Twitter, on ne le sait que trop bien, est le nouvel outil de désinformation prisé par ceux qui auparavant opéraient dans d'obscurs blogs ou sites internet. Twitter permet une audience démultipliée et sa prise en main par Elon Musk ne va pas arranger les choses (mais ça c'est une autre histoire)
Nous connaissions Paul Maxit (voir Mais qui est donc Paul Maxit ? Paul qui ?) qui créa son compte en 2013 et qui est toujours actif à l'heure actuelle avec 5311 followers (soit 0,008% de la population française quand même...), nous avons depuis peu un certain Elpis dont le compte est encore plus ancien (créé en 2012 !) et qui arrive à être suivi par 20600 gogos (0,03% de la population française mine de rien)
Je dis « depuis peu » car je n'ai vu apparaitre ce gugusse que depuis peut-être un an ou deux, auparavant il m'était totalement inconnu alors que cela fait près d'une décennie que je m'intéresse au climato-crétinisme.
Ici je ne vais parler que d'un de ses récents tweets où il affirmait ceci :
De nombreuses recherches ont été menées sur la reconstitution de la température globale et du CO2 atmos à partir de divers proxys. Voici les données les plus récentes, qui remontent à 105 millions d’années. Rien ne prouve que le CO2 ait été un facteur du paléoclimat de la Terre.
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| Zoom sur la partie droite du graphique. |
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| Température moyenne à la surface du globe en utilisant différentes méthodes de reconstruction. |
The covariation of carbon dioxide (CO2) concentration and temperature in Antarctic ice-core records suggests a close link between CO2 and climate during the Pleistocene ice ages.
La covariation de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) et de la température dans les carottes de glace de l'Antarctique suggère un lien étroit entre le CO2 et le climat pendant les périodes glaciaires du Pléistocène.
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| Fig. 7. Reconstitutions de température TEX86 compilées pour le Crétacé. |
A comparison of the new temperature reconstruction with radiative forcing from greenhouse gases estimates an Earth system sensitivity of 9 degrees Celsius (range 7 to 13 degrees Celsius, 95 per cent credible interval) change in global average surface temperature per doubling of atmospheric carbon dioxide over millennium timescales. This result suggests that stabilization at today’s greenhouse gas levels may already commit Earth to an eventual total warming of 5 degrees Celsius (range 3 to 7 degrees Celsius, 95 per cent credible interval) over the next few millennia as ice sheets, vegetation and atmospheric dust continue to respond to global warming.
Une comparaison entre la nouvelle reconstruction des températures et le forçage radiatif dû aux gaz à effet de serre permet d'estimer la sensibilité du système terrestre à un changement de 9 degrés Celsius (intervalle de 7 à 13 degrés Celsius, intervalle crédible à 95 %) de la température moyenne à la surface du globe par doublement du dioxyde de carbone atmosphérique sur des échelles de temps millénaires. Ce résultat suggère que la stabilisation des niveaux actuels de gaz à effet de serre pourrait déjà engager la Terre dans un réchauffement total de 5 degrés Celsius (intervalle de 3 à 7 degrés Celsius, intervalle crédible à 95 %) au cours des prochains millénaires, alors que les nappes glaciaires, la végétation et les poussières atmosphériques continueront à réagir au réchauffement de la planète.
The overall stratigraphic trend is remarkably similar to records of high-latitude SSTs and bottom-water temperatures, suggesting that the cooling pattern was global rather than regional and, therefore, driven predominantly by declining atmospheric pCO2 levels.
La tendance stratigraphique globale est remarquablement similaire aux enregistrements des températures de la surface de la mer et des eaux de fond des hautes latitudes, ce qui suggère que le refroidissement était global plutôt que régional et, par conséquent, principalement dû à la baisse des niveaux de pCO2 dans l'atmosphère.
Here we show that the slow ∼50 Wm−2 increase in TSI over the last ∼420 million years (an increase of ∼9 Wm−2 of radiative forcing) was almost completely negated by a long-term decline in atmospheric CO2.
Nous montrons ici que la lente augmentation de ∼50 Wm-2 de la TSI au cours des derniers ∼420 millions d'années (une augmentation de ∼9 Wm-2 du forçage radiatif) a été presque complètement annulée par une baisse à long terme du CO2 atmosphérique.
Humanity’s fossil-fuel use, if unabated, risks taking us, by the middle of the twenty-first century, to values of CO2 not seen since the early Eocene (50 million years ago). If CO2 continues to rise further into the twenty-third century, then the associated large increase in radiative forcing, and how the Earth system would respond, would likely be without geological precedent in the last half a billion years.
L'utilisation des combustibles fossiles par l'humanité, si elle se poursuit, risque de nous amener, d'ici le milieu du XXIe siècle, à des valeurs de CO2 jamais atteintes depuis le début de l'Éocène (il y a 50 millions d'années). Si le CO2 continue d'augmenter au cours du vingt-troisième siècle, la forte augmentation du forçage radiatif qui en résulterait et la manière dont le système terrestre réagirait seraient probablement sans précédent géologique au cours du dernier demi-milliard d'années.
The majority (∼75%) of the greenhouse effect is due to the warming effects of water vapour and clouds, with the non-condensing greenhouse gasses (predominantly CO2 and CH4) accounting for the remaining 25% (ref. 3). However, at the temperatures and pressures typical of the Earth’s surface, water vapour and clouds act as feedbacks rather than drivers of the greenhouse effect, with CO2 and CH4, and the other non-condensing GHGs (for example, N2O) determining the overall strength of the greenhouse effect3. Given this understanding, and that summarized in equation (1), the climatic evolution of the Earth over geological time is largely a function of the concentration of the non-condensing greenhouse gases, planetary albedo (A) and the TSI (Fs; for example, ref. 4).
La majorité (∼75%) de l'effet de serre est due aux effets de réchauffement de la vapeur d'eau et des nuages, les gaz à effet de serre non condensants (principalement le CO2 et le CH4) représentant les 25% restants (réf. 3). Cependant, aux températures et pressions typiques de la surface de la Terre, la vapeur d'eau et les nuages agissent comme des rétroactions plutôt que comme des moteurs de l'effet de serre, le CO2 et le CH4, ainsi que les autres GES non condensants (par exemple, le N2O) déterminant l'intensité globale de l'effet de serre. Compte tenu de cette compréhension, et de celle résumée dans l'équation (1), l'évolution climatique de la Terre au cours des temps géologiques est largement fonction de la concentration des gaz à effet de serre non condensants, de l'albédo planétaire (A) et de la TSI (Fs ; par exemple, réf. 4).
Cette dernière étude montre sans ambiguïté que ses auteurs sont eux-aussi en plein accord avec le consensus scientifique sur le réchauffement climatique anthropique.
Conclusion.
On voit donc à l'oeuvre avec Elpis le mode opératoire habituel des désinformateurs sur le climat (mais aussi sur le Covid ou sur l'Ukraine...) : on fabrique un graphique à partir d'études tout ce qu'il y a de plus sérieuses, émanant de scientifiques reconnus auxquels on fait dire l'exact contraire de ce qu'ils expliquent dans leurs travaux de recherche. Evidemment les "suiveurs" d'Elpis ne sont pas du genre à se poser trop de questions, en tout cas pas les bonnes questions, la preuve :






