de la concurrence ; en fonction de mes moyens financiers et de mon désir d'acheter cet article je serais éventuellement prêt à dépenser bien plus que le prix affiché, alors que mon voisin, lui, ne mettrait sa main à la poche que si l'article en question était bradé avec une décote de 80%, et encore...
- dans le calme : je suis devant mon ordinateur et j'ai tout le temps de comparer les prix d'un bien ou d'un service afin de choisir le moins cher tout en respectant certains critères de qualité (ou pas)
Et que dire quand il se lance dans des explications de ce genre ?
- page 621 : Pour une structure aval concurrentielle, il faut que le tarif d'accès soit linéaire et que son prix unitaire excède le coût marginal de l'activité amont afin de pouvoir couvrir les coûts fixes de l'infrastructure.
- [...] on ne peut pas à la fois avoir une situation de monopole et réguler le secteur comme s'il était concurrentiel.
Jean Tirole est beaucoup plus convaincant sur le sujet du climat pour lequel il consacre plus de quarante pages (263 à 310) avec en plus quelques références parsemées tout au long de son ouvrage ; ainsi :
- page 32 : [...] de nombreux républicains se voyaient confortés dans leur posture climatosceptique. (en référence à des recherches de Dan Kahan)
- page 33 : Nous ne voulons pas entendre que la lutte contre le réchauffement climatique sera coûteuse. [...] les messages qui écornent l'image de ce conte de fées et de Bisounours [à savoir un monde « dans lequel les acteurs n'auraient pas besoin d'être incités par la loi à se comporter vertueusement »] sont perçus au mieux comme anxiogènes, au pire comme émanant de suppôts, selon les cas, des fanatiques du réchauffement climatique, des idéologues de l'austérité ou des ennemis du genre humain.
- page 38 : Toute solution sérieuse au problème du réchauffement climatique ne peut être que mondiale.
- page 61 : [...] il faut bien s'assurer que ceux qui peuvent réduire leur pollution à bas coût le fassent ; c'est exactement ce qu'assure un prix du carbone.
- page 156 : Un [...] exemple du dilemme du prisonnier est offert par la lutte contre le réchauffement climatique [...] Individuellement, chaque pays a intérêt à ne pas réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, mais les conséquences collectives de cette attitude égoïste sont désastreuses.
- page 481 : La taxation du carbone est une politique qui ne fausse pas la concurrence entre les diverses solutions qu'on peut apporter au réchauffement climatique.
- page 485 : [...] il semble acquis qu'une innovation technologique substantielle sera nécessaire si l'on veut contenir le réchauffement climatique à un niveau tolérable.
- page 628 : [...] veut-on financer les renouvelables pour combattre le réchauffement climatique (si oui, une tarification directe du carbone serait une manière beaucoup plus efficace d'encourager le renouvelable [...]
- page 629, en note de bas de page : Une tarification du carbone est vraiment plus simple et plus logique en même temps.
- L'enjeu climatique
- Limiter l'augmentation à 1,5 à 2° C représente [...] un défi énorme, surtout dans un contexte mondial de croissance démographique forte et de désir légitime d'un nombre important de pays d'accéder au niveau de vie occidental.
- Les raisons du surplace
- [...] notre politique commune [...] est le fruit de deux facteurs : l’égoïsme vis-à-vis des générations futures et le problème du passager clandestin.
- Chaque pays agit d'abord dans son propre intérêt [...] La majorité des bénéfices liés aux mesures d'atténuation prises par un pays donné profite en réalité à d'autres pays.
- [...] le phénomène du passager clandestin est aggravé par l'idée que chacun obtiendra plus dans une négociation future s'il en fait moins aujourd'hui.
- Des négociations qui ne sont pas à la hauteur des enjeux
- En prenant des années de haute pollution comme référence, les pays gonflent artificiellement l'ambition des objectifs qu'ils s'assignent.
- [...] le constat scellé par l'accord de la COP 21 est le bon.
- L'accord repousse [...] à une date ultérieure l'engagement concret des pays à réduire leurs émissions.
- L'accord est un succès diplomatique incontestable[...] mais ce consensus a été acquis en cédant à différentes exigences [...] et donc au prix d'un manque d'ambition [...]
- Responsabiliser les acteurs face au réchauffement climatique
- Pour résoudre [le] problème du passager clandestin, les économistes ont depuis longtemps proposé [...] le principe du « pollueur-payeur ».
- La justification des subventions aux énergies renouvelables (EnR) est la « courbe d'apprentissage », c'est-à-dire l'idée selon laquelle les coûts baissent au fur et à mesure que les entreprises produisent.
- Les inégalités et la tarification du carbone
- Les pays pauvres et émergents font remarquer à juste titre que les pays riches ont financé leur industrialisation en polluant la planète et qu'eux aussi voudraient accéder à un niveau de vie comparable.
- [...] un prix du carbone élevé dans les pays développés n'aurait qu'un effet limité du fait de la délocalisation de la production vers les pays à bas prix du carbone.
- [...] la réalité des inégalités internationales nous amène à poser la question du partage du fardeau climatique.
- Lors des conférences internationales, les hommes politiques ont l'habitude de promettre des contributions financières, mais une fois la conférence terminée, ils réduisent ces promesses ou reviennent dessus.
- Crédibilité d'un accord international
- l'OMC pourrait considérer que le non-respect d'un accord international sur le climat équivaut à un dumping environnemental et devrait à ce titre imposer des sanctions.
- [...] le non-respect d'un accord sur le climat devrait être considéré comme [...] de la dette souveraine.
- En conclusion : remettre les négociations sur la bonne voie
- Malgré l'accumulation des preuves scientifiques du rôle anthropique dans le réchauffement climatique, la mobilisation internationale sur ce sujet reste en pratique décevante.
- [...] ne [...] pas occulter les motifs d'optimisme.
- [...] la prise de conscience dans les opinions publiques a progressé depuis quelque temps.
- [...] plus de quarante pays [...] ont institué des marchés de droits d'émission négociables [...]
- [...] la baisse substantielle du coût de l'énergie solaire fait entrevoir des solutions économiques au problème des émissions de l'Afrique et d'autres pays en développement et émergents.
- Dans le contexte actuel, il n'y a pas d'issue alternative.
- [...] établissement d'un prix universel du carbone compatible avec l'objectif des 1,5 à 2°
- [...] une infrastructure de contrôle indépendante [...] ainsi qu['] un mécanisme de gouvernance
- [attaquer] de front la question épineuse de l'équité







En effet, malgré ce qu’affirment Al’Gore et ses activistes repris par nos médias, il n’y a pas DU TOUT de consensus scientifique sur le sujet, mais alors bien au contraire.
(Et depuis que Al’Gore a déclaré que le débat étais clos, le nombre de scientifiques sceptiques n’a cessé de croitre.)
(ça n’est pas forcément le plus significatif, mais juste à titre d’exemple : http://www.petitionproject.org/ )