Donald Trump avait promis l’enfer. Il avait menacé de ramener l’Iran « à l’âge de pierre », donné des ultimatums qui passaient sans cesse, et juré qu’« une civilisation entière allait mourir ». Finalement, il n’a pas plu « tout l’enfer » sur l’Iran. À la place, les États-Unis et l’Iran ont conclu un cessez-le-feu provisoire de deux semaines, censé permettre la finalisation d’un accord de paix.
Une victoire pour Trump ? Pas vraiment.
Pour beaucoup d’observateurs, cette guerre – qui a causé des milliers de morts en quelques semaines – aura surtout servi à renforcer la position de l’Iran dans les négociations à venir.Rappel des faits : il y a plus de deux semaines, Trump avait envoyé à Téhéran un plan de cessez-le-feu en 15 points. L’Iran l’a rejeté et a proposé son propre plan en 10 points. Contre toute attente, c’est ce plan iranien qui servira de base aux discussions de paix qui doivent commencer vendredi à Islamabad, au Pakistan.
Parmi les exigences iraniennes figurent :
- La levée de toutes les sanctions américaines
- Le paiement de réparations de guerre
- La reconnaissance du droit de l’Iran à enrichir l’uranium
L’Iran sort renforcé du conflit
Comme l’analyse Julian Borger dans The Guardian (voir Ceasefire wins Trump instant gratification but Iran can enter talks with stronger hand), l’Iran arrive aux négociations ensanglanté mais intact. Le régime a survécu à ce que ses ennemis lui ont infligé de pire, y compris la mort de son Guide suprême. Il conserve encore un stock important d’uranium hautement enrichi (environ 440 kg), qui constitue désormais un puissant levier de négociation.Pire pour les États-Unis : avant l’attaque américano-israélienne du 28 février, Téhéran semblait prêt à abandonner ce stockpile lors des négociations de Genève. Aujourd’hui, l’Iran non seulement le garde, mais en fait une condition sine qua non.
Autre élément majeur : l’Iran affirme désormais exercer un contrôle partiel du détroit d’Ormuz. En démontrant sa capacité à fermer cette voie maritime stratégique et à faire monter les prix du pétrole mondial, il a montré qu’il pouvait infliger une « douleur exquise » à l’administration Trump.
Un bilan amer pour Washington
Le cessez-le-feu offre à Trump une gratification immédiate : il peut clamer qu’il a arrêté les combats. Mais sur le fond, aucun des problèmes fondamentaux qui ont mené à la guerre n’a été résolu. L’Iran entre dans les pourparlers en position de force, tandis que les États-Unis en sortent affaiblis.
Les rodomontades de Trump – ses menaces profanes, ses deadlines mouvantes, ses apparitions incongrues aux côtés du lapin de Pâques – ont surtout produit violence et chaos, sans résultat stratégique clair.
Au final, cette « victoire » autoproclamée ressemble surtout à une crise entièrement auto-infligée, dont l’issue provisoire laisse l’Iran avec une main nettement meilleure pour la suite des négociations.
La vraie question reste ouverte : après tant de destructions et de morts, qu’est-ce que les États-Unis ont réellement gagné ? Pour l’instant, la réponse semble être… pas grand-chose.
Les rodomontades de Trump – ses menaces profanes, ses deadlines mouvantes, ses apparitions incongrues aux côtés du lapin de Pâques – ont surtout produit violence et chaos, sans résultat stratégique clair.
Au final, cette « victoire » autoproclamée ressemble surtout à une crise entièrement auto-infligée, dont l’issue provisoire laisse l’Iran avec une main nettement meilleure pour la suite des négociations.
La vraie question reste ouverte : après tant de destructions et de morts, qu’est-ce que les États-Unis ont réellement gagné ? Pour l’instant, la réponse semble être… pas grand-chose.
Source : lettre d’information d’Adam Gabbatt, The Guardian (8 avril 2026)