mardi 31 juillet 2018

Juillet 2018, un simple petit aperçu de notre avenir climatique

Pour ceux qui pensent que le réchauffement climatique est une bonne chose (je pense notamment à Philippe Verdier pour qui il y a des effets positifs dans la hausse des températures) il y a quelques nouvelles fraiches (sic) pouvant nous faire douter du contraire.

Le site insideclimatenews nous en donne trois exemples.

Nous avons les rails de chemin de fer qui ne sont pas prévus pour supporter de très hautes températures, le résultat pouvant être ceci :

Une voie ferrée « voilée » à Carlisle pendant la vague de chaleur (source news.sky.com)

Pour info Carlisle se situe dans l'extrême nord de l'Angleterre, juste à côté de l'Ecosse...

Les pistes d'atterrissage sont aussi touchées, comme ici en Allemagne :

Cette semaine, une piste de l'aéroport de Hanovre s'est fissurée à cause de températures inhabituellement chaudes alors que certaines routes allemandes se sont également déformées cet été. À une époque de hausse des températures, le béton du pays peut-il résister ? (source dw.com)

Enfin, les centrales nucléaires, oui oui, ces engins censés remplacer les centrales à charbon et au pétrole polluants pour nous fournir notre dose quotidienne d'énergie, rencontrent des difficultés pour se refroidir, l'eau étant, vous ne l'auriez jamais deviné, trop chaude, en France mais aussi en Finlande et en Suisse :

Une vague de chaleur régionale a entraîné des réductions de la production conventionnelle en Europe et pourrait s'intensifier la semaine prochaine, certains prévisionnistes ayant prédit une nouvelle hausse des températures (source montelnews.com)

Mais il n'y a pas que les centrales nucléaires, en Allemagne les centrales au charbon sont également touchées car elles aussi, figurez-vous, ont besoin de se rafraichir (source montelnews) :
Grosskraftwerk Mannheim devra potentiellement réduire la production de son installation de 2 000 MW de 60% la semaine prochaine. Seule son unité la plus moderne pourrait fonctionner si les températures de l'eau sur le Rhin dépassaient 28°C.

Dans le sud-ouest, ENBW a arrêté Karlsruhe 7 (505 MW) jusqu'à lundi en raison des températures de l'eau dans le Rhin. Elles se sont maintenues au-dessus de 26°C, selon les données de la station de surveillance locale. Karlsruhe 8 (842 MW) est actuellement hors service pour maintenance et doit reprendre mardi.

Les conditions chaudes, mais pas la température de l'eau, ont contraint l'allemand Steag à réduire de 250 MW la production de son unité de Bergkamen A (715 MW).
Et comme si cela ne suffisait pas, toujours en Allemagne le bas niveau des cours d'eau gêne la livraison...de charbon !
Toujours dans l'ouest du pays, RWE a déclaré que les faibles niveaux d'eau entravaient les livraisons de charbon à son unité Westfalen E (780 MW). L'entreprise réduira la production aux heures creuses. L'unité sera hors ligne le week-end. Aucune autre unité de RWE n'a été affectée par la chaleur actuelle, a indiqué un porte-parole.

N'est-ce pas comique ?

Les fortes chaleurs incitent les gens à se climatiser pour se rafraichir, donc à consommer davantage d'énergie (au passage les climatiseurs produisent surtout...de la chaleur…), donc à faire fonctionner encore plus leurs centrales électriques, mais celles-ci sont affectées par le réchauffement climatique et ont du mal à satisfaire la demande ; normalement on appelle cela un paradoxe, mais on pourrait tout aussi bien dire qu'il s'agit de bêtise humaine dans toute sa splendeur !

Ainsi nous entrevoyons un peu ce que sera notre futur avec quelques degrés supplémentaires : des infrastructures qui souffriront, provoqueront des accidents, seront onéreuses à entretenir, etc.

Mais ce n'est qu'un tout petit aperçu de ce qui nous attend et que l'on peut voir résumé dans cette carte :

"Nous savons très bien que le réchauffement climatique rend les vagues de chaleur plus longues, plus chaudes et plus fréquentes", a déclaré Corinne Le Quéré.
"La preuve d'événements extrêmes dans le monde est vraiment convaincante, c'est très révélateur que le réchauffement de la planète cause ou contribue au moins à ces événements", a-t-elle dit. (source insideclimatenews.org)

Il suffit de regarder attentivement cette carte du monde en ce mois de juillet pour entrevoir ce qui pourrait devenir la normale en été dans quelques décennies :
  • davantage de feux de forêts et de canicules dans les hautes latitude ;
  • davantage de sécheresses dans les régions qui en connaissent aujourd'hui ;
  • davantage d'inondations dans les régions qui en connaissent aujourd'hui ;

Sans parler évidemment de la montée des eaux qui va petit à petit faire refluer vers l'intérieur des côtes les populations qui vivent un peu trop près des mers, entrainant les tensions que l'on devine (sauf ceux qui gardent la tête dans le sable pour ne rien voir)

Sans parler des problèmes pour nourrir une population toujours plus nombreuse (plus de 10 milliards d'habitants prévus en 2100) avec des ressources agricoles qui connaitront elles-aussi de grosses difficultés à satisfaire la demande.

Evidemment on peut nier tout cela et croire que comme dans le merveilleux monde des Bisounours tout va s'arranger grâce au « génie » humain.

Après tout l'humanité a bien survécu jusqu'à aujourd'hui, alors pourquoi pas pour l'éternité ?

Et on me rétorquera que de nombreux prophètes de malheur ont prévu la fin du monde et que rien ne s'est encore passé, nous continuons notre petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était, c'est vrai.

Mais si je prédis la mort de quelqu'un un jour donné et que ce jour-là cette personne est encore en vie, est-ce que cela veut dire qu'elle vivra éternellement ?

J'ai comme un doute.


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