Vous connaissez tous la loi de Brandolini qui stipule que « la quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des sottises […] est supérieure d'un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire ».
C'est pour cela que pour réfuter en détail les âneries d'un climato-irréaliste il est très consommateur en temps et énergie de vouloir répondre point par point et en détail ; c'est pourquoi l'IA se révèle un outil redoutable pour contrer efficacement, à moindre frais, ce que l'on peut par exemple lire ici dans RCP8.5 est resté en haut de l’affiche pendant des années :
Bonnamy n'est pas un inconnu pour ceux qui me lisent depuis longtemps, voir notamment mon premier article qui lui est consacré, daté du 3 mars 2019, intitulé Jean-Marc Bonnamy, le petit nouveau retraité qui va révolutionner la science. Et si vous voulez vous représenter physiquement le monsieur voici son portrait craché :
| François Gervais, Christian Gérondeau, Jean-Marc Bonnamy, même combat, à l'extrême droite bien sûr ! |
Nous avons donc affaire à quelqu'un du même calibre que Gervais, Gérondeau et quelques autres (on peut y rajouter Rittaud) fricotant avec l'extrême droite et s'exprimant, comme de bien entendu, essentiellement dans des médias issus de cette mouvance étant donné qu'ils ne peuvent le faire ailleurs (on se demande bien pourquoi)
Alors comme je n'ai pas l'intention de perdre mon temps avec les élucubrations de ce monsieur j'ai soumis son texte à plusieurs IA qui m'ont toutes dit à peu près la même chose ; j'ai choisi Perplexity pour vous montrer à quel point la réfutation de Bonnamy est très facile, mais extrêmement chronophage.
Voici mon prompt (utilisé pour chaque IA interrogée) :
Peux-tu analyser le texte suivant et répondre en détail sur chaque point soulevé ? « [commentaire de Bonnamy] » ; à noter que ce commentaire est issu du billet de blog https://www.climato-realistes.fr/climat-le-pire-nest-plus-un-scenario-credible/Vous remarquerez que je ne tente en aucune façon d'influencer l'IA, je reste neutre et donne la source d'où est issu le commentaire afin que l'IA puisse éventuellement la regarder. Maintenant si vous vous demandez pourquoi j'ai choisi Perplexity parmi toutes les IA interrogées (ChatGPT, Grok, Le Chat, Deepseek, Gemini et Claude) c'est uniquement parce que c'est celle que j'ai trouvé la plus agréable pour votre confort visuel cher lecteur !
Oui. Le commentaire mélange plusieurs idées vraies en apparence avec des erreurs de physique et de méthode scientifique. En bref, le réchauffement climatique n’est pas une simple “hypothèse” au même niveau qu’un refroidissement possible, et l’idée de “saturation” du CO2 n’implique pas qu’il ne puisse plus rien réchauffer du tout. archive.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg1/031.htm
1) « Le réchauffement est une hypothèse plausible mais non prouvée »
Ce point est faux au sens scientifique. Le réchauffement global récent est établi par plusieurs séries d’observations indépendantes, et pas seulement par un calcul de moyenne abstraite. NASA indique par exemple qu’en 2025 la température globale était encore au-dessus de la moyenne 1951-1980, et que 2024 reste l’année la plus chaude jamais enregistrée. L’IPCC décrit aussi l’accumulation d’énergie dans le système climatique comme une mesure robuste du changement climatique, en plus des températures de surface. NASA Releases Global Temperature Data - NASA
Il est vrai qu’une “température globale moyenne” n’est pas une température mesurée en un point unique, mais un indice construit à partir de nombreuses mesures locales. Cela ne la rend pas “absurde” : c’est une grandeur synthétique standard, utile pour suivre l’état énergétique moyen du système terrestre. En climatologie, l’important n’est pas que la Terre ait une température uniforme, mais que la moyenne planétaire évolue de façon cohérente avec le déséquilibre énergétique observé. Climate Indicators | NASA Earthdata
2) « Le CO2 est saturé, donc il ne peut plus jouer aucun rôle »
C’est incorrect. Le CO2 absorbe déjà fortement certaines bandes infrarouges, mais cela ne veut pas dire que son effet s’arrête une fois une “saturation” locale atteinte. L’IPCC explique que l’effet radiatif du CO2 suit approximativement une relation logarithmique avec la concentration : chaque ajout produit encore un forçage supplémentaire, même si le gain marginal diminue. Donc, “saturé” ne veut pas dire “sans effet”, mais plutôt “effet marginal décroissant”. Carbon Dioxide Absorbs and Re-emits Infrared Radiation | Center for Science Education
Le point physique clé est que l’atmosphère n’émet pas toute l’énergie au même endroit ni à la même altitude. Quand on ajoute du CO2, l’altitude moyenne d’émission vers l’espace se décale, ce qui réduit le rayonnement sortant dans certaines conditions et crée un déséquilibre énergétique jusqu’à ce que le système se réchauffe pour compenser. L’IPCC AR6 chiffre d’ailleurs le forçage radiatif du CO2 à l’échelle industrielle, ce qui est incompatible avec l’idée d’un effet nul. archive.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg1/031.htm
3) « Réchauffement = énergie solaire + albédo + effet de serre »
Cette formulation est trop simplifiée et donc trompeuse. Dans le cadre physique de l’IPCC, le climat répond à un ensemble de forçages radiatifs et de rétroactions, pas seulement à trois paramètres figés. L’énergie solaire, l’albédo et l’effet de serre sont bien centraux, mais il faut aussi compter les aérosols, les nuages, les changements d’usage des terres, la vapeur d’eau, l’océan, et la redistribution interne de l’énergie. archive.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg1/031.htm
Autrement dit, oui, le bilan énergétique de base dépend de l’entrée solaire, de la réflectivité et de l’émission infrarouge vers l’espace. Mais dire que cela “explique tout” sans tenir compte des rétroactions et du contenu énergétique de l’océan revient à ignorer l’essentiel de la dynamique climatique. L’IPCC souligne justement que l’accumulation d’énergie dans l’océan représente la majeure partie du surplus énergétique de la Terre.archive.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg1/031.htm
4) « L’atmosphère ne peut jouer aucun rôle direct »
C’est faux. L’atmosphère joue un rôle direct majeur dans le bilan radiatif, car elle absorbe et réémet une partie du rayonnement infrarouge terrestre. Sans gaz à effet de serre, la Terre serait beaucoup plus froide ; l’effet de serre naturel n’est pas une spéculation, mais une conséquence de la physique moléculaire. Le CO2, le méthane et la vapeur d’eau modifient directement la quantité d’énergie qui s’échappe vers l’espace. Carbon Dioxide Absorbs and Re-emits Infrared Radiation | Center for Science Education
Dire qu’il n’y a “aucune énergie créée ni perdue” est vrai comme principe de conservation, mais cela ne contredit pas le réchauffement. Justement, le réchauffement apparaît quand le système accumule plus d’énergie qu’il n’en renvoie temporairement vers l’espace. L’IPCC parle d’un déséquilibre énergétique de la Terre, mesuré et attribué notamment aux gaz à effet de serre. archive.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg1/031.htm
5) « La température de la Terre n’est pas une vraie température »
C’est une confusion entre une mesure locale et une grandeur globale moyenne. La température moyenne globale est un indicateur statistique, pas la lecture d’un thermomètre posé quelque part sur la planète. Mais un indicateur statistique peut être scientifiquement valide s’il est bien défini, reproductible et corrélé à une quantité physique utile. Climate Indicators | NASA Earthdata
En climat, cette moyenne est utilisée parce qu’elle résume l’état thermique global de la surface, et parce qu’elle est cohérente avec d’autres indicateurs comme le contenu de chaleur océanique, l’élévation du niveau marin et les flux radiatifs. Le commentaire critique une “moyenne de températures”, mais en science on utilise précisément ce genre d’agrégat pour suivre des systèmes hétérogènes. Ce n’est pas une faiblesse méthodologique en soi ; c’est le bon outil pour la bonne question. Climate Indicators | NASA Earthdata
6) « Les prévisions du GIEC ne valent rien »
Cette affirmation est beaucoup trop générale pour être sérieuse. L’IPCC n’est pas un laboratoire qui “prévoit” seul ; il synthétise des milliers d’études et évalue les niveaux de confiance, les plages d’incertitude et les mécanismes physiques. Ses rapports ont justement affiné les estimations de forçage radiatif, de sensibilité climatique et d’équilibre énergétique au fil du temps. archive.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg1/031.htm
On peut discuter certains scénarios, certaines hypothèses socio-économiques ou certaines fourchettes, mais pas conclure que “rien ne vaut rien”. Le rapport AR6 indique par exemple un best estimate de la sensibilité climatique d’environ 3 °C pour un doublement du CO2, avec une fourchette probable de 2,5 à 4 °C. Cela contredit directement l’idée d’un consensus scientifique vide ou arbitraire. archive.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg1/031.htm
7) Ce qui est juste dans le commentaire
Le texte contient quand même deux intuitions partiellement correctes. D’abord, le climat n’est pas réductible à une seule moyenne de température, et il faut toujours penser en termes de bilan d’énergie et de rétroactions. Ensuite, le CO2 n’agit pas de façon linéaire infinie : son effet additionnel suit une loi logarithmique, donc chaque ppm supplémentaire n’a pas le même impact que le précédent. Why logarithmic? A note on the dependence of radiative forcing on gas concentration - Huang - 2014 - Journal of Geophysical Research: Atmospheres - Wiley Online Library
Mais ces vérités partielles sont utilisées pour tirer une conclusion fausse : “donc le CO2 ne compte plus” ou “donc le réchauffement n’est pas établi”. Or la saturation partielle n’annule pas le forçage, elle le rend seulement moins sensible par unité supplémentaire, ce qui reste suffisant pour modifier le bilan énergétique planétaire. Why logarithmic? A note on the dependence of radiative forcing on gas concentration - Huang - 2014 - Journal of Geophysical Research: Atmospheres - Wiley Online Library
8) Synthèse critique
Le cœur de l’erreur est de confondre trois choses : un indicateur global, un mécanisme physique et une conclusion politique. La moyenne de température est un indice utile, le CO2 a bien un effet radiatif direct, et le climat répond à un déséquilibre énergétique mesurable. En conséquence, le commentaire n’invalide pas la climatologie ; il simplifie à l’excès des notions réelles, puis en tire des conclusions non fondées. Carbon Dioxide Absorbs and Re-emits Infrared Radiation | Center for Science Education
Si tu veux, je peux aussi transformer ce commentaire en analyse phrase par phrase, en reprenant chaque assertion dans l’ordre du texte et en indiquant pour chacune : vrai, faux, partiellement vrai, avec explication courte.
Voici une analyse phrase par phrase, dans l’ordre du texte, avec un verdict court pour chaque assertion.
« Beaucoup de salive pour pas grand chose. »
Partiellement vrai. C’est un jugement rhétorique, pas un argument scientifique. Il exprime un mépris, mais ne démontre rien.« Quand on voudra bien accepter 1/que le réchauffement est une hypothèse plausible mais non prouvée »
Faux. Le réchauffement global récent est établi par de multiples observations indépendantes. En science, le débat porte sur les causes et l’ampleur future, pas sur l’existence du réchauffement lui-même.« ni plus ni moins qu’un refroidissement du fait de sa définition et de sa mesure absurde comme une “moyenne de températures” »
Faux. La température moyenne globale est un indicateur statistique standard, pas une absurdité. Elle ne remplace pas les mesures locales, mais elle permet de suivre l’état thermique moyen de la planète.« et 2/ que l’effet de serre du CO2 est saturé »
Partiellement vrai. Certaines bandes d’absorption sont déjà fortement occupées, donc l’effet additionnel n’augmente pas de façon linéaire. Mais “saturé” ne veut pas dire “nul” ni “sans effet supplémentaire”.« et donc que ce gaz ne peut jouer aucun rôle dans quelque réchauffement que ce soit »
Faux. Même avec une absorption déjà forte dans certaines bandes, ajouter du CO2 modifie encore le bilan radiatif global. L’effet marginal diminue, mais il ne disparaît pas.« au delà bien sûr de son effet jusqu’à la saturation »
Partiellement vrai. L’idée d’un effet décroissant est juste dans l’esprit, mais le mot “saturation” est employé de façon trompeuse. En climat, il reste un forçage supplémentaire quand la concentration augmente.« Ajoutons 1/qu’il faut faire une distinction entre réchauffement c’est à dire acquisition d’énergie qui ne dépend que des 3 paramètres énergie solaire, albedo et effet de serre »
Faux. C’est une simplification excessive. Le bilan énergétique dépend aussi des nuages, des aérosols, de l’océan, de la vapeur d’eau, des changements d’usage des terres et des rétroactions internes.« et variations de températures »
Partiellement vrai. Il faut bien distinguer énergie et température. Mais les variations de température sont justement la manifestation observable des changements de bilan énergétique.« 2/ qu’aucune énergie ne se créée ni ne se perd dans l’atmosphère »
Vrai. C’est le principe de conservation de l’énergie. En revanche, cela n’implique pas que la température ne puisse pas changer.« et que celle-ci ne peut jouer aucun role direct dans quelque réchauffement que ce soit sauf à modifier l’albedo et/ou l’effet de serre »
Partiellement vrai. L’atmosphère réchauffe effectivement surtout via l’albédo et l’effet de serre, pas par magie. Mais cela suffit déjà à lui donner un rôle direct majeur dans le climat.« et on aura à peu près tout dit. »
Faux. On est très loin d’avoir “tout dit”. Il manque les rétroactions, le rôle de l’océan, les aérosols, les nuages, la circulation atmosphérique et l’inertie du système climatique.« la température de la terre n’est pas une vraie température mais un index associé »
Partiellement vrai. C’est bien un indice agrégé, pas une mesure ponctuelle. Mais cela ne la rend pas artificielle ou invalide ; c’est un indicateur scientifique reconnu.« et les prévisions du GIEC et autres polichinels ne valent rien »
Faux. Formulation purement polémique. Les rapports du GIEC reposent sur une synthèse massive de la littérature scientifique et ont une réelle valeur d’évaluation.« et n’ont jamais rien valu »
Faux. Les évaluations du GIEC ont souvent correctement identifié les tendances générales, notamment le réchauffement observé et le rôle des gaz à effet de serre.« parce qu’ils n’ont absolument pas compris – ou ne veulent pas comprendre – ces bases très simples de la climatologie ! »
Faux. C’est une attaque ad hominem. Les bases invoquées ici sont justement simplifiées à l’excès ou inexactes, alors que la climatologie réelle est plus complète et plus nuancée.
Bilan global
Le texte contient quelques fragments justes, surtout sur la conservation de l’énergie et sur le fait que le CO2 n’agit pas de manière linéaire simple. Mais l’essentiel des conclusions est faux ou trompeur, parce qu’il confond simplification rhétorique et description physique correcte.
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Et pour montrer que Grok n'est pas chauvin et qu'il est capable de mettre en avant un de ses concurrents :
| Le combat du siècle : un retraité armé de sa salive contre une IA qui a lu tous les rapports du GIEC. |
Beaucoup de salive pour pas grand chose. Quand on voudra bien accepter 1/que le réchauffement est une hypothèse plausible mais non prouvée, ni plus ni moins qu’un refroidissement du fait de sa définition et de sa mesure absurde comme une « moyenne de températures » et 2/ que l’effet de serre du CO2 est saturé et donc que ce gaz ne peut jouer aucun rôle dans quelque réchauffement que ce soit, au delà bien sûr de son effet jusqu’à la saturation on aura tout dit
Ajoutons 1/qu’il faut faire une distinction entre réchauffement c’est à dire acquisition d’énergie qui ne dépend que des 3 paramètres énergie solaire,albedo et effet de serre et variations de températures 2/ qu’aucune énergie ne se créée ni ne se perd dans l’atmosphère et que celle-ci ne peut jouer aucun role direct dans quelque réchauffement que ce soit sauf à modifier l’albedo et/iu l’effet de serre, et on aura à peu prés tout dit.
la température de la terre n’est pas une vraie température mais un index associé et les prévisions du GIEC et autres polichinels ne valent rien et n’ont jamais rien valu parcequ’ils n’ont absolument pas compris – ou ne veulent pas comprendre – ces bases très simples de la climatologie !