samedi 11 mars 2017

Jean Tirole et l'économie du bien commun

Je viens de terminer, avec soulagement, la lecture du dernier livre de Jean Tirole, l’Économie du bien commun.

Je dis « avec soulagement » car je dois bien l'avouer, ce livre m'est parfois tombé des mains tellement sa lecture peut s'avérer ennuyeuse ; mais il sera certainement très apprécié des étudiants en économie voulant apprendre quelque chose de notre « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel » autrement appelé par simplification (ou par fainéantise) prix « Nobel d'économie ».

Certains passages sont parfaitement abordables et compréhensibles du commun (sic) des mortels, par contre d'autres se révèlent abscons et exigent du lecteur courageux d'être complètement éveillé et en possession de tous ses moyens intellectuels afin de comprendre quoi que ce soit, ce qui explique peut-être que le relecteur en charge de la correction orthographique ait laissé passé quelques bourdes vers la fin du livre du genre de celles-ci :
  • [...] les réseaux base tension [...] (page 622)
  • La première solution qui vient à l'esprit, dites des droits physiques sur les transports [...] (page 622)
  • Cette incitation a incité le gestionnaire [...] (page 606)
Et que dire des « goulots d'étranglement » qui par contre se retrouvent tout au long du livre et pas uniquement à sa fin (comme page 617) et montrent que Jean Tirole ainsi que son correcteur ne savent pas faire la différence entre un goulot, qui n'a aucun rapport avec un étranglement quelconque, et un goulet qui, lui, en est justement l'illustration ?

Mais ces fautes d'inattention ou mauvaises connaissances du sens d'un mot, même si dans le second cas on peut trouver cela étonnant de la part de quelqu'un d'aussi érudit que Jean Tirole, n'enlèvent rien à la pertinence (ou la non-pertinence...) des propos de l'économiste qu'il est.

Il m'est impossible de faire un résumé de ce livre tellement il est touffu, touffu dans le sens où il n'y a pas beaucoup d'« air » dans sa rédaction, c'est-à-dire que non seulement il manque de l'originalité qui permettrait au lecteur de rester attentif et de ne pas s'endormir, mais il y a également une telle densité d'informations que cela s'apparenterait presque davantage à du bourrage de crâne qu'à une dissertation sur ce que représente l'économie du bien commun, titre du livre et sujet apparemment paradoxal quand il est traité par un économiste plutôt catalogué (étiqueté ?) comme libéral que comme hétérodoxe...

Cependant, même si Jean Tirole ne fait pas partie des Économistes Atterrés, on ne peut pas dire qu'il soit un extrémiste du libéralisme, autrement dit un néo (ou ultra) libéral ; quelques passages suffisent à se convaincre aisément qu'il est assez modéré et réaliste (et lucide) dans ses positions :
  • Le marché a de nombreuses défaillances, qui doivent être corrigées (titre d'un sous-chapitre page 209)
  • Le défi climatique (titre d'un chapitre page 263)
  • Mais, au fait, pourquoi régule-t-on ? (titre d'un sous-chapitre page 422)
  • Dans beaucoup de domaines, nous sommes dépendants de l'avis d'experts beaucoup mieux informés que nous [...] La confiance est non seulement liée à la compétence, mais aussi à l'absence de conflits d'intérêt [...] (page 529)
  • La dérégulation et l'ouverture à la concurrence n'allaient cependant pas de soi, sauf peut-être chez les idéologues du laissez-faire. (page 597)
On peut pourtant ne pas partager tous ses points de vue, notamment sur le caractère scientifique de la discipline économique qu'à mon avis il sur-évalue tels les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg qui considèrent comme négationnistes tous ceux qui ne prennent pas pour argent comptant « les résultats de travaux publiés dans les revues scientifiques ».

Je ne prendrai qu'un seul exemple tiré du livre de Jean Tirole, dans lequel on est en droit de se poser des questions...

Dans le sous-chapitre sur les tarifs des entreprises régulées (page 611) Jean Tirole nous dit ceci, qui apparemment dans son esprit ne s'applique pas uniquement aux entreprises régulées mais a un caractère général :
  • [...] l'efficacité économique requiert que le prix d'un bien ou d'un service soit égal au coût marginal de ce bien ou de ce service. Le coût marginal est le coût de production d'une unité supplémentaire du produit et ne reflète donc en rien l'existence de charges fixes [...] Ces coûts fixes [...] doivent être soit ventilés entre les différents produits et les différents consommateurs qui collectivement justifient ces charges fixes, soit couverts par un financement séparé [...] Le raisonnement derrière ce principe de tarification au coût marginal est simple (sic) : si un bien coûte 10€ à produire, le consommateur que je suis internalisera le coût pour la société de la production de ce bien seulement s'il est tarifé à 10€ [...] (suivent plusieurs exemples de tarifications avec les comportements du consommateur y afférents)
Je suis désolé mais personnellement je ne vois pas comment je pourrais « internaliser » un coût de production que même les comptables sont souvent bien en peine de calculer eux-mêmes alors qu'ils ont à leur disposition toutes les données financières de leur entreprise !

En tant que consommateur je me vois essentiellement confronté à deux situations :
  1. dans l'urgence : je suis par exemple dans un magasin ou une grande surface et je n'ai pas la possibilité de comparer le prix d'un article avec ceux de la concurrence ; en fonction de mes moyens financiers et de mon désir d'acheter cet article je serais éventuellement prêt à dépenser bien plus que le prix affiché, alors que mon voisin, lui, ne mettrait sa main à la poche que si l'article en question était bradé avec une décote de 80%, et encore...
  2. dans le calme : je suis devant mon ordinateur et j'ai tout le temps de comparer les prix d'un bien ou d'un service afin de choisir le moins cher tout en respectant certains critères de qualité (ou pas)
Dans aucun de ces deux exemples je ne prends en considération le coût de production de l'article pour l'entreprise qui le commercialise, c'est quelque chose dont je me contrefiche complètement, c'est pourquoi je trouve les explications de Jean Tirole incompréhensibles.

Et que dire quand il se lance dans des explications de ce genre ?
  • page 621 : Pour une structure aval concurrentielle, il faut que le tarif d'accès soit linéaire et que son prix unitaire excède le coût marginal de l'activité amont afin de pouvoir couvrir les coûts fixes de l'infrastructure.
Il y a plus simple comme démonstration, même si ça s'éclaircit un chouia un peu plus loin :
  •  [...] on ne peut pas à la fois avoir une situation de monopole et réguler le secteur comme s'il était concurrentiel.
On comprend bien l'idée générale qui est assez intuitive, même si  le processus employé pour en arriver là est plutôt obscur...

Jean Tirole est beaucoup plus convaincant sur le sujet du climat pour lequel il consacre plus de quarante pages (263 à 310) avec en plus quelques références parsemées tout au long de son ouvrage ; ainsi :
  • page 32 : [...] de nombreux républicains se voyaient confortés dans leur posture climatosceptique. (en référence à des recherches de Dan Kahan)
  • page 33 : Nous ne voulons pas entendre que la lutte contre le réchauffement climatique sera coûteuse. [...] les messages qui écornent l'image de ce conte de fées et de Bisounours [à savoir un monde « dans lequel les acteurs n'auraient pas besoin d'être incités par la loi à se comporter vertueusement »] sont perçus au mieux comme anxiogènes, au pire comme émanant de suppôts, selon les cas, des fanatiques du réchauffement climatique, des idéologues de l'austérité ou des ennemis du genre humain.
  • page 38 : Toute solution sérieuse au problème du réchauffement climatique ne peut être que mondiale.
  • page 61 : [...] il faut bien s'assurer que ceux qui peuvent réduire leur pollution à bas coût le fassent ;  c'est exactement ce qu'assure un prix du carbone.
  • page 156 : Un [...] exemple du dilemme du prisonnier est offert par la lutte contre le réchauffement climatique [...] Individuellement, chaque pays a intérêt à ne pas réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, mais les conséquences collectives de cette attitude égoïste sont désastreuses.
  • page 481 : La taxation du carbone est une politique qui ne fausse pas la concurrence entre les diverses solutions qu'on peut apporter au réchauffement climatique.
  • page 485 : [...] il semble acquis qu'une innovation technologique substantielle sera nécessaire si l'on veut contenir le réchauffement climatique à un niveau tolérable.
  • page 628 : [...] veut-on financer les renouvelables pour combattre le réchauffement climatique (si oui, une tarification directe du carbone serait une manière beaucoup plus efficace d'encourager le renouvelable [...] 
  • page 629, en note de bas de page : Une tarification du carbone est vraiment plus simple et plus logique en même temps.
Comme on le voit le réchauffement climatique n'est pas qu'à l'honneur uniquement dans le chapitre qui lui est spécialement consacré, dans lequel il expose successivement 7 sous-chapitres :
  1. L'enjeu climatique
    • Limiter l'augmentation à 1,5 à 2° C représente [...] un défi énorme, surtout dans un contexte mondial de croissance démographique forte et de désir légitime d'un nombre important de pays d'accéder au niveau de vie occidental.
  2. Les raisons du surplace
    • [...] notre politique commune [...] est le fruit de  deux facteurs : l’égoïsme vis-à-vis des générations futures et le problème du passager clandestin.
      • Chaque pays agit d'abord dans son propre intérêt [...] La majorité des bénéfices liés aux mesures d'atténuation prises par un pays donné profite en réalité à d'autres pays.
      • [...] le phénomène du passager clandestin est aggravé par l'idée que chacun obtiendra plus dans une négociation future s'il en fait moins aujourd'hui.
  3. Des négociations qui ne sont pas à la hauteur des enjeux
    • En prenant des années de haute pollution comme référence, les pays gonflent artificiellement l'ambition des objectifs qu'ils s'assignent.
    • [...] le constat scellé par l'accord de la COP 21 est le bon.
    • L'accord repousse [...] à une date ultérieure l'engagement concret des pays à réduire leurs émissions.
    • L'accord est un succès diplomatique incontestable[...] mais ce consensus a été acquis en cédant à différentes exigences [...] et donc au prix d'un manque d'ambition [...]
  4. Responsabiliser les acteurs face au réchauffement climatique
    • Pour résoudre [le] problème du passager clandestin, les économistes ont depuis longtemps proposé [...] le principe du « pollueur-payeur ».
    • La justification des subventions aux énergies renouvelables (EnR) est la «  courbe d'apprentissage », c'est-à-dire l'idée selon laquelle les coûts baissent au fur et à mesure que les entreprises produisent.
  5. Les inégalités et la tarification du carbone
    • Les pays pauvres et émergents font remarquer à juste titre que les pays riches ont financé leur industrialisation en polluant la planète et qu'eux aussi voudraient accéder à un niveau de vie comparable.
    • [...] un prix du carbone élevé dans les pays développés n'aurait qu'un effet limité du fait de la délocalisation de la production vers les pays à bas prix du carbone.
    • [...] la réalité des inégalités internationales nous amène à poser la question du partage du fardeau climatique.
    • Lors des conférences internationales, les hommes politiques ont l'habitude de promettre des contributions financières, mais une fois la conférence terminée, ils réduisent ces promesses ou reviennent dessus.
  6. Crédibilité d'un accord international
    • l'OMC pourrait considérer que le non-respect d'un accord international sur le climat équivaut à un dumping environnemental et devrait à ce titre imposer des sanctions.
    • [...] le non-respect  d'un accord sur le climat devrait être considéré comme [...] de la dette souveraine.
  7. En conclusion : remettre les négociations sur la bonne voie
    • Malgré l'accumulation des preuves scientifiques du rôle anthropique dans le réchauffement climatique, la mobilisation internationale sur ce sujet reste en pratique décevante.
    • [...] ne [...] pas occulter les motifs d'optimisme.
      • [...] la prise de conscience dans les opinions publiques a progressé depuis quelque temps.
      • [...] plus de quarante pays [...] ont institué des marchés de droits d'émission négociables [...]
      • [...] la baisse substantielle du coût de l'énergie solaire fait entrevoir des solutions économiques au problème des émissions de l'Afrique et d'autres pays en développement et émergents.
Pour clore ce chapitre Jean Tirole conclut sobrement :
  • Dans le contexte actuel, il n'y a pas d'issue alternative.
Bref, nous n'avons pas de choix autre que « retrouver le chemin du bon sens » comme il le dit un peu avant de lister trois priorités :
  1. [...] établissement d'un prix universel du carbone compatible avec l'objectif des 1,5 à 2°
  2. [...] une infrastructure de contrôle indépendante [...] ainsi qu['] un mécanisme de gouvernance 
  3. [attaquer] de front la question épineuse de l'équité
Rien que ça...





vendredi 10 mars 2017

La boucle Jean-Petit

Mais qui est donc ce Jean Petit me direz-vous ?

Il y a certainement eu beaucoup de Jean Petit, ce prénom et ce nom étant très répandus, mais dans le cas présent il s'agit d'un village, disons plutôt un hameau situé dans le Tarn entre Castres et Lautrec (il existe aussi un village Jean Petit à la Réunion)

La balade est prise dans le topo-guide Midi-Pyrénées à pied ; elle fait 8,5 kilomètres dans le livre mais en réalité nous en avons effectué un de plus, on ne sait pas trop pourquoi...


Le paysage est essentiellement champêtre, légèrement vallonné, très morcelé comme on peut le constater sur la vue depuis le satellite, avec beaucoup de petites routes et davantage encore de chemins et sentes divagant entre les parcelles dont beaucoup sont dédiées au fameux ail rose de Lautrec.

La vue est magnifique sur la Montagne Noire et même sur les lointaines Pyrénées si la brume ne les cache pas.

Le balisage est parfait, impossible de s'égarer sauf si on le veut vraiment, mais pourquoi le vouloir quand il est tellement plus simple de rester sur le parcours !

Aujourd'hui le temps est splendide, c'est vraiment la première très belle journée de l'année à mon avis, température avoisinant les 20° et vent très modéré permettant une tenue décontractée (le fond de l'air était tout de même un peu frais, mais supportable)

Mais nous sommes toujours en hiver et les arbres n'ont pas encore retrouvé leurs plumes, ce qui nous permet d'admirer de magnifiques colonies de guis parasitaires :


Une idée des paysages rencontrés lors de cette balade peut être rendue par cette vue d'ensemble où figurent champs, haies, plans d'eau, maisons isolées...


...mais aussi cet imposant pigeonnier près du lieu-dit Mandoul :


Bref un paysage reposant, propice à une balade sans prétention pour se mettre en jambes avant de s'attaquer à des choses plus sérieuses.






jeudi 9 mars 2017

Le consensus des 97%, késako ?

Pour avoir un aperçu de l'argumentation autour du consensus sur le réchauffement climatique anthropique, qui mieux que John Cook (interviewé par Callan Bentley) ?

Source : http://blogs.agu.org/mountainbeltway/2017/03/08/qa-episode-4/

Traduction effectuée avec Google Translate ( avec des retouches chaque fois que nécessaire)

6. Les gens disent souvent que 97% des scientifiques conviennent que le changement climatique est causé par les activités humaines. Pourtant, des gens écrivent des livres et des articles réfutant cela (peut-être surtout des non-scientifiques), mais ils semblent utiliser des données et sont convaincus de leur position. Y a-t-il un argument légitime contre ce que disent ces 97% des scientifiques et sinon, est-ce que ces gens mentent ou inventent ? Pourquoi feraient-ils cela ? N'y a-t-il pas de science pour étayer leurs affirmations ?
[...]
J'ai sollicité l'aide de John [Cook] pour vous donner une réponse complète et faisant autorité. Gracieusement, il a accepté de relever le défi. J'ai essayé de partager la question du lecteur en petits morceaux adaptés aux principaux sous-thèmes qui semblaient mûrs pour la discussion.

6a) D'où vient le nombre de 97% ? S'agit-il d'une enquête ou d'enquêtes multiples ? Est-ce parmi les spécialistes, le grand public ou une autre population ?

   Un certain nombre d'études ont trouvé 97% d'accord entre les experts du climat sur le fait que les humains causent le réchauffement climatique. Selon une étude réalisée en 2009 par Peter Doran et Maggie Zimmerman, parmi les scientifiques du climat qui publient des recherches sur le climat, 97% ont convenu que les humains augmentent sensiblement la température mondiale. Une analyse de 2010 des déclarations publiques sur le changement climatique par William Anderegg a révélé que parmi les scientifiques qui avaient publié des travaux de recherche sur le climat revus par les pairs, 97% ont convenu que les humains causent la plupart du réchauffement climatique récent. Je faisais partie d'une équipe qui a publié une analyse des documents climatiques revus par des pairs en 2013 - nous avons constaté que, parmi les articles faisant état d'une position sur le réchauffement planétaire causé par l'homme, 97% ont approuvé le consensus.

    
Il y a eu d'autres études mesurant le consensus. Cela nous a motivés à collaborer avec les coauteurs de sept des principales études de consensus (le document est Consensus sur le consensus: une synthèse des estimations du consensus sur le réchauffement climatique provoqué par l'homme). Nous avons trouvé deux résultats clés. Premièrement, l'accord sur le réchauffement de la planète causé par l'homme augmente avec l'expertise en science climatique. L'accord le plus important est celui des scientifiques du climat qui publient des travaux de recherche sur le climat. Deuxièmement, parmi le groupe des spécialistes du climat, il y avait un accord écrasant - entre 90% et 100%, avec un certain nombre d'études convergeant vers 97%.




 6b) Qui sont les 3% restants, alors ? Pouvez-vous donner un ou deux exemples représentatifs ?

     Il est difficile de donner un exemple représentatif car il n'y a pas de discours cohérent parmi les papiers et les scientifiques anticonformistes (contrarian). Ils soutiennent souvent des positions contradictoires les unes avec les autres (par exemple, argumentant que « le changement climatique ne se produit pas » par opposition au « changement climatique *est* une réalité mais il n'est pas causé par les humains »). Cette incohérence nous a inspirés à co-écrire un article sur l'incohérence du déni de la science du climat. Le rejet du réchauffement climatique causé par l'homme ne consiste pas à présenter une explication alternative et cohérente du réchauffement planétaire - il s'agit de fabriquer du doute en vue de réduire le soutien du public à l'action climatique.


6c) Quelles données utilisent-ils (les anticonformistes) ? Leurs données sont-elles parfaites ? Est-ce que leurs données sont convaincantes ?

     Nous avons publié plusieurs études examinant les données et l'analyse dans les documents des anticonformistes. Dans une étude, nous expliquons comment leurs méthodes comportent systématiquement des défauts méthodologiques et des erreurs communes. Probablement l'erreur la plus courante est la sélection (cherry picking) - en ignorant les données ou la recherche qui est incompatible avec leur argument. Pour cette raison, on constate dans des recherches ultérieures que les études anticonformistes possèdent souvent des défauts significatif.


 6d) Sont-ils « juste en train de mentir » ou « d'imaginer » ou y-a-t-il autre chose ?

     Il est toujours problématique d'essayer de deviner ce qui se passe sous le capot, et de juger si une personne essaie intentionnellement de tromper ou croit vraiment dans la désinformation. La recherche psychologique nous dit que cela est particulièrement difficile parce que de l'extérieur, la tromperie intentionnelle ressemble exactement aux biais cognitifs qui font que les gens se trompent d'eux-mêmes. Par exemple, tromper par la sélection pourrait être intentionnel, mais il pourrait être le produit du biais de confirmation - les gens attribuant plus de poids à la preuve qui confirme leurs croyances. De même, faire appel à de faux experts pourrait être une stratégie pour jeter le doute sur le consensus scientifique, mais les gens attribuent également plus de crédibilité et d'expertise aux personnes avec lesquelles ils sont d'accord.


6e) Quelles sont leurs motivations à votre avis ?

    
Le principal facteur derrière le rejet de la science du climat n'est pas l'ignorance, la stupidité ou le manque d'éducation. Le principal facteur de refus de la science du climat est l'affiliation politique, et le deuxième facteur le plus important est l'idéologie politique. Les opinions politiques influencent le point de vue des gens sur le rôle humain dans le changement climatique.

    
La raison en est que les partisans des marchés libres et non réglementés n'aiment pas que l'une des solutions proposées au changement climatique soit la réglementation des industries polluantes. L'aversion à une solution les amène à nier qu'il y a un problème en premier lieu qui a besoin d'être  résolu.

    
Il est crucial de comprendre cette dynamique car elle nous aide à distinguer entre le scepticisme authentique et le déni de la science. Le scepticisme est une bonne chose - un véritable sceptique considère la preuve et arrive ensuite à une conclusion. Un négationniste, d'autre part, arrive à une conclusion d'abord puis refuse toute preuve qui est en conflit avec cette conclusion. Et le déni de la science comporte certaines caractéristiques révélatrices.

    
L'idéologie et l'esprit de clan sont donc les principaux moteurs du déni des sciences du climat.


6f) Y a-t-il un espoir que les 3% ou les 97% changent d'avis ? Dans l'affirmative, quelles conditions pourraient être requises pour les faire réévaluer leurs conclusions ?

    
Je dirais que ce sont deux questions distinctes, compte tenu de l'asymétrie de la situation. Pour les 97% des scientifiques du climat, le cas du réchauffement climatique causé par l'homme est basé sur de nombreuses lignes indépendantes de données empiriques. Nous voyons des empreintes humaines sur tout notre climat, en peignant un tableau clair et cohérent. Personnellement, pour changer mon esprit et je devine que c'est aussi le cas pour la plupart des 97% des scientifiques du climat, il faudrait démontrer que non seulement un élément de preuve est faux - mais que beaucoup ou tous sont faux. C'est pourquoi le consensus sur le changement climatique est si solide - renverser la cohérence de la preuve est incroyablement improbable.

    
En ce qui concerne les 3%, le rejet de la science climatique est basé sur des facteurs tels que l'affiliation politique ou l'idéologie politique. C'est une triste réalité psychologique que les personnes dont les points de vue ne sont pas fondés sur des faits et des preuves ne sont pas susceptibles d'être persuadées par des faits et des preuves.

    
Cependant, je voudrais apporter une lueur d'espoir. Anecdotiquement, je connais quelques personnes qui ont changé d'avis sur le changement climatique et le déclic a été quand ils ont réalisé qu'ils avaient été trompés par la désinformation. J'ai testé ce principe en laboratoire en expliquant une technique, ou l'erreur, du déni de la science. J'ai constaté que, dans l'ensemble du spectre politique, lorsque les gens étaient informés de la technique utilisée par la désinformation pour tromper, ils n'étaient plus influencés par la désinformation. Personne, qu'il soit conservateur ou libéral, n'aime être trompé. Cette approche de communication, basée sur une branche de la recherche psychologique connue sous le nom de théorie de l'inoculation, est quelque chose que j'explore encore plus dans mes recherches au Centre for Climate Change Communication.


6g) Vous aimeriez ajouter quelque chose ?

    
Il y a eu une réponse intéressante des opposants à l'action climatique à la série d'études ayant trouvé un consensus de 97% sur le changement climatique. Une réponse a été « eh bien ! la science n'est pas faite par consensus. » C'est intéressant parce que la réplique vient des mêmes personnes qui nous disent depuis des décennies qu'il n'y a pas de consensus scientifique sur le changement climatique. Pourquoi nous dire qu'il n'y a pas de consensus si la science n'est pas faite par consensus?

    
La longue histoire du refus du consensus remonte à des décennies. Dans les années 1990, le stratège politique Frank Luntz a conseillé aux républicains de mettre en doute le consensus afin de retarder l'appui du public à l'action climatique. Cette stratégie se poursuit jusqu'à ce jour. Si vous voulez retarder l'action climatique, c'est une bonne stratégie. Les psychologues ont identifié le consensus scientifique perçu comme une «croyance passerelle». Le public utilise l'avis d'expert comme raccourci heuristique ou mental, pour guider ses vues sur des questions scientifiques compliquées. S'il pense que les experts sont en désaccord sur le changement climatique, il s'oppose à soutenir l'action climatique.

    
Il est donc important que les scientifiques communiquent le haut niveau d'accord sur le réchauffement climatique causé par l'homme, afin de répondre à l'idée fausse que les scientifiques ne sont pas d'accord. Mais ils devraient faire ceci avec leurs yeux grands ouverts - communiquer le consensus peut avoir pour résultat une réaction violente des opposants de l'action sur le climat. Mais cela souligne l'impératif de communiquer le consensus - ne pas le faire permettra aux adversaires de l'action climatique de continuer à mal informer le public et éroder le soutien aux politiques climatiques.





vendredi 3 mars 2017

Un Trump peut en cacher une autre !

Tout n'est pas pourri au royaume du Danemark, de même tout n'est pas complètement pourri dans le royaume états-unien maintenant sous la coupe du dénommé Trump, lequel ne figurera probablement pas dans le top 10 des meilleurs présidents mais plus sûrement dans le top 5 des pires que les USA aient pu connaitre (on peut d'ores et déjà annoncer que Trump enfonce double-you-Bush et tutoie le bonnet d'âne Andrew Johnson)

Ainsi on apprend par le New York Times que face à l’extrémiste Bannon et sa haine pour tout ce qui se rapporterait à des informations avérées, on trouve deux personnes qui auraient un peu plus de bon sens et surtout peut-être davantage de moralité que la moyenne de tout ce qui gravite tel un essaim de mouches autour du patriarche déjanté, à savoir Rex Tillerson et...Ivanka Trump, la propre fille de !

Je ne sais pas ce qu'il faut en penser et quel est le degré de véracité et d'honnêteté (de la part des deux protagonistes) dans cette information, mais on va choisir de lui faire confiance (à l'information) en se réservant un droit de regard sur la suite des événements afin de pouvoir confirmer que nous ne rêvons pas.

Il est en effet étonnant que Rex Tillerson, ancien CEO d'ExxonMobil, se retrouve opposé à Bannon en ce qui concerne le RCA et qu'il puisse conseiller au président Trump de ne pas se retirer de l'accord de Paris :
  • Stephen K. Bannon, Mr. Trump’s senior adviser, is pressing the president to officially pull the United States from the landmark accord, according to energy and government officials with knowledge of the debate. But, they say, he is clashing with Secretary of State Rex Tillerson and the president’s daughter Ivanka Trump, who fear the move could have broad and damaging diplomatic ramifications. [Stephen K. Bannon, le principal conseiller de M. Trump, presse le président de retirer officiellement les États-Unis de l'accord historique, selon les fonctionnaires du gouvernement en charge de l'énergie ayant la connaissance du débat. Mais, disent-ils, il est en conflit avec le secrétaire d’État Rex Tillerson et la fille du président, Ivanka Trump, qui craignent que la décision puisse avoir d'importantes et néfastes conséquences diplomatiques.]
 En cela, Rex Tillerson, épaulé donc par Ivanka mais aussi par beaucoup d'autres conseillers, fait preuve d'un réalisme certain qui avait peut-être échappé au Donald :
  • [...] Ms. Trump, Mr. Tillerson, and a slew of foreign policy advisers and career diplomats [...] argue that the fallout of withdrawing from the accord could be severe, undercutting the United States’ credibility on other foreign policy issues and damaging relations with key allies. [Mme Trump, M. Tillerson et une foule de conseillers en politique étrangère et de diplomates de carrière [...] font valoir que les retombées du retrait de l'accord pourraient être graves, compromettant la crédibilité des États-Unis sur d'autres questions de politique étrangère et en nuisant aux relations avec les principaux alliés.]
On apprend même que Al Gore et Leonardo DiCaprio on eu toute l'attention d'Ivanka :
  • Although Ms. Trump has not spoken out publicly for action to combat climate change, proponents and opponents of such action see her as an ally. Former Vice President Al Gore met with her during the Trump transition, and was ushered in by the “first daughter” to see the president-elect. The actor and activist Leonardo DiCaprio even slipped her a DVD copy of his climate-change documentary. [Bien que Mme Trump ne se soit pas prononcée publiquement en faveur d'une action pour combattre le changement climatique, les partisans et les opposants à cette action la considèrent comme une alliée. L'ancien vice-président Al Gore l'a rencontrée pendant la transition Trump, et a été introduit par la «première fille» pour voir le président élu. L'acteur et militant Leonardo DiCaprio lui a même glissé une copie en DVD de son documentaire sur le changement climatique.]
Mais ce n'est pas du goût des usual suspects tel le détestable James Delingpole, un grand ami de Bannon et comme lui un grand spécialiste ès désinformation :
  • “President Trump Must Not Wobble on Climate Change — No Matter What Ivanka Says …,” blared a Breitbart post on Monday written by James Delingpole, who is close to Mr. Bannon and who leads the website’s coverage of climate-change policy. ["Le président Trump ne doit pas bouger sur le changement climatique - peu importe ce qu'Ivanka dit ...", a braillé un article de Breitbart publié lundi par James Delingpole, qui est proche de M. Bannon et qui dirige la couverture du site sur la politique du changement climatique..]
Trump veut apparemment prendre une décision la semaine prochaine, selon certains de ses proches, mais ce n'est pas gagné pour ceux qui espèrent le clash, ainsi :
  • “The two greatest obstacles to a Clexit (climate exit from U.N. Paris agreement) are probably Ivanka and Tillerson,” wrote Marc Morano, a former Republican Senate staff member who now runs Climate Depot, a fossil-fuel-industry-funded website that promotes the denial of climate science, in an email. “Tillerson with his ‘seat at the table’ views could be biggest proponent of not withdrawing the U.S. from the agreement.” ["Les deux plus grands obstacles à un Clexit (la sortie climatique de l'accord de Paris des Nations Unies) sont probablement Ivanka et Tillerson", a écrit dans un courriel Marc Morano, ancien membre républicain du Sénat qui gère maintenant Climate Depot, un site web financé par l'industrie des combustibles fossiles qui promeut le déni de la science du climat. "Tillerson avec son point de vue "siège à la table" pourrait être le plus grand partisan de ne pas retirer les États-Unis de l'accord."]
On peut donc se demander comment il se fait que l'ancien CEO d'ExxonMobil puisse soutenir une telle position, mais :
  • Mr. Tillerson is a former chief executive of Exxon Mobil, which, like many major global corporations, endorsed the Paris agreement. While his former company once denied human-caused climate change, it has more recently publicly acknowledged the threat posed by burning oil and supported proposals to tax carbon dioxide pollution.
    Asked during his Senate confirmation hearing about the Paris accord, Mr. Tillerson said, “It’s important that the U.S. maintains its seat at the table about how to address the threat of climate change, which does require a global response.” [M. Tillerson est un ancien directeur général d'Exxon Mobil, qui, comme de nombreuses grandes sociétés mondiales, a approuvé l'accord de Paris. Bien que son ancienne société ait autrefois nié les changements climatiques causés par l'homme, elle a récemment reconnu publiquement la menace que représentait la combustion du pétrole et a appuyé des propositions visant à taxer la pollution par le dioxyde de carbone.Interrogé lors de son audition de confirmation du Sénat sur l'accord de Paris, M. Tillerson a déclaré: «Il est important que les États-Unis maintiennent leur siège à la table sur la façon de faire face à la menace du changement climatique, qui exige une réponse mondiale.]
Mon avis sur la question ?

Rex Tillerson a 65 ans et n'a plus grand chose à perdre et tout à gagner en prenant une position conforme à la science s'il veut laisser à la postérité quelque chose de positif concernant son nom et son honorabilité.

Quant à Ivanka elle n'est évidemment pas dans le même registre, on peut penser qu'elle s'informe correctement, c'est à dire ailleurs que sur Breibart ou Fox News, même si elle ne le clame pas sur tous les toits, et qu'elle n'a pas envie elle non plus de passer dans l'Histoire pour la gourde qui aurait été d'accord avec tout ce que son papa croyait.

Et pour enfoncer le clou :
  • Foreign policy experts say withdrawing from Paris would have far greater diplomatic consequences than President George W. Bush’s withdrawal from the world’s first global climate-change accord, the 1997 Kyoto Protocol.
    “I think it would be a major mistake, even a historic mistake, to disavow the Paris deal,” said R. Nicholas Burns, a retired career diplomat and under secretary of state under Mr. Bush.
    “In international politics, trust, reliability and keeping your commitments — that’s a big part of how other countries view our country,” Mr. Burns said. “I can’t think of an issue, except perhaps NATO, where if the U.S. simply walks away, it would have such a major negative impact on how we are seen.” [Les experts en politique étrangère estiment que le retrait de Paris aurait des conséquences diplomatiques beaucoup plus importantes que le retrait du président George W. Bush du premier accord mondial sur le changement climatique, le Protocole de Kyoto de 1997.
    "Je pense que ce serait une erreur majeure, même une erreur historique, de désavouer l'accord de Paris", a déclaré R. Nicholas Burns, diplomate de carrière à la retraite et sous-secrétaire d’État sous M. Bush.
    «Dans la politique internationale, la confiance, la fiabilité et le respect de vos engagements - c'est une grande partie de la façon dont d'autres pays voient notre pays», a déclaré M. Burns.
    "Je ne peux pas penser à un problème, sauf peut-être l'OTAN, où si les États-Unis s'en vont simplement, cela aurait un impact négatif similaire sur la façon dont nous sommes vus".]
Bref, si c'est un ancien conseiller de double-you-Bush, l'un des pires présidents que les USA aient connu, qui parle ainsi de raison, on peut imaginer que si Trump ne suivait pas ce conseil avisé il deviendrait pour sûr le gagnant du top 5 de ce-que-vous-savez.





jeudi 2 mars 2017

Shell savait, c'est prouvé !

Nous savions déjà que Shell savait, nous en avons maintenant la certitude et la preuve avec une vidéo tournée en 1991 par la firme elle-même (on ne sait si c'est par son département PR ou par celui de la R&D...)


Quasiment dès le début de la vidéo tout est dit :
  • [à 1:16] la nécessité de comprendre l'interaction entre l'atmosphère et les océans a donné un nouveau sentiment d'urgence par la prise de conscience que notre mode de consommation d'énergie peut causer des changements climatiques avec des conséquences néfastes pour nous tous [...]
D'ailleurs le titre de la vidéo est suffisamment explicite : Climat de préoccupation !

La vidéo commence avec une explication sur l'effet de serre et sur les gaz qui le provoquent, comparant la situation de la Lune (sans atmosphère et donc sans gaz à effet de serre) avec celle de la Terre où les températures sont « moins extrêmes » grâce à son atmosphère.

Donc nous savons déjà que dès 1991 les scientifiques travaillant pour Shell connaissaient parfaitement le processus de l'effet de serre, celui-là même superbement ignoré et/ou nié par les benêts climatosceptiques qui croient que l'augmentation des températures est uniquement (ou principalement, ce qui n'est pas mieux) due au soleil !
  •  228.  Christial | 18/12/2015 @ 20:06
    La question avait été évoquée brièvement, sans réponse, par V. Courtillot sur l’une des vidéos de la contre-cop.
    L’analyse des carottes de glace de la région de Vostok montre une forte corrélation entre température locale et taux de CO2, avec une variation de température qui précède la variation dans le même sens de la concentration de CO2. L’ordre d’antériorité ne permet pas de mettre en évidence un «effet de serre» du CO2.
    Sauf que la montée en température est plus rapide que sa descente, les réchauffistes y voient une conséquence de cet «effet de serre ». Il faudrait cependant que la rétroaction positive du CO2 dans les phases de montée soit plus puissante que l’effet rétroactif négatif dans les phases de descente.
    A-t-on une explication alternative à un supposé effet de serre du CO2 pour expliquer ce phénomène de montées en température plus rapides (et plutôt régulières) que les descentes ?
    http://www.pensee-unique.fr/soleil.html
Le « supposé effet de serre » du dénommé Christial est en fait une réalité depuis bientôt deux siècles (depuis Fourier) et chez Shell, du moins en 1991, il n'était pas question de remettre en question ces deux siècles de science jamais démentie, sauf dans le cerveau malade de certains qui se croient plus forts que tout le monde.

La vidéo nous dit ensuite que durant toute la civilisation humaine la « couverture » atmosphérique a gardé la température à une valeur moyenne de 15°, en comparaison de la Lune avec ses -20° ; mais durant les dernières 150 années cet équilibre a été rompu. Elle explique que quand nous brûlons une matière organique quelconque son contenu en carbone se combine avec l'oxygène. Un mètre cube de gaz brûlé produit environ deux kilogrammes de dioxyde de carbone (CO2) ; un litre d'essence en produit deux kilos et demi ; une tonne de charbon en produit jusqu'à quatre tonnes dispersés dans l'atmosphère !

Shell nous montre également une magnifique courbe en crosse de hockey représentant la consommation de carburants fossiles depuis le milieu du 19ème siècle qui été multipliée par 100 :


Mais le plus beau est la suite :


Ainsi Shell savait que consommation (et donc production par l'activité humaine) de CO2 équivalait à plus forte concentration de CO2 dans l'atmosphère, contrairement à ces climatosceptiques qui croient que l'augmentation de CO2 est entièrement naturelle !
  • [...] les niveaux actuels de CO2 ne proviennent pas de l’utilisation des combustibles fossiles, mais d’une variation naturelle et par conséquent son influence sur la température est sujette aussi à (d’importantes) variations naturelles, et le climat actuel plus chaud n’est pas du à l’utilisation de combustibles fossiles.
 Et l'on voit même que Shell faisait confiance aux modèles climatiques qui étaient alors parfaitement dans les clous :


Shell admettait que ces modèles, selon les scénarios envisagés, prévoyaient une augmentation de températures d'ici 2050 comprise entre 1,5° et 4°.

Et d'enfoncer le clou en disant que les changements de températures seraient trop rapides pour permettre à la vie de s'adapter !

Sans compter les événements météo « anormaux » (pour ne pas dire « extrêmes », mais l'idée était déjà là)

Et à 7:19 nous apprenons même qu'il y avait un consensus scientifique sur la question, ce qu'évidemment nos climatogogos contestent véhémentement :
  • Ray26 juil. [2013] 17h12
    La 1ère chose à savoir lorsque l’on commence à s’intéresser au sujet est qu’il y an à travers le monde, BEAUCOUP de V.Courtillot.
    En effet, malgré ce qu’affirment Al’Gore et ses activistes repris par nos médias, il n’y a pas DU TOUT de consensus scientifique sur le sujet, mais alors bien au contraire.
    (Et depuis que Al’Gore a déclaré que le débat étais clos, le nombre de scientifiques sceptiques n’a cessé de croitre.)
    (ça n’est pas forcément le plus significatif, mais juste à titre d’exemple : http://www.petitionproject.org/ )
En 2013, et même encore aujourd'hui, on trouve toujours des ahuris qui vous sortent la fumeuse pétition signée par 30000 soi-disant scientifiques pour soi-disant « prouver » la non-réalité du réchauffement climatique provoqué par l'homme ; aux dernières nouvelles les 30000 signataires ne seraient plus que 300 et les mêmes benêts y croient toujours :
On est content de savoir que Jacques Duran, qui n'a aucune compétence en matière de science du climat, fait partie des 300 signataires, on peut imaginer ce qu'il en est du reste, mais The Guardian (cité naïvement par monsieur le benêt) nous fournit quelques indices intéressants...

Shell nous informait ensuite que la montée du niveau des mers, bien que graduelle, serait catastrophique, notamment pour les iles tropicales du genre de celle-ci :


Non seulement il y a le risque de submersion évident, mais également l'intrusion du sel dans les terres cultivables, rendant celles-ci stériles.

Mais la vidéo s'interrompt brusquement à 8:41, impossible d'aller plus loin, peut-être à cause de l'intervention des hommes-lézards qui ne veulent pas que nous en sachions davantage sur ce que Shell savait en 1991 mais s'est bien gardé de dévoiler au grand public...

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