samedi 21 juillet 2018

Le climato-irréalisme, une valeur...actuelle !

Difficile à croire mais oui, il a encore osé.

« Il » c'est Benoit Rittaud qui se félicite d'une tribune dans un journal d'extrême droite ; dans URGENT : Tribune dans « Valeurs Actuelles » il nous informe sans honte qu'il a cosigné, avec une bande d'irréalistes de sa trempe, ce qu'il appelle pompeusement une tribune mais que personnellement je qualifierais plutôt de billet d'opinion destiné à un public déjà largement convaincu, celui de la fachosphère.

J'avais déjà exprimé (je ne sais plus quand) mon quasi étonnement que le climato-né-« gâtisme » soit si bien partagé entre d'une part les libéraux/libertariens et d'autre part les extrémistes de droite, étant donné qu'entre ces deux « courants de pensée » il n'y avait pas beaucoup d'atomes crochus, mais c'est pourtant bien le cas, et Benoit Rittaud, qui écrit régulièrement sur Contrepoints, nous en fournit la magistrale démonstration.

Cela ne le dérange pas du tout de publier un billet d'opinion sur Valeurs Actuelles, et quand un des ses lecteurs un peu plus lucide que les autres lui dit




La revue a été condamnée pour racisme, antisémitisme, incitation à la haine. Et personnellement, je me fais assez insulter comme ça injustement sur le climat pour en plus me faire associer à un journal comme ça. Je ne partage pas du tout votre avis. Par ailleurs, je me demande si tout les signataires, par exemple Richard Sigmund Lidzen , connaissaient la tendance du journal. Je serais étonné que ce soit le cas.
tout ce qu'il trouve à répondre est
Climarco, je comprends fort bien qu’on n’aime pas beaucoup VA. Je connais aussi le désir de certains climato-réalistes de rester « purs ». Je le respecte, mais ce n’est pas comme ça qu’on pourra avancer. Le fait est que c’était VA ou rien. Or précisément VA, ce n’est pas rien. La preuve ? Benjamin Griveaux, ci-devant porte-parole du Gouvernement, y a été longuement interviewé et photographié en mai dernier (4 pleines pages). Je pense que ceux qui prétendent que cela fait de lui un néo-nazi sont faits du même métal que ceux qui se signent en hâte au passage des climato-réalistes en croyant apercevoir Trump : on ne les convaincra de toute façon jamais, parce qu’ils se boucheront toujours les oreilles à notre approche – c’est leur droit bien sûr, mais nous ne sommes pas obligés de les laisser nous dicter notre conduite.
Pour ce qui est de vos insinuations finales, elles sont gratuites et pas à votre honneur, vous pouvez les garder pour vous. 
Bon, on peut avancer, maintenant ? Des avis sur le fond ? Des idées pour sauver l’article 1er de la Constitution ? Un lecteur a déjà écrit à son sénateur. D’autres l’ont-ils fait ?
Le dénommé Climarco n'est pas très futé, d'abord pour ses positions climatosceptiques, ensuite pour indisposer le maitre des lieux qui n'apprécie pas les critiques et a tendance à retourner les bons arguments comme on retourne les crêpes à la chandeleur.

Ainsi pour Rittaud le fait que Benjamin Griveaux ait été interviewé par le torchon facho justifie pleinement que lui aussi peut se permettre de tremper son nez dans le caca frontiste afin de faire passer son « message ».

Et quand on lit ladite tribune on est vite fixé sur le « fond » dont Rittaud nous demande de lui donner des avis, alors donnons-lui quelques avis.

Tout d'abord de quels scientifiques ayant cosigné la tribune parle-t-on ?

Un lecteur de VA, peut-être un gauchiste infiltré, qui sait, nous donne des indices :


PierredeParis - 20/07/2018 - 13:28

Richard Lindzen est le seul physicien de l'atmosphère à avoir signé cette tribune.
Le problème est qu'il est largement et régulièrement critiqué par la communauté des experts en climat.
Pour en savoir plus, on peut consulter cet article du New-York times du 30 avril 2012 (https://www.nytimes.com/2012/05/01/science/earth/clouds-effect-on-clima…) qui décrit assez bien les critiques dont ses théories fumeuses ont fait l'objet ("il n'est pas du tout scientifiquement honnête", par exemple). On trouvera plus de détails sur sa biographie et les critiques dont il fait l'objet dans wikipedia (en anglais, la version française étant trop succincte). On y apprendra également que The Guardian a rapporté en Juin 2016 que Lindzen a été un bénéficiaire de Peabody Energy, une société charbonnière qui a financé plusieurs groupes contestant le consensus climatique

Quant aux autre signataires, bien que scientifiques, ils n'ont pas plus de compétence dans le domaine du climat que n'importe quels autres scientifiques qui n'ont pas cru devoir s'associer à cette tribune
C'est assez bien résumé je dois l'avouer, et je n'aurai pas fait mieux, mais c'était sans compter avec un habitué que nous ne connaissons que trop bien, j'ai nommé Jean-Pierre « le VRP du climatoscepticisme » Bardinet !
@PierredeParis
Bon, vous nous ressortez les critiques éculées des réchauffistes, qui ne font que confirmer les incompétences de leurs auteurs, à savoir :
1) Lindzen ne serait pas compétent, parce que les climatologues GIECquiens considèrent que ses thèses, auxquelles ils n’ont rien compris, ne valent pas un clou... alors que ce serait plutôt l'inverse...
2) Les autres signataires seraient incompétents en climatologie... mais sûrement moins que l'ancien Président du GIEC, Rajendra Pachauri, ingénieur en chemins de fer, considéré comme un éminent climatologue.

Donc selon vous, Pachauri et les autres présidents du GIEC seraient compétents en climatologie, tout comme Nicolas Hulot, parce qu’ils font la promotion du dogme du RCA, mais des scientifiques climato-réalistes, dont des physiciens émérites, qui, eux, savent de quoi ils parlent, ne le seraient pas ? Votre curieux raisonnement confirme que vous n’y connaissez rien et que vous êtes asservi à l’idéologie du Réchauffisme.
En évoquant des « critiques éculées » Bardinet sait de quoi il parle, puisqu'il en est un grand spécialiste et nous l'a démontré à de multiples occasions ; par exemple affirmer sans barguiner que les climatologues n'auraient rien compris aux thèses de Lindzen, c'est faire du Benoit Rittaud, retourner la crêpe dans sa poêle, et prétendre que Rajendra Pachauri aurait été « considéré comme un éminent climatologue » alors qu'il n'était que le président du GIEC et n'a jamais revendiqué le titre de climatologue c'est se ficher de la tête des gens (pour rester poli) ; qu'un imbécile du genre de Bardinet ait cru que Pachauri était un climatologue ayant publié des études sur le climat en dit long sur sa compréhension de ce qu'est le GIEC et sur son fonctionnement, et penser que son président serait lui-même climatologue serait un peu comme croire que le président d'une société quelconque aurait tous les titres, et les connaissances, de ses employés.

Le comble du ridicule est quand Bardinet dénie toute compétence en climatologie à des personnes comme Pachauri ou Hulot, mais croit naïvement que lui-même est habilité à parler en toute connaissance de cause du sujet, ou quand il parle de « scientifiques climato-réalistes » en parlant de ses amis, ce qui ne veut strictement rien dire, comme si les climatologues étaient, eux, des « climato-irréalistes »...

Et en matière de climato-irréalisme nous sommes servis quand nous lisons par exemple ceci :
Depuis une trentaine d’années il nous est demandé de croire que nous vivons un épisode de réchauffement planétaire inquiétant causé par les émissions humaines de gaz carbonique (CO2)
Ainsi dès le début de la tribune les auteurs se placent dans le domaine de la croyance, en posant d'emblée qu'il y aurait de gros doutes sur la réalité du réchauffement planétaire causé par les émissions humaines de CO2 ; et en ajoutant le mot « inquiétant », comme si le rôle des climatologues était principalement d'inquiéter les populations, en passant complétement sous silence leur devoir d'informer objectivement.
Le tableau d’ensemble montre pourtant que nous ne vivons pas un épisode climatique si remarquable en regard d’une histoire dont l’échelle minimale est celle des siècles ou des millénaires.
Et ce sont des soi-disant « scientifiques » qui nous pondent cette magnifique contre-vérité !
Déjà modeste au siècle dernier, le réchauffement de la planète a considérablement ralenti depuis vingt ans […]
On croit rêver, mais ils insistent lourdement et s'enfoncent encore davantage !
Seule la survenue en 2015 d’un phénomène météorologique (et non climatique) parfaitement naturel, El Niño, dont le pouvoir réchauffant est maintenant dissipé, a permis encore une fois aux marchands de peur de vendre leurs frissons de « records de température globale ».
Eh oui, vous avez bien lu, ces « scientifiques » qualifient El Niño de « phénomène météorologique (et non climatique) », prouvant ainsi définitivement leur totale méconnaissance du sujet ; El Niño est bien un phénomène climatique (et non météorologique) qui n'a aucun pouvoir réchauffant sur le système climatique terrestre puisqu'il s'agit d'un échange de chaleur entre océan et atmosphère, mais nos scientifiques en carton pâte confondent allègrement climat et météo et pensent benoitement (comme Rittaud) que le climat se réduit à l'atmosphère, en oubliant les océans et les surfaces continentales, une paille !
Il faut se souvenir des prévisions d’Al Gore, formulées lors de sa réception du prix Nobel de la Paix en 2007, selon lesquelles la banquise arctique aurait dû fondre en totalité moins de dix ans plus tard.
Ici nous atteignons le sublime en matière de désinformation, puisque nos scientifiques en herbe prétendent donc que Al Gore lui-même aurait « prédit » que le pôle nord serait libre de glaces avant 2017, ce qui est évidemment archi-faux !

Voici exactement ce qu'a dit Al Gore lors de son discours de 2007 (en toutes lettres ici) au sujet de la banquise arctique :
Last September 21 [2007], as the Northern Hemisphere tilted away from the sun, scientists reported with unprecedented distress that the North Polar ice cap is "falling off a cliff." One study estimated that it could be completely gone during summer in less than 22 years. Another new study, to be presented by U.S. Navy researchers later this week, warns it could happen in as little as 7 years. 
Le 21 septembre [2007], alors que l'hémisphère nord s'inclinait par rapport au soleil, les scientifiques ont rapporté avec une détresse sans précédent que la calotte polaire du pôle Nord est en train de « tomber d'une falaise ». Une étude a estimé qu'elle pourrait avoir complètement disparu pendant l'été en moins de 22 ans. Une autre nouvelle étude, qui sera présentée par des chercheurs de la US Navy plus tard cette semaine, prévient que cela pourrait arriver en aussi peu que dans 7 ans.
Ainsi Al Gore n'a fait que reprendre ce que disaient des scientifiques à l'époque, certains parlant de 22 ans, d'autre de 7 ans, et jamais il n'a évoqué les dix ans que lui attribuent nos spécialistes en intoxication mentale ; par ailleurs il précisait bien qu'il s'agissait de l'été, période où la banquise arctique est à son plus bas niveau, mais nos charlatans patentés ne se soucient pas de cette précision et tentent de faire croire qu'Al Gore aurait prédit une fonte totale quelle que soit la période de l'année.

Mais reprenons la lecture captivante de la tribune de Rittaud and co.
Des analyses satellitaires publiées en 2016 confirment par ailleurs un important verdissement de notre planète, essentiellement grâce à l’accroissement de la teneur atmosphérique en CO2. En trente ans, les feuilles des arbres et des plantes ont colonisé 18 millions de kilomètres carrés supplémentaires, l’équivalent de deux fois le Sahara. Une excellente nouvelle qui n’avait rien d’inattendu : il est connu depuis longtemps que, via le cycle de la photosynthèse, le gaz carbonique est le gaz de la vie.
Toujours les mêmes fadaises avec le « verdissement de la planète » qui serait une bénédiction pour l'humanité, sans se poser la question de savoir ce qui verdit vraiment, les mauvaises herbes en profitant également, et pas qu'un peu ! car comme nous le dit perspectives-agricoles :
[…] les mauvaises herbes des régions tempérées dites en « C3 » (vulpin et chénopode) vont théoriquement profiter de l’augmentation de la concentration en CO2 tandis que les espèces dites en « C4 » (sétaires et amarantes) seront surtout favorisées par une augmentation de la température
Mais nos scientifiques en papier mâché sont contents de voir la Terre reverdir, ça suffit à leur bonheur.

Bon j'arrête là le résumé de cette tribune de bras cassés, dont la liste est donnée à la fin de l'article, dans laquelle on peut voir des noms mondialement reconnus dans le domaine du climat comme Jacques Duran, François Gervais ou Rémy Prud'homme, pour n'en citer que quelques uns.

On pourrait d'ailleurs les appeler le fan club Dunning Kruger tellement ils s'acharnent à nous montrer l'excessive confiance qu'ils ont dans leurs maigres connaissances.

Ces pilotes arrogants ont perdu contact avec des passagers réguliers comme nous. Qui pense que je devrais piloter l'avion ?


mercredi 18 juillet 2018

Non, cela ne fait pas plaisir de se faire traiter d'imbécile, et pourtant...

C'est à peine croyable, mais Anthony Watts, le désinformateur en chef de la société Climatosceptic and co, publie une étude intéressante intitulée What psychological science can offer to reducing climate change (Ce que la science psychologique peut offrir pour réduire le changement climatique)

Non je rigole.

Ce serait trop beau, en fait Tony Watts jette cette étude en pâture à ses lecteurs comme on jette un os à ses chiens, en qualifiant les auteurs de l'étude en question de « département qui traite les autres de fous » (Department of calling other people crazy) tout en montrant une caricature de Stefan Lewandowski, qui au passage n'est pas co-auteur de ladite étude, assis sur le « trône » dans une camisole de force.

Mais il est vrai que les climatosceptiques n'aiment pas qu'on les traite de crétins, ce que ni Lewandowski ni les auteurs de l'étude ne font, mais ils pensent qu'on les traite de crétins quand on analyse leurs biais cognitifs à la lumière de tous les sophismes et contrevérités qu'ils sont capables de proférer.

Ainsi Watts assimile les trois auteurs de l'étude à Lewandowski, en les mettant tous dans le même panier, en oubliant d'y inclure Daniel Kahneman qui a obtenu en 2002 son Nobel d'économie pour ses travaux sur la théorie des perspectives qui montre que les individus sont très loin d'agir et de penser selon leurs intérêts, contrairement à ce que certains croient naïvement.

Watts se contente de reprendre un texte qui fait référence à l'étude, sans donner aucune indication sur la véritable source comme à son habitude, pour le cas où quelques lecteurs plus curieux que la moyenne auraient l'idée saugrenue d'aller voir exactement ce qui est écrit.

Le texte de Watts peut être consulté ici (sciencedaily) ou ici (other-news.info) mais l'étude elle-même est visible ici : researchgate

Voici le résumé ainsi que la conclusion :
Abstract: Can psychological science offer evidence-based solutions to climate change? Using insights and principles derived from the literature on social dilemmas and human cooperation, we discuss evidence in support of three solutions: crossing the borders of thought, time, and space. First, borders of thought could be crossed by using persuasion that is concrete and tailored to local circumstances and by highlighting information about people’s efforts as evidence against the myth of self-interest. Second, borders of time could be crossed by using kinship cues, which can help make the future less
distant, and relatively uninvolved advisors, who may help make the future salient. And third, borders of space could be crossed by showing group representatives how they might benefit from a frame of altruistic competition—focusing on the benefits of being seen as moral and global in orientation. Our overall conclusion is that psychological science can offer evidence-based solutions to climate change. 
La science psychologique peut-elle offrir des solutions fondées sur des preuves au changement climatique ? En utilisant des idées et des principes tirés de la littérature sur les dilemmes sociaux et la coopération humaine, nous discutons des preuves à l'appui de trois solutions : franchir les frontières de la pensée, du temps et de l'espace. Premièrement, les frontières de la pensée pourraient être franchies en recourant à une persuasion concrète et adaptée aux circonstances locales et en mettant en évidence les informations sur les efforts des gens en tant que preuves contre le mythe de l'intérêt personnel. Deuxièmement, les frontières du temps pourraient être franchies en utilisant des indices de parenté, qui peuvent aider à rendre l'avenir moins lointain, et des conseillers relativement peu impliqués, qui peuvent aider à rendre le futur important. Et troisièmement, les frontières de l'espace pourraient être franchies en montrant aux représentants des groupes comment ils pourraient bénéficier d'un cadre de compétition altruiste - en mettant l'accent sur les avantages d'être perçus comme moraux et globaux dans leur orientation. Notre conclusion générale est que la science psychologique peut offrir des solutions fondées sur des preuves au changement climatique.
Concluding Remarks:  Social dilemmas are very challenging at the global level, where collective interests are abstract and primarily visible in the future rather than the present. Uncertainty tends to trigger heuristic thinking, such as the myth of self-interest; people are naturally oriented to self-interest or local interest rather than abstract global interests; and leaders are prone to adopt a competitive mind-set, characterized by distrust and rivalry, resulting in poor collective outcomes. Facing challenges is often the real challenge. The future can become in many ways the present by high-lighting issues or cues relevant to genetic outcomes: offspring, in particular. Another route is to highlight the future: Some distance may help us appreciate the future a little bit more. Advisors—especially those with no strong involvement or vested interest—may be ideally suited to do so. It is plausible that advisors, or media-tors, may be in the best possible position to highlight reputational concerns in national leaders. Competitive altruism may well be one of the most powerful solutions to the complexities of intergroup conflict that our national leaders must face in negotiations about climate change. 
Les dilemmes sociaux sont très difficiles au niveau mondial, où les intérêts collectifs sont abstraits et principalement visibles dans le futur plutôt que dans le présent. L'incertitude a tendance à déclencher une réflexion heuristique, comme le mythe de l'intérêt personnel ; les gens sont naturellement orientés vers l'intérêt personnel ou l'intérêt local plutôt que vers des intérêts globaux abstraits ; et les dirigeants sont enclins à adopter un état d'esprit compétitif, caractérisé par la méfiance et la rivalité, aboutissant à des résultats collectifs médiocres. Faire face aux défis est souvent le véritable défi. L'avenir peut devenir à bien des égards le présent en mettant en lumière des questions ou des indices pertinents pour les résultats génétiques : la progéniture, en particulier. Une autre voie consiste à mettre en évidence l'avenir : une certaine distance peut nous aider à apprécier un peu plus l'avenir. Les conseillers, en particulier ceux qui ne sont pas très impliqués ou qui n'ont aucun intérêt personnel, peuvent être idéalement placés pour le faire. Il est plausible que les conseillers, ou médiateurs, soient dans la meilleure position possible pour mettre en évidence les préoccupations de réputation des dirigeants nationaux. L'altruisme compétitif pourrait bien être l'une des solutions les plus puissantes à la complexité des conflits intergroupes que nos dirigeants nationaux doivent affronter dans les négociations sur le changement climatique.
Evidemment, et cela n'étonnera personne, je n'ai pas la même lecture de cette étude que les lecteurs de Watts qui en restent à leurs préjugés, comme par exemple, pêle-mêle :
Mind control, brain washing (Contrôle de l'esprit, lavage du cerveau)
Ou
> One way to convince people about the reality of climate change, they argue, is to have governments tailor information… Anyone who read further wasted their time. (« Selon eux, l'une des façons de convaincre les gens de la réalité du changement climatique est de faire en sorte que les gouvernements adaptent l'information » Ceux qui lisent davantage perdent leur temps.)

Sauf que dans l'étude elle-même il n'est jamais question de « gouvernements » et encore moins de lavage de cerveau, sauf à considérer qu'éduquer des populations sur un risque avéré est un lavage de cerveau opéré par un gouvernement, et dans ce cas beaucoup de gouvernements pratiquent le lavage de cerveaux de leurs populations, par exemple les Japonais qui éduquent la population pour faire face au risque de tremblements de terre, tout comme les Californiens ou n'importe qu'elle autre administration qui sur la planète prend en charge de tels risques ; et on peut étendre ce lavage de cerveau à bien d'autres risques, comme les inondations, les événements extrêmes (orages, cyclones, sécheresses, canicules, etc.), les incendies de forêts, et pourquoi pas les risques terroristes, la liste est longue et j'en oublie des tonnes.

Nous voyons bien là, avec notamment le premier exemple que je cite, poindre le nez rouge de la théorie du complot : le gouvernement veut contrôler notre esprit et nous dire ce que nous devons croire !

Ainsi cette équipe de trois chercheurs d'horizons différents (Paul A. M. Van Lange, Jeff Joireman, Manfred Milinski), l'un Néerlandais, l'autre Américain et le dernier Allemand, se seraient réunis pour comploter afin de laver le cerveau des lecteurs d'Anthony Watts !

Mais comme l'écrit Kahneman dans Thinking, Fast and Slow :
[…] when faced with a difficult question, we often answer an easier one instead, usually without noticing the substitition. ([...] quand nous sommes confrontés à une question difficile, nous répondons souvent à une plus facile, généralement sans remarquer la substitution)
Notez bien que Kahneman écrit « nous », ce qui signifie qu'il s'inclut et qu'il inclut chaque être humain sur la planète, nous sommes tous pareils et commettons tous les mêmes biais cognitifs, avec des niveaux d'intensité certes différents selon les individus, mais personne n'y échappe.

Et quand un climatosceptique comme ci-dessus est confronté à une problématique trop compliquée pour lui, il la transforme en « contrôle de l'esprit et lavage de cerveau », c'est tellement plus simple.

Kahneman conclut d'ailleurs l'introduction de son livre comme suit :
[…] a puzzling limitation of our mind: our excessive confidence in what we believe we know, and our apparent inability to acknowledge the full extent of our ignorance and the uncertainty of the world we live in.([...] une limitation déroutante de notre esprit : notre confiance excessive dans ce que nous croyons savoir, et notre incapacité apparente à reconnaître toute l'étendue de notre ignorance et l'incertitude du monde dans lequel nous vivons.)
Cela s'applique à tout le monde, mais de toute évidence davantage à certains qui font tout leur possible pour démontrer aux yeux de tous la justesse des théories de Kahneman.

De Kahneman et des trois auteurs de l'étude brocardée par Anthony Watts.

Alors parlons un peu de cette étude qui, je dois l'avouer, me laisse un peu sur ma faim et ne m'a pas complètement convaincu.

Les auteurs identifient essentiellement deux causes qui freinent ou carrément empêchent que le problème du réchauffement climatique soit correctement traité :
  1. conflictualité sociale entre intérêts personnels et intérêt collectif (en citant  Milinski et al., 2008)
  2. conflictualité temporelle entre intérêts à court terme et intérêts futurs (en citant Jacquet et al., 2013 (du moins je pense qu'il s'agit de cette étude...), ainsi que Van Lange et al., 2013)
Autant je suis plutôt d'accord sur les causes, qui me parlent et que je peux comprendre avec mon expérience personnelle, autant les solutions proposées me paraissent peu réalistes et peu convaincantes.

En effet, les auteurs proposent trois « solutions » qui apparaissent assez clairement dans le résumé :
  1. franchir les frontières de la pensée en utilisant des méthodes de persuasion spécifiques, en fonction des circonstances locales, par exemple se focaliser sur la hausse du niveau des mers si l'on s'adresse à des populations vivant près des côtes ;
  2. franchir les frontières du temps en rendant le futur plus proche ;
  3. franchir les frontières spatiales en générant une compétition « altruiste » entre les peuples (et surtout leurs dirigeants)
Tableau synthétique des trois solutions proposées avec les buts à atteindre.

Ma conclusion toute personnelle est que tout cela est bien beau, mais comment fait-on ?

Que les gens soient en majorité guidés par leurs propres intérêts au détriment de l'intérêt collectif, que ce soit à court terme et à plus forte raison à long terme, cela me semble une évidence et cette étude n'apporte pas grand chose sur le sujet ; les solutions proposées peuvent sembler logiques et pouvoir éventuellement marcher sur un nombre limité d'individus, mais comment les généraliser à l'ensemble de la planète ? Les auteurs ne donnent pas les clefs permettant d'ouvrir les portes de manière concrète, ils restent dans le virtuel, presque dans le wishful thinking ou vœu pieu.

Ils expliquent d'ailleurs très bien toutes les difficultés auxquelles nous sommes confrontés pour faire face à la difficulté, notamment le caractère abstrait et incertain du changement climatique pour beaucoup de gens, ce qui ne facilite pas leur prise de conscience d'un problème n'apparaissant pas brusquement et brutalement comme peut le faire un tremblement de terre ; mais même dans ce dernier cas les populations susceptibles d'être touchées par un séisme peuvent faire preuve de déni et se dire qu'elles ne sont pas ou peu concernées, par exemple en Californie où le « Big One », s'il se produisait, pourrait faire des milliers de victimes, ce qui n'empêche apparemment pas grand monde de venir s'y installer (et je ne parle pas des incendies de forêts…)

C'est bien beau de « recommander que les décideurs politiques produisent des informations factuelles d'une manière concrète », quand on voit le paysage politique américain on peut douter de l'efficacité de la « recommandation » ! Et il n'y a pas qu'aux Etats-Unis que la volonté des politiques de vraiment traiter le problème soit sujette à caution, on ne peut pas dire qu'en France tous les moyens soient mis en branle pour arriver à une solution, et je ne vois en fait aucun pays ayant décidé de prendre le taureau par les cornes, nous sommes en pleine tragédie des biens communs et pas près d'en sortir…

Et que dire de la recommandation consistant à sensibiliser les « jeunes et vulnérables » afin de franchir la frontière du temps ? Il s'agit peut-être de la moins irréaliste, étant donné que de toute façon ce sont les jeunes qui sont déjà, dès à présent, les plus sensibilisés au réchauffement climatique ainsi qu'à tous les problèmes environnementaux que nous connaissons, puisqu'ils se doutent bien qu'ils en souffriront un jour alors que leurs ainés ne seront plus là pour payer les pots cassés après avoir bien profité de la « croissance » liée en très grande partie aux énergies fossiles ; de plus, ces ainés vont petit à petit disparaitre et seront donc de moins en moins influents, ils seront progressivement remplacés par une nouvelle génération davantage apte à prendre en charge ces problèmes environnementaux, quels qu'ils soient, le seul problème étant que ce sera peut-être trop tard…

Je trouve par ailleurs totalement irréaliste la proposition qui consiste à faire intervenir des « personnes non impliquées » (non involved people) pour discuter de problèmes d'aménagement urbain et d'infrastructure, je ne vois pas très bien comment cela peut marcher, mais peut-être qu'il me manque certaines informations ou connaissances en matière sociologique me permettant de comprendre le mécanisme.

La partie la plus irréaliste, à mon avis, est la troisième solution qui nous demande de franchir les frontières entre les peuples, les nations de la planète, afin d'atteindre un « consensus » global ; les auteurs admettent que la négociation internationale n'est peut-être pas la meilleure solution, alors ils proposent ce qu'ils appellent l'altruisme compétitif, selon une étude d'un certain Gilbert Roberts, mais il est difficile de voir comment quelque chose qui marche peut-être au niveau de sous-groupes bien individualisés pourrait fonctionner sur la Terre entière sur un sujet comme le réchauffement climatique.

Un passage de l'étude est assez peu convaincant :
If national leaders tend to have a fair amount of pride (sometimes even narcissism) that they like to see reinforced by reputational gains, the challenge is to use the competitive mindset of representatives to benefit the collective in the future. 
Si les dirigeants nationaux ont tendance à avoir une certaine fierté (parfois même de narcissisme) qu'ils aiment voir renforcée par des gains de réputation, le défi est d'utiliser la concurrence d'esprit des représentants au profit de la collectivité dans le futur.
Il suffit de voir Trump, ou Poutine, ou Erdogan, ou n'importe quel potentat égocentrique et/ou narcissique comme Kim ou Maduro, pour s'apercevoir assez vite que ce n'est pas avec eux qu'il faudra vraiment compter sur une quelconque « compétition altruiste » afin de prendre des mesures concrètes pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ; et même y compris parmi les dirigeants plus « démocratiques » il est difficile d'en trouver qui montreraient des velléités d'altruisme, au risque de déplaire à leurs électeurs par des mesures tendant par exemple à limiter la croissance économique.

La seule chose qui pourrait éventuellement infléchir la position de tels dirigeants, serait, comme dit pour la deuxième solution, que la grande majorité de la population, composée d'anciens jeunes ayant été sensibilisés très tôt, fasse pression sur eux par leurs votes ou leurs protestations.

Cela se produira probablement un jour ou l'autre, dans quelques décennies ou durant le siècle prochain, tellement la faculté de déni de réalité est ancrée dans nos esprits et difficile d'en être extirpée.

Nous verrons bien combien de temps la compétition économique entre les peuples arrivera à tenir face à la compétition altruiste qui est sensée la supplanter ; à mon avis tant que nous aurons du charbon, du pétrole et du gaz à notre portée il n'y a aucune chance que cela se produise.




2008

mardi 17 juillet 2018

Anthony "Calimero" Watts demande des sous pour pouvoir mieux vous désinformer

Pauvre chou, Tony Watts fait la manche auprès de ses lecteurs afin de se payer un nouveau serveur, car celui qu'il utilise actuellement est attaqué par de méchants individus qui lui souhaitent de mauvaises choses.

Il cite un des ces lascars qui espère qu'il attrapera un coup de chaud :
Hello Anthony, it’s been a while. Listening to the news of record temperatures being marked weekly around the world, I’m thinking of you. Again, history will show you to be the carnival barker that you are. You are largely responsible for the Dark-Age mentality leading us to roast. I hope you have a heat stroke you obfuscating asshole. 
Bonjour Anthony, ça fait un moment. En écoutant les nouvelles des températures record qui sont reportées chaque semaine dans le monde, je pense à vous. Encore une fois, l'histoire montrera le bonimenteur que vous êtes. Vous êtes en grande partie responsable de la mentalité de l'âge des ténèbres qui nous conduit à rôtir. J'espère que vous aurez un coup de chaleur espèce d'obscur trou du cul.
Bon, il faut dire que le message n'est pas très poli, ni correct ; personnellement j'ai plutôt tendance (je l'ai fait à plusieurs reprises ici) à souhaiter aux bonshommes du genre de Watts une très longue vie, de manière à « bénéficier » des températures en hausse et autres événements plus ou moins extrêmes causés par le réchauffement climatique.

Car ce n'est pas encore de nos jours que le pire se fait sentir, un petit degré de plus par rapport à l'ère préindustrielle et une vingtaine de centimètres de montée des eaux depuis cent ans, ce n'est pas la mer à boire (sic) !

Non, il va falloir encore attendre un peu avant que ça devienne vraiment intéressant, et malheureusement j'ai bien peur qu'Anthony Watts, étant donné son âge et son apparence physique (i.e. son embonpoint) soit mort et enterré quand les choses sérieuses commenceront vraiment ; tout ce qu'il risque dans ses vieux jours c'est que ses petits-enfants viennent lui cracher dessus avant d'aller le faire sur sa tombe, donc rien de bien grave en vérité.

Et pour bien montrer qu'il n'a peur de rien il nous montre le graphique de l'indice des vagues de chaleur aux Etats-Unis :
Cette figure montre les valeurs annuelles de l'indice de vague de chaleur des États-Unis de 1895 à 2015. Ces données couvrent les 48 états contigus. Interprétation: Une valeur d'indice de 0,2 (par exemple) pourrait signifier que 20% du pays a connu une vague de chaleur, 10% du pays ont connu deux vagues de chaleur, ou une autre combinaison de fréquence et de surface. Data source: Kunkel, 2016 (source epa

Mais comme toujours il faut accorder une confiance toute relative quand un désinformateur de la stature de Watts vous fournit un graphique qui semble aller dans le sens qu'il a choisi, dans le cas présent celui de « démontrer » que les vagues de chaleur ne sont pas plus fréquentes, ou graves, avec le réchauffement climatique.

Effectivement, si l'on s'arrête à ce premier (oui premier, car il y en a d'autres…) graphique, on observe un pic dans les années 1930, le fameux Dust Bowl.

Mais ce que Watts passe sous silence, à moins qu'il l'ignore tout simplement, c'est que ce Dust Bowl est en grande partie, d'après Wikipédia, causé par le « surlabourage occasionnant une érosion très importante », ce qui est confirmé par le site de l'EPA d'où Watts a tiré son graphique, qui explique :
Heat waves in the 1930s remain the most severe heat waves in the U.S. historical record (see Figure 1). The spike in Figure 1 reflects extreme, persistent heat waves in the Great Plains region during a period known as the “Dust Bowl.” Poor land use practices and many years of intense drought contributed to these heat waves by depleting soil moisture and reducing the moderating effects of evaporation. 
Les vagues de chaleur dans les années 1930 demeurent les vagues de chaleur les plus graves dans le record historique des États-Unis (voir la figure 1). Le pic de la figure 1 reflète les vagues de chaleur extrêmes et persistantes dans la région des Grandes Plaines pendant une période connue sous le nom de « Dust Bowl ». Les mauvaises pratiques d'utilisation des terres et de nombreuses années de sécheresse intense ont contribué à ces vagues de chaleur en diminuant l'humidité du sol et en réduisant l'effet modérateur de l'évaporation.
Ainsi ce pic de chaleurs extrêmes est une combinaison de mauvaises pratiques agricoles et de « sécheresses intenses », en se doutant un peu que ces dernières ont pu être causées, ou amplifiées, par les premières.

Mais le graphique que Watts ne vous montrera jamais, et pour cause, est le deuxième, bien plus évocateur que le premier :
Ce graphique montre le pourcentage de la superficie des 48 états contigus avec des températures quotidiennes élevées et basses inhabituellement chaudes durant les mois de juin, juillet et août. Les lignes fines représentent les années individuelles, tandis que les lignes épaisses représentent une moyenne pondérée de neuf ans. Les lignes rouges représentent les hauts quotidiens, tandis que les lignes orange représentent les bas quotidiens. Le terme "inhabituel" dans ce cas est basé sur les conditions moyennes à long terme à chaque endroit. Source: NOAA, 20157
Mince alors, malgré les efforts des Américains pour changer leurs pratiques agricoles et ne plus connaitre les affres du Dust Bowl, voilà que la courbe des journées chaudes (tant en minimas qu'en maximas) dépasse le niveau des années trente, on comprend que cette information n'intéresse pas Watts et, surtout, ses lecteurs.

Maintenant zoomons à l'aide de la NOAA :

Evolution des températures maximums, source ncdc.noaa

Evolution des températures minimums, source ncdc.noaa

Evolution de l'indice PDSI, source ncdc.noaa
Evolution des précipitations extrêmes sur un jour, source ncdc.noaa

Evolution des extrêmes avec et sans précipitations, source ncdc.noaa

Evolution des tempêtes tropicales atteignant les côtes, source ncdc.noaa
De ces six graphiques on peut tirer les conclusions suivantes concernant les 48 états contigus (donc hors Alaska et Hawaï) :
  1. les températures maximales sont en nette augmentation ;
  2. les températures minimales sont en très nette augmentation, montant en flèche depuis 2010 ;
  3. l'indice PDSI montre, depuis les années 1970, une forte augmentation des journées « humides », les années « sèches » étant comparables aux années 30 et 50, sans qu'une tendance claire se dessine ;
  4. les précipitations extrêmes sur un seul jour sont en très nette augmentation à partir des années 1990 ;
  5. les extrêmes avec précipitations sont en constante augmentation (quasiment toujours au-dessus de l'indice 10 depuis les années 1980) alors que les extrêmes sans précipitations sont plutôt stables, en-deçà de l'indice -10, les journées sans précipitation étant plus fréquentes dans la première moitié du 20ème siècle ;
  6. les tempêtes tropicales atteignant les côtes américaines sont relativement stables depuis le début du 20ème siècle, mais on constate des pics plus prononcés en début de 21ème siècle ; à noter cependant qu'il s'agit du nombre de tempêtes, pas de leur intensité…
Mais reprenons la lecture du site EPA, source d'inspiration de notre ami Watts, pour regarder quelques autres graphiques que celui-ci a négligé de montrer à ses lecteurs.
Ce graphique montre le pourcentage de la superficie des 48 états contigus avec des températures quotidiennes élevées et basses inhabituellement froides au cours des mois de décembre, janvier et février. Les lignes fines représentent les années individuelles, tandis que les lignes épaisses représentent une moyenne pondérée de neuf ans. Les lignes bleues représentent les hauts quotidiens, tandis que les lignes violettes représentent les bas quotidiens. Le terme "inhabituel" dans ce cas est basé sur les conditions moyennes à long terme à chaque endroit. Source NOAA.

Bref, il y a de moins en moins de journées froides en hiver (avec cependant un gros pic peu avant 1980)

Quant à la répartition des températures maxi et mini dans le territoire l'EPA nous dit :
The two maps show where changes in the number of days with unusually hot (above the 95th percentile) and cold (below the 5th percentile) days have occurred since 1948. Unusually high temperatures have increased in the western United States and in several areas along the Gulf and Atlantic coasts, but decreased in much of the middle of the country (see Figure 4). The number of unusually cold days has generally decreased throughout the country, particularly in the western United States (see Figure 5). 
Les deux cartes montrent l'évolution du nombre de jours avec des températures anormalement chaudes (au-dessus du 95e centile) et froides (inférieures au 5e centile) depuis 1948. Des températures anormalement élevées ont augmenté dans l'ouest des États-Unis et dans plusieurs régions le long des côtes du Golfe et de l'Atlantique, mais ont diminué dans la majeure partie du centre du pays (voir la figure 4). Le nombre de jours anormalement froids a généralement diminué dans tout le pays, en particulier dans l'ouest des États-Unis (voir la figure 5).
Voici les deux cartes en question :
Cette carte montre les tendances des températures inhabituellement chaudes dans les stations météorologiques individuelles qui ont fonctionné régulièrement depuis 1948. Dans ce cas, le terme «inhabituellement chaud» fait référence à une température maximale quotidienne plus chaude que la température du 95e centile pendant la période 1948-2015. Ainsi, la température maximale d'un jour particulier à une station particulière serait considérée comme «exceptionnellement chaude» si elle se situe dans les 5% les plus chauds des mesures effectuées à cette station au cours de la période 1948-2015. La carte montre les changements du nombre total de jours par année qui étaient plus élevés que le 95e centile. Les symboles rouges pointant vers le haut montrent où ces jours anormalement chauds deviennent plus communs. Les symboles pointant vers le bas indiquent les endroits inhabituellement chauds qui deviennent moins courants. Source: NOAA, 2016
Cette carte montre les tendances des températures inhabituellement froides dans les stations météorologiques individuelles qui ont fonctionné régulièrement depuis 1948. Dans ce cas, le terme «exceptionnellement froid» fait référence à une température minimale quotidienne plus froide que la température du 5e centile pendant la période 1948-2015. Ainsi, la température minimale d'un jour donné à une station particulière serait considérée comme «exceptionnellement froide» si elle se situe dans les 5% les plus froids des mesures effectuées à cette station au cours de la période 1948-2015. La carte montre les changements dans le nombre total de jours par année qui étaient plus froids que le 5ème centile. Les symboles pointant vers le haut indiquent les endroits où ces jours inhabituellement froids deviennent plus fréquents. Les symboles rouges pointant vers le bas indiquent où les jours anormalement froids sont de moins en moins fréquents. Source NOAA, 2016.

On peut constater qu'alors que la progression des jours exceptionnellement chauds s'équilibre peu ou prou sur tout le territoire des Etats-Unis, celle des jours exceptionnellement froids est partout en diminution, à de très rares exceptions près.

Enfin le dernier graphique nous montre l'évolution décennale des records « hauts et bas » :

Cette figure montre le pourcentage d'enregistrements de température quotidiens établis dans les stations météorologiques des 48 états contigus par décennie. Les records (rouge) sont comparés avec les plus bas (bleu). Source Meehl et al., 2009.

Voilà, je pense vous avoir informé du mieux que je pouvais, et contrairement à Watts je ne demande pas d'argent, mais il est vrai que je ne suis pas « The world’s most viewed climate website. »

Ah au fait, pour terminer, Watts fait de la publicité pour son bouquin (co-écrit avec d'autres désinformateurs patentés) intitulé Climate change : the facts 2017, ce que l'on pourrait aussi écrire Climate : change the facts 2017 de façon à mieux dépeindre son contenu. Si vous avez besoin de quelque chose pour caler un meuble, ce livre peut éventuellement vous être utile.



dimanche 15 juillet 2018

Les étangs de Fontargente

Fontaines argentées, telle est la traduction que donne lacsdespyrenees pour Fontargente, comme je n'ai rien pu trouver de mieux (faut avouer que j'ai pas trop chercher, pas que ça à faire hein) on va leur faire confiance, surtout quand on voit ceci :

Le grand étang de Fontargente.
Fontaine ou source, le vocable occitan font se retrouve souvent sur les cartes pyrénéennes.

Quant à la qualification d'étangs ou de lacs pour ce qui concerne ces étendues d'eau, je renvoie le lecteur qui n'en aurait pas rien à f...aire de se reporter à mon billet sur En Beys.

Donc pour cette balade de ce samedi 14 juillet (mince j'ai raté la parade et ses couacs) j'avais choisi les étangs (ou lacs si vous insistez) de Fontargente, tout au bout de la (très) longue vallée d'Aston, en Ariège profonde (c'est peu de le dire)

Pour ce faire je me suis inspiré (et vous êtes invités à faire de même) :
En réalité j'ai effectué le tracé décrit sur visorando, mais dans le sens préconisé par le topoguide, c'est-à-dire en sens inverse des aiguilles d'une montre.

Je comptais faire la boucle dans sa totalité, en passant donc par le refuge de Ruhle (que l'on doit prononcer Ruille puisque c'est une graphie que l'on rencontre également) mais l'état des troupes (au nombre de deux) n'était pas au meilleur de sa forme, et la décision fut prise de redescendre par la voie directe (la variante sur le topoguide), ce qui nous donne ceci d'après le GPS :

Données GPS avec la température

Données GPS avec la durée et la vitesse.

Comme d'habitude il faut faire attention aux points suivants (j'en oublie sûrement) :
  • la température est à interpréter avec prudence, le GPS étant dans le sac, en principe à l'abri des rayons directs du soleil, mais ne respectant pas les critères « officiels » et ne prenant pas en compte la température dite « ressentie » ;
  • l'altitude mentionnée doit être réduite de 50 mètres, ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça avec le Backtrack D-Tour ;
  • les éventuelles pointes de vitesse (ici 9km/h, parfois bien plus...) sont à ignorer.
Cette petite boucle de 9 kilomètres nous a donc demandé près de 5 heures (de 8:53am à 1:41pm) mais avec une longue pause détente au bord du grand étang ; à titre de comparaison le site visorando indique 7,83 kilomètres pour une durée moyenne de 3 heures 20 (mais j'ai déjà dit que l'état de la troupe n'était pas top…)

Quant au circuit du topoguide, il est coté « difficile » avec une longueur de 10,5 kilomètres, une durée de 4 heures 30 et une dénivelée de 486 mètres (2186 - 1700)

Quelques précisions pratiques pour ceux qui seraient intéressés :
  • la route d'accès a été refaite et se trouve en excellent état au mois de juillet 2018 ;
  • faire cependant attention, car elle est très étroite et très longue (17 kilomètres d'Aston au parking) et comporte dans sa partie terminale, entre la retenue de Laparan et le parking, de nombreuses rigoles transversales servant à évacuer les eaux mais pouvant aussi causer quelques soucis à vos amortisseurs… ;
  • la passerelle qui franchit la Coume de Varilhes est en très mauvais état et peut être submergée par le torrent, pouvant rendre la traversée de celui-ci problématique, voire impossible !
La passerelle en bois de la Coume de Varilhes.
En été cette traversée ne pose pas vraiment de problème, par contre au printemps certains ont dû rebrousser chemin :
Date de la randonnée : samedi 16 juin 2018 
La route entre le parking du barrage de Laparan et le parking du Pla de Las Peyres a été refaite à neuf et est en très bon état, peu d'intérêt à la parcourir maintenant à pied. Par contre la passerelle en bois permettant de franchir le ruisseau de la Coume de Varilhes est complètement effondrée, le ruisseau la recouvrant de plus de 40 cms le jour où nous avons effectué cette randonnée.L'unique solution pour nous a été de revenir par l'itinéraire aller repassant par les étangs du point haut. Une information au départ de la randonnée sur les possibilités ou non de franchir cette passerelle éviterait cette déconvenue qui peut être problématique en fonction de la météo et de l'heure.

Qu'on se le dise !

Si vous faites le circuit dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et que la passerelle est infranchissable vous êtes bloqué quasiment dès le début de votre randonnée, mais au moins vous n'avez pas à revenir sur vos pas et remonter aux étangs 150 mètres plus haut, à vous de voir.

Maintenant passons aux choses agréables, les photos des lieux par thème.

La flore (si vous connaissez les noms des fleurs merci de me les donner)

Quelques parasols au bord de la plage.
Un bouquet isolé au milieu de cotons-tiges.
Une gentiane (si je ne me trompe) solitaire sur un parterre cotonneux.
Des audacieuses juste sur le bord du chemin, gare où vous mettez les pieds !
Symphonie en jaune majeur.
Entre le rose et le violet, du mauve ?
Ces étranges plumeaux prolifèrent dans les lieux.
Un pin ayant beaucoup souffert.
Voir autant de rhododendrons donne la nausée, à mon appareil photo…
C'est quand même les pieds dans l'eau qu'on est le mieux, non ?
Ici pas de crainte de rencontrer des néonicotinoïdes !

L'eau

Le serpent du ruisseau de la Coume de Varilhes, peu après le départ.
Un avant-gout des étangs, un premier lacquet.
Le deuxième étang (au-delà de la crête c'est l'Andorre)
En vue du grand étang, avec le pic Nègre de Joclar en arrière-plan.
Le grand étang, avec un pluviomètre déglingué, et le port de Fontargenta (ou port d'Incles) au fond, donnant accès à l'Andorre.
Vue générale du grand étang.

Le ciel et les nuages

Ciel parfaitement bleu au petit matin (vers 9 heures quand même) peu après le départ.
Environ une heure après, quelques velléités nébuleuses du côté du pic de Ransol.

Peu avant d'arriver aux étangs, le ciel est immaculé au-dessus de nos têtes.
Ce n'est qu'à la descente, en tout début d'après-midi, que nous remarquons les premières formations nuageuses significatives.
A la jonction avec le sentier descendant du refuge de Ruhle.

Beau nuage lenticulaire au-dessus du sommet (du pic Nègre de Joclar ?)
Au-dessus du pic de Ransol, les velléités de tout à l'heure se sont concrétisées.
De jolis cumulus (enfin, je pense que ce sont des cumulus) au-dessus des crêtes dominant le Pla de las Peyres où se trouve le parking.
En se retournant, juste avant d'arriver au parking (toujours penser à se retourner, souvent)

La météo avait annoncé des orages dans l'après-midi, pouvant être violents en fin de journée, ça plus la petite forme du moment il n'était pas nécessaire de s'attarder.

Le retour en voiture dans la (très) longue vallée d'Aston me parut bien plus long qu'à l'aller, et un petit café « chez Dolores » me permit de ne pas m'endormir sur le chemin de la maison.

Mais j'avais pris un petit acompte...