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samedi 27 mai 2017

L'homme et (est ?) le singe

Certaines personnes ont du mal à accepter la réalité et sont persuadées avoir raison malgré tous les arguments qu'on peut leur apporter ; c'est le cas de Robert dont le dernier commentaire, concernant mon précédent billet, est le suivant :
  • Il y a longtemps que j'ai posé cette question à Picq ce dernier est très clair, que cela vous plaise ou non nous SOMMES des singes donc des animaux. Il va même plus loin en disant que les chimpanzés sont au titre de l'évolution nos frères.

    Votre attitude me fait penser à celle des climatosceptiques qui refusent de voir a réalité en face parce que ça ne les arrange pas.

    Robert
Personnellement cela ne m'arrange ni ne me dérange de ne pas me considérer comme un singe, tout simplement parce que je n'en suis pas un, et je vais le prouver.

J'avais déjà dit à Robert (mais il ne m'écoute pas quand je parle) :
  • [...] l'homme a la particularité de pouvoir nommer les choses et quand on évoque les singes chacun sait qu'on ne parle pas de l'homme mais des autres primates simiens.
C'est quelque chose qui apparemment lui échappe : c'est l'Homme (avec un grand H) qui crée les définitions de mots, pas les chimpanzés ou les bonobos, ou Pascal Picq ou Robert, ces derniers n'étant que des hommes (avec un petit h) tout comme moi et n'étant pas habilités à changer la définition d'un mot parce que nous en aurions simplement envie.

Voyons d'abord ce que disent certaines personnes bien placées sur le plan scientifique, donc à égalité avec Pascal Picq.

Commençons à frapper fort afin de réveiller les esprits et montrer immédiatement que Pascal Picq  a au moins un confrère de renommée mondiale qui n'est pas du tout, mais alors pas du tout d'accord avec lui, j'ai nommé Yves Coppens qui, dans son ouvrage Pré-ludes autour de l'homme préhistorique, a écrit (à partir de maintenant ce qui est écrit en bleu italique à la suite des extraits choisis, ce sont mes commentaires) :

  • Page 50 : L'ancêtre commun des grands singes et des hommes [...] (déjà on voit que Coppens fait la distinction entre les grands singes et les hommes, mais ce n'est pas fini, accrochez vos ceintures, ça va décoiffer...)
  • Page 53 : Ces grands cousins (i.e. les chimpanzés, les bonobos, les gorilles) n'étant véritablement observés dans leur milieu que depuis un petit demi-siècle (le livre de Coppens date de fin 2014), l'étonnement ne cesse de grandir face à ce que l'on découvre et porte naturellement à l'exagération (attention c'est pour bientôt), comme lorsqu'on déclare : « Le singe est un homme » ou « L'homme est un singe », deux propositions tout aussi abusives l'une que l'autre. (je vous avais prévenus !)
  • Page 55 : Alors où est l'homme ? Il est là [...] bien assis dans sa dignité que caractérisent à la fois sa liberté et sa responsabilité. (les choses commencent à se préciser, mais pas sûr que tout le monde comprenne bien...)
  • Page 55 suite : Ma grand-mère me disait : « Si toi tu descends du singe, moi pas ! » (c'est d'ailleurs un peu ce que j'ai envie de dire à Robert...) Mais si Grand-mère, toi aussi, et le chimpanzé auquel tu pensais est bien de ta famille ! Mais ta dignité d'humaine pensante est sauve puisque, à partir d'un même potentiel nerveux, en un même laps de temps, les singes et nous avons accompli des destins bien séparés. (ne disais-je pas à Robert en commentaire de mon précédent billet que « Les chimpanzés et les gorilles sont donc nos lointains cousins, et si nous sommes classés taxonomiquement parmi (ou avec) les singes il est évident que nous avons évolué bien davantage qu'eux », mais il est vrai que j'ai lu Coppens, pas Picq)


Ensuite nous avons Véronique Barriel, phylogénéticienne, Maître de Conférences au Muséum National d’Histoire Naturelle, qui nous explique, ou plutôt qui tente de nous expliquer les différences entre Hominoïdes, Hominidés, Homininés et les autres... et qui commence fort, avec franchise :
  • [...] je ne sais pas ce qu’est un Hominidé ! (peut-être que Robert pourrait lui expliquer...?)
  • L’homme est un eucaryote, un vertébré, un tétrapode, un amniote, un mammifère, un primate, un hominoïde, un hominidé, un homininé : ces caractères sont apparus successivement à différentes périodes de l’histoire de la vie. (ah ben mince alors, nulle part il est dit que l'homme serait un singe, c'est bizarre quand même...)
  • L’homme partage un ancêtre commun récent avec le Chimpanzé et le Gorille. Cet ancêtre commun n’est ni un Chimpanzé (ou un Gorille) ni un homme. (sur ce point on peut éventuellement donner raison à Robert qui cite Picq « les chimpanzés sont au titre de l'évolution nos frères », mais nous pouvons tout aussi bien être cousins, je pose mon joker)
  • Pour le clade homme-grands singes (encore la distinction homme-grands singes...), ils ont choisi comme point de départ le niveau de la superfamille (noeud 11), seul niveau presque consensuel dans la communauté scientifique, soit Hominoidea (suffixe latinisé) ou Hominoïdes (suffixe francisé). (aucun singe n'est mentionné ici, normal, nous sommes sur le plan scientifique...)


Pascal Picq a choisi de dire que « l'homme est un singe », mais d'après ce que je vois il aurait à la rigueur été préférable (bien que tout aussi critiquable)  qu'il dise que tous les singes sont des hommes, puisque nous sommes tous des Hominoïdes !


Enfin Cyril Langlois, professeur à l'ENS de Lyon, nous donne des détails intéressants dans un article intitulé Hominidés, homininés et hominines :
  • Voici ce que l'on trouve sur le site du CNRS, dans le lexique du dossier consacré à l'hominisation. Il rejoint la classification de Lecointre et Le Guyader ou de M.J. Benton.
    • Hominidé  : famille des Hominidae qui englobe toutes les formes humaines présentes et passées ainsi que de façon générale, les grands singes actuels et leurs ancêtres.
    • Hominoïde  : famille des Hominoidea comprenant les hommes, les grands singes et les gibbons actuels ainsi que leurs ancêtres. (lui aussi distingue les hommes des singes, grands ou petits) 
  •  Dans la littérature, y compris dans de très récents articles de Nature, des fossiles, pourtant rapprochés de la lignée humaine par leur découvreurs, sont toujours désignés par hominids . Souvent, c'est en fait par prudence : comme on n'est pas sûr qu'ils soient plus proches de l'Homme que d'un Singe, on passe directement de la Famille (Hominidés) au Genre. (est-ce nécessaire d'insister...?)

Pour compléter ce bref tour d'horizon scientifique, terminons par wikipedia et l'Histoire évolutive des homininés :

On pourra aisément constater qu'à aucun moment on ne parle de « singes » quand on se place au niveau strictement scientifique ; nous avons affaire à des Hominidés, des Ponginae, des Gorillini, des Hylobates, etc. mais jamais ni le mot « singe » ni le mot « homme » ne sont utilisés, sauf pour tenter d'expliquer (maladroitement...?) qui est qui, mais dans ce cas on se rend compte que c'est pour différencier l'homme des singes ou des grands singes, comme par exemple dans les passages suivants :
  • Pour le clade homme-grands singes
  • famille des Hominidae qui englobe toutes les formes humaines présentes et passées ainsi que de façon générale, les grands singes actuels et leurs ancêtres
  • comme on n'est pas sûr qu'ils soient plus proches de l'Homme que d'un Singe
  • classer la lignée humaine et les genres non-éteints de singes 

Et pour cause, le mot « singe » n'est pas de nature scientifique, il est utilisé dans le langage dit courant, compréhensible par le commun des mortels.

Et alors dans ce cas, pour savoir ce que le mot « singe » signifie, pas besoin de consulter un livre compliqué écrit par Pascal Picq ou un autre paléoanthropologue, il suffit de consulter un dictionnaire, et c'est ce que je vous propose de faire immédiatement.


Définitions du singe

  • larousse
    • Mammifère primate arboricole, fortement encéphalisé, à face souvent glabre. (Les singes constituent le sous-ordre des simiens.) (notez la précision, arboricole, mais il est vrai que certains humains aiment passer leur temps dans les arbres...)
    • Familier. Personne au faciès grimaçant, simiesque.
    • Personne qui contrefait, imite quelqu'un : Le singe de son maître.
    • Populaire. Dans une entreprise, le chef, le directeur, le patron.
    • Populaire et vieux. Conserve de bœuf en boîte.
  • reverso
    • 1    (zoologie)   mammifère primate anthropoïde (plus bas nous verrons les définitions de ce mot) aux mains et aux pieds préhensibles (sic) (arboricoles) les singes forment le sous-ordre des simiens  
      2    individu mâle par opposition à la guenon  
      3    familier   personne particulièrement laide  
      4    personne qui imite les autres  
      5    argot   patron  
      6    corned-beef
       
  • cnrtl
    • A. − ZOOL., gén. au plur.
      1. [N. générique désignant l'ensemble des mammifères primates anthropoïdes, quadrupèdes ou bipèdes, comprenant notamment les Platyr(r)hiniens et les Catar(r)hiniens] Synon. simiens.Les rapports étroits qu'il [Linné] observe du point de vue de leur morphologie entre les singes anthropoïdes et l'homme, sont nettement mis en évidence (Hist. sc., 1957, p. 1356).V. platyr(r)hiniens, s.v. platy- ex. de Teilhard de Chardin. (déjà Linné faisait la distinction)
      2. Spécialement
      a) Singes (de l'Ancien Monde). Singes catar(r)hiniens cynocéphales quadrupèdes possédant pour la plupart de longues canines et comprenant, parmi les espèces les plus connues: les babouins, les colobes, les macaques, les singes Rhésus et plus généralement les singes à longue queue. Je me permettrai, pour les singes, de vous rappeler, monsieur, que les Cynocéphales étaient, en Égypte, consacrés à la lune, comme on le voit encore sur les murailles des temples (Flaub.,Corresp., 1863, p. 82).
      Singes de Brazza. [La monogamie] existe (...) chez certains Cercopithèques d'Afrique comme le Singe de Brazza (Zool., t. 4, 1974, p. 980 [Encyclop. de la Pléiade]).
      Singes supérieurs ou grands singes. Grands singes généralement sans queue, de la famille du Pongo, présentant de grandes ressemblances avec l'homme (ah ah, ils ressemblent à l'homme...), se déplaçant selon la locomotion brachiale (gibbon, orang-outang) ou verticale en s'appuyant sur l'articulation des phalanges (gorille, chimpanzé). Du côté catarhinien, les Anthropoïdes (gorille, chimpanzé, orang, gibbon), singes sans queue, les plus grands et les plus éveillés des singes, que tous nous connaissons bien (Teilhard de Ch.,Phénom. hum., 1955, p. 171).
      b) Singes du Nouveau Monde. Groupe de Singes platyr(r)hiniens de l'ordre des Primates, sauteurs ou grimpeurs, généralement à longue queue préhensile, comprenant les ouistitis, tamarins et sagouins et les Cébidés (Alouate, Atèle, Sajou, Saki...). Le crâne de tous les singes du Nouveau Monde est court et arrondi, avec une petite face et une grande boîte crânienne. Le Hurleur est le seul à s'écarter quelque peu de ce type (Tous les animaux du monde, Paris, UNIDE, t.16,1982,p. 1508).
      Singe-araignée ou voltigeur. Singe noir possédant de longs membres recouverts de poils et une grande queue à extrémité nue. Synon. atèle.Largement répandus dans l'Amérique méridionale, les Singes-Araignées comprennent les espèces suivantes: l'Atèle noir (...) l'Atèle variegatus (...) l'Atèle Araignée (...) le Lagotriche de Humboldt (Encyclop. Sc. Techn.t. 91973, p. 139).
      Singe-écureuil. Synon. de saïmiri.Les Cebinae comprennent les Sajous ou Capucins (Cebus) et les Singes-écureuils (Saïmiri) tous diurnes et grimpeurs (Zool., t. 4, 1974, p. 970 [Encyclop. de la Pléiade]).
      Singe laineux. Synon. de lagotriche.Les singes laineux, de stature robuste, présentent un ventre arrondi et proéminent. La peau est noire de jais et la fourrure, douce et laineuse, est très serrée (Tous les animaux du monde, Paris, UNIDE, t.16,1982,p. 1513).
      c) [Dans une perspective évolutionniste] Souvent au plur. Ancêtre des espèces actuelles de singes; primate intermédiaire entre le Singe et l'Homme (australopithèque, pithécanthrope, sinanthrope, préhominiens). On a trouvé deux grandes versions de l'origine de l'homme. Les uns disent « le péché originel »; les autres que nous descendons des grands singes. Choisissez et battez-vous là-dessus (Barrès,Cahiers, t. 4, 1905, p. 54).V. homme ex. 12:
      1. Il y a un million d'années environ, on trouve parmi les « singes » (notez le mot « singes » entre guillemets, car il se réfère à nos ancêtres humains...) de l'Afrique du Sud des formes singulières, les Australopithèques, qui ont des caractères hominiens. Beaucoup de savants éminents les comptent parmi nos ancêtres directs. Un peu plus tard, nous voyons le Sinanthrope de Chine, le Pithécanthrope de Java... Furonds R. gén. sc., t. 63, 1956, p. 47.
      Singe-homme (ou homme-singe). Considérant que le fossé entre les singes anthropoïdes et l'homme était trop considérable, Haeckel avait supposé qu'il devait y avoir eu entre eux au moins un être intermédiaire, ayant servi de trait d'union. Il donna le nom de Pithécanthrope [singe-homme] à cet être purement théorique (Hist. sc., 1957, p. 1420).Eugène Dubois, qui partit aux Indes néerlandaises avec l'intention bien arrêtée d'y rechercher l'« homme-singe » hypothétique (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 562). (et dire que le seul « homme-singe » était seulement « théorique »...)
      L'homme descend du singe. [Aphorisme dicté par une interprétation étroite des théories évolutionnistes] On répète souvent que l'homme descend du singe. Cette assertion n'a pas de sens précis. L'homme ne peut descendre de l'un des singes qui vivent aujourd'hui sur la terre (J. Rostand,La Vie et ses probl., 1939, p. 185).V. descendre I B 1 c ex. de Flaubert.
      d) Faux singe. [N. donné quelquefois à des primates tels que les Lémuriens, les Loris et les Tarsiers (d'apr. Littré)] (si l'homme est un singe, alors pourquoi ne pas inclure les lémuriens, les loris et les tarsiers...? On peut aller loin comme ça...)
      e) Espèce particulière de singe:
      2. ... j'ai l'habitude de lui réciter, comme les héros de Rabelais, une longue litanie simiesque composée à grands coups de dictionnaire d'histoire naturelle. Tous les singes y défilent, depuis le sapajou jusqu'au cercopithèque qu'il ne faut point confondre avec le simple pithèque, en passant par le ouistiti, le chimpanzé, le macaque et tutti quanti. Mallarmé,Corresp., 1871, p. 43.
      [En Afrique Noire] Singe noir. Singe à pelage noir, vivant en zone forestière (d'apr. Invent. Particul. lex. Fr. Afr. n. 1983). Singe rouge. Singe à poils roux, de la famille du cercopithèque (d'apr. Invent. Particul. lex. Fr. Afr. n. 1983). Singe vert. Cercopithèque à très longue queue et au pelage gris vert, vivant en bandes près des villages (d'apr. Invent. Particul. lex. Fr. Afr. n. 1983). V. colobe2ex. de Morand.
    •  B. − Lang. cour.
      1. Mammifère primate (mâle ou femelle) à face nue, généralement arboricole, de taille variable selon les espèces, caractérisé par un cerveau développé, de longs membres terminés par des doigts et qui, par ses mimiques et ses attitudes, rappelle l'espèce humaine. Une bande, une troupe de singes; grand, gros singe; un jeune, un vieux, un pauvre singe; singe d'Amérique, d'Asie; singe enchaîné; singe savant. Une bande de très petits singes qui font de l'acrobatie dans les branches des plus hauts arbres, et que dénoncent leurs cris aigus (Gide,Retour Tchad, 1928, p. 998).V. babouin ex. 1.
      En partic. Mâle de l'espèce (p. oppos. à guenon). Elle [la guenon] jette la noix. Un singe la ramasse, Vîte entre deux cailloux la casse, L'épluche, la mange, et lui dit: Votre mere eut raison, ma mie: Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir. Souvenez-vous que, dans la vie, Sans un peu de travail on n'a point de plaisir (Florian,Fables, 1792, p. 161).
      Rare. [En appos. avec une valeur de coll.] Il ne faisait ni frais ni lourd. Au long de la Bamba et de la Pombo, le peuple singe s'amusait (Maran,Batouala, 1921, p. 52).
      2. Expr., loc. ou compar.
      a) [fondées sur le physique ou le faciès du singe] Être laid comme un singe; faire des grimaces de singe. On voyait en ce moment par sa chemise entr'ouverte, ses bras de singe assez longs pour qu'il pût nouer ses jarretières sans presque se baisser (Gautier,Fracasse, 1863, p. 307).Sa tête cernée, ses cheveux poisseux, ses jambes de singe étique, tout cela dansait, convulsif, au bout du balai (Céline,Voyage, 1932, p. 303).
      b) [fondées sur les habitudes de vie, les qualités ou les défauts habituellement prêtés au singe] (Avoir) une agilité, une lubricité de singe, un rire de singe; (être) malin comme un singe. Il gambillait, d'une adresse de singe à se rattraper des mains, des pieds, du menton, quand les échelons manquaient (Zola,Germinal, 1885, p. 1367):
      3. Quant à Rodolphe, il était d'une malice de singe; il profitait toujours de ce que Christophe avait Ernst sur les bras, pour faire derrière son dos toutes les sottises possibles; il cassait les jouets, renversait l'eau, salissait sa robe, et faisait tomber les plats, en fouillant dans le placard. Rolland,J.-Chr., Aube, 1904, p. 32.
      c) Faire le singe. Faire des grimaces, des pitreries dignes d'un singe. Il fait le singe en classe. P. ext. S'exhiber de manière grotesque. Elle danserait très bien, si elle voulait! − Justement, je ne veux pas, dit-elle. Faire le singe au milieu d'une piste, ça ne m'amuse pas (Beauvoir,Mandarins, 1954, p. 348).
    •  II. − P. anal. A. −
      1. Personne laide, dont les particularités physiques évoquent celles du singe. Comment pouvait-elle s'attacher à un pareil singe? Car, enfin, Fontan était un vrai singe, avec son grand nez toujours en branle. Une sale tête! (Zola,Nana, 1880, p. 1307).Ce grand singe couvert de poils, qui a du ventre à vingt ans et qui transpire? Tu t'imagines qu'en sortant des bras de ce quadrumane tu viendras ici comme tu le fais en ce moment fumer une cigarette et m'assommer avec tes petites histoires (Mauriac,Feu sur terre, 1951ii, 1, p. 63).
      2. Personne rusée. Prenez garde à vous, c'est un malin singe et un vaurien fini. Son plus grand plaisir est de mettre dedans tous ceux qui ont affaire à lui (Balzac, Œuvres div., t. 2, 1832, p. 495).
      3. Pitre, farceur. C'est un vrai singe; quel singe! Empl. adj. Il y avait Anna (2 ans et demi) (...) qui est la plus « singe » de toutes. On ne peut pas la regarder sans rire et sitôt qu'on la regarde elle rit jusqu'aux deux oreilles (Alain-Fournier,Corresp.[avec Rivière], 1909, p. 177).

 Définitions d'anthropoïde

  • larousse
    • Singe anthropomorphe, tel que le chimpanzé ou le gibbon. (eh oui, il y a des singes qui ressemblent à l'homme !)
    • Grue d'Afrique du Sud et de Numidie, appelée aussi demoiselle.
  • reverso
    • adj inv  
            (paléontologie)   relatif à l'échelon de l'évolution précédant les hommes, aux singes supérieurs  
       n inv  
           (paléontologie)   singe supérieur proche de l'homme (ça ne s'arrange pas, l'homme n'est toujours pas considéré comme un singe, et ce sont plutôt les singes que l'on compare à l'homme, pas l'inverse...) 
          anthropomorphe 
  •  cnrtl
    • Adj., ZOOL. [En parlant du singe] Qui ressemble à l'homme :
      1. Elle s'étendit tout du long, sur le ventre, les coudes appuyés sur le sol et la tête entre les mains, les yeux fixés dans le gazon. Il lut : « Sans doute les singes anthropoïdes sont, de tous les animaux, ceux qui se rapprochent le plus de l'homme par leur structure anatomique ... » Maupassant, Contes et Nouvelles,t. 2, Yvette, 1884, p. 512.
      Rem. 1reattest. en ce sens ds Littré-Robin 1865.
      II.− Subst. (surtout masc. plur.).
      A.− ORNITH. ,,Genre d'oiseaux de la famille des ardéidés, sous-ordre des hérodiens, ordre des échassiers, qui ne contient que deux espèces : la demoiselle de Numidie et l'oiseau royal ou grue couronnée`` (Lar. 19e); et présentant quelque analogie de forme ou de comportement avec les humains.
      B.− PALÉONT. Fossiles ou pétrifications attribués à l'espèce humaine. Synon. anthropolithe.
      Rem. Se rencontre aussi avec le genre féminin.
      C.− ZOOL. Anthropoïdes, anthropoïdés ou mieux anthropomorphes.
      1. Singes supérieurs, dont les caractères anatomiques se rapprochent le plus de ceux de l'homme :
      2. Du côté lémurien, les tarsidés, minuscules animaux sauteurs, au crâne rond et gonflé, aux yeux immenses, dont le seul survivant actuel, le tarsier de Malaisie, fait bizarrement songer à un petit homme. Du côté catarhinien, les anthropoïdes (gorille, chimpanzé, orang, gibbon), singes sans queue, les plus grands et les plus éveillés des singes, que tous nous connaissons bien. Teilhard de Chardin, Le Phénomène humain,1955, p. 171.
      P. compar. Pour désigner une pers. :
      3. Dans la chevelure d'une dame assise devant moi, j'ai vu une tête de cauchemar, l'œil et la lèvre indiqués par des boucles, le menton fuyant, les cheveux longs et soigneusement peignés sur un crâne d'anthropoïde que coiffait un chapeau de clown, un vrai chapeau, celui de la dame. Green, Journal,1940, p. 32.
      2. ,,Sous-ordre des mammifères comprenant l'ensemble des singes et l'homme.`` (Méd. Biol. t. 1 1970).

J'aurais pu m'arrêter là car le billet est déjà long, mais j'ai été glaner quelques autres informations que voici.

Sur le site de l'Union Internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles (UICN), cet article intitulé Quatre grands singes sur six sont à un pas de l’extinction, selon la Liste rouge de l’UICN dont voici quelques extraits :

  • Quatre espèces de grands singes sur six sont maintenant En danger critique d’extinction – donc à un pas de la disparition – et une forte menace d’extinction pèse également sur les deux autres espèces. (non, les hommes ne sont pas concernés, bien qu'on puisse se poser des questions sur leur survie à long terme...)
Sur un site dédié aux grands singes, cet article qui va ajouter au trouble de Robert, Les grands singes non humains, donc ce qui voudrait dire qu'il y aurait des grands singes humains...mais le narratif n'est pas vraiment très clair, par exemple :
  • Comme le grand singe, nous appartenons à la famille des Hominidés. (i.e. comme le grand singe, nous les hommes etc., donc nous ne sommes pas un grand singe...)
Et tout de suite après :
  • Les grands singes anthropomorphes, c'est à dire ceux dont la forme rappelle celle de l'homme (ainsi les grands singes non humains ont une forme qui rappelle celle de l'homme, est-ce plus clair maintenant...?), se regroupent en 13 espèces :
    Les gibbons (9 espèces)
    Les chimpanzés
    Les bonobos
    Les gorilles
    Les orang-outan
Et pour compléter le tableau et achever de semer la confusion :
  • Ils n'ont pas de queue, peuvent être bipèdes et ont des capacités intellectuelles élevées. Les grands singes nous démontrent des capacités ou notions que l'on croyait être le propre de l'Homme (ah, les grands singes ont des capacités qui sont celles des hommes, par conséquent ce ne sont pas des hommes, ils nous ressemblent, mais nous ne sommes pas plus des singes, puisqu'on compare les grands singes à l'Homme...), ainsi on parle de culture, d'apprentissage, de fabrication et utilisation d'outils, de conscience de soi...
    Ils sont en effet nos plus proches cousins notamment les bonobos avec qui nous partageons 99.4% de notre code génétique. (alors là ils sont nos cousins, moi qui croyais que c'étaient nos frères...)

Et pour en finir, parce qu'il faut bien en finir un jour, le site du Muséum National d'Histoire Naturelle qui présentait l'exposition  Sur la piste des Grands Singes qui s'est tenue du 22 février 2015 au 21 mars 2016, soit il y a à peine un à deux ans, et sur lequel on peut visionner la vidéo suivante sur Dailymotion, avec ces extraits :

  • Guidés par les scientifiques, qui partagent leur travail sur le terrain, les visiteurs découvrent la vie des grands singes au sein de la forêt tropicale mais aussi les graves menaces qui pèsent aujourd’hui sur eux. Dégradation de l’habitat, chasse, trafic, maladies… tous sont en danger d’extinction mais il est possible et urgent d’agir. 
  • L’exposition comprend cinq parties :
  • Les trois premières présentent les six espèces de grands singes sous l’angle de leurs caractéristiques morphologiques, de leur évolution et de l’histoire des sciences. La quatrième partie, le cœur de l’exposition, immerge le public dans une forêt fictive où il découvre le quotidien des grands singes dans leur environnement : vivre en groupe, se déplacer dans les arbres ou au sol, construire un nid pour se reposer, communiquer, utiliser des outils pour trouver sa nourriture… La cinquième partie illustre les menaces qui pèsent sur eux et propose des pistes d’actions à mener pour participer à leur sauvegarde.
  • Aujourd’hui, tous les grands singes sont menacés (il est évident qu'il n'est pas question ici de l'homme...). Pour agir au plus vite et les sauver d’une extinction dans un futur proche, l’exposition fait le point sur les menaces qui pèsent sur eux et plus largement sur leur habitat, la forêt tropicale.
  • Des objets ethnologiques et historiques sortent exceptionnellement des réserves du Muséum pour illustrer les rapports que les hommes entretiennent avec les grands singes et la forêt. (cela se passe de commentaire, non ?)

On pourra bien sûr trouver des articles dans lesquels l'homme est considéré comme étant un singe lui-même, mais tout ce que cela prouve c'est qu'il y a une extrême confusion dans tout ce qu'on peut lire, y compris chez des scientifiques (comme Pascal Picq, mais il n'est pas le seul) et encore plus chez des non-scientifiques qui pensent avoir compris que... et qui tentent désespérément de simplifier la compréhension des choses et n'arrivent en fait qu'à embrouiller un peu plus un sujet complexe et toujours pas stabilisé.

Pour résumer nous sommes, nous les hommes, des Hominoïdes, comme les gibbons, des Hominidés, comme les orang-outans, des Homininés, comme les gorilles, des Hominini, comme les chimpanzés, mais comme tous ces singes ne sont pas des hommes nous ne sommes pas plus des singes nous-mêmes.

Et si quelqu'un vient me traiter de singe je lui montre les dents :


Et qu'on ne vienne pas me dire que je suis un chat.


17 commentaires:

  1. D'accord, mais on peut concéder à Robert qu'il n'est lui-même incontestablement qu'un singe.

    Dans le même ordre d'idée on peut lui concéder qu'il n'est rien d'autre qu'un bovidé comme le boeuf de trait avec son oeil vif , un porcidé comme le cochon tout rose et pimpant de porcherie ou un rongeur comme le rat d'égout tout luisant de gras et de prospérité avec lesquels il a aussi un ancêtre commun.

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    1. « avec lesquels il a aussi un ancêtre commun. »

      Nous avons tous, vous moi Robert et tous les autres, y compris ceux qui appartiennent au monde végétal, le même ancêtre commun apparu on ne sait trop comment sur Terre il y a environ 4 milliards d'années (à la grosse louche)

      Tout le reste n'est que littérature (scientifique)

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    2. Oui bien sûr mais nous contrairement à Robert on n'assimile pas pour autant simplement singes et hommes.
      Et accessoirement le petit Robert ressemble tout de même bien plus à un verrat ( un trou de balle, deux couilles, deux grandes oreilles, un groin...) qu'à une fleur des champs.

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  2. Géd,

    je ne ferai q'un commentaire. Yves Coppens est en parfait accord avec Picq. Vous savez, quand on est cousin avec quelqu'un c'est qu'il est de notre famille....

    http://www.liberation.fr/sciences/2001/10/30/l-homme-ne-descend-pas-du-singe-mais-il-tient-de-lui_382225

    Merci de m'apporte la preuve qu'entre les climatosceptiques et vous la frontière est ténue. Vous faites montre de la même abyssale mauvaise foi et de la même ignorance qu'eux.

    Tsih mon petit, avez vous réglé vos problèmes de gradient de températures et de "backradiations" ? Je parie que non.


    Robert

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    1. Est-ce que vous allez bien Robert ? Je me fais du souci pour votre santé...

      Le lien que vous me fournissez est parfaitement raccord avec ce que je dis et en totale contradiction avec ce que vous affirmez !

      Cela commence avec le titre : « L'homme ne descend pas du singe mais il tient de lui » ; si l'homme tient du singe (et la réciproque est d'ailleurs vraie) c'est qu'il n'est pas un singe.

      Ensuite, d'après Coppens et Picq : « les chercheurs démontrent que nous ne descendons pas des grands singes africains. Nous partageons des ancêtres communs. » Entièrement d'accord avec ça.

      Et le coup de grâce , pour votre thèse évidemment : « Les scientifiques ont choisi de consacrer un tome entier pour redéfinir ce qui est propre à l'humanité. Ils s'appuient sur les découvertes les plus récentes en biologie et comportement (éthologie) des primates, mais aussi sur le regard de philosophes, pour mieux cerner nos points communs et nos différences avec le singe. Apprendre tout ce que nous partageons avec le chimpanzé, à commencer par une relation de parenté, ce n'est pas si facile. »

      « nos différences avec le singe », qu'est-ce que vous ne comprendriez pas dans ce passage ?

      Quant à votre litige avec Tsih au sujet du gradient de températures et des "backradiations" je ne suis pas en mesure de vous départager mais je suis obligé d'en venir à douter fortement de vos compétences sur le sujet au vu de votre bizarre comportement sur un sujet aussi simple que celui traité par mon billet.

      Après tout Tsih est physicien et ne remet pas en cause par exemple le principe de l'effet de serre, contrairement aux idiots de chez Skyfall ; la seule chose qui me gêne vraiment chez Tsih et qui soit à ma portée de non-scientifique c'est son côté lukewarmer qu'il partage avec des gens comme Curry ou Spencer.

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    2. Géd

      Apprenez ce que signifie le mot OBJECTIVITE. Votre laïus ne fait que montrer que vous êtes d'une mauvaise foi sans limite.

      En ce qui me concerne je ne perdrai plus de temps à vous lire, Je vous laisse en compagnie de Tsih qui lui ne peut être un singe étant un âne...

      """"Après tout Tsih est physicien et ne remet pas en cause par exemple le principe de l'effet de serre,""""

      Et alors Gervais est physicien, Duran est physicien sont ils compétent en la matière pour autant ? Non.

      Ce que n'a pas compris tsih c'est que le gradient vertical (adiabatique) est totalement indépendant de la quantité de GES tous comme il n' pas compris que les backradiation n'ont pas d'existence physique. Comment l’atmosphère pourrait elle renvoyer vers la terre un quantité d'énergie supérieure (333 W/m2) à celle qui arrive au sommet de la dite atmosphère à savoir 341 w/m2 et après déduction des chaleurs latente et sensible et je n'aborde pas le fait que l’atmosphère renvoie de manière isotrope ce qui fait que la quantité totale reçue par l'atmosphère serait largement supérieure à la quantité d'énergei reçue par la terre.

      Quant à douter de mes compétences, venant de la part de quelqu'un qui n'en n'a pas, ça me fait doucement rigoler et prouve une fois de plus que monsieur Géd n'accepte pas d'être corrigé.

      Robert

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    3. bilan radiatif terrestre

      http://imagesia.com/trenberth_1e4vq

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    4. Si je mets en doute vos compétences c'est parce que nous sommes OBJECTIVEMENT des hominoïdes, comme nos lointains cousins les singes, et que ce simple fait OBJECTIF n'arrive pas à imprimer chez vous et que vous persistez à vous croire un singe.

      Quant à vos explications sur le gradient vertical merci, mais je vous laisse régler vos petites chamailleries directement avec Tsih, puisque je vous confirme que je ne suis pas compétent sur ce sujet.

      « En ce qui me concerne je ne perdrai plus de temps à vous lire »

      Je sens que je vais pleurer.

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  3. je suis obligé d'en venir à douter fortement de vos compétences sur le sujet

    Oui, "obligé", c'est le mot.

    C'est comme avec sa "compréhension" de la physique de l'atmosphère, on est "obligé" de tiquer et finalement pouffer de rire mais j'avais déjà résumé ça comme suit:

    C'est le petit Robert qui aimerait bien avoir l'air mais qu'a pas l'air du tout, faut pas jouer les savants quand on est qu'un c.

    la seule chose qui me gêne vraiment chez Tsih et qui soit à ma portée de non-scientifique c'est son côté lukewarmer qu'il partage avec des gens comme Curry ou Spencer

    Ma foi, c'est juste la science qui est bien trop incertaine sur l'amplitude réelle du réchauffement, je n'exclue pas que cela puisse éventuellement être potentiellement "grave" mais je ne suis pas pour autant un militant alarmiste du tout car d'une part il y a bien d'autres menaces plus évidentes et certaines sur l'avenir et d'autre part parce que nous ne pouvons de toutes façons pas faire grand chose (d'efficace) contre celle-ci. Il y a des choses qui nous dépassent définitivement, hélas.
    A ce propos je pointe l'illusion qui consiste à croire que plus de 7 milliards d'individus pourraient vivre décemment, durablement et de façon "renouvelable" sur cette planète, sans "l'abimer" donc, en quelque sorte. C'est complètement invraisemblable.

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    1. C'est là que nous divergeons gravement vous et moi.

      Evidemment que c'est une utopie de faire vivre 7 milliards d'êtres humains d'une manière décente, surtout avec le partage actuel des richesses qui n'est pas près de s'améliorer, même dans les pays riches l'écart entre les plus riches et les plus pauvres augmente, et la classe dite moyenne n'a plus la possibilité d'évoluer comme elle le faisait dans le passé.

      Mais ce n'est pas une raison pour ne rien faire et surtout dire qu'il y a des choses plus urgentes que le réchauffement climatique à traiter aujourd'hui, si nous ne faisons rien ou pas assez maintenant cela coûtera bien plus cher dans le futur.

      Et je ne vois pas ce qui nous dépasse si l'on dit qu'on peut diminuer la part des fossiles au profit des renouvelables, c'est tout à fait faisable et en plus c'est bon pour l'économie ; de là à dire que nous serons bientôt 100% renouvelables il y a loin de la coupe aux lèvres, cependant les renouvelables ont une marge certaine de progression, et les gens comme Curry sont à mon avis payés pour freiner cette progression, comme d'autres avant elle étaient payés pour dire que les cigarettes n'étaient pas mauvaises pour la santé ou que l'amiante ne tuait pas ou que le trou dans la couche d'ozone c'était du pipeau.

      Et bien sûr il y a aussi des gens qui sont payés pour dire que les renouvelables sauveront le monde, comme d'autres pour assurer que les OGM nourriront la planète ou d'autres qu'il faut baisser le cholestérol et donc prendre des statines que leurs donneurs d'ordre commercialisent.

      Cela marche comme ça, des lobbys et des conflits d'intérêts partout, et nous au milieu il faut se débrouiller en essayant de ne pas être trop « gullible ».

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    2. Ce qui nous dépasse c'est le problème physique de faire vivre décemment 7 milliards d'hommes sur cette planète de façon durable. Malgré les fossiles "faciles" on n'y est même pas arrivé encore aujourd'hui, il suffit de faire un tour en Afrique par exemple pour voir que la majorité des gens là-bas ne vivent pas de façon "décente". Et c'est selon moi bien un problème de nature physique et non politique qui pourrait se résoudre en "supprimant (en supposant que ce soit possible) les inégalités" ou en "décidant" telle ou telle chose. Les renouvelables s'implantent là où c'est faisable, économiquement et physiquement mais cela ne pourra guère avoir d'impact positif sur le climat avant très très longtemps et si on tente de forcer les choses cela aura par contre un impact négatif majeur sur la vie des plus pauvres tout de suite, avec probablement des Trump et des MLP au pouvoir un peu partout.
      En fait c'est le "gâteau" des fossiles qui a permis une explosion sans précédent de la population et une amélioration itou des conditions de vie d'une partie de celle-ci mais on ne peut probablement pas atteindre une vie décente pour tous et surtout surtout que tout cela soit durable, ni avec les fossiles restants et le nucléaire ni encore moins avec les renouvelables seuls.
      C'est cet overshoot de la population, induit par les fossiles, qui nous dépasse et pose un problème dont la "résolution" n'est pas à notre portée, on est programmés pour croître et multiplier tant que les ressources le permettent et voilà.

      Après il faut se démerder avec le résultat et c'est la nature qui se chargera à sa façon du problème que cela pose. Vous pouvez trouver cela désagréable (comme moi), le nier ou le refuser, je comprends très bien, mais vouloir pendre en accusant simplement ceux qui doutent de l'utopie des énergies "propres" d'être payés pour le faire ou rouler pour tels ou tels intérêts politiques ou économiques est un peu juste comme argument.

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    3. Je suis globalement d'accord avec vous, cependant je reste convaincu qu'il y a de la marge pour les énergies renouvelables, même si celles-ci ne sont pas la solution miracle.

      Prenons l'exemple du continent africain, puisque vous l’évoquez. Il est illusoire de construire de grosses centrales (peu importe à quoi elles fonctionnent) et de tenter d'acheminer le courant partout où il y a des gens qui essaient de vivre tant bien que mal ; le réseau électrique gigantesque que cela impliquerait est hors de portée financière (de toute façon ce serait financé par les pays riches qui traînent la patte...) alors que de simples panneaux solaires dans chaque village permettraient aux habitants de satisfaire leurs besoins élémentaires comme par exemple puiser de l'eau dans un puits près des habitations, ce qui éviterait aux femmes de faire plusieurs kilomètres chaque jour pour aller chercher de l'eau. Et le fait que ces panneaux solaires ne puissent pas satisfaire 100% des besoins n'est pas un argument valable pour ne pas en installer.

      Le soleil peut d'ailleurs être utilisé de différentes façons et il n'y a pas que les panneaux PV à utiliser son énergie inépuisable et infinie (à l'échelle humaine bien sûr)

      Mais il est assez évident que quand nous n'aurons plus (assez) de pétrole les choses vont se compliquer sérieusement, difficile de dire aujourd'hui comment (et si) nous nous en sortirons.

      Enfin pour parler de l'arrivée au pouvoir des Trump et MLP, permettre aux africains (et aux autres) de rester vivre chez eux est probablement la meilleure solution, mais elle a un coût que certains pays qui se plaignent de l'immigration « massive » rechignent à assumer.

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  4. Ce que vous évoquez se fait bien en Afrique. Au Cameroun, (ma compagne est camerounaise) des panneaux s'installent dans son village mais seule la diaspora peut vraiment les financer un peu ... Ils servent à s'éclairer le soir, alimenter une petite télé ou radio, un petit frigo peut-être et surtout …recharger les téléphones portables qui sont bien sûr suite à je ne sais quelle fascination partout sur le continent des palabres malgré la pauvreté...

    Mais ce qui améliorerait plus sérieusement le sort des gens, des femmes par exemple, c'est une machine à laver et ça c'est beaucoup plus difficile sans réseau électrique délivrant la puissance suffisante. De plus le potentiel hydroélectrique, seule renouvelable non intermittente, est très loin d'être équipé et mériterait de l'être en priorité mais c'est aujourd'hui des investissements gigantesques. C'est maintenant plutôt les Chinois qui le financent un peu en échange d'un droit de "piller" les ressources naturelles mais c'est limité. Les coupures de courant restent la règle là où il y a un réseau comme à Yaoundé ou Douala et les centrales à hydrocarbures restent la solution la moins chère et la plus accessible pour les réduire rapidement…
    Pas simples les problèmes de la fascinante Afrique.

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    1. Intéressant témoignage.

      Je suis quand même étonné pour ce qui est de lamachine à laver qui ne pourrait pas fonctionner au solaire, êtes-vous sûr de cela ? Je lis (http://www.legrand.com/FR/acces-a-l-electricite-pays-pauvres_13086.html) que «  L’électricité solaire est aussi la solution pour alimenter nombre d’équipements indispensables comme des pompes à eau ou des réfrigérateurs, sans parler d’outillage électrique. », est-ce que le problème des machines à laver ne tiendraient pas plutôt au manque d'eau ?

      Par ailleurs il faut souligner que l'hydraulique n'est vraiment disponible que dans une partie de l'Afrique alors que le soleil se trouve partout en abondance sur ce continent (sauf peut-être dans la forêt équatoriale où il pleut fréquemment ?)

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  5. Oui, la surface de solaire photovoltaïque installée sur le toit d'une "habitation" même dans la zone équatoriale ( pendant les saisons humides il pleut mais c'est des orages et le soleil se montre toujours bien assez) peut suffire pour alimenter une pompe à eau, le compresseur d'un petit réfrigérateur mais ne suffit pas pour une machine à laver standard telle que celles en usage en France à cause du chauffage de l'eau qui est bien trop énergivore pour ça.
    Il faudrait en fait logiquement chauffer l'eau à part avec du solaire thermique (chauffe-eau solaire) mais tout cela implique un investissement hors de portée en général, très élevé par rapport à ce que doit investir un ménage en France pour ne pas devoir laver à la main...
    L'eau courante est bien sûr un autre problème et il y a juste un puits commun au centre du village dont la distance peut faire un kilomètre ou deux. Autant de tuyauterie à financer si l'on veut échapper au sort habituel qui consiste à transporter toute l'eau nécessaire chaque jour en bidon ou seaux dans une brouette ou sur la tête, le sort des enfants et des femmes. En ville ( Yaoundé, Douala) il y a un réseau de distribution d'eau mais là encore les coupures sont la règle et non l'exception (souvent que deux heures d'eau courante autour de 2 h du matin…sauf dans le quartier des hôtels et bâtiments gouvernementaux).
    Enfin pour ne pas donner envie aux gens de venir en Europe, il faudrait soulager le très dur labeur qui consiste à produire la nourriture. Défricher tous les cinq ans un hectare de forêt équatoriale, mettre en place chaque saison les cultures vivrières pour la famille, les soigner, les récolter, transporter tout ça à la main sous le soleil équatorial. Tout ça juste pour manger pas de quoi acheter grand chose avec ce que ça rapporte. Comment soulager ce travail ingrat sans hydrocarbures, comme cela a été possible pour les paysans en Europe ?

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    1. Merci pour ces précisions.

      Il y a aussi tout un aspect économique global (bien difficile à expliquer en quelques mots) qui conduit ces populations à rester dans la misère ; peut-être l'objet d'un prochain billet si je m'en sens le courage.

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    2. Bon courage et n'en pleurez pas trop non plus, les Africains eux-mêmes ont une responsabilité importante et une éducation à faire. Ils n'ont a priori guère de propension à prévoir et anticiper et vivent au jour le jour, heureux et insouciants comme des enfants si une bonne fortune leur arrive mais acceptant leur rude sort habituel avec courage et bonne humeur. C'est compréhensible vu leur histoire et climat mais problématique lorsque pour améliorer leur sort une contrainte est brusquement levée grâce au "progrès". Ainsi si vous mettez soudain une pompe solaire qui amène l'eau courante dans une famille "le robinet aura (habituellement) tendance" à rester ouvert plus que de raison, l'eau gaspillée et le puits commun risque de saturer rapidement si d'aventure tous les villageois venaient à être reliés ainsi...

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