mercredi 21 octobre 2026

Paul Krugman s'exprime sur Trump et sa position concernant la Russie et l'Ukraine

 Aujourd'hui aucun recours à l'IA pour générer mon billet, je vais simplement vous fournir la traduction d'un post de Paul Krugman sur Facebook et utiliser Claude dans une deuxième partie afin de simplement vérifier/valider ce que Krugman écrit.

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Le traître en chef : Trump et ses alliés haïssent l’Amérique et tout ce qu’elle représente.

Trump affirme que la Russie se comporte « bien » en Ukraine

Dans un article publié dans le New York Times, David Sanger souligne à quel point Donald Trump met tout en œuvre pour soutenir la guerre d’agression menée par Vladimir Poutine en Ukraine :

Les efforts intensifiés déployés ces dernières semaines par le président Trump pour réhabiliter la Russie et réintégrer le président Vladimir V. Poutine dans la communauté diplomatique sont remarquables par leur rapidité, par le fait qu’ils présentent M. Zelensky comme le principal obstacle à la paix, et par leur déni éhonté du fait que la Russie poursuit la guerre que M. Trump affirme vouloir mettre fin.

« Franchement, la Russie s’est bien comportée en Ukraine », a déclaré M. Trump lundi, s’adressant aux journalistes devant la Maison Blanche alors qu’il partait pour un meeting électoral. « Ils n’ont pas fait grand-chose », a-t-il ajouté, sans faire la moindre mention des missiles russes et des drones à réaction qui ont pris pour cible des immeubles d’habitation à Kiev et le réseau électrique ukrainien encore en état de fonctionner.

En revanche, a-t-il déclaré : « Nous avons beaucoup donné à l’Ukraine. Elle ne nous a rien donné en retour. Gardez cela à l’esprit. »

Comme le souligne Sanger, le soutien apporté par Trump à Poutine est sans précédent dans l’histoire américaine. Les administrations précédentes ont conclu des accords avec d’anciens adversaires, comme l’a fait Nixon avec la Chine, et ont cessé de soutenir des alliés en difficulté, comme les États-Unis l’ont fait au Vietnam et en Afghanistan. Mais jamais auparavant nous n’avons carrément changé de camp, et encore moins soutenu un agresseur tout en dénigrant la victime de cet agresseur.

Ce qui rend le soutien de Trump à Poutine encore plus remarquable, c’est que la Russie, selon de nombreux témoignages, aide activement l’Iran contre les États-Unis dans la guerre que Trump a déclenchée. Qui l’affirme ? Eh bien, entre autres, Dan Caine, président du Comité des chefs d’état-major. Et cette aide va au-delà du partage de renseignements qui a aidé l’Iran à cibler les forces américaines. La Russie aurait également fourni à l’Iran des explosifs et des composants d’armes.

Que diraient les républicains si un président démocrate soutenait un dictateur étranger alors même que ce dernier aidait une autre nation à tuer des soldats américains ? Ils crieraient à la « trahison ». Mais tout cela semble apparemment « convenir » à Trump.

Que se passe-t-il ici ? Il est important de comprendre que — comme le montre Phillips O’Brien — Trump n’a pas « changé de cap » pour se détourner de l’Ukraine au profit de la Russie. Il a toujours été un partisan de Poutine.

Ainsi, lorsque Trump déclare : « Nous avons beaucoup donné à l’Ukraine », à qui, exactement, fait-il référence en disant « nous » ? Il a coupé toute aide économique et militaire à l’Ukraine dès son entrée en fonction. Voici le montant total de l’aide apportée à l’Ukraine, par pays, depuis janvier 2025 (image ci-jointe).

Certes, les États-Unis ont continué à partager des renseignements militaires avec l’Ukraine, tout en autorisant ce pays à utiliser le système Starshield d’Elon Musk et en permettant aux pays européens de lui transférer certaines armes américaines. Mais ces actions n’ont rien coûté aux États-Unis. Tout au plus peut-on dire que, jusqu’à récemment, Trump s’est abstenu de saboter activement la capacité de l’Ukraine à se défendre.

Et aujourd’hui, même cette retenue a disparu. Selon Volodymyr Zelenskyy, le partage de renseignements américains a été bloqué « pendant un certain temps », bien qu’il semble avoir repris pour l’instant. L’accès de l’Ukraine à Starshield a été limité. Et le Washington Post rapporte que les États-Unis ont freiné les transferts européens de missiles Patriot vers l’Ukraine.

Deux questions se posent ici. Premièrement, pourquoi Trump aime-t-il Poutine et déteste-t-il Zelenskyy ? Deuxièmement, pourquoi a-t-il jeté le masque et adopté une position résolument pro-russe au cours des dernières semaines ?

Sur la première question, Zelensky a donné une réponse sans détour lors d’une récente interview accordée au Financial Times : Trump, a-t-il affirmé, éprouve une affinité instinctive pour les autocrates et les ultra-riches : « Il dit ouvertement qu’il aime ces gens-là et qu’il les respecte. » C’est tout à fait vrai.

J’ajouterais trois points. Premièrement, Trump et son entourage ne se contentent pas d’aimer les autocrates. Ils haïssent la démocratie et l’État de droit — ce qui signifie qu’ils haïssent l’Amérique et les valeurs américaines.

Deuxièmement, l’adoration de Poutine était très répandue au sein de la droite autoritaire avant même l’arrivée de Trump sur la scène politique, beaucoup célébrant l’anti-wokisme de la Russie et sa masculinité supposée. Il est remarquable de constater que la valorisation de la prétendue fermeté de la Russie a survécu malgré les humiliations militaires répétées subies par ce pays. Trump n’a donc fait que suivre une voie bien tracée.

Enfin, quoi que l’on puisse dire d’autre à propos de Zelensky, c’est un véritable héros, qui a fait preuve d’un grand courage personnel en restant à Kiev lorsque la Russie a envahi le pays. Et Trump en veut certainement à Zelensky d’incarner tout ce qu’il n’est pas.

La deuxième question est : pourquoi maintenant ? Pourquoi Trump a-t-il choisi ce moment précis pour passer d’un soutien discret et déniable à Poutine à une prise de position ouverte et explicite en faveur de la Russie ?

Comme je l’ai suggéré hier, la réponse réside précisément dans l’effondrement de la popularité de Trump aux États-Unis. Rien de ce qu’il fait aujourd’hui ne semble susceptible d’éviter une catastrophe aux républicains lors des élections de mi-mandat. Les responsables politiques républicains se donnent beaucoup de mal pour éviter d’être vus à ses côtés pendant la campagne électorale. Les collaborateurs de Trump font déjà appel à des avocats en prévision des enquêtes qu’un Congrès démocrate ne manquera pas de lancer.

À ce stade, Trump n’a donc plus rien à perdre sur le plan politique — et sa faillite politique lui a permis de se laisser aller à devenir la pire version de lui-même, en se livrant à ce qu’il a toujours voulu faire — notamment soutenir des dictateurs corrompus et meurtriers.

Et ce n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend. Trump ne peut pas et ne rendra pas l’Amérique à nouveau grande. Mais il peut trahir tout ce que l’Amérique représente, et c’est exactement ce qu’il est en train de faire en ce moment même.

Aide à l'Ukraine par donateur.


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Fact-checking par Claude.

Verdict : les faits rapportés tiennent presque tous. Les points faibles sont le graphique Kiel, une formulation trop absolue sur l’aide, des démentis omis et des passages qui relèvent de l’opinion.

Le texte est « The Traitor in Chief », publié le 20 octobre, et il circule aussi sur Substack.

Ce qui est confirmé

  • La citation de Trump est exacte. Elle date de lundi 19 octobre, devant la Maison-Blanche, avant son départ pour un déplacement de campagne au Kansas. Il a aussi dit « We’ve given a lot to Ukraine, they’ve given nothing to us ». news24yahoo
  • L’aide russe à l’Iran est étayée, mais Krugman est un peu plus affirmatif que Caine. Lors d’une audience en avril, Caine a parlé d’« une action certaine » de la Russie. NBC a ensuite rapporté, sur la base d’un document gouvernemental européen vérifié par un responsable occidental, des livraisons d’explosifs et de composants de drones via la Caspienne. Le renseignement russe sur les forces américaines est documenté par NBC (électronique) et, en mars, la presse américaine. Trump Defends Waiving Russian Sanctions - The Washington Sun +2
  • Zelensky au FT : il a bien dit que Trump « aime et respecte » les dirigeants autoritaires. Le « et les ultra-riches » est la reformulation du Washington Post, pas la sienne. dnyuz
  • Renseignement, Starshield, Patriot : Krugman attribue correctement à Zelensky. Celui-ci a dit sur NBC que le partage avait été bloqué « pendant un certain temps » puis rétabli. En revanche, Krugman omet que Rubio répond « there has been no pause ». Pour les Patriot, le Washington Post rapporte un blocage des livraisons financées par l’Europe. Hegseth n’a pas formellement rejeté les transferts, et un responsable américain affirme que le programme continue « inchangé ». Pour Starshield, Kyiv impute la restriction au gouvernement américain, ce que la Maison-Blanche dément. Zelensky tells NBC 'thankful' US has unblocked intel sharing +3
  • Les midterms : Trump est à 31 % d’approbation (Reuters/Ipsos, 16-19 oct.). Le Wall Street Journal rapporte que des membres de l’administration cherchent des avocats en prévision d’enquêtes démocrates. Pour les candidats qui s’éloignent de lui, au moins une douzaine ont retiré son nom ou son soutien de leur site (Reuters, via Axios). En revanche, il a fait campagne au Kansas pour un sénateur républicain, donc « éviter d’être vu avec lui » est exagéré. Trump approval at record-low 31 percent ahead of midterms: Survey +2

Ce qu’il faut nuancer

1. Le graphique Kiel est trompeur par cadrage. Les 0,48 Md€ attribués aux États-Unis correspondent au dernier paquet de l’ère Biden. Kiel note que l’aide américaine est à l’arrêt depuis le 20 janvier 2025, le dernier paquet (480 M€) ayant été annoncé le 9 janvier sous Biden. Le graphique, qui court de janvier 2025 à août 2026, ne montre donc aucune contribution de l’administration Trump. Cela confirme « zéro nouvelle aide », mais le chiffre n’est pas à son crédit. Le graphique ne montre pas non plus les institutions de l’UE, qui ont alloué près de 11 Md€ en mai-juin via le prêt de soutien à l’Ukraine. kielinstitutkielinstitut

2. « Cut off all aid » est vrai pour les nouvelles allocations, pas pour tout. Les armes américaines continuent d’arriver par vente. Via le mécanisme PURL de l’OTAN, les stocks américains représentent plus de 90 % de l’aide fournie, payée par les Européens. Krugman le reconnaît à demi (« cela ne coûte rien à l’Amérique »). Kiel mesure les allocations, et je n’ai pas vérifié le sort des livraisons de stocks déjà autorisés avant janvier 2025. kielinstitut

3. « We’ve given a lot » est vrai sur l’ensemble de la guerre. Selon Kiel, les États-Unis ont alloué 115,38 Md€ au total, dont 64,62 Md€ en aide militaire. Krugman le contourne avec « qui est ce we ? ». Il est plus juste de dire que la phrase est exacte pour 2022-2024 et trompeuse pour la période Trump. ara

4. Le démenti sur l’Iran est omis. Trump affirme que la Russie fait « très peu, voire rien » pour l’Iran. Reuters rapporte qu’il ne croit pas que la Russie et la Chine aident l’Iran « du tout », malgré des évaluations du renseignement contraires. Ce contraste renforce l’argument de Krugman, mais il aurait dû le citer. washingtonsunSubstack

5. « Putin supporter all along » est une interprétation. Le dossier est plus nuancé : Trump avait loué Zelensky lors du sommet de l’OTAN en juillet, et disait avoir « beaucoup de respect » pour lui en février 2025. En faveur de Krugman, Trump a signé la loi de sanctions Graham le 18 septembre avant de la vider de sa substance. freemalaysiatodaywashingtonsun

6. Le « pourquoi maintenant » est de la spéculation. Une explication concurrente est énergétique : l’accord sur le diesel russe vient d’une administration cherchant à faire baisser des prix de carburant dopés par la guerre en Iran. Trump parle lui-même d’un « levier » dans la négociation. L’hypothèse du « plus rien à perdre » est plausible, mais ni prouvable ni réfutable. The Daily Beast

7. « Treason » est rhétorique. Sans source ici, mais d’après la Constitution américaine : la trahison suppose de faire la guerre aux États-Unis ou d’aider leurs « ennemis », ce qui est difficile à appliquer à la Russie, avec laquelle les États-Unis ne sont pas en guerre formelle. Les phrases sur la haine de l’Amérique et le « héros authentique » sont des jugements de valeur, non vérifiables.

Non vérifié

Je n’ai pas pu accéder à l’article de Sanger dans le NYT, et les citations ne me sont connues que par Krugman. Je n’ai pas non plus contrôlé le travail de Phillips O’Brien.

Sources principales


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