jeudi 21 juin 2018

Antisémitisme chez Anthony Watts...

C'est tellement gros que ça passe comme une lettre à la poste.

Anthony Watts publie sur son site un billet d'un certain Grégoire Canlorbe, un jeune homme bien propre sur lui qui a la particularité d'être le vice-président du Parti National-Libéral français, dont le président n'est nul autre que Henry de Lesquen, un bon ami de Jean-Marie Le Pen.

Rappelons que Lesquen fut le dirigeant de Radio Courtoisie, la radio du Front, jusqu'en 2017, et qu'il a notamment pensé être candidat à la dernière Présidentielle avec dans son programme, entre autres, le bannissement de la "musique nègre" des médias publics ; il aurait dit, selon le site StreetPress :
La musique nègre stimule les mêmes zones du cerveau que la sexualité. C’est donc une musique obscène de part en part.
Est-ce donc si étonnant que le fringant Canlorbe, en digne élève de Lesquen, se fende chez Anthony Watts d'une tirade aux accents clairement antisémites ?
[…] Macron’s conceptions lie in the lineage of the global superclass whose emissary he is. By “global superclass,” an expression we owe to Samuel Huntington, and which owes its popularity to the political commentator David Rothkopf (who took it over), one must understand a transnational network of uprooted and denationalized people, whose gestation dates back at least to the beginning of the twentieth century and whose constitution accelerated with the fall of the Soviet bloc. Among its members, the global superclass includes as much financiers, and the leaders of various international institutions, as executives and business leaders, writers, university professors, NGO bosses, or movie stars. More or less informally, cosmopolitanism constitutes the ideology par excellence of the global superclass, but it is far from exhausting the gist of its worldview: climate activism, which we will see is in league with Neo-Malthusianism—and with what might be called Gaia’s cult—is equally well anchored among the members of the global superclass. 
[...] Les conceptions de Macron se situent dans la lignée de la superclasse globale dont il est l'émissaire. Par «superclasse mondiale», expression que nous devons à Samuel Huntington, et qui doit sa popularité au commentateur politique David Rothkopf (qui l'a repris), il faut comprendre un réseau transnational de personnes déracinées et dénationalisées, dont la gestation remonte au moins au début du XXe siècle et dont la constitution s'est accélérée avec la chute du bloc soviétique. Parmi ses membres, la superclasse mondiale comprend des financiers, des dirigeants de diverses institutions internationales, en tant que cadres et chefs d'entreprise, écrivains, professeurs d'université, chefs d'ONG ou stars de cinéma. Plus ou moins informellement, le cosmopolitisme constitue l'idéologie par excellence de la superclasse mondiale, mais il est loin d'épuiser l'essentiel de sa vision du monde : l'activisme climatique, que nous verrons se concilier avec le néo-malthusianisme - et ce que l'on pourrait appeler Gaia culte - est également bien ancré parmi les membres de la superclasse mondiale.
Ainsi la science climatique et ses messagers se voient réduits au rôle de « superclasse mondiale », à laquelle appartiendrait donc Macron, qui fait furieusement penser à la diaspora Juive par la description qu'en fait notre zélateur du « racisme positif », ce que Lesquen appelle la « conscience des races ».

Un des commentateurs ne s'y est d'ailleurs pas trompé :
philsalmon - June 20, 2018 3:18 pm
By “global superclass,” an expression we owe to Samuel Huntington, and which owes its popularity to the political commentator David Rothkopf (who took it over), one must understand a transnational network of uprooted and denationalized people, whose gestation dates back at least to the beginning of the twentieth century and whose constitution accelerated with the fall of the Soviet bloc. Among its members, the global superclass includes as much financiers, and the leaders of various international institutions, as executives and business leaders, writers, university professors, NGO bosses, or movie stars.
Antisemitism anyone? 

Le titre du billet était Why the Right should espouse climate-realism (Pourquoi la droite devrait-elle adopter le réalisme climatique?)

Le soi-disant « réalisme » climatique si cher à Benoit Rittaud est-il donc tombé si bas ?

Evidemment je ne commenterai même pas sur le reste de l'article qui n'est rien d'autre que la déclinaison habituelle de tous les poncifs à la mode dans le petit monde des climato-irréalistes.



samedi 16 juin 2018

C'était dans l'air vendredi avec Jean Jouzel et Louis Bodin, chez Bruce Toussaint

Parfois la télé nous offre de bonnes surprises avec des émissions d'information dignes de ce nom, ce fut le cas vendredi en fin d'après-midi avec Bruce Toussaint qui avait invité quatre intervenants pour son émission C dans l'air dont voici la présentation sur le site de la chaine :
Ciel gris, fortes averses, éclairs, coulées de boue, inondations…Des orages particulièrement violents s’abattent, depuis le début du mois de mai, sur la France, et beaucoup de départements sortent un peu sonnés de cet épisode orageux que Météo France qualifie de « remarquable ». Aucune région en effet n’y a échappé, des Hauts-de-France à l’Occitanie, en passant par l’Ile-de-France ou la Bretagne, et les dégâts causés sont considérables. Des milliers d’hectares de vignes ont notamment été ravagés par la grêle dans le Bordelais, en Gironde. Dans le Finistère, l’équivalent d’un mois de pluie s’est abattu en une demi-heure sur Morlaix, le 3 juin, submergeant le centre-ville. En Loire-Atlantique, il est tombé en une heure lundi dernier 33 mm d'eau. Cela fait près de quarante ans que l'on n'avait pas vu cela à Châteaubriant. En Indre-et-Loire, des niveaux d'intempéries vieux de quinze ans ont été battus. Des rues sont devenues des torrents et le hall d'une gare une pataugeoire. Mardi après-midi, c'est la Normandie qui a été durement touchée, et notamment le département de l'Orne. En Ile-de-France où tous les records de pluie pour un mois de juin ont été battus, une rame du RER B s’est renversée. Hier soir, dans le Haut-Rhin, plusieurs petits villages ont vu leurs routes détruites par les pluies diluviennes et les coulées de boue. Et si la fin de semaine s'annonce plus calme, quatre départements sont néanmoins toujours en alerte pour inondations. Violents orages de grêle, impressionnantes trombes d'eau… Depuis plus d’un mois, les alertes orange de Météo France se succèdent sur une bonne partie de l'Hexagone qui connait des phénomènes aux allures tropicales et des niveaux de précipitations inédits dans certaines régions. Alors comment expliquer ce phénomène ? Notre climat se détraque-t-il ? La France se tropicalise-t-elle ? L’urbanisme et le territoire sont-ils adaptés à ces épisodes météorologiques ? Enfin à quoi faut-il s'attendre cet été ? Invités : - Louis Bodin, météorologue - Magali Reghezza, géographe, spécialiste des risques naturels et des questions environnementales - Jean Jouzel, climatologue et glaciologue - Stéphane Penet, directeur des assurances de biens et de responsabilité de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA).
Tout d'abord disons-le tout de suite, aucun climatosceptique sur le plateau, le journaliste n'avait pas cru bon d'inviter un Benoit Rittaud ou un François Gervais, tous les intervenants étaient convaincus du réchauffement climatique et de ses effets négatifs sur la planète, même si le côté « anthropique » n'a pas vraiment été abordé.

Bruce Toussaint introduisant le sujet de l'émission.

De gauche à droite : Stéphane Penet, Jean Jouzel, Bruce Toussaint, Louis Bodin et Magali Reghezza.

Je me permets à ce stade d'insérer un témoignage tout personnel, qui n'engage donc que moi mais qui me parait quand même significatif. Un artisan d'une ville voisine est intervenu chez moi pour me proposer un devis afin de réparer (ou remplacer) une porte-fenêtre qui ne ferme plus suite aux mouvements de terrain causés par les épisodes de sécheresse exceptionnelle de ces dernières années (la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle pour ce motif) ; sans que je lui suggère quoi que ce soit cet artisan m'a dit que chez lui il avait vu des maisons multiséculaires dont les huisseries avaient suffisamment bougé pour provoquer des problèmes de fermeture inconnus jusqu'à présent ; il n'était donc pas étonné outre mesure par les quelques fissures que je lui montrais, par ailleurs en me renseignant sur internet je suis tombé sur cet article de juillet 2011 dans lequel on apprend que d'après le réassureur Swiss Re et l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) « de nombreuses régions en Europe seront touchées par des pluies plus sporadiques et un assèchement des sols. En conséquence, les sinistres dus aux mouvements de terrain vont augmenter considérablement. » ; et ils ajoutent « Dans certaines régions, la sinistralité potentielle due à la subsidence pour la période de 2021 à 2040 est susceptible d'augmenter de plus de 50 % par rapport à la situation actuelle. »

Les mouvements de terrain dus à la sécheresse vont se multiplier en France et en Europe (source bioaddict)

Ce court intermède pour expliquer 1) que je me sens personnellement concerné par le changement climatique qui a actuellement des effets sur mon existence, ce qui explique en partie mes motivations, et 2) que les assureurs sont eux-aussi concernés par le changement climatique, mais pour des raisons autres que les miennes, car comme l'explique Stéphane Penet dans l'émission de Bruce Toussaint, depuis environ une dizaine d'années les sinistres se succèdent sans discontinuer, alors qu'avant 2008 il y avait des années où les assureurs pouvaient « souffler » un peu et reconstituer leur trésorerie ; aujourd'hui, non seulement il y a d'importants sinistres tous les ans, mais la situation est générale, sur toute la planète, ce qui explique les soucis des réassureurs comme Swiss Re qui auparavant pouvaient opérer des compensations régionales, certaines parties de la planète étant touchées et d'autres pas, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

La géographe, Magali Reghezza, a bien expliqué que l'aménagement urbain et rural ne faisait qu'empirer les choses, l'eau ruisselant sur des terres bétonnées et/ou gorgées d'eau et incapables d'en absorber davantage, d'où les débordements catastrophiques auxquels nous assistons de plus en plus souvent.

Louis Bodin (dont je parlerai du livre Les pourquoi de la météo dans un prochain billet) a insisté sur le fait qu'il était incapable de prédire la météo à plus de 7 jours et que par conséquent il ne fallait pas compter sur lui pour dire si le temps bizarre que nous connaissons depuis début mai allait continuer jusqu'en juillet ; en fait on n'en attendait pas moins de sa part, car s'il s'était aventuré sur ce terrain glissant il aurait définitivement grillé sa crédibilité pour le restant de ses jours !

Quant à Jean Jouzel il a apporté la caution scientifique indispensable en matière de climatologie pour ce genre d'émission grand public où on espère qu'il y a au moins un spécialiste du sujet ; je l'ai trouvé très prudent, voire excessivement précautionneux, en refusant d'attribuer la moindre responsabilité au réchauffement de la planète sur ces événements extrêmes…

J'en connais d'autres, Le Guardian par exemple, reprenant en 2016 une étude de James Hansen prévoyant une montée des eaux pire qu'attendue (Climate guru James Hansen warns of much worse than expected sea level rise), qui n'ont pas ces pudeurs de jeune fille :
[…] humanity is still pumping out CO2 into the atmosphere at a rate 10 times faster than at any point in the past 66m years, with the resulting sea level rises, extreme weather events, coral bleaching and drought already evidenced around the globe.  
[...] l'humanité expulse toujours du CO2 dans l'atmosphère à un rythme 10 fois plus rapide qu'à n'importe quel moment des 66 millions d'années passées, avec le niveau de la mer qui en résulte, des phénomènes météorologiques extrêmes, le blanchissement des coraux et la sécheresse partout dans le monde.
Alors est-ce que le Guardian et James Hansen sont excessivement catastrophistes, ou Jean Jouzel excessivement prudent ? Telle est la question que je vous pose, saurez-vous y répondre ?

mercredi 13 juin 2018

Donald Trump est vraiment un crétin, nous en avons désormais la preuve

Certains pensent que Donald Trump n'est pas si bête qu'il en a l'air et que toutes ses déclarations ou actions poursuivent un seul but, plaire à son électorat, celui qui lui a permis d'atteindre les plus hautes fonctions et qu'il caresse dans le sens du poil afin que les Républicains obtiennent la majorité lors des prochaines élections de mi-mandat en novembre.

C'est certainement vrai en très grande partie, Trump a un talent avéré pour embobiner les gens pour arriver à ses fins, la fin justifiant toujours les moyens d'après lui.

Mais Trump a aussi un côté clairement stupide et il en a récemment fait la démonstration par une déclaration surréaliste :
Sixteen thousand people, many of them in Texas, for whatever reason that is. People went out in their boats to watch the hurricane. That didn't work out too well. 
Seize mille personnes, dont beaucoup au Texas, pour quelque raison que ce soit. Les gens sont allés dans leurs bateaux pour regarder l'ouragan. Cela n'a pas très bien fonctionné.
Ainsi il semble que Trump pense sérieusement que 16 000 personnes sont allées admirer les divers ouragans qui ont frappé l'an dernier le territoire américain en prenant leur bateau et ont par conséquent dû être secourus par les Coast Guards (la Garde Côtière en bon français)

Il ne lui viendrait pas un seul instant à l'esprit que les Coast Guards sont essentiellement intervenus pour secourir des gens bloqués dans leur maison ou leur bateau à quai, celui-ci leur servant d'habitation, comme il y a des péniches habitées le long de la Seine par exemple ; difficile de considérer que ces résidents étaient en train de contempler le magnifique ouragan qui leur arrivait dessus, leur priorité du moment étant sans aucun doute de se protéger du mieux qu'il leur était possible.

En fait les Coast Guards ont effectué, au moment de l'ouragan Harvey, le sauvetage de 11 022  personnes et de 1 384 animaux de compagnie, exactement.

Mais les Coast Guards n'ont pas été les seuls à secourir les personnes en détresse, puisque pratiquement tous ceux qui possédaient un bateau ou engin capable de flotter ont activement participé au sauvetage en parallèle avec les professionnels, ces derniers n'étant pas en nombre suffisant pour faire face à la situation ; c'est peut-être en visionnant des images comme celles-ci que Trump a cru que les gens étaient sortis pour « regarder l'ouragan » :

It seemed practically anyone who had a boat went out to rescue stranded victims of Hurricane Harvey. This photo showing flooding along Tidwell at the east Sam Houston Tollway in Houston August 2017 is typical of such rescues all over affected portions of this region.

Flood victims are evacuated by boat from their neighborhood near the Addicks Reservoir as floodwaters rise from Tropical Storm Harvey on Tuesday, Aug. 29, 2017, in Houston. ( Brett Coomer / Houston Chronicle )

A moins que ce ne soit à partir de celles-ci :

Bellaire 
Westbury
Kingwood
On y voit effectivement beaucoup de gens sur leur frêle embarcation en train de « regarder » les dégâts causés par Harvey, nul doute que pour Trump il s'agissait d'inconscients que les Coast Guards sont allés secourir au péril de leur vie…



lundi 11 juin 2018

Du col de la Gineste aux falaises du Devenson en passant par le mont Puget

Si vous voulez avoir une bonne vue d'ensemble de ce que sont les Calanques marseillaises et cela en effectuant une seule randonnée, peut-être que celle que je propose ici est ce qu'il vous faut.

Je me suis inspiré pour « bâtir » cette (longue) balade de deux parcours mentionnés dans le topo-guide Les Calanques à pieds (Marseille - Cassis - La Ciotat) :
  • n° 21 : Les falaises du Devenson, à partir du Logisson ;
  • n° 22 : Le sommet du mont Puget, à partir du col de la Gineste.
Le complément indispensable à ce topo-guide (lequel est resté dans mon sac tout le temps de la randonnée) est la carte IGN Les Calanques de Marseille à Cassis qui mentionne très clairement les divers circuits balisés que l'on peut rencontrer sur son chemin ; voici d'ailleurs la partie de la carte qui concerne notre itinéraire :

Extrait de la carte IGN des Calanques de Marseille à Cassis.
Pour faire court, avant de passer à plus de détails, la randonnée débute au col de la Gineste, en haut à gauche, emprunte les itinéraires 6 et 7 jusqu'au puits du Cancel, passe par le vallon de Sainte-Marthe, gravit le mont Puget par le 6b, puis redescend par le même chemin et prend sur la droite le 6 vert jusqu'au pied de la Grande Candelle, prend le GR sur la gauche pour rejoindre le 8 qu'il ne quittera plus jusqu'au puits de l'Oule, monte ensuite par le 3 vers le Cap Gros via les « Escaliers » et continue par le 6 rouge puis le 6 vert pour rejoindre le puits du Cancel et ainsi boucler la boucle, ne restant alors plus qu'à rejoindre le col de la Gineste par le même chemin qu'à l'aller.

Avec les données GPS cela donne ceci :

Données GPS avec vue satellite.

Données GPS avec vue carte et terrain.
Evidemment le GPS m'a encore joué son tour préféré, à savoir me faire démarrer d'un endroit incongru alors qu'il m'indiquait que tous les satellites étaient captés et qu'en principe je pouvais partir tranquille…

Peut-être était-ce dû à la météo du moment, très « nébuleuse », allez savoir :

Le départ du col de la Gineste, sous des cieux peu engageants...
Ce qui fait que les données statistiques du GPS sont à corriger de cet écart de départ :

Données GPS avec vue altitude, distance et vitesse.

Bien que le GPS donne une distance de 17,59 km il faut y enlever un bon kilomètre et demi, ce qui nous fait une balade d'une longueur d'environ 16 kilomètres ; par contre la durée de 7 heures et quart est elle bien réelle, ce qui fait que si je devais coter cette randonnée je la classerais difficile.

Difficile donc non seulement de par sa longueur (les autres balades difficiles du topo font entre 12 et 18 kilomètres…) mais également à cause de certains passages qui, sans être vraiment compliqués, nécessitent un bon pied montagnard car étant à la limite de l'escalade (il faut « mettre » les mains et poser les pieds correctement), ce qui fait que cette randonnée ne s'adresse pas au simple touriste en espadrilles !

Notons également qu'il n'y a quasiment AUCUN point d'eau sur le parcours et qu'il ne faut pas se fier aux divers « puits » mentionnés qui sont pour la plupart bétonnés et impossibles d'accès ; par conséquent prévoir au minimum 2 bons litres d'eau par personne afin d'éviter tout désagrément, surtout dans la deuxième partie qui nous fait revenir à la voiture et que l'on effectue essentiellement en montant ainsi que sous les plus fortes chaleurs de la journée.

Ce mardi 5 juin le temps était donc correct mais très nuageux, le mont Puget étant entièrement pris dans le brouillard, ce qui explique que je n'ai aucune photo à vous montrer depuis son sommet.

Mais peu après le départ on avait quand même suffisamment de visibilité pour apercevoir Marseille sur notre droite :

Vue générale de Marseille peu après le départ du col de la Gineste.

Notre-Dame de la Garde.

Le vallon de Sainte-Marthe présente deux passages dans lesquels le randonneur devra faire quelques efforts supplémentaires, notamment essayer de trouver les meilleures prises…

Un des deux passages de semi-escalade dans le vallon de Sainte-Marthe.

Mais rien de vraiment insurmontable, les prises sont là, il suffit de poser les pieds dessus.

Ce vallon de Sainte-Marthe, malgré son caractère plus technique que le cheminement normal, est bien plus agréable (et moins fréquenté…) et mérite amplement le détours ; il est cependant préférable, je pense, de le monter plutôt que de le descendre, mais chacun aura son avis personnel là-dessus...

Le vallon de Sainte-Marthe.

Arrivés sur la crête il suffit de monter sur la droite pour atteindre facilement le Puget ; par temps clair la vue est magnifique et embrasse quasiment toutes les Calanque de Marseille à Cassis, malheureusement ce jour-là, comme je l'ai dit plus haut, le massif était pris dans la brume donc nous sommes redescendus après une très courte halte.

Par la suite l'itinéraire emprunte le vallon de la Candelle sur sa rive droite pour arriver au pied de la Grande Candelle en rejoignant le GR 51-98. A partir de là on suit la côte au plus près en restant toutefois toujours au sommet des falaises (on peut à certains endroits descendre vers la mer mais là on change de registre…)

Le Cap Morgiou avec au loin l'ile de Riou.
Le Cap Canaille au fond, au-delà des falaises du Devenson.

L'impressionnante calanque de l'Oeil de verre au bas du Val Vierge (vierge car très peu fréquenté…)
La Grande Candelle.
Une bande nuageuse couvre l'horizon dans sa totalité, annonçant la future perturbation.
Panorama : à gauche le début des falaises du Devenson, au centre l'ile de Riou au-delà du Cap Morgiou, et à droite la Grande Candelle et le Cap Gros.
Au dessus des falaises du Devenson.
Au-dessus de l'Eissadon, vue sur la Pointe de l'îlot et le plateau de Castel Vieil.

La descente est raide vers la grotte de l'Oule
La grotte de l'Oule.

C'est ici, à l'abri du soleil (ou de la pluie éventuellement) que l'on peut faire la halte casse-croute puisque nous sommes sensiblement à mi-chemin et qu'une longue montée nous attend.

En arrivant au Pas du Chat par les Escaliers..
Pour donner une idée de la montée, nous venons du vallon qui se trouve au pied du plateau de Castel Vieil que l'on aperçoit au centre de la photo ; le sommet des falaises du Devenson est nettement visible sur la droite, la remontée s'est elle effectuée derrière les lames calcaires figurant au premier plan (on aperçoit les traces du sentier sur la croupe semi-herbeuse)

Le Cap Gros et son puits où il est parfois possible de prélever un peu d'eau, à condition d'avoir une corde et un seau !

Voici un gros plan GPS du parcours près du Val Vierge :

La Grande Candelle à gauche et le Val Vierge à droite ; le Cap Gros juste au-dessus et le col des Charbonniers tout en bas.

Ainsi sur le chemin du retour on surplombe le sentier emprunté à l'aller ; sur cette vue « de dessus » on peut notamment apprécier le caractère encaissé du Val Vierge, un endroit peu recommandé pour les randonneurs du dimanche !

Les Escaliers sont repérables aux courts lacets qu'effectue le sentier après la montée rectiligne longeant le Val Vierge.

Auparavant on aura parcouru le sommet des falaises du Devenson :

Les falaises du Devenson avec la Grande Candelle à leur gauche et le plateau de Castel Vieil à leur droite.

Sur cette vue on aperçoit une partie de la balade en situation par rapport à Cassis et sa longue et étroite calanque de Port Miou ; celle-ci est séparée de la petite calanque de Port Pin par une presqu'ile, la Pointe de la Cacau ; ensuite vient la magnifique calanque d'en Vau, certainement la plus belle de toutes.

Il est remarquable de noter que seule la calanque de Port Miou appartient à la commune de Cassis, toutes les autres, à partir donc de la calanque de Port Pin, dépendent de Marseille.

Voici la même vue façon carte avec terrain et topographie (sommaire) :

Données GPS avec vue carte-terrain.

Enfin, il est à noter que l'on peut raccourcir et simplifier le parcours en choisissant de prendre le GR à cet endroit précis :

Bifurcation entre GR51-98 et sentier n°8.

En prenant le GR on évite une partie relativement difficile et consommatrice de temps, mais on se prive de beaux points de vue, c'est donc une décision à prendre en fonction de l'état des troupes et/ou de la météo du moment.

Le retour à la voiture, au col de la Gineste, ne présente pas de difficultés particulières depuis le Cap Gros, cependant il s'avère long et fastidieux, surtout du fait que l'on en a « plein les jambes », qu'il commence à faire chaud et que l'on manque peut-être d'eau si l'on n'a pas été assez prévoyant…

En résumé une randonnée pour marcheurs aguerris et correctement équipés ne connaissant pas la région et désirant avoir un bon aperçu de ce que sont les Calanques.



vendredi 1 juin 2018

Anthony Watts prend (encore et encore) ses lecteurs pour des idiots

Nous sommes bien habitués maintenant, nous savons depuis longtemps, du moins ceux qui n'ont pas oublié d'allumer leur cerveau, que le site WUWT ne produit que de la désinformation scientifique et qu'il s'agit d'un piège à clicks à l'attention des gogos.

Bon on passera sur sa complainte récente dans laquelle il prétend que son site a fait l'objet d'attaques (the site has been under attack by a variety of forces) et qu'il a attiré pas moins de 353 millions de vues (At present, WUWT stands at 353 million views) confondant allègrement les vues avec les « hits », ce qui, d'après HotWhopper, ne représenterait en réalité que quelques 3 millions de vues, ce qui n'est déjà pas si mal pour un site crachant des fake news à un rythme effréné (en moyenne 5 à 6 articles par jour...)

Ce qui nous intéresse ici, ce ne sont pas les caliméronations de Tony Watts, mais son exercice de cherry-picking dans l'article qu'il intitule Inconvenient: new treeline paper suggests temperatures were warmer 9000 years ago afin de mieux piéger les naïfs passant par là tout en enfonçant une porte déjà ouverte par plus compétents que lui.

Il fait référence à une récente étude d'un certain Leif Kullman, Further Details on Holocene Treeline, Glacier/Ice Patch and Climate, qui, comme son titre ne l'indique pas, ne concerne qu'une toute petite partie de la planète, à savoir les Scandes, encore appelées les Alpes scandinaves :

Carte des Alpes scandinaves (source wikipedia)

Et encore s'agit-il de la partie nord suédoise des Scandes !
The present paper reports results from an extensive project aiming at improved understanding of postglacial subalpine/alpine vegetation, treeline, glacier and climate history in the Scandes of northern Sweden.
Le papier en question suggère que durant les débuts de l'Holocène la température, à cet endroit, aurait été supérieure, en été, et à cette altitude (600-700 au-dessus de la limite actuelle des arbres), d'au moins 3,6°C à ce qu'elle est aujourd'hui (This implies, corrected for land uplift, summer temperatures, at least 3.6 °C higher than present-day standards.)

Evidemment si vous avez lu des livres sérieux sur le sujet du climat (comme par exemple Climats - Passé, présent, futur, de M-A. Mélières et C. Maréchal) vous savez à quoi vous en tenir, notamment qu'il y avait (et qu'il y a toujours) de grosses différences de comportement entre les hémisphères nord et sud, et que, par conséquent, penser que la situation d'un endroit isolé d'une montagne suédoise valait (ou vaut encore) pour l'ensemble de la planète ne signifie ni plus ni moins que se mettre le doigt dans l’œil jusqu'à l'épaule.

Pourtant c'est bien le message que notre Tony Watts tente de faire passer auprès de ses lecteurs, dont la plupart mordent avidement à cet hameçon bien trop gros pour être honnête :
Tom Halla May 31, 2018 at 2:49 pm So almost all life on earth was extinguished eight thousand years ago? After all, it was 5 degrees C warmer than present, and we all know 2 degrees will be catastrophic?/sarc
Ce Tomhalla se croit sarcastique alors qu'il n'est qu'un idiot, ce qui lui est prouvé dans la foulée par un habitué des lieux qui commente très souvent et a même écrit au moins un article à ma connaissance :
Javier May 31, 2018 at 3:38 pm 3.6° warmer at summer at the Swedish Scandes. Doesn’t mean that the yearly anomaly was that much warmer elsewhere. The northern summer insolation was really high at the time producing very warm summers at very high latitudes. Globally I have estimated ~ +1.2-1.5°C warmer than the LIA, or about 06-0.8°C warmer than now.
Javier a donc « estimé » par ses propres calculs une température 06-08°C plus chaude qu'aujourd'hui au niveau global, mais peut-être n'a-t-il pas lu Marcott et al. (2013), autrement il aurait également informé ses collègues que d'autres que lui ont relevé que les hautes températures de la première moitié de l'Holocène étaient dues à l'inclinaison de la Terre par rapport au Soleil et que si les températures des 10 dernières années (avant 2013) n'ont pas excédé le pic de la période interglaciaire, elles sont toutefois plus chaudes que durant 75% de tout l'Holocène (Current global temperatures of the past decade have not yet exceeded peak interglacial values but are warmer than during ~75% of the Holocene temperature history.)

Le site cite-sciences nous fournit un graphique qui je pense est tiré de ladite étude (à laquelle je n'ai pas accès) :

Les résultats montrent que la température à la surface du globe a augmenté dans la première moitié de l’Holocène (-10 000 ans à -5 000 ans) jusqu’à atteindre des valeurs qui n’ont pas encore été dépassées aujourd’hui. Cette augmentation est liée à l’inclinaison de la Terre par rapport au Soleil : l’hémisphère nord recevait un ensoleillement plus fort. En revanche, au cours des 5 000 dernières années, cette inclinaison a progressivement évolué vers sa position actuelle, réduisant l’exposition de l’hémisphère nord au soleil.
Au passage on reconnaîtra sur la droite, pour les 2000 dernières années, la courbe en forme de crosse de hockey de Michael Mann qui se voit encore confortée (la partie horizontale est ici très accidentée à cause de l'échelle, mais si on l'étire sur la longueur vers sa gauche on la verra s'aplatir et former le manche de la crosse)

Et Marcott concluait :
Intergovernmental Panel on Climate Change model projections for 2100 exceed the full distribution of Holocene temperature under all plausible greenhouse gas emission scenarios.
Autrement dit à la fin du siècle, quel que soit le scénario d'émissions envisagé, la température aura dépassé le maximum enregistré durant l'Holocène ; mais je me demande si en fait ce n'est pas déjà le cas...

Reconciling divergent trends and millenial variations in Holocene temperatures (source nature)

Tout ceci étant très compliqué, en tout cas bien plus compliqué que ce que voudraient nous faire croire certains, je suggère d'attendre un peu que les choses se décantent ; je n'ai pas terminé le livre dont j'ai donné les références plus haut et je n'ai fait que survoler la partie concernant l'Holocène, j'en saurai peut-être un peu plus dans quelque temps.

Pour le moment je fais une pause, j'ai d'autres projets à court terme qui vont m'éloigner temporairement de mon blog, notamment un changement d'ordinateur et quelques jours de randonnées pour essayer de profiter de quelques coins de ciel bleu parmi les nuages annoncés.

Encore une affaire à suivre...