mardi 16 mars 2021

Itinéraire de la grosse dépression qui a mangé le petit AMP

 Le site earth.nullschool.net que j'utilise régulièrement a été créé en décembre 2013, ce que l'on peut constater avec la création de sa page Facebook avec un premier post à la date du 2 décembre 2013 (vous pouvez au passage admirer ma binette si vous avez de bons yeux) :


Origine du site Facebook de earth.nullschool.net.

Confirmation avec cette célébration du 3ème anniversaire : 

earth.nullschool.net a 3 ans cette semaine ! 🎉 merci à tous les visiteurs 🌏🌎🌍 vous aidez à garder ce projet amusant et enrichissant à développer 😃

Pourquoi je vous dis ça ?

Tout simplement parce que Marcel Leroux est mort le 12 août 2008, soit cinq ans auparavant, et que tout ce qu'il a été capable de montrer comme cartes météo représentant la circulation atmosphérique se résume à peu de choses près à ça (à contempler dans The Mobile Polar High: a new concept explaining present mechanisms of meridional air-mass and energy exchanges and global propagation of palaeoclimatic changes, publié le 18 juillet 1992) :

Fig 1_ Mobile Polar Highs paths from December 18, 1989 to January 25, 1990 (frequencies_ 1/n days) 

Ou ça :

Fig 3 Aprd 28, 1986, 12H00 TU, VIS, METEOSAT 2, CMS, Lanmon 

Ou encore ça :

Fig 5 Propagation of MPHs from the Arctic area to the Meteorological Equator January, 14-23, 1990

Allez un petit dernier pour la route :

Fig 6 Paths of the Mobile Polar Highs and resulting clrculat~on in the low levels of troposphere Northern Hemisphere

J'arrête là, je pense que vous avez à ce stade compris que Marcel Leroux était non seulement un piètre dessinateur mais qu'il est également né et mort un peu trop tôt et qu'il n'a pas pu bénéficier des progrès de la science avec notamment des outils tels que earth.nullschool qui lui auraient permis de vérifier que son hypothèse d'AMP ne tenait pas la route.

Pour illustrer ce que j'avance, c'est-à-dire que les AMP tels que décrits par Marcel Leroux ne sont qu'une illusion heureusement non reprise par aucun organisme météo dans le monde, je vais utiliser un autre site que j'ai découvert récemment et qui complète avantageusement earth.nullschool.net ; il s'agit de METEO CONSULT.

Partons de la situation d'aujourd'hui en sélectionnant les pressions :

Pressions du mardi 16 mars (source METEO CONSULT)

Que remarque-t-on immédiatement ?

On voit nettement un anticyclone au large des côtes françaises, recouvrant également les iles britanniques, et plus à l'ouest une grosse dépression au sud du Groenland ; on voit également, bien plus au nord, ce qui pourrait s'apparenter à un anticyclone polaire, c'est la grosse tâche rouge tout en haut et au centre de la carte. Reste à savoir s'il s'agit d'un AMP, nous allons vite être fixés.

Faisons d'abord un petit détour vers earth.nullschool pour voir la situation à 10 kilomètres d'altitude, au niveau du courant-jet (ou jet stream) :

Régime des vents au géopotentiel 250 hPa le mardi 16 mars (source nullschool.net)

Pas besoin de vous faire un dessin à la mode de Marcel Leroux, il y a manifestement une très bonne correspondance entre les pressions mentionnées par Météo Consult (carte du haut) et ce que l'on peut constater avec les méandres du courant-jet (carte du bas) : l'anticyclone au large des côtes françaises est bien présent tant à la surface qu'à 10 kilomètres d'altitude, bien niché au creux du courant-jet côté sud de celui-ci, et une dépression est bien visible plus à l'ouest au large des côtes américaines, bien lovée au creux du courant-jet côté nord cette fois de celui-ci ; par ailleurs il y a bien un autre anticyclone situé bien plus au nord, au nord du Groenland en fait, que l'on peut donc qualifier d'anticyclone polaire si cela peut faire plaisir à certains ; mais ce dernier est-il vraiment mobile et va-t-il, comme nous l'expliquait doctement Marcel Leroux, se déplacer pour aller se rendre, par exemple, sur l'équateur météorologique ? Patientez un instant, vous n'allez pas être déçus.

Reprenons le site de Météo Consult et déroulons le fil des prévisions qui vont jusqu'au jeudi 1er avril prochain en suivant comme leur ombre nos deux anticyclones et notre (grosse) dépression :

Pressions du mercredi 17 mars.

Demain mercredi nous voyons que notre anticyclone polaire a pris un peu de poids, on a l'impression qu'il va dévaler la pente et tout bouffer sur son passage. Vraiment ?

Pressions du jeudi 18 mars.

Déjà jeudi prochain notre anticyclone polaire fait un peu moins le fier, il voit arriver sur lui une énorme dépression, celle-là même qui était la veille au sud du Groenland et qui maintenant occupe toute l'ile en menaçant d'écraser les deux anticyclones qui n'en mènent pas large. Mais attendez de voir la suite :

Pressions du vendredi 19 mars.

Boum badaboum ! La dépression toise vendredi nos deux anticyclone, le polaire commençant à se décomposer, l'autre se maintenant au-dessus des iles britanniques en espérant que le coup lui passera au-dessus de la tête sans trop de dégâts.

Pressions du samedi 20 mars.

Ça se précise, les deux anticyclones qui avaient essayé d'unir leurs forces commencent samedi à se retrouver coupés en deux par la cisaille de la dépression qui ne leur fait pas de cadeaux. Le polaire n'est plus que l'ombre de lui-même et tente de se carapater en douce vers l'est en croyant qu'on ne le verrait pas. C'est raté :

Pressions du dimanche 21 mars.

La dépression continue son travail de dépeçage, ou plutôt d'écrasement devrait-on dire, elle a bien vu le malheureux polaire et entame son recouvrement :

Pressions du lundi 22 mars.

Notre anticyclone à nous se fait lentement mais sûrement aplatir comme une crêpe à la chandeleur, quant au polaire il bénéficie d'un court répit, la dépression sait qu'il ne lui échappera pas :

Pressions du mardi 23 mars.

Ça y est, l'anticyclone atlantique s'est décomposé, le polaire lui pense s'en être sorti indemne, le pauvre fou :

Pressions du mercredi 24 mars.

Dans un dernier sursaut de panique le polaire tente une union de fortune avec un autre anticyclone qui passait par là, mais il sent le souffle glacé de la dépression dans son cou :

Pressions du jeudi 25 mars.

C'en est presque fini, la dépression partage l'Eurasie en deux, le polaire n'est plus qu'un souvenir dans la mémoire des ours maritimes, il a préféré se faire manger par l'autre anticyclone plutôt que de continuer à se faire sans cesse botter le cul, chacun est libre de choisir sa mort après tout :

Pressions du vendredi 26 mars.

Notre polaire a vécu, il s'est bien défendu mais la partie était par trop inégale :

Pressions du samedi 27 mars.

Game over !

De tout ce qui précède l'idée générale qui ressort est bien sûr que ce sont les dépressions qui mènent le bal et les anticyclones, ces gros patapoufs indolents qui ont trop tendance à lézarder au soleil, se font bousculer par elles sur le mode « pousse-toi de là que je m'y mette ».

Mais que voulez-vous, quand on confond anticyclone et dépression il est normal de tout mélanger et de raconter n'importe quoi, ainsi Jean-Marc Jancovici, dans Climat de Panique – Yves Lenoir – 2001, nous narre les égarements d'un certain Yves Lenoir qui a commis un livre que vous pouvez vous contenter d'utiliser pour caler une table bancale pour le cas où vous l'auriez par mégarde acheté (des erreurs ça arrive à tout le monde) ; voici la petite histoire d'une dépression qui se travestit en AMP (ou le contraire, peu importe) :
[Yves Lenoir] montre (page 100) une photo satellite prise en mai 1995, et précise que les mouvements circulaires visibles sur la photo correspondent tous à de tels anticyclones provenant des pôles. [...] Maintenant, que disent les archives météo du jour ? Que la moitié des anticyclones d’Yves Lenoir sont en fait….des dépressions !
Et si cela vous fait penser à un certain monsieur Antoine c'est que vous me lisez régulièrement et que vous savez à quel énergumène on a affaire.


lundi 15 mars 2021

Itinéraire d'un anticyclone

 Météo France nous annonce une semaine hivernale avec cette carte à l'appui représentant les températures et pressions prévues pour vendredi prochain :

Température de la masse d'air au niveau 850 hPa et pression réduite au niveau de la mer modélisées pour le vendredi 19 mars à 12 UTC - © Modèle du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, développé en partenariat avec Météo-France

On voit très nettement l'anticyclone à 1038 hPa au large de l'Irlande, comme il tourne dans le sens des aiguilles d'une montre il est clair que c'est un flux de nord-est qui prédominera alors sur la France (le fameux Moscou-Paris), ce qui est d'ailleurs expliqué par Météo France :

Dès jeudi, avec les hautes pressions qui s’installent progressivement sur les Îles britanniques, le flux va prendre une composante nord-est. Sous une dépression d’altitude associée à de l’air froid, des précipitations devraient traverser le pays, de façon atypique, du Nord-Est au Sud-Ouest. Les précipitations devraient tomber sous forme de neige jusqu’en plaine dans le Nord-Est et le Centre-Est, faisant blanchir les sols.

Tous ceux qui me suivent régulièrement savent qu'il existe des abrut..., pardon des individus qui vont prétendre que nous avons affaire à un AMP, un anticyclone mobile polaire, ce concept nébuleux inventé de toutes pièces par un géographe qui se prenait pour un climatologue, feu Marcel Leroux. Nous avons ainsi un certain Jean-Pierre Bardinet (je ne sais pas si vous connaissez) qui expliquait déjà très sérieusement en 2012 de quoi il s'agit à la suite d'un article intitulé Budget CO2 de l'humanité, le déficit se creuse de plus en plus :

Addendum : le modèle AMP (Anticyclones Mobiles Polaires) élaboré par Marcel Leroux, et GIECquement très incorrect, a été rejeté sans aucune raison par l’establishment climatique.
Ce rejet est d’autant plus scandaleux que le modèle AMP a été validé par la campagne de mesures FASTX de Météo-France: le déclencheur de perturbations dans l’Atlantique Nord se trouve dans les basses couches, et donc est un AMP. Mais qu’une petite équipe, sans supercalculateurs, sans Téraflops, ait pu trouver un modèle dynamique d’échange d’air et d’énergie, validé par l’observation des images satellitaires et par Fastex, c’est inacceptable pour Météo France et l’establishment climatique. Donc, le modèle AMP: personna non grata….

Le dénommé jipebe29, alias donc Jean-Pierre Bardinet, a tout autant d'imagination que son idole Marcel Leroux en avait quand il sortit tel un lapin le modèle des AMP de son chapeau de magicien.

Petite précision, c'est FASTEX et non FASTX qu'il fallait lire, mais Jean-Pierrot s'est repris peu après, on mettra donc l'oubli du E sur le compte d'une étourderie dont le gaillard est coutumier.

Evidemment les « explications » qu'il nous balance sont des élucubrations supplémentaires, le site FASTEX étant plutôt transparent sur le sujet puisqu'il nous dit en sous-titre :

Expérience sur le rail des dépressions Atlantiques et les fronts
Ce qui est en totale contradiction avec le concept d'AMP si l'on en croit un autre abrut..., pardon gentleman en la personne de monsieur Antoine qui m'avait soutenu que les fronts et le rail des dépressions étaient de la foutaise ;  voir Le toboggan des dépressions :
4845. AntonioSan | 4/11/2019 @ 16:30

AntonioSan (#4841), Renforcement de la pression sur le Groenland a 1040 hPa d’apres EC:
https://weather.gc.ca/data/analysis/951_100.gif
https://www.wetterzentrale.de/maps/archive/2019/sat/SAT_1_201911041400_407.jpg
So much pour le rail des depressions annonce par Jourdain du Marigot qui confirme, s’obstine a demontrer qu’il n’a toujours rien compris a la circulation atmospherique de basses couches et a la meteo en general.
Ainsi que Ils doivent être fous ces Anglais ! :
4857. AntonioSan | 6/11/2019 @ 7:13

Le marigot, c’est le gift that keeps giving… Citant Meteo fRance il croit à son invincibilité [blablabla] comme le rail des dépressions est le grand cheval de bataille de Météo fRance qui n’explique rien du tout, ils le servent et bien sûr notre grand comptable reprend.[blablabla]
Avouez que c'est comique, monsieur Antoine crache sur Météo France qui invoque le rail des dépressions, et Jean-Pierre Bardinet, en accord avec lui sur les AMP de Marcel Leroux, tente de nous démontrer que l'expérience FASTEX aurait validé les AMP alors que la première chose qu'on voit sur le site FASTEX c'est une référence au rail des dépressions Atlantiques !

Pour les fronts c'est itou, messieurs Antoine et Bardinet n'y croient pas puisque le modèle des AMP est censé les invalider, et là encore il est cocasse de voir que FASTEX semble accréditer ce concept de fronts autrement on ne comprendrait pas pourquoi ce serait mis en avant en première page du site.
 
Il faut aussi préciser que FASTEX se focalise sur les dépressions pour expliquer la météo sous nos latitudes, alors que Leroux croyait que c'étaient des anticyclones, qui plus est d'origine polaire, qui mèneraient la danse :

FASTEX (Fronts and Atlantic Storm-Track Experiment) is an international research project about weather, precisely about mid-latitude cyclone depressions.

A most essential component of mid-latitude climate, cyclones bring rain water, exchange heat and sometimes turn themselves into still difficult to predict deadly storms.

FASTEX (Fronts and Atlantic Storm-Track Experiment) est un projet de recherche international sur la météo, et plus précisément sur les dépressions cycloniques des latitudes moyennes.

Composante essentielle du climat des latitudes moyennes, les cyclones apportent de l'eau de pluie, échangent de la chaleur et se transforment parfois en tempêtes mortelles encore difficiles à prévoir.


Alors essayons de faire preuve de curiosité et menons notre petite enquête à notre modeste niveau avec les outils à notre disposition, vous allez voir que ce n'est pas si byzantin que ça.

Essayons tout d'abord de retrouver sur le site earth :: a global map of wind, weather, and ocean conditions (nullschool.net) l'anticyclone prévu pour vendredi 19 mars prochain :

Pressions moyennes au niveau de la mer pour le vendredi 19 mars à 12:00 UTC (source nullschool.net)

Vous voyez ce n'est vraiment pas compliqué, et nous constatons que cette carte correspond assez bien avec celle de Météo France : il y a bien un anticyclone (mentionné avec la lettre H pour High) au large de l'Irlande, et on remarque une petite dépression (avec la lettre L pour Low) sur la Corse, ce qui génère un flux de nord-est comme indiqué par la flèche, expliquant le froid qui va nous tomber sur le paletot en fin de semaine ; on distingue aussi une importante dépression entre le Groenland et la Norvège (la grosse tâche bleue) qui semble « actionner » l'anticyclone Atlantique ; en effet, cette grande dépression est de toute évidence bien plus active que l'anticyclone qui se prélasse plus au sud, il suffit pour s'en convaincre de noter les vitesses respectives des vents dans chaque système !

Maintenant, avant de remonter le temps pour revenir à aujourd'hui afin de repérer d'où vient réellement cet anticyclone (du pôle ? de la planète Mars ? de chez ma mère ? mystère, mystère...) prenons de la hauteur comme nous avons l'habitude de faire et allons nous balader à près de 10 kilomètres d'altitude, l'altitude du jet stream (ou courant-jet pour les anglophobes) :

Régime des vents au géopotentiel 250 hPa prévu le vendredi 19 mars à 12:00 UTC (source nullschool.net)

Et là oh surprise (vraiment ?) nous constatons, à 10 kilomètres de distance verticale, une quasi-parfaite correspondance au niveau du régime des vents et de la position des dépressions et anticyclones !

L'anticyclone au large des iles britanniques est bien au même endroit, à un chouia près, que ce soit à la surface ou à 10 000 mètres d'altitude ; la petite dépression méditerranéenne est elle aussi présente, ce qui explique également le fort vent de nord-est poussé par le courant-jet dans sa branche orientale (on remarquera au passage que nous avons affaire à une boucle de type oméga) ;  enfin la grosse dépression de surface entre le Groenland et la Norvège est en fait matérialisée par deux dépressions légèrement décalées, bref tout concorde !

Revenons maintenant à la surface et remontons le temps, voici ce que l'on trouve par exemple pour la journée du mercredi 17 mars :

Pressions moyennes au niveau de la mer pour le mercredi 17 mars à 12:00 UTC (source nullschool.net)

Intéressant n'est-ce pas ?

Ainsi l'anticyclone n'aura pas bougé entre le mercredi et le vendredi, par contre la grosse dépression qui sera vendredi prochain dans les régions arctiques se situera mercredi  au sud du Groenland, elle aura donc rejoint la petite dépression qu'on distingue à peine près du pôle Nord ; mais là où ça devient passionnant c'est quand on remonte à 10 kilomètres d'altitude :

Régime des vents au géopotentiel 250 hPa prévu le mercredi 17 mars à 12:00 UTC (source nullschool.net)

Ne me dites pas que vous êtes surpris, hautes pressions et dépressions sont toujours en phase que ce soit à la surface ou à 10 kilomètres d'altitude, qui plus est on vérifie que les dépressions sont toujours au nord du courant-jet alors que les anticyclones se situent eux à son sud, étonnant non ? Non, ce n'est pas étonnant, c'est normal, c'est toujours comme ça.

Il est temps maintenant d'arriver au 15 mars, à aujourd'hui donc, pour enfin voir où ce sacré anticyclone se trouve réellement ; est-il au-dessus de régions polaires ? Pas vraiment :

Pressions moyennes au niveau de la mer le lundi 15 mars à 12:00 UTC (source nullschool.net)

Aujourd'hui, donc, l'anticyclone qui se trouvera vendredi au large de l'Irlande (revoir carte de Météo France) se situe au beau milieu de l'Atlantique Nord, entre Terre-Neuve et la péninsule ibérique, bref il semblerait, si je ne m'abuse, qu'il s'agisse d'un anticyclone de type subtropical, peut-être l'anticyclone des Açores ou celui du Groenland au sujet duquel on peut lire dans Wikipédia :

L’anticyclone d'Amérique du Nord, connu aussi comme l’anticyclone canadien, est une zone de haute pression se formant habituellement durant l'hiver à partir de sa source dans la partie arctique de l'Amérique du Nord, à l'est des montagnes Rocheuses1. [...] Une extension de ce système est connu en Europe comme l’anticyclone du Groenland.

[La] branche du Groenland va influencer le climat du nord de l'Europe.

Un météorologue, un vrai, est demandé à l'accueil de toute urgence afin de confirmer.

Quoi qu'il en soit cet anticyclone ne vient en aucun cas des régions polaires, et cela pour une bonne raison :

Régime des vents au géopotentiel 250 hPa lundi 15 mars à 12:00 UTC (source nullschool.net)

L'anticyclone, comme on peut facilement le vérifier, est calé bien au sud de la boucle du courant-jet, il ne peut donc pas provenir de régions polaires, ce n'est pas plus sorcier que cela !

Et si vous voulez vraiment en être persuadé il suffit de rembobiner le film et voici la situation telle qu'elle se présentait la semaine dernière, le lundi 8 mars :

Pressions moyennes au niveau de la mer le lundi 8 mars à 12:00 UTC (source nullschool.net)

Cette fois on voit nettement un anticyclone pas très loin des Açores, une dépression au sud du Groenland et une autre en Europe de l'Est ; quant à l'altitude du courant-jet :

Régime des vents au géopotentiel 250 hPa lundi 8 mars à 12:00 UTC (source nullschool.net)

Bref comme d'hab., les anticyclones restent coincés au sud d'une boucle du courant-jet, les dépressions étant reléguées au nord de celui-ci.

Si vous voulez vraiment vous assurer du parcours de cet anticyclone il vous suffit d'aller sur le site et de « jouer » avec les flèches pour faire avancer l'image dans le temps ; après tout vous n'êtes pas obligé de me croire sur parole, le mieux est de vérifier par vous-même, du moins si vous n'êtes pas trop fainéant comme un lecteur lambda de sites que je ne nommerai pas pour ne pas leur faire davantage de tort, pardon, je voulais dire davantage de publicité.

En résumé, je me demande comment on peut, à partir de ces éléments, continuer à prétendre que ce seraient des anticyclones d'origine polaire qui viendraient sculpter la météo que nous connaissons sous nos latitudes ; personnellement je vois essentiellement des anticyclones subtropicaux et des dépressions situées plus au nord, le tout se déplaçant d'ouest en est au gré des ondulations du courant-jet, lequel dicte le rythme et la cadence avec des ondulations plus ou moins marquées et une puissance (i.e. une vitesse des vents) plus ou moins forte.

Comment peut-on être à ce point obtus et aller jusqu'à proférer ce genre d'ânerie que j'ai reportée dans Amélie jolie, Antonio pas beau :
4836. AntonioSan | 2/11/2019 @ 17:30

Anatomie d’un AMP de trajectoire méridienne originaire du détroit de Béring sur le Pacifique Nord, qui devrait atteindre la latitude d’Hawaii sous peu (progression du front de l’AMP d’environ 10 degrés de latitude en 48 heures):
En surface:
Image satellite IR: https://weather.gc.ca/data/satellite/goes_pac_1070_m_2019@11@02_15h00m.jpg
A noter que l’AMP précédent de même trajectoire a déjà atteint l’équateur météorologique infirmant les modèles tri cellulaires de circulation de basse couche qui prétendent stopper l’air polaire aux latitudes moyennes, alors qu’il y a clairement continuité de la masse d’air du pole jusqu’à l’équateur. [bla bla bla]
Tout cela est un mystère pour moi, bien plus profond que la compréhension de la circulation atmosphérique.

« Continuité de la masse d'air du pôle jusqu'à l'équateur » qu'il dit. Et pour lui c'est très « clair ».

Alors est-ce de la simple bêtise ou bien la monumentale mauvaise foi de quelqu'un qui a décidé de s'amuser avec son public en le roulant dans la farine ?

Pour Marcel Leroux il est certain qu'il croyait dur comme fer à sa théorie, par contre pour les pitres qui régurgitent sa « science » le doute est permis.


dimanche 14 mars 2021

Cédric Moro, un missionnaire de la désinformation pseudo-scientifique

 Bon, j'en ai parlé dans mon Fadaisier de la semaine 10 mais je pense utile d'enfoncer le clou tellement la planche est épaisse.

Le présent billet a pour objectif, en somme, de montrer les ravages que les désinformateurs professionnels peuvent causer y compris dans des cerveaux que l'on pourrait a priori croire munis de tous leurs neurones et synapses en bon état de marche.

Les désinformateurs professionnels on les connait, ou du moins on pense savoir de qui il s'agit, ce sont pour l'essentiel des gens issus du monde anglophone, mais on en trouve aussi en nombre plus limité un peu partout ailleurs, sauf dans quelques régions comme l'Afrique et l'Asie, où il y a peut-être trop de monde concerné par le changement climatique et pas assez ayant des intérêts à défendre dans les énergies dites fossiles (c'est une explication comme une autre, si vous en avez une à vous merci de la faire connaitre en commentaire) ; le « partout ailleurs » est donc, d'après moi, essentiellement situé en Europe ainsi que dans les pays du Proche-Orient, là où le charbon, le gaz ou le pétrole ont une importance capitale (L'Australie est, avec l'Indonésie, le premier/second exportateur de charbon de la planète, la Norvège a bien l'intention d'exploiter le maximum de ses ressources pétrolières offshore, l'Arabie Saoudite compte sortir de son sous-sol la moindre goutte de pétrole, etc.) ; il n'est pas étonnant d'apprendre alors que les pays où sévit le plus le climato « scepticisme » sont, dans l'ordre :

  1. La Norvège (le passé de Statoil probablement...)
  2. L'Arabie Saoudite (sans commentaire)
  3. La Suède (mais que fait-elle à cette place…? le pays de Greta...Garbo !)
  4. Les USA (sans commentaire)
En queue de peloton on trouve, en ordre inversé :
  1. L'Inde (les produits pétroliers ne représentent que 13,5% des exportations indiennes)
  2. La Thaïlande (le pétrole ne représente que 2,8% des exportations du pays)
  3. L'Espagne (sans commentaire)
  4. L'Indonésie (mais que fait-elle à cette place avec son statut de second exportateur de charbon…?)
La France, elle, le pays de Cédric Moro, mais aussi du cartésianisme, se trouve au milieu du pack (voir These are the places with the most climate change deniers) (Voici les endroits où l'on trouve le plus de négateurs du changement climatique)

Cédric Moro, le supplétif de Benoit Rittaud qui intervient sur son blog, avec quelques autres, pour combler les trous et faire patienter les abonnés afin qu'ils n'aillent pas voir ailleurs, est, figurez-vous, consultant indépendant sur les risques majeurs, ce qui laisse songeur sachant qu'il n'est même pas capable de voir le gros iceberg vers lequel notre navire fonce tous moteurs au maximum (j'allais écrire toutes voiles dehors mais ça ne colle pas avec le sujet)

Vous devez vous demander pourquoi je vous fais tout un laïus sur les pays où règne le climato « scepticisme » avant d'enchainer avec Cédric Moro, n'est-ce pas ?

C'est très simple en fait, c'est lui-même qui m'en a donné l'idée avec son billet du 11 mars dernier qu'il a intitulé sobrement Le missionnaire 2.0 de l’inquisition climatique ; comprenez-vous maintenant le titre du mien ?

Par « le missionnaire 2.0 de l'inquisition climatique » monsieur Moro désigne le dénommé Rodolphe Meyer, plus connu sous le nom du Réveilleur pour ceux qui s'intéressent un peu à la vulgarisation scientifique sur YouTube.

Rodolphe Meyer est ce que l'on pourrait appeler un « passeur de science », en empruntant cette formulation à Pierre Barthélémy (je lui payerai les royalties pour usage du nom de son site sous forme de gros bisous), et son grand tort est d'être plutôt bon dans son domaine, c'est-à-dire qu'il explique très bien les choses sans les déformer et surtout sans vouloir prendre ses lecteurs (ou vidéo-spectateurs ?) pour des abrutis incapables de raisonner par eux-mêmes ; c'est pour cela que parfois il faut s'accrocher un peu pour le suivre, bref faire un effort de comprenette et ne pas hésiter à suivre les liens qu'il propose et même à en chercher d'autres de sa propre initiative, ce que beaucoup de gens ne savent pas faire, ou bien ont simplement la flemme de faire.

Ainsi Cédric Moro se permet de qualifier Rodolphe Meyer de « missionnaire », terme éminemment religieux, pour bien faire comprendre qu'il le prend pour un extrémiste qui vouerait un culte à une divinité qui n'existe que dans sa tête à lui Cédric Moro.

Cédric Moro qui ne se rend même pas compte qu'en réalité c'est lui le « missionnaire » à l'insu de son plein gré, mandaté sans même le savoir par notamment tous les pays en tête de la liste ci-dessus, ceux évidemment de la première sous-liste commençant par la Norvège et se terminant par les USA (mais il y en a d'autres que je n'ai pas mentionnés afin de ne pas lasser mes lecteurs)

Evidemment la Norvège, l'Arabie Saoudite, etc. n'ont pas embauché Cédric Moro afin qu'il porte la bonne parole sur le blog de Benoit Rittaud, ce serait trop facile, non, Cédric Moro s'est auto-saisi afin d'être leur porte-bonne parole, sans même que les pays en question sachent qui est Cédric Moro.

Car la clé du mystère est là, les types comme Cédric Moro se croient investis d'une mission divine qui consiste à propager partout où ils le peuvent et quand ils le peuvent toutes les désinformations qui ont été soigneusement préparées et bichonnées par les désinformateurs professionnels dont je parlais au tout début de ce billet.

Ainsi dans Le missionnaire 2.0 de l’inquisition climatique il prend la défense de Susan Crockford en étant apparemment sincèrement persuadé qu'il s'agit d'une experte mondiale en ours polaires, ce qu'elle n'est évidemment pas.

Il chouine donc après Rodolphe Meyer qui a écrit sur un blog ami un article intitulé Ce que les ours polaires nous apprennent des climato-dénialistes dans lequel on peut lire :
80% des sites climato-dénialistes citaient [voir Internet Blogs, Polar Bears, and Climate-Change Denial by Proxy dans BioScience | Oxford Academic] Susan Crockford. D’après l’article de 2018, Susan Crockford n’a jamais conduit de recherches originales, n’a jamais publié d’articles scientifiques dans des revues à comité de lecture et s’oppose systématiquement au consensus scientifique sur le sujet. Elle n’a donc rien d’une experte de la question.
Et Rodolphe Meyer a parfaitement raison (j'ai d'ailleurs moi-même évoqué cette étude dans Susan Crockford, la nouvelle égérie du climatoscepticisme ursusmaritime), Susan Crockford n'a JAMAIS rien publié sur les ours polaires comme sujet principal dans une revue à comité de lecture, sa formulation était peut-être un peu maladroite en laissant penser qu'elle n'aurait jamais rien publié DU TOUT, mais il termine quand même sa phrase par « sur le sujet », sous-entendu le sujet des ours polaires ! Cependant elle a dans certaines de ses études évoqué les ours polaires, mais ce n'était en rien le sujet principal et il n'était pas question de leur survie dans le cadre du changement climatique et de la fonte de la banquise arctique (voir en bas de page)

Il n'en fallait pas davantage pour que Cédric Moro enfourche ses grands chevaux vapeurs et balance :
« Jamais », « jamais », jamais, assène t-il, sauf que la bio de son blog est farcie d’articles sourcés, agrémentée de liens, permettant de vérifier qu’elle a bien écrit et co-écrit dans de nombreuses revues à comité de lecture dont la prestigieuse revue « Science », de surcroit sur les mammifères en milieu arctique.
Ah la bio de Susan Crockford, dans laquelle on peut notamment lire ceci :
A favourite pastime during my teens and early twenties was watching the polar bears at the Stanley Park Zoo in Vancouver. 
Un de mes passe-temps favoris pendant mon adolescence et au début de ma vingtaine était d'observer les ours polaires au zoo de Stanley Park à Vancouver.
Ainsi la môme Crockford aurait uniquement vu des ours polaires...au zoo ! Puis bien sûr aussi à la télévision et très probablement sous forme de crânes ou autres parties du corps d'un de ces plantigrades dont on lui aurait amené un squelette en lui demandant de l'identifier, ce qui est en fait son métier et sa réelle spécialité. Et elle confirme dans son blog :
I am a different kind of polar bear expert than those that study bears in the field but having a different background means I know things they do not and this makes my contribution valuable and valid.
Je suis une experte en ours polaires différente de ceux qui étudient les ours sur le terrain, mais le fait d'avoir une expérience différente signifie que je sais des choses qu'ils ne savent pas, ce qui rend ma contribution précieuse et valable.
D'ailleurs si vous recherchez une image de Susan Crockford sur Google vous la trouverez le plus souvent ainsi :

Susan Crockford dans son élément avec ses petits chéris (source principia-scientific)

Première rencontre avec un ours polaire ? (source De Blauwe Tijger)

Il faut bien faire acte de présence au Heartland Institute (source technocracy.news)

Susan Crockford intéresse l'extrême-droite française, c'est un signe, non ? Ici avec Grégoire Canlorbe (source Watts Up With That?)

Bref, pas vraiment une « femme de terrain » effectivement, on la sent plus à l'aise bien au chaud dans son atelier, en conférence ou attablée devant une tasse de thé brûlant en bonne compagnie, plutôt que dans les régions polaires où elle serait obligée de mettre une écharpe et des mitaines, tout comme ces messieurs-là :

Andrew Derocher dans son  élément (source sebiology.org)

Ian Stirling avec un de ses bébés (source CBC News)

Steve Amstrup dans son bureau (source DePauw University)


Dois-je préciser que les trois gentlemen ci-dessus, tous sur leur lieu de travail, ne sont évidemment pas d'accord avec les conclusions hasardeuses de Susan Crockford sur les difficultés que rencontreront les ours polaires dans le siècle à venir ? Ils ont déjà eu l'occasion de la réfuter notamment dans Financial Post publishes misleading opinion that misrepresents science of polar bears’ plight (Le Financial Post publie une opinion trompeuse qui déforme les données scientifiques sur la situation critique des ours polaires ; voir également La crédibilité scientifique de Susan Crockford selon Scientific Feedbacks) 


Est-ce bien la peine de continuer ?

Ah si, jetons un coup d'œil sur les commentaires du billet (qui ne mérite pas qu'on s'y attarde) de Cédric Moro, car ça vaut vraiment le détour (extraits) :

Comment peut il encore en parler alors que la question a été réglée depuis longtemps, après le scandaleux montage photo « d’Ursus bogus » ?…C’est à désespérer, même si ce n’est pas étonnant tant est sans fin la mauvaise foi de l’écologisme, c’est même minable.

Vous semblez plus attaquer les messagers que le message en lui même. Cela pollue votre article, qui n’est finalement pas très étayé. Étonnant d’attaquer plutôt que d’argumenter constructivement et succinctement.
Devons nous comprendre entre les lignes que vous niez le changement climatique ?

Est-il encore nécessaire, une fois de plus, de démontrer que la terre n’est pas plate ? N’êtes-vous pas lassé de ces singeries ?

comment nier le changement qui est une constante du climat depuis toujours… L’arnaque c’est de penser ce changement comme une anomalie, ce que vous avez l’air de penser. Je me trompe ?

J’ai l’impression que le bas du front c’est vous.
Le climat change en permanence et ici personne ne le nie.
Il a fait bien plus chaud, de 2 à 3 degrés, que maintenant dans le passé, et nous sommes encore là, y compris les ours blancs.

Ça c'était pour s'échauffer, maintenant voici du sérieux :

Je me suis donné la peine sur une vidéo youtube du réveilleur (attaque contre François Gervais) de démontrer que le CO2 ne pouvait pas donner d’effet de serre. Je n’ai eu évidemment aucune réponse.
J’ai plusieurs fois essayé de joindre le référence d’un site : Effet de serre -l Le bilan énergétique de la terre du professeur Geuskens à chaque fois le lien disparaissait. Censure du réveilleur ?

Si vous avez réussi à « démontrer » cela, publiez !

Pas de rapport. Monsieur veut juste poster son lien.

Comme on le voit avec tout ce qui précède, quand des éléments perturbateurs (comprendre plus intelligents que la moyenne du site) interviennent pour apporter un peu de raison, assez vite les habitués des lieux sautent sur les impudents qui ont osé. La preuve encore avec cet échange :

En fait, vous n’avez pas compris le billet pourtant c’est assez bien expliqué.

Vous savez, quand on parle à des primaires…

Remarquez nous sommes peut-être dans du Poe...mais ce qui suit n'en est pas :

Au début je trouvais que Rodolphe Meyer faisait du bon boulot, mais j’ai vite remarqué qu’il employait lui-même des arguments fallacieux et, en bon zététicien, je lui en ai fait part. Sans résultat. Et puis il a fini par adopter une posture d’inquisiteur, instruisant toujours à charge, à sens unique, non plus pour contrer des arguments pseudo-scientifiques mais pour dénigrer des personnes. Et j’ai donc arrêté de le suivre.

Quel soulagement cela a dû être pour Rodolphe Meyer !

La thèse du rôle important du CO2 atmosphérique dans l’explication du réchauffement global a été réfutée par plusieurs grands physiciens alors que l’explication donnée par ces mêmes personnes (voir Geuskens, par exemple) n’a pas été réfutée. Si Jancovici, qui est très fort par ailleurs, est certain de la responsabilité du CO2, il faudrait qu’il explique les raisons scientifiques qui l’amènent à cette « certitude ». A mon avis, il est dans ce domaine « croyant » comme beaucoup d’autres, subjugués par la crainte de l’avenir.

Là nous touchons au sublime, mais vous n'avez encore rien vu :

Pour réfuter il faut que ce soit réfutable…
Affirmer « la température moyenne du globe est reliée avec les ppm moyens de CO2 de l’atmosphère » est improuvable dans un sens comme dans l’autre.
C’est trop vague, sans relation de cause à effet clairement observable et sans reproductibilité de l’expérience.

Qu'est-ce que je vous disais ! Mais si vous croyez que c'est terminé vous avez tout faux :

La dissonance cognitive c’est toujours violent et ça provoque souvent des remontées de bile. Ca n’est pas grave Cédric, ça passera dès que vous ferrez l’effort de sortir de vos certitudes moisies.
D’un point de vue purement factuel Susan n’a effectivement rien publié sur l’ours blanc dans une revue à comité de lecture. Ca n’est pas son blog qui vous l’apprendra mais par exemple Google Scholar ou Web Of Science. Le point reste à Rodolphe.
En ce qui concerne les comptages, vous ne reprenez qu’une toute petite partie de ce qui est dit et expliqué (ce qui vous arrange en somme). Le point reste encore à Rodolphe.
Donc merci pour ce billet d’humeur qui, faute d’argument, s’attaque au messager. C’est grâce à des gens comme vous que les climatosceptiques perdent tous les jours des points.

Vous n’êtes pas le Têtard mouillé ? [blablabla]
Nous avons affaire à des gens tellement bêtes qu'ils ne sont même pas capables de reconnaitre qui est qui. Non Antisceptique n'est pas le Têtard mouillé (ma pomme) mais c'est probablement un de mes lecteurs trop timide pour se manifester sur mon blog (du moins sous ce nom-là)

A chacun ses sources. Pour ma part, j’ai aussi tapé son nom et prénom dans la presitigieuse revue « Science » (excusez du peu)
https://search.sciencemag.org/?searchTerm=Susan%20Crockford&order=tfidf&limit=textFields&pageSize=10&&
et je l’ai vue sortir à 2 reprises donc dire qu’elle « n’a jamais publié d’articles scientifiques dans des revues à comité de lecture » est tout simplement de la diffamation car elle l’a fait dans plein de revues de différentes et en plus dans les plus prestigieuses, en tant que zoologue.
Donc vous accordez le point à Rodolphe par pure mauvaise foi.

Ce qui m'a fait dire dans mon dernier fadaisier :

Une question se pose ici : Cédric Moro est-il vraiment très con ou bien le fait-il exprès ?

Dans le lien qu'il montre on peut voir qu'aucune des deux malheureuses études signées par Susan Crockford ne porte sur les ours polaires ! Et pour cause, je vais me répéter mais Susan Crockford n'est en rien spécialiste en ours polaires !

Mais un autre contestataire intrépide s'aventure en terrain miné :

@ Cedric,
Je suis souvent d’accord avec vous, mais là,franchement c’est un peu plus compliqué que ça.
Susan Crockford n’a écrit aucun article dans une revue à comité de lecture relatif aux ours blancs.
Que ce soit une zoologue reconnue et qu’elle puisse avoir son opinion sur des sujets autres que ceux qu’elle a eus à traiter directement, je l’entends.
Mais elle n’est visiblement pas une spécialiste de la question.

Mais depuis quand une zoologue reconnue ne peut-elle pas s’exprimer sur un sujet de zoologie ? Déjà que l’on nous fait le coup des scientifiques qui ne sont pas climatologues et qui n’ont donc pas le droit de discuter la méthodologie scientifique et les biais des études sur le climat alors maintenant, même des spécialistes reconnus d’une discipline n’ont pas le droit de critiquer les résultats de leurs confrères dans cette même discipline sous prétexte qu’ils ont publié sur d’autres sous catégories que celle dont il est question ? Où va t-on ? Vous rendez-vous compte que cet effet Silo est très préjudiciable à la Science ?

Et bien entendu, cette manière de nier les oppositions avec une telle hargne ne concerne presque exclusivement que le domaine de l’écologie, qui est farci de militants. Est-ce raisonnable en science de faire virer un professeur/chercheur pour avoir exprimé cette position ? N’y voyez-vous pas un problème dans la liberté des chercheurs ? D’autant plus qu’elle avait raison, il y avait bien une augmentation statistique du nombre d’ours polaires. Non mais on rêve.

Et cela ne remet pas en cause mon angle d’attaque, à savoir la diffamation de R. Meyer qui dit qu’elle n’a jamais publié dans des revues à comité de lecture. C’est faux, mensonger, à la limite mal écrit mais j’en doute.

Il doit aussi exister un effet Silo de connerie, quand celle-ci s'accumule en couches successives, qu'on est bien en peine de faire diminuer son stock et que le peu d'intelligence qu'on possède à côté ne sert à rien pour régler le problème.

Permettez-moi maintenant de terminer en beauté avec le clou du spectacle, ça va être court mais beau, comme une cantate de Bach :

Bonjour Laurent, « qui va l’emporter », Nous, bien sûr, car la vérité rend libre. [blablabla]

Je vous ai épargné tout le reste qui vous aurait arraché un bâillement, je n'ai gardé que le meilleur de l'inénarrable JR alias Joël Richard, merci qui ?


*****

Etudes de Susan Crockford évoquant les ours polaires :

En mai 2003 : Thyroid rhythm phenotypes and hominid evolution: a new paradigm implicates pulsatile hormone secretion in speciation and adaptation changes - ScienceDirect

Etude dans laquelle figure ce schéma :

Modèle de spéciation des ours polaires à partir des ours bruns.
Avec ça on est avancés pour savoir ce que vont devenir les ours polaires avec la fonte de la banquise...

 

Le 1er septembre 2007 : Sea ice expansion in the Bering Sea during the Neoglacial: evidence from archaeozoology - S.J. Crockford, S.G. Frederick, 2007 (sagepub.com)

Etude parlant donc...du Neoglaciaire, soit d'il y a...4700 à 2500 ans environ ! On peut y voir ceci :
Que d'os, que d'os, que d'os...


Le 2 mars 2017 : Testing the hypothesis that routine sea ice coverage of 3-5 mkm[sup]2[sup] results in a greater than 30% decline in population size of polar bears ([i]Ursus maritimus)[i] (peerj.com)

NON PUBLIEE car toujours pas revue par les pairs !


Et c'est tout.

Le reste vous le trouverez sur son blog, repris comme de bien entendu sur le site de pseudo-science WUWT, avec la bénédiction du Heartland Institute et de toutes les industries intéressées qui remercient Cédric Moro pour sa généreuse contribution.