mercredi 31 mai 2023

Climactualités - mai 2023

 Concentration de l'atmosphère en CO₂

Global Monitoring Laboratory - Carbon Cycle Greenhouse Gases (noaa.gov)

Moyenne mensuelle récente du CO₂ à l'observatoire de Mauna Loa.

Variation de la concentration en CO₂ depuis 1960.

Les lignes et symboles rouges représentent les valeurs moyennes mensuelles, centrées sur le milieu de chaque mois. Les lignes et symboles noirs représentent les mêmes valeurs, après correction pour le cycle saisonnier moyen.

Taux de croissance annuel moyen du CO₂ au Mauna Loa.

Le tableau et le graphique montrent les taux de croissance annuels moyens du dioxyde de carbone pour Mauna Loa. Dans le graphique, les moyennes décennales du taux de croissance sont également représentées sous forme de lignes horizontales pour les années 1960 à 1969, 1970 à 1979, et ainsi de suite.

Voir aussi : Mauna Loa carbon dioxide forecast for 2023 - Met Office

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Divers graphiques montrant l'évolution du CO2 (et de la température) au cours des âges.


Changement en parties par million par 1000 ans (Source Climate Central)


Source Graphic: The relentless rise of carbon dioxide – Climate Change: Vital Signs of the Planet (nasa.gov)


Concentrations de l'atmosphère en CO2 depuis 500 millions d'années (source Earth.Org)


Evolution (estimation) de la température durant les 500 millions d'années passées (source Earth.Org)


Attention ! L'échelle des abscisses des deux derniers graphiques n'est pas la même !

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ENSO


El Niño Watch

Odds that El Niño—the warm phase of the El Niño-Southern Oscillation climate pattern—will develop this summer rose in April compared March. According to the NOAA forecast on May 11, a transition from ENSO-neutral is expected in the next couple of months, with a greater than 90% chance of El Niño persisting into the Northern Hemisphere winter.

Les chances qu'El Niño - la phase chaude du phénomène climatique El Niño-Oscillation australe - se développe cet été ont augmenté en avril par rapport à mars. Selon les prévisions de la NOAA du 11 mai, une transition d'ENSO neutre est attendue au cours des deux prochains mois, avec plus de 90 % de chances qu'El Niño persiste jusqu'à l'hiver dans l'hémisphère nord.
Index ENSO de 2014 à 2023 (source weather.plus)

Index ENSO de 1950 à 2023 (source weather.plus)

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Données de températures de la NOAA

Climate Change: Global Temperature | NOAA Climate.gov.

Température annuelle de surface comparée à la moyenne de 1880 à 2022.



FAITS MARQUANTS

  • La température de la Terre a augmenté de 0,14° Fahrenheit (0,08° Celsius) par décennie depuis 1880, mais le taux de réchauffement depuis 1981 est plus de deux fois supérieur : 0,32° F (0,18° C) par décennie.
  • 2022 a été la sixième année la plus chaude jamais enregistrée sur la base des données de température de la NOAA.
  • La température de surface en 2022 était de 1,55 °F (0,86 °Celsius) plus élevée que la moyenne du 20e siècle de 57,0 °F (13,9 °C) et de 1,90 ˚F (1,06 ˚C) plus élevée que la période préindustrielle (1880-1900). 
  • Les dix années les plus chaudes de l'histoire ont toutes eu lieu depuis 2010. 

Voir aussi l'évaluation du climat mondial en 2022 : Assessing the Global Climate in 2022 | News | National Centers for Environmental Information (NCEI) (noaa.gov)


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Elévation du niveau moyen des mers

Mean Sea Level: Aviso+ (altimetry.fr)

Niveau moyen global de référence (GMSL) basé sur les données des missions TopEx/Poseidon, Jason-1, Jason-2 et Jason-3 de janvier 1993 à aujourd'hui, après élimination des signaux annuels et semi-annuels et application d'un filtre de 6 mois. En appliquant la correction du rebond postglaciaire (-0,3 mm/an), l'élévation du niveau moyen des mers a ainsi été estimée à 3,6 mm/an avec une incertitude de 0,4 mm/an (mis à jour le 24/04/2023)

Sur les 10 dernières années :

Sur les 10 dernières années : 4,43 mm / an (source Aviso)


Sur les 5 dernières années :

Sur les 5 dernières années : 4,37 mm / an (source Aviso)


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GISS L-OTI anomalies de températures vs 1881-1910

data.giss.nasa.gov

Anomalies de températures pour le mois d'avril 2023 par rapport à la période de référence 1881-1910.

Rappel des années précédentes (à partir de 2016, année la plus chaude) avec leur classement :

  • année 2022 : 1.13 => 5
  • année 2021 : 1.11 => 6
  • année 2020 : 1.24 => 2
  • année 2019 : 1.21 => 3
  • année 2018 : 1.08 => 7 
  • année 2017 : 1.17 => 4 
  • année 2016 : 1.26 => 1


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Polar Science Center

psc.apl.uw.edu

Evolution du volume de la banquise arctique de PIOMAS par rapport à la moyenne de la période 1979-2022.


Fig 11. Moyenne annuelle du volume de glace de mer de PIOMAS


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Polar Portal

Greenland: Polar Portal

  • Conditions de surface du Groenland :
Bilan de masse de surface du Groenland (journalier)

La carte illustre comment la surface de la calotte glaciaire du Groenland gagne et perd de la masse chaque jour. Cette différence entre les chutes de neige et le ruissellement est connue sous le nom de bilan massique de la surface. Elle est toujours positive au cours d'une année car toute la neige tombée ne s'écoule pas à nouveau de la calotte glaciaire.

Le bilan massique de surface n'est PAS identique au bilan massique TOTAL (c'est-à-dire le gain ou la perte globale de la calotte glaciaire), qui comprend également la masse perdue lorsque les glaciers vêlent des icebergs, la fonte des langues de glacier lorsqu'elles entrent en contact avec l'eau de mer chaude et les effets de friction et autres au fond de la calotte glaciaire.

Bilan de masse de surface du Groenland (cumul)

  • Changement de masse du Groenland :
Changement de masse et impact sur le niveau des mers.

La carte et le graphique montrent l'augmentation de la masse de glace lorsqu'il y a des précipitations, et la quantité de cette masse qui est perdue lorsque la neige et la glace fondent et lorsque des icebergs se détachent des principaux glaciers de sortie de la calotte glaciaire. La différence entre ces changements de masse au cours d'une année glaciologique (septembre-août) est appelée le bilan massique total de l'inlandsis groenlandais.

Tous les changements sont donnés par rapport à avril 2002.

Sur la base de ces données, on constate qu'au cours de la période 2003-2011, l'inlandsis groenlandais a perdu 234 km3 d'eau par an, ce qui correspond à une contribution annuelle à l'augmentation moyenne du niveau de la mer de 0,65 mm (Barletta et al. (2013).


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Arctic Data archive system (ADS)

ads.nipr.ac.jp/vishop/#/extent

Evolution de l'étendue de la banquise arctique.

Evolution de l'étendue de la banquise antarctique.

Evolution globale des deux banquises arctique et antarctique.

Historique des Climactualités (l'Arctique est mentionné en premier ; en bleu les valeurs minimalesen jaune les maximales ; la valeur entre parenthèses est la variation par rapport à l'année précédente)

Valeurs en millions de km².

Moyenne des années 1980 à la même date : 12,60 + 11,38 = 23,98 (+2,99)

Mai 2023 : 11,29 + 9,70 = 20,99 (-1,09)
Avril 2023 : 12,87 + 6,72 = 19,59 (-0,75)
Mars 2023 : 13,71 + 4,02 = 17,74 (-0,21)
Février 2023 : 13,97 + 2,04 = 16,01 (-0,30)
Janvier 2023 : 13,13 + 2,51 = 15,64 (-1,05)
Décembre 2022 : 12,13 + 5,41 = 17,53 (-1,29)
Novembre 2022 : 10,19 + 13,24 = 23,43 (-0,84)
Octobre 2022 : 8,10 + 16,69 = 24,79 (-0,15)
Septembre 2022 : 5,01 + 17,97 = 22,97 (-0,11)
Août 2022 : 5,06 + 17,51 = 22,57 (-1,05)
Juillet 2022 : 6,74 + 15,88 = 22,62 (-1,15)
Juin 2022 : 9,32 + 13,36 = 22,68 (-1,22)
Mai 2022 : 11,60 + 10,49 = 22,08 (-0,87)
Avril 2022 : 12,84 + 7,50 = 20,34 (-0,96)
Mars 2022 : 13,79 + 4,16 = 17,95 (-1,20)
Février 2022 : 14,14 + 2,17 = 16,31 (-0,44)
Janvier 2022 : 13,70 + 3,00 = 16,69 (-0,23)
Décembre 2021 : 12,50 + 6,32 = 18,82 (-0,32)
Novembre 2021 : 10,79 + 13,48 = 24,27 (+0,37)
Octobre 2021 : 7,97 + 16,98 = 24,94 (+0,99)
Septembre 2021 : 5,04 + 18,04 = 23,08 (+0,20)
Août 2021 : 5,05 + 18,57 = 23,62 (+1,14)
Juillet 2021 : 6,38 + 17,39 = 23,77 (+1,48)
Juin 2021 : 9,09 + 14,81 = 23,90 (+0,33) 
Mai 2021 : 11,29 + 11,66 = 22,95 (+0,54)
Avril 2021 : 12,82 + 8,48 = 21,3 (+0,78)
Mars 2021 : 13,62 + 5,53 = 19,15 (+0,65)
Février 2021 : 13,73 + 3,02 = 16,75 (-0,35)
Janvier 2021 : 13,43 + 3,50 = 16,92 (-0,13)
Décembre 2020 : 12,07 + 7,07 = 19,14 (+0,23)
Novembre 2020 : 9,71 + 14,19 = 23,90 (+0,77)
Octobre 2020 : 6,02 + 17,94 = 23,95 (-0,33)
Septembre 2020 : 4,08 + 18,81 = 22,88 (+0,22)
Août 2020 : 4,06 + 18,43 = 22,48 (+0,26)
Juillet 2020 : 5,78 + 16,51 = 22,29 (-0,17)
Juin 2020 : 9,18 + 14,39 = 23,57 (+0,80)
Mai 2020 : 10,83 + 11,58 = 22,41 (+1,35)
Avril 2020 : 12,60 + 7,92 = 20,52 (+1,30)
Mars 2020 : 13,56 + 4,94 = 18,50 (+0,94)
Février 2020 : 14,30 + 2,81 = 17,10 (+0,64)
Janvier 2020 : 13,63 + 3,42 = 17,05 (+0,56)
Décembre 2019 : 12,26 + 6,65 = 18,91 (+0,99)
Novembre 2019 : 9,85 + 13,27 = 23,13 (-0,67)
Octobre 2019 : 7,06 + 17,21 = 24,28 (+0,01)
Septembre 2019 : 4,31 + 18,35 = 22,66 (-0,03)
Août 2019 : 4,34 + 17,89 = 22,23 (-0,27)
Juillet 2019 : 6,08 + 16,39 = 22,46 (-0,65)
Juin 2019 : 9,09 + 13,68 = 22,77 (-1,01)
Mai 2019 : 10,88 + 10,18 = 21,06 (-0,61)
Avril 2019 : 12,56 + 6,66 = 19,22 (+1,07)
Mars 2019 : 13,73 + 3,83 = 17,56 (+0,19)
Février 2019 : 14,02 + 2,44 = 16,46 (+0,47)
Janvier 2019 : 13,48 + 3,01 = 16,49 (+0,35)
Décembre 2018 : 11,85 + 6,07 = 17,92 (-0,97)
Novembre 2018 : 10,54 + 13,26 = 23,8 (+0,48)
Octobre 2018 : 7,18 + 17,09 = 24,27 (-0,82)
Septembre 2018 : 4,68 + 18,01 = 22,69
Août 2018 : 4,8 + 17,7 = 22,5
Juillet 2018 : 6.67 + 16.44 = 23.11
Juin 2018 : 9.19 + 14.59 = 23.78
Mai 2018 : 11.02 + 10.65 = 21.67
Avril 2018 : 12.82 + 6.33 = 18.15
Mars 2018 : 13.87 + 3.50 = 17.37
Février 2018 : 13.68 + 2.31 = 15.99
Janvier 2018 : 12.68 + 3.46 = 16.14
Décembre 2017 : 11.76 + 7.13 = 18.89
Novembre 2017 : 10.07 + 13.25 = 23.32
Octobre 2017 : 7.82 + 17.27 = 25.09
Septembre 2017 : pas de stats


Voir également Global: Sea-Ice Concentration/Extent – Zachary Labe (zacklabe.com)


vendredi 26 mai 2023

Daniel Dory le nouveau mentor de Jacques Henry

 Jacques Henry nous fera toujours rire.

Le voici, dans Réchauffement du climat : une histoire d’entonnoirs, et autres réflexions., qui s'adonne à son habituel dada qui consiste à aligner les éternels poncifs climato-niais. Quand le mot réflexion figure dans le titre d'un article de Jacques Henry vous pouvez être assuré que vous ne serez pas déçu. Et quand il fait précéder ce terme, qui lui est au passage étranger, du mot entonnoir une image vous vient immédiatement à l'esprit :

Jacques Henry se préparant à écrire un billet sur son blog.

Pourquoi nous parle-t-il d'entonnoirs au risque d'en prendre un (de plus) sur la tête ? C'est tout simplement parce qu'il a regardé religieusement une vidéo d'un certain Daniel Dory dans laquelle celui-ci fait référence à un joli dessin figurant dans un de ses ouvrages :

Collection de casseroles, pardon, d'entonnoirs servant à démontrer on ne sait trop quoi.

La vidéo vantée par Jacques Henry vaut le détour, du moins pour les 10 ou 15 premières minutes, et vous n'êtes pas obligé de vous taper le tout, qui dure pas moins d'une bonne heure, pour vous rendre compte que le monsieur qui parle dans le poste s'est en fait servi des entonnoirs qu'il porte normalement sur la tête dans la journée.


Nous avons un premier indice avec la chaine qui diffuse cette vidéo qui est nulle autre que TVLibertés qui, vous ne le croirez jamais, a l'honneur d'avoir sa fiche chez Conspiracy Watch, on se demande bien pourquoi (en fait on se le demande si l'on a un entonnoir sur la tête, autrement ça n'étonne pas le moins du monde)

Je ne vais pas vous commenter en détail l'interview de Daniel Dory « interrogé » par un admirateur qui se fait passer pour un journaliste et dont j'ai oublié le nom. Dès le départ cet obséquieux (in)animateur, qui ne se risquera pas à bousculer son invité dans ses derniers retranchements, et qui ferait mieux de se reconvertir en expérimentateur de matelas Dunlopillo latex, présente Daniel Dory ainsi :

Daniel Dory est docteur en géographie avec une formation en philosophie, criminologie, sociologie et histoire, rien que ça.

Oui « rien que ça ». D'après mon expérience personnelle, qui est très modeste au demeurant, quand quelqu'un s'est « formé » sur un grand nombre de matières il est assez probable qu'il soit un véritable amateur dans chacune d'elles, surtout quand ces matières demandent une réelle expertise si l'on veut s'en prévaloir. On en déduira donc que notre loustic n'est véritablement spécialiste qu'en géographie, puisqu'il est docteur dans cette honorable discipline, et qu'il n'a pas de légitimité pour parler d'autres choses, et notamment...du climat !

Une preuve que notre « homme du jour » n'est qu'un guignol de plus s'exprimant comme beaucoup d'autres guignols dans son genre sur une chaine complotiste d'extrême-droite, c'est quand il nous parle de Greta Thunberg à 16:45 environ :

A titre anecdotique, parce que nos téléspectateurs ne savent pas ça, on a une confirmation rigolote très récemment, puisqu'une université finlandaise a donné un titre de docteur honoris causa à Greta Thunberg dont le savoir et le charisme nous ravagent (?) et c'est un doctorat en théologie [...] c'est très très important, bien sûr on ne peut pas lui donner un doctorat en physique, mais euh [l'inanimateur intervient alors : ce qui confirme la thèse selon laquelle tout cela est une religion] ce qui confirme, et d'ailleurs il y a la vierge prêchante, il y a les hérétiques, les climatosceptiques sont évidemment des hérétiques...

Tout ce gloubi-boulga est-il digne d'un docteur en géographie ? Je vous le demande mais n'attends pas vraiment de réponse, car il s'agit d'une question rhétorique bien sûr.

En effet, voici la définition d'un docteur honoris causa donnée par Wikipédia :

Un doctorat honoris causa (doctorat honorifique au Canada), ou titre de docteur honoris causa (du latin causa, qui exprime le but, précédé du génitif de honor, honoris, l'honneur : « pour l'honneur », honorifique) est un titre honorifique décerné par une université ou une faculté à une personnalité éminente. Un docteur honoris causa, parfois abrégé en Dr h. c., en est le récipiendaire.

Et si vous n'avez pas confiance en Wikipédia, ce qui est votre droit le plus absolu, alors vous avez celle de la Sorbonne :

Créé en 1918, le titre de Docteur Honoris Causa est l’une des plus prestigieuses distinctions décernées par les universités françaises pour honorer « des personnalités de nationalité étrangère en raison de services éminents rendus aux sciences, aux lettres ou aux arts, à la France ou à l’université ».

Ainsi nous avons par exemple le joueur de football Didier Drogba qui est « docteur honoris causa des universités du Réseau des Universités des Sciences et Technologies d’Afrique (RUSTA). »

Greta Thunberg est donc docteur honoris causa non pas d'une université finlandaise mais d'une belge, l'Université de Mons, qui n'a aucun département spécialisé en théologie. Par contre il y a bien la faculté de théologie d’Helsinki qui se propose de lui attribuer un tel titre de docteur honoris causa en théologie, mais je ne sais pas si cela aboutira (Elle devrait le recevoir le 9 juin prochain.) Quoi qu'il en soit, à supposer qu'elle soit également distinguée dans la catégorie « théologie » par une faculté finlandaise, présenter cela comme la preuve que la climatologie serait une religion et que les climato-crétins seraient des hérétiques qu'il faudrait brûler, alors que ce sont au contraire les scientifiques qui sont menacés, nous montre que Daniel Dory a une conception très personnelle de la science.

On lui fera remarquer au passage que Greta Thunberg n'arrête pas de dire qu'« il faut écouter les scientifiques », et on ne l'a jamais entendu faire la moindre référence à une quelconque religion, contrairement à Daniel Dory qui n'a que ce mot dans la bouche.

Autre passage où il nous montre qu'il n'y connait pas grand chose, à 12:40 environ :

A l'origine les travaux prévoyaient un refroidissement du climat.

« Les travaux », quels travaux ? Il se gardera bien de les citer puisqu'il n'y en a jamais eu beaucoup de la sorte, la plupart des études sur le climat, depuis qu'elles existent, évoquant un réchauffement lié à l'augmentation des gaz à effet de serre comme le CO₂ :

Pourcentage des études climatiques évaluées par des pairs entre 1965 et 1979 qui prévoyaient un réchauffement, pourcentage de celles qui prévoyaient un refroidissement et pourcentage de celles qui ne se prononçaient pas sur l'éventualité d'un réchauffement ou d'un refroidissement. D'après THE MYTH OF THE 1970s GLOBAL COOLING SCIENTIFIC CONSENSUS paru dans Bulletin of the American Meteorological Society Volume 89 Issue 9 (2008)

Ainsi nous avons la preuve que notre docteur en géographie se contente de répéter comme un perroquet l'un des nombreux mythes climatosceptiques concoctés par des désinformateurs professionnels rémunérés par des entreprises et organismes ayant tout intérêt à ce que rien ne change. En cela il se comporte comme un Benoit Rittaud qui a lui aussi un intérêt évident à se montrer à la télé, à savoir vendre le plus possible de ses bouquins dont il fait la promotion chaque fois qu'il le peut ; Daniel Dory, de son côté, cherche uniquement à placer son dernier ouvrage que je vais m'empresser de ne pas aller acheter ou commander :

Qui n'en veut de la bonne salade de Daniel Dory ?

Et il y a des benêts, comme Jacques Henry, qui avalent la ligne avec l'hameçon, la canne et le pêcheur qui va avec sans se poser la moindre question puisqu'ils sont déjà intimement convaincus. Mais c'est eux qui traiteront les scientifiques, les vrais, de religieux. Inversion accusatoire quand tu nous tiens.

Je vous laisse visionner la vidéo dans sa totalité, moi je n'en ai pas eu le courage, ou plutôt les bâillements m'ont dissuadé de trop passer de temps dessus, au risque de m'éclater le nez sur le clavier.


jeudi 25 mai 2023

La décennie sauvage : comment les années 1990 ont jeté les bases de la Russie de Vladimir Poutine

 J'ai déjà dit à plusieurs reprises (voir à la fin de ce billet) que Vladimir Poutine n'a jamais été un grand stratège et que son accession au pouvoir n'est due qu'à un extraordinaire concours de circonstances sans lequel quasiment personne aujourd'hui ne saurait qu'il existe.

Un tweet de Miss Mwambe vient à point pour confirmer mes dires et les compléter avec ce rappel d'un article paru dans The Conversation le 2 juillet 2020 sous le titre The wild decade: how the 1990s laid the foundations for Vladimir Putin's Russia ; en voici la traduction.


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La décennie sauvage : comment les années 1990 ont jeté les bases de la Russie de Vladimir Poutine


Publié : 2 juillet 2020 9.10am EDT

Auteur

Adrian Campbell

Maître de conférences en développement international, Université de Birmingham

L'investiture de Poutine en 2000 : la fin d'une décennie folle. Itar-Tass Pool/EPA

En remportant le vote national sur les changements constitutionnels, Vladimir Poutine pourrait rester président de la Russie jusqu'en 2036 s'il choisit de se représenter. Après 20 ans au pouvoir, le récit des années 1990 chaotiques de la Russie reste au cœur de la légitimité de Poutine en tant que dirigeant qui a rétabli la stabilité.

Si la décennie divise encore l'opinion publique, ce qui ne fait aucun doute, c'est qu'elle a été une période dangereuse et passionnante. L'ambiguïté des années 90 est résumée par le mot russe bespredel, alors en vogue, titre d'un drame carcéral de 1989, qui signifie liberté anarchique et autorité irresponsable.

À l'époque, la transition post-soviétique turbulente de la Russie était perçue comme un spectacle de l'ombre par rapport à la stabilité de l'Occident de l'après-guerre froide. Une génération plus tard, les incertitudes de cette période ont une résonance plus large que celle qu'elles avaient à l'époque.

La fin des démocrates

Les années 1990 ont commencé avec les premières élections multipartites de l'Union soviétique en mars 1990, qui ont vu Boris Eltsine accéder à la tête de la Russie. Elles se sont terminées, ponctuellement, le 31 décembre 1999, lorsque Eltsine a démissionné en faveur de Poutine, son successeur désigné.

Cette décennie a été marquée par deux coups d'État ratés, en 1991 et 1993, et par l'abolition du parti communiste au pouvoir et de l'URSS. Des bouleversements économiques massifs se sont produits lorsque les liens économiques soviétiques ont été rompus, qu'une économie de marché a été créée et qu'une thérapie de choc s'est accompagnée d'une privatisation massive.

Un magasin de rabais spécial pour les retraités à Moscou, 1992. Oleg Nikishin/EPA

L'impact social a été immense. L'espérance de vie a chuté, avec une surmortalité de cinq millions d'adultes en Russie entre 1991 et 2001, les taux de natalité se sont effondrés et ces deux tendances ont été aggravées par la généralisation de la criminalité et des trafics. Ces effets négatifs se sont concentrés sur les périodes de crise économique des années 1991-1994 et 1998-1999.

La forte augmentation des inégalités et l'émergence d'une nouvelle classe de riches, dont certains réformateurs de premier plan, ont fait que le terme "démocrate" est devenu injurieux dès 1992.

Les réformateurs de Saint-Pétersbourg

Mes propres recherches sur cette période montrent que la concentration du pouvoir était une tendance dès le début des réformes. C'est dans le cadre du mouvement de réforme lui-même que le style de gouvernement associé à Poutine est apparu.

Je suis arrivé à Saint-Pétersbourg en 1991, pensant étudier le conflit entre les idéologies démocratique et communiste. Au lieu de cela, j'ai découvert que le conflit opposait deux groupes de réformateurs - ceux qui soutenaient un pouvoir exécutif fort et ceux qui étaient en faveur d'un pouvoir représentatif ou parlementaire. Il s'agissait d'une réédition du débat russe du XIXe siècle entre les protagonistes de l'État et ceux de la société. Dans les deux cas, ce sont les étatistes qui ont gagné.

Pour les partisans d'un pouvoir exécutif fort, tels que le réformateur et maire de Saint-Pétersbourg, Anatoly Sobchak - dont Poutine a été l'adjoint - les conseillers élus constituaient un obstacle à une gouvernance efficace.

Tous les réformateurs se sont unis pour s'opposer à la tentative de coup d'État des Soviétiques purs et durs en août 1991, mais à partir de ce moment-là, la division dans le camp des réformateurs entre les partisans du pouvoir exécutif et ceux du pouvoir représentatif s'est accentuée. Elle a culminé en octobre 1993, lors d'un bref conflit armé entre le président et le parlement. Les forces parlementaires étaient principalement composées de nationalistes antilibéraux, mais elles étaient également soutenues par des conseils municipaux. Parmi eux, le conseil de Saint-Pétersbourg, dirigé par les réformateurs, était alors en plein conflit juridique avec Sobtchak, son ancien président, pour ce que les conseillers considéraient comme une concentration excessive du pouvoir.

Tanks tirant sur le parlement russe en octobre 1993. Kortayev/EPA

Eltsine a ordonné à ses forces de tirer sur le parlement pour étouffer la tentative de coup d'État. Le parlement ayant été battu, la plupart des conseils régionaux et municipaux du pays ont été dissous et remplacés par des assemblées aux pouvoirs réduits.

Le conflit entre Sobtchak et ses anciens alliés s'est poursuivi jusqu'à sa mort en 1999. À cette date, son ancien adjoint, Poutine, avait atteint l'apogée du pouvoir exécutif au niveau national et avait pris de nombreux membres de l'équipe de Sobtchak à Saint-Pétersbourg pour former le noyau de son administration au Kremlin.

Pouvoir, concentré

La concentration du pouvoir à tous les niveaux de la hiérarchie signifiait une lutte à somme nulle plus intense pour l'obtenir, plutôt que les compromis inhérents aux systèmes parlementaires. Les enjeux étant plus élevés, la mobilisation agressive des médias pour une guerre de l'information est devenue une caractéristique de la politique électorale des années 1990 au niveau régional, sur le modèle de l'élection présidentielle de 1996.

À cette époque, la corruption associée à la privatisation avait rendu Eltsine et les réformateurs impopulaires - et beaucoup craignaient que les communistes ne reviennent au pouvoir. Les démocrates ont dû recourir à des mesures désespérées. Toutes les ressources possibles ont été mobilisées pour assurer la réélection d'Eltsine, y compris des accords avec de puissants oligarques possédant de grands empires médiatiques. Les communistes ont été vaincus, mais le prix à payer a été un cynisme endémique à l'égard du processus démocratique.

La présidence Eltsine est restée redevable aux gouverneurs régionaux de Russie et aux oligarques. C'est à Poutine qu'il est revenu de réduire les pouvoirs de ces groupes, en faisant campagne en 2000 sous le slogan de la "dictature de la loi". Le fait qu'un tel slogan ait pu avoir le soutien de la population montre à quel point celle-ci avait perdu ses illusions à la fin des années 1990. Toutefois, l'orientation vers la concentration du pouvoir était déjà prise depuis près de dix ans lorsque Poutine a été élu président.

Les réformateurs russes des années 90 ont largement réussi à obtenir les changements économiques irréversibles qu'ils souhaitaient. Ils ont moins bien réussi à créer un récit positif pour la nouvelle Russie. La réforme avait semblé reposer sur l'idée que la Russie devait apprendre le plus possible de l'Occident. Au fil du temps, cette vision idéalisée de l'Occident a suscité une désillusion croissante et l'opinion publique est devenue plus nationaliste.

À la fin des années 1990, le nationalisme était à la fois une menace et une opportunité. Comme à l'époque du tsar Alexandre III, réputé être le modèle de Poutine, à la fin du XIXe siècle, la politique semblait être que le nationalisme fournisse à l'État une idéologie, tandis que la centralisation l'empêcherait de devenir incontrôlable. Les nouveaux changements constitutionnels introduits par M. Poutine poursuivent cette double voie d'une plus grande concentration du pouvoir et de l'accent mis sur l'identité et la souveraineté nationales - et tous deux ont leurs origines au début des années 1990.


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