lundi 7 juin 2021

La grande faille d'Alaric, le Prieuré Saint-Jean et le pic de Cachoche


Nous partirons sur la route de Narbonne
Toute la nuit le moteur vrombira
Et nous verrons les tours de Carcassonne
Se profiler à l'horizon de Barbaira

Je ne sais pas si Charles Trenet, le natif de Narbonne, connaissait la faille d'Alaric, mais je suis sûr qu'il a dû passer, quand il était jeune, un grand nombre de fois par Barbaira en allant à Carcassonne par la nationale 113.

Barbaira et non Barbeira comme écrit par erreur sur deux sites consultés (Paroles A La Porte Du Garage par Charles Trenet - Paroles.net (lyrics) et A la Porte du Garage Paroles – CHARLES TRENET – GreatSong) mais correctement orthographié sur la Porte du Garage | tontonremy.com !

Donc la balade d'aujourd'hui est censée démarrer à partir d'un certain lac de Barbaira si l'on en croit le site Visorando dans Grande faille d'Alaric, Prieuré Saint-Jean, falaises de Cachoche ; seul petit problème, le lac de Barbaira n'existe pas, il n'est mentionné nulle part et les trois dames rencontrées et à qui nous avons demandé notre chemin pour y parvenir ont été bien ennuyées, car bien qu'étant du coin elles connaissaient deux lacs, ou plus précisément deux plans d'eau, aucun portant le nom de lac de Barbaira !

Bref il nous a fallu une demi-heure à partir du village de Barbaira pour faire les quelques kilomètres qui nous séparaient...de la fount de Mourel ! Oui car il faut vous dire que quand il y a quantité de petites routes et de voies plus ou moins carrossables et que les personnes à qui vous demandez le chemin vous donnent des indications contradictoires, les kilomètres comptent plus que double...Finalement la troisième dame nous a dit une première fois de retourner au village et de suivre je ne sais plus quoi, puis quand nous l'avons recroisée en lui avouant être complètement paumés elle s'est confondue en excuses en nous avouant qu'elle s'était trompée et nous avait donné de mauvaises informations. Alors pour que ça soit bien clair, pour ceux qui seraient intéressés par cette petite randonnée très agréable, voici l'accès routier menant au « lac » de Barbaira que tout le monde là-bas connait sous le nom de Fount de Mourel (le deuxième plan d'eau s'appelle le lac de l'Alaric) :

Accès routier au « lac » de Barbaira, ou plutôt à la Fount de Mourel !

Bon, il est temps d'entrer dans le vif du sujet, voici donc tout d'abord quelques généralités :


A noter quelques légères différences avec le compte-rendu sur Visorando :

  • Visorando :
    • Durée : 3h35
    • Distance : 8,56km
  • Polar :
    • Durée : 3h15 (avec la pause déjeuner)
    • Distance : 8,80km
Donc une petite randonnée d'une demi-journée afin de se remettre en condition avant d'autres itinéraires plus costauds. Le Covid-19 est passé par là et le manque d'exercice se fait sentir...

Le parcours s'effectue dans un paysage de type méditerranéen relativement bien boisé, cependant il est à déconseiller par fortes chaleurs, donc en plein été, sauf si vous aimez suer sang et eau, mais c'est votre problème ; voici un aperçu depuis le satellite :

Données satellitaires de l'application Polar.

La petite virgule à l'extrême sud-ouest correspond au détour vers le prieuré Saint-Jean, des ruines aménagées en lieu convivial bon pour casser la croute :

Le seul mur en bon état du prieuré...

Une grande table sous la tonnelle, que demande le peuple ? 

Les bouteilles sont à la cave mais il faudra d'abord creuser un peu...

Mais avant d'en arriver là il nous a fallu partir du fameux lac de Barbaira :

Il y a presque plus de roseaux que d'eau dans ce lac !

Sur le chemin quelques fleurs nous contemplent, mais elles sont plus rares que la semaine dernière à Thézan :

Les trois grâces (des cistes j'imagine)

Quant à la « grande » faille d'Alaric, elle est d'une surprenante...banalité !

Vraiment pas de quoi baliser...

Après la visite au Prieuré Saint-Jean et une courte mais raide montée on atteint les « immenses » falaises surplombant la « grande » faille :

Ça fait au moins...10 mètres de haut au pif je dirais.

Ensuite il faut chausser les crampons et se munir du piolet pour gravir le pic de Cachoche :

Il nous a fallu puiser dans nos dernières réserves pour atteindre le sommet.

Puis vient la descente infernale avec une rencontre inopinée qui nous fait encore froid dans le dos rien que d'y penser :

Avouez que ça fout les jetons !

Pour retrouver la voiture nous avons la possibilité de passer par le lac de l'Alaric mais je ne sais pas pourquoi l'itinéraire nous fait passer en balcon au-dessus de l'autoroute A61 et de la magnifique aire des Corbières. Tous les goûts sont dans la nature et il est inutile de se disputer ou d'en discuter.

Enfin, nous avons été intrigués par de nombreux poteaux coiffés d'un petit toit jaune à deux pentes :

Un abri pour colibris ?

Il s'agit donc en fait d'un poteau indiquant la présence d'une canalisation de gaz. De gaz ? Ici ?

Honnêtement je ne comprends pas très bien ce que vient faire le gaz en pleine montagne d'Alaric ; en recherchant un peu je tombe sur cette information incluse dans https://www.terega.fr/fiche-projet/recomp-barbaira :
Transport du gazRECOMP Barbaira

2019 - 2021

Acteur de la transition énergétique, Teréga a pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) au travers de son programme BE Positif.

Parmi les actions entreprises par Teréga pour atteindre cet objectif figure le projet RECOMP sur la station de compression de Barbaira. Il permettra de récupérer le gaz habituellement mis à l’atmosphère lors des opérations de décompression (mise hors gaz des installations pour des opérations de maintenance ou de mise en sécurité).

Ce gaz sera par la suite récupéré et réinjecté sur le réseau.

Objectifs

  • Installation d’un compresseur auxiliaire pour collecter le gaz issu de la décompression des machines
  • Réduction d'environ 3000 Tonnes équivalent CO2 (Teq) les émissions de Teréga

Planning

  • 2019 - 2020 : Études

  • Février - Mai 2021 : Réalisation des travaux

  • Septembre 2021 : Mise en service

Okay, c'est un peu plus clair, pour en savoir davantage sur le programme BE Positif c'est ici : Quelle est la stratégie environnementale de Teréga ? (terega.fr)

BE Positif veut dire Bilan Environnemental Positif, si vous avez cru à un nouvel anglicisme...vous n'étiez pas loin de la vérité !

Mais quand même. A Barbaira...


jeudi 3 juin 2021

L'amour rend aveugle

 Lu aujourd'hui dans un fil de discussion Twitter :

It amazes me written by so many well known C-Scientists in a reputable magazine that there is no data, graphs information to counter Koonin’s POV only character attacks. They had a chance to refute.

Traduction : Cela m'étonne qu'écrit par tant de scientifiques de renom dans un magazine réputé, il n'y ait pas de données, de graphiques d'information pour contrer le point de vue de Koonin, seulement des attaques sur la personne. Ils ont eu une chance de réfuter.

On se demande pourquoi Ducros il se décarcasse.

Ce commentaire inepte fait partie d'une litanie initiée par nulle (sic) autre que Judith Curry avec ceci :

Mann and Oreskes (plus 10 others) seem pretty scared of Steve Koonin

Traduction : Mann et Oreskes (et 10 autres) semblent avoir peur de Steve Koonin.

Mann et Oreskes n'ont pas vraiment peur de Steve Koonin, au pire ils sont atterrés par la bêtise du personnage, au mieux ils haussent les épaules mais sont quand même obligés de réagir car ne rien dire serait probablement la plus mauvaise chose à faire, selon l'adage « qui ne dit mot consent ».

Pour répondre au sieur Kevin MacInnes (bien qu'il soit peu probable qu'il me lise) Steve Koonin a été réfuté à de multiples reprises et sur de nombreux médias avec force arguments, et s'il ne se contentait pas de vénérer Judith Curry en ne lisant que sa prose il serait depuis longtemps au courant.

Voici par exemple un échantillon non exhaustif de ce que l'on peut trouver sur les arguments démolissant les thèses Koonesques :

Dans ce dernier article de fact-checking la crédibilité de Steve Koonin est jugée...très basse :

Wall Street Journal article repeats multiple incorrect and misleading claims made in Steven Koonin’s new book ’Unsettled’


Traduction : Un article du Wall Street Journal reprend de nombreuses affirmations incorrectes et trompeuses faites dans le nouveau livre de Steven Koonin, "Unsettled" (en anglais).

Il ne tient qu'à notre guignol du début de prendre connaissance des innombrables défauts relevés dans cet article co-écrit par de véritables scientifiques, chacun s'exprimant dans sa spécialité. Il comprendrait que Mann et Oreskes n'ont pas besoin de refaire le même exercice, leur article publié dans Scientific American (That 'Obama Scientist' Climate Skeptic You've Been Hearing About ...) se focalisant plutôt sur le fait que Koonin soit présenté comme un « scientifique d'Obama » alors que s'il a fait partie de l'administration de l'ancien président c'est uniquement en tant qu'« avocat du diable » :
Steve Koonin is hoping you’ll see Obama’s name and trust him when he tells you that he’s better equipped to summarize major climate reports than the authors of the U.N.’s IPCC report and the U.S. government’s National Climate Assessment, who wrote at length about the already sizable and growing costs of climate change.

He’s hoping you won’t recall that each president appoints thousands of people, and Koonin, it turns out, was hired at the Energy Department specifically for his contrarianism. His boss at the time, Stephen Chu, said he “didn’t want to have a department where everybody believed exactly as everybody else” and added that Koonin “loves to be the curmudgeon type.”
Steve Koonin espère que vous verrez le nom d'Obama et que vous lui ferez confiance quand il vous dira qu'il est mieux équipé pour résumer les principaux rapports sur le climat que les auteurs du rapport du GIEC de l'ONU et de l'évaluation nationale du climat du gouvernement américain, qui ont longuement écrit sur les coûts déjà considérables et croissants du changement climatique.

Il espère que vous ne vous souviendrez pas que chaque président nomme des milliers de personnes, et il s'avère que Koonin a été embauché au département de l'énergie spécifiquement pour son anticonformisme. Son patron de l'époque, Stephen Chu, a déclaré qu'il "ne voulait pas d'un département où tout le monde croyait exactement comme tout le monde" et a ajouté que Koonin "aimait être du genre grincheux".
C'est donc un « grincheux » qui, d'après Judith Curry, ferait peur à Mann et Oreskes.

Nous savions déjà que Judith Curry était une minable scientifique en mal de reconnaissance et ayant trouvé dans la con-frérie des climatosceptiques un groupe d'aide lui permettant de briller en société, nous savons maintenant qu'il s'agit d'une comique ratée dont les blagounettes tombent à plat.

Le nouveau visage du climatoscepticisme.


Tout de suite ça fait plus sérieux.


mardi 1 juin 2021

En attendant l'ouverture de la Porte des Ténèbres

Poussez pas derrière !

 

D'ici on a une vue imprenable.


Moins d'une heure à tenir, et à minuit pile ça va être pire que le jour des soldes à Prisunic.

Actualisation à minuit moins quelques brouettes :

Euh...



¡ Olé !

 Il s'en passe des choses dans le pays de Don Quijote (Quichotte pour les chochottes)

Dans The impossible Toni Camins Leonid Schneider nous narre les exploits artistiques d'un professeur de médecine espagnol/catalan, un certain Antoni Camins Espuny, qui se révèlerait, à l'insu de sa pleine con-science, un véritable expert en photoshopesqueries.

Schneider nous montre de multiples exemples où l'on peut se rendre compte des talents du Picasso de la génétique, par exemple :

Coucher de soleil sur la méditerranée à Barcelone et Collioure. 

Hormis le fait qu'un coucher de soleil sur la méditerranée à Barcelone ou Collioure relève du fantasme d'enfant gâté à qui on ne saurait rien refuser, ces deux tableaux ne me disent pas grand chose, sauf que de toute évidence certains motifs se répètent à l'identique, comme par hasard (ou miracle ?)

Le professeur Camins n'y voit pour sa part aucun problème sérieux et il répond au facétieux Schneider qui flaire l'entourloupe :

it is IMPOSSIBLE to paint, draw etc on these images.
il est IMPOSSIBLE de peindre, dessiner, etc. sur ces images.

Bref, comme il l'explique :

The image has not been modified or any type of manipulation has been carried out. They are images taken under the microscope after labeling with the corresponding fluorescently labeled primary and secondary antibodies.
L'image n'a pas été modifiée et aucun type de manipulation n'a été effectué. Il s'agit d'images prises au microscope après marquage avec les anticorps primaires et secondaires correspondants marqués par fluorescence.

Nous le croirons sur parole, surtout après avoir pris connaissance de l'article du Monde du 2 juin, intitulé Une base inédite sur les conflits d'intérêt (page 6), dans laquelle on apprend notamment :

En Europe, ce sont les médecins espagnols et allemands que les firmes [i.e. les labos pharmaceutiques] gâtent le plus, avec [...] 93 [...] millions d'euros en 2019 [...]. L'Espagne est également en tête pour le montant moyen par médecin, 7,6 fois plus élevé qu'au Royaume-Uni.

Cependant on nous dit quand même que :

En Allemagne, seul un nom sur cinq a été déclaré [dans la base de l'Efpia], contre 100% en Espagne. La raison ? L'agence nationale espagnole chargée de la protection des données a considéré que l'intérêt général l'emportait sur la protection de la vie privée.

Mon petit doigt me dit que les autorités sanitaires espagnoles se doutent qu'il y a peut-être quelque chose de pourri au pays de Don Quijote.

Lanceurs d'alerte face à Big Pharma ?


En attendant la recherche du sieur Camins dans la base de données Eurosfordocs ne donne pas grand chose :

Recherche sur Camins Antoni dans Eurosfordocs.

Nous repasserons, donc.


lundi 31 mai 2021

Jean Con vient

 Je suis actuellement en train de lire un livre passionnant, Psychologie de la connerie en politique, composé d'une trentaine de chapitres écrits par des auteurs différents sous la houlette d'un certain Jean-François Marmion qui m'était jusqu'alors totalement inconnu. L'animal est psychologue et a déjà produit un ouvrage intitulé Histoire universelle de la connerie, nous avons donc affaire à quelqu'un intéressé par un sujet qui nous concerne (c'est quand on est cerné par des cons ?) tous et qui prend le risque qu'on (sic) le prenne pour tel.

La connerie est un sujet casse-gueule, car il faut toujours avoir en tête ce double axiome que beaucoup de gens ignorent ou négligent indolemment :

  1. On est toujours le con d'un autre ;
  2. On sous-estime toujours sa propre connerie.
Cependant l'important n'est pas de vouloir éviter à tout prix d'être con à un moment ou à un autre (c'est impossible, une connerie vous rattrapera tôt ou tard, soyez-en sûr) mais c'est d'être con-scient que l'on peut être con à tout instant même si l'on ne s'en rend pas forcément compte sur le coup.

Bref, je suis con mais je me soigne.

Je n'arrête pas de me dire « mais quel con j'ai été », parce que j'ai fait, ou pas fait, telle ou telle chose.

Inutile de ressasser le passé, ce qui est fait est fait et ne peut être défait ; souvenez-vous toujours du poème The road not taken de Robert Frost :

Two roads diverged in a wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth;
Deux routes divergeaient dans un bois jaune,
Et désolé de ne pas pouvoir voyager sur les deux
Et de n'être qu'un seul voyageur, je suis resté longtemps planté là
Et j'ai regardé l'une d'elles aussi loin que je pouvais
Jusqu'à l'endroit où elle se perd dans le sous-bois ;

Dans l'obligation de faire un choix afin de ne pas rester au même endroit jusqu'à la fin des temps, le voyageur emprunte donc une des deux routes ; peu importe les con-séquences de son choix, les conneries qu'il va faire sur la route où il chemine, celles qu'il va avoir évitées sans le savoir pour avoir ignoré l'autre itinéraire, de toute façon il est impossible de revenir en arrière, de rembobiner le film, et il est illusoire de se lamenter sur l'option prise qu'il con-vient d'assumer. Tout au plus avec l'expérience nous pouvons, éventuellement, améliorer nos choix et prendre les « bonnes routes », mais même cela n'est pas acquis, il est toujours possible de commettre les mêmes erreurs, à quelques nuances près.

Encore mieux, il est possible de commettre des erreurs commises par d'autres alors qu'on avait suffisamment d'informations pour les éviter.

Ainsi Napoléon, quel con ! personne ne lui avait donc dit qu'en s'enfonçant dans les terres de Russie à l'orée de l'hiver (en fait en juin mais c'est long pour atteindre Moscou...et en revenir !) il prendrait l'énorme risque de s'y embourber, sur un terrain que ses soldats ne maitrisaient pas au con-traire des cosaques et autres moujiks dont c'était le bac à sable depuis l'enfance. On con-nait la suite.

Comme on connait ce qu'il advint, près d'un siècle et demi plus tard, aux troupes nazies quand Hither se mit en tête, quel con ! de faire son petit Napoléon en réitérant la même connerie, comme si personne dans son entourage n'avait été au courant des mésaventures de l'aigle impérial.

On pourrait également parler de l'Afghanistan, ce pays envahi par les Soviétiques, quels cons ! avec le succès que l'on sait, puis réinvesti un peu plus tard par d'autres cons qui voulaient se venger de la déculottée subie un 11 septembre sur leur propre territoire alors qu'ils se croyaient intouchables, les cons !

Tout cela peut paraitre rassurant après tout, car si des hauts dirigeants sont capables de telles conneries alors les nôtres paraissent insignifiantes en comparaison.

Pour revenir au livre que je suis en train de lire, je n'en suis qu'à la moitié mais j'ai déjà été con-fronté...à Didier Raoult dans deux chapitres con-comitants !

Oui parce qu'il faut vous dire que le titre est trompeur, ça ne parle pas « que » de la politique, bien d'autres domaines sont con-cernés, et notre crise sanitaire actuelle fait partie du lot ; cela dit il est vrai que la politique est un sujet qui recouvre pas mal de choses, et la santé est incluse dans le pack quand on a affaire à une pandémie qu'il faut bien gérer si l'on veut plaire à son électorat.

Ainsi dans le chapitre intitulé L'emballement médiatique, la rumeur et l'infox comme moyens de noyer le poisson en politique, écrit sous la forme d'une interview entre Jean-François Marmion et Pascal Froissart, lequel est Maitre de con-férence en sciences de l'information et de la communication, nous voyons apparaitre pour la première fois notre gourou coulant chéri ; il est annoncé, bien que non cité, dans le sous-chapitre au titre évocateur Quel rôle jouent les personnalités charismatiques dans les rumeurs et les fake news ?

C'est marrant mais j'ai tout de suite pensé à qui-vous-savez, et certains passages nous montrent la voie :

  • page 154 : [...] l'effet de légitimité est important.
Effectivement, le grand manitou hydroxychloroquinois est légitime, c'est un « grand » professeur qui a une palanquée d'études publiées à son actif, et qui a même donné son nom à deux bestioles, la Raoultella (une dérivée du Nutella ?) et la Rickettsia raoultii (moi je donnerai bien son nom à une étoile lointaine à con-dition qu'il s'y exile dans la seconde), excusez du peu.
  • page 155 : Et comment les influenceurs parviennent-ils à obtenir ce statut ? Par leur popularité ! Tautologie médiatique [...]
Là aussi tout le monde est d'accord, notre ami est bien un influenceur qui plus est populaire ; la tautologie con-siste dans le cercle vicieux bien visible : populaire => influenceur => encore plus populaire => encore plus influenceur => toujours plus populaire => bref vous avez compris. La seule question qui se pose est alors celle de la poule et de l'oeuf : est-ce qu'il faut d'abord être populaire pour être influenceur ou bien devient-on populaire parce qu'on est influenceur ?

Et c'est donc au sous-chapitre suivant, introduit par le con-stat suivant : [...] si l'on prend l'exemple de la gestion du coronavirus par le gouvernement français en 2020, la figure médiatique de Didier Raoult a brouillé la communication [...], que notre Tartarin Tintin (ou plutôt Rantanplan) entre en scène tel un comédien m'as-tu-vu :
  • page 155 : Fort probablement : le charismatique et fort-en-gueule Didier Raoult a cristallisé la colère populaire et s'en est servi pour promouvoir sa propre vision des solutions.
Ici on est en droit de s'interroger : qui sont les cons dans l'affaire ? S'agit-il des gogos prêts à croire n'importe qui pourvu que cela les rassure, surtout si le « n'importe qui » est le professeur de médecine que j'ai décrit plus haut ? Ou bien s'agit-il du professeur de médecine en question, avec les quelques professeurs de médecine et soi-disant anthropologues illogiques surfant sur la vague du complotisme qui fait bander les adeptes des théories du faux alunissage ou du faux 11 septembre fomenté en réalité par la CIA (ou la fée Clochette, les versions diffèrent) ?

Il est en effet difficile de comprendre ce qui pousse des grands pontes à se ridiculiser aux yeux de l'Histoire, après que la communauté scientifique se soit foutu de leur tronche. Je ne vois qu'une seule hypothèse : la célébrité, les honneurs, l'attention qu'on vous porte quand vous exprimez vos élucubrations, tout cela fait péter les plombs même aux plus talentueux aux QI stratosphériques.

Tiens, en parlant de QI.

Dans Le Monde du 1er juin, page 24, ça tombe bien on peut lire la recension d'un ouvrage co-écrit par deux journalistes, Ariane Chemin et Marie-France Etchegoin, et intitulé Raoult, une folie française !

On y apprend que quand il avait 14 ans un pédopsychiatre aurait dit à son père : « Ecoutez, votre gosse a 180 de QI. Laissez-le faire. Tout ira bien. »

A mon avis le pédopsychiatre en question était un gros connard qui a transmis au petit Raoult le virus de la connerie, et on voit aujourd'hui le résultat. On l'a laissé faire. Et tout est parti en béchamel.

Les deux autrices font remarquer qu'Einstein avait un QI de 160, ce qui permet de relativiser (je n'ai pas pu m'empêcher de la faire celle-là)

Tout ça me fait penser, et nous ne sortons pas du thème de la connerie, que la mouvance con-spirationniste Qanon c'est le Q sans l'Intelligence.

Faites-vous plaisir et scannez-moi.

Pas d'inquiétude, aucun virus ne vous sautera à la gorge en scannant cette bonne adresse.