mardi 30 juin 2020

La vague de chaleur de l'Arctique : voici ce que nous savons, par Tamsin Edwards


Tamsin Edwards est une climatologue qui, d'après son profil, est « spécialisée dans la quantification des incertitudes des prévisions des modèles climatiques, notamment en ce qui concerne la contribution des calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland à l'élévation du niveau de la mer » ; elle tient notamment le blog All Models Are Wrong, soit en français Tous les modèles sont erronés/faux/mauvais/défectueux/etc., en ajoutant cependant en sous-titre « mais certains sont utiles » d'après un aphorisme attribué au statisticien George Box : All models are wrong, but some are useful. 

Qu'on ne dise pas après ça que les climatologues ont une confiance aveugle dans les modèles climatiques et que ceux-ci seraient l'alpha et l'oméga de leur science, ils ne sont que des outils, à manier avec précaution, parmi bien d'autres outils dont disposent les scientifiques pour évaluer les variations du climat.

Tamsin Edwards vient de publier un article dans The Guardian (journal honni des climato-irréalistes pour dire la vérité sur un sujet qui les fâche), The Arctic heatwave: here's what we know (La vague de chaleur de l'Arctique : voici ce que nous savons) dont je me permets de vous offrir ci-après la traduction.

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Il fait 38°C en Sibérie. La science est peut-être compliquée, mais la nécessité d'agir maintenant ne saurait être plus claire

La Sibérie a vu des "feux zombies" se raviver à partir de braises qui couvent dans les tourbières. Une plage sur la rive du fleuve Yana en République de Sakha, Russie. Des températures de 38C ont été enregistrées à proximité samedi. Photographie : Olga Burtseva/AP

Il y a une vague de chaleur arctique : il fait 38°C en Sibérie. La couverture de glace de mer de l'Arctique est la deuxième plus faible jamais enregistrée, et 2020 pourrait bien être l'année la plus chaude depuis le début des relevés.

Pour beaucoup de gens, de telles nouvelles provoquent un sentiment de peur, ou d'évitement - ils ferment la page web parce qu'ils ne veulent pas entendre d'autres mauvaises nouvelles. Quelques-uns pourraient penser "C'est juste la météo" et lever les yeux au ciel.

Comment donner un sens à un tel événement ? Le climat est subtil et changeant, avec de nombreux facteurs et échelles de temps. Mais nous pouvons utiliser cette vague de chaleur nordique pour mettre en lumière la complexité de notre planète. Nous pouvons décomposer cette question en plusieurs parties, de rapide à lente.

Rapide : l'effet immédiat est d'augmenter les feux de forêt. La Sibérie a vu des "feux zombies" ravivés par les profondes braises qui couvent dans les tourbières. C'est une mauvaise nouvelle, qui libère des particules de pollution atmosphérique et plus de carbone en 18 mois qu'au cours des 16 dernières années. La cause immédiate ? Ici, aux latitudes nord moyennes, nous vivons dans un climat instable sous l'influence du courant-jet polaire. Ce courant d'air rapide au-dessus de nos têtes entraîne la météo dans un tapis roulant d'ouest en est, avec une alternance de masses d'air froid et chaud, de basse et haute pression. Parfois, les conditions météorologiques se bloquent, créant ainsi une période de temps stable, comme une vague de chaleur. C'est un exemple long et sévère.

Le changement climatique rend-il ce "blocage" plus probable ? Peut-être. Le courant-jet est créé par le contraste entre l'air polaire froid et le sud plus chaud. L'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale : cela signifie moins de contraste nord-sud, de sorte que le courant-jet peut devenir plus chancelant et plus sinueux. Les boucles se rompent comme les lacs en arc de cercle des cours de géographie à l'école, emprisonnant certains phénomènes météorologiques en un seul endroit.

Et pourquoi l'Arctique se réchauffe t-il plus rapidement ? Parce que la glace de mer et la neige sont particulièrement lumineuses. Lorsqu'elles fondent avec le réchauffement climatique, l'océan et la terre en dessous sont plus sombres, ils absorbent donc plus de la chaleur du soleil. Leur perte amplifie notre réchauffement.

Le faible niveau actuel de la glace de mer arctique est lui-même en partie le résultat de la canicule sibérienne, amplifiant les fluctuations habituelles d'une année sur l'autre. Mais la tendance est à la baisse : plus nous émettons de CO2, plus la température de la planète augmente, et plus nous perdons de la glace de mer. Les scientifiques prévoient que l'Arctique commencera à connaître des étés sans glace de mer d'ici 2050.

Mais ce n'est pas irréversible. Ce n'est pas un point de basculement. La glace de mer reviendrait si nous pouvions à nouveau refroidir le climat. Malheureusement, nous ne connaissons que trois façons de le faire : extraire de grandes quantités de CO2 de l'air avec des arbres ou la technologie ; réfléchir les rayons du soleil à l'échelle planétaire ; ou attendre, pendant de nombreuses générations.

Cette vague de chaleur arctique est un pic important qui vient s'ajouter à la tendance au réchauffement climatique. C'est ce qui la rend plus intense, plus probable et plus inquiétante : c'est un avant-goût de l'avenir que l'on prévoit pour la Russie, si nous brûlons rapidement nos combustibles fossiles.

La véritable crainte qui entoure l'Arctique à long terme, je le constate en parlant aux gens, vient de l'idée d'un réchauffement " incontrôlé " dû à la libération de méthane. Le réchauffement pourrait libérer des réserves de méthane - un puissant gaz à effet de serre - provenant du permafrost ou des sédiments gelés au fond de l'océan, ce qui s'ajouterait au réchauffement dû à nos propres activités. Le permafrost contient plus du double de carbone que l'atmosphère, et le dégel a déjà commencé.

Les conséquences locales sont importantes : dommages aux routes et aux bâtiments, car le sol ne peut plus supporter autant de poids, et une histoire épouvantable impliquant ce qui semble être une libération d'anthrax à partir de sites d'enfouissement en dégel. Le dégel du permafrost a même été accusé par une société minière russe de l'effondrement récent d'un réservoir de carburant, contaminant la rivière avec 20 000 tonnes de diesel, bien que d'autres facteurs soient probablement également impliqués.

Cette vague de chaleur sibérienne, ou d'autres comme elle, pourrait-elle donc déclencher un réchauffement catastrophique ? Je vois beaucoup de craintes dans l'amplification des rétroactions du méthane, y compris la fausse idée que les climatologues n'en tiennent pas compte (nous le faisons, mais séparément des principaux modèles climatiques mondiaux). Pourtant, depuis plusieurs années, il y a de plus en plus de preuves que ce risque est moindre que ce que l'on pensait au départ. Le carbone stocké dans le permafrost et les zones humides devrait contribuer à hauteur de 100 milliards de tonnes de CO2 au cours de ce siècle. C'est beaucoup, mais nous ajoutons nous-mêmes environ 40 milliards de tonnes chaque année. Le méthane au fond de l'océan mettrait des siècles à être libéré, donc tant que nous limiterons le réchauffement climatique, nous devrions garder ces réserves principalement enfermées. Il y a des incertitudes, bien sûr, mais l'impact de ces réserves sur le réchauffement sera probablement de quelques dixièmes de degré, et non de plusieurs degrés.

Pourtant, chaque tonne de CO2 libérée par le permafrost signifie une tonne de moins que nous pouvons émettre si nous voulons atteindre un niveau d'émissions neutre d'ici 2050. Chaque année, l'équivalent de nos émissions nous rapproche de cette échéance. Chaque dixième de degré de réchauffement nous rapproche de notre objectif de 1,5 °C et fait dégeler davantage de pergélisol, et les conséquences du changement climatique s'aggravent pour les personnes et les espèces les plus vulnérables du monde.

La canicule arctique nous montre qu'il y a peu d'histoires simples en matière de changement climatique. Il y a toujours un mélange d'influences naturelles et humaines, de mauvaises nouvelles et de nouvelles un peu moins mauvaises, et parfois même d'espoir. C'est pourquoi, plus que jamais, nous devons éviter de simplifier à l'excès ou de glisser vers des clichés trop faciles comme "Nous sommes tous condamnés" ou " Ce n'est rien de plus que de la météo", mais essayer de comprendre les détails. Mais il y a peut-être une histoire simple : chaque petit réchauffement que nous évitons contribuera à faire de notre planète un endroit plus familier et plus facile à vivre.


- Le Dr Tamsin Edwards est maître de conférences en géographie physique au King's College de Londres

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lundi 29 juin 2020

Climactualités - juin 2020


ENSO

Le 29/06/2020 : climate.gov/enso

In May, the warm anomaly across the surface of the central tropical Pacific was replaced by a strip of cooler than average waters. Still, the ENSO forecast team estimates a 60% chance that the tropical Pacific will continue in neutral this summer. The odds are evenly split for either a La Niña winter or an ENSO-neutral one.
En mai, l'anomalie de chaleur à la surface du Pacifique tropical central a été remplacée par une bande d'eaux plus fraîches que la moyenne. Néanmoins, l'équipe de prévision de l'ENSO estime à 60 % la probabilité que le Pacifique tropical reste au neutre cet été. Les chances sont réparties de manière égale entre un hiver La Niña et un hiver neutre pour l'ENSO.
Index ENSO de 2011 à 2020 (source weather.plus)

Index ENSO de 1950 à 2020 (source weather.plus)

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GISS L-OTI anomalies de températures vs 1881-1910

Le 29/06/2020 : data.giss.nasa.gov

Anomalies de températures pour le mois de mai 2020 par rapport à la période de référence 1881-1910.

Rappel des années précédentes (à partir de 2016, année la plus chaude) avec leur classement :
  • année 2019 : 1.21 => 2 
  • année 2018 : 1.08 => 4 
  • année 2017 : 1.17 => 3 
  • année 2016 : 1.26 => 1

Voici des informations générales fournies par Météo France dans Mai 2020 : mois de mai le plus chaud dans le monde :
Alors qu'en France le mois de mai a souvent été estival, il a été le mois de mai le plus chaud jamais enregistré sur la planète, d'après le service européen Copernicus. L'anomalie de température à la surface du globe en mai est en effet de 0,63 °C au-dessus la normale 1981-2010, devant mai 2016 (+0,58 °C) et mai 2017 (+0,53 °C).
Certaines régions ont connu des températures particulièrement anormales pour la saison, notamment en Sibérie avec localement plus de 10 degrés au-dessus de la normale, et aussi les régions polaires arctique comme antarctique.
Copernicus souligne également qu'au niveau mondial les douze derniers mois (juin 2019 à mai 2020) égalent la période d'une année glissante la plus chaude jamais enregistrée (octobre 2015 à septembre 2016), avec 0,7 °C de plus de la normale. 2019 avait été la 2e année la plus chaude jamais enregistrée après 2016.
Et dans Climat : un mois de mai souvent estival pour la France métropolitaine :
Dans la continuité du mois d'avril, la douceur a persisté la majeure partie du mois. Les conditions anticycloniques ont dominé sur le nord de la France durant le mois de mai favorisant un temps remarquablement sec et ensoleillé dans un courant de nord-est dominant. Certaines villes du nord-ouest ont enregistré des records absolus d'ensoleillement, tous mois confondus : Quimper et Le Touquet ont ainsi eu en mai plus de soleil que jamais, y compris en été, depuis le début des mesures.
Les températures moyennes ont souvent été supérieures aux valeurs de saison avec plusieurs pics de douceur tout au long du mois. Toutefois, un net refroidissement a concerné la majeure partie du pays du 11 au 16. Les températures ont été en moyenne proches des normales de la Normandie aux frontières du Nord et du Nord-Est, voire localement inférieures sur le Grand Est avec des nuits souvent très fraîches. Elles ont été 1 à 3 °C au-dessus sur le reste du pays. La température moyenne de 16,5 °C sur la France et sur le mois a été 1,5 °C au-dessus de la normale*, classant mai 2020 au 5e rang des mois de mai les plus chauds depuis 1900.
Evolution des températures maximales et minimales en mai.

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Coral Reef Watch

Le 29/06/2020 : coralreefwatch.noaa.gov


Perspectives hebdomadaires sur le blanchiment des coraux et le stress thermique (du 28/06 au 8/11/2020) - 90% de probabilité

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Climate Prediction Center 

Le 29/06/2020 : cpc.ncep.noaa.gov

Prévisions de tempêtes tropicales.

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Polar Science Center

Le 29/06/2020 : psc.apl.uw.edu

Anomalie du volume de la glace de mer arctique

Le volume de la glace de mer est calculé à l'aide du système pan-arctique de modélisation et d'assimilation de l'océan glacé (PIOMAS, Zhang et Rothrock, 2003) développé à l'APL/PSC. Les anomalies pour chaque jour sont calculées par rapport à la moyenne sur la période 1979 -2016 pour ce jour de l'année afin de supprimer le cycle annuel. Le cycle annuel moyen du modèle du volume de la glace de mer sur cette période va de 28 000 km3 en avril à 11 500 km3 en septembre. La ligne bleue représente la tendance calculée à partir du 1er janvier 1979 jusqu'à la date la plus récente indiquée sur la figure. Les zones ombrées représentent un et deux écarts types des résidus de l'anomalie par rapport à la tendance de la figure 1 et des écarts types par rapport à la moyenne journalière 1979-2017 de la figure 2.


Fig.1 Anomalie du volume de la glace de mer arctique de PIOMAS mise à jour une fois par mois. Les anomalies quotidiennes de volume de la glace de mer pour chaque jour sont calculées par rapport à la moyenne de 1979 à 2019 pour ce jour de l'année. Les points de repère sur l'axe des temps se rapportent au premier jour de l'année. La tendance pour la période de 1979 à aujourd'hui est indiquée en bleu. Les zones ombrées indiquent un et deux écarts-types par rapport à la tendance. Les barres d'erreur indiquent l'incertitude de l'anomalie mensuelle tracée une fois par an.

Fig. 2 Volume total de la glace de mer arctique d'après PIOMAS montrant le volume du cycle annuel moyen, ainsi que de 2012 à 2019. Les zones ombrées indiquent un et deux écarts types par rapport à la moyenne.

Mise à jour annuelle

L'année 2019 s'est terminée avec un volume moyen annuel de glace de mer qui était le deuxième plus faible jamais enregistré avec 13 500 km 3 , soit environ 600 km 3 de plus que le record de 2017, avec des volumes très similaires pour les années récentes de faible volume annuel (2011, 2012, 2016, 2017).

Mise à jour mensuelle de mai 2020

En mai 2020, le volume moyen de la glace de mer arctique était de 21 500 km3. Cette valeur est supérieure de 1 700 km3 à la valeur minimale record de 19 800 km3 établie en 2017, ce qui en fait la sixième valeur la plus basse jamais enregistrée. Le volume mensuel de glace était de 39 % inférieur au maximum de 1979 et de 25 % inférieur à la valeur moyenne pour la période 1979-2019. En mai 2020, le volume de glace tombe de 0,8 écart-type au-dessus de la ligne de tendance. Les anomalies de volume journalier pour le mois de mai ont progressé à un rythme assez normal ces dernières années (Fig 4).


Fig 4 Comparaison des anomalies de volume journalier de la glace de mer par rapport à la période 1979-2019.
L'épaisseur moyenne de la glace se situe au milieu du pack pour les années les plus récentes (Fig 5).

Fig 5. Épaisseur moyenne de la glace de mer arctique sur les régions couvertes de glace, tirée de PIOMAS pour une sélection d'années. L'épaisseur moyenne est calculée pour le domaine PIOMAS en incluant uniquement les endroits où la glace est plus épaisse que 0,15 m.

Les anomalies d'épaisseur de la glace pour mai 2020 par rapport à 2011-2018 (Fig 6) poursuivent le schéma d'avril et montrent une glace relativement mince le long de la côte russe et une glace de mer plus épaisse que la normale dans la mer de Barents. Il y a quelques anomalies positives assez fortes dans l'est de la mer de Beaufort et au nord du Groenland. Ce schéma d'anomalies est probablement dû à la très forte tendance positive de l'indice d'oscillation de l'Arctique qui s'est produite pendant l'hiver 2020.
Fig 6. Anomalie d'épaisseur de glace PIOMAS pour mai 2020 par rapport à 2011-2018.

En février, la circulation dans l'hémisphère nord a atteint un niveau record avec un indice d'oscillation arctique positif. (données de l'indice). Ce phénomène météorologique est associé à une basse pression sur la partie orientale de l'Arctique qui affecte le mouvement et l'advection de la glace de mer. Le mouvement des glaces de février montre que la glace de mer s'éloigne d'un petit gyre de Beaufort et le mouvement cyclonique de la glace de mer le long du secteur de la Sibérie orientale de l'Arctique éloigne la glace de mer de la côte à cet endroit (fig. 8), ce qui entraîne un amincissement à cet endroit.
Fig 8. Mouvement moyen de la glace de mer (à gauche) et anomalie par rapport à 2011-2018 pour février 2020

Le schéma de dérive génère également une forte advection anormale (Fig 9) et des gains résultants vers des zones de glace généralement plus épaisse le long de la côte nord du Canada et du Groenland.
Fig 9.  Anomalie d'advection de la glace de mer PIOMAS par rapport à 2011-2018 pour février 2020.

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Arctic Data archive system (ADS)


Evolution de la banquise arctique.


Evolution de la banquise antarctique.


Evolution globale des deux banquises arctique et antarctique.

Historique des Climactualités (l'Arctique est mentionné en premier ; en bleu les valeurs minimalesen jaune les maximales ; la valeur entre parenthèses est la variation avec l'année précédente)

Moyenne des années 1980 à la même date : 11,37 + 14,46 = 25,83

Juin 2020 : 9,18 + 14,39 = 23,57 (+0,80)
Mai 2020 : 10,83 + 11,58 = 22,41 (+1,35)
Avril 2020 : 12,60 + 7,92 = 20,52 (+1,30)
Mars 2020 : 13,56 + 4,94 = 18,50 (+0,94)
Février 2020 : 14,30 + 2,81 = 17,10 (+0,64)
Janvier 2020 : 13,63 + 3,42 = 17,05 (+0,56)
Décembre 2019 : 12,26 + 6,65 = 18,91 (+0,99)
Novembre 2019 : 9,85 + 13,27 = 23,13 (-0,67)
Octobre 2019 : 7,06 + 17,21 = 24,28 (+0,01)
Septembre 2019 : 4,31 + 18,35 = 22,66 (-0,03)
Août 2019 : 4,34 + 17,89 = 22,23 (-0,27)
Juillet 2019 : 6,08 + 16,39 = 22,46 (-0,65)
Juin 2019 : 9,09 + 13,68 = 22,77 (-1,01)
Mai 2019 : 10,88 + 10,18 = 21,06 (-0,61)
Avril 2019 : 12,56 + 6,66 = 19,22 (+1,07)
Mars 2019 : 13,73 + 3,83 = 17,56 (+0,19)
Février 2019 : 14,02 + 2,44 = 16,46 (+0,47)
Janvier 2019 : 13,48 + 3,01 = 16,49 (+0,35)
Décembre 2018 : 11,85 + 6,07 = 17,92 (-0,97)
Novembre 2018 : 10,54 + 13,26 = 23,8 (+0,48)
Octobre 2018 : 7,18 + 17,09 = 24,27 (-0,82)
Septembre 2018 : 4,68 + 18,01 = 22,69
Août 2018 : 4,8 + 17,7 = 22,5
Juillet 2018 : 6.67 + 16.44 = 23.11
Juin 2018 : 9.19 + 14.59 = 23.78
Mai 2018 : 11.02 + 10.65 = 21.67
Avril 2018 : 12.82 + 6.33 = 18.15
Mars 2018 : 13.87 + 3.50 = 17.37
Février 2018 : 13.68 + 2.31 = 15.99
Janvier 2018 : 12.68 + 3.46 = 16.14
Décembre 2017 : 11.76 + 7.13 = 18.89
Novembre 2017 : 10.07 + 13.25 = 23.32
Octobre 2017 : 7.82 + 17.27 = 25.09
Septembre 2017 : pas de stats


dimanche 28 juin 2020

Le circuit des Sept Perdrix (en mieux)


J'avais déjà effectué ce circuit en 2018 (voir Le circuit des Sept Perdrix) mais je m'étais trompé d'itinéraire à deux reprises, d'abord parce que le balisage sur le terrain est parfois très limité, voire inexistant, ensuite parce que ce balisage n'est pas forcément en adéquation avec ce qu'on peut lire dans le topoguide que l'on a dans la main ; par exemple à la fontaine d'Embarre le topo me dit de tourner à gauche alors que la pancarte m'indique la direction opposée !
Mais heureusement avec l'aide du GPS et des informations qu'il donne quand on consulte après coup la carte à la maison il est facile de trouver les failles du parcours, c'est-à-dire les endroits où l'on n'a pas pris le bon chemin ; ainsi dans mon billet précédent je montrais les deux parties du circuit en cause, avec le bon itinéraire mentionné en pointillés :

Le faux-départ, et le vrai en pointillés !

Entre la fontaine (ou lavoir) d'Embarre et le lieu-dit Cabéou, à partir duquel on bifurque sur la gauche pour emprunter un vallon sombre et encaissé.

Ces deux parties de carte sont à comparer avec le « bon » itinéraire parcouru ce samedi 27 juin :

Données GPS (de la montre Polar M430) avec vue satellite.

On voit nettement que le parcours respecte le tracé en pointillé des deux cartes précédentes, d'abord au tout début (kilomètres 1 et 2) puis entre la fontaine d'Embarre et le lieu-dit Cabéou (kilomètres 8 à 11)

L'accès en voiture ainsi que l'environnement routier est visible sur cette carte :

Données GPS avec vue routes.

Le circuit se situe donc entre Montauban et Albi, il faut donc tenir compte des routes sinueuses de la région, Bruniquel étant relativement enclavée dans un méandre de l'Aveyron.

Voici mon profil sportif pour cette randonnée :


Profil du circuit des Sept Perdrix.

Le topoguide Midi-Pyrénées à pied (balade n°47) donne les informations suivantes :

  • Niveau : difficile
  • Durée : 4H30
  • Distance : 18 KM
  • Dénivelée cumulée à la montée : 464 mètres

Nous avons donc réalisé ce circuit en 5 heures et quart avec une pause déjeuner d'une demi-heure, pour une distance légèrement supérieure que je n'explique pas étant donné que j'ai cette fois scrupuleusement respecté les indications du topoguide.

Le niveau peut être considéré comme difficile eu égard à la longueur ainsi qu'aux montées et descentes parsemant l'itinéraire, cependant pour un bon marcheur il apparaitra facile voire très facile, ne présentant pas de difficultés techniques particulières (tout se fait sur bon sentier ou sur route départementale !) ; et même en se trompant par endroits on peut très aisément récupérer le bon chemin plus loin, au prix d'un allongement ou d'un raccourcissement du circuit.

Pour les photos en voici quelques unes complémentaires de celles déjà prises il y a deux ans.

Le départ s'effectue en montant vers le château, avec au passage quelques belles demeures au bord de l'étroite ruelle pavée.
On longe l'Aveyron en direction de Montricoux.
Montricoux et ses maisons à colombages.
Montricoux et sa boulangerie.
Montricoux et son salon de coiffure.
Montricoux et sa fenêtre.
Montricoux et son école primaire désuète (les garçons d'un côté les filles de l'autre ?)
En redescendant vers l'Aveyron le château de Bruniquel se distingue au fond.

Nous sommes ici environ au kilomètre 10, il nous reste donc encore quelques 8 kilomètres à parcourir avec une remontée dans un vallon boisé ; au téléobjectif le château semble très proche :

Le château de Bruniquel se découpe au-dessus de la végétation.
Après Cabéou c'est la remontée dans un vallon aux arbres moussus.

Sur le plateau un calvaire nous rappelle que nous avons plus de 15 kilomètres dans les pattes et que ce n'est pas terminé.

Perdue entre les arbres, une belle demeure, au loin.
Sur le bord du chemin un trou d'eau consolidé avec des pierres, au cas où nous aurions soif...
Au kilomètre 17 enfin une belle vue sur le château, tout près et pourtant tellement...
Vous aurez deviné qu'on accède au château par l'autre côté.
Depuis la zone de repos sur les berges de l'Aveyron le château semble nous narguer.
En plein milieu de la remontée vers la voiture une source nous tend les bras...

Oui, mais l'eau est non potable !

Alors il faut encore faire un petit effort, 5 minutes de grimpette sous la chaleur avec 18 kilomètres dans les mollets, avant de s'attabler au premier bistro rencontré qui nous récompensera d'une excellente Limounade.

Après, pour rejoindre la voiture c'est en roue libre, la rue est en pente légèrement descendante. Le pied !



samedi 27 juin 2020

Sottisier de la semaine 26


https://www.skyfall.fr/2014/03/10/politiques-du-climat/#comment-330727
5066. Pigouille | 21/06/2020 @ 9:18
joletaxi (#5062), la Haute Autorité des Limites Planétaires… le surréalisme en a besoin urgent pour honorer les méritants dans la continuité du Climathon. Didier Raoult président, Benoît Rittaud trésorier !
Ça ne va pas, les Pieds nickelés étaient trois, je propose donc François Gervais comme conseiller scientifique, ça aura plus de tenue et surtout de cohérence.

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https://www.skyfall.fr/2020/02/24/fil-info-de-sceptiques-2020/#comment-330798
627. Marco40 | 21/06/2020 @ 22:25
François (#625), Il y a plusieurs vidéos passionnantes (mais la qualité du son est moyenne) sur son cheminement vers le climato-réalisme. Son exposé sur la partie géologique, sa clarté, donne envie de reprendre des études scientifiques!!!
Je suis sûr qu’un documentaire Courtillot/Rittaud, expliquant leur démarche, toutes les erreurs, approximations voir mensonges, serait passionnant!!!!
Combien de fois faudra-t-il répéter que les Pieds nickelés étaient trois ?

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https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/06/19/feux-californiens-le-climat-innocente/#comment-21866
Le 22 juin 2020 à 11 h 08 min, Pimpin a dit :
@Antisceptique
Ne jouez pas sur les mots !
Evidemment que le réchauffement ne déclenche pas les feux ! Personne ne le dit ! Par contre partout on trouve l’affirmation indiquant que ce réchauffement est la cause des incendies ! Sans ce soi-disant réchauffement les étincelles n’auraient rien allumé et les incendies ne se seraient pas propagés !
C’est plus clair comme ça ?
« Personne ne le dit ! » dit-il. Vraiment ? Et que disait Rittaud au fait dans son article que Pimpin semble avoir déjà oublié ?
Il est aujourd’hui avéré que les nombreux défauts de maintenance des lignes électriques de cette société de production et de distribution d’électricité sont la cause directe de l’incendie meurtrier de 2018.
Ben voilà, si « les nombreux défauts etc. de PG&E sont la cause directe de l'incendie meurtrier de 2018 », il en découle que le « climat » n'est pas la cause directe de l'incendie meurtrier de 2018, donc que « le réchauffement ne déclenche pas les feux », autrement dit « on » aurait bien prétendu, d'après Rittaud, que c'était le réchauffement climatique qui déclenchait les feux, c'est plus clair comme ça ?

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https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/06/24/la-convention-citoyenne-manipulee-le-cas-de-la-vitesse-sur-les-autoroutes/#comment-21922
Le 24 juin 2020 à 11 h 44 min, Barjo Bulle a dit :
A noter que le candidat au certificat d’études est aussi nul en calcul que le membre de la Commission car de 130 à 110 km/h, ce n’est pas 17 mais 11 minutes que l’on perd sur 200 km, donc pas 6 mais 4 fois plus que les 3 minutes du cancre de la Commission. Il n’en reste pas moins vrai que le temps perdu cumulé est phénoménal et qu’il justifie à lui seul la mise directe à la poubelle de cette proposition de limiter les autoroutes à 110 km/h.
Encore un qui aurait été mieux inspiré de réfléchir avant d'écrire une bêtise (voir 110 ou 130 km/h ?

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https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/06/24/la-convention-citoyenne-manipulee-le-cas-de-la-vitesse-sur-les-autoroutes/#comment-21939
Le 24 juin 2020 à 18 h 17 min, Christian Palud a dit :
Mais où va-t-on ? D’un sénateur phosphorant sur comment diminuer l' »empreinte » du numérique sur les consommations énergétiques, sur RTL à l’instant: « Diminuer la qualité des images vidéos sur les smartphones… ». Avec le vélo généralisé faisant ressembler nos rues à celles du tiers-monde, sous peu, le pigeon voyageur en lieu et place des SMS ! Les intellos à lunettes finiront sous peu comme leurs homologues chinois au temps de la révolution culturelle: A étaler à mains nues de la merde humaine dans les champs agricoles…
Les Néerlandais et les Danois, entre autres, seront contents d'apprendre qu'ils appartiennent au tiers-monde.

Le Danemark peut aisément se visiter à vélo. Le royaume est en effet riche de 12 000 km de pistes cyclables, balisées qui plus est.
Les Pays-Bas figurent parmi les destinations phares du tourisme à vélo. Pas de dénivelés pour torturer vos mollets, des routes cyclables impeccables qui cumulent plus de 32 000 km balisés, souvent hors de toute présence automobile…

Des pays sous-développés, de véritables enfers pour Christian "vroum vroum" Palud.


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https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/06/25/turn-au-vert/#comment-21975
Le 26 juin 2020 à 17 h 41 min, Francis Lacan a dit :
Pour ce qui est du pic pétrole, l’hypothèse est aussi ridicule que celle de notre contrôle du CO2. En investissant dans les méthodes d’extraction des hydrocarbures non-conventionnels, on a au moins 4 siècles de ressources devant nous. Voir les rapports IFPEN, notamment celui de 2013.
« En investissant etc. », mort de rire, au prix du marché actuel c'est vrai que les pétroliers n'ont qu'une idée en tête : investir ! Monsieur Lacan n'a en outre pas compris que le « pic pétrole » a moins à voir avec les réserves que nous avons sous nos pieds qu'avec notre capacité de les extraire à un coût compétitif (i.e. un prix que les consommateurs sont disposés à payer pour en bénéficier)

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Le 25 juin 2020 à 10 h 07 min, Gurt a dit :
On parle de la polution de la voiture qui polue plus a 130 km/h.Sachez que les boites à vitesse à 8 vitesses servent à abaisser le C02 .car le moteur tourne moins vite.Arreter de mettre la pollution sur la voiture. Couper vos climatiseurs pour moins polluer
Moi je connais des moteurs de voitures qui ne polluent pas quand on les arrête, si c'est pas magnifique !

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Le 24 juin 2020 à 22 h 27 min, jean nivon a dit :
Les 150 citoyens censés nous représenter font des propositions censées être acceptées par les citoyens ; ils sont là pour ça !
Comment se fait-il alors que le Gouvernement veuille faire accepter par référendum certaines de ces propositions, puisque celles-ci sont élaborées par des citoyens qui nous représentent déjà ?
Je ne cherche plus à comprendre, je suis largué !
Climatiquement vôtre. JEAN
Est-ce que quelqu'un a pensé à dire à Jean Nivon que les 150 citoyens en question n'ont pas été élus et ne sont donc pas « censés nous représenter »? Allez, un volontaire, vous voyez bien qu'il est climatiquement largué !

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Le 26 juin 2020 à 9 h 16 min, Denis FOURGASSIE a dit :
Avec la vieille calculette solaire pourrie de mon bureau, il manquait la barre en haut à gauche du 9 de 109, d’où mon mauvais calcul 103 – 92 = 11 au lieu de 109 – 92 = 17 (la calculette est partie à la poubelle).
A calcul foireux justification foireuse, on s'accroche aux branches comme on peut quand on dégringole de son arbre et il n'y a pas que la calculette qui mérite de partir à la poubelle.

mercredi 24 juin 2020

110 ou 130 km/h ?


La Convention Citoyenne pour le climat a donc rendu il y a peu ses propositions qui devraient selon elle permettre une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990.

Je ne vais pas discuter de la pertinence de toutes ces propositions et du réalisme (ou pas) de l'objectif fixé, je vais seulement me concentrer sur l'une d'elle qui a focalisé notamment l'attention du lobby des chauffards qui voit dans la limitation à 110km/h de la vitesse sur les autoroutes une intolérable atteinte aux libertés individuelles chèrement acquises depuis la Révolution française.

Personnellement, quand je prends ma voiture sur de longues distances (allant de 200 à 500 kilomètres pour aller en famille) je règle toujours ma vitesse sur 110 km/h, non pas parce que j'avais déjà anticipé ce que proposerait aujourd'hui la Convention Citoyenne pour le climat, mais simplement parce que 110 km/h est une vitesse que je trouve raisonnable (sur l'autoroute bien sûr)

 Il m'arrive cependant de pousser à 130 km/h voire un tout petit peu plus si je dois dépasser une file de camions ou autres véhicules bien plus lents que le mien, tout bonnement parce que je ne juge pas sain ni intelligent de se balader à 110 km/h sur la file de gauche alors que la vitesse est autorisée jusqu'à 130 km/h, parfois le bon sens permet de s'affranchir de certaines règles que l'on s'imposerait à soi-même comme celle qui consiste à rouler un peu moins vite que ce qui nous est autorisé par le code de la route.

Si je préfère rouler à 110 km/h c'est uniquement parce que cette vitesse est celle que je trouve être un bon compromis entre sécurité et temps de trajet ; rouler plus lentement, à 90 km/h par exemple, n'est pas très judicieux sur autoroute, à moins d'être un conducteur de poids lourd (poids supérieur à 12 tonnes), et faire du 160 km/h est carrément hors la loi, même sur une grande partie du réseau autoroutier allemand (un tiers des autoroutes allemandes est limité à 130 km/h, voire moins, sur le reste du réseau autoroutier la vitesse « conseillée » reste à 130 km/h même s'il n'y a aucune limitation)

Par ailleurs il faut distinguer les jours de semaine du week-end ; en semaine les autoroutes, du moins en France (pour les autres pays j'en sais trop rien), sont livrées aux poids lourds de toutes sortes, par conséquent espérer tenir une moyenne de 130 km/h sur un long trajet relève soit de l'inconscience soit de la volonté délibérée d'enfreindre les règles du code de la route, car pour chaque ralentissement en-dessous de 130 km/h il faudrait effectuer une correction équivalente au-dessus de cette vitesse afin de respecter la moyenne, il s'agit là de simples mathématiques qu'un écolier un peu doué arriverait à formaliser au moyen de quelques calculs sur une feuille de papier.

Il est cependant important de souligner à ce stade l'inanité des calculs simplistes de « temps perdu » en passant de 130 à 110 km/h.

On lit en effet qu'en diminuant la vitesse de 20 km/h on « perdrait » par exemple 8 minutes sur 100 kilomètres ; en théorie oui, et j'ai calculé les diverses « pertes » théoriques en fonction de plusieurs distances :

Différences de temps selon que l'on roule à 110 ou 130 km/h.

Donc sur 100 kilomètres on « perd » 8 minutes, sur 200 17 minutes, ..., sur 500 42 minutes. Mais ça c'est sur le papier, « en théorie », alors que sur le terrain, « en pratique », il en va tout autrement.

Imaginez qu'il y ait des travaux sur l'autoroute, la vitesse est alors limitée à 90 km/h car la chaussée est rétrécie, il n'y a plus de bande d'arrêt d'urgence, on se trouve donc dans la configuration d'une simple route ne pouvant prétendre au profil autoroutier ; dans ce cas celui qui roulait à 130 km/h va se trouver « pénalisé » de 40 km/h alors que celui qui se limitait à 110 km/h va voir sa vitesse réduite de seulement 20 km/h ; au final l'écart entre les deux va donc mathématiquement se réduire, sur 100 kilomètres la différence de temps ne sera plus de 8 minutes mais peut-être de 7, ou de 6, ou encore moins ; répétez l'opération avec par exemple le ralentissement obligé quand on se retrouve derrière un poids lourd qui en dépasse un autre en roulant à 90 km/h sur la voie de gauche (ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé, je ne vous croirais pas) et rebelote, celui qui roulait à 130 km/h doit encore une fois réduire sa vitesse bien plus que moi qui roulais tranquillement à 110 km/h !

Quand vous additionnez toutes les occasions de ralentissements vous vous rendez vite compte que les chiffres théoriques peuvent parfois être divisés par deux ; ainsi sur 500 kilomètres ce ne sont pas 42 minutes que vous allez « gagner » en roulant à 130 plutôt qu'à 110 km/h mais peut-être seulement une vingtaine de minutes, ce qui relativise fortement la prétendue nécessité de rouler vite pour ne pas perdre de temps ; et quand vous aurez compris que les bouchons peuvent être causés...par une vitesse excessive, vous aurez compris que rouler à 130 km/h peut parfois équivaloir à se retrouver à faire du surplace ! Le site assurance-prevention vous le confirme :
Vitesse au volant : les idées fausses
[...]
Plus la limitation de vitesse est basse, plus il y a de bouchons.
C’est même souvent l’inverse. Sur les autoroutes très chargées, on abaisse temporairement les limitations au moment des pointes de trafic afin, justement, de faire reculer l’apparition des embouteillages.
Ainsi les soi-disant arguments des chauffards professionnels tel Pierre Chasseray ne résistent pas longtemps à un minimum de réflexion ; par exemple celui-ci nous affirme sans rire dans Autoroutes à 110 km/h : "Incompréhensible et injustifié", pour 40 millions d'automobilistes :
Depuis le lancement de l’association. Je n’ai jamais vu une telle mobilisation sur notre site internet. On est presque à 600.000 signatures.
Il est vrai que 600 000 signatures sont une preuve indéniable et irréfutable qu'il faut absolument rester scotchés sur les 130 km/h sur autoroutes, et pourquoi pas enlever toute limitation si ces mêmes signataires ont envie de libérer le fauve qui rugit en eux et ne demande qu'à faire parler les chevaux (bon un fauve qui fait parler les chevaux c'est un peu tiré par les cheveux, j'avoue) ; et un député, un certain Damien Pichereau, surenchérit dans la bêtise avec ce monument :
Je crains que si on baisse la vitesse sur l’autoroute, on ait un report sur les routes secondaires
C'est vrai que le gars qui a l'habitude de rouler à 130 km/h sur l'autoroute va aller sur les routes secondaires si on le limite à 110 km/h, comme ça il mettra deux fois plus de temps en se farcissant les limitations à 80 km/h, les traversées d'agglomérations avec leurs innombrables ronds-points et autres ralentisseurs obligeant à descendre à 30 km/h à de nombreuses reprises, tout ça rien que pour faire chier le législateur, non mais !

Et on vient en plus nous dire que la mesure coûterait une blinde car limiter la vitesse serait du temps perdu pour tous les professionnels pour qui, c'est bien connu, le temps c'est de l'argent ! C'est à mon avis prendre les gens pour des cons, mais ce n'est que mon avis, vous n'êtes pas obligés de le partager, cependant réfléchissez un peu ; on a déjà vu qu'en semaine les autoroutes sont quasiment la propriété des poids lourds pour lesquels la limitation de 130 à 110 km/h n'a strictement aucun impact, d'où un coût nul pour la collectivité et l'économie ; on a également vu que pour les automobilistes qui empruntaient en semaine les autoroutes les écarts de temps de trajet étaient en réalité négligeables (par ailleurs s'il faut se lever un quart d'heure plus tôt pour aller à un rendez-vous est-ce vraiment irréalisable ?) ; en vérité la grande majorité des déplacements professionnels, hors trafic poids lourds, s'effectue sur le réseau secondaire non impacté par la mesure de limitation de 130 à 110 km/h ; enfin on peut se poser la question de l'utilité de beaucoup de déplacements en voiture après avoir expérimenté le télétravail : les conférences téléphoniques ou les visioconférences peuvent avantageusement remplacer la présence physique pas vraiment indispensable dans de nombreuses situations.

Tout cela pour dire que selon moi la mesure serait très loin d'avoir l'impact économique qu'on lui prête un peu trop facilement (j'ai lu de 550 millions à près d'un milliard d'euros, rien que ça) en n'ayant en tête que la perte potentielle du plaisir de rouler à 130 km/h !

Cette simple proposition en apparence anodine montre en tout cas à quel point l'hystérie peut prendre possession de certains esprits qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez (oui je sais, le bout de nez d'un esprit, ça craint), même si j'ai en ce qui me concerne des doutes sur l'efficacité de la mesure en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre pouvant permettre à notre descendance une vie normale et agréable à l'horizon de quelques décennies. De toute façon nous allons bientôt manquer de pétrole (voir Pic pétrolier probable d’ici 2025, selon l’Agence internationale de l’énergie) et le problème de la limitation de vitesse sur les autoroutes trouvera probablement une solution « de bon sens », pas la peine donc de s'agiter comme des asticots, soyons patients et apprenons entretemps à prendre notre temps.

Se précipiter est le plus sûr moyen de perdre son temps et celui des autres.