lundi 14 juin 2021

(Fausse) randonnée dans la Combe Paradis

 Pour faire chaud il a fait chaud, quelques 35°C à l'ombre, donc probablement 40°C et plus en plein soleil !

C'est la quatrième fois de suite, et probablement la dernière avant l'été, que nous nous sommes rendus dans les Corbières, cette fois pour aller soi-disant visiter la Combe Paradis que nous ne ferons en réalité qu'effleurer.

La randonnée est disponible sur le site Visorando, en voici quelques détails pour compléter le topoguide.

Accès routiers pour atteindre Fontjoncouse.

Cette randonnée se situe donc pas très loin de notre première virée dans les parages (voir Le cirque de Viviès depuis Thézan-des-Corbières)

Données générales et personnelles.

A cette occasion voici les différences avec le topoguide :
  • Visorando :
    • Durée : 5h00
    • Distance : 14,01km
  • Polar :
    • Durée : 4h30 (courte pause déjeuner comprise)
    • Distance : 14,94km
Nous avons donc bien marché, malgré les hautes températures (surtout à la fin) et la longueur du circuit, mais nous avons fait 1km de plus que ce qui est mentionné. Pourquoi ? Eh bien justement, la chaleur, ainsi que les jambes lourdes, bien que plus entrainées que les fois précédentes, expliquent probablement un petit manque de lucidité ou simplement d'attention dans les « détails » ; voici le circuit avec vue depuis le satellite, avec un zoom sur la dernière partie où les erreurs de parcours se sont concentrées :

Circuit réalisé.

Erreurs commises.

On distingue nettement, sur la première vue, où se situe la Combe Paradis, c'est le gros « trou » bien visible au centre, et on constate qu'on est loin de l'avoir visitée !

Pour les erreurs c'est simple, d'abord nous avons raté un embranchement en restant sur le chemin qui nous paraissait le plus évident (à une certaine cote IGN 298 que nous n'avons pas remarquée), ensuite en parvenant à un croisement la description évoquait une vigne « à main droite » alors que nous l'avions en réalité « à main gauche » en arrivant par le mauvais côté, puis pour rejoindre le point de départ, l'agréable village de Fontjoncouse, nous avons d'abord emprunté un petit sentier pensant que c'était par là que nous étions passés (mention sentier trompeur) et pour finir nous avons manqué le véritable embranchement en continuant trop loin, ce qui nous a fait parvenir au village par un chemin détourné ; bref le tout nous a pris ce fameux kilomètre supplémentaire qui ne s'imposait vraiment pas (aucun intérêt particulier)

Voici un court compte-rendu en photos afin de pimenter cette superbe randonnée :

Après avoir garé la voiture à l'entrée du village on emprunte l'avenue Saint-Victor en direction de la Grand'place.

Sur l'autre versant on ne peut pas ne pas voir l'église Sainte-Léocadie et une demeure massive.

Une grande partie de la balade se déroulera sur ce genre de chemin rocailleux plus ou moins ombragé (ici au départ plutôt moins que plus, mais le soleil ne tape pas encore trop fort)

A l'extrême nord du circuit on redescend progressivement avec vue imprenable sur la Montagne Noire au loin.

Des petites parcelles de vignes sont perdues au milieu de la garrigue.

Nous apercevons sur l'autre versant le rude chemin qu'il faudra gravir (voir plus loin)

Eh oui, le chemin passe « là-dedans » !

Le ruisseau de Donos se franchit à gué sur des palettes !

Les papillons sont légion, mais il faut dire qu'ils sont peu dérangés ici...

C'est tout ce que nous verrons de la Combe Paradis, un panneau à l'entrée de la ferme de la Cabane du Berger.

Et c'est la rude montée pour rejoindre le plateau sous un soleil de plomb.

L'échangeur VTT-routier où nous ferons une très courte pause alimentaire.

Et c'est reparti comme en quarante (degrés ?)

A ce moment on remarque que les ombres sont minimales, le soleil étant quasiment à son zénith. Et c'est à partir de là que les erreurs d'itinéraire vont commencer...

Peut-être avons-nous été distraits...?

Ou sont-ce les poteaux électriques qui nous ont induit en erreur...?

Une prochaine fois nous y reviendrons, mais pour plus costaud avec le Le Tour sublime de Fontjoncouse et ses 18 kilomètres pour 6 heures de marche, une promenade de santé en quelque sorte.

Mais ça attendra l'automne !


dimanche 13 juin 2021

Jean-Dominique "Calimero" Michel se fait remonter les bretelles par la Tribune de Genève

 Pauvre chou.

Ainsi Jean-Domi Michou déclare se mettre « en congé » dans un billet qui restera dans les annales de la bêtise au temps du Covid-19 ; voici ce qu'il nous annonce solennellement dans Ce blog se met en congé sabbatique pour désaccord :

En désaccord avec la rédaction de la Tribune de Genève et sa modération des blogs, je mets cette page temporairement en congé.

« En désaccord », traduire : la Tribune de Genève en a marre qu'on prenne son site hébergeant des blogs pour une rampe de lancement de complotistes en goguette dans le genre de notre anthropogogue. Celui-ci tente désespérément de se justifier en accusant la Tribune de toutes les turpitudes :

Les semaines écoulées ont vu en effet des pressions être exercées contre des voix critiques au motif que les billets publiés sur le blog de la TG ne devaient pas critiquer les productions éditoriales du titre, ce qui relève d'une singulière conception du débat d'idées.

Les « productions éditoriales du titres », traduire : les informations non déformées produites par La Tribune de Genève. Et quand on donne ce genre d'informations non trafiquées c'est bien sûr parce qu'on 

roul[e] pour le gouvernement et les pharmas au point de prendre nombre de libertés avec la réalité

Comme si Jean-Domi n'en prenait pas, lui, des libertés, par exemple quand il nous sort ceci :

Nous vivons une heure [...] où même l'Express fait un mea culpa sur la dérive ayant conduit les médias à traiter de "complotistes" des hypothèses valides et qui étaient à prendre en considération

On croit rêver, on se pince, mais non, on était bien éveillé en lisant cette ineptie !

Jean-Domi fait ici référence aux actuelles interrogations sur l'origine du SARS-CoV-2, ce virus apparu sur les écrans fin 2019 et dont il voudrait à tout prix qu'il ait été « fabriqué » par les Chinois dans leur laboratoire de Wuhan ; mais l'Express ne fait aucun « mea culpa », il ne fait que titrer Accident de laboratoire à Wuhan : quand les théories du complot sont parfois vraies ; on remarquera le mot « parfois » qui aura certainement échappé à notre anthropogogue de guinguette, et l'Express précise :

l'hypothèse selon laquelle la pandémie de SARS-CoV-2 serait le résultat d'une fuite accidentelle d'un laboratoire de l'Institut de virologie de Wuhan - s'est avérée ne pas du tout en être une [théorie du complot]. 

Ici l'Express s'avance peut-être un peu trop, au risque de se planter en beauté, car rien pour l'instant ne permet de valider que le virus se soit bien échappé du laboratoire de Wuhan et aurait donc une origine humaine, non-naturelle.

Par ailleurs à l'époque, début 2020, quand cette théorie a été avancée par les suspects habituels, ces derniers n'avaient absolument aucune bille dans leur sacoche afin de l'étayer un tant soit peu ; et on remarquera que l'Express bémolise grandement son information avec ce paragraphe :

Mais depuis mai, des scientifiques de renommée mondiale, des journalistes scientifiques et l'OMS demandent de repartir à zéro sur la théorie d'une fuite d'un laboratoire, affirmant qu'elle "doit être étudiée plus avant". Cette théorie "[s'est] imposée" et "reste plausible". Même Reuters affirme qu'elle "ne peut pas être exclue" et le président des États-Unis, Joe Biden, en appelle désormais à une enquête plus complète et plus transparente sur les origines du SARS-CoV-2, revenant sur la clôture par son administration de l'enquête sur les origines du Covid-19 menée en 2020 par le département d'État de l'ère Trump. Et le 28 mai 2021, Facebook levait également l'interdiction des publications mentionnant une origine humaine au Covid-19. 

Ainsi la théorie « reste plausible » et elle « ne peut pas être exclue », comme certitude en la matière il est possible à mon avis de faire mieux...

La cerise sur le gateau c'est quand même que si cette théorie semble « plausible », ce sont des « scientifiques de renommée mondiale » qui « demandent de repartir à zéro », de concert avec des journalistes et...l'OMS !

Ah ! que n'a-t-on pas entendu au sujet de l'OMS de la part des complotistes en tout genre, y compris de notre Jean-Domimi, par exemple dans Superbe réponse du Suisse Jean-Dominique Michel aux détracteurs de Hold-up ! dans le très à droite site resistancerepublicaine :

Dans son analyse, le Sénat français identifiait les principaux leviers de cette mauvaise gestion : dramatisation des chiffres et de la pandémie par l’OMS, conflits d’intérêts majeurs au sein de cette organisation, mauvaises décisions des autorités sanitaires françaises, conflits d’intérêts (bis) au sein des comités d’experts, etc.

Ainsi tout va mal dans tous ces organismes nationaux ou supranationaux, mais quand ils semblent s'aligner sur ses positions qu'en dit Jeannot-Domi ? En tout cas voici ce qu'il trouve comme conclusion (il)logique à la renaissance de cette théorie branlante, en citant l'Express lui-même, ce journal honni mais qui retrouve étrangement ici toute sa bienveillance  :

Mais en outre, si un sujet entier peut passer de "folle théorie du complot" à "plausible" en moins d'un an, cela ne détruit-il pas également l'argument voulant que les théories du complot sont dangereuses et devraient être interdites ? Comment pouvons-nous enquêter sur un sujet qui a été privé d'existence par la censure ? »

Ben voyons !

Et le voilà en train de donner un conseil à Tamédia, l'éditeur de la Tribune de Genève :

Plutôt que de jouer à la police de la pensée, les rédactions de Tamedia pourraient être inspirées de se livrer à un exercice d'auto-critique avant d'être rattrapées par la manière dont elles ont failli de  manière répétée à la déontologie journalistique en adoptant des parti-pris exclusifs en faveur de positions qui sont déjà en train de s'effondrer...

L'exercice d'auto-critique, très peu pour notre anthroporigolo qui s'en dispensera, n'en doutons pas un seul instant, étant donné qu'il n'est même pas conscient de l'état dans lequel il erre et fait errer tous les gogos qui le suivent rien qu'à l'odeur.

Finalement il en est des théories du complot comme des élucubrations des voyantes et autres astrologues : à force de prédire n'importe quoi, il arrive un moment où quelque chose tombe à peu près juste, et la conclusion de l'Express se trouve complètement à côté de la plaque :

Si la théorie de la fuite du laboratoire du SARS-CoV-2 s'avère être une vérité scientifiquement vérifiée, de nombreux médias grand public qui l'ont rejetée comme une théorie du complot pourraient avoir été complices de la dissimulation de la véritable raison de la mort de 3,4 millions de personnes. 

Non monsieur Ewan Morrison (il s'agit du véritable auteur de l'article de l'Express paru initialement sur areomagazine) vous n'y êtes pas du tout. Les « medias grand public » ont parfaitement fait leur boulot, ils ont informé leurs lecteurs avec les renseignements qu'ils avaient à l'instant T en prenant conseil auprès des spécialistes de la question, tout comme ils font également leur boulot aujourd'hui en informant leurs lecteurs que Biden a demandé qu'on fasse toute la lumière sur cette affaire (voir Biden adds voice to calls for further investigation into origins of pandemic virus)

Maintenant il ne reste plus qu'à prouver que ce virus est bien d'origine humaine.

Certains risquent d'être (un peu) déçus.


jeudi 10 juin 2021

Le Milobre de Bouisse

 Pour la troisième fois d'affilée nous voilà revenus dans les Corbières. Pourquoi ? Tout simplement parce que :

  1. c'est facile et rapide d'accès (pour nous bien évidemment) par l'autoroute des Deux Mers ;
  2. ce n'est pas trop pentu ni trop haut en altitude, donc idéal pour une remise en forme post-confinement ;
  3. c'est la saison idéale, il ne fait pas encore trop chaud (l'été c'est l'enfer) et les fleurs sont au rendez-vous en quantités inimaginables.
Donc ce jeudi 10 juin, après le cirque de Viviès le 28 mai et la grande faille d'Alaric le 7 juin, c'était au tour du Milobre surplombant le sympathique village de Bouisse de recevoir notre visite protocolaire.

Une fois n'est pas coutume, c'est sur le site Visorando (Le Milobre de Bouisse) que j'ai pécho cette randonnée extrêmement intéressante du fait du panorama qu'elle permet d'apprécier.

A noter que l'itinéraire est totalement vierge de tout balisage mais que les indications du topoguide sont tellement précises qu'il est impossible de se perdre, sauf si vous le faites exprès, ce qui vous regarde après tout.

Cependant pour se rendre au point de départ situé au centre du village de Bouisse il va falloir prendre des petites routes sinueuses de campagne qui vont vous faire paraitre les derniers kilomètres plutôt longuets ; mais le paysage valant le détour ce détail sera vite oublié.

Jusqu'à Carcassonne ça va, après ça se complique un peu...

Si vous avez un GPS pas (trop) de souci, autrement une bonne Michelin fera l'affaire.

Mes données personnelles sont disponibles comme d'habitude libres de droits :

Données générales issues de l'application Polar.


Le monsieur ayant réalisé le topoguide devait se déplacer en déambulateur, je ne m'explique pas autrement les différences constatées :
  • Visorando :
    • Durée : 4h10
    • Distance : 10,57km
  • Polar :
    • Durée : 3h31 (avec déjeuner et sieste compris)
    • Distance : 10,47km
Les distances sont donc identiques au pouillème près, cependant nous avons bouclé le circuit à la vitesse phénoménale moyenne de 3km/h, soit en plus d'une demi-heure de moins (c'est clair ça...?) que l'auteur qui, à mon avis, a dû faire autre chose que randonner pendant ses quatre heures et quelques de pérégrinations...Mais chacun est libre d'occuper son temps comme il l'entend, et peut-être que la prise de notes est pour quelque chose dans l'horaire indiqué (à moins que ce ne soit la secrétaire...euh non, je m'égare là...)

Pour la situation d'ensemble ainsi que les différents points de vue remarquables que j'ai cru repérer sur le terrain voici une carte satellitaire :

A partir du Milobre plusieurs objets sont repérables à condition que la vue soit suffisamment dégagée.

Je n'ai mentionné que ce que l'on peut apercevoir du côté sud, mais au nord il y a des choses passionnantes à contempler aussi (la Montagne Noire par exemple) ; ainsi il m'a semblé reconnaitre, parfois sous d'épais cumulus de beau temps :
A noter que sur ce dernier mont des éoliennes font parler d'ailes, pardon, d'elles ; voir CORBIÈRES : DON’T TAUCH ME :
Les éoliennes ont une durée de fonctionnement limitée à une vingtaine d’années. Ainsi donc dans les Corbières, le temps du « repowering » arrive pour les promoteurs : il s’agit de démonter les anciennes pour les remplacer par des nouvelles, plus grandes, plus high-tech. C’est le cas de la centrale du Mont Tauch située à 800 mètres d’altitude au cœur du Parc Naturel Régional (PNR) Corbières-Fenouillèdes, où 15 des 18 éoliennes en place vont être remplacées par des nouvelles un peu plus grandes.
Voici d'ailleurs une de mes prises de vue qui, bien que de qualité médiocre à cause de la mauvaise visibilité, permet de distinguer les moulins à vent (et même après) :

Le mont Tauch hérissé d'éoliennes.

Pas sûr que ce soit le meilleur endroit pour générer de l'électricité...

Mais moi aussi je peux tourner comme une éolienne, la preuve :



Le tour de piste commence par le nord (on voit le chemin qui mène du Milobre jusqu'à un petit mamelon adjacent) en balayant la Montagne Noire qu'on aperçoit vaguement dans le lointain, puis après avoir survolé un vallon à nos pieds le mont Tauch dessine sa silhouette caractéristique en forme de « serre » avant de laisser la place au Canigou que l'on a du mal à distinguer tout comme les autres massifs perdus dans les nuées, sauf le Pech de Bugarach suffisamment proche pour être totalement dégagé.

Comme je vous ai parlé de fleurs au début voici un échantillonnage à l'attention de vos mirettes :

Dès le départ c'est un corso fleuri qui nous accompagne le long du chemin.

Ce n'est que le début, ça va monter en puissance.

Ça commence à se bousculer au portillon.

Un véritable attroupement !

Les coquelicots sont encore de la partie, mais ils se font rares ici.

Des intrus se servent au buffet, saurez-vous les repérer ?

La Route fleurie ?

Les chardons ardents sont attaqués !

Un tapis de verdure, pardon, de jaunissure.

Non, ce ne sont pas des tournesols...

Les deux équipes se font face, les blancs sont en surnombre.

La bataille fait rage, les blancs sont hachés menu par les violets.

Késaco ?

Je devrais poser la question au butineur. 

Décidemment je m'interroge.

Aigle entier ?

Gratte-ciels flor-hauts.

Je t'aime un peu, beaucoup, et cætera.

La fougère n'est pas une fleur mais elle vaut quand même le coup d'être mentionnée.


Mais vous voulez peut-être quelques photos de la randonnée ? Madame est servie :

L'église de Bouisse au pied de laquelle nous garons le véhicule.

Nous passons sous le chateau de Bouisse.

Le Milobre nous toise dès le début.

Un étrange appareillage dans le lointain, au sud. En arrière plan il semblerait que ce soit le synclinal de Fenouillèdes avec les gorges de Galamus vers la droite (à confirmer)

Le massif du Canigou dans la purée de petits pois.

Le Pech de Bugarach au-dessus de la tête de la dame.

Arrivée au sommet du Milobre.

L'accès au domaine de Salagriffe n'est pas si interdit que ça...

Le petit lac fait partie du lot (à noter les pins attaqués par les chenilles processsionnaires)

Le Pech de Bugarach.

Les seules touristes rencontrées.

Cette fois en arrivant c'est nous qui surplombons le chateau de Bouisse.


That's all folks!


mardi 8 juin 2021

Jean-Luc Mélenchon, spécialiste ès conneries en politique

 Dans la foulée de mon billet sur la connerie en politique (voir Jean Con vient) nous venons d'avoir un magnifique exemple grandeur nature avec la dernière sortie de Jean-Luc Mélenchon (qui rime avec...)

Qu'a dit exactement le chantre de la France Insoumise lors d'une émission sur France Inter animée par Ali Badou ?

On peut vérifier avec la vidéo Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon prédit "un grave incident ou un meurtre" dans la dernière semaine de campagne ; voici le passage qui a fait bander, pardon, qui a fait bondir un grand nombre de commentateurs :

  • Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle nous aurons un grave incident ! Alors ç'a été, ou un meurtre, ç'a été Merah en 2012, ç'a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs Elysées, vous vous rappelez de (sic) tout ça ? c'était la dernière semaine, avant on a eu papy Voise, dont plus personne n'a plus jamais entendu parler après, donc tout ça c'est écrit d'avance [...]
Alors tout d'abord qu'a vraiment voulu dire Jean-Luc Mélenchon ici ? Je propose deux hypothèses :
  1. il y a un complot pour provoquer des attentats juste avant les élections afin de favoriser « certains » candidats ;
  2. le moindre incident, attentat terroriste, agression ou autre fait divers violent, sera immanquablement exploité, instrumentalisé, par « certaines » personnes à des fins politiciennes.
De toute évidence la plupart des « observateurs » de la vie politique ont compris la première hypothèse et pensent, ou essaient de faire croire, que Mélenchon serait un vulgaire complotiste qui fantasmerait sur une machination (de qui ?) amenant à provoquer un événement épouvantable qui ferait le jeu notamment de l'extrême droite.

Personnellement je pencherais plutôt pour ma deuxième hypothèse, à savoir que tout événement épouvantable survenant dans la dernière semaine avant l'élection serait instrumentalisé essentiellement par l'extrême droite comme cela aurait été le cas dans les exemples cités par Mélenchon.

Mais il y a une façon de dire les choses et là, manifestement, Mélenchon s'y est pris comme un manche.

Bref il a déconné.

En effet, proclamer « tout ça c'est écrit d'avance » sans vraiment préciser ce qui serait écrit d'avance, et en laissant donc penser que ce qui serait écrit d'avance serait une machination afin de provoquer un incident grave, c'est ce qui s'appelle se prendre les pieds dans le tapis. Il aurait été bien plus avisé de dire quelque chose dans le genre suivant :
  • Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle le moindre incident sera instrumentalisé par [libre à lui de préciser ici par qui] comme cela a pu être le cas dans le passé avec [...]
En prenant bien garde de ne citer que des exemples d'instrumentalisation qu'il soit en mesure de démontrer ; à ce sujet si papy Voise a très probablement été « utilisé » afin d'éjecter Lionel Jospin du second tour de la présidentielle de 2002 (voir L'affaire Papy Voise: Ces droites qui ont fait tomber la gauche), je suis moins convaincu en ce qui concerne les crimes du terroriste Merah en 2012, mais ce n'est que mon avis, lequel est semble-t-il partagé dans Régionales 2015: Les attentats terroristes ont-ils un impact sur les élections? :

L’affaire Merah n’avait rien changé

« A l’époque, certains disaient que les tueries favoriseraient Marine Le Pen, d’autres que le pouvoir en place -donc Nicolas Sarkozy- en bénéficieraient. Mais nos enquêtes ont montré qu’il n’y avait pas eu de remontée particulière de la droite ou du FN », poursuit le sondeur
Quant à l'attentat sur les Champs Elysées ayant coûté la vie au policier Xavier Jugelé, Pascal Boniface, dans Attentat sur les Champs-Elysées : quel impact sur les élections présidentielles ?, ne croit pas qu'il aura (il s'exprimait le 21 avril 2017) un impact sur le vote des Français, car d'après lui ceux-ci ont intégré le risque terroriste ; il rajoute d'ailleurs que les tentatives de récupération politique de tels attentats ne fonctionnent pas !

Mon analyse est donc finalement que Jean-Luc Mélenchon a dit des conneries à deux niveaux :
  1. il s'est mal exprimé en laissant croire qu'il serait complotiste ;
  2. il a cité des exemples d'attentats (Merah et les Champs Elysées) qui très probablement n'ont eu aucune influence sur les élections.
Il était bien sûr parfaitement en droit d'affirmer que certaines personnalités politiques (suivez mon regard vers la droite...) tentent à chaque fois d'instrumentaliser des faits divers violents afin de pointer du doigt une supposée insécurité qui toucherait tous les Français, ce que peu de gens peuvent contester, mais il s'y est pris comme un débutant ou un consommateur de bière du bistrot du coin, ce qui est quand même étrange de la part de quelqu'un comme lui capable de faire beaucoup mieux.