dimanche 20 mars 2016

Problèmes d'alimentation en vue à cause du réchauffement climatique

Nous apprenons par Carbonbrief que des problèmes d'alimentation sont envisagés avec une surmortalité liée au réchauffement climatique:
  • While the number of people dying from malnutrition around the world is expected to fall in coming decades, scientists say the benefits will be partly counteracted by the impacts of climate change on the availability of fruit, vegetables and staple crops, such as wheat and sorghum.
Cette information a attiré les sarcasmes habituels de Benoit Rittaud qui, pour nous "prouver" que ce ne sont que balivernes, ne trouve rien de mieux que nous montrer des courbes s'arrêtant au mieux en 2015, tirées du site de la FAO:
  • Évolution du nombre de personnes sous-alimentées dans le monde
  • Évolution de la quantité de nourriture par habitant par région du monde
  • Adéquation moyenne de l’offre alimentaire dans le monde

Plusieurs remarques à propos de ces courbes:
  1. elles sont historiques et ne présagent en rien de ce que sera le futur, elles peuvent donc très bien s'inverser
  2. personne ne nie que le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde a baissé
  3. personne ne nie que la quantité de nourriture par habitant dans le monde a augmenté
  4. personne ne nie que l'offre alimentaire dans le monde s'est améliorée
Les allégations de Benoit Rittaud sont ce que l'on appelle un strawman.

Au contraire il est bien dit dans l'article de Carbonbrief:
  • While the number of people dying from malnutrition around the world is expected to fall in coming decades...
Mais c'est pour ajouter:
  • ...scientists say the benefits will be partly counteracted by the impacts of climate change on the availability of fruit, vegetables and staple crops, such as wheat and sorghum.
Ainsi deux études récentes sont parues:
  1. Timescales of transformational climate change adaptation in sub-Saharan African agriculture
  2. Global and regional health effects of future food production under climate change: a modelling study
La première est donc focalisée sur la zone sub-saharienne:
  • Climate change is projected to constitute a significant threat to food security if no adaptation actions are taken1, 2. Transformation of agricultural systems, for example switching crop types or moving out of agriculture, is projected to be necessary in some cases3, 4, 5. However, little attention has been paid to the timing of these transformations. Here, we develop a temporal uncertainty framework using the CMIP5 ensemble to assess when and where cultivation of key crops in sub-Saharan Africa becomes unviable. We report potential transformational changes for all major crops during the twenty-first century, as climates shift and areas become unsuitable. For most crops, however, transformation is limited to small pockets (<15% of area), and only for beans, maize and banana is transformation more widespread (~30% area for maize and banana, 60% for beans). We envisage three overlapping adaptation phases to enable projected transformational changes: an incremental adaptation phase focused on improvements to crops and management, a preparatory phase that establishes appropriate policies and enabling environments, and a transformational adaptation phase in which farmers substitute crops, explore alternative livelihoods strategies, or relocate. To best align policies with production triggers for no-regret actions, monitoring capacities to track farming systems as well as climate are needed.
La seconde est globale et régionale:
  • Background - One of the most important consequences of climate change could be its effects on agriculture. Although much research has focused on questions of food security, less has been devoted to assessing the wider health impacts of future changes in agricultural production. In this modelling study, we estimate excess mortality attributable to agriculturally mediated changes in dietary and weight-related risk factors by cause of death for 155 world regions in the year 2050.
  • Findings - The model projects that by 2050, climate change will lead to per-person reductions of 3·2% (SD 0·4%) in global food availability, 4·0% (0·7%) in fruit and vegetable consumption, and 0·7% (0·1%) in red meat consumption. These changes will be associated with 529 000 climate-related deaths worldwide (95% CI 314 000–736 000), representing a 28% (95% CI 26–33) reduction in the number of deaths that would be avoided because of changes in dietary and weight-related risk factors between 2010 and 2050. Twice as many climate-related deaths were associated with reductions in fruit and vegetable consumption than with climate-related increases in the prevalence of underweight, and most climate-related deaths were projected to occur in south and east Asia. Adoption of climate-stabilisation pathways would reduce the number of climate-related deaths by 29–71%, depending on their stringency.
  • Interpretation - The health effects of climate change from changes in dietary and weight-related risk factors could be substantial, and exceed other climate-related health impacts that have been estimated. Climate change mitigation could prevent many climate-related deaths. Strengthening of public health programmes aimed at preventing and treating diet and weight-related risk factors could be a suitable climate change adaptation strategy.

Mais ce n'est pas grave doit se dire Benoit Rittaud, les morts attendues devraient se produire essentiellement en Asie du sud et de l'est, donc loin de son petit jardin à la française dans lequel il pourra continuer à faire pousser ses tomates sans être trop perturbé par le réchauffement climatique.

Tout comme Philippe Verdier  qui demande "Devons-nous trouver pénible de pouvoir plus souvent déjeuner en extérieur au printemps et en automne ?".

Honnêtement je suis d'accord avec lui, je trouve bien agréable de pouvoir bénéficier de ma terrasse plus longtemps dans l'année, cependant je ne sais pas si l'on a demandé leur avis à ceux qui n'ont pas de terrasse...


 

samedi 19 mars 2016

Et un conflit d'intérêt de plus, un!

Stéphane Fourcart et Martine Valo nous informent que le pneumologue Michel Aubier aurait (le conditionnel, qui est de moi, est-il bien nécessaire?) touché entre 50000 et 60000 euros par an du pétrolier Total sans déclarer ce conflit d'intérêt alors qu'il était auditionné en tant qu'expert par la commission d'enquêtes du Sénat.

Je ne sais pas vous mais moi ça me rappelle l'affaire Willie Soon qui avait omis de déclarer ses liens avec les lobbys pétroliers ainsi que la somme de 1,3 millions de dollars touchés en une décennie.

Est-il également utile de rappeler que des scientifiques payés par Exxon avaient dès les années 1970 "[pointé] du doigt le rôle néfaste des énergies fossiles dans le changement climatique" sans en faire profiter la communauté internationale?

Donc oui, je suis sur ce point d'accord avec miniTAX ou Murps quand ils parlent de charlatans en faisant référence à "des scientifiques":
  • http://www.skyfall.fr/2009/02/05/trop-de-neige-depuis-trop-longtemps/ Quand un « scientifique » ressemble à un charlatan, marche comme un charlatan, parle comme un charlatan bah, c’est un charlatan. Pas besoin de tourner autour du pot pendant des heures.
  • http://www.skyfall.fr/2014/02/06/1267/  pour parler de précision, encore faut-il que les mesures existent.
    Or il n’y a PAS de mesure de pH des océans, et encore moins de mesures de pH « avant la révolution industrielle » (copyright Gattuso, alias Mister Charlatan). Nada, zilch, que dalle.
  • http://www.skyfall.fr/2012/08/02/fil-info-de-sceptiques-20123/ Mann a eu son doctorat en 1998 (l’année de la fameuse ou plutôt l’infâme MBH98), ça m’étonnerait qu’il ait prédit quoi que ce soit « dans la fin des années 70 », sauf peut-être sa grande carrière dans le charlatanisme climatique.[...] même dans les délires les plus fous des charlatans réchauffistes, en supposant que le proxy vigne permettait de reconstruire la température au 1/10°C près comme ils le prétendent, vu que ça ne remonte qu’à 1370, tout ce que ça dirait, c’est qu’il pourrait faire plus chaud maintenant qu’après l’optimum médiéval et pendant le petit âge glaciaire. Tu parles d’un scoop !
  • http://www.skyfall.fr/2016/03/14/ecologisme-a-front-renverse/ Il y a des charlatans qui prétendent faire de la science d’un côté et de l’autre des scientifiques qui dénoncent une idéologie. [...] Quand un climastrologue parle, la lèvre supérieure dit : « settled science » tandis que la lèvre inférieure insiste qu’il faut « continuer les recherches ». Ce serait presque comique si cette FARCE ne nous coûtait pas si cher.
    Tu parles d’une bande de charlatans véreux!

Mais pas sûr que nous parlions des mêmes scientifiques...

 

vendredi 18 mars 2016

Jacques Duran est-il la source de tous les mots?

Dans le dernier opus de Skyfall intitulé bulletin-collectif-climato-réalistes censé nous "informer" sur la science climatologique, le premier article est consacré à un supposé  "RIFIFI CHEZ LES CLIMATOLOGUES "
  • Stéphane Foucart croyait pouvoir nous annoncer en juin 2015 que la pause du réchauffement climatique n’était qu’un mirage. Dans un son dernier article Jacques Duran nous raconte comment cette question est en fait l’occasion d’un vif débat entre différentes équipes proches du GIEC  : une histoire en plusieurs épisodes, passée sous silence par les médias francophones.
On sait depuis longtemps que le site pensee-unique est, avec wattsupwiththat, la principale source d'inspiration des adeptes du site Skyfall; en matière de pensée unique il s'agit là bien évidemment de la pensée climatosceptique qui ne doit souffrir aucune contestation sous peine de se voir qualifié de charlatan ou d'incompétent.

Je suis donc allé voir ce que dit Jacques Duran au sujet de ce fameux "rififi chez les climatologues".

Comme cela commence très mal je n'ai pas pris la peine de lire tout le texte (long et ennuyeux) supposé nous "prouver" que les scientifiques ne s'entendent pas sur les causes du réchauffement climatique.

Le début de la diatribe est comme suit:
  • Introduction : Comme je vous l'ai souvent fait remarquer, dans de nombreux billets antérieurs, la "pause", le "hiatus" ou le "plateau" (le vocabulaire dépend des paris que l'on fait sur l'avenir) de la hausse de la température moyenne du globe durant les 15 à 18 dernières années, constitue une énorme épine dans le pied des supporters du GIEC et de la COP21, qu'ils soient scientifiques ou politiques.
"Comme je vous l'ai fait remarquer" moi-même dans l'article Gros problèmes de compréhension chez Skyfall les climatosceptiques ne savent pas faire la différence entre hiatus, pause et plateau qui ont pourtant des définitions qui ne sont pas identiques, en fait chaque mot signifie quelque chose de spécifique:
  • hiatus: manque de continuité [...] dans une suite d'événements (ce qui signifie qu'une hausse, par exemple, peut être moins prononcée durant un certain temps)
  • pause: interruption, temps d'arrêt dans le déroulement d'un processus (ce qui veut dire que dans ce cas la "pente" est de 0%)
  • plateau: partie élevée d'une courbe, d'un graphique qui est à peu près horizontale; niveau stationnaire de quelque chose (ce qui sous-entend que la courbe va redescendre)
Dans mon article je donnais un exemple assez clair pour illustrer ces différences en faisant monter Nicias sur un vélo (électrique?)

Voilà donc que Jacques Duran s'avère lui aussi incapable de comprendre ces subtilités de vocabulaire.

Mieux, il ne comprend pas ce qu'il se passe dans l'atmosphère bien que de nombreux articles aient expliqué de quoi il retournait; il écrit:
  • En effet, durant cette période (en gros, de 1998 à 2015) la concentration en CO2 dans l'atmosphère a augmenté de manière continue d'environ 30% par rapport aux taux préindustriels, ce qui apparaît comme une contradiction apportée par les observations aux modèles climatiques en cours.

Jacques Duran n'a donc pas compris non plus ce qu'étaient les modèles climatiques, il les confond avec les simulateurs qui prévoient la météo à court terme, ignorant qu'un modèle climatique effectue des projections (et non des prévisions) sur le très long terme à partir de différents scénarios.

Sur le court ou moyen terme (et 18 ans c'est du court terme en matière de climat) il n'est pas étonnant que les températures réelles soient différentes de celles projetées sur la même période par les modèles climatiques, ce qui est important c'est la tendance à long terme, c'est elle qui donne la véritable information sur l'évolution du climat.

Pour s'informer sur les modèles climatiques mieux vaut consulter un site comme futura-sciences ou bien, pour connaître leurs limites (car ils en ont) on a le cnrs qui peut faire l'affaire bien mieux que le site pseudo-scientifique de Jacques Duran.

Et pour ceux qui maitrisent l'anglais rien ne vaut le site skepticalscience dans lequel on peut trouver une quantité et une qualité d'informations inimaginables dans n'importe quel site climatosceptique.

Par ailleurs theguardian, une référence mondiale en ce qui concerne la presse généraliste, nous explique en quoi les modèles climatiques sont fiables contrairement à ce qu'essaie de nous faire croire Jacques Duran quand il dit:
  • ce qui apparaît comme une contradiction apportée par les observations aux modèles climatiques en cours.
Enfin, on voit bien le biais partisan de Jacques Duran quand il écrit:
  • C'est un problème crucial qu'il est urgent de résoudre parce qu'il conditionne la confiance que l'on peut apporter aux modèles informatiques des tenants du GIEC et, ainsi, aux mesures prises par les politiques telles que les promesses faites lors de la COP21.
Pour lui les scientifiques sont "des tenants du GIEC", faisant croire ainsi que le GIEC serait un organisme faisant lui-même de la recherche scientifique et arrivant à des conclusions qui s'imposeraient ensuite à tous les scientifiques, alors que bien évidemment il s'agit exactement de l'inverse!

Le GIEC ne fait que recenser les travaux de tous les scientifiques travaillant dans le monde sur le climat.

Et il nous donne également un indice très clair sur ses motivations:
  • aux mesures prises par les politiques telles que les promesses faites lors de la COP21
Pour Jacques Duran le problème est politique, il fait partie de ceux qui pensent, et font croire aux naïfs, que ce sont les politiques qui dictent aux scientifiques ce qu'ils doivent chercher et publier, leur synthèse se retrouvant dans les rapports du GIEC. Cqfd.

Et il enchaine en tentant de semer le doute:
  • Malheureusement pour les supporters des politiques actuelles, les chercheurs mainstream ne sont pas du tout d'accord sur ce sujet comme vous allez le voir.
    Et c'est le moins que l'on puisse dire.
"Les chercheurs mainstream" ne seraient donc pas d'accord sur la réalité du réchauffement climatique et sur le fait qu'il n'y aurait aucun "plateau" ou "pause", simplement un "hiatus" qui serait
 en cours de discussion.

Pour Jacques Duran, le fait que les "chercheurs mainstream" s'interrogent sur la réalité du hiatus "prouverait" qu'il n'y a pas de consensus parmi eux.

Cela s'appelle un strawman.

C'est ce que nous confirme Jacques Duran dans sa conclusion:
  • [...] cette vérité, cette évidence (pour les scientifiques), ne fait pas l'affaire des activistes, des politiques et des médias qui se sont malheureusement emparés de cette histoire en se réclamant d'un consensus qui n'existe manifestement pas. [...]
Pour information, le consensus porte essentiellement sur 3 points qui ne sont en rien démentis par les discussions actuelles des "chercheurs mainstream":
  1. il y a un réchauffement anormal de la planète Terre depuis un peu plus d'une centaine d'année;
  2. ce réchauffement anormal est essentiellement causé par l'activité humaine, notamment par l'émission de gaz à effet de serre ainsi que par la déforestation;
  3. ce réchauffement est problématique car il est beaucoup plus rapide que les variations naturelles de températures ayant déjà eu lieu avant que l'homme n'ait un effet par ses activités
Ce consensus est accepté par tous les "chercheurs mainstream" ce qui ne les empêche bien évidemment pas de discuter sur des points de détail comme ce fameux hiatus: est-il bien réel ou s'agit-il de défauts dans les mesures, etc.? On est en droit de se poser ce genre de questions!

Pour résumer ce point sur le consensus on peut poser ces 2 équations:
  1. climatosceptique = consensus => science
  2. réalité = science => consensus
De ces deux équations on en déduit : climatosceptique # réalité

Ce qui rejoint mon article sur Skyfall et le déni de réalité.








 






 

mardi 15 mars 2016

Science et philosophie de bazar

Benoit Rittaud et son cortège d'adeptes nous font encore une fois la preuve du sérieux de leur approche du réchauffement climatique.

Dans un article intitulé Un écologisme à front renversé le Maître des lieux nous gratifie d'une analyse de fond dans la même veine que celles dont il nous a fait profiter toute l'année 2015 avec le calamiteux climathon qui restera un modèle indépassable de la science skyfallienne.

 Benoit Rittaud nous narre donc ses aventures quotidiennes et nous avoue, un peu honteux, qu'il lui arrive d'aller faire ses courses dans des magasins bio.

Et là tenez-vous bien, il remarque dans une étagère le livre Climat mensonges et propagande de son ami Hacène Arezki.

Que pensez-vous qu'un scientifique digne de ce nom, de la qualité de Benoit Rittaud, pourrait en déduire afin d'en faire profiter sa clique de fidèles suivants?

Ni une ni deux il nous assène (et non Hacène):

  • Cette anecdote illustre quelque chose que certains auront peut-être déjà observé : un certain écologisme est naturellement porté au climatoscepticisme, le carbocentrisme ayant pour lui un caractère trop institutionnel. Toute une frange de l’écologisme contestataire ne déteste rien tant que la « science officielle », qui est celle des OGM et du nucléaire. Il n’est donc pas réellement paradoxal que cette détestation de principe puisse aller jusqu’à remettre en cause le carbocentrisme. Celui-ci a beau être une remarquable synthèse des peurs environnementales, il ne s’insère pas toujours si bien que ça dans la vision du monde de certains « amoureux de la nature ».
Benoit Rittaud ne nous donnera aucune information complémentaire sur ce "certain écologisme naturellement porté au climatoscepticisme", et quand bien même il arriverait à nous donner une référence, so what?

Mais ce qui est intéressant c'est que Benoit Rittaud dévoile dans son commentaire la véritable motivation des climatosceptiques:
  • le carbocentrisme ayant pour lui un caractère trop institutionnel
Ainsi, si vous pensiez que Benoit Rittaud avait des arguments scientifiques à faire valoir, vous êtes maintenant fixés.

Et toujours ces gros problèmes de compréhension de la part des lecteurs de Skyfall qui répondent par exemple à mon commentaire:

7.  Mano | 14/03/2016 @ 12:35
C’est vrai que la façon qu’ont les libraires ou, mieux, les magasins bios comme dans ce cas là, d’arranger leur devanture, est une bien meilleure approche scientifique que tout ce qui est recensé par le GIEC.

8.  joaquim | 14/03/2016 @ 13:10
Mano (#7),
Monsieur Mano, je vous suggère qu’avant de poster un commentaire sur un sujet, vous lisiez ce sujet et soyez sûr de le comprendre.
Je vous propose de réfléchir à la question posée, assez générale, d’ordre un peu politique et sociologique. Il s’agit du questionnement que certains écologistes peuvent avoir face à une pensée « officielle » qui accepte les données fournies par une administration financée par le trésor américain. Une pensée partagée entre autre par le pape et les grands groupes industriels… Autant de personnes ou d’institutions généralement haïes par les écologistes.
Votre approche sur le sujet devrait enrichir les réflexions des lecteurs de Skyfall.

9.  Claude C | 14/03/2016 @ 14:26
Mano (#6),
Mr Mano, au vu de ce que vous écrivez, Je ne pense pas que vous soyez de plus accessible au second degré ou tout simplement à l’humour…!

11.  de Rouvex | 14/03/2016 @ 14:41
Mano (#7), Merci Mano, pour cette preuve irréfutable du réchauffement climatique anthropique que vous nous procurez ! La science avance, on en a la preuve ici tous les jours.

Et nous en avons même un qui pense que Benoit Rittaud a voulu faire une blague, sans s'imaginer que le propriétaire du magasin est peut-être tout simplement climatosceptique lui-même, ou bien pense qu'il a une clientèle susceptible de lui acheter ce genre de bouquin:

15.  nivon | 14/03/2016 @ 16:22     
Bien joué Mr Rittaud, moi aussi, je me suis fait avoir par votre blague !
En fait, en mal d’inspiration, vous avez eu l’idée de glisser subrepticement le livre de Hacène Harezki dans le rayon pour faire le buzz sur votre site.
Vous avez réussi ! Sacré Ben ! Ma foi, j’apprécie.
Climatiquement vôtre JEAN

Ce Jean Nivon (qui a peut-être après tout voulu être ironique allez savoir...) est d'ailleurs immédiatement démenti par:

16.  Hacène | 14/03/2016 @ 17:11
Nicias (#12),
On peut raisonnablement penser que celui qui l’a placé sur l’étagère l’a lu.
Oui, c’est raisonnable de le penser. Mais je dois dire qu’après avoir été longuement et particulièrement raisonnable dans ma manière d’hésiter entre bêtise et malhonnêteté chez le réchauffiste (avec l’idée d’une possible coexistence des deux, en proportions variables), je suis maintenant un peu plus prompt à considérer que la première est la plus fréquente, l’ayant trop souvent identifié le plus sûrement.
Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que l’éditeur est (il me semble) plutôt bien vu dans les magasins bio. Considérer a priori que ce livre sur le climat va dans le sens des idées de la majorité des consommateurs de bio (et des vendeurs) me semble normal. Le manque de temps ou la négligence peut faire le reste.
Il faudrait demander à Benoît d’y retourner pour jouer l’ingénu face à un vendeur. Nous serions fixés et ce serait intéressant. Benoît…



 

lundi 14 mars 2016

Skyfall à la pêche au red herring

Nous avions déjà vu que Nicias ne savait pas quelle était la différence entre un hiatus et une pause, ni traduire correctement le mot anglais slowdown qui d'après lui signifierait pause, alors qu'il s'agit d'un ralentissement, aujourd'hui voyons la technique du red herring employée par un certain testut:

23.  testut | 11/03/2016 @ 13:18
Mano (#22),
Mano, vous en pensez quoi ?
http://www.earth-syst-dynam.net/7/203/2016/
Delaying future sea-level rise by storing water in Antarctica
Ca vous rappelle pas les Shadocks ?

Le sujet que j'avais soulevé concernait en fait l'hiver "chaud", c'est-à-dire moins froid que la normale, que nous connaissons actuellement, et l'occurrence de chutes de neige importantes.

Je faisais remarquer le comique des deux informations suivantes:
  • Hiver 2015-2016 en France : le plus chaud depuis 1900 Selon Météo France la température moyenne en France en Décembre-Janvier-Février a dépassé celle de la période 1981 – 2010 de près de 2.5 °C, plaçant l’hiver 2016 au premier rang des hivers les plus chauds depuis  1900, loin devant l’hiver 1989-1990 (+ 2 °C) et les hivers 2006-2007 et 2013-2014 ex-æquo (+ 1.8 °C).
  • Tombe la neige 
    L’hiver  2015 a été chaud, mais la neige n’en finit plus de tomber dans les Alpes  depuis la fin de février, de sorte que selon météo – Paris les hauteurs de neige sont désormais supérieures à la normale d’un début mars en haute montagne.
...par ce commentaire:

16.  Mano | 10/03/2016 @ 23:39
Il y aurait beaucoup de choses à redire dans ce bulletin, mais le plus comique reste « L’hiver 2015 a été chaud, mais la neige n’en finit plus de tomber dans les Alpes depuis la fin de février… »
Cette phrase sous la plume d’un climatosceptique signifie (c’est à dire veut faire comprendre au lecteur) que l’information de Météo France est incohérente, la neige tombant en abondance avec un hiver (prétendument) « chaud », ce qui fait irrésistiblement penser au sénateur James Inhofe et sa boule de neige censée contredire le réchauffement climatique!

La référence au sénateur Inhofe est connue et compréhensible pour n'importe qui s'intéresse au sujet du climat et aux polémiques qu'il entraine, il n'était donc pas besoin d'en dire plus.

Et c'est là que ledit testut me sort cette étude qui n'a rien à voir avec mon commentaire, en me demandant ce que j'en pense; voici quelques extraits du résumé:
  • Even if greenhouse gas emissions were stopped today, sea level would continue to rise for centuries, with the long-term sea-level commitment of a 2 °C warmer world significantly exceeding 2 m. In view of the potential implications for coastal populations and ecosystems worldwide, we investigate, from an ice-dynamic perspective, the possibility of delaying sea-level rise by pumping ocean water onto the surface of the Antarctic ice sheet. [...] The pumping energy required to elevate the potential energy of ocean water to mitigate the currently observed 3 mm yr−1 will exceed 7 % of the current global primary energy supply. At the same time, the approach offers a comprehensive protection for entire coastlines particularly including regions that cannot be protected by dikes.
Bref une étude qui
  1. ne conteste en rien le réchauffement climatique
  2. ne conteste pas non plus son origine humaine
  3. ne conteste pas le caractère "problématique" de la montée des eaux telle qu'elle est anticipée
  4. propose une solution de géo ingénierie consistant à pomper de l'eau de l'océan en le déversant sur le continent antarctique
Vous admirerez le red herring qui consiste à détourner l'attention des lecteurs en passant du sujet de l'hiver "chaud" avec ses chutes de neige abondantes à celui de la géo ingénierie pour lequel je ne suis évidemment pas qualifié pour donner un quelconque avis, ne pouvant que douter fortement de la faisabilité d'une telle opération (à ce sujet voir Sea-level rise too big to be pumped away)

Un autre commentateur me gratifie de ceci:

27.  CK66 | 11/03/2016 @ 16:54
Mano (#22),
Beaucoup de répartie mais peu ou pas d’évidences (sic) à nous offrir . il est bien connu que  » l’humour  » et la moquerie sont les marqueurs premiers d’un manque d’arguments à opposer …. CQFD .

...et enchaine avec:

28.  CK66 | 11/03/2016 @ 17:30
Voilà qui va faire plaisir aux croyants … en attendant une dizaine d’années que cela vienne en France ( durée moyenne des innovations US pour être appliquées en France … Wharf )
« Le ministère de la Justice des EU a considéré si les gens devraient être poursuivis pour le délit de démenti de changement climatique. Cette question a été discutée. Nous avons reçu des informations et les avons renvoyées au FBI pour considérer si vraiment elles respectent les critères pour lesquels nous pourrions agir  »
http://www.breitbart.com/big-g.....e-deniers/

Ce qui est comique c'est le "peu ou pas d’évidences à nous offrir", alors que mes sources, sur mon blog, sont disponibles chaque fois que nécessaire, et que monsieur CK66 nous inflige une référence au site Breitbart, un site décrit ainsi par wikipedia:
Un site qui est clairement du côté du climatoscepticisme sans aucune retenue.

De la même manière, les références usuelles sur Skyfall sont essentiellement:
Des modèles en matière de références scientifiques...

Mais puisque CK66 semble me dire que je ne fournis pas assez d'"évidences" (il voulait dire "preuves" évidemment) je peux lui montrer ce qu'il aurait pu facilement trouver s'il s'en était donné la peine, il aurait compris le ridicule de l'information fournie par le Bouquetin du Collectif des climaro-irréalistes.

En effet l'explication se trouve tout simplement sur le site alertes-météo.com, dont voici des extraits:
  • [...] plus la masse d'air est froide et moins elle peut contenir de vapeur d'eau à l'état gazeux. (le réchauffement climatique entraine donc une augmentation de la vapeur d'eau présente dans l'air)
  • Si toutes les températures sont négatives jusqu'au sol, il neige. (et même durant un hiver "chaud" les températures sont souvent négatives...)
  • Les chutes de neige sont moins importantes ou à peu près nulles quand la température est basse (ça doit être une terrible nouvelle pour nos amis climatosceptiques)
  • On remarquera que les plus fortes chutes de neige ont lieu pendant les glissements ascendants d'air chaud  (c'est comique hein! associer "fortes chutes de neige" avec "air chaud"!!) 
  • PRÉVISIONS   Lorsqu'il fait très froid dans nos régions, c'est-à-dire quand la température est de - 5 °C à –10°C, les chutes de neige sont rares, et il peut tomber tout au plus quelques flocons très légers. (quel coup dur pour testut, CK66 et leurs copains)
  • Les chutes de neige les plus fortes ont surtout lieu, en plaine, lorsque le temps se réchauffe (quand il dégèle), sous l'influence d'une importante perturbation venant de l'ouest l’air se réchauffe seulement lentement au-dessus des grandes étendues enneigées, car la liquéfaction puis l'évaporation de la neige nécessitent beaucoup d'énergie calorique.(est-il besoin d'en dire plus?)
Il est bien évident qu'il s'agit là de météo, et les effets d'un air chaud contenant davantage de vapeur d'eau sous forme gazeuse entrainant des chutes de neige plus abondantes étant de la pure physique/chimie il me semble (et je ne m'étendrai pas n'étant pas particulièrement doué en physique/chimie)

Par contre quand on parle de climat, le réchauffement global entrainera, lui, une baisse des chutes globales de neige essentiellement liée au raccourcissement de la saison hiver; n'avez-vous pas remarqué que l'hiver commençait régulièrement de plus en plus tard et se terminait de plus en plus tôt? En ce qui me concerne, je peux faire de la randonnée plus tard dans la saison et reprendre cette activité plus tôt. Mais ce n'est qu'une impression personnelle qui n'engage que moi.

Et il faudra un jour que je vous parle de mes chenilles processionnaires qui sont déjà descendues depuis fin janvier...