lundi 19 août 2019

L'Estagnas

Ce samedi 17 août il devait faire très beau et il a fait très beau !

Et très chaud faut-il aussi le préciser.

Je pensais que ce serait une balade « tranquille », en fait mes mollets s'en souviennent encore aujourd'hui deux jours après...

Le départ s'effectue du charmant village (si l'on daigne quitter la nationale qui mène vers l'Andorre…) de Mérens-les-Vals qui, comme son nom l'indique, se situe au carrefour de plusieurs vallées ; c'est dans celle du Nabre, au sud-est, que monte le sentier, en direction de la Porteille des Bésines que nous n'avons nullement l'intention de franchir, ni même d'atteindre.

L'objectif est le modeste (?) lac de l'Estagnas situé à 2030 mètres d'altitude, ce qui est bien assez quand on part du parking aux environs de 1070 mètres au-dessus des flots bleus, ce qui nous donne une dénivelée de mille mètres.

Voici d'ailleurs le profil GPS de la randonnée de ce jour :
Données GPS : vitesse, altitude et distance.
Données GPS : vitesse, altitude et temps.
Le GPS nous donne donc les statistiques suivantes :
  • distance : 12,9 km ;
  • temps total : 7hr 34min ;
  • temps en déplacement : 4hr 36min ;
  • temps à l'arrêt : 2hr 58min ;
  • dénivelée : entre 985 et 996 mètres.
Les vitesses sont évidemment fantaisistes la plupart du temps (vitesse maximale de 8km/h, faut pas rêver !) cependant on peut estimer la vitesse moyenne à environ 2,8km/h en ne comptant que le temps de marche, ce qui parait raisonnable surtout quand on sait que la dernière partie de l'ascension est très très raide...

Voici maintenant la carte prise sur le Google Maps de mon navigateur et non sur celui intégré à l'application ezTour d'Holux qui ne marche pas :
Points de départ et d'arrivée (source google.fr/maps)

Sur l'application voici ce que cela donne :
Application ezTour d'Holux.
Les seules choses qui marchent correctement sont donc :
  • le positionnement des photos, à condition de décaler l'horaire afin de faire correspondre photos et endroits où elles ont été prises (c'est prévu dans le menu) ;
  • les statistiques du trajet montrées plus haut.
Pour la carte que j'avais l'habitude de montrer c'est « For development purposes only » depuis que Google Maps est devenu payant en juillet 2018, ce qui est bizarre puisque Google Maps s'affiche correctement quand je le lance depuis mon navigateur Microsoft Edge comme on peut facilement le constater avec l'image juste au-dessus.

J'avais déjà envoyé une requête il y a plusieurs semaines au service support d'Holux et comme ils ne m'ont toujours pas répondu je viens d'en renvoyer une nouvelle, et je me demande si le problème ne vient pas d'eux et s'ils ne sont pas un peu embêtés pour trouver une solution...

Maintenant assez de bla bla, voici quelques photos pour vous faire saliver.

Le départ peut s'effectuer depuis le parking situé en contrebas de l'église romane ruinée de Mérens-les Vals, ce qui permet de la contempler sous tous ses angles.
 A noter qu'un autre parking existe un peu plus haut, mais les places sont limitées à une demi-douzaine de véhicules seulement.

Le sentier est tout d'abord sympa, on va vite comprendre pourquoi...

Environ un quart d'heure après le départ nous tombons sur une piscine à étages...d'eau chaude !

Mais il y a ceux qui se prélassent dans leur bain et ceux qui ne plaisantent pas.

Au-dessus de la forêt la vue vers la vallée permet d'apercevoir dans le lointain la station de ski de Bonascre.

Le saut du Nabre.

A partir de cet endroit les choses sérieuses vont vraiment commencer (photo prise en fait au retour)

Pour atteindre l'Estagnas il va falloir le mériter !

Le sentier montre presque à la verticale dans une espèce d'étroit pierrier entouré d'une dense végétation.

Vue plongeante sur la vallée du Nabre.

Un répit avant d'arriver au lac après une dernière courte montée dans les résineux.

Derrière nous des crêtes à près de 2400 mètres d'altitude (pics d'Aygue Longue et de la Girouneille)

Enfin la récompense, le petit lac de l'Estagnas, avec au-dessus la Porteille des Bésines.

Deux courageuses randonneuses s'attaquent à la Porteille avec comme objectif le refuge des Bésines sur son autre versant.

Symphonie en nuages et ciel bleu majeurs.


dimanche 18 août 2019

L'effondrement ne serait pas inéluctable, ouf on respire !

Six chercheurs se sont réunis pour écrire une tribune parue dans le monde : « Ecologie, climat : l’effondrement n’est pas inéluctable »

Parmi eux Jean Jouzel et Gaël Giraud, les seuls que je connaisse, ce qui me suffit pour m'interroger sur la pertinence d'une telle sortie destinée à rassurer le bon peuple ; en effet, si Jouzel est glaciologue et a donc de sérieuses connaissances en matière de climat, Giraud, lui, est économiste et...jésuite !

Je n'ai rien contre les jésuites et par ailleurs j'approuve tout ce que dit Giraud sur son sujet de prédilection, l'économie, mais je me demande si ses convictions religieuses n'influencent pas un peu son jugement dans les circonstances présentes...

Quant aux quatre autres que dire ? Alain Grandjean est économiste lui aussi, et polytechnicien, ce qui n'arrange pas forcément son cas ; Geneviève Ancel est nous dit-on cofondatrice des Dialogues en humanité, ce qui ne nous avance guère ; Isabelle Delannoy est « environnementaliste » et dirigeante fondatrice de DO Green - Economie symbiotique, ce qui nous fait une belle jambe ; et le dernier de la bande des six, Jacques Lecomte, est psychologue et président d’honneur de l’Association française de psychologie positive, et la psychologie positive étant par essence même l'antithèse de quelque chose de négatif on peut parfaitement comprendre que ce monsieur soit contre toute idée d'effondrement !

A noter tout de même, entre parenthèses, que certains apparentent la psychologie positive à la méthode Coué (même si les partisans positivistes s'en défendent) et qu'elle ne fait pas du tout l'unanimité dans la communauté...des chercheurs ! Elle serait une pseudo-science, rien que ça ! Bref encore un truc inventé par un Américain qui a probablement trouvé là une source de revenus non négligeables (qui n'en veut ?)

C'est pourquoi cette tribune me met mal à l'aise, car y voir Jouzel co-signer un texte doutant d'un quelconque effondrement en compagnie de gens dont on se demande comment on a pu leur attribuer le qualificatif de « chercheur » comme le fait Le Monde, il y a de quoi être...sceptique ! A ce compte-là un Benoit Rittaud aurait tout aussi bien fait l'affaire, il n'a aucune compétence particulière autre que les mathématiques, discipline dans laquelle il doit en principe de temps en temps chercher quelque chose, et comme il est certainement contre l'effondrement (l'effondrement ne passera pas par Benoit Rittaud, Benoit Rittaud lui balancera un atemi) il est la personne idoine pour apposer une croix au bas de ce genre de tribune.

Et elle nous dit quoi cette tribune ? En voici le préambule juste sous le titre de l'article :
La panique de la collapsologie est tout aussi paralysante que les doutes des climatosceptiques, affirment six chercheurs qui plaident dans une tribune au « Monde », pour une mobilisation concertée alliant militance citoyenne, décideurs politiques et entreprises.
Déjà, employer le mot « panique » et l'accoler à la collapsologie qui est, d'après Wikipédia, « l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder », est un très mauvais départ ; le Larousse définit la panique comme étant une « terreur soudaine et irraisonnée », ses synonymes étant effroi, affolement, épouvante...

Talleyrand aurait dit que tout ce qui est excessif est insignifiant, on peut donc considérer que le début de la tribune est insignifiant, ça commence plutôt mal.

Ensuite faire un parallèle entre les collapsologues et les climatosceptiques est assez malvenu, les premiers essaient d'envisager les problèmes futurs causés par notre civilisation industrielle productiviste dans laquelle la consommation débridée est considérée comme une sorte de graal, en cherchant des pistes pour justement éviter dans la mesure du possible l'effondrement civilisationnel qui pourrait en résulter, alors que les seconds ne font que nier des évidences vérifiées par la science afin de pouvoir continuer à saccager la planète tout en évitant le moindre remord (s'il n'y a pas de problème pourquoi s'en faire, telle est leur devise)

Et quelle solution dans le mode yakafokon proposeraint ces six « chercheurs » ? Rien d'autre que de « mobiliser » toute une série d'acteurs, ben voyons !

Plus bas le véritable début de la tribune ne fait pas dans la nuance :
Certes, un effondrement est possible ; mais, non, il n’est pas certain. Ses zélateurs peuvent le qualifier d’imminent, affirmer qu’il surviendra dans quelques décennies, sans toujours préciser ce dont il s’agit. En vérité, il n’y a sans doute pas un mais des effondrements partiels dont l’accumulation finirait par rendre impossible une vie humaine décente.
On est heureux qu'ils acceptent l'idée qu'un effondrement soit possible, mais affirmer qu'il n'est pas certain, sans apporter la moindre argumentation valable à l'appui (comme nous allons le voir dans un moment) et parler de « zélateurs » comme s'il s'agisait d'une secte, ce qui devrait plaire à Jared Diamond ou Pablo Servigne, tout en enfonçant des portes ouvertes avec « il n’y a sans doute pas un mais des effondrements partiels », tout cela ne fait pas très sérieux.

Et que nous mettent en avant nos six compères pour « prouver » que nous-autres Homo sapiens super développés savons tordre le cou à l'effondrement ? Ces quelques exemples à la limite du ridicule (j'en suis vraiment navré pour Jouzel) :
Or rien n’est inéluctable. Les exemples sont nombreux où des humains, conscients de situations dramatiques, agissent pour rétablir la situation et limiter les conséquences prévisibles de leurs erreurs. Le Japon de l’ère Tokugawa, au XVIIe siècle, a échappé à la déforestation de l’archipel grâce à une politique volontariste. La croissance du trou de la couche d’ozone, principal problème environnemental planétaire il y a une trentaine d’années, a été stoppée ; si nous restons vigilants, ce problème devrait être résolu vers 2060. Le Rhin, gigantesque égout à ciel ouvert il y a trente ans, est aujourd’hui dépollué de la source à l’embouchure.
On croit rêver, mais non, ils ont osé se ridiculiser en public !

En effet, mettre la déforestation qui aurait été stoppée au XVIIe siècle au Japon sur le même plan que les différentes crises actuelles qui sévissent au niveau mondial (changement climatique, surpopulation, chute de la biodiversité, risques systémiques liés à la finance mondialisée, etc.) est une vaste plaisanterie ; ce que les shoguns Tokugawas ont pu réaliser dans une société hautement hiérarchisée où le commun des mortels avait intérêt à filer droit, on voudrait donc que cela soit transposable dans notre société moderne basée avant tout sur l'égoïsme et la liberté en tout (à part quelques pays totalitaires qui de toute façon font cavalier seul et se fichent de l'état de la planète)

Et que dire de la couche d'ozone ? Si elle a été « sauvée » c'est uniquement parce qu'il existait des produits de substitution aux CFC facilement commercialisables ; imaginons un seul instant, pour la beauté de la démonstration, que les CFC aient été indispensables, c'est-à-dire qu'on n'ait eu à notre disposition absolument aucun autre produit capable de les remplacer dans nos réfrigérateurs et nos bombes aérosols, ou pour tous les autres usages pour lesquels ils étaient employés, qui peut croire un seul instant que toute l'industrie basée sur les CFC aurait simplement été rayée de la carte pour « sauver la planète » ?

Quant au dernier « argument » de notre sextuor il est dans la même veine que celui des Japonais du XVIIe siècle, si le Rhin a pu être dépollué c'est uniquement parce qu'il y avait un nombre limité d'acteurs, rien de comparable donc aux problèmes auxquels nous sommes confrontés qui sont quasiment tous étendus à l'échelle de la planète.

Je ne m'attarderai pas sur le reste de la tribune qui fait la part belle au dérèglement climatique alors qu'il n'est qu'une partie d'un tout encore plus complexe que ce que Jouzel peut apparemment imaginer, mais je ne peux m'empêcher de rigoler quand je lis ceci :
Les pouvoirs publics doivent agir avec réalisme et fermeté.
Effectivement, les pouvoirs publics peuvent agir « avec réalisme et fermeté » dans un monde...socialiste, ce gros mot que beaucoup assimilent facilement avec « communisme nord-coréen » !

Or que constatons-nous actuellement, une montée du socialisme ou bien une dérive vers le nationalisme et le repli sur soi ? Je vous laisse réfléchir un instant à la question en vous donnant quelques indices : Donald Trump, Jair Bolsonaro, Boris Johnson, Mateo Salvini, Narenda Modi, Shinzō Abe...


Et pour terminer je citerai seulement la fin de la tribune, sonnant comme un avertissement :
Le temps presse.
Tout est dit.


La mère Denis avait-elle davantage de bon sens ...que Jean Jouzel ?


jeudi 15 août 2019

C'est peut-être encore pire que ce que l'on pensait

Si l'on en croit certains les scientifiques dont les études sont résumées dans les rapports du GIEC seraient catastrophistes, en fait quand on regarde un peu l'évolution des informations sur le sujet du changement climatique on s'aperçoit que c'est la prudence qui prédomine chez la plupart des chercheurs, et au fur et à mesure que le temps passe les nouvelles études viennent généralement non seulement confirmer ce que l'on savait déjà, mais elles nous disent aussi bien souvent que la situation est un peu plus délicate (pour ne pas dire pire) que ce que l'on pensait.

Ainsi en ce qui concerne les glaces de nos hautes latitudes (aujourd'hui il ne sera pas question des glaciers alpins), tant au nord qu'au sud, les dernières nouvelles ne sont pas franchement rassurantes.


L'Arctique libre de glaces en septembre, mais en quelle année ?


Une climatologue américaine, Julienne Stroeve, au palmarès édifiant qui force le respect et incline à écouter ce qu'elle a à dire, se pose la question suivante : When Will All the Ice in the Arctic Be Gone? (Quand toute la glace de l'Arctique aura-t-elle disparu ?)

Cette scientifique a déjà publié en 2016 un papier intitulé Observed Arctic sea-ice loss directly follows anthropogenic CO2 emission (La perte de glace de mer observée dans l'Arctique suit directement les émissions anthropiques de CO2) dans lequel elle explique qu'il existe une corrélation étroite entre la hausse du taux de CO₂ (forcément anthropique puisque la nature équilibre les puits et les sources sur le long terme) et la baisse de l'étendue de la surface de la banquise en Arctique, ce que l'on peut observer avec ce double graphique :
Fig. 1 Relationship between September Arctic sea-ice area and cumulative anthropogenic CO2 emissions.

Dans le cadre A la ligne bleue épaisse représente la moyenne sur 30 ans de la banquise observée en septembre (au moment où elle est à son minimum), quant aux fines lignes rouges elles correspondent aux moyennes sur 30 ans des modèles CMIP5 ; les ronds bleus sont les valeurs annuelles observées en septembre de chaque année de 1953 à 1978, et les losanges bleus les valeurs annuelles observées en septembre de chaque année de 1979 à 2015.

Plusieurs constations me viennent à l'esprit à la vue de ce graphique du cadre A (je ne pige pas trop le cadre B qui ne concerne que les simulations, donc je ne vais pas en parler) :
  • les modèles sont très variables, certains sont nettement trop « optimistes », quelques uns sont plus « pessimistes », mais le gros de la troupe représente assez bien ce qui a été observé ;
  • les valeurs correspondant à la période 1953-1978 sont situées dans le haut, celles de la période 1979-2015 dans le bas, ce qui montre bien dans quel sens va l'évolution ;
  • tant les modèles que les observations arrivent à la conclusion qu'émissions de CO₂ et extension de la banquise sont intimement liées : plus le CO₂ s'accumule dans l'atmosphère suite aux émissions, et plus la banquise se rétrécit.
L'étude restait cependant très vague quant à la date à laquelle l'Arctique deviendrait libre de glaces en septembre :
Arctic sea ice is disappearing rapidly, leading to predictions of an ice-free summer in the near future.
La glace de mer de l'Arctique disparaît rapidement, ce qui laisse présager un été sans glace dans un avenir rapproché.
Un « avenir rapproché », on n'en saura pas plus, cependant on apprend que les modèles ont plutôt tendance à sous-estimer la fonte des glaces :
The observed linear relationship implies a sustained loss of 3 ± 0.3 square meters of September sea-ice area per metric ton of CO₂ emission. On the basis of this sensitivity, Arctic sea ice will be lost throughout September for an additional 1000 gigatons of CO₂ emissions. Most models show a lower sensitivity, which is possibly linked to an underestimation of the modeled increase in incoming longwave radiation and of the modeled transient climate response.
La relation linéaire observée implique une perte soutenue de 3 ± 0,3 mètre carré de surface de glace de mer en septembre par tonne métrique d'émission de CO₂. Sur la base de cette sensibilité, la glace de mer arctique sera perdue tout au long du mois de septembre pour 1000 gigatonnes supplémentaires d'émissions de CO₂. La plupart des modèles montrent une sensibilité plus faible, qui est peut-être liée à une sous-estimation de l'augmentation modélisée du rayonnement à ondes longues entrant et de la réponse modélisée du climat transitoire.
Les modèles sont ce qu'ils sont, ils sont tous dans l'erreur, ce qui est normal car aucun modèle ne peut prévoir exactement ce qui va se passer, cependant ils s'avèrent quand même utiles bien que certains, de toute évidence, sous-estiment les conséquences de nos émissions (d'autres les surestiment, mais ils sont moins nombreux)

Alors que nous apprend Julienne Stroeve dans son récent article publié le 14 août dernier dans Scientific American ?

Tout d'abord elle nous confirme bien que la perte de glace de la banquise est non seulement en accélération mais qu'elle est aussi plus importante que ce que les modèles avaient prédit :
Several recent reports have detailed the accelerated loss of summer sea-ice cover in the Arctic. In addition, the observed ice loss is generally happening faster than climate models have forecasted. 
Plusieurs rapports récents ont décrit en détail la perte accélérée de la couverture de glace de mer en été dans l'Arctique. De plus, la perte de glace observée se produit généralement plus rapidement que ne l'avaient prévu les modèles climatiques.
Mais ce qui est plus étonnant c'est la fourchette donnée par ces différents modèles :
we see a large spread in climate model simulations, with ice-free September conditions already happening in 2020 in some simulations but not until well beyond 2100 in others.
nous constatons une grande dispersion dans les simulations des modèles climatiques, avec des conditions de septembre exemptes de glace déjà en 2020 dans certaines simulations, mais pas bien au-delà de 2100 dans d'autres.
Soit un écart de 80 et quelques années entre modèles !

Cependant la climatologue nous avertit qu'en fait il ne s'agit pas simplement d'une question de temps, mais plutôt de variabilité naturelle du climat et de réchauffement causé par nos émissions anthropiques de CO₂ ; son hypothèse personnelle est que nous pourrions expérimenter un Arctique libre de glaces en septembre dans les 20-25 prochaines années, soit entre 2040 et 2045 grosso modo, quand nous aurons ajouté environ 800 milliards de tonnes métriques de CO₂ dans l'atmosphère.

Et ce n'est pas tout, car avec 1 800 milliards de tonnes supplémentaires l'Arctique sera probablement libre de glaces de juillet à octobre, soit pendant 3-4 mois de l'année (elle cite son étude de 2017)

Mais elle rêve quand elle écrit :
Sea-ice loss is not irreversible. So it is time to reframe our question and discuss ways in which we can limit the amount of additional CO₂ in the atmosphere in order to preserve summer ice cover in the Arctic. And perhaps more importantly, we must ask how much more sea ice we are willing to lose.
La perte de glace de mer n'est pas irréversible. Il est donc temps de recadrer notre question et de discuter des moyens de limiter la quantité de CO₂ supplémentaire dans l'atmosphère afin de préserver la couverture de glace estivale dans l'Arctique. Et peut-être plus important encore, nous devons nous demander combien de glace de mer de plus nous sommes prêts à perdre.
Evidemment cela ne se passera pas comme cela, personne ne se demandera « combien suis-je prêt à perdre de banquise arctique ? », les mêmes usual suspects n'ont que faire de la banquise qui fond, elle leur offre d'immenses opportunités (forages divers et nouvelles routes commerciales et touristiques, entre autres) et comme ils ont de l'argent et peuvent contrôler les politiques (en finançant leurs campagnes et en mettant leurs pions aux endroits clés comme le font si bien les Américains avec l'administration Trump) ils auront toujours une longueur d'avance sur les Greta Thunberg de la planète.

Pour terminer disons que ce qui est important concernant l'Arctique ce n'est pas tellement la surface perdue, mais surtout le volume de glace qui est lui beaucoup plus parlant et significatif :
Credit: Amanda Montañez; Source: Piomas Monthly Ice Volume Data, 1979–Present, Polar Science Center, University of Washington

Si le volume à fin septembre a légèrement augmenté entre 2010 et 2018, par contre celui d'avril est en constante diminution ; devinez ce que les climato-irréalistes retiendront d'un tel graphique.

Pour rappel (juste au cas où) j'avais prédit un Arctique libre de glaces en septembre...2035 ! Nous verrons bien si ma boule de cristal fait mieux que l'approche scientifique de Julienne Stroeve.


L'Antarctique fond de plus en plus vite lui aussi


Après Julienne Stroeve, au tour d'Eric Steig, un glaciologue lui-aussi bien placé au box office des scientifiques bossant sur le climat, qui se fend d'un article dans Real Climate intitulé The Antarctic ice sheet is melting and, yeah, it’s probably our fault. (La calotte glaciaire de l'Antarctique fond et, oui, c'est probablement notre faute)

Attention ! Alors que Julienne Stroeve nous parlait de la banquise arctique, c'est-à-dire de la glace d'eau de mer, Eric Steig, lui, nous entretient de la calotte de glace qui couvre le continent antarctique, ce n'est donc pas du tout la même chose, non seulement nous changeons de pôle en passant du Nord au Sud, mais nous changeons aussi de sujet, même si les deux sont liés par un réchauffement climatique commun.

Pour résumer succinctement à l'attention des retardataires qui seraient comme une poule qui découvre soudainement un couteau, il faut préciser que la fonte d'une banquise (qu'elle soit au nord ou au sud) n'entraine pas de hausse du niveau des mers (ou alors de manière indirecte et négligeable par le biais d'un réchauffement accru de l'eau ainsi libérée des glaces ce qui entraine sa dilatation et donc une certaine élévation) tandis que la fonte d'une calotte glaciaire, que ce soit au Groenland ou en Antarctique, va de facto rajouter de l'eau et donc faire monter le niveau des océans dans des proportions significatives.

Revenons à Eric Steig, qui vient de publier avec quatre autres chercheurs un papier intitulé West Antarctic ice loss influenced by internal climate variability and anthropogenic forcing (Perte de glace dans l'Antarctique occidental influencée par la variabilité du climat interne et le forçage anthropique) ; le papier est également disponible ici mais en payant pour lire plus que le résumé, et je me demande si Steig a ainsi le droit de diffuser gratuitement son article alors que cet article est payant chez l'éditeur PNAS...

Quoi qu'il en soit Steig tient à donner quelques informations de première main en complément de son étude afin de désamorcer d'éventuelles erreurs de transmissions dans les médias généraux (ou dans certains blogs qui ne manqueront pas de le dénigrer en déformant ce qui est écrit, ce à quoi nous commençons maintenant à être habitués)

Il nous dit notamment que
The key finding is that we now have evidence that the increasing loss of ice from the West Antarctic Ice Sheet is a result of human activities — rising greenhouse gas concentrations in particular.
La principale conclusion est que nous avons maintenant la preuve (ou de sérieux indices) que la perte croissante de glace de l'inlandsis de l'Antarctique occidental est le résultat des activités humaines, en particulier l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre.
Et cela nous rappelle étrangement les conclusions...de Julienne Stroeve !

Alors pourquoi avoir attendu autant de temps pour avoir finalement aujourd'hui la confirmation d'une corrélation entre activités humaines et pertes de glaces ?

En fait les scientifiques se doutent depuis fort longtemps qu'il y a un lien entre les deux, et Eric Steig cite Richard Alley qui aurait dit récemment à un journaliste de National Geographic :
It has been hard to imagine that the ice sat around happily for millennia and then decided to retreat naturally just as humans started perturbing the system, but the evidence for forcing by natural variability was strong.
Il est difficile d'imaginer que la glace soit restée assise joyeusement pendant des millénaires, puis qu'elle ait décidé de se retirer naturellement au moment où les humains ont commencé à perturber le système, mais les preuves du forçage par la variabilité naturelle étaient solides.
Eh oui, comme déjà dit dès le début de ce billet, les scientifiques sont prudents par nature (sic) et jusqu'à il y a peu « les preuves du forçage par la variabilité naturelle étaient solides », même si le mot anglais « evidence » peut très bien se traduire par autre chose que par « preuve », par exemple on peut aussi dire « indice », « signe » ou « témoignage », ce qui relativise tout de suite la phrase de Richard Alley !

Eric Steig nous précise même que les « opinions » des scientifiques sur la responsabilité humaine dans les pertes de glaces en Antarctique étaient de 50/50, alors que pour le Groenland il y a depuis longtemps un large consensus sur la question (dans le sens bien évidemment d'une responsabilité humaine)

Pour résumer (c'est Steig lui-même qui résume)
In short, glacier melt in West Antarctica has increased because more Circumpolar Deep Water (which is relatively warm) is getting from the ocean surrounding Antarctica onto the Antarctic continental shelf and reaching the floating ice shelves of the large outlet glaciers that drain the West Antarctic ice sheet into the ocean. 
En bref, la fonte des glaciers dans l'Antarctique occidental a augmenté parce que davantage d'eaux profondes circumpolaires (qui sont relativement chaudes) s'écoulent de l'océan entourant l'Antarctique vers le plateau continental antarctique et atteignent les plateformes de glace flottantes des grands glaciers qui drainent l'inlandsis ouest antarctique dans l'océan.
Il ajoute plus loin que si le phénomène ENSO a son importance sur le processus de fonte, il ne fait que se superposer à une influence à plus long terme :
What we argue, in brief, is that although ENSO does indeed dominate the wind variability in the Amundsen Sea on timescales from interannual to multi-decadal, there is also a longer-term trend in the winds, on which the ENSO-related variability is superimposed.
En résumé, nous soutenons que, bien que l'ENSO domine effectivement la variabilité des vents dans la mer d'Amundsen sur des échelles de temps allant de l'interannuel à plusieurs décennies, il existe également une tendance à plus long terme dans les vents, à laquelle se superpose la variabilité liée à ENSO.
Pour bien comprendre que la variabilité naturelle due à ENSO (i.e. El Niño/La Niña) existe bien sur une échelle de quelques années mais qu'à plus long terme il y a bien une tendance lourde qui se superpose et prend le dessus, Steig nous montre ce graphique tiré de son étude (figure 3a) :
Figure 1. Zonal wind speed (positive = westerly, negative = easterly) over the continental shelf edge in the Amundsen Sea, Antarctica, since 1920. Observations (ERA-interim data) are in blue. Model results in black (average) and gray (individual ensemble members) are from the tropical pacemaker (PACE) experiments with the CESM climate model, from Schneider and Deser (2017). The dashed line shows the average trend. From Holland et al., 2019.

Les hauts et les bas représentent la variabilité naturelle due à ENSO, mais la ligne noire ascendante en pointillés montre la tendance longue, allant d'une majorité de vents d'est au début de la période considérée, vers une majorité de vents d'ouest à partir des années 1980, quelque chose que la variabilité naturelle du climat peut très difficilement expliquer.

On pourrait penser que le trou dans la couche d'ozone a quelque chose à voir là-dedans, mais non, ou si peu :
The trend in the winds is small, and easily lost within the variability of individual model ensemble members, but it is robust (it occurs in all the ensemble members) and statistically significant. Moreover, we know its cause (at least in the model experiments): radiative forcing. Although these experiments also include radiative forcing changes resulting from the ozone hole, it’s clear that the trend in the winds begins well before ozone depletion begins in 1970s. Thus, the key forcing is greenhouse gases.
La tendance des vents est faible et facilement perdue à l'intérieur de la variabilité des membres individuels de l'ensemble du modèle, mais elle est robuste (elle se produit chez tous les membres de l'ensemble) et statistiquement significative. De plus, nous connaissons sa cause (du moins dans les expériences des modèles) : le forçage radiatif. Bien que ces expériences comprennent également des changements de forçage radiatif résultant du trou dans la couche d'ozone, il est clair que la tendance des vents commence bien avant que l'appauvrissement de la couche d'ozone ne commence dans les années 1970. Ainsi, les gaz à effet de serre sont le principal facteur de forçage.
Cependant Eric Steig tient a donner quelques mises en garde concernant les conclusions de l'étude, dont celle-ci qui n'est pas la moins importante :
we are far from proving that the ongoing ice loss from Antarctica can be attributed to human-induced climate change.
nous sommes loin de prouver que la perte continue de glace en Antarctique peut être attribuée au changement climatique induit par l'homme.
Prouver en italiques, car il ne s'agit ici que d'indices s'ajoutant à d'autres indices, et la période satellitaire étant relativement courte elle est forcément « polluée » par la forte variabilité décennale due à ENSO :
As we say in the paper, “Decadal internal variability therefore dominates ice-sheet and ocean variability during the modern observational era (since 1979), and will continue to dominate observations for decades to come.” We are not likely to find the smoking gun any time soon. 
Comme nous le disons dans cet article, " la variabilité interne décennale domine donc la variabilité de l'inlandsis et de l'océan pendant l'ère moderne d'observation (depuis 1979), et continuera à dominer les observations pendant des décennies à venir ". Il est peu probable que nous trouvions la preuve irréfutable dans un avenir rapproché.
Un détail pour finir, cette étude se focalise sur la partie ouest de l'Antarctique, et tout spécialement sur la côte qui fait face à la mer d'Amundsen :
La mer d'Amundsen (source wikipedia)

Alors se pose la question qui tue : est-ce que tout l'Antarctique est touché par la fonte des glaces ? Et la réponse courte est : OUI !

C'est Eric Rignot (et al. le 22 janvier 2019) qui nous l'explique dans Four decades of Antarctic Ice Sheet mass balance from 1979–2017 (Quatre décennies de bilan massique de l'inlandsis antarctique de 1979 à 2017) où quelques cartes nous donnent l'information dont nous avons besoin :

Ice mass balance of Antarctica using the component method (SMB, on grounded ice minus ice discharge, D, at the grounding line) for (A) 1979–1990, (B) 1989–2000, (C) 1999–2009, and (D) 2009–2017. The size of the circle is proportional to the absolute magnitude of the anomaly in D (dD = SMB1979−2008SMB1979−2008 − D) or SMB (dSMB = SMB − SMB1979−2008SMB1979−2008). The color of the circle indicates loss in dD (dark red) or dSMB (light red) versus gain in dD (dark blue) or dSMB (light blue) in billions of tons (10121012 kg) per year. Dark color refers to dD; light color refers to dSMB. Plots show totals for Antarctica, Antarctic Peninsula, West Antarctica, and East Antarctica. Background is the total mass balance spread into the drainage basins color-coded from red (loss) to blue (gain).

Pas besoin d'être bac+30 pour comprendre, d'après ces quatre cartes qui montrent chacune une décennie, que la fonte va en s'amplifiant : quand c'est rouge ça fond, quand c'est bleu c'est le contraire.

Durant la dernière décennie étudiée seules quelques rares portions avaient encore le courage de résister à nos émissions, mais on s'aperçoit que même l'est, que l'on croyait épargné, est lui-aussi touché par le retrait des glaces ; l'an dernier, en août 2018, nous le savions déjà avec une article publié dans National Geographic qui nous avertissait :
For years, scientists thought that icy, remote East Antarctic glaciers were stable. But that may no longer be the case.
Pendant des années, les scientifiques ont cru que les lointains glaciers de l'Antarctique de l'Est étaient stables. Mais ce n'est peut-être plus le cas.


Il va falloir s'habituer à utiliser des phrases selon le modèle « Pendant des années les scientifiques ont cru que [insérer ici ce que les scientifiques ont cru pendant des années] mais ce n'est peut-être plus le cas », avant de changer la dernière partie de la phrase par « mais ce n'est plus du tout le cas ».

Ainsi va la science et la connaissance, progressant en même temps que les dénégateurs disparaissent pour cause de dernier grand voyage...vers l'oubli...


mardi 13 août 2019

Le Groenland se refroidirait d'après Pierre Gosselin


Préambule


En consultant mon fil d'informations sur Facebook je tombe ce matin sur cet article intitulé Europe’s record heat melted Swiss glaciers (La chaleur record de l'Europe a fait fondre les glaciers suisses) ; un glaciologue suisse du nom de Matthias Huss est mentionné, il aurait dit dans un tweet :
Absolutely exceptional for a period of only 14 days in total!
Absolument exceptionnel pour une période de seulement 14 jours au total !
Il évoquait le fait que les glaciers suisses auraient perdu la bagatelle de 800 millions de tonnes métriques (metric tons) durant les deux seules canicules de juin et juillet derniers, alors vérifions tout de suite s'il a bien écrit cela :
Les #glaciers suisses ont perdu environ 0,8 milliard de tonnes de neige et de glace rien que pendant les deux vagues de chaleur de fin juin et de la semaine dernière. Absolument exceptionnel pour une période de seulement 14 jours au total ! Et l'été n'est pas encore fini..... (source twitter.com/matthias_huss)
Je ne sais pas pourquoi l'article parle de tonnes métriques plutôt que de tonnes tout court, si quelqu'un a la réponse qu'il se fasse connaitre, mais apparemment il s'agit de la même chose, Matthias Huss en tout cas n'a pas rajouté le moindre « métrique » dans son tweet ; bref le problème n'est pas là, il est que cette perte de glace lui a paru « absolument exceptionnelle », et on peut penser qu'en tant que glaciologue il doit savoir de quoi il parle.

Mais il y a encore plus intéressant pour notre propos du jour (l'objet de ce billet en  fait), en effet, dans les « réponses » au tweet de Matthias Huss on trouve celle-ci qui a attiré notre attention :
Tandis que les glaciers d'Islande et du Groenland s'étendent à nouveau....(source twitter.com/poynton_j)

Donc un contestataire (un climatoréaliste ?) arrive avec ses gros sabots (normal, c'est un garçon de la campagne…) afin de moucher le nez du spécialiste Matthias Huss et lui asséner un sous-entendu lourd de sens avec...le blog de l'inénarrable Pierre Gosselin !

Alors allons faire un tour chez notrickszone où nous allons apprendre médusés que
A new analysis of recent trends for the Greenland ice sheet reveals that since 2012 there has been an abrupt slowing of melt rates and a trend reversal to cooling and ice growth.
Une nouvelle analyse des tendances récentes de la calotte glaciaire du Groenland révèle que, depuis 2012, il y a eu un brusque ralentissement des taux de fonte et un renversement de tendance vers un refroidissement et la croissance des glaces.
Ceci est évidemment le résumé de l'article de Pierre Gosselin alias notrickzone, pas le titre d'un des articles qu'il prend comme référence qui s'intitule Unusual weather resulted in an atypical melting season in the Arctic (Des conditions météorologiques inhabituelles ont entraîné une saison de fonte atypique dans l'Arctique)

J'ouvre ici une courte parenthèse : No trick zone peut se traduire approximativement par zone sans astuce/piège/trucage/etc. ; le gars veut donc nous faire croire qu'en allant sur son site on ne sera pas enfumé comme on pourrait l'être avec, au hasard, un rapport du GIEC ou une vidéo du Réveilleur, mais j'ai déjà montré à plusieurs reprises (il suffit de taper gosselin dans la zone recherche de mon blog) qu'il s'agit en réalité d'un clown de plus qui veut faire prendre à ses lecteurs des vessies pour des lanternes. Est-il payé pour cela ? On peut se poser la question comme on se la pose pour des gens comme Anthony Watts, JoAnne Nova, Benoit Rittaud ou Judith Curry, entre autres, et la réponse qui vient spontanément à l'esprit est que s'ils ne sont pas payés alors ce sont de véritables imbéciles qui bossent gratuitement pour le compte de gens qui sont bien contents d'avoir de tels représentants pour diffuser leurs contrevérités (voir aussi à ce sujet Jean-Pierre Bardinet, le VRP du climato-scepticisme)

Revenons maintenant à nos moutons.

Dans l'article de Gosselin il y a un certain nombre d'informations qui ne sont même pas (toutes) fausses ; il y a l'article que j'ai cité, émanant d'un site sérieux, le polarportal, on y trouve aussi une étude intitulée Broad-scale ocean cooling across the continental shelf in Northwest: Does it reach Greenland's glaciers through the fjords? (Refroidissement à grande échelle de l'océan sur l'ensemble du plateau continental dans le nord-ouest : atteint-il les glaciers du Groenland en passant par les fjords ?), ou une autre titrant Contrasting temperature trends across the ice-free part of Greenland (Tendances contrastées des températures dans la partie exempte de glace du Groenland) plus quelques autres que je ne vais pas reprendre pour ne pas encombrer (mais vous êtes parfaitement libre d'aller voir par vous-même)

Je n'ai pas tout vérifié (je compte sur BenHague pour le faire et me trouver le petit détail qui tue) et je me contenterai donc du tout premier document, celui du site danois dont le titre entier est je le rappelle le suivant :
Polar Portal Season Report 2018
Unusual weather resulted in an atypical melting season in the Arctic
Portail polaire - Rapport de saison 2018
Des conditions météorologiques inhabituelles ont entraîné une saison de fonte atypique dans l'Arctique.
Il faut être quelqu'un de tordu comme Pierre Gosselin pour tirer comme conclusion de cet article scientifique que « depuis 2012, il y a eu un brusque ralentissement du rythme de fonte et un renversement de la tendance au refroidissement et à la croissance des glaces » comme il le souligne en gras sous le titre général qui attire le chaland avec Greenland Has Been Cooling In Recent Years – 26 Of Its 47 Largest Glaciers Now Stable Or Gaining Ice (Le Groenland s'est refroidi ces dernières années - 26 de ses 47 plus grands glaciers sont maintenant stables ou ont gagné de la glace)

Que nous dit réellement le site danois en la matière ? Lisons d'abord le résumé figurant directement sous le titre :
The 2017-18 season in the Arctic has once again been extraordinary. A cold summer with high levels of precipitation has benefitted the Ice Sheet, whilst glaciers have continued the development seen during the last six years in which they have more or less maintained their area. The sea ice, on the other hand, has been more vulnerable, with high sea temperatures and warm winds leading to a large area north of Greenland being ice-free in two separate periods – February and August respectively. 
La saison 2017-18 dans l'Arctique a une fois de plus été extraordinaire. Un été froid avec de fortes précipitations a profité à l'inlandsis, tandis que les glaciers ont poursuivi le développement observé au cours des six dernières années, au cours desquelles ils ont plus ou moins maintenu leur superficie. La glace de mer, par contre, a été plus vulnérable, les températures élevées de la mer et les vents chauds ayant fait qu'une grande partie de la zone située au nord du Groenland a été libre de glace en deux périodes distinctes - février et août respectivement.
Nous voyons immédiatement que le « renversement de la tendance au refroidissement et à la croissance des glaces » de Pierre Gosselin est en fait un simple maintien durant six ans de la superficie des glaciers, mais surtout que la banquise, elle, et Gosselin se garde bien de le mentionner, « a été plus vulnérable » en raison de températures d'eau de mer élevées et de vents chauds qui ont permis à une zone située au nord (pas au sud !) du Groenland d'être libre de glace de manière tout à fait exceptionnelle !

Evidemment vous l'avez compris (enfin, ceux qui ne font pas semblant d'avoir compris) Gosselin ne reprend des références qu'il cite dans son article que les éléments, et uniquement eux, qui vont dans le sens qu'il lui plait de montrer à ses lecteurs, tout en ignorant tout ce qui pourrait nuire à sa « démonstration ».

Il ne vous parlera pas, par exemple, de ce qui crève les yeux car c'est écrit en gros dès la première page :
The heatwave in Europe and the cold Greenlandic summer are connected through the Atlantic “seesaw” 
La canicule en Europe et le froid de l'été groenlandais sont reliés par la "balançoire" atlantique.
On fera remarquer que l'article a été écrit...le 20 mai 2019, soit bien avant que les deux canicules ne sévissent sur la France, dont la dernière qui a voyagé (malgré les dénégations de certains) jusqu'au Groenland en passant pas la Scandinavie et l'Islande (voir Confirmation) ; la balançoire atlantique produit donc du froid sur le Groenland et du chaud dans le même temps sur l'Europe, le tout s'équilibrant peu ou prou, mais on a vu récemment que le chaud pouvait atteindre le Groenland de manière marquée (c'est le moins qu'on puisse dire avec la pluie de records qui en a résulté)

Donc le Groenland serait plutôt froid ces derniers temps alors que l'Europe serait plutôt chaude, comme l'indique l'article :
Many people in the Northern Hemisphere – and in particular northern Europe – will remember the record-breaking heat and drought of the summer of 2018. In contrast, Greenland had a rather cold and snowy summer, particularly in June and at the end of August, when a major storm dumped large amounts of snow on the Ice Sheet.
Beaucoup de gens dans l'hémisphère Nord - et en particulier en Europe du Nord - se souviendront de la chaleur et de la sécheresse record de l'été 2018. En revanche, le Groenland a connu un été plutôt froid et enneigé, en particulier en juin et à la fin août, lorsqu'une tempête majeure a déversé de grandes quantités de neige sur l'inlandsis.
L'article nous informe également que les Danois connaissent ce phénomène de balançoire depuis très longtemps (en 1770 avec des indices dès 1230) car ils avaient observé que quand il faisait très froid au Danemark l'hiver au Groenland était doux, et inversement, d'où le qualificatif de balançoire ; et 2018 était un clair exemple de ce phénomène illustré de manière très convaincante avec cette carte :
Figure 1: Temperature anomaly for May 2018 relative to the average for 1981-2010. Credit: Copernicus Climate Change Service / ECMWF (source polarportal)

On y voit nettement la formation en oméga (Ω) au-dessus de l'Europe, provoquant un blocage de l'air chaud sous ce « dome » mais aussi de l'air froid qui reste stationnaire sur le Groenland notamment.

Maintenant que nous avons vu la situation globale avec ce quasi-équilibre entre Groenland et Europe (selon le principe pourrait-on dire des vases communicants) qui ne prouve donc rien de particulier, surtout pas que le monde s'acheminerait vers un nouvel âge de glace (thèse que Gosselin essaie de faire passer par tous les moyens à sa disposition y compris cet article inepte qui ne donne qu'une version des faits) ou que le Groenland lui-même se mettrait subitement à regagner de la glace pour ne plus en perdre (ce dont Gosselin encore une fois tente de convaincre ses benêts de lecteurs), voyons en détail ce que nous dit le site danois sur sa possession dont il surveille jalousement le moindre des mouvements, et pour cela regardons les cartes qu'il met à notre disposition sur le site polarportal.dk/en/greenland.


Conditions de surface

Conditions de surface le 11 août 2019.

On remarque tout de suite que la courbe bleue est généralement, sur la période 2018-2019, au-dessous de la moyenne 1981-2010, par conséquent on se demande où est ce fameux « brusque ralentissement du taux de fonte » évoqué par Gosselin...

A noter également que les conditions de surfaces font le bilan uniquement des gains et pertes de la calotte elle-même, sans tenir compte du déversement des glaciers dans la mer (ce que l'on appelle le vêlage, calving en anglais), ce qui est clairement précisé dans le texte de droite :
It does not include the mass that is lost when glaciers calve off icebergs and melt as they come into contact with warm seawater. 
Cela ne comprend pas la masse perdue lorsque les glaciers vêlent les icebergs et fondent lorsqu'ils entrent en contact avec l'eau de mer chaude.
En complément de la courbe la carte montre en couleurs les endroits où le bilan est négatif (en rouge, ça fond) ou positif (en bleu, la neige tombe plus que ça ne fond) et le moins que l'on puisse dire est que le rouge l'emporte haut la main sur la journée du 11 août ! Alors voyons en cumulé depuis le 1er septembre 2018 :
Conditions de surface du 1er septembre 2018 au 11 août 2019.

Cette fois la situation est un peu plus contrastée, de larges zones bleues apparaissent clairement au sud-est, d'autres sont disséminées un peu partout comme des confettis, essentiellement sur la partie est de l'ile, mais on arrive à en trouver un peu à l'ouest, cependant ce qui domine encore largement sur l'ensemble du Groenland c'est bien la couleur rouge, voire rouge très foncé, indiquant un bilan de masse nettement négatif, même s'il s'est fait battre fin juin début juillet par l'année 2012 qui avait vu le record d'extension minimale de la banquise arctique en septembre ; quoi qu'il en soit la saison 2018-2019 est dans la partie basse de la moyenne 1981-2010, alors que 2012 était au dehors encore plus bas (ce qui signifie au passage qu'une ou deux saisons étaient plus basses que 2018-2019)

Donc là non plus, en cumulé, on ne voit pas sur cette saison de tendance au « brusque ralentissement du taux de fonte », et de plus il ne s'agit que du bilan de surface qui ne prend pas en compte le vêlage des glaciers, autrement...!

La carte suivante nous montre où a eu lieu la fonte (au minimum d'un millimètre à la surface) du jour précédent :
Fonte du 11 août 2019.

Le graphique au bas de la carte indique le pourcentage de surface ayant expérimenté une fonte jour après jour, et on remarquera le splendide pic fin juillet début août correspondant à la vague de chaleur que nous avons généreusement léguée au Groenland ; à remarquer également que si en mai et début juin la fonte était plutôt timide par rapport à la moyenne 1981-2010, par contre c'est à un « brusque redressement » que nous assistons ensuite courant juin, ce qui n'a pas dû manquer de surprendre notre ami le charlatan Pierre Gosselin au point qu'il a oublié d'en parler dans son blog (cela dit si vous arrivez à trouver un article entre le 20 mai et aujourd'hui dans lequel il ferait amende honorable merci de me le faire savoir, je ne me suis pas donné la peine de tout passer en revue...)

A l'heure actuelle on ne sait pas ce que va devenir ce bilan de masse et quelle sera la situation en septembre avant que le froid ne revienne, mais mon petit doigt me dit que l'année 2019 ne devrait pas être très éloignée de 2012, nous verrons bien.

Cela dit d'autres années ont enregistré des pics comme celui observé fin juillet 2019, ce n'est donc pas uniquement ce critère-là qui doit conduire à nous inquiéter !

Passons rapidement sur la carte suivante.


Positions du front glaciaire

Principaux glaciers du Groenland.

Si vous voulez connaitre l'évolution d'un glacier en particulier vous cliquez dessus et vous obtenez par exemple ceci pour le plus connu d'entre eux, le Jakobshavn :
Evolution du front glaciaire du Jakobshavn de 1980 à 2014, photo prise le 23 mars 2000.

Evolution du front glaciaire du Jakobshavn de 1980 à 2014, photo prise le 11 juin 2000.

En vert le front glaciaire à la fin septembre 1980 et en rouge à fin septembre 2000 ; le cadre bleu figure sa position à la fin de la saison 2014.

Sur la deuxième photo prise en juin 2000 le front est légèrement plus avancé que la ligne rouge qui figure son retrait maximum de septembre de la même année.

Quatorze ans plus tard le front s'est considérablement retiré :
Evolution du front glaciaire du Jakobshavn de 1980 à 2014, photo prise le 30 septembre 2014.

Il est en fait très difficile de le repérer tellement il se confond avec la banquise, mais on comprend un peu pourquoi quand on lit ce passage sur Wikipédia :
Les icebergs qui se détachent du glacier sont souvent si grands (jusqu'à un kilomètre de hauteur) qu'ils ne peuvent pas flotter sur le fjord et se retrouvent bloqués pendant des années jusqu'à ce qu'ils soient brisés par la force du glacier et les icebergs en amont du fjord.
C'est pourquoi apparemment le front glaciaire est mentionné dans un rectangle bleu tellement il doit être compliqué pour les spécialistes de dire par où passe précisément la ligne de front ; pour l'heure actuelle voici ce que cela donne :
Evolution du front glaciaire du Jakobshavn de 1980 à 2019, photo prise le 24 juin 2019.

Ici il semblerait que le front soit bien visible, peut-être parce nous ne sommes qu'au 24 juin et qu'en septembre la situation devient moins claire...? En tout cas si quelqu'un note un accroissement du glacier en tendance lourde (= longue) qu'il me le dise et ne se contente pas de me dire qu'en 2017 ou 2018 le glacier a un peu grossi.


Modification de la masse et de la hauteur

Changement de masse du Groenland entre juin 2006 et janvier 2017.

Ici nous avons le changement total de masse incluant la perte des glaciers qui se déversent (= vêlent) dans la mer, avec dans le graphique du bas l'impact sur le niveau des mers ; à noter que 100 gigatonnes de glaces perdues équivalent à une montée des eaux de 0,28 millimètres, et nous voyons qu'entre 2002 et 2017 le niveau marin a monté globalement de 10 millimètres uniquement à cause de la perte de glaces du Groenland durant cette période (ce qui donne à peu près 0,63 mm par an). Il est précisé qu'entre 2003 et 2011 le Groenland a perdu un total de 234 km³ d'eau, ce qui a contribué à une élévation annuelle du niveau des mers de 0,65 mm (voir Barletta et al. (2013) qui considère également l'Antarctique en plus du Groenland)

Evolution de l'épaisseur de la calotte glaciaire du Groenland entre 2014 et 2018.

Cette carte montre à l'évidence que l'épaisseur diminue un peu partout sur l'ile, essentiellement sur la côte ouest, certaines parties de la côte est allant en sens opposé ; à noter le gros point rouge qui se situe à l'emplacement du glacier Jakobshavn que nous avons déjà vu plus haut, indiquant que non seulement le front de ce glacier recule fortement dans le temps mais que son épaisseur diminue également, ce qui est le sort de presque tous les glaciers de la planète. Le centre de l'ile devient très légèrement plus épais en raison très probablement de chutes de neiges importantes qui ne sont pas évacuées vers la mer par les glaciers et/ou qui ne fondent pas suffisamment durant la saison estivale (à rapprocher de la carte du bilan de masse qui ne tient pas compte du vêlage des glaciers)

Evolution de la masse de glace du Groenland entre 2002 et 2017 dans les 8 bassins de drainage.

On peut constater la grande disparité qui existe dans différentes régions du Groenland, celle qui enregistre les plus grande pertes étant le bassin de drainage 8 situé au nord-ouest de l'ile (ce qui corrobore les informations des autres cartes montrées plus haut) alors que le bassin de drainage 2 au nord-est est quasiment stable sur la période.

Terres gelées

Evolution de la température à 20 cm et 1 m de profondeur dans deux régions du Groenland (nord-ouest et sud-est)

Ces courbes montrent que le permafrost (ou pergélisol en français) se réchauffe partout, du moins dans les deux régions considérées où les courbes de températures sont bien supérieures à la moyenne 1990-2013.

Il est possible de consulter les trois sites indiqués par des cercles noirs, voici par exemple celui de la station d'Ilulissat, celle située le plus au nord des trois :
Profil thermique de la station d'Ilulissat.
La limite du permafrost se situe à 1 mètre de profondeur, là où la courbe rouge des températures maximales croise 0°C ; au-dessous de cette profondeur le sol reste gelé en permanence, au-dessus il fond et regèle chaque année en fonction des saisons, c'est la couche appelée la couche active (active layer) ; plus bas se trouve une troisième couche où la température redevient positive en raison de la chaleur géothermale, ce que montre le schéma suivant :
Profil thermique typique du sol dans une zone affectée par le pergélisol.
La ligne verticale en pointillés représente le zéro degré Celsius, la courbe bleue les températures minimales et la courbe rouge les températures maximales, la verte étant la moyenne.


Et pour les glaciers de nos chères Alpes ?


Pour en revenir à Matthias Huss, l'auteur du tweet ayant généré comme effet collatéral la stupide intervention d'un garçon de la campagne qui aurait mieux fait de rester tranquille dans son coin au lieu de se ridiculiser en public, Matthias Huss donc est l'un des auteurs d'une étude intitulée Modelling the future evolution of glaciers in the European Alps under the EURO-CORDEX RCM ensemble (Modélisation de l'évolution future des glaciers dans les Alpes européennes sous l'ensemble EURO-CORDEX RCM) dans laquelle on peut voir ces graphiques :
Sensibilité du volume (a) et de la surface (b) pour les deux scénarios RCP2.6 et RCP8.5 entre aujourd'hui et la fin du siècle.

Ce que nous apprennent ces courbes c'est que quoi que nous fassions aujourd'hui et dans le futur les glaciers évolueront de manière quasiment identique jusqu'au milieu de ce siècle ; ensuite cela dépendra de nos décisions : soit nous persistons à émettre du CO₂ et autres gaz à effet de serre comme nous le faisons actuellement (scénario RCP8.5 assez peu probable mais dans le domaine du possible) et la courbe rouge montre qu'en l'an 2100 il ne restera plus grand chose de nos glaciers (Alpins dans le cas présent), soit nous consentons à faire quelques efforts qui sont apparemment au-dessus de nos capacités (scénario RCP2.6 hautement irréaliste) et les glaciers continueront de toute façon à fondre comme neige au soleil à cause de leur grande inertie, mais nous aurions encore un peu de glaçons à mettre dans notre whisky.

Comme la réalité se situera probablement entre ces deux scénarios extrêmes à chacun de se faire une idée, en ce qui me concerne je ne pense pas vivre au-delà de l'an 2050, alors...


Et en Antarctique ?


Global Warming Is Changing the Winds Off Antarctica, Driving Ice Melt (Le réchauffement de la planète modifie les vents au large de l'Antarctique, entraînant la fonte des glaces) nous explique qu'il y a « davantage de preuves que le réchauffement de la planète causé par l'homme, plutôt que la simple variabilité naturelle, est à l'origine de l'accélération de la perte de glace de l'Antarctique occidental » selon Eric Rignot (au sujet de West Antarctic ice loss influenced by internal climate variability and anthropogenic forcing), mais on va encore nous dire que Rignot n'y connait rien parce qu'il n'invoque aucun anticyclone mobile polaire à l'appui de ses dires, faute inexcusable aux yeux de climato-irréalistes n'ayant inventé ni l'eau chaude ni le fil à couper les cheveux en quatre.


Pour terminer sur une note optimiste


Afin de ne pas pourrir le reste de votre journée après la lecture de tout ce qui précède (je parle aux deux ou trois qui ont eu le courage d'arriver jusqu'ici) j'ai spécialement sélectionné deux articles qui j'en suis sûr vous réchaufferont le cœur :
'Ecological grief': Greenland residents traumatised by climate emergency (Deuil écologique' : Les habitants du Groenland traumatisés par l'urgence climatique) dans lequel vous apprendrez que « les habitant(e)s de l'île ont du mal à concilier l'impact du réchauffement planétaire et le mode de vie traditionnel » et que « l'Arctique est un indicateur de l'impact inégal du réchauffement climatique sur les systèmes sociaux et économiques. Alors que les pays s'efforcent de limiter les risques futurs et le réchauffement global à 1,5°C (soit une augmentation de 2,7°F), de nombreux habitants de l'Arctique et du Groenland vivent déjà dans des climats régionaux qui ont changé plus que cela, en moins d'une vie » ; mais certains vous diront que les gens qui vivent à des hautes latitudes sont contents du réchauffement climatique, faudrait savoir, hein !
Et
Greenland’s Rapid Melting Is a Hugely Underplayed Story (La fonte rapide du Groenland est une histoire largement sous-estimée) où l'on tient à vous rassurer : « Il est officiellement temps de paniquer. (Ou au moins faire plus attention.) »

Loin de moi l'intention de vous faire paniquer (est-ce que je panique moi ?) ni même de vous enjoindre de faire plus attention (à la marche ?), vous faites comme vous le sentez et si par hasard vous avez froid vous savez maintenant qu'il faut vous rendre en Antarctique pour trouver des températures plus clémentes.