dimanche 21 janvier 2024

Idée fixe chez Skyfall

 Il parait que le dénommé Bernnard, qui apparemment est le détenteur des ciseaux de la censure sur Skyfall, serait chimiste ou quelque chose dans le même genre. A mon avis sa formation date des années 1950-60 et il n'a pas bougé d'un iota depuis, pensant que tous les progrès de la science depuis qu'il a lu des trucs dans quelques livres de l'époque ne sont que des bagatelles au mieux ou des escroqueries au pire.

Son idée fixe (d'où le titre de ce billet) du moment, qu'il rabâche après avoir écrit de sa plume un article intitulé, de manière très prétentieuse, À propos des oscillations océaniques. Quelques réflexions, alors qu'il n'est en rien spécialiste de la question, un domaine où seuls les océanographes ont leur mot à dire, son idée fixe disais-je est que le volcanisme sous-marin serait à l'origine du réchauffement des océans.

N'a-t-il pas commencé son laïus par ces deux phrases lunaires :

Je ne suis pas géologue ni océanographe ni météorologue, mais chimiste et physicien.

Donc, par curiosité, je me suis intéressé à ces fluctuations oscillantes des températures de surface des océans.

On dit souvent que la curiosité est un vilain défaut, ce qu'il ne faut évidemment pas prendre au pied de la lettre, mais dans le cas présent nous sommes en présence d'un bonhomme qui va aller bien au-delà de la simple curiosité en osant affirmer des choses qui dépassent de toute évidence ses compétences scientifiques. Ainsi le voici qui se lance maladroitement :

On pense logiquement que ce sont les températures de l’air qui font monter (ou descendre) la température de la surface des océans et comme on pense que la température de la troposphère (la partie de l’atmosphère ou nous vivons.) est déréglée par les activités humaines, le pas est vite fait et certains pointent du doigt les activités humaines ! Sauf que ces variations semblent périodiques et il faut pouvoir relier cela aux activités anthropiques qui elles ne sont pas périodiques.

Pourtant la science est maintenant bien établie et nulle part on ne verra un océanographe imputer à autre chose qu'au réchauffement de l'atmosphère la hausse des températures des océans. Les volcans sous-marins ont pourtant une influence sur le climat, tout comme leurs cousins les volcans terrestres, mais apparemment avec des effets opposés :

  • Les volcans terrestres peuvent envoyer dans l'atmosphère de grandes quantités d'aérosols qui vont faire barrage à la lumière solaire et ainsi faire baisser temporairement les températures (cas par exemple du Pinatubo en 1991) ;
  • Par contre les volcans sous-marins émettent du CO₂ qui peut se retrouver dans l'atmosphère et ainsi contribuer à son réchauffement.
Pour le deuxième cas nous avons de nombreuses études, dont Mid‐ocean ridge eruptions as a climate valve, où l'on peut lire concernant la température (recherche sur ce mot qui apparait...deux fois seulement) :
 The glacial dependence is consistent with observations that ice sheet volume lags CO2 and temperature variations in 100 kyr ice age cycles [Shackleton, 2000].

La dépendance glaciaire est cohérente avec les observations selon lesquelles le volume de la calotte glaciaire est en retard sur les variations de CO2 et de température dans les cycles glaciaires de 100 kyrs [Shackleton, 2000]. 

There are several ways in which seafloor volcanism can contribute to global climate change. The first is the direct emission of CO2 into the ocean that will eventually contribute to atmospheric levels through venting at upwelling sites. In addition to immediate release of greenhouse gases from seafloor eruptions, the subsequent increased high- and low-temperature hydrothermal venting may impact the CO2 output.

Le volcanisme des fonds marins peut contribuer au changement climatique mondial de plusieurs manières. La première est l'émission directe de CO2 dans l'océan qui contribuera finalement aux niveaux atmosphériques par le biais de l'évent dans les sites de remontée d'eau. Outre la libération immédiate de gaz à effet de serre par les éruptions des fonds marins, l'augmentation subséquente du dégazage hydrothermal à haute et basse température peut avoir un impact sur la production de CO2.

On trouve aussi Dynamics of deep-submarine volcanic eruptions, une étude de février 2022 donc très récente, dans laquelle figure ce graphique qui devrait interpeler un grand scientifique de la trempe de monsieur Bernnard :

(a) Densité du jet par rapport à l'eau ambiante (ligne rouge) et température du mélange eau-solide (ligne noire) calculées à partir du modèle de jet décrit dans le texte.

Comme on peut le constater avec le graphique (a) la température de l'eau chute drastiquement dans l'entourage des events hydrothermaux encore appelés fumeurs noirs ou blancs : de plus de 1000°C à la sortie de l'évent cette température n'est plus que de 400°C à 20 mètres de distance puis se stabilise un peu au-dessus de 0°C au-delà de 50 à 60 mètres. Dans ces conditions on voit mal comment les eaux de surface pourraient être impactées, mais Bernnard n'en démord pas puisqu'il persiste et signe, avec par exemple ce dernier commentaire :

118.  Bernnard | 20/01/2024 @ 18:57 

Un volcanologue raconte la découverte en Méditerranée d’une éruption plus violente que celle du Honga Tonga
https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/un-volcanologue-clermontois-raconte-la-decouverte-en-mediterranee-d-une-eruption-plus-violente-que-celle-du-honga-tonga_14436572/
On n’a pas fini de découvrir la puissance mise en jeu par l’activité geo énergétique. Et son implication sur le climat.
Je n’ai pas accès à la totalité de l’article.

Monsieur Bernnard n'a pas accès à la totalité de l'article mais il a surtout la flemme d'aller chercher ailleurs l'information qui est pourtant très facile à trouver.

Ainsi dans cet article (Volcan : cette découverte "exceptionnelle" d'une expédition codirigée par un chercheur de Clermont-Ferrand) qui date du 15 janvier dernier et qui est manifestement en rapport avec celui de La Montagne (Un volcanologue raconte la découverte en Méditerranée d'une éruption plus violente que celle du Honga Tonga) dans lequel le mot "température" ne se retrouve à aucun moment !

On peut même consulter l'étude scientifique parue le 15 janvier avec pour titre Giant offshore pumice deposit records a shallow submarine explosive eruption of ancestral Santorini ; j'ai là aussi cherché les occurrences du mot "temperature" et en ai trouvé le chiffre colossal de 6 ! Passons-les en revue (marqués en rouge afin de mieux les repérer) :

Orange colours in the jet denote higher temperatures.

The depositional temperature of the submarine tuff is hard to assess, but the lack of particle sintering textures or any observed gas escape pipes probably rules out very hot emplacement from gas-supported flows11 at our drill sites. 

La température de dépôt du tuf sous-marin est difficile à évaluer, mais l'absence de textures de frittage des particules ou de tuyaux d'échappement de gaz observés exclut probablement une mise en place très chaude par des écoulements alimentés par du gaz sur nos sites de forage.

Although the evidence favours relatively cold emplacement of the submarine tuff at our drill sites, the abundance of highly vesicular pumice suggests that the initial pyroclastic currents entered the water column at high temperature.

Bien que les preuves soient en faveur d'une mise en place relativement froide du tuf sous-marin sur nos sites de forage, l'abondance de la pierre ponce hautement vésiculaire suggère que les courants pyroclastiques initiaux ont pénétré dans la colonne d'eau à une température élevée.

Dry sample mass and volume were measured after drying the samples in a convection oven for 24 hours at a temperature of 105° ± 5 °C and then cooling them within a desiccator for 3 hours.

La masse et le volume des échantillons secs ont été mesurés après séchage des échantillons dans un four à convection pendant 24 heures à une température de 105° ± 5 °C, puis refroidissement dans un dessiccateur pendant 3 heures.

The washed microfossil residue retained on the sieve was dried on filter paper in low temperature at ~50 °C in a thermostatically controlled drying cabinet and subdivided with a micro-splitter into equal aliquots for examination.

Le résidu de microfossiles lavés et retenus sur le tamis a été séché sur du papier filtre à basse température (~50 °C) dans une armoire de séchage thermostatée et divisé en aliquotes égales à l'aide d'un micro-séparateur en vue de l'examen.

Référence n°48 : Mandeville, C. W., Carey, S., Sigurdsson, H. & King, J. Paleomagnetic evidence for high‐temperature emplacement of the 1883 subaqueous pyroclastic flows from Krakatau Volcano, Indonesia. J. Geophys. Res. Solid Earth 99, 9487–9504 (1994).


Bref, à aucun moment il n'est ne serait-ce que seulement suggéré que la température globale des océans, et encore moins leur température de surface, puisse être impactée par ces phénomènes volcanismes sous-marins.

On peut également lire (je donne quelques extraits) :


    Dans aucun de ces trois articles le mot "température" n'est cité ; comme dirait l'autre, c'est quand même un signe, un signe qui ne veut pas dire Zorro mais qui signifie que la température n'est vraiment pas ce qui est le plus important dans ce qui se passe dans les abysses.

    Mais allez expliquer cela à monsieur Bernnard. Qui veut s'y coller ?


    jeudi 18 janvier 2024

    Brisons la glace avec le Groenland

     Les quelques lecteurs qui me suivent régulièrement ne seront pas étonnés par ce qu'ils vont apprendre aujourd'hui. En effet, dans mes actualités climatiques mensuelles je fournis cette information, issue du site Polar Portal, concernant le bilan de masse du Groenland et son impact sur le niveau des mers :

    Changement de masse et impact sur le niveau des mers.

    Depuis une vingtaine d'années c'est donc une contribution d'environ une douzaine de millimètres qui est due à la seule perte de glace du Groenland, et ce n'est pas près de s'arrêter, bien au contraire, cela devrait même s'accèlérer comme nous l'explique le New York Times, dans Greenland’s Ice Sheet May Be Losing 20% More Ice Than Previously Measured.

    L'article fait référence à une étude parue pas plus tard qu'hier 17 janvier dans la revue scientifique Nature, avec un résumé qui commence ainsi :

    Nearly every glacier in Greenland has thinned or retreated over the past few decades1,2,3,4, leading to glacier acceleration, increased rates of sea-level rise and climate impacts around the globe5,6,7,8,9.

    Presque tous les glaciers du Groenland se sont amincis ou ont reculé au cours des dernières décennies, ce qui a entraîné une accélération des glaciers, une augmentation du taux d'élévation du niveau de la mer et des répercussions sur le climat dans le monde entier.
    L'étude étant derrière un paywall nous n'avons plus que le choix de lire l'article du New York Times dont je vous offre la traduction libre de droits.


    *****


    Quelle est la quantité de glace perdue par le Groenland ? Les chercheurs ont trouvé une réponse.

    Selon une étude, l'île perd 20 % de son eau en plus que ce qui avait été estimé précédemment, ce qui pourrait menacer les courants océaniques qui contribuent à réguler les températures mondiales.

    Icebergs provenant du glacier Sermeq Kujalleq dans le fjord d'Ilulissat au Groenland en 2021.Crédit...Mario Tama/Getty Images



    On sait que la vaste calotte glaciaire du Groenland se rétrécit, surtout depuis les années 1990, en raison du réchauffement dû au changement climatique. C'est un sort que partagent l'inlandsis de l'Antarctique et les glaciers du monde entier. Une nouvelle étude révèle aujourd'hui que la calotte glaciaire du Groenland a diminué d'environ 20 % de plus que ce qu'indiquaient les estimations précédentes.

    La glace manquante s'est brisée et a fondu à l'extrémité des glaciers situés sur le pourtour du Groenland. Les nouvelles recherches, publiées mercredi dans la revue Nature, fournissent un compte rendu détaillé d'un processus dont les scientifiques connaissaient l'existence, mais qu'ils avaient eu du mal à mesurer de manière exhaustive.

    "Presque tous les glaciers du Groenland reculent. Et cela est vrai quel que soit l'endroit où l'on regarde", a déclaré Chad Greene, glaciologue au Jet Propulsion Laboratory de la NASA et auteur principal de l'étude. "Ce recul se produit partout et en même temps.


    Comme les extrémités de ces glaciers se trouvent généralement sous le niveau de la mer, dans des fjords profonds, leur recul ne contribue pas de manière significative à l'élévation du niveau de la mer. Toutefois, la fonte des glaces entraîne un afflux d'eau douce qui a des répercussions sur les modèles et les projections climatiques mondiaux, ainsi que sur le système de courants océaniques qui régule les températures de part et d'autre de l'océan Atlantique.


    L'équipe de M. Greene a combiné plus de 200 000 observations de points d'extrémité de glaciers, couvrant la quasi-totalité du Groenland, sur la base d'images satellites prises entre 1985 et 2022. Les chercheurs ont utilisé des observations provenant d'ensembles de données publiques existants et les ont combinées pour créer une vue d'ensemble des bords de contraction de la calotte glaciaire du Groenland au cours des 40 dernières années.


    "Ils fournissent un nouvel ensemble de données très important qui permet de saisir l'étendue aérienne de l'ensemble de la calotte glaciaire du Groenland", a déclaré Laura Larocca, climatologue à l'université d'État de l'Arizona, qui a également étudié les glaciers du Groenland, mais qui n'a pas participé à ce projet.

    Les premières estimations de l'évolution de la taille de la calotte glaciaire du Groenland reposaient sur trois types de mesures : l'altitude de la surface de la calotte, la vitesse de la glace passant à des endroits fixes et l'attraction gravitationnelle produite par la masse de la calotte.

    En combinant plusieurs de ces estimations, les scientifiques sont parvenus à un consensus selon lequel le Groenland a perdu au total près de cinq mille milliards de tonnes [voir à la fin du billet un graphique issu de cette étude] de glace depuis 1992.


    Ces méthodes traditionnelles permettent d'évaluer la contribution de la calotte glaciaire à l'élévation du niveau de la mer : environ 13 millimètres, soit un demi-pouce, jusqu'à présent. Mais elles ne rendent pas compte de tout ce qui se passe autour des marges, aux pieds des centaines de glaciers qui s'engouffrent dans les nombreux fjords de l'île. Ce processus, appelé recul des terminaisons glaciaires, est à l'origine de la perte de mille milliards de tonnes de glace supplémentaires, selon la nouvelle étude.

    Selon l'Agence spatiale européenne, cette quantité équivaut à un glaçon couvrant une surface plus grande que Manhattan et plus haute que le mont Everest.

    Seul un glacier sur plus de 200 inclus dans l'étude s'est étendu de manière certaine depuis 1985. Ses gains sont faibles par rapport aux pertes subies ailleurs.

    L'érosion des extrémités de ces glaciers a un effet indirect sur le niveau des mers. M. Greene compare le recul des terminaisons glaciaires au débouchage d'une canalisation, ce qui permet à l'ensemble du glacier de s'écouler plus rapidement et de s'amincir, accélérant ainsi la fonte des parties situées au-dessus du niveau de la mer.

    Ainsi, bien que cette étude ne mesure pas un ajout direct à l'élévation du niveau de la mer, "nous mesurons probablement une cause de l'élévation du niveau de la mer", a-t-il déclaré.

    La perte supplémentaire de glace du Groenland est également importante pour d'autres raisons.

    Une fois que la glace a fondu, elle ajoute une quantité importante d'eau douce à l'océan, ce qui risque d'affaiblir un important système de courants océaniques appelé "circulation méridienne de retournement de l'Atlantique". Ce système comprend le Gulf Stream, qui apporte des eaux tropicales chaudes le long de la côte sud-est des États-Unis et à travers l'océan Atlantique jusqu'en Europe, contribuant ainsi à des températures relativement douces dans cette région.

    Les extrémités effilochées des glaciers du Groenland ont été quelque peu négligées par les scientifiques qui se sont concentrés sur la question urgente de l'élévation du niveau de la mer. Vincent Verjans, glaciologue au Centre IBS pour la physique du climat de l'Université nationale de Pusan en Corée du Sud, qui a examiné l'étude, a déclaré qu'elle aiderait les scientifiques à mieux comprendre le système climatique dans son ensemble et la manière dont le réchauffement planétaire est réparti entre l'atmosphère, l'océan et les calottes glaciaires.

    C'est un sujet qui est "très peu abordé", a déclaré le Dr Verjans, mais "c'est un sujet important".


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    Dans cet article est citée l'étude ESSD - Mass balance of the Greenland and Antarctic ice sheets from 1992 to 2020 où figure ce graphique :

    Figure 4 - Changements cumulés de la masse de plusieurs calottes glaciaires. 


    Le Groenland est de loin le principal contributeur à la perte de masse des principales calottes glaciaires.


    *****

    Et à l'attention de monsieur Cunctator qui s'inquiétait pour moi :

    Possibilité de partager l'article en entier.

    Notre émérite latiniste a donc le droit, sinon le devoir, de partager ce billet avec qui bon lui semble, mais quelque chose me dit qu'il évitera de le faire.


    mercredi 17 janvier 2024

    Retour sur le réchauffement des océans

     Je pense utile, voire indispensable, de revenir en enfonçant un peu plus le clou dans le cercueil de ceux qui croient que les océans se réchaufferaient à cause d'un volcanisme sous-marin.

    Comme je suis maintenant censuré sur Skyfall, monsieur Bernnard ayant supprimé mon dernier commentaire dans lequel je lui montrais une étude qui n'allait pas vraiment dans son sens, j'en appelle à la bonne volonté de quiconque aura le courage de montrer ce billet sur ce site où les habitués sont convaincus que les scientifiques leur mentent pour des raisons qui m'échappent encore.

    Je ne me fais toutefois pas trop d'illusion, le courage n'étant pas la chose la plus visible chez un climato-irréaliste qui a plutôt tendance à enfouir sa tête dans le sable à la vue du moindre danger, mais sait-on jamais.

    Dans State of the Climate: 2023 smashes records for surface temperature and ocean heat sur l'excellent site Carbon Brief qui est à Skyfall ce que le caviar est à la pâtée pour chien, Zeke Hausfather consacre un paragraphe au réchauffement des océans. Le voici traduit par mes soins avec en préambule les points importants à noter pour l'année 2023.


    *****


    État du climat : 2023 bat des records de température de surface et de chaleur des océans

    L'année dernière a été la plus chaude depuis le début des relevés, au milieu des années 1800, et probablement depuis des milliers d'années. 

    C'est la première année au cours de laquelle les températures moyennes à la surface du globe ont dépassé de 1,5 °C les niveaux préindustriels dans au moins un ensemble de données sur les températures mondiales.

    Carbon Brief examine ici les données les plus récentes concernant les océans, l'atmosphère, la cryosphère et la température de surface de la planète.

    Parmi les résultats notables de ce bilan 2023, on peut citer...

    • Températures à la surface du globe : Cette année a été, de loin, la plus chaude jamais enregistrée - entre 1,34 °C et 1,54 °C au-dessus des niveaux préindustriels, selon les différents ensembles de données sur les températures.
    • Des températures mensuelles exceptionnelles : Les températures mondiales ont établi un nouveau record chaque mois entre juin et décembre. Le mois de septembre a pulvérisé le record précédent de 0,5 °C, ce qui est impressionnant.
    • Le plus chaud sur les terres émergées : C'est la première année où la température moyenne des terres a dépassé de plus de 2 °C les niveaux de l'ère préindustrielle.
    • La température des océans a été la plus élevée : C'est la première année où les températures moyennes à la surface des océans ont dépassé 1°C par rapport aux niveaux préindustriels.
    • Contenu thermique des océans : Il s'agit de l'année la plus chaude jamais enregistrée en ce qui concerne le contenu thermique des océans, qui a augmenté de manière significative entre 2022 et 2023.
    • Réchauffement régional : Cette année a été la plus chaude jamais enregistrée dans 77 pays, dont la Chine, le Brésil, l'Autriche, le Bangladesh, l'Allemagne, la Grèce, l'Irlande, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas, la Corée du Sud et l'Ukraine, et dans des régions où vivent 2,3 milliards de personnes.
    • Chaleur inhabituelle : l'année 2023 a été beaucoup plus chaude que ce que les scientifiques avaient estimé au début de l'année, et des questions restent en suspens quant aux facteurs précis à l'origine de cette chaleur exceptionnelle. Même El Niño - le suspect habituel des années de chaleur record - n'explique pas clairement les températures de 2023.
    • Comparaison avec les modèles climatiques : Les observations pour 2023 sont supérieures à l'estimation centrale des projections des modèles climatiques figurant dans le sixième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), mais se situent bien à l'intérieur de la fourchette des modèles.
    • Réchauffement de l'atmosphère : Cette année a été la plus chaude dans la basse troposphère, la partie la plus basse de l'atmosphère. La stratosphère, située dans la partie supérieure de l'atmosphère, se refroidit, en partie à cause de la chaleur piégée dans la basse atmosphère par les gaz à effet de serre.
    • Élévation du niveau de la mer : Le niveau des mers a atteint de nouveaux records, avec une accélération notable au cours des trois dernières décennies.
    • Rétrécissement des glaciers et des calottes glaciaires : La perte cumulée de glace des glaciers du monde et de la calotte glaciaire du Groenland a atteint un nouveau record en 2023, contribuant à l'élévation du niveau de la mer.
    • Gaz à effet de serre : Les concentrations ont atteint des niveaux record pour le CO₂, le méthane et l'oxyde nitreux.
    • Étendue des banquises : La banquise arctique a connu sa sixième étendue minimale la plus faible jamais enregistrée, tandis que la banquise antarctique a connu une nouvelle étendue minimale record pendant presque toute l'année, la plupart du temps avec une marge exceptionnellement importante.
    • A l'horizon 2024 : Carbon Brief prévoit que les températures moyennes à la surface du globe en 2024 seront très probablement légèrement supérieures à celles de 2023 et établiront un nouveau record historique. Toutefois, de grandes incertitudes subsistent compte tenu de la chaleur exceptionnelle et inattendue de 2023.

    [.....]


    Le contenu thermique des océans le plus élevé jamais enregistré

    L'année dernière a été la plus chaude jamais enregistrée en ce qui concerne le contenu thermique des océans. Le contenu thermique des océans (OHC) a augmenté d'environ 473 zettajoules (1 zettajoule = 10²¹ joules) depuis les années 1940. L'augmentation de la chaleur en 2023 seulement par rapport à 2021 - environ 15 zettajoules - est environ 25 fois supérieure à l'énergie totale produite par toutes les activités humaines sur Terre en 2021 (la dernière année pour laquelle des statistiques mondiales sur l'énergie primaire sont disponibles).

    Les gaz à effet de serre émis par l'homme retiennent la chaleur supplémentaire dans l'atmosphère. Si une partie de cette chaleur réchauffe la surface de la Terre, la grande majorité - environ 93 % - se retrouve dans les océans. Environ deux tiers de cette chaleur s'accumule dans les 700 mètres supérieurs, mais une partie se retrouve également dans les profondeurs des océans.

    La figure ci-dessous montre les estimations annuelles de l'OHC entre 1950 et aujourd'hui pour les 700 mètres supérieurs (bleu clair) et les 700-2 000 mètres (bleu foncé) de l'océan.

    Contenu thermique annuel de l'océan mondial (en zettajoules - milliards de milliards de joules, ou 10^21 joules) pour les couches de 0 à 700 mètres et de 700 à 2 000 mètres. Données de Cheng et al. (2024). Graphique réalisé par Carbon Brief.

    À bien des égards, l'OHC constitue une bien meilleure mesure du changement climatique que les températures moyennes à la surface du globe. C'est là que la majeure partie de la chaleur supplémentaire se retrouve et elle est beaucoup moins variable d'une année sur l'autre que les températures de surface. Elle montre une nette accélération après 1991, ce qui correspond à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre et d'autres éléments de forçage radiatif au cours des dernières décennies.

    Cette année a vu une mise à jour substantielle du jeu de données OHC fourni par l'Institute for Atmospheric Physics (IAP) que Carbon Brief présente dans ses rapports sur l'état du climat. Le passage de la version 3 à la version 4 a introduit un nouveau système de contrôle de la qualité pour détecter et supprimer les mesures parasites dans différents types d'instruments.

    Comme le montre la figure ci-dessous, il en résulte une augmentation notable de l'OHC au cours de la dernière décennie (lignes rouges et ombrage) par rapport à la version précédente de l'ensemble de données (lignes noires).

    Contenu thermique global mensuel de l'océan (en zettajoules - milliards de milliards de joules, ou 10^21 joules) pour les 0-2 000 mètres pour la version 3 et la version 4 de l'ensemble de données de l'IAP. Figure tirée de Cheng et al. (2024).

    [...]

    *****

    Comme on le voit à aucun moment il n'est question de volcanisme marin, mais il est bien connu que les spécialistes du sujet, les océanologues, sont des petits joueurs comparés à monsieur Bernnard à qui on ne la fait pas et qui tient à le faire savoir, dans sa revue à comité de lecture (composé d'illettrés) appelée Skyfall, avec un article sorti tout droit de son fondement, À propos des oscillations océaniques. Quelques réflexions, dans lequel on peut lire ces quelques perles (c'est moi qui surligne en rouge les points à ne surtout pas rater) :
    Avant d’exposer mes réflexions, il est nécessaire d’observer les zones géographiques où ces fluctuations de température se font.
    Elles s’observent à la surface des océans peu éloignée des zones où les plaques continentales bougent ou se modifient. Soit à proximité des rifts connus, des dorsales et des zones de fractures. Ces zones sont caractérisées par une intense activité volcanique et tellurique au fond des abysses océaniques.

    Bernnard a des réflexions comme certains ont des bouffées de chaleur ou des envies pressantes de manger du chocolat. Mais rares sont ceux ou celles qui tiennent à ce que d'autres soient au courant.

    Le frottement visqueux d’énormes masse de roches en état de fusion partielle implique des forces de grandes intensité qui se déplacent ce qui représente d’énorme quantité de Kwh qui s’ajoutent à la chaleur naturelle du cœur terrestre qu’il est coutumier d’attribuer à la fission de certains noyaux lourds radioactifs
    Cette chaleur excédentaire doit sortir et le volcanisme sous marin peut en être le chemin.

    Tout comme quand on mange trop de chocolat ça doit sortir à un moment ou à un autre et ça peut ne pas être beau à voir. Au passage Bernnard ouvre une porte déjà grandement ouverte en se livrant à une quasi-lapalissade : oui effectivement le magma a tendance à vouloir sortir pour prendre l'air, c'est un phénomène en principe étudié par des spécialistes appelés des volcanologues.

    Pour appuyer ma réflexion, on a découvert récemment à la surface d’ Io et Europe (des satellites de Jupiter), une activité volcanique importante due aux effets de marée de l’astre autour duquel tournent ces satellites.

    Ici encore Bernnard essaie de persuader ses lecteurs qu'il réfléchit, mais il ne s'agit que d'une illusion d'optique destinée à désorienter ses lecteurs peu attentifs, et en général ça réussit toujours assez bien. On se demande d'ailleurs ce que Io et Europe viennent faire dans le réchauffement des océans terrestres, mais il est vrai que Bernnard a beaucoup d'imagination. 

    Dans le cas que j’ai exposé, l’utilisation de satellites mesurant les fluctuations du champ de gravité en direct autour de la terre, couplé aux observations profonde de l’activité sismique et volcanique, ainsi que l’enregistrement des températures des nappes d’eau dérivantes en surface et en profondeur. Ce serait le serait le début d’une réponse.

    Cela coûte cher et j’ai peu d’espoir qu’on y consacre un jour quelques crédits

    C'est vrai que les scientifiques n'ont pas pensé à tout ça, qu'est-ce qu'ils sont bêtes, si seulement ils avaient écouté Bernnard on n'en serait pas là.

    11.  Bernnard | 6/08/2023 @ 13:35 

    Je suis tombé sur cet article qui commence à dater mais je ne peux pas accéder à l’intégralité. Ça semble intéressant : https://www.notre-planete.info/actualites/4240-volcans-sous-marins-climat-Terre

    Moi j'ai parfois tendance à tomber de ma chaise pour me rouler au sol afin de rire tout mon soûl.

    18.  Bernnard | 6/08/2023 @ 18:51 

    Eloi (#17),
    Jusqu’à preuve du contraire, je m’abstiendrai de commentaires hâtifs et non étayés par vous même des publications.
    Cdt e.r. Michel (#16),
    Oui, il semble bien y avoir une corrélation cependant, l’article parle du dégagement de CO2, bien sûr ce gaz doit s’échapper abondamment du volcanisme sous-marin. En écrivant cela, il avalise l’effet de serre par le CO2 (qui n’est pas démontré dans l’atmosphère terrestre, sinon dans les modèles). Je peux comprendre que ce soit une condition de publication.

    Bernnard se vante de ne pas commenter hâtivement et sans étayer ses propos, cela se voit nettement dans tout ce qu'il écrit.

    31.  Bernnard | 8/08/2023 @ 10:25 

    Je voudrais apporter quelques précisions (car j’ai mentionné la température et cela peut porter à une confusion) et peut être aussi relancer le débat :
    J’ai postulé que l’eau très chaude sortant des volcans et bouches hydrothermales sous marines se retrouve à la surface des océans augmentant la température de certaines zones de surface océanique.
    Bien sûr je parle de température mais il faut raisonner en énergie thermique. J’aurai dû parler de variation de volume d’eau. [blablabla] C’est donc le volume de surface chaud qui varie (et la température faiblement) et c’est là qu’en fin de compte se retrouve l’énergie libérée de l’activité volcanique sous-marine (c’est normal le produit PV augmente avec le volume et est assimilable à des joules). Cette énergie s’ajoute à l’énergie thermique solaire reçue du soleil par les eaux océaniques de surface. 

    S'il n'y avait que ça qui pouvait porter à confusion...Bernnard est en fait la confusion incarnée, cependant personne n'osera lui dire qu'il ne comprend rien à rien et tente d'expliquer des choses qu'il croit avoir assimilées mais qui datent de ses années de collège.

    48.  Bernnard | 10/09/2023 @ 10:55 

    En mettant un peu d’ordre j’avais oublié de signaler cet article qui date de 2016 et en parti dans le sujet de ce fil de discussion : https://www.skyfall.fr/2016/02/12/volcans-marin-ont-effet-lenso/comment-page-1/#comments

    C'est surtout dans sa tête qu'il devrait mettre de l'ordre, mais comme il en est incapable quelqu'un de charitable devrait lui conseiller d'aller consulter, il y a des spécialistes chargés de nettoyer les cerveaux endommagés.