vendredi 5 avril 2019

C'est la météo, connard !

On me pardonnera je pense le caractère vulgaire du titre de ce billet quand on apprendra qui l'a inspiré :
3171. Jojobargeot | 4/04/2019 @ 6:36

En ce doux matin d’avril, il y a environ entre 15 et 20cm de réchauffement climatique qui recouvre de son manteau blanc le bassin Lémanique et ça continue.
Et pour fêter ça, une devinette à faire à nos escrolos.
-Qu’est-ce qui est blanc, froid, qui tombe du ciel en hiver et qui fini par …ard?
-La neige, connard!
On l'a compris, pour le bargeot en question, qui n'a pas vraiment usurpé son pseudonyme, le fait que de la neige tombe près du lac Léman au début du mois d'avril est clairement un signe que le réchauffement climatique est un canular.

C'est pour cela que je lui fais une réponse entièrement contenue dans le titre mais qui demande quelques petits développements.

Tout d'abord regardons cette carte :

Anomalies de températures pour l'année 2018 par rapport à la période de référence 1881-1910.

Que remarque-t-on ?

L'anomalie de température pour 2018 est d'environ 1°C par rapport à la période de référence 1881-1910, ce degré « gagné » par rapport au début du XXème siècle étant à peu près ce qui représente l'augmentation de température depuis les débuts de l'« anthropocène » qui a commencé peu ou prou avec la Révolution Industrielle (certains vont dire que l'anthropocène a commencé bien avant, on va pas chipoter là-dessus)

Mais quand on regarde la carte avec un peu d'attention (ce que ne saurait faire monsieur Jojobargeot) on s'aperçoit que le réchauffement n'est pas uniforme, il y a des régions où ça chauffe un peu plus que la « normale » et d'autres où ça se refroidit par rapport à cette même « normale » ; pour 2018 on voit clairement que l'Arctique est une zone ayant « bénéficié » d'un réchauffement plus que net, ce qui est d'ailleurs validé par plusieurs indicateurs comme la diminution régulière (avec certes des hauts et des bas temporaires) de la banquise arctique (voir grands-espaces, notre-planete.info ou futura-sciences ), ainsi que par la perte nette en glaces du Groënland (voir futura-sciences, nouvelles-du-monde ou huet) ; pour des informations plus à jour voir mes récentes Climactualités pour l'état de la banquise et pour la contribution future de l'élévation du niveau des mers suite à la fonte de l'inlandsis groenlandais voir the-cryosphere avec ce graphique :


Figure 12(a) Contribution of the GrIS to sea-level rise (in cm) as simulated in the NF (blue line), PF (red line) and 2W (orange line) experiments and inferred from the ice thickness changes between the 2000 and 2150. Green and purple arrows indicate the projected contribution from GrIS inferred from SMB changes integrated over the same period over a fixed ice sheet mask (SMB) and a time variable ice sheet mask (SMB). (b) Zoom of the differences of GrIS contributions to sea-level rise between the NF and the PF experiments (green line), between the NF and the 2W experiments (purple line) and between the PF and the 2W experiments (light blue line).

Comme on le voit il n'est pas prévu que le Groenland récupère sa calotte glaciaire, bien au contraire.

Pour en revenir à la carte, si la région arctique se réchauffe bien plus que le reste de la planète (on appelle cela l'amplification polaire arctique) d'autres régions au contraire se trouvent au-dessous de la période de référence (1881-1910 dans le cas présent) comme par exemple le point froid situé au sud du Groenland ou une zone au sud-ouest de l'Amérique du Sud ; mais il y a aussi de nombreuses régions qui, bien qu'étant plus chaudes que la période de référence, se réchauffent bien moins que ne le fait l'Arctique, par exemple une grande partie du Pacifique ou de l'océan Indien, ce qui n'a rien d'anormal puisque les océans se réchauffent moins que les surfaces continentales.

Par conséquent la « réflexion » de notre barjot du jour n'a pas grand sens :
il y a environ entre 15 et 20cm de réchauffement climatique qui recouvre de son manteau blanc le bassin Lémanique
Les 15 à 20 centimètres de neige qui sont tombés sont essentiellement dus à la météo de ce début d'avril qui a envoyé sur le lac Léman (et un peu partout en France d'ailleurs, mais aussi en Europe) de l'humidité qui a rencontré devinez quoi ? de l'air plus froid et cela a donné devinez quoi ? de la neige, la belle affaire !

On fera d'ailleurs remarquer que le réchauffement climatique signifie une atmosphère qui peut contenir davantage d'humidité, donc si ce « davantage d'humidité » se trouve en conflit avec une masse d'air froid il n'y a rien de surprenant à ce que de la neige tombe, et si l'air avait été un tout petit peu moins froid c'est de la pluie qui serait tombée à la place.

Enfin on remarquera que l'amplification arctique signifie très probablement un affaiblissement du jet-stream, ce qui veut dire des descentes d'air polaire plus fréquentes et/ou plus importantes en intensité ; c'est la thèse (plus actuelle que celle périmée de feu Marcel Leroux sur les AMP) de Jennifer Francis, interviewée par Scientific American en janvier 2017 :
[…] warmer temperatures worldwide are adding to heat waves. And more water vapor worldwide is related to the atmosphere being warmer—we have about 7 percent more water vapor in the atmosphere now than we did in the 1950s, which is directly linked to the increase in heavy precipitation events. Drought is also pretty directly related to a warmer atmosphere.
[…] des températures plus élevées dans le monde entier augmentent les vagues de chaleur. Et il y a plus de vapeur d'eau dans le monde parce que l'atmosphère est plus chaude - nous en avons environ 7% de plus dans l'atmosphère aujourd'hui que dans les années 1950, ce qui est directement lié à l'augmentation des épisodes de fortes précipitations. La sécheresse est également directement liée à une atmosphère plus chaude.
Arctic amplification—[the faster rise of Arctic temperatures than midlatitude temperatures]—may be the most controversial factor. What we think is happening is that amplification is favoring these very wavy patterns in the jet stream. When those waves get large, we tend to see very persistent weather patterns across midlatitudes. The waves tend to move very slowly, and the waves are what create weather we experience. Different parts of those waves tend to favor very stormy patterns, very dry patterns or warm versus cold. So in your neck of the woods, weather conditions are going to hang around longer.
L’amplification arctique - [l’augmentation plus rapide des températures dans l’Arctique par rapport aux températures de latitudes plus basses] peut être le facteur le plus controversé. Ce que nous pensons être en train de se passer, c’est que l’amplification favorise ces tendances très ondulées dans le jet-stream. Lorsque ces vagues grossissent, nous avons tendance à constater des phénomènes météorologiques très persistants aux latitudes moyennes. Les vagues ont tendance à se déplacer très lentement et ce sont les vagues qui créent le temps que nous ressentons. Les différentes parties de ces vagues tendent à favoriser les modèles très orageux, les modèles très secs ou chaud / froid. Donc, dans votre coin de pays, les conditions météorologiques vont durer plus longtemps.
Several trends in the last year and half suggest that when the jet stream gets wavy in the wintertime and the Arctic is really warm, we tend to see the stratospheric [or polar] vortex became less circular—more meandering, even split into two. This has happened a lot in the last few years. When the polar vortex gets disrupted, it tends to affect the jet stream late in the winter. There seems to be a long-term memory in the system, starting with low sea ice and warm temperatures in the fall in the Arctic, then this vortex behavior into February and even March.
Plusieurs tendances au cours des 18 derniers mois suggèrent que lorsque le jet-stream devient ondulé en hiver et que l'Arctique est très chaud, nous avons tendance à voir le vortex stratosphérique [ou polaire] devenir moins circulaire - plus sinueux, voire même divisé en deux. Cela s'est souvent produit au cours des dernières années. Lorsque le vortex polaire est perturbé, il a tendance à affecter le jet stream tard en hiver. Il semble y avoir une mémoire à long terme dans le système, à commencer par la faible banquise et les températures chaudes de l’automne dans l’Arctique, puis par ce comportement tourbillonnaire en février et même en mars.
Comme on le voit Jennifer Francis relate des « observations », il n'est nulle part fait mention d'hypothèses sorties de modèles numériques, et ces observations sont pour l'essentiel les suivantes :
  • quand le jet-stream ondule fortement cela entraine des phénomènes météorologiques persistants aux latitudes moyennes ;
  • les « vagues » se déplacent lentement, ce qui entraine des conditions météo qui durent plus longtemps ;
  • ces « vagues » favorisent des événements extrêmes comme des orages violents ou des sécheresses.

Finalement le sieur Jojobargeot ne raisonne pas différemment que Donald Trump quand celui-ci twittait l'un de ses plus intelligents messages :
It's freezing and snowing in New York--we need global warming!
Il fait très froid et il neige à New York - nous avons besoin du réchauffement climatique !
Je me permettrai donc de dire à Donald Trump :
C'est la météo, connard !


jeudi 4 avril 2019

Mauvaise nouvelle, vraiment ?

Nous savons depuis longtemps qu'un climatosceptique est quelqu'un qui a décidé une bonne fois (ou foi…) pour toutes de ne pas « croire » en la science, et c'est pour cela qu'il essaiera autant que faire se peut de consolider ses convictions personnelles en cherchant, et en trouvant, des « preuves » allant dans son sens ; le comble est quand les preuves en question montrent quasiment le contraire de ce qu'il « croit », comme nous allons le voir avec un certain Daniel qui a posté le commentaire suivant sur le célèbre site Skyfall :
3167. Daniel | 2/04/2019 @ 17:21

Mauvaise nouvelle pour ceux qui pensent que le CO2 contrôle le climat.

Natural climate processes overshadow recent human-induced Walker circulation trends
https://www.eurekalert.org/pub_releases/2019-04/ifbs-ncp040119.php
Donc il parait qu'il s'agirait d'une « mauvaise nouvelle » pour les scientifiques, allons donc voir de quoi il retourne.

Le lien fourni gracieusement par le dénommé Daniel nous mène sur un article intitulé Natural climate processes overshadow recent human-induced Walker circulation trends (Les processus climatiques naturels occultent les tendances récentes de la circulation de Walker induites par l'homme)

Fichtre, diantre, bigre !

J'ai beau me frotter les yeux et lire et relire le titre de ce papier, je n'arrive pas à voir en quoi cela viendrait à remettre en cause le fait que le CO² d'origine humaine est bien ce qui « contrôle » actuellement le climat dans le sens où l'augmentation de ce gaz produit ce qui est admis par tout le monde exceptée une poignée d'irréductibles, à savoir une hausse anormale des températures (anormale signifiant que la nature seule ne peut pas en être à l'origine)

En effet, le titre est explicite : il y a des phénomènes naturels qui cachent la signature humaine dans ce que l'on appelle la circulation de Walker, autrement dit s'il y a une cause humaine (i.e. les gaz à effet de serre injectés par l'homme) elle n'est pas visible car des phénomènes naturels l'occultent (overshadow = éclipser ou faire de l'ombre)

Le titre semble même quasiment affirmer qu'il y a bien des « tendances récentes […] induites par l'homme », par conséquent note ami Daniel soit a des problèmes avec la langue anglaise qu'il ne maitrise pas, soit a des difficultés de compréhension engendrées par un fort biais de confirmation qui lui fait voir tout et n'importe quoi sous un jour climatosceptique (vous savez, quand votre seul outil est un marteau tout problème ressemble à un clou, dixit Abraham Maslow)

Mais pour y voir plus clair le mieux est de lire l'article en question.

Disons tout de suite que l'article fait référence à une étude parue dans Nature Climate Change et intitulée Reconciling opposing Walker circulation trends in observations and model projections (Concilier les tendances opposées de la circulation de Walker dans les observations et les projections de modèles), dont voici le résumé :
A strengthening of the Pacific Walker circulation (PWC) over recent decades triggered an intense debate on the validity of model-projected weakening of the PWC in response to anthropogenic warming. However, limitations of in situ observations and reanalysis datasets have hindered an unambiguous attribution of PWC changes to either natural or anthropogenic causes. Here, by conducting a comprehensive analysis based on multiple independent observational records, including satellite observations along with a large ensemble of model simulations, we objectively determine the relative contributions of internal variability and anthropogenic warming to the emergence of long-term PWC trends. Our analysis shows that the satellite-observed changes differ considerably from the model ensemble-mean changes, but they also indicate substantially weaker strengthening than implied by the reanalyses. Furthermore, some ensemble members are found to reproduce the observed changes in the tropical Pacific. These findings clearly reveal a dominant role of internal variability on the recent strengthening of the PWC.
Un renforcement de la Circulation Pacifique Walker (PWC) au fil des récentes décennies a déclenché un débat intense sur la validité de l'affaiblissement projeté par les modèles de la PWC en réponse au réchauffement anthropique. Cependant, les limites des observations in situ et des ensembles de données de réanalyse ont empêché l'attribution non équivoque de changements de PWC à des causes naturelles ou anthropiques. Ici, en effectuant une analyse complète basée sur plusieurs enregistrements d’observation indépendants, y compris des observations satellites et un vaste ensemble de simulations de modèles, nous déterminons de manière objective les contributions relatives de la variabilité interne et du réchauffement anthropique à l’émergence de tendances à long terme des PWC. Notre analyse montre que les changements observés par satellite diffèrent considérablement des changements de la moyenne d'ensemble des modèles, mais ils indiquent également un renforcement nettement plus faible que celui suggéré par les réanalyses. En outre, il a été constaté que certains membres de l’ensemble reproduisaient les changements observés dans le Pacifique tropical. Ces résultats révèlent clairement un rôle dominant de la variabilité interne dans le récent renforcement de la PWC.
Les points importants à mentionner sont les suivants :
  • La circulation Walker dans le Pacifique s'est renforcée durant les dernières décennies ;
  • Ce renforcement est allé à l'encontre de ce que disaient les modèles qui prévoyaient plutôt un affaiblissement de cette circulation ;
  • Cependant il est très compliqué de déterminer la part des variations naturelles et celle attribuée à l'activité humaine (par exemple limite des observations sur site et réanalyses des données) ;
  • Les données satellitaires montrent un renforcement bien plus faible que ce qu'indiquent les réanalyses ;
  • En conclusion il semblerait que la variabilité naturelle soit prédominante dans le récent renforcement de la circulation Walker dans le Pacifique.
Le reste de l'étude est payant donc il va falloir se référer à ce qu'en dit le site eurekalert pour savoir de quoi il retourne.

Notons toutefois en premier lieu que l'étude se concentre sur le Pacifique où se situe la principale circulation Walker étroitement liée au phénomène ENSO ; mais l'Atlantique Sud et l'océan Indien ont également une circulation Walker, bien plus réduite que dans le Pacifique étant données les tailles respectives de ces océans.

J'avais déjà évoqué la circulation Walker dans La buse vous fait la bise et dans La circulation atmosphérique pour les nuls en montrant les schémas suivants (les sources sont mentionnées dans les articles en question) :

Cette répartition inégale de l'énergie solaire entrante crée un déséquilibre des températures qui est à l'origine de quelques circulations mondiales dominantes. L'une de ces grandes circulations est la cellule de Hadley, qui transporte la chaleur en direction des pôles de l'équateur aux régions subtropicales. La cellule de Ferrel aux latitudes moyennes et la cellule polaire aux latitudes polaires sont d’autres caractéristiques majeures de la circulation. La Circulation de Walker déplace l'air dans les directions est-ouest et verticalement sous les tropiques.

La circulation de Walker : les alizés induisent un déplacement (les flèches blanches) des masses d'eaux chaudes (caractérisées par la couleur rouge). Au niveau de la warm pool (ou piscine d'eau chaude) à l'ouest du bassin, l'eau s'évapore, c'est la zone convective. D'autres cellules du même type existent sur l'Atlantique et l'océan Indien tropicaux. © Pierre cb, NOAA 

Le premier schéma montre la circulation Walker en compagnie des autres cellules régissant les mouvements atmosphériques (cellules de Hadley, de Ferrel et polaire) ; le deuxième schéma fait un zoom sur la circulation Walker dans le Pacifique en expliquant son mécanisme (source futura-sciences mais aussi Wikipédia)

Quand on connait l'importance du phénomène ENSO (i.e. El Niño/La Niña) on comprend que la variabilité naturelle puisse jouer dans cette vaste région du monde un rôle prédominant par rapport aux activités humaines qui y sont très limitées.

Donc que nous dit l'article que nous ne pouvons pas voir dans l'étude dont seul le résumé nous est accessible ?

Tout d'abord il nous explique en quoi consiste la circulation Walker dans le Pacifique, avec à l'appui ce schéma que l'on pourra comparer avec ceux montrés ci-dessus :

Les modèles climatiques forcés par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre simulent un affaiblissement de la circulation de Walker (en bas). (Droite) Évolution temporelle des tendances de la circulation de Walker simulées par le modèle, avec la ligne bleu foncé et les ombres orange indiquant respectivement les changements induits par l'homme et l'impact des processus naturels.
Normal conditions (top), strengthening due to natural variability (middle) and weakening due to greenhouse warming (bottom). Black arrows represent horizontal and vertical winds with the shading on the background map illustrating ocean temperatures. Over the past few decades, natural variability has strengthened the Pacific Walker circulation leading to enhanced cooling in the equatorial central-to-eastern Pacific (middle). Climate models forced by increasing greenhouse gas concentrations simulate weakening of the Walker circulation (bottom). (Right) Temporal evolution of model-simulated Walker circulation trends, with the dark blue line and orange shading denoting anthropogenically-induced changes and the impact of natural processes, respectively.
L'auteur principal, Eui-Seok Chung, est cité :
The discrepancy between climate model projections and observed trends has led to speculations about the fidelity of the current generation of climate models and their representation of tropical climate processes
La divergence entre les projections des modèles climatiques et les tendances observées a conduit à des spéculations sur la fidélité de la génération actuelle de modèles climatiques et leur représentation des processus climatiques tropicaux.
Un des co-auteurs, Axel Timmermann, s'exprime à son tour :
Using satellite data, improved surface observations and a large ensemble of climate model simulations, our results demonstrate that natural variability, rather than anthropogenic effects, were responsible for the recent strengthening of the Walker circulation.
En utilisant des données satellitaires, des observations de surface améliorées et un vaste ensemble de simulations de modèles climatiques, nos résultats démontrent que la variabilité naturelle, plutôt que les effets anthropiques, était responsable du renforcement récent de la circulation de Walker.
Un autre co-auteur, Viju John, renchérit :
We found that some models are even consistent with the observed changes in the tropical Pacific, in stark contrast to other computer experiments that exhibit more persistent weakening of the Walker circulation during the observational period.
Nous avons constaté que certains modèles concordaient avec les changements observés dans le Pacifique tropical, contrairement à d'autres expériences sur ordinateur montrant un affaiblissement plus persistant de la circulation de Walker pendant la période d'observation.
Puis c'est au tour de Kyung-Ja Ha de s'exprimer :
Natural climate variability, associated for instance with the El Niño-Southern Oscillation or the Interdecadal Pacific Oscillation can account for a large part of diversity in simulated tropical climate trends.
La variabilité climatique naturelle, associée à l'oscillation El Niño-Southern ou à l'oscillation interdécennale du Pacifique, peut expliquer une grande partie de la diversité des tendances simulées du climat tropical.
Et c'est enfin à Brian Soden de conclure :
The observed trends are not that unusual. In climate model simulations we can always find shorter-term periods of several decades that show similar trends to those inferred from the satellite data. However, in most cases, and when considering the century-scale response to global warming, these trends reverse their sign eventually.
Les tendances observées ne sont pas si inhabituelles. Dans les simulations de modèles climatiques, nous pouvons toujours trouver des périodes à court terme de ces décennies montrant des tendances similaires à celles déduites des données satellitaires. Toutefois, dans la plupart des cas, et compte tenu de la réaction du réchauffement planétaire à l’échelle du siècle, ces tendances finissent par se renverser.
Mais ce qu'il faudra surtout retenir c'est la conclusion de l'article :
The study concludes that the observed strengthening of the Walker circulation from about 1990-2013 and its impact on western Pacific sea level, eastern Pacific cooling, drought in the Southwestern United States, was a naturally occurring phenomenon, which does not stand in contrast to the notion of projected anthropogenic climate change. Given the high levels of natural decadal variability in the tropical Pacific, it would take at least two more decades to detect unequivocally the human imprint on the Pacific Walker Circulation (see Figure 1, right panel).
L’étude conclut que le renforcement observé de la circulation de Walker de 1990 à 2013 et son impact sur le niveau de la mer du Pacifique occidental, le refroidissement du Pacifique oriental, la sécheresse dans le sud-ouest des États-Unis, était un phénomène naturel qui ne se démarque pas de la notion de changement climatique anthropique projeté. Compte tenu des niveaux élevés de variabilité naturelle décennale dans le Pacifique tropical, il faudrait au moins deux décennies de plus pour détecter sans équivoque l'empreinte humaine sur la Circulation Walker dans le Pacifique (voir la figure 1, en bas à droite).



Il est savoureux de constater que c'est à partir de modèles que ces chercheurs ont déterminé que d'autres modèles pouvaient se tromper, mais que de toute façon cela ne remettait pas en cause le réchauffement climatique global d'origine humaine.

Il faudra donc encore d'autres décennies d'observations pour détecter une possible influence humaine dans cette circulation atmosphérique qui concerne une immense région océanique dominée par un phénomène purement naturel dont l'intensité est capable de modifier temporairement le climat de la planète entière.

Donc non, monsieur Daniel de Skyfall, il ne s'agit pas d'une mauvaise nouvelle mais d'une nouvelle faisant avancer la science, mais pas sûr qu'il se trouvera une âme charitable pour vous déniaiser (faut pas compter sur AntonioSan qui ne jure que par les AMP, alors ne restent plus que BenHague, phi et the fritz, qui va s'y coller ?)


lundi 1 avril 2019

Le cardinal Pell victime d'un complot planétaire écologiste

Mais jusqu'où ira l'ignominie des pastèques ?

Nous apprenons sur le site d'information para-scientifique Skyfall que le cardinal Pell, « qui avait mis en cause le RCAC », fait l'objet d'une véritable cabale visant à l'abattre comme un chien galeux :

2528.  scaletrans | 1/03/2019 @ 17:57
Si ma mémoire est bonne, n’est-ce pas le cardinal Pell qui avait mis en cause le RCAC ?

2530.  JG2433 | 1/03/2019 @ 20:47
scaletrans (#2528),
Oui, en effet.
https://www.youscribe.com/catalogue/documents/education/cours/une-perspective-chretienne-sur-le-changement-climatique-1405547
Une perspective chrétienne sur le changement climatique
Conférence annuelle 2011 de la Global warming policy foundation (GWPF) donnée par S.E.R. le cardinal George Pell

J’en avais archivé une version en pdf – que j’ai toujours.

2533.  scaletrans | 2/03/2019 @ 10:48

C’est bien ce que je pensais… au vu de la légèreté du jugement rendu sur un témoignage douteux contredit par des contre-témoignages plus solides. Ça sent le procès en sorcellerie.

Ainsi le cardinal des antipodes a été victime d'« un témoignage douteux » ayant entrainé un « jugement léger » alors que des « contre-témoignages plus solides » ont été injustement ignorés, quel scandale ! Il s'agit bien, comme le dit le dénommé scaletrans, créationniste devant l'Eternel, d'une véritable chasse aux sorcières honteusement relayée par les médias du monde entier.

Cela nous rappelle l'infame campagne de presse contre un autre cardinal, Barbarin celui-là, qui aurait prétendument couvert les agissements d'un de ses protégés, où allons-nous si la justice se met à investiguer sur de simples présomptions concernant des actes finalement assez anodins quand on y pense, le Christ ne nous ayant pas dit qu'il fallait s'aimer les uns les autres ? Alors quand un homme d'église (dans ces cas-là les femmes d'église sont bizarrement absentes, qu'ont-elles à se reprocher ?) se permet quelques signes d'affection envers un jeune enfant qui ne demande qu'à apprendre son catéchisme, pourquoi lui en vouloir à ce point alors qu'il ne fait que son métier, ce qui justifie sa vocation et pour quoi il a été formé dans des établissements où ce genre de pratiques est peut-être enseigné dans certains cours particuliers ?

Mais nous voyons maintenant le visage de la bête immonde, de couleur verte au dehors mais rouge à l'intérieur, le visage de la pastèque diabolique qui s'échine à démolir la réputation d'un homme pieux et avisé qui n'avait pas hésité à braver les foules déchainées en intervenant, comme nous l'indique frère JG2433, dans une conférence organisée par la Global Warming Policy Foundation (GWPF) dont le site Desmogblog nous détaille tous les bénéfices que nous pouvons espérer à entendre ses prêches, conférence qui débute ainsi dans la bouche du cardinal :

Début de l'introduction du cardinal Pell (source youscribe)

Il faut avouer qu'en matière d'introduction le cardinal en connait un rayon, et celle-ci est admirable en matière d'intensité de pénétration, l'auditeur (ou le lecteur) ne pouvant qu'être saisi d'un sentiment ineffable et donc indescriptible de je-ne-sais-quoi qui m'interdit d'en dire plus ; retenons seulement que Noé et Babel sont les deux mamelles qui alimentent le discours de monsieur Pell qui bientôt apprendra à tout son auditoire éberlué « ce que dit la science » en commençant, c'est normal, par la méthodologie.

Je ne dévoilerai pas la substantifique moëlle du laïus du cardinal, je préfère vous laisser déguster, mais je trouve magnifique qu'un tel homme de foi et de science puisse trouver les mots justes qui resteront gravés pour les siècles des siècles dans les mémoires des civilisations futures.

Gloire au cardinal Pell !

Le cardinal Pell, un visage qui inspire l'amour des autres et, surtout, une grande confiance.