dimanche 20 septembre 2020

Aveuglement hydroxychloroquinien

En me baladant sur le Net je tombe sur cet article paru le 31 août dans France Soir intitulé L’hydroxychloroquine, la censure, la Résistance Française, un manuel pour la réélection de Trump et les bons Allemands.

Déjà, associer l'hydroxychloroquine à la réélection de Trump et, surtout, à la Résistance française ainsi qu'à de « bons Allemands », comment dire, ça commence à sentir mauvais dès le début. Mais je ne suis pas découragé par le titre pour autant et entame la lecture de l'article écrit par un certain Filipe Rafaeli inconnu au bataillon.

En cherchant un peu on s'aperçoit que ledit Rafaeli est une espèce d'« influenceur » faisant la promotion de l'hydroxychloroquine sans qu'on sache vraiment s'il en tire un revenu quelconque ; on pouvait également le lire le 5 août dernier dans Hydroxychloroquine : l’histoire que ça ne fonctionne pas est le plus grand canular de l’histoire humaine récente où il tente de rassurer les lecteurs de France Soir en commençant son épitre ainsi :

Pour ceux touchés par la pandémie, ou qui ont peur de mourir, de perdre leur famille ou leurs amis, je tiens à vous informer : je suis porteur de bonnes nouvelles.

Un passage est révélateur de la stupidité de l'auteur de l'article :

Donald Trump, le président des États-Unis, est tout sauf un idiot.

Ainsi d'après lui Trump aurait tout compris, bien mieux que les « scientifiques américains » qui n'étaient pas d'accord (et qui ne sont toujours pas d'accord) avec les conclusions de Didier Raoult sur « l'infection respiratoire la plus facile à traiter de toutes » à condition bien sûr de traiter les patients avec sa tisane miracle, l'hydroxychloroquine. Et Rafaeli de conclure cet article :

J’ai étudié le sujet jusqu’à l’épuisement. Je me demandais si je devais prendre ces médicaments si j’étais atteint par le virus. Ma décision est prise : si je suis atteint du Covid-19, je trouverai un médecin pour me prescrire le protocole de Didier Raoult. Et j’y ajouterai du zinc.

Et là, un peu plus bas, on apprend qui est vraiment Filipe Rafaeli, il se présente (ou est présenté) ainsi :

Filipe Rafaeli est un professionnel de la communication, cinéaste et pilote d'acrobatie aérienne. Quiconque veut entrer en contact, commenter, avoir des nouvelles, je suis sur Twitter ( @filipe_rafaeli )

Un « professionnel de la communication » qui en plus est « pilote d'acrobatie aérienne » est bien entendu le mieux placé pour « étudier le sujet jusqu'à l'épuisement » et donner un avis définitif sur la question après avoir longuement élaboré ses arguments en quelques 57 points !

Il devait donc être particulièrement épuisé quand il a écrit ceci dans l'article cité au début de mon billet :

Sur les risques cardiaques, une étude de 2018 affirme que l’hydroxychloroquine réduit en fait les risques cardiovasculaires. C’est exactement le contraire du message qui nous est servi en ce moment et qui a entraîné une forme d’hystérie généralisée. Même quand l’hydroxychloaquine est prise avec de l’azithromycine.

Et que dit exactement l'étude de 2018, intitulée Chloroquine and hydroxychloroquine are associated with reduced cardiovascular risk: a systematic review and meta-analysis ? Ceci :

Conclusion: Our results suggested that CQ/HCQ was associated with a reduced risk of CVD in patients with rheumatic diseases. Randomized trials are needed to confirm the potential of CQ/HCQ in cardiovascular prevention in patients with and without rheumatic diseases.
Conclusion : Nos résultats suggèrent que la CQ/HCQ est associée à un risque réduit de MCV chez les patients atteints de maladies rhumatismales. Des essais randomisés sont nécessaires pour confirmer le potentiel de la CQ/HCQ dans la prévention des maladies cardiovasculaires chez les patients avec et sans maladies rhumatismales.

Eh oui, c'est uniquement « chez les patients atteints de maladies rhumatismales » que la chloroquine (CQ) et l'hydroxychloroquine (HCQ) atténuent les risques de maladies cardiovasculaires (MCV) ; mais l'étude précise bien que « des essais randomisés sont nécessaires pour confirmer » les mêmes bénéfices dans la prévention des MCV tant chez les patients atteints de maladies rhumatismales que pour tous les autres ; pour la polyarthrite rhumatoïde Wikipédia nous dit :

Utilisé dans les polyarthrites peu actives et non érosives ou dans les polyarthrites inclassées, ce sont les antipaludéens de synthèse comme l'hydroxychloroquine (Plaquénil). Il possède une efficacité clinique mais ne prévient pas les destructions.

Donc même dans ce cas l'HCQ a une utilité limitée, mais au moins on sait que les risques cardiaques sont diminués avec ce traitement pour cette maladie-là !

De là à en conclure que la CQ et l'HCQ, même quand cette dernière est associée à l'azithromycine (AZM), ont comme le prétend Rafaeli un effet qui « réduit en fait les risques cardiovasculaires » sans autre précision, ce qui sous-entend « pour tout le monde », il y a un gouffre qu'il est bien aventureux de vouloir franchir ; surtout quand notre acrobate aérien rajoute une contrevérité avec « C’est exactement le contraire du message qui nous est servi en ce moment et qui a entraîné une forme d’hystérie généralisée » ; en effet, la majorité des études qui ont paru ont pointé du doigt non seulement une inefficacité de l'HCQ, avec ou sans adjonction d'AZM, mais également un risque cardiovasculaire accru étant donné que le patient subit alors la (presque) triple peine :

  1. la Covid-19 était jusqu'à récemment considérée comme une maladie qui touchait particulièrement les personnes présentant déjà des risques cardiovasculaires, mais depuis le 31 août ce n'est apparemment plus le cas (source) mais méfiance, méfiance ;
  2. l'hydroxychloroquine, surtout à forte dose (à faible dose elle n'a pas d'effet significatif sur la maladie...), présente des risques cardiovasculaires ;
  3. l'azithromycine elle-aussi présente des risques du même type quand elle est prise seule.
Bref, pas étonnant que nous ayons alors des études comme celle-ci datée du 26 août et intitulée Effect of hydroxychloroquine with or without azithromycin on the mortality of coronavirus disease 2019 (COVID-19) patients: a systematic review and meta-analysis, dans laquelle on peut lire en conclusion :

Hydroxychloroquine alone was not associated with reduced mortality in hospitalized COVID-19 patients but the combination of hydroxychloroquine and azithromycin significantly increased mortality.

L'hydroxychloroquine seule n'a pas été associée à une réduction de la mortalité chez les patients COVID-19 hospitalisés, mais l'association de l'hydroxychloroquine et de l'azithromycine a considérablement augmenté la mortalité.

En résumé si l'on ajoute l'AZM à l'HCQ on a des chances de guérir les patients de leur covid-19 et dans le même temps de les tuer d'un arrêt cardiaque ; on comprend mieux les statistiques sorties du chapeau de Didier Raoult, effectivement il y a chez lui moins de morts dues au covid-19, mais... (je vous laisse trouver la suite vous-même, vous êtes maintenant assez grand)


samedi 19 septembre 2020

Sottisier de la semaine 38


https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/09/10/la-course-automobile-de-turckheim-aux-couleurs-climato-realistes/#comment-22947
Le 13 septembre 2020 à 21 h 03 min,joletaxi a dit :

est-ce que la date d’ouverture de la chasse aux cyclistes a été fixée?
je suis impatient
Non vous ne rêvez pas, c'est sur MMM, un véritable appel à foncer sur les cyclistes au volant de sa voiture munie de l'indispensable auto-collant des climato-dégénérés :

Gare à vous les cyclistes, Jo arrive avec son taxi !

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https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/09/10/la-course-automobile-de-turckheim-aux-couleurs-climato-realistes/#comment-22991
Le 15 septembre 2020 à 20 h 07 min, fritz a dit :

@Bernnard
Faut dire que sur skyfall on est une bande de complotistes qui mettons en cause des organisations comme le GIEC et l’OMS qui sont des organismes issus de l’ONU et qui dictent la politique à nos gouvernants
Cela vous étonnent (sic) que un jour ou l’autre on soit interdit de communiquer dans ce groupe qui pourrait faire de nouveaux adeptes pendant cette période de radicalisation de toutes les idées et mouvements ?
Est-ce que l'ami fritz plaisante ou bien est-il sérieux ? Je pose la question parce qu'avec lui on ne sait jamais, il a un humour tellement fin qu'il vous glisse parfois entre les synapses et vous prenez tout au premier degré. Se plaindre d'être pris pour un complotiste et dans le même temps lancer l'idée que le site Skyfall pourrait être victime du GIEC et de l'OMS (Que vient faire l'Organisation Mondiale de la Santé dans la choucroute ?) ou de « nos gouvernants », comment dire...Mais il est vrai que quelques dizaines de « nouveaux adeptes » climato-crétins sont une menace existentielle que Macron ne peut certainement pas sous-estimer.

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https://www.les-crises.fr/pandemie-covid-19-ou-en-sommes-nous-au-15-septembre/
IV. Conclusion pour la France

En résumé : il n’y a pas raison de paniquer, mais la situation devient critique
Pour le dire autrement et afin que tout le monde comprenne bien, la situation est en voie de devenir critique mais il n'y a pas de quoi s'en faire, continuez comme d'habitude et tout ira bien.
Mais n’oublions pas que des bonnes surprises sont aussi possibles, alors gardons le moral.
Je suis entièrement d'accord avec ce passage, à quoi sert de perdre le moral quand tout fout le camp, hein ? Ailleurs c'est un véritable expert qui tient absolument à nous rassurer :
Didier Raoult devant les sénateurs : "Il n’y a pas de raison d’être affolé"
Ben voyons, on ne va quand même pas se laisser impressionner par quelques accidents de trottinettes chinoises ! Mais l'immense expert que le monde entier nous envie tient absolument à ce que nous sachions qu'il est un expert sur le sujet :
Je ne sais pas ce que le virus va devenir.
Qui c'est qui affirmait que le virus ne ferait que quelques morts en Chine sans passer les frontières de l'empire du Milieu ?



Avec deux mois de recul [la vidéo date du 17 février 2020...] l'épidémie de coronavirus [...] est localisée en Chine [...]

Ah oui, c'était donc un expert mondialement reconnu qui s'exprimait et tenait à nous rassurer ; peu après il nous vantait les mérites de la chloroquine, puis de l'hydroxychloroquine associée à l'azithromycine, cela après avoir consulté madame Soleil (laquelle est morte il y a un quart de siècle mais c'est un détail qui n'arrête pas Raoult), et maintenant il nous avoue qu'il n'a fichtrement aucune idée de ce qui va se passer, j'espère que vous êtes présentement calmés !

Et ce qui est valable pour le coronavirus l'est également pour quoi-vous-savez :

Nous savions que le changement climatique est une réalité mais nous ne voulions pas créer de panique.
Nous savions que le changement climatique est une réalité mais nous ne voulions pas créer de panique. 

Haro sur les collapsologues et autres prophètes de malheurs, un avenir radieux nous sourit, surtout si nous continuons à l'ignorer.


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https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/09/16/francois-gervais-tout-a-lheure-sur-france-bleu/#comment-23023

Le 16 septembre 2020 à 21 h 50 min,JR a dit :

Bonjour Monsieur antiréaliste, il est de notoriété publique que l’algorithme du GIEC est incapable de reproduire le climat du passé avec des paramètres pourtant connus. Alors pensez-vous bien, que connaitre le climat du futur…sauf à rééditer un climategate comme en 2009, vous savez tous les journaux télévisé en ont parlé à l’époque… Il a fait plus chaud pendant l’optimal (sic) médiéval, puis il a fait froid au petit âge glacière (sic), ainsi va la nature, et quitte à choisir je préfère vivre pendant une période chaude. Tout va très bien la nature suit son cycle. JR

 J'avais bien dit que le nouveau clown embauché par le cirque Rittaud allait nous régaler avec ses pitreries, ben voilà, nous sommes servis, il vient avec sa glacière remplie de plein de bonnes choses qu'il tient au frais pour les resservir à qui n'en veut ; il croit apporter un démenti implacable au dénommé Antisceptique, lequel tente d'éduquer la bande de crétins qui badent chez leur mathématimancien chéri, peine perdue à mon humble avis, ces gars sont totalement irrécupérables comme l'habitué des lieux Paul Aubrin qui montre encore une fois qu'il a tout compris...de travers :

Le 16 septembre 2020 à 21 h 47 min,paulaubrin a dit :

Antisceptique a dit : «El Niño Gilles des Landes c’est quoi ? De la chaleur spontanée peut-être.»
Ce sont des courants marins, de la chaleur qui se trouve dans les océans depuis on ne sait quand, et en aucun cas de la chaleur de l’air.
Que voulez-vous, quand on refuse de se documenter aux bonnes sources, ce qui n'est pas si compliqué que ça, on en arrive à ce genre d'inanité.

Le plus ahurissant dans l'affaire est que Benoit Rittaud, le « taulier » du blog MMM (aka Méga Merde Mathématimancienne), semble carrément avoir laissé les clefs du bistrot au clown qu'il a embauché, puisque celui-ci répond quasiment à chaque commentateur, par exemple avec ça :
Le 16 septembre 2020 à 22 h 05 min,JR a dit :

Bonjour, merci pour ce lien et bravo à France Bleue pour avoir eu le courage de débattre en invitant le Professeur émérite François Gervais. Gageons que France Bleue ne subisse pas de pressions. Ses explications sont limpides, logiques et comptables. En tout cas, la grande supercherie climatique, aussi dénommée – Le casse du siècle – est une fois de plus dénoncée par un homme de science remarquable et relecteur du Giec. Le sinistre et apocalyptique personnage J.Jouzel ne lui arrive pas à la cheville, ne n’ai jamais pu comprendre une de ses tentatives d’explication. Merci. JR
 Après le « bidulator » que les abonnés de Skyfall ont adopté à défaut de comprendre comment fonctionne l'effet des serre, nous voici maintenant avec le « casse du siècle », une expression que notre JR ressort chaque fois que l'occasion lui en est donnée. Quant à qualifier Gervais d'« homme de science remarquable » et Jouzel de « sinistre apocalyptique personnage » on comprend qu'il n'ait « jamais pu comprendre » ce dernier, la science c'est difficile et on ne peut pas à la fois appuyer sur deux ou trois pédales avec ses pieds et faire fonctionner correctement sa matière grise, c'est l'un ou l'autre, pas les deux à la fois.

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la chloroquine a des effets secondaires problématiques, mais s'il s'agit de sauver des vies on peut prendre le risque de l'administrer, car ne rien faire ne serait pas mieux
Eh oui, c'est bien moi qui en mars de cette année ai proféré cette ânerie qui mérite de figurer dans mon propre sottisier.

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Le 17 septembre 2020 à 16 h 30 min,XFLR-6 a dit :

[bla bla bla] une température plus élevée (associée à un plus fort ensoleillement) augmente la qualité des récoltes agricoles (voir les récoles de 2003, par exemple).

Pour résumer : votre aveuglement me consterne.
Tiens, un nouveau clown fait son apparition pour nous parler de l'excellence des récoltes en 2003 ; voyons voir de plus près :
https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/Null-202-10400.html
Après la sécheresse de l'été 2003, qui avait entraîné de faibles récoltes, le volume des productions végétales a fortement augmenté [en 2004]

https://www.agriculteur-normand.com/le-grand-ecart-dans-les-recoltes
En dehors de la récolte [de céréales à paille] exceptionnellement basse de 2015/2016 (27,5 Mt), il faut remonter à 2003/2004 pour trouver une récolte française sous le seuil de 30 Mt.

https://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/recoltes-la-production-europeenne-dabricots-chute-de-37-en-2020-1,13,2229893599.html
Avec 401 883 tonnes prévues en 2020 (640 452 t en 2019 et 554 384 t sur 2014-2018), « il faut remonter à 2003 et à 1998 pour trouver des récoltes [d'abricots] plus faibles avec respectivement 390 000 tonnes et 365 000 tonnes », détaille un document réalisé par la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales.

https://www.youscribe.com/catalogue/documents/savoirs/science-de-la-nature/l-agriculture-en-2003-en-europe-et-en-france-les-grands-pays-1959150

En 2003, dans l'Union européenne à quinze, la valeur de la production agricole diminue en termes réels : pour la production végétale, la chute des récoltes sous l'effet de la sécheresse n'est pas compensée par l'augmentation des prix ; pour la production animale, les prix se dégradent. Cette situation est partagée par les quatre plus grands pays producteurs : France, Italie, Allemagne, Espagne.
https://www.senat.fr/rap/r03-195/r03-19510.html
L'Insee, qui avait tablé au début de l'année sur une hausse des prix légèrement inférieure, explique la différence par l'effet de la canicule. En limitant l'offre dans les secteurs de l'énergie et de l'agriculture, celle-ci a en effet tiré à la hausse les prix de l'électricité, de la viande bovine, du vin ou encore des fruits et légumes.

Par exemple, l'augmentation du prix des légumes frais en septembre 2003 (+ 22 %) a affecté l'ensemble des produits frais (+ 5,8 %) et par voie de conséquence les prix de l'alimentation (+ 0,9 %), contribuant pour l'essentiel à la hausse de l'indice général des prix durant le même mois (+ 0,5 %).
Après avoir pâti d'autres dérèglements climatiques depuis le début de l'exercice 2002-2003, l'agriculture française a été frappée de plein fouet par la sécheresse et la canicule exceptionnelle de l'été 2003. Estimées à 13 milliards d'euros pour l'ensemble de l'Union européenne, les pertes s'élèveraient à 4 milliards d'euros pour notre pays, la France étant l'Etat membre le plus touché à cet égard.
http://www.epsilon.insee.fr/jspui/bitstream/1/33913/1/agr_IDF_2015_133.pdf
Production de betteraves en Ile-de-France de 2000 à 2014.

Ouh là là ! Qu'elle a été bonne l'année 2003 pour l'agriculture ! Comme on nous prédit des « conditions 2003 » de plus en plus fréquentes au fur et à mesure que l'on va s'approcher de la fin du siècle, j'ai comme une petite idée de l'excellence des récoltes dans le futur.

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1542. the fritz | 18/09/2020 @ 13:26
[...]
Je pense qu’il faudra revoir toute la physique du CO2 , parce qu’il ne se comporte pas de la même façon dans l’hémisphère Nord que dans l’hémisphère Sud ; en effet si l’extension de la banquise Nord frise le record de 2012, http://nsidc.org/arcticseaicenews/ la banquise antarctique se porte très bien et va peut-être battre des records cette année ; personnellement je pense que le CO2 doit perdre son activité en traversant l’équateur , et que seul celui que nous envoient les Chinois dans nos latitudes reste virulent comme les virus qu’ils nous envoient régulièrement

Le frisé pense qu'il faudrait revoir toute la physique du CO₂ pour expliquer que le pôle Nord, qui est un océan entouré de terres, ne se comporte pas comme le pôle Sud, qui est un continent entouré d'eau ; ce n'est pas le CO₂ qui perd de son activité en traversant l'équateur, c'est the fritz qui perd ses neurones en prenant de l'âge.

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1159. Ecophob | 17/09/2020 @ 19:35

Content de pouvoir accéder à Skyfall de nouveau!

Et comment ! Je suis le premier à fêter l'événement, les sottises à la pelle sont de retour, plus la peine de me fatiguer à aller chercher ailleurs.

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Je ne pensais pas qu’ils voulaient faire un article avec mes réponses, seulement les intégrer dans quelque chose de plus vaste. Du coup, c’est un peu court, mais c’est déjà ça  À lire ici. 

 Il faut le voir pour le croire et surtout bien se frotter les yeux afin d'être certain de ne pas rêver, mais oui, Benoit Rittaud est bien interrogé par Atlantico comme s'il était un expert du sujet :

https://www.atlantico.fr/decryptage/3592378/mais-quelle-temperature-faisait-il-vraiment-pendant-le-dernier-age-glaciaire--nous-connaissons-desormais-la-reponse-benoit-rittaud

Mais quelle température faisait-il vraiment pendant le dernier âge glaciaire ? Nous connaissons désormais la réponse

Il y a tant de scientifiques, des vrais, qui auraient pu expliquer les détails de l'étude américaine intitulée Glacial cooling and climate sensitivity revisited, je pense à Gilles Ramstein, à Jean Jouzel, à Philippe Ciais par exemple, mais non, Atlantico n'a pu trouver qu'un mathématimancien pour balancer des banalités comme celle-ci :

On sait depuis déjà longtemps que le passé a montré des épisodes de "surprises climatiques" qui ont vu les températures changer de façon très brutale pendant quelques années ou quelques décennies (et dont le CO2 ne peut matériellement pas avoir été la cause). Cela doit nous rendre modestes sur notre capacité à comprendre l'évolution de grandeurs climatiques, surtout lorsque, comme aujourd'hui, cette évolution se fait à un rythme modéré et erratique.

Ce n'est que le début de l'homélie de Rittaud, je vous fais grâce du reste que vous pouvez consulter si vous avez une minute à perdre. On notera toutefois l'inculture de Rittaud qui ne sait pas que même dans le lointain passé, bien avant l'apparition de l'homme, le CO₂, mais aussi le méthane, autre gaz à effet de serre puissant, ont été des moteurs de changements climatiques « brutaux » sur un peu plus que « quelques années ou quelques décennies ».

Ah oui, un dernier mot, Atlantico est classé « très à droite ». Une surprise ? En plus le journaliste ne sait pas lire et ce n'est pas Rittaud qui va corriger ses âneries ; en effet l'interview est introduite ainsi :

Atlantico.fr : Une étude américaine indique que la température moyenne sur terre durant le dernier âge glaciaire (il y an environ 20 000 ans) était comprise entre 5,7 et 6,5°C. A titre comparatif, avec nos 14°C de moyenne actuelle, ce n'est plus du réchauffement climatique mais une véritable fournaise! N'est ce pas surtout la preuve que les grands changements climatiques sont indépendants de l'action humaine?

Au passage c'est bien la preuve que Rittaud soit ne sait pas lui non plus lire un article scientifique, soit choisit volontairement de déformer ce qui est écrit ; en effet, le résumé dit explicitement ceci :

Our assimilated product provides a constraint on global mean LGM cooling of −6.1 degrees Celsius (95 per cent confidence interval: −6.5 to −5.7 degrees Celsius).
Notre produit assimilé fournit une contrainte sur le refroidissement moyen global du LGM de -6,1 degrés Celsius (intervalle de confiance à 95 % : -6,5 à -5,7 degrés Celsius).

 Ainsi on parle de 5,7 à 6,5°C de refroidissement et non de la température absolue durant le LGM (Last Glacial Maximum) ! On notera d'ailleurs que l'article évalue la sensibilité climatique à l'équilibre dans une fourchette proche de celle généralement admise, ce que Rittaud passe bien évidemment sous silence (normal s'il n'a pas lu ou compris l'article) :

Given assumptions concerning the radiative forcing of greenhouse gases, ice sheets and mineral dust aerosols, this cooling translates to an equilibrium climate sensitivity of 3.4 degrees Celsius (2.4–4.5 degrees Celsius), a value that is higher than previous LGM-based estimates but consistent with the traditional consensus range of 2–4.5 degrees Celsius.
Compte tenu des hypothèses concernant le forçage radiatif des gaz à effet de serre, des calottes glaciaires et des aérosols de poussière minérale, ce refroidissement se traduit par une sensibilité du climat à l'équilibre de 3,4 degrés Celsius (2,4-4,5 degrés Celsius), une valeur supérieure aux estimations précédentes basées sur le LGM mais conforme à la fourchette consensuelle traditionnelle de 2-4,5 degrés Celsius.

Comme Rittaud n'en parle pas on en déduit qu'il est d'accord (qui ne dit mot consent) ce qui est au demeurant une bonne nouvelle à l'insu de son plein gré.

Pour s'informer sur le LGM il y a bien d'autres sources qu'Atlantico ou MMM, en voici quelques unes :


Et notre nouveau guignol qui félicite le chef-clown :

Le 18 septembre 2020 à 18 h 14 min, JR a dit :
Bonjour Benoît, court, mais c’est une victoire !

JR gagne sur le coup la coupe du commentaire le plus idiot au volant de sa jolie auto qu'il avait prêtée à Jo le taxi (voir au début)


lundi 14 septembre 2020

Sottisier spécial JR

 https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2020/09/10/la-course-automobile-de-turckheim-aux-couleurs-climato-realistes/#comment-22952
Le 13 septembre 2020 à 23 h 14 min, Bertrand Rouffiange a dit :

Le site skyfall n’est plus accessible
Est ce pareil pour vous
Mince alors, le plus embêté dans l'histoire c'est moi, car si ça dure je vais devoir trouver d'autres sources d'inspiration pour mes sottisiers ! Non je rigole, j'ai suffisamment de grain à moudre, par exemple avec MMM (Méga Merde Mathématimancienne) ; le dernier article du clown Rittaud est d'ailleurs un modèle du genre, avec en guest star un pilote automobile du nom de Joël Richard (JR pour les intimes) qui se targue de donner des leçons de climatologie dignes de Pif Gadget :
expliquer la vérité par des constats, ou tout au moins émettre des doutes sur la grande supercherie climatique, aussi dénommée le casse du siècle, consomme certes de l’énergie et du temps.
JR dépense de l'énergie pour faire vrombir son moteur, cela au détriment de son cerveau qui se vide de sa substance pour favoriser ses testicules (principe des vases communicants), la preuve :
Les mathématiciens, les scientifiques, les paléontologues expliquent parfaitement les cycles du climat et le rôle bienfaisant du C02.
Apparemment on ne doit pas avoir les mêmes lectures et j'aimerais bien qu'il nous dise de quels scientifiques et paléontologues il parle (pour les maths on n'a pas besoin de dessin)
C’est l’idéologie sans carbone qu’il faut combattre, qu’avez-vous contre le carbone, ne confondriez-vous pas le C02 indispensable et irremplaçable à la vie et la pollution ?
Euh, une « idéologie sans carbone » c'est quoi ça ? Le mec essaierait-il de nous faire croire que les scientifiques ou les politiques voudraient faire disparaitre le carbone ?

Et ce n'est pas fini, le gars est du style à être à cheval sur ses libertés fondamentales auxquelles il ne faudrait surtout pas toucher :
Bonjour Jean, merci pour votre acceptation des libertés individuelles, qui sont en danger.
Les libertés individuelles en danger ? Ah, et pourquoi donc ?  Parce que le dénommé Jean l'a brossé dans le sens du poil :
Le 11 septembre 2020 à 8 h 42 min, Jean Davy a dit :

On peut être tout à fait contre les rallyes automobile (c’est mon cas) et malgré tout accepter ce type de publicité, soutenir les climato-realistes ce n’est pas porter une idéologie, c’est juste appliquer le raisonnement scientifique aux problématiques du climat, point final, riien d’autre.
Bienvenue à toi Joël Richard !
Ben voyons, le climato-irréalisme n'est pas une idéologie, ce n'est qu'un passe-temps de papys gâteux qui, ne pouvant plus bander correctement, se tournent vers les gros cylindres pour satisfaire leurs besoins de domination sur les autres ; une petite pression du pied sur l'accélérateur c'est vraiment à la portée du premier abruti venu, si en plus il appose un auto-collant des climato-crétins sur sa calandre ça lui fait croire qu'il est plus intelligent qu'un pneu.

Mais le savant JR se surpasse un peu plus loin :
Concernant les températures, il semblerait que l’on soit encore bien au dessous des températures de l’Optimum médiéval et que la fin du cycle chaud se termine pour entamer un cycle froid (2021 – 2050) Est-ce une bonne chose ? Le chaud est toujours plus facile à supporter que le froid n’est-ce pas ? On peut vivre pauvrement dans un pays chaud, c’est beaucoup plus difficile dans un pays froid, de plus il y a moins besoin d’énergie, ça tombe bien.
Et la cerise sur le gâteux :
Les populations pauvres et Africaines par ex, vivent et se nourrissent notamment grâce à l’augmentation du taux de C02 passé de 0,03 % à 0,04 % en 150 ans, ce qui permet de nourrir les plantations et aussi d’avoir moins besoin d’eau. 
Bon, devant tant de bêtise accumulée en si peu de mots il serait temps de passer à autre chose et de laisser JR mariner dans son jus, mais il nous donne son avis sur « les années à venir » et ça nous incite à continuer la lecture de sa prose :
nous allons rudement avoir besoin de rationalité dans années à venir face à la dictature qui se met en place.
Je vois déjà les hommes-lézards arriver avec leurs grands cheveux pour nous asservir et nous pomper tout le CO₂, pauvres de nous !

Et nous voyons que nous avons affaire à un véritable spécialiste quand il se lance dans des calculs compliqués :
Le lieu ou il y a le plus de ppm est le désert et pourtant les bédouins ne polluent pas ! Désormais les pseudos-écolos, mais vrais religieux, sont satisfaits puisqu’ils sont équipés de filtre à air devant les naseaux du matin au soir ! Dommage pour leur doctrine, car il aspire 0,04 % de C02 et aspire de nouveau l’air expiré à 3/4 % de C02, mais comment, ils ne meurent pas ? Pourtant il semble que de passer de 0,03 % en 1850 à 0,04 %, (soit + 0,01 point) en 2020 leur pose une sacré interrogation, alors que la vie a au moins connu 0,15 % du temps de la végétation luxuriante et des dinosaures.
Le temps des dinosaures ? Il veut probablement parler du temps où Claude Allègre donnait son point de vue original sur la question du climat. Mais notre nouveau venu dans la sphère des climato-rigogolos nous surprend avec ses connaissances encyclopédiques sur les temps anciens :
Il faut ramener le vie de l’homme (80 ans) et depuis l’apparition de l’homme (300 000 millions d’année pour l’homo sapiens) est une fraction* de seconde par rapport à la vie supposée du système solaire. Cela nous rendra beaucoup plus modeste et moins exigeant avec la nature et les micros variations climatiques qui semblent accommoder certains individus en mal d’idéalisation climatique.
Si l'on rapporte le QI de JR à celui de l'Homo Sapiens de base il est certain que « cela nous rendra beaucoup plus modeste et moins exigeant avec la nature », après tout cette dernière n'est pas infaillible et peut produire des anomalies capables de s'exprimer sur le blog d'un matheux en mal de reconnaissance par ses pairs mais auquel JR prête des pouvoirs surnaturels :
* La « taulier » sera plus doué que moi pour faire le calcul ! . Bien à vous. JR
Le « taulier » est probablement plus doué que JR quand il s'agit de manier deux ou trois chiffres, par contre il est peu probable qu'il s'abaisse à « faire le calcul », pour cela il faudrait qu'il comprenne quelque chose à ces « 300 000 millions d'année » qui nous contemplent comme les pyramides contemplaient Napoléon. Mais notre guignol a d'autres cordes à son arc, il est aussi glaciologue :
les réchauffistes – carbonistes sont bien gênés aux entournures en découvrant des habitations du néolithique sous la fonte du glacier de Chamonix.
Je ne pense pas que Christian Vincent soit gêné de quelque manière que ce soit, aux entournures ou aux entourloupes, par la fonte du glacier de Chamonix (Lequel ? Il y a plusieurs glaciers à Chamonix !) ; notre clown automobile devrait acheter (et lire s'il en est capable) Les glaciers à l'épreuve du climat, et il se rendrait compte de l'inanité de ses affirmations (on peut rêver)

Mais si vous pensiez avoir touché le fond vous n'y êtes pas du tout, car notre pitre continue :
la pauvre gamine est reçu en grande pompe à l’assemblée nationale, alors que nos scientifiques n’arrivent quasiment pas à obtenir un débat contradictoire digne de ce nom. Ce gouvernement fait tomber la France, la culture et la science bien bas. Nous savons tous que les moyens des réchauffistes-carbonistes sont colossaux et mondiaux, alors nous aurions tord de culpabiliser. Rappelons qu’il s’agit du casse du siècle, ils vont dépenser l’argent qu’ils n’ont pas, mais qu’il trouveront dans nos poches et mettront la France en faillite. Merci pour votre soutien à l’ACR et vive le réalisme.
En plus de ne pas savoir écrire en bon français notre JR est un vrai con, et il le prouve un peu plus loin :
je n’ai toujours pas compris la corrélation entre + 0,90 °C en 150 ans, parfaitement en phase avec les cycles de Milankovitch entre autres et les incendies en Californie ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un problème de gestion ?
A mon avis il s'agit d'un problème de gestion dans un cerveau dérangé qui demanderait à ce qu'on y fasse un peu de ménage, afin par exemple de dépoussiérer ce genre de commentaire :
Sachant que la température de l’atmosphère de la terre (de 0 m à 80 km) varie entre – 100 °C à + 500 °C, nous discutaillons sur une variation de + ou – 1 °C, l’homme est décidemment extrêmement exigeant avec la nature, encore plus qu’avec une climatisation… et encore la climatisation, elle, tombe parfois en panne et dans tous les cas demande de l’entretien…
Un cerveau aussi ça demande de l'entretien, mais quand on le confond avec une pédale d'accélérateur il ne faut pas s'étonner de ce genre de sortie de route.

Bon on va arrêter là, ce sottisier est déjà trop long, si vous voulez déguster davantage vous savez où aller, JR en a encore sous le pied à défaut d'en avoir dans le cigare.

En tout cas nous savons maintenant que nous avons une recrue de choix qui apparemment compte bien refaire des apparitions chez Rittaud, alors Skyfall peut bien tomber (dans les oubliettes de l'Histoire, car tel est son destin) nous aurons encore les belles perles de JR chez MMM pour nous faire de magnifiques colliers.


De Bolquère à Odeillo

Vendredi 11 septembre

Après deux jours de repos bien mérités (l'ascension du Carlit a laissé des traces et en plus il n'a quasiment pas arrêté de pleuvoir mercredi et jeudi !) voici une balade sympathique permettant de découvrir la campagne cerretaine.

Initialement il était prévu d'effectuer un circuit partant de Saillagouse et passant par Err ; ce circuit figure dans le topo guide Les Pyrénées Orientales à pied, pages 22 et 23 (PR6), sous l'intitulé A la découverte d'un territoire.

Mais en consultant les prévisions météo pour la journée sur Saillagouse il était dit qu'il se mettrait à pleuvoir à partir de 11 heures et nous avons alors décidé de changer notre objectif en choisissant un circuit du côté du versant de Font-Romeu, là où il y avait le plus de chances de bénéficier d'un temps ensoleillé ; en fait il n'a pas plu de toute la journée sur Saillagouse et nous aurions donc pu faire l'itinéraire indiqué par le topo guide, cependant nous n'avons pas regretté le moins du monde d'avoir modifié notre planning après avoir consulté la carte IGN 2250 ET Bourg-Madame Mont-Louis Col de la Perche.

Cette carte indique plusieurs itinéraires mentionnés en rouge afin de repérer les sentiers qui sont en principe balisés sur le terrain ; le circuit sélectionné par mes soins est un mix du GRP Tour de Cerdagne, marqué en rouge continu, et d'un autre cheminement indiqué sur la carte en rouge hachuré.

Données GPS avec vue terrain.
Le GRP Tour de Cerdagne est le tronçon qui part de Bolquère et arrive à Odeillo au kilomètre 7 ; le retour à Bolquère s'effectue sur l'itinéraire bis balisé en jaune sur le terrain.

Données GPS avec vue satellite.

On voit bien qu'on évite Font-Romeu et sa surpopulation de chalets (pour beaucoup inhabités en ce moment) et que les seules agglomérations traversées, si l'on excepte Bolquère, sont le petit village de Via et le gros bourg d'Odeillo, la quasi totalité du circuit se déroulant dans la campagne avec le train jaune pour ponctuer la marche de son sifflement environ toutes les demi-heures (à la louche)

Cette balade ne présente donc aucune difficulté particulière et pourra être effectuée en famille même avec des enfants à condition qu'ils soient capables de marcher plus de trois heures en comptant quelques petites pauses.

Données GPS avec profil de la randonnée.

Dès le départ de Bolquère de gros nuages nous font craindre le pire, qui n'arrivera pas !
On commence à marcher sur une ancienne route où plus aucune voiture ne passe.
Nous arrivons bientôt à la première gare miniature, là où la route croise la voie ferrée.
Les passages à niveau sont en majorité « non protégés », donc prudence...
Le train jaune a failli nous surprendre au détour du chemin derrière une haie.

A noter que le train ne roule pas vite et fait très peu de bruit, il faut donc être attentif si l'on veut capturer l'instant de son passage.

On remarquera aisément que ce train a été tagué ; voir Dégradations à répétition sur le Train jaune : la SNCF promet des mesures dans les gares de stockage :
Le week-end dernier encore [l'article date du 22 juillet], un train qui dormait à Latour-de-Carol pour assurer la première descente de la journée a été entièrement recouvert de tags, vitres comprises. Le méfait a été découvert au petit matin, lors de la mise en circulation du train.
C'est peut-être ce qu'on appelle de l'art, je préfère parler de dégradation stupide. M'enfin, comme dirait Gaston.

Derrière nous les nuages restent stationnaires sur le Cambre d'Aze.
La Pedraforca dans le lointain, avec la serra del Cadi à sa droite.
Même les gares peuvent être taguées...
Arrivée dans les faubourgs de Via.
Nous allons tourner autour du four solaire d'Odeillo et le voir sous toutes les coutures.
Les nuages semblent scotchés sur le Cambre d'Aze.
On remarque au pied de la montagne les miroirs de la centrale solaire de Llo ; mon application Polar me permet de visualiser le site (on peut aussi utiliser Google Maps) :

Centrale solaire de Llo.
Mais reprenons la marche.


Le four solaire d'Odeillo avec ses miroirs orientés au sud.

Le fonctionnement du four solaire est expliqué simplement sur Solarpedia :
Le four solaire principal d'Odeillo utilise le principe de la concentration des rayons solaires par des miroirs réfléchissants. Les 63 héliostats mobiles situés sur le flanc de la colline dirigent les rayons du solaire perpendiculairement au miroir parabolique géant du bâtiment principal à l'aide d'un dispositif d'asservissement à coordonnées calculées en boucle ouverte. Ce miroir parabolique concentre ensuite ces mêmes rayons solaires vers une cible circulaire au sommet d'une tour centrale située au point focal.
La tour centrale n'étant pas visible sur cette photo il faut attendre un peu et monter plus haut.

Le grand miroir parabolique et la tour centrale où les rayons solaires sont focalisés.
Vue d'ensemble avec les 63 héliostats, le grand miroir parabolique et la tour centrale.

Après avoir traversé Odeillo, ce qui prend une quinzaine de minutes au maximum sans trop forcer, le retour vers Bolquère est un jeu d'enfant ; peu avant d'arriver une dernière halte sous la protection d'un rocher pour profiter de la vue sans les inconvénients du vent froid venant du nord :


Finalement les nuages ne nous aurons pas trop embêtés.

Et il n'a pas plu à Saillagouse.


Le circuit des 12 lacs et le pic Carlit

Mardi 8 septembre.

Le plat de résistance de la semaine c'est aujourd'hui.

En vérité je ne pensais pas faire le Carlit, seulement me balader au-dessus des Bouillouses avec mon épouse (puisque ça rime), mais comme on le dit bien, l'appétit vient en mangeant et quand on a les jambes l'envie de marcher vient en marchant, et justement j'avais les jambes pour faire le petit détour par le sommet plutôt que de continuer tranquillement la boucle « des douze lacs ». Je dois avouer que si je n'ai pas été déçu par contre mes guiboles me l'ont quand même un peu reproché les jours suivants !

Le départ s'effectue donc depuis le barrage des Bouillouses qu'on pouvait atteindre en voiture ce jour-là (en été et quelques week-ends dans l'année l'accès est interdit en voiture en dehors de certains horaires et l'on doit prendre une navette) :

Données GPS avec vue terrain.
Données GPS avec vue satellite.

On voit bien qu'au kilomètre 5 le circuit des 12 lacs repart vers les Bouillouses et qu'on ajoute 4 kilomètres à ce circuit en allant jusqu'au sommet du Carlit. Et près de 600 mètres de dénivelée !

Données GPS avec profil de la randonnée.

On remarque la marche plus lente avec quelques interruptions dès que j'approche du sommet, ainsi que le pouls qui titille les 180 bpm ; à dire vrai je suis étonné après coup en regardant ce graphique parce que j'avais l'impression à la descente que j'allais au moins quatre fois plus vite qu'à la montée !

Maintenant quelques images pour vous donner une idée.

Le parking est déjà presque plein...

Nous sommes pourtant un mardi en-dehors des vacances scolaires, cela donne une idée de ce que ça pourrait être en plein été si les navettes n'existaient pas.

Le lac des Bouillouses avec le puig Péric en toile de fond.

A noter que le premier jour (le samedi 5) nous étions allés à la cabane de la Balmette qui se trouve quelque part au fond sur la droite.

Nous passons juste sous l'hôtel des Bones Hores.
Le point info pêche, utile également pour les randonneurs.

Les douze lacs sont indiqués sur la droite du panneau avec leurs altitudes respectives. A noter que je n'ai vu aucun pêcheur, ils devaient être cachés ou alors très discrets, pourtant nous sommes bien en pleine saison de pêche.

Le ciel est parfaitement bleu et la lune décroissante est bien visible si l'on daigne lever la tête.

Nous passons bien au-dessus de l'Estany del Viver.
Au retour le sentier longera ce lac en sens opposé. Derrière nous se trouve l'Estany Negre que nous avons négligé. Nous en sommes à deux lacs.

L'Estany de la Coumasse.
L'Estany Sec.
Si je compte bien cela nous en fait quatre.

Les deux lacs précédents sur la même photo.
Au fond les pistes de la station de ski de Font-Romeu depuis laquelle on peut également accéder aux Bouillouses.

L'Estany de Vallell (ou lac Bailleul)

Et de cinq.

Le Carlit dans toute sa splendeur.
Si des hommes sont allés sur la lune je dois bien pouvoir me rendre un peu au-dessous, non ?

Les Estanys Llong et Llat.
A noter que le sentier ne passe pas à côté de ces lacs, mais rien n'empêche de faire un petit détour pour aller leur rendre visite. Nous en sommes donc à sept.

Encore un petit effort et après ce ne sera que de la descente...mais pas pour moi !

A ce moment j'ai vraiment envie d'aller tout droit, vers le truc en face qui me nargue.

Il suffit que je veuille aller au sommet pour que les nuages commencent à arriver.
En se retournant, cinq lacs d'un coup en enfilade !

Ces cinq derniers lacs sont dans l'ordre :

  • L'Estany de Sobirans (le plus haut des 12 lacs)
  • L'Estany de Trebens
  • L'Estany d'en Gombau (qu'on distingue à peine, c'est le plus petit des douze !)
  • L'Estany de Castellar (ou Castellà)
  • L'Estany de les Dugues (légèrement décalé sur la droite et tout au fond)

Voilà, avant même d'avoir fait le sommet j'ai mes 12 lacs en poche.

Ça commence à devenir sérieux.
Une petite flaque cotée à 2598 mètres.
Un peu plus de 300 mètres à monter, ça devrait le faire.

Encore un coup d'œil en arrière.
Ici on voit même l'étang de Bailleul en plus des cinq lacs déjà mentionnés clôturant la liste.

Ici il n'y a plus que de la roche et quelques herbes courageuses.

Ne pas oublier les pèlerins dont certains sont visibles au sommet.

Prendre le panorama, ça sert surtout à reprendre son souffle...

Je ferai remarquer que beaucoup abandonnent avant d'arriver à cet endroit. Quelques-uns iront un peu plus loin sans oser affronter les dernières difficultés...

Ces deux jeunes iront jusqu'au bout, j'en suis témoin.
Ne poussez pas !
Ça passe en fait « un peu partout », mais il est préférable de ne pas trop s'éloigner du « chemin » matérialisé par les marques jaunes.

Et c'est enfin la récompense !

A noter que je n'ai pas pris de photos dans la dernière centaine de mètres à gravir, j'avais besoin de mes deux mains !

De l'autre côté le Lanoux s'étire au-dessous de la Coume d'Or.
Au sommet du Carlit ça souffle fort et froid.

On reconnait facilement ceux qui arrivent, ce sont les moins couverts !

Puis c'est la raide descente qui permet de rapidement se mettre à l'abri du vent et de raccorder le circuit des 12 lacs.

L'Estany de Trebens avec son abri dans le fond.
Un coup d'œil dans le rétroviseur pour s'apercevoir que le Carlit est maintenant bien couvert.
L'Estany del Viver incite à la méditation.
En vue du barrage des Bouillouses.

Il ne reste qu'une dizaine de minutes avant de rejoindre la voiture garée en contrebas du barrage. Bien que la montre Polar M430 ait une autonomie annoncée de 8 heures la batterie m'a lâché au bout de 6 heures et 53 minutes et je n'ai pas pu la mener au bout, mais il ne manquait pas grand chose, donc la durée de la randonnée peut être estimée à 7 heures environ en incluant le sommet du Carlit ; de bons marcheurs pourront faire le même trajet en moins de 5 heures, mais pourquoi vouloir aller vite dans ces magnifiques paysages, je vous le demande.