jeudi 28 mai 2026

Mai 2026 : quand une vague de chaleur « pas inédite » bat tous les records de l’Ouest

 Les climato-irréalistes toujours fidèles à eux-mêmes. Voici ce que l'on peut lire sur X :

#Canicule en France : épisode marquant, mais pas inédit. L’histoire météo française regorge de vagues de #chaleur extrêmes bien avant l’ère moderne #Climat #Météo 🌡️ 👇


Vague de chaleur : un épisode exceptionnel… mais pas inédit dans l’histoire météo française


Et devinez vers quoi aiguille l'image associée. Mais bien sûr, vers le site des climato-irréalistes où notre mathématimancien Benoit Rittaud officie régulièrement (normal c'est lui qui a créé l'ACR et en est le président)

Alors analysons sommairement tout ce fatras de désinformation (le tweet plus l'article qui y est associé)

Le texte reconnaît que l’épisode actuel est « remarquable par sa précocité » et par son extension inédite jusqu’aux régions du nord-ouest (Brest, Rennes, Nantes), avec des températures dignes d’un plein été et des nuits tropicales parfois inédites sur le littoral atlantique. Il admet même que cette vague de chaleur « sera probablement historique pour une fin mai ». Tout cela est parfaitement vrai mais est immédiatement démoli par ce qui suit :
mais cela ne signifie pas automatiquement qu’elle constitue, à elle seule, une preuve directe d’une origine anthropique.
Le cœur du message consiste donc à relativiser fortement cet événement par des explications qui semblent avoir du sens :
  • Exemples historiques mis en avant : La fin mai 1922 (35-37 °C dans de nombreuses villes, record absolu à Paris-Montsouris de 34,8 °C le 24 mai) et le printemps 1947 (33-35 °C fin mai). L’article insiste sur le fait que de tels épisodes existaient « bien avant l’augmentation récente du CO₂ ».
  • Explication météorologique : Un puissant dôme de chaleur avec subsidence et compression adiabatique sous l’anticyclone, mécanisme classique et ancien. A noter que le mécanisme météo n'exclut pas le facteur climatique. La compression adiabatique (l'air qui se réchauffe en descendant et en se comprimant) est effectivement un phénomène physique standard. Cependant, si l'air de départ qui entre dans le dôme est déjà plus chaud à l'échelle globale à cause de l'effet de serre, la compression adiabatique s'opère sur une base thermique plus élevée, ce qui pousse les thermomètres vers des sommets inédits.
  • Perspective longue : Références à l’Optimum climatique médiéval et à des périodes chaudes de l’Holocène avec des concentrations de CO₂ "nettement plus faibles qu'aujourd'hui". On précisera que ces variations passées étaient souvent régionales et non globales (contrairement au réchauffement actuel), et que leurs causes (cycles orbitaux, activité volcanique ou solaire) sont parfaitement connues et mesurées aujourd'hui, et elles n'expliquent absolument pas le pic de chaleur actuel.
L’article conclut que cet épisode « ne constitue pas, à lui seul, une preuve directe d’une origine anthropique », même s’il concède du bout des lèvres qu’« un climat globalement plus chaud puisse aujourd’hui amplifier certains extrêmes », ajoutant immédiatement après, comme pour se dédouaner, « mais l’épisode actuel reste avant tout lié à une configuration atmosphérique exceptionnelle. »

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce texte, essayons d'en extraire les problèmes principaux, du moins ceux que j'ai repérés (il y en a peut-être d'autres) :
  • Alors que Météo-France qualifie l’épisode d’inédit, historique et sans commune mesure avec les précédents mai (record national de température moyenne battu à plusieurs reprises, centaines de records mensuels, précocité et intensité exceptionnelles pour la saison), l’article met l’accent sur « pas inédit » pour relativiser (voir Météo : épisode de chaleur inédit en mai | Météo-France)
  • Les cas de 1922 et 1947 concernent surtout l’Est et le centre, alors que l’originalité de 2026 réside précisément dans l’impact massif sur les régions océaniques de l’Ouest, habituellement beaucoup plus fraîches en mai. Sans compter qu'il n'y a pas que la France qui est touchée, le sud de l'Angleterre aussi, ainsi que l'Espagne et le Maroc.
  • Reconnaître que la variabilité naturelle permettait des extrêmes par le passé est exact. Mais cela n’infirme pas que le réchauffement anthropique rende ces événements plus fréquents, plus intenses, plus précoces et plus durables. L’article sépare artificiellement le mécanisme météo immédiat du contexte climatique de fond.
  • Les éléments de langage utilisés, comme par exemple « exceptionnel mais pas inédit », servent une ligne consistante de minimisation du rôle humain dans le changement climatique, en insistant sur les points qui vont dans le sens de la relativisation.
Pour conclure, l’article repose sur des faits réels (des chaleurs extrêmes ont existé avant) mais aboutit à une présentation trompeuse par omission et par cadrage. Le but est manifestement d’induire en erreur un lecteur non averti sur le caractère hors norme de cet épisode de fin mai 2026 — à la fois par sa précocité, son intensité record à l’échelle nationale et son extension géographique inédite vers l’ouest.

Les commentaires actuellement visibles restent au niveau habituel que l'on rencontre sur le site des climato-irréalistes, c'est-à-dire au ras des pâquerettes :

Inédit ou pas, j’aime avoir chaud et je déteste grelotter en Mai. C’est grave, Docteur?
Gémini (Intelligence Artificielle) a composé un petit poème pour cette belle occasion
« Quand le mois de mai ose les feux de l’été,
La canicule invite aux terrasses fleuries ;
On boit la lumière à pleine liberté,
Savourant l’éclat de ces heures bénies. »

Je ne suis pas entièrement d’accord avec l’explication donnée dans cette article et le terme « dôme de chaleur » ne me convainc pas totalement.
Pour simplifier, dans le passé l’anticyclone des Açores dominait la météo européenne. Quand il s’affaiblissait, il laisser passer les perturbations sur l’Europe de l’ouest, quand il gonflait, il repoussait les perturbations vers l’Europe du nord et nous amenait du beau temps. Cela correspondait avec un jet stream ondulant de manière modéré. Les situations de blocage météo était peu fréquentes.

Depuis une dizaine d’années, cette configuration s’efface assez régulièrement et on assiste souvent à la formation d’un anticyclone sur l’Europe de l’ouest ou centrale, ou même sur l’Europe du nord, lequel bloque une dépression sur l’atlantique au large des iles britanniques, et/ou de la France, ou encore de la péninsule ibérique. Les vents tournant dans le sens contraire des aiguilles d’une montre autour des dépressions et inversement autour des anticyclones, cette configuration météo aspire l’air chaud situé au sud, et au sud se trouvent le Sahara et l’Afrique du nord pas réputés pour être des puits à froid. Ensuite l’air chaud se retrouve bloqué par l’anticyclone et on crève de chaud.
Cette situation de blocage météo correspond à un jet stream ondulant de manière très marquée et peu mobile sur des durées assez longues (5 à 15 jours).
Je trouve que cet article explique bien ce mécanisme : https://www.meteo-paris.com/actualites/pourquoi-la-france-chauffe-t-elle-plus-vite-que-le-reste-de-l-europe

Quand LeRescator s'essaie à de la poésie à deux balles avec l'aide de l'IA (car il est totalement incapable d'en produire lui-même) Hug tente une explication alors que s'il me lisait régulièrement il aurait vu que ce qu'écrit Météo Paris n'a rien d'original ; j'ai en effet à maintes reprises expliqué le phénomène lié au jet stream ; voir Chroniques du têtard mouillé: Résultats de recherche pour jetstream et notamment L'(an)alpha(bète) et l'oméga, article dans lequel notre "ami" Hug est à l'honneur. Comme quoi il ne semble pas avoir appris grand-chose depuis 2021. Pour son information, s'il venait à me lire, le débat scientifique actuel porte précisément sur le lien entre le réchauffement de l'Arctique et l'amplification de ces ondulations du Jet Stream. En clair, même le mécanisme de blocage que Météo-Paris décrit est soupçonné d'être aggravé par le changement climatique anthropique.


mercredi 27 mai 2026

Gemini répond à Gemini

 Mon dernier article a suscité le commentaire suivant :

salut l'ami Géd, permets moi d'être perplexe et d'apporter mon obole avec Gémini (Intelligence Artificielle) à qui j'ai posé la question "l'abandon du RCP 8.5 est-il une mauvaise nouvelle pour les écologistes?"
voici SA réponse
Politiquement et psychologiquement, OUI, on peut dire que c'est une mauvaise nouvelle pour l'écologie politique, même si cela peut paraître totalement paradoxal.
En fait, la mort du RCP8.5 crée un vrai dilemme pour le discours écologiste, et ce pour trois raisons principales :
1. La perte de "l'arme d'intimidation massive"
Comme le souligne le texte de Benoît Rittaud avec ironie, le RCP8.5 servait d'épouvantail. En communication publique, il est beaucoup plus facile de mobiliser les foules, de lever des taxes ou d'imposer des réglementations strictes en agitant le spectre d'une apocalypse à +5°C ou +6°C (le scénario "Mad Max").
Quand la science officielle dit : "Ce scénario n'est plus crédible", les écologistes perdent leur argument le plus percutant. Ils doivent désormais convaincre de l'urgence avec un scénario entre +2,5°C et +3°C. C'est certes une perspective très sombre, mais elle frappe moins les esprits que la fin du monde en direct.
2. Une crise de crédibilité face aux "climato-réalistes"
C'est le point qui agace le plus le camp écologiste. Pendant des années, les climato-réalistes ont hurlé dans le désert que le RCP8.5 était absurde parce qu'il prévoyait une consommation de charbon irréaliste. On leur répondait qu'ils étaient "dans le déni".
Aujourd'hui, le fait que les comités scientifiques officiels donnent raison (techniquement) aux sceptiques sur ce point précis est un coup dur. Cela permet à des figures comme Benoît Rittaud de dire : "Vous voyez, nous avions raison d'analyser les chiffres plutôt que de céder à la panique, et les écologistes vous ont exagéré le danger." Pour les écologistes, voir leurs opposants marquer un point idéologique est une très mauvaise nouvelle.
3. Le piège du "Tout ça pour ça ?"
Le grand danger pour le discours écologiste est le relâchement de l'opinion publique. Si le grand public retient le message : "Le scénario du pire s'éloigne grâce au boom du solaire et de l'électrique", la réaction naturelle risque d'être : "Parfait, la technologie et le marché s'en occupent, on peut arrêter de nous parler de sobriété obligatoire, de taxes carbone et de décroissance."
Or, pour les mouvements écologistes profonds, la transition technologique actuelle ne suffit pas ; ils prônent un changement radical de modèle de société. La fin du RCP8.5 désarme l'argument selon lequel "le système actuel mène à l'effondrement immédiat".

Le paradoxe en une phrase :
C'est une excellente nouvelle pour la planète (l'humanité va souffrir moins que prévu), mais c'est une mauvaise nouvelle pour le marketing de l'urgence écologique, car il devient plus difficile de justifier des mesures radicales quand le spectre de l'apocalypse s'estompe.

voilà, l'ami
Il est inutile de dire que je suis entièrement d'accord avec monsieur (ou madame ?) Gémini, étant donné qu'ayant un peu travaillé le sujet et m'étant documenté à des sources dignes de confiance (ce qui exclut automatiquement, entre autres, Le mone, Médiapart ou les sites loufoques de la Secte ecolocollapso, cela va de soi) il ne m'apprend rien que je ne connaisse déjà. Et quand une IA que vous interrogez confirme non seulement ce que la communauté des scientifiques pense et écrit mais aussi ce que vous en avez retenu, c'est quand même un bon signe que vous ne délirez pas et que vous êtes sur le bon chemin.

J'ai décidé de jouer le jeu en posant à Gemini lui-même la question (ou prompt) suivante :

Quelqu'un a posé la question suivante à une IA : « l'abandon du RCP 8.5 est-il une mauvaise nouvelle pour les écologistes? » ; peux-tu analyser la réponse suivante de l'IA et me dire si ce qui est écrit est correct : « [voir ci-dessus] »

Le prompt ne comprenait évidemment pas la dernière partie commençant par « voilà l'ami etc. », le texte cité se terminant par « l'apocalypse s'estompe. »

Comme vous pouvez le constater je ne disais pas à Gemini que le texte émanait...de Gemini, cela afin de ne pas l'influencer. Par ailleurs mon prompt était neutre, sans aucune connotation idéologique, contrairement à notre fantôme qui a cru bon d'inclure le mot "écologiste" dans sa question, comme si les écologistes avaient réellement leur mot à dire dans la définition des scénarios du GIEC. 

La réponse de Gemini à ma question comporte des éléments qui risquent de ne pas plaire à mon interlocuteur du moment, car ils ne vont pas exactement dans son sens (je vous laisse chercher de quels éléments il s'agit, ce n'est pas très compliqué)

Voici donc ce que Gemini a répondu à ma requête.

*****

L'analyse fournie par cette IA est globalement très pertinente et factuellement correcte sur le plan de la communication et de la sociologie politique. Elle décrit avec précision un débat qui a réellement agité la communauté des climatologues et les mouvements écologistes au début des années 2020.

Pour rappel, le RCP 8.5 (et son successeur le SSP5-8.5) est un scénario de modélisation climatique qui prévoyait une augmentation massive de l'utilisation du charbon et une absence totale de politiques climatiques, menant à un réchauffement de +4°C à +5°C d'ici 2100. Aujourd'hui, la communauté scientifique (dont le GIEC) s'accorde à dire que ce scénario est devenu hautement improbable, grâce au déploiement des énergies renouvelables et aux engagements mondiaux actuels.

Voici une analyse point par point de la réponse de l'IA :

1. La perte de l'argument de l'apocalypse (Correct)

L'IA a raison : le RCP 8.5 a souvent été qualifié par les scientifiques eux-mêmes de scénario "business-as-usual" (scénario de référence si l'on ne changeait rien), alors qu'il s'agissait en réalité d'un scénario du pire.

  • La nuance scientifique : Passer d'une projection à +5°C à une projection à +2,5°C ou +3°C reste une catastrophe écologique majeure (vagues de chaleur mortelles, effondrement de la biodiversité, montée des eaux).

  • Le point de vue politique : L'IA voit juste. Psychologiquement, un monde à +2,5°C ressemble à une "dégradation gérable" pour le grand public, là où +5°C évoquait l'effondrement de la civilisation. Mobiliser l'opinion publique sur un scénario intermédiaire est nettement plus complexe.

2. La crise de crédibilité et le rôle des critiques (Correct)

Ce point est tout à fait exact. Des climatologues de premier plan (comme Zeke Hausfather ou Glen Peters) ont mené la charge pour demander l'abandon du RCP 8.5, expliquant qu'il n'était plus réaliste.

  • En France, des figures de l'association des climato-sceptiques (comme Benoît Rittaud, mentionné dans le texte) ou des promoteurs du "climato-réalisme" ont effectivement utilisé cette réévaluation pour affirmer que les modèles climatiques étaient globalement exagérés.

  • Même si les sceptiques se trompent en disant que le danger global est écarté, ils ont marqué un point technique sur la surévaluation du charbon dans ce scénario précis. Cela a créé un inconfort pour les mouvements écologistes qui s'appuyaient sur ces chiffres maximaux.

3. Le piège du solutionnisme technologique (Très correct)

C'est le cœur du problème pour l'écologie politique (notamment les courants de la décroissance ou de la sobriété choisie).

  • Si le scénario du pire s'éloigne, c'est en grande partie grâce au boom du photovoltaïque, de l'éolien et des véhicules électriques.

  • Cela valide la thèse du "capitalisme vert" ou du solutionnisme technologique : l'idée que le marché et l'innovation peuvent résoudre la crise sans que nous ayons besoin de changer radicalement de système économique. Pour l'écologie politique profonde, qui lie la crise climatique aux dérives du capitalisme, la perte du RCP 8.5 affaiblit l'argument de la nécessité d'une rupture systémique.

Ce qui manque ou mériterait d'être nuancé

Si la réponse de l'IA est solide, elle adopte un ton légèrement cynique (en parlant de "marketing de l'urgence" ou d' "arme d'intimidation"). Pour être parfaitement juste, il faut ajouter deux nuances :

  1. Les boucles de rétroaction : Même si nos émissions n'atteignent pas le niveau du RCP 8.5, certains scientifiques craignent que des éléments naturels (dégel du permafrost, perte de la forêt amazonienne) ne s'activent et nous poussent quand même vers des températures très élevées. Le risque d'un emballement existe toujours, même avec moins d'émissions humaines.

  2. Le soulagement de nombreux écologistes : L'IA présente "les écologistes" comme un bloc monolithique déçu de perdre un argument. En réalité, beaucoup d'activistes et de scientifiques se sont réjouis de voir le RCP 8.5 s'éloigner, car l'éco-anxiété et le catastrophisme ambiant commençaient à paralyser l'action publique plutôt qu'à la stimuler.

En résumé

Ce que cette IA a écrit est vrai. L'abandon du RCP 8.5 est une excellente nouvelle pour l'avenir de l'humanité, mais il prive l'écologie politique d'un récit d'effondrement imminent, rendant le débat sur la transition plus technique, plus politique, et moins "évident" aux yeux du grand public.

*****

Au passage on pourra remarquer que certains passages, comme « En France, des figures de l'association des climato-sceptiques (comme Benoît Rittaud, mentionné dans le texte) ou des promoteurs du "climato-réalisme" ont effectivement utilisé cette réévaluation pour affirmer que les modèles climatiques étaient globalement exagérés », invalide ce qu'affirmait un autre commentateur et que je reproduis ici :

[...] Quant à l’analyse par « IA », on se marre. Toutes les IA sont gavées de données « autorisées », dit autrement elles ne peuvent que recracher les thèses alarmistes… – pour le moment – [...]

En l'ocurence Gemini a "recraché" Benoit Rittaud et plutôt avec un ton positif, comme si notre mathématimancien était une source fiable d'information sur le sujet du climat, ce qu'il n'est évidemment pas.

En fait les IA sont influencées par la façon dont on leur pose les questions, mais aussi par la connaissance qu'elles ont des personnes qui les utilisent. Si un climato-irréaliste interroge une IA, de plus avec un prompt "orienté", il y a de grandes chances qu'elle ira en grande partie dans son sens, ce que notre fantôme a prouvé. Mais quand le prompt reste neutre alors la réponse est beaucoup plus nuancée, comme on peut le voir ci-dessus.

Je ne me suis pas amusé à poser la même question à d'autres IA, si vous voulez vous pouvez vous aussi jouer le jeu, mais à condition de rester neutre et factuel. Je sais, ça risque d'être difficile pour certains.


mardi 26 mai 2026

Perplexity démonte Benoit Rittaud en tous petits morceaux

 Voici maintenant que Benoit Rittaud se réveille d'un long sommeil et pense apporter de la valeur ajoutée au débat sur le fameux scénario RCP8.5 ; dans RCP8.5 est resté en haut de l’affiche pendant des années, qu'il copie de son propre article publié dans...Valeurs Actuelles (un média d'extrême droite, quelle surprise !) il tente de donner un avis autorisé pensant probablement que les lecteurs trouveront sa prose intéressante. En ce qui concerne les climato-irréalistes, certes, ils lui tresseront des lauriers comme d'habitude ; pour les autres ils pourront lire l'article de Gavin Schmidt (Scenarios, schmenarios…) dans lequel ils trouveront les explications d'un spécialiste, ce que Rittaud n'est évidemment pas. Pour résumer on pourrait citer la pièce de Shakespeare Much ado about nothing qu'en français nous avons immortalisée avec la formule ultra-employée "Beaucoup de bruit pour rien". Bref, comme toujours Rittaud souffle énormément d'air chaud pour satisfaire ses adeptes et continuer à exister, sans surtout rien apporter au débat scientifique qui lui est de toute façon complètement étranger.

J'aurais pu démonter son texte, mais cela m'aurait pris beaucoup de temps et j'aurais raté des choses qu'une IA ne laissera pas passer. C'est pourquoi j'ai demandé à Perplexity d'analyser le laius de notre mathématimancien et de me donner son avis que voici.

*****

Ce texte est clairement un éditorial polémique plutôt qu’une analyse neutre. Il a une certaine efficacité rhétorique, mais il repose sur des raccourcis et des biais qui affaiblissent sa crédibilité.

Sur le fond scientifique

Le point central — l’idée que le scénario RCP8.5 serait désormais jugé « implausible » — contient une part de vérité, mais elle est mal interprétée.

  • RCP8.5 n’a jamais été conçu comme une prévision « la plus probable », mais comme un scénario extrême utile pour explorer les risques élevés.

  • Depuis quelques années, une partie de la littérature scientifique considère effectivement ce scénario comme moins plausible, principalement parce qu’il suppose une très forte augmentation du charbon et une absence quasi totale de politiques climatiques.

  • Cependant, il n’a jamais été « abandonné » ni « mis au rebut » au sens dramatique suggéré ici. Il reste utilisé comme borne haute pour tester la sensibilité du climat et des impacts.

Le texte confond donc trois choses :

  • plausibilité socio-économique,

  • utilité scientifique,

  • usage médiatique.

Sur les erreurs ou exagérations

Plusieurs affirmations sont trompeuses ou caricaturales :

  • « Arme d’intimidation massive » : c’est une interprétation idéologique. Dans la littérature scientifique, il s’agit d’un outil de modélisation, pas d’un instrument politique officiel.

  • « prophétiser l’avenir » : le GIEC ne fait pas de prédictions, mais des projections conditionnelles (« si… alors… »).

  • « une demi-douzaine de degrés dans les prochaines décennies » : exagération. Les +5 °C concernent plutôt l’horizon 2100 dans ce scénario, pas « les prochaines décennies ».

  • « il ne sera plus utilisé » : inexact. Les nouveaux scénarios (SSP) remplacent progressivement les RCP, mais les équivalents à forte émission existent toujours.

Sur le ton et la rhétorique

Le texte est fortement chargé idéologiquement, avec plusieurs procédés :

  • Ironie et sarcasme (« carbophobes », « sobriété heureuse », « camarades ») → vise à décrédibiliser plutôt qu’à démontrer.

  • Homme de paille : il caricature la position scientifique en une posture moralisatrice et punitive.

  • Glissement lexical : « improbable » devient « invraisemblable », ce qui déforme le débat scientifique.

  • Narration complotiste légère : « arrière-cuisine », « tambouille climatique » suggèrent une manipulation.

Ces choix donnent du style, mais réduisent la rigueur argumentative.

Sur la cohérence globale

Le texte repose sur une contradiction implicite :

  • Il affirme que les émissions mondiales continuent d’augmenter fortement.

  • Mais conclut que les scénarios élevés deviennent irréalistes.

Or, si les émissions restent élevées, cela ne renforce pas l’idée que les scénarios hauts sont absurdes — au contraire, cela maintient un risque.

Ce qui fonctionne

Malgré ses biais, le texte n’est pas dénué d’intérêt :

  • Il soulève une vraie discussion scientifique sur la plausibilité des scénarios extrêmes.

  • Il met en lumière un point réel : certains travaux ont surutilisé RCP8.5 comme scénario de référence.

  • Il questionne l’usage médiatique des scénarios climatiques, souvent simplifié ou dramatisé.

Bilan

C’est un texte efficace comme tribune d’opinion, mais faible comme analyse fiable. Il mélange faits réels, interprétations discutables et caricatures, ce qui donne une impression de révélation alors qu’il s’agit surtout d’une relecture idéologique d’un débat scientifique plus nuancé.

Si tu veux, je peux te proposer une version du texte qui garde l’idée critique mais en la rendant plus rigoureuse et crédible.

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Comme je lui dis que je suis d'accord pour qu'il me donne sa version à lui, Perplexity me répond ceci.

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Voici une version plus rigoureuse, avec un ton critique mais moins caricatural :


Faire la nécrologie de RCP8.5 n’a rien d’anodin, mais il faut éviter deux excès : en faire un fantasme médiatique sans valeur scientifique, ou au contraire le traiter comme une prévision centrale de l’avenir. Ce scénario n’a jamais été une prédiction, mais une hypothèse extrême destinée à explorer les conséquences d’émissions très élevées.

Le problème est que RCP8.5 a souvent été utilisé dans le débat public comme s’il représentait le futur le plus probable, alors qu’il correspondait à une trajectoire particulièrement pessimiste. Cette confusion a nourri une partie du discours alarmiste, surtout quand le scénario servait d’argument pour illustrer des risques très élevés sans rappeler clairement ses hypothèses.

Il est néanmoins exagéré de dire que le scénario a été « enterré » au sens où toute utilité scientifique lui aurait disparu. Même jugé moins plausible dans certaines analyses récentes, il reste utile comme borne haute pour tester la vulnérabilité des sociétés et des écosystèmes. En science du climat, un scénario peu probable n’est pas inutile pour autant.

La vraie critique concerne donc moins le scénario lui-même que l’usage qui en a été fait : trop souvent, RCP8.5 a servi d’outil rhétorique, parfois plus que d’instrument d’analyse. Une discussion sérieuse sur le climat devrait distinguer clairement les scénarios plausibles, les scénarios extrêmes et les effets de communication qui les accompagnent.

Si tu veux, je peux aussi te faire une version plus sèche, plus littéraire, ou plus “tribune journalistique”.

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Bon, pour terminer et éviter de faire trop long je lui demande la version "plus sèche", étant curieux de voir ce qu'il entend par là.

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Voici une version plus sèche :

RCP8.5 n’a jamais été une prévision, mais un scénario extrême. Le problème n’est donc pas son existence, mais l’usage abusif qui en a été fait dans le débat public comme s’il représentait l’avenir le plus probable.

Dire qu’il a été « enterré » est excessif. Il est simplement jugé moins plausible par une partie de la littérature récente, ce qui n’enlève rien à son intérêt comme scénario de borne haute.

La critique sérieuse ne consiste pas à nier son utilité, mais à rappeler qu’un scénario extrême ne doit pas être confondu avec une trajectoire centrale. C’est cette confusion qui a alimenté une grande partie du discours alarmiste.

Le débat climatique gagnerait à moins de dramaturgie et à plus de distinctions entre hypothèses, probabilités et usages politiques.

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Il est inutile de dire que je suis entièrement d'accord avec monsieur (ou madame ?) Perplexity, étant donné qu'ayant un peu travaillé le sujet et m'étant documenté à des sources dignes de confiance (ce qui exclut automatiquement, entre autres, Valeurs Actuelles ou le site des climato-irréalistes, cela va de soi) il ne m'apprend rien que je ne connaisse déjà. Et quand une IA que vous interrogez confirme non seulement ce que la communauté des scientifiques pense et écrit mais aussi ce que vous en avez retenu, c'est quand même un bon signe que vous ne délirez pas et que vous êtes sur le bon chemin.