jeudi 19 mars 2026

La guerre en cours renforce les durs en Iran

 Ce qui se passe actuellement en Iran ressemble par certains côtés à la situation Ukraine/Russie en 2022 : personne ne peut savoir comment tout cela va se terminer.

Nous avons cependant quelques pistes permettant d'imaginer en partie ce qui va suivre.

La lettre journalière du New York Times que je reçois (The World par Katrin Bennhold) fait aujourd'hui la part belle à l'Iran (quelle surprise !) avec ce titre de chapitre : How the war is empowering Iran’s hard-liners (Comment la guerre renforce le pouvoir des partisans de la ligne dure en Iran)

J'ai demandé à Grok de nous résumer tout cela.


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La succession au poste de Guide suprême en Iran ressemble à une version islamique de Game of Thrones : un leader assassiné (l'ayatollah Ali Khamenei, tué par des frappes israéliennes), un conseil de clercs, et deux dynasties (Khamenei et Khomeini) en compétition féroce, le tout sous un déluge de bombes américaines et israéliennes.
À l'issue de ce bras de fer interne, c'est Mojtaba Khamenei, le fils du défunt, qui a été nommé nouveau Guide suprême début mars 2026. Considéré comme aussi intransigeant que son père, voire plus, son accession n'avait rien d'évident ni de prédestiné. Elle résulte d'une lutte acharnée entre factions, où les durs l'ont emporté, dopés par un climat de rage et de défi face à l'agression extérieure.
Avant la guerre, l'Iran semblait évoluer lentement vers plus de modération : protestations massives répétées, société en mutation, Guide suprême âgé et affaibli. Khamenei père avait même désigné trois successeurs potentiels… sans inclure son fils. Les modérés poussaient pour un changement : Hassan Rouhani (ex-président, artisan de l'accord nucléaire de 2015) ou Hassan Khomeini (petit-fils du fondateur de la République).
Mais les bombes ont tout changé. Les clercs, au lieu de choisir un pragmatique capable de négocier la sortie de crise, ont privilégié la vengeance et la fermeté. Soutenu par les Gardiens de la révolution (les Pasdarans), Mojtaba a obtenu les deux tiers des voix le 3 mars.
Les modérés, menés par Ali Larijani (figure clé, de facto dirigeant intérimaire), ont tenté un dernier coup : annuler l'annonce pour des raisons de sécurité, contester la validité du vote (non en présentiel comme prévu par la Constitution), et invoquer un testament supposé d'Ali Khamenei interdisant la succession héréditaire (contraire à l'esprit de la révolution de 1979).
En vain. Les Pasdarans ont dénoncé un « coup d'État » modéré et imposé leur candidat.
La mort récente de Larijani, tué à son tour par une frappe israélienne le 17 mars, enterre définitivement les espoirs de modération. Elle risque au contraire de radicaliser encore plus le régime et de le militariser davantage.
La stratégie d’« élimination ciblée » des élites iraniennes (qualifiée d’« elite-thinning ») par les États-Unis et Israël semble contre-productive : à chaque couche retirée, la suivante est plus dure. Comme l’a noté un expert, négocier la fin de la guerre devient plus compliqué. Ironie du sort : dès les premiers jours, Donald Trump admettait déjà que la plupart des interlocuteurs modérés qu’il avait en tête… étaient déjà morts.
La guerre, loin d’affaiblir ou de renverser le régime, l’a pour l’instant consolidé autour de ses éléments les plus intransigeants.

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Rendons leur grandeur aux connards.



jeudi 12 mars 2026

🎶 "L'océan ne se réchauffe pas vraiment" — une symphonie en pipeau majeur

 Une nouvelle fois le Clintel tente de nous faire croire que la science climatique est à la ramasse et que tous les rapports du GIEC sont à mettre à la poubelle. 

Dans IPCC Primary Global Warming Metric Is “Scientifically Invalid” nos "amis" nous informent gentiment qu'un papier révolutionnaire vient d'être publié chez, devinez chez qui, chez Science of climate change dont le Comité de rédaction comprend notamment des célébrités telles que (interdit de rire svp) François Gervais et quelques autres pointures de renommée mondiale comme Stein Storlie Bergsmark (que vous connaissez certainement) ou encore Gunnar Juliusson que vous ne pouvez pas ignorer à moins d'être resté dans le coma durant les trois dernières décennies.

Comme je suis devenu un peu fainéant depuis l'invention des IA (vous vous en êtes probablement rendu compte) j'ai demandé à toutes celles que je connais et que j'utilise de m'écrire un billet de blog que je voulais sarcastique. Comme il m'a fallu faire un choix parmi leurs propositions tout aussi excellentes les unes que les autres j'ai décidé de donner sa chance à Perplexity, la petite dernière à avoir intégré mon équipe, avec toutefois un titre emprunté à Claude, car c'est celui que je trouve le plus drôle. Enjoy.

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Tremble, GIEC. Une découverte majeure vient d’ébranler la climatologie mondiale — et elle ne vient ni d’un océanographe, ni d’un physicien du climat, mais d’un… clarinettiste. Jonathan Cohler, musicien de son état, a visiblement décidé qu’après avoir maîtrisé les gammes, il était temps de réaccorder les océans de la planète.

Selon l’article triomphalement relayé par Clintel, les mesures du contenu thermique des océans — pourtant utilisées depuis des décennies par des équipes internationales d’océanographes — seraient entachées d’“erreurs fatales”. En clair : tout le monde s’est trompé, sauf quelques esprits libres armés d’un tableur, d’une conviction solide et d’un site web enthousiaste.

Il faut dire que l’équipe d’auteurs ressemble un peu à une réunion annuelle du fan-club Clintel, organisation connue pour contester avec constance (et une énergie admirable) la quasi‑totalité des conclusions de la science du climat moderne. Quand d’autres accumulent les données, eux préfèrent accumuler les communiqués annonçant que le consensus scientifique vient, une fois de plus, de s’effondrer.

Le plus fascinant reste tout de même le premier auteur. Jonathan Cohler n’est pas seulement un chercheur improvisé : il est clarinettiste professionnel. Un détail qui prend tout son sens à la lecture de l’article, où l’on retrouve une certaine maîtrise… du souffle. Certains jouent du Bach, d’autres jouent du pipeau climatique ; chacun son répertoire.

Le papier promet donc de démontrer que les océans ne se réchauffent pas comme on le dit, que les mesures sont biaisées et que les conclusions alarmantes reposent sur des bases fragiles. Rien de moins. Les milliers d’océanographes, les réseaux de flotteurs Argo, les agences scientifiques et les décennies de littérature évaluée par les pairs apprécieront sans doute d’apprendre que tout cela reposait en fait sur une mauvaise note dans la partition.

En attendant que la climatologie mondiale se réécrive sous la direction d’un pupitre de clarinettes, Clintel peut savourer ce nouveau “papier révolutionnaire”. Dans leur orchestre, la conclusion est toujours la même : si la réalité ne correspond pas au message, c’est la réalité qui est mal calibrée.

Et comme toujours dans ce genre de concert, le public est déjà debout avant même la fin du morceau.

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Jonathan Cohler en plein travail de révision de son article.


samedi 7 mars 2026

Robert F. Kennedy Jr. apprécie l'agriculture régénérative, mais qu'est-ce que c'est exactement ?

 

Science Feedback publie un article intitulé Robert F. Kennedy Jr. likes regenerative agriculture, but what is it?, titre que j'ai repris en français dans celui de ce billet (j'ai un peu la flemme en ce moment)

Comme je ne suis en rien spécialiste ni en agriculture ni en santé j'ai soumis cet article à mes deux amis Grok et ChatGPT afin qu'ils me disent ce qu'ils en pensent. Je laisse chaque lecteur libre d'interpréter les deux textes qui suivent au mieux de leurs connaissance sur ces sujets, s'ils en ont un minimum bien entendu.

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Grok (version critique de RFK)


RFK Jr. et l’agriculture régénérative : un slogan séduisant… mais dangereusement flou et potentiellement trompeur


Robert F. Kennedy Jr., désormais secrétaire à la Santé et fervent promoteur du « Make America Healthy Again », vante l’agriculture régénérative comme LA solution pour sauver les sols, améliorer la santé publique et contrer les méfaits de l’agriculture industrielle. Mais quand on gratte un peu, comme l’a fait Science Feedback dans son analyse détaillée, on découvre un mélange de bonnes intentions, de pratiques parfois valables… et surtout beaucoup de vide conceptuel, de greenwashing en embuscade et un promoteur au lourd passif de déclarations scientifiquement douteuses.

Ce que dit (ou plutôt ce que ne dit pas) RFK Jr.


Kennedy répète en boucle : no-till (sans labour), moins de produits chimiques de synthèse, restauration du microbiome du sol, fin de l’érosion catastrophique. Il va jusqu’à affirmer que sans changement radical, il ne resterait que « 60 récoltes » avant que les sols ne soient épuisés.

Problème majeur relevé par Science Feedback : il n’a jamais donné une définition claire et précise de ce qu’est l’agriculture régénérative. Pas de critères vérifiables, pas de liste exhaustive de pratiques obligatoires, rien qui permette de distinguer le vrai du marketing. C’est pratique quand on veut vendre une idée séduisante sans s’engager sur des preuves solides.


Ce que dit vraiment la science (et ce qu’elle ne dit pas)


Oui, le no-till, les couverts végétaux, les rotations et la réduction raisonnée des intrants peuvent améliorer la santé des sols, séquestrer du carbone et parfois augmenter la résilience. Des études le montrent (Jordan et al. 2022, Prairie et al. 2023, etc.).
Mais :
  • Ces bénéfices sont très contextuels : dans certains sols/climats, le no-till fait baisser les rendements ou oblige à pulvériser plus d’herbicides pour gérer les adventices.
  • Aucune preuve que l’agriculture dite « régénérative » produise systématiquement des aliments plus nutritifs ou sauve le climat à grande échelle.
  • Beaucoup de ces techniques existent depuis des décennies (rotations, couverts depuis les années 1930 post-Dust Bowl) et sont déjà intégrées dans des programmes USDA « climate-smart ». Rien de révolutionnaire.


Le vrai problème : un concept taillé pour le greenwashing


Sans définition officielle ni certification rigoureuse (contrairement au bio), le label « régénératif » devient une arme marketing idéale pour Big Ag. Des groupes comme Friends of the Earth dénoncent déjà que des industriels l’utilisent pour repeindre en vert des pratiques conventionnelles polluantes (pesticides persistants inclus).

Avec RFK Jr. aux manettes d’un programme pilote USDA à 700 millions de dollars lancé fin 2025, le risque est clair : des fonds publics pour des promesses floues, pendant que les vrais problèmes (dépendance aux intrants, monocultures, érosion réelle) restent mal adressés.


Et le passif de RFK Jr. dans tout ça ?


Science Feedback le rappelle sans détour : Kennedy a un historique bien documenté de affirmations non étayées scientifiquement (vaccins/autisme, régime cétogène contre la schizophrénie, etc.). Quand un homme qui a multiplié les contre-vérités scientifiques prend la parole sur un sujet technique comme l’agronomie, la prudence s’impose doublement.

Son revirement récent sur le glyphosate (qu’il dénonçait comme poison mortel, mais qu’il défend désormais comme nécessaire en transition pour éviter un crash alimentaire) montre aussi une certaine incohérence opportuniste.


En résumé


L’agriculture régénérative n’est pas une arnaque en soi : certaines de ses pratiques méritent d’être soutenues et étudiées. Mais telle que promue par RFK Jr. – sans contours précis, avec des prédictions apocalyptiques non sourcées et un emballement médiatique –, elle sent le slogan politique plus que la réforme sérieuse.
Plutôt que de suivre aveuglément un gourou de la santé aux penchants conspirationnistes, mieux vaut exiger des preuves cas par cas, des définitions claires et des transitions réalistes qui ne sacrifient ni les rendements ni les agriculteurs.
Et vous ? Vous croyez encore au miracle régénératif façon RFK, ou vous pensez qu’on nous vend du vent écolo ?(Basé principalement sur l’analyse Science Feedback de mars 2026, croisée avec des critiques récentes sur le greenwashing et les revirements de Kennedy)


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ChatGPT (version courte)


L’agriculture « régénératrice » : promesse séduisante, réalité plus nuancée

L’agriculture dite « régénératrice » est souvent présentée comme une solution capable de restaurer les sols, protéger la biodiversité et même lutter contre le changement climatique. Des personnalités publiques comme Robert F. Kennedy Jr. la mettent régulièrement en avant. Mais que dit réellement la science ?

Une analyse publiée par l’organisation de fact-checking scientifique Climate Feedback rappelle d’abord un point essentiel : le concept d’agriculture régénératrice n’a pas de définition scientifique précise. Le terme regroupe un ensemble de pratiques agricoles – réduction du labour, cultures de couverture, rotations plus diversifiées ou intégration de l’élevage – censées améliorer la santé des sols.

Certaines de ces pratiques peuvent effectivement avoir des effets positifs, notamment sur la structure des sols, la rétention d’eau ou la biodiversité locale. Mais les résultats varient fortement selon les conditions : type de sol, climat, systèmes agricoles et manière dont les techniques sont appliquées.

L’un des arguments les plus souvent avancés concerne la capacité de ces pratiques à stocker du carbone dans les sols et donc à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Or les recherches montrent que ce potentiel existe, mais qu’il est limité et souvent surestimé dans le débat public.

En résumé, l’agriculture régénératrice n’est ni une solution miracle ni une illusion totale. Certaines de ses pratiques peuvent contribuer à rendre l’agriculture plus durable, mais leur efficacité dépend largement du contexte local. Pour les scientifiques, le véritable enjeu est donc moins l’étiquette « régénératrice » que l’évaluation rigoureuse des pratiques agricoles concrètes.


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RFK dans son nouveau champ de compétence...