jeudi 18 juin 2026

Centenaires et cholestérol : quand les exceptions deviennent de mauvais arguments

 Il fut un temps où je portais aux nues (j'exagère à peine) le "bon" docteur de Lorgeril, lequel avait fini par me convaincre d'arrêter mon traitement à base de statines afin de faire baisser mon "mauvais" cholestérol (le LDL)

Comment ne pas faire confiance à un tel sourire, hein je vous le demande !

Voir mes articles consacrés à de Lorgeril, et notamment De Lorgeril, ou l’art de sortir de son couloir pour comprendre mon revirement. L'épisode Covid19 a donc été le déclencheur qui m'a fait réaliser que j'avais assez probablement affaire à un charlatan.

Mais il y a des gens un peu plus nuancés (ce n'est pas très difficile) que de Lorgeril, par exemple Jéremy Anso, docteur en biologie, qui a donc quelques compétences en matière du "vivant" que l'on peut opposer aux "anti-statines" et autres "pro-cholestérol" tel que de Lorgeril.

Dans un article récent (Le mauvais cholestérol et le piège des centenaires) Jérémy Anso évoque un sujet dont certains "spécialistes" ont discuté, par exemple :

Une idée répandue parmi les statinophobes et autres antivaxx serait qu'un cholestérol LDL (donc le "mauvais") élevé serait gage de longue vie étant donné que de nombreux centenaires seraient dans cette configuration ; conclusion (hâtive) : un taux élevé de "mauvais" cholestérol préserverait la santé et permettrait de vivre plus longtemps !

Voire.

L'article de Jérémy Anso se propose de mettre un certain nombre de bémols sur ces conclusions à l'emporte-pièce. Comme je ne suis pas de taille à analyser les tenants et aboutissants de ses explications, puisque je n'ai aucune compétence en biologie et encore moins en médecine, j'ai préféré poser la question à deux IA parmi mes préférées, avec le prompt suivant :

Que faut-il penser de cet article : https://www.dur-a-avaler.com/le-mauvais-cholesterol-et-le-piege-des-centenaires/?fbclid=IwY2xjawSggNFleHRuA2FlbQIxMABicmlkETB3VEVRTkdEYk02bm8zRExvc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHm0ciBGbIyC-YHjGBf7qP9mDHTJ3htc_4yZbsVqsaI-cKPh3SH-LPntzTI5W_aem_4RN0ZuWc6moNPAtsLVt1Tg ?

A chacun de se faire une idée, ou une opinion, sur ce sujet très technique sur lequel même des "experts" peuvent avoir des avis diamétralement opposés.

Voici donc les réponses de mes deux IA.

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Grok.


L’article est globalement solide, bien documenté et nuancé. Il déconstruit efficacement un raccourci fréquent dans les milieux « anti-statines » ou low-carb : « les centenaires ont du cholestérol élevé, donc le LDL n’est pas un problème ». L’auteur (Jérémy Anso, docteur en biologie) montre que ces observations sur les survivants ne prouvent pas que maintenir un LDL élevé toute sa vie soit bénéfique ou neutre.

Points forts de l’article

  • Survivorship bias : On ne regarde que les rares personnes qui ont atteint 90-100 ans. Celles qui sont mortes plus tôt (potentiellement à cause d’un LDL élevé favorisant l’athérosclérose) ne figurent plus dans les statistiques. L’exemple de la cigarette est pertinent : parmi les centenaires fumeurs (rares), on trouverait des « super-résistants », sans que cela innocente le tabac.
  • Mesure unique en fin de vie : Les études sardes et suédoises citent une seule prise de sang tardive (vers 90 ans). Un LDL bas à cet âge peut refléter une causalité inverse (maladie, inflammation, malnutrition, cancer, etc., qui font baisser le cholestérol), pas une cause de longévité.
  • Hypercholestérolémie familiale : Preuve clé d’exposition précoce et chronique au LDL/ApoB élevé → athérosclérose accélérée et événements CV précoces. Le traitement précoce change drastiquement le pronostic.
  • Randomisations mendéliennes : Elles soutiennent un lien causal entre exposition vie entière à plus de particules athérogènes (surtout ApoB) et risque CV accru.
  • ApoB > LDL : Bonne mise en avant du fait que le LDL-cholestérol est une approximation imparfaite ; l’ApoB compte mieux le nombre de particules.
L’article reconnaît aussi que chez les très âgés, un cholestérol modérément élevé n’est pas forcément catastrophique (les cartes sont déjà jouées), et qu’un taux très bas peut signaler une fragilité. C’est une nuance importante.

Limites et contexte

  • L’article est orienté : le site « Dur à Avaler » défend souvent une vision assez classique sur les lipides et critique les discours extrêmes (anti-statines, carnivore, etc.). Il est cependant transparent sur ses sources et évite les conspirations.
  • La Swedish AMORIS study (citée) a eu une correction/rétractation partielle sur l’interprétation du cholestérol : la différence était minime et cliniquement négligeable (quelques mg/dL), et l’association initiale avec « plus de cholestérol = plus de centenaires » a été nuancée en « cholestérol très bas = moins de chances ».
  • L’étude sarde (2025) montre bien un « paradoxe » pour LDL modérément élevé chez les nonagénaires, mais elle est petite et concerne des survivants exceptionnels.

Consensus scientifique actuel (résumé)

  • Toute la vie : LDL/ApoB élevé est un facteur causal majeur d’athérosclérose (preuves génétiques, mendéliennes, essais cliniques sur statines/PCSK9i, etc.).
  • Chez les >75-80 ans : Les bénéfices des baisses agressives sont plus modestes/débattus ; le risque global change (plus de mortalité non-CV). Un LDL modéré n’est pas une urgence absolue si le reste est bon.
  • La longévité extrême dépend surtout de génétique + robustesse métabolique globale (pas seulement lipides). Les centenaires ont souvent des profils particuliers (particules LDL plus grosses, moins denses, etc.).
En résumé : L’article a raison de dire que ces études sur centenaires ne réhabilitent pas le « mauvais cholestérol ». Elles montrent surtout les limites des observations transversales tardives. Pour la plupart des gens (surtout avant 70-75 ans), gérer son ApoB/LDL (alimentation, activité, parfois médicaments si risque élevé) reste une stratégie prudente et evidence-based pour réduire le risque CV cumulatif. Mais il faut individualiser (risque global, âge, préférences).Si tu as un taux élevé ou des questions perso, un bilan complet (ApoB, Lp(a), calcium score si pertinent) avec un médecin vaut mieux que des interprétations d’articles seuls.


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Perplexity.


Cet article semble mêler un vrai débat scientifique à une conclusion trop large. Oui, il existe des études chez les personnes très âgées ou centenaires où un LDL plus élevé est associé à une meilleure survie, mais cela ne suffit pas à conclure que le “mauvais cholestérol” est inoffensif, ni à renverser les recommandations médicales générales.

Ce qui est juste

L’idée que le cholestérol LDL soit systématiquement mauvais à tout âge est trop simpliste. Chez des populations âgées, certaines études d’observation trouvent des relations en U ou même une association entre LDL plus élevé et mortalité plus faible, ce qui alimente le débat. Des travaux sur des centenaires montrent aussi parfois des profils lipidiques particuliers, mais cela décrit une association, pas une preuve de causalité.

Ce qui est trompeur

Le piège classique, ici, c’est de confondre association et effet protecteur. Chez les très âgés, un LDL bas peut parfois refléter une santé fragile, une maladie chronique, une perte de poids ou une inflammation, plutôt que constituer la cause du problème. Donc “les centenaires ont parfois un LDL élevé” ne veut pas dire “un LDL élevé fait vivre plus longtemps”.

Ce que dit le consensus

Les données d’intervention restent solides sur un point: baisser le LDL réduit le risque cardiovasculaire, surtout chez les personnes à risque ou ayant déjà une maladie athéroscléreuse. Les recommandations grand public continuent donc de considérer l’hypercholestérolémie comme un facteur de risque important, et l’interprétation dépend du profil global: âge, diabète, tabac, tension, antécédents, etc..

Mon avis sur l’article

Je le classerais comme un article à lecture critique: intéressant pour ouvrir une discussion, mais trop affirmatif s’il laisse entendre que les statines ou la baisse du LDL seraient globalement une erreur. La bonne conclusion n’est pas “le LDL ne compte pas”, mais plutôt “le LDL doit être interprété dans un contexte clinique, surtout chez les personnes âgées”. En pratique, pour une personne comme vous, la vraie question n’est pas l’article en soi, mais votre risque cardiovasculaire global et vos résultats biologiques concrets.

Je peux aussi vous faire un décryptage point par point de l’article, phrase par phrase, pour repérer précisément ce qui est solide, exagéré ou faux.


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Les 68 ans qui ont fait un infarctus n’ont pas été conviés à la photo.