jeudi 16 août 2018

Les gorges du Viaur et le lac de Bages

Ce mercredi 15 août nous avons préféré ignorer les Pyrénées et aller plutôt vers le nord, plus exactement du côté de Rodez, afin d'éviter une éventuelle affluence ascensionnesque, et nous avons bien fait, puisque nous n'avons vu pratiquement personne dans notre direction sur la route à l'aller et guère davantage de monde au retour ; quant à la balade elle-même, pas un seul promeneur rencontré, quelques vététistes, une paire de motocyclistes qui repéraient le parcours (une course de motocross était prévue sur ce parcours) et trois employés municipaux qui désherbaient certains endroits envahis par les ronces.

Le topo de cette balade se trouve dans le livre L'Aveyron à pieds, pages 82-83.

Voici le tracé GPS en introduction (avec l'endroit où nous avons pique-niqué à une vitesse de...43,5km/h !) :

Tracé GPS : altitude, durée et vitesse.

Nous partons donc du gros village (ou de la petite ville) de Pont-de-Salars pour très vite emprunter le Viaur que l'on longe au moyen d'un chemin ombragé (et humide…)

Un départ sympathique dans la côte de la rue principale.

Oui je sais, mon appareil a un défaut (erreur E 62:10) mais ça fait quand même des photos parfois...surprenantes !

Toujours dans la vallée du Viaur, montée vers Saint-Georges-de-Camboulas.

Peu avant de quitter le Viaur un intéressant détour par Saint-Georges-de-Camboulas nous permet d'admirer de vielles pierres tombales nous montrant qu'au 19ème siècle on pouvait mourir centenaire :

Un certain Pierre Desmazes, né en 1784 et mort en 1888.

L'église vue depuis le cimetière.

L'église vue en arrivant, ou en partant à condition de se retourner…

Par la suite une grande partie du parcours s'effectue sur le plateau sur un chemin le plus souvent ombragé, ce qui est appréciable quand on approche du milieu de la journée ; au passage on peut contempler une ferme éolienne qui se fait à peine remarquer…

Parc éolien edp.
Le même vu du satellite.

Peu après on contourne le lac de Bages que l'on ne voit quasiment jamais tellement il est éloigné du sentier (manifestement son niveau est beaucoup plus bas que son maximum :

Le lac de Bages vu depuis le satellite.
Une des rares vues du lac, avec en arrière-plan le parc éolien devant lequel nous sommes passés une heure auparavant.

Le topo-guide mentionne une balade « difficile » avec une distance de 15 kilomètres et un temps de 4 heures 15 ; nous l'avons effectuée en 4 heures et 10 minutes, en comptant une petite pause casse-croute, donc le timing est correct, par contre la cotation me semble un peu exagérée, une difficulté « moyenne » me paraissant plus appropriée.

A noter que le GPS mentionne une distance de 15,88 kilomètres, mais peut-on se fier à un GPS qui vous fait démarrer ainsi :

Ecart entre arrivée et départ, le GPS ne sait décidemment pas commencer correctement une balade…


lundi 13 août 2018

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (Lavoisier)

En fait Lavoisier avait copié sur Anaxagore qui aurait dit :
Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.
Mais sur le forum quetedugraal le dénommé troubaa ne sait pas de quoi il s'agit :
par troubaa Hier à 21:20
bas38 a écrit:
Pour vous un "ensemble" ici l atmosphère ne peut donc pas varié sa densité... Il y a 100% si l homme envoie 5 % de plus cela ne peut ce faire que par échange!!! az mais aucunement par l augmentation de concentration... bizarre comme affirmation troubaa….

comment expliquez vous alors l'augmentation d'un tiers de la teneur en CO2 dans l'atmosphère ?

si le taux de CO2 passe de 0.03% à 0.04% il a bien fallu que ce centième de % soit perdu quelque part sachant que le total fait toujours 100%. La marge d'erreur ? (ça c'est pour vous donner l'apparence de vous aider mais attention il y a un piège...)

A moins que vous me démontriez que le total fait 100.01% maintenant.

A vous de voir !.
Troubaa se demande donc d'où vient le CO2 additionnel dans l'atmosphère, qui est passé d'une concentration de 280ppm (et non 0,03%) avant la révolution industrielle à 410ppm (et non 0,04%) aujourd'hui, soit une augmentation de 130ppm qui représente une variation de 46% (et non 0,01%, ni même 33,33% qui est la véritable augmentation de 0,03% à 0,04%)

Alors je vais le mettre sur la piste.

Le système climatique comprend trois réservoirs :
  • l'atmosphère ;
  • les océans ;
  • les continents.

Par conséquent, si la teneur en CO2 de l'atmosphère augmente, c'est que ce CO2 additionnel provient au moins d'un des deux autres réservoirs.

Un indice : le pétrole, le charbon et le gaz que nous brûlons et qui sont la cause de l'augmentation de la concentration du CO2 dans l'atmosphère ont mis des millions d'années pour se constituer, devinez où.

On relève les copies dans un certain temps, comme disait Fernand Raynaud qui parlait, lui, de refroidissement.

*****

Relevé des copies.

Troubaa répond :
par troubaa Aujourd'hui à 1:47 
Manifestement ton Têtard ne comprends même plus ce qu'il lit. A force de prendre les autres pour des cons il se ridiculise de plus en plus..... Même BAS (et le "même" n'est pas péjoratif, mais dans le sens de "tout le monde") comprend mieux que lui...

je n'ai jamais dit "troubaa se demande donc d'où vient le CO2 additionnel dans l'atmosphère". c'est du grand n'importe quoi une fois de plus. il ne comprend pas ce qu'il lit alors je vais lui réexpliquer. (je suis trop bon avec ton Têtard)

Je pose la question : si la somme des % des gaz contenus dans l'atmosphère est égal à 100%, si un des gaz augmente en % (par exemple au hasard en passant de 0.03% à 0.04%) quel autre-s gaz à vu son % diminué afin que le total soit toujours égal à 100% (niveau 6ieme une fois de plus)

Ou alors le total des % passerait à 100.01%... pourquoi pas avec le tetard.

je pense que ton Têtard à des très gros problèmes avec les maths. Après son incapacité à comprendre la différence entre l'augmentation du taux et le taux de l'augmentation (différence qu'a aussi compris aisément BAS58) il s'embrouille avec les %. il n'en rate pas une !

Le roi du copier/coller probable. De l'analyse logique : peu probable .

une fois de plus komyo tu as choisi un drôle d'olibrius comme référence.

Si ton batracien est encore tout mouillé de honte, qu'y puis je ?

Mais ne désespère pas il va continuer inlassablement a étaler son mépris et ses incompréhensions. Ce genre d'individus ne se lassent jamais tellement ils ont à prouver qu'ils sont meilleurs que les autres. Tu as pouvoir continuer à le citer fièrement pendant longtemps.

Effectivement, comme je n'ai lu que le seul commentaire de troubaa dans lequel il écrivait, noir sur blanc, « comment expliquez vous alors l'augmentation d'un tiers de la teneur en CO2 dans l'atmosphère ? » j'en ai déduit qu'il ne savait pas d'où provenait ce CO2 supplémentaire et qu'il pensait qu'il s'agissait de génération spontanée, au temps pour moi.

Donc la vraie question (qui tue) de troubaa est de savoir quel est le gaz dont la concentration a diminué, puisque celle du CO2 a augmenté (j'ai juste ?)

Si c'est bien de cette question qu'il s'agit on notera immédiatement l'incohérence dans le raisonnement de troubaa qui par ailleurs dit à qui veut l'entendre que la proportion de CO2 dans l'atmosphère c'est peanuts (dan dirait que c'est pinette, mais dan doit avoir des notions d'anglais qui datent du collège), c'est-à-dire que ce n'est rien du tout pour faire simple.

Evidemment que si le CO2 augmente en proportion dans l'atmosphère l'un des autres gaz (et ils sont nombreux) doit nécessairement diminuer, il est même probable qu'ils soient plusieurs à diminuer très légèrement.

Quoiqu'il en soit, si c'est l'oxygène (O2) ou l'azote (N) qui diminuent (encore une fois très légèrement) comme ce ne sont pas des gaz à effet de serre cela n'a aucune incidence sur le forçage radiatif.

La vapeur d'eau (H2O) augmente du moment que la température augmente, il ne s'agit pas d'un forçage mais d'une rétroaction, de plus la vapeur d'eau est très inégalement répartie sur la planète (au contraire du CO2) et n'a pas un temps de résidence très long, quelques heures à quelques jours au maximum, alors que pour le CO2 on parle en centaines d'années.

Les autres gaz à effet de serre sont en concentration infime et ne jouent pas de rôle vraiment déterminant, le plus important étant le méthane (CH4, avec 1,745ppm de concentration contre 410ppm pour le CO2)

La question de troubaa est donc en apparence intéressante mais n'a aucune utilité concernant le sujet du réchauffement climatique.

Ah oui, j'ajouterai aussi que troubaa n'a toujours pas compris deux choses :
  1. que quand Gervais et Rittaud lui disent que le CO2 est passé de 0,03% à 0,04% et que cela représente une augmentation de 0,01% c'est parce qu'ils le prennent, à raison semble-t-il, pour un imbécile ;
  2. que quand on passe de 0,03% à 0,04% cela représente une augmentation de 0,01 point de pourcentage qui équivaut à +33,33%.
Les acrobaties intellectuelles de troubaa ne serviront qu'à montrer à tous ceux qui le lisent qu'en fait il n'est que borné et n'a aucune intention d'apprendre quoi que ce soit. Mais cela je le sais depuis longtemps.

samedi 11 août 2018

Les feux en Californie, c'est la faute des écolos !

La Californie est en train de connaitre (et de combattre) actuellement le pire incendie de son histoire comme nous le disent les médias dont la principale tâche est de nous désinformer, par exemple :
Le moins que l'on puisse dire est que ces médias manquent cruellement d'imagination…

On remarquera aussi que le dernier cité parle de « l'un des pires feux », cela voudrait donc dire qu'il y en a eu de plus importants encore que celui d'aujourd'hui ? Ah mais non, « l'un des pires feux » était celui de...2009, le papier avait donc prévu que 2018 serait encore bien pire !

Heureusement que nous avons, pour démentir toutes ces fake news, le pourvoyeur en chef de la planète en informations de première main destinées à rétablir la vérité si bafouée par nos journalistes véreux, j'ai nommé Donald Trump, aka The Donald !

Celui-ci a en effet déclaré solennellement, pardon, a twitté :
California wildfires are being magnified & made so much worse by the bad environmental laws which aren’t allowing massive amounts of readily available water to be properly utilized. It is being diverted into the Pacific Ocean.
Les feux de forêt en Californie sont amplifiés et aggravés par les mauvaises lois environnementales qui empêchent l'utilisation massive de quantités d'eau facilement accessibles. Elles sont détournées [les quantités d'eau, pas les lois environnementales] dans l'océan Pacifique.
Si l'on en croit Politifact cette affirmation peut être considérée comme possiblement...crédible :

Le tableau de bord PolitiFact (source politifact)
Entre les demi-vérités (half true) et les mensonges éhontés (pants on fire) notre POTUS vénéré totalise 84%, ce qui, mathématiquement, nous laisse 17% (ben oui faut tenir compte des arrondis) que l'on peut considérer comme vrai (true) ou surtout vrai (mostly true) ; sur le coup on peut lui faire confiance et faire porter le chapeau des incendies de Californie aux écolos qui sont responsables des « mauvaises lois environnementales » qui font rien qu'à nous embêter en nous empêchant de faire nos petites affaires en toute tranquillité.

 Bon évidemment tout le monde n'est pas d'accord avec Trump (et avec Breitbart au passage ) et Politifact nous donne son point de vue :
President Trump claimed in a tweet that California’s wildfires are "made so much worse by the bad environmental laws" which prevent firefighters from accessing water. He added in the tweet that water "is being diverted into the Pacific Ocean."Trump appears to have conflated the state’s real water controversy between farmers and environmentalists with the unrelated issue of firefighting. The state’s fire agency, CalFire, said it has not had problems accessing water. And fire experts said it’s the state’s hot and bone-dry conditions, not environmental laws, that are making blazes more extreme.We rated Trump’s claim False.
Le président Trump a affirmé dans un tweet que les incendies de la Californie étaient « tellement aggravés par les mauvaises lois environnementales » que celles-ci empêchent les pompiers d’accéder à l’eau. Il a ajouté dans le tweet que l'eau « est détournée dans l'océan Pacifique ».
Trump semble avoir confondu la véritable controverse de l’Etat entre les agriculteurs et les environnementalistes sur la question de la lutte contre les incendies. L’agence d’incendie de l’état, CalFire, a déclaré qu’elle n’avait pas de problème pour accéder à l’eau. Et les experts en incendie ont déclaré que les conditions chaudes et extrêmement sèches de l’État, et non les lois sur l’environnement, rendent les incendies plus intenses.
Nous avons évalué l'affirmation de Trump comme étant fausse.
Mais voilà, Politifact n'est pas le seul empêcheur de faire du business en rond, il y a aussi, spécialisé dans la lutte non pas contre les incendies mais contre la désinformation en matière de climat, le site Climate Feedback, qui juge inexact (inaccurate) le gazouillis du plus puissant homme de la planète élu par une minorité de son électorat et dictant sa loi aux autres pays ; les réviseurs sont Daniel Swain et Eric Kennedy, deux dangereux activistes payés par Greenpeace afin de discréditer l'homme le plus honorable que les Etats-Unis aient connu depuis Richard Nixon, c'est dire. En résumé nos deux agitateurs extrémistes résument l'affirmation de Trump comme suit :
Factually inaccurate: There is no connection between the management of California's surface water supply and wildfires. There is no restriction on the use of water to fight fires, and the dryness of wildlands depends solely on weather, as they are not irrigated. 
Inexact dans les faits : il n'y a pas de lien entre la gestion de l'approvisionnement en eau de surface de la Californie et les incendies de forêt. Il n’y a pas de restriction à l’utilisation de l’eau pour lutter contre les incendies, et la sécheresse des terres sauvages dépend uniquement des conditions météorologiques, car elles ne sont pas irriguées.
Et pour enfoncer le clou ils nous précisent :
California's wildfires are the result of hot, dry weather that has left the landscape dry and vulnerable to ignition. Wildlands are not irrigated, so water supply policy has no relation to wildfires. Climate trends have contributed to make fires more likely and more extreme in California, as have past fire-fighting practices. The continued development of land for homes and cities has also placed more buildings in areas of risk.
You can see a deeper discussion of climate change's role in recent California fires here
Les incendies de Californie sont le résultat d'un temps chaud et sec qui a laissé le paysage sec et vulnérable au départ de feu. Les terres sauvages ne sont pas irriguées, de sorte que la politique d'approvisionnement en eau n'a aucun lien avec les incendies de forêt. Les tendances climatiques ont contribué à rendre les incendies plus probables et plus extrêmes en Californie, tout comme les anciennes pratiques de lutte contre les incendies. Le développement continu des terrains pour les maisons et les villes a également placé davantage de bâtiments dans des zones à risque.
Vous pouvez voir une discussion plus approfondie sur le rôle du changement climatique dans les récents incendies en Californie ici.

Pour redevenir un peu sérieux (c'est un blog sérieux ici, qu'on se le tienne pour dit) il ne s'agit pas de tout mettre sur le dos du réchauffement climatique et affirmer que c'est celui-ci qui a causé les incendies que la Californie connait actuellement.

En fait la question « le réchauffement climatique a-t-il provoqué des incendies en Californie? » est très mal posée, la véritable et plus honnête question à formuler est celle-ci : « le réchauffement climatique a-t-il augmenté la probabilité ou la gravité des incendies de forêt tardifs en Californie ? »

En effet il y a bien d'autres facteurs qui entrent en considération, par exemple, pour n'en citer que deux qui me viennent à l'esprit (j'en oublie certainement) :
  • urbanisation galopante accroissant le risque d'incendies « accidentels » (mais cela entraine aussi une meilleure prise de conscience et une prévention plus efficaces, à condition que l'urbanisation ne soit pas anarchique comme c'est le cas en Grèce…)
  • mauvaise gestion des forêts (pas de nettoyage, plantation d'arbres plus inflammables, etc.)
Par ailleurs les statistiques qui nous montrent une diminution des incendies sont trompeuses ; Cliff Mass par exemple prétend que les incendies sont en diminution en nous soumettant ces beaux  graphiques :

Schémas décennaux des incendies USFS et CalFire.

Heureusement il y a des sites un peu plus fiables que les autres, comme par exemple Tamino ou Carbon Brief ; Tamino démonte les sophismes de Cliff Mass dans Cliff Mass puts a brown paper bag on your doorstep … sets it on fire … and rings the doorbell :
Cliff Mass has joined the ranks of those who want you to believe that California’s wildfire problem isn’t getting worse.
Cliff Mass a rejoint les rangs de ceux qui veulent vous faire croire que le problème des feux de forêt en Californie ne s’aggrave pas.
Dans ce billet Tamino prend Mass à son propre jeu en continuant la série montrée par ce dernier qui s'arrête opportunément en 2016, car les données de 2017 ne sont toujours pas disponibles, selon Mass ; mais Tamino rétorque qu'on connait, tant pour 2017 que 2018, la situation a minima des incendies pour la Californie, et donc en tenant compte des chiffres forcément les plus bas (i.e. qui ne peuvent qu'être supérieurs au final) on obtient une tendance significative à la hausse !

Et Tamino, ironiquement, conclut :
Climate scientists say that climate change is a big factor in the increase of California wildfire. The leaders of CalFire say that climate change is a big factor in the increase of California wildfire. The veteran firefighters on the ground, the ones risking their lives, say that climate change is a big factor in the increase of California wildfire. Cliff Mass — the guy who “suspects” there’s no significant trend — tells me “area burned has not been increasing”.
Les climatologues affirment que le changement climatique est un facteur important dans l’augmentation des incendies de forêt en Californie. Les dirigeants de CalFire disent que le changement climatique est un facteur important dans l’augmentation des feux de forêt en Californie. Les pompiers vétérans sur le terrain, ceux qui risquent leur vie, disent que le changement climatique est un facteur important dans l’augmentation des feux de forêt en Californie. Cliff Mass - le gars qui "soupçonne" qu'il n'y a pas de tendance significative - me dit que "la superficie brûlée n'a pas augmenté".
Sur Carbon Brief c'est Zeke Hausfather qui nous dit Factcheck: How global warming has increased US wildfires :
Recently, some commentators have tried to dismiss recent increases in the areas burnt by fires in the US, claiming that fires were much worse in the early part of the century. To do this, they are ignoring clear guidance by scientists that the data should not be used to make comparisons with earlier periods.
Récemment, certains commentateurs ont tenté de ne pas prendre au sérieux les récentes augmentations dans les zones brûlées par les incendies aux États-Unis, affirmant que les incendies étaient beaucoup plus graves au début du siècle. Pour ce faire, ils ignorent les directives claires des scientifiques selon lesquelles les données ne devraient pas être utilisées pour faire des comparaisons avec des périodes antérieures.
En effet les données antérieures à 1983 ne peuvent pas être considérées comme fiables, pour différentes raisons (doubles comptages, feux volontairement provoqués pour faire place nette aux cultures et à l'élevage, etc.) et deux graphiques doivent être confrontés :

Ensemble des données de la National Interagency Fire Center concernant les feux des terres en friche.

Surfaces de terres en friche brûlées pendant la période de données fiables.

Randy Eardley, du NIFC, explique au sujet des données avant 1983 : 
I wouldn’t put any stock in those numbers. To try and compare any of the more modern data to that earlier data is not accurate or appropriate, because we didn’t have a good way to measure [earlier data]. Back then we didn’t have a reliable reporting system; for all I know those came from a variety of different sources that often double-counted figures. When you look at some of those years that add up to 60 or 70 million acres burned a lot of those acres have to be double counted two or three times. We didn’t have a system to estimate area burned until 1960, but it was really refined in 1983.
Je n'ai pas confiance dans ces chiffres. Essayer de comparer l'une des données les plus modernes à ces données antérieures n'est pas exact ou approprié, car nous n'avions pas un bon moyen de mesurer [ces données antérieures]. À l’époque, nous n’avions pas de système de reporting fiable ; pour autant que je sache, ceux-ci provenaient de différentes sources qui doublonnaient souvent des chiffres. Lorsque vous examinez certaines de ces années où plus de 60 ou 70 millions d'acres ont été brûlés, beaucoup de ces terres doivent être comptées deux ou trois fois. Nous n'avions pas de système pour estimer la superficie brûlée avant 1960, mais cela a été vraiment amélioré en 1983.
Mais de toute façon, essayer de corréler la hausse des températures avec le nombre et l'intensité des incendies est, comme je le disais dans Un peu de désinformation sur la situation actuelle, « un exercice périlleux » :
[…] une baisse éventuelle des incendies de forêts ne peut en aucun cas signifier une diminution des températures, mais ce qui est certain c'est qu'une hausse des températures ne peut que faciliter un départ de feu et la propagation de celui-ci, qu'il soit naturel ou criminel.
Pour se convaincre que des températures élevées ne sont pas forcément synonymes de davantage de feux de forêts, il n'y a qu'à constater la situation actuelle en France où, malgré la canicule ayant perduré pendant au moins deux bonnes semaines, avec des conditions particulièrement favorables aux départs de feux, aucun incendie important n'est pour l'instant à regretter sur notre territoire, du moins pas à ma connaissance.

Ainsi on apprend avec news.yahoo que 
François Pradon, chef d'état-major des sapeurs-pompiers du sud de la France, a prévenu mercredi 8 août sur franceinfo, que si la France est épargnée pour l'instant, "il faudra être très vigilant au mois d'août s'il ne pleut pas plus et qu'il y a du vent".
« Il faudra être très vigilant », voilà donc peut-être le secret de moins d'incendies malgré des températures plus élevées que la moyenne, même si François Pardon reconnait que la France a eu la « chance » de ne pas avoir trop de vent contrairement au Portugal ; mais voilà, en France nous commençons à avoir l'habitude, les gens sont de plus en plus sensibilisés et la densité des populations fait que les départs de feux sont vite repérés et par conséquent que les services de secours sont plus vite mobilisés, ce qui n'est certainement pas le cas au Portugal ou en Californie où d'importantes zones boisées sont encore insuffisamment surveillées ; et quand un feu démarre et qu'il n'est pas rapidement attaqué, avec un vent fort il devient très difficile, voire impossible à maitriser.

Mais nous n'en avons pas fini avec les éternels faux-sceptiques pour qui le réchauffement climatique n'est responsable de rien (et d'ailleurs il n'y a pas de réchauffement climatique, na !)

H/T thestar


vendredi 10 août 2018

Un point sur l'Arctique

L'état de l'Arctique fait couler beaucoup d'encre et on voit écrit beaucoup de bêtises à son sujet.

Quand on parle de l'Arctique en principe on évoque la banquise (la glace d'eau de mer) ainsi que les calottes glaciaires (essentiellement celles du Groenland, mais il en existe aussi sur les continents, notamment au Canada et en Russie)

Sur le forum quetedugraal le sujet est donc l'évolution de l'Arctique et c'est l'occasion pour les trolls de se déchainer et raconter un peu n'importe quoi :
par troubaa Aujourd'hui à 9:44A chacun ses courbes, les tiennes sont des courbes statisticiennes, les miennes de relevées réels.
comme quoi la science n'est pas établie malgré le "consensus".
La courbe pour 2018 est en noire
(soure : institut danois de métrologie)
Evolution du volume de la banquise arctique (source quetedugraal.forumgratuit.org)

Le dénommé troubaa répondait à Komyo qui présentait des courbes montrant l'évolution de la banquise depuis 1979 (courbes tirées de mes Climactualités et issues du site psc.apl.uw.edu) ; précisons que les données PIOMAS sont une combinaison d'observations et de modèles servant à déterminer le volume des glaces, lequel se situait en juillet 2018 au 6ème rang des données, mais parfaitement en ligne avec la tendance à long-terme comme précisé dans le texte :
Average Arctic sea ice volume in July 2018 was 17,200 km3. This value is the 6th lowest on record about 1800 km3 above the June record that was set in 2017 with 15,400 km3 . Ice volume was 42% below the maximum in 1979 and 26% below the mean value for 1979-2017. June 2018 ice volume falls close to the long term trend line. 
Le volume moyen de glace de mer arctique en juillet 2018 était de 17 200 km3. Cette valeur est la 6e plus basse enregistrée à environ 1800 km3 au-dessus du record de juin établi en 2017 avec 15 400 km3. Le volume de glace était inférieur de 42% au maximum en 1979 et de 26% en dessous de la valeur moyenne pour 1979-2017. Le volume de glace en juin 2018 est proche de la ligne de tendance à long terme.
Ainsi nous en sommes à 26% en dessous de la moyenne 1979-2017, mais troubaa en déduit que « la science n'est pas établie » alors que le graphique qu'il présente pour juillet montre quelque chose approchant la 6ème position (difficile à dire avec les multiples courbes qui se chevauchent) ; pour août il semblerait que 2018 soit encore plus bas dans le classement (peut-être la 12ème position) mais ce qui échappe à notre contradicteur c'est que seule la tendance à long-terme est significative et que la saison n'est pas encore terminée, il reste encore près de deux mois avant d'avoir atteint le minimum et pouvoir ainsi faire un bilan définitif de l'année 2018.

Par ailleurs examinons attentivement le commentaire de troubaa afin de rire un peu (cela ne fait jamais de mal) :
chacun ses courbes, les tiennes sont des courbes statisticiennes, les miennes de relevées réels.
PIOMAS donnerait donc des courbes « statisticiennes » alors que troubaa fournirait des courbes « réelles » ; le premier rictus qui nous est arraché provient du mot « statisticienne » qui ne veut pas dire grand chose, toute courbe étant par essence « statistique », d'autant plus si elle provient d'observations ! Or nous avons vu que PIOMAS fournissait des données issues d'observations et de modèles ; de son côté troubaa est tout fier de nous fournir des « courbes réelles », et là c'est le fou rire assuré quand on s'aperçoit que le graphique qu'il nous donne est issu...d'un modèle !

En effet, si troubaa ne donne pas la source de son graphique (il nous dit que cela vient de l'institut danois de métrologie (sic), ne semblant pas connaitre le sens du mot métrologie, sans fournir le lien vers son graphique) moi je vous donne le lien vers l'institut danois de météorologie avec la carte qui va bien :
Volume de la banquise arctique selon les modèles (source ocean.dmi.dk)
Il est bien mentionné en titre : Modeled ice thickness and volume, c'est-à-dire Epaisseur et volume de glace modélisés !

Le modèle utilisé est décrit ainsi sur le site de l'institut danois :
The 3D ocean model HYCOM and the sea-ice model CICE is developed at the University of Miami and Los Alamos National Laboratory. The models are fully coupled at each time step. Output are the surface variables sea level and ice conditions (concentration, thickness, velocity, convergense, strength, etc.) and 3-dimensional maps of current, temperature and salinity at sigma levels. 
Le modèle océanique 3D HYCOM et le modèle de glace de mer CICE sont développés à l'Université de Miami et au Laboratoire national de Los Alamos. Les modèles sont entièrement couplés à chaque pas de temps. Les résultats sont les variables de surface du niveau de la mer et les conditions de glace (concentration, épaisseur, vitesse, convergence, force, etc.) et les cartes tridimensionnelles du courant, de la température et de la salinité aux niveaux sigma.

Cependant, malgré ce graphique présenté par l'institut Danois, on se perd en conjecture quand on lit, sur le même site, ceci :
Since the 1970s the extent of sea ice has been measured from satellites. From these measurements we know that the sea ice extent today is significantly smaller than 30 years ago. During the past 10 years the melting of sea ice has accelerated, and especially during the ice extent minimum in September large changes are observed. The sea ice in the northern hemisphere have never been thinner and more vulnerable. 
Depuis les années 1970, l’étendue de la glace de mer a été mesurée à partir de satellites. À partir de ces mesures, nous savons que l’étendue des glaces de mer est nettement inférieure à celle d’il y a 30 ans. Au cours des 10 dernières années, la fonte de la glace de mer s'est accélérée et, en particulier pendant la période glaciaire minimale en septembre, d'importants changements ont été observés. La glace de mer dans l'hémisphère nord n'a jamais été aussi mince et vulnérable.
Ainsi c'est le même institut qui nous présente d'un côté les courbes du volume des glaces avec l'année 2018 au-dessus de la moyenne 2004-2013 (à la date d'aujourd'hui), et d'un autre côté nous explique que la surface est « nettement inférieure à celle d'il y a 30 ans ».

Il faut donc faire bien attention à la nature des données : volume ou étendue ; état actuel par rapport à une moyenne sur une période récente (2004-2013) ou par rapport à « il y a 30 ans » (donc en 1988) ; quoi qu'il en soit il est bien précisé que « la glace de mer dans l'hémisphère nord n'a jamais été aussi mince et vulnérable », ce qui signifie :
  • que son volume est bien à un minimum (mince se réfère à l'épaisseur, pas à la superficie)
  • que cela ne s'arrange pas et que la tendance est bien à la baisse (vulnérable veut dire que la banquise est amenée à diminuer en tendance longue)

On comprend, avec toutes ces informations délicates à manier, que certains esprits faibles se laissent aller à les interpréter « dans le sens qui leur sied » et à les présenter comme « preuves » de leurs croyances en ne s'apercevant pas qu'ils se tirent une balle dans le pied.

Troubaa s'exerçant chez lui au tir à 20 centimètres.


lundi 6 août 2018

Dépiautage d'un commentaire

Il se trouve que je reçois souvent des messages d'Amazon me proposant certains livres que je suis censé trouver intéressants, en fonction bien sûr de mes commandes passées ainsi que de mes habitudes de navigation sur le site.

Par curiosité je vais pratiquement chaque fois consulter les ouvrages proposés concernant le climat et regarder les commentaires, que les livres soient ou non de nature « climatosceptique ».

En effet on en apprend beaucoup avec ce que l'on peut lire dans les commentaires, ça plus tout ce qu'un auteur « climato-sceptico-irréaliste » peut également dire par exemple dans une interview ou sur un plateau télé, on est relativement bien informé sur sa pensée, car il y a en général très peu de science dans le contenu, contrairement aux livres parlant du climat sans polémiquer mais pour expliquer son fonctionnement, comme le livre que je cite souvent, Climats passé, présent futur, qu'il faut impérativement acheter, et lire, afin de profiter de sa substance.

Dans la dernière livraison d'Amazon sur ma messagerie une liste de livres m'est donc proposée, dont La comédie du climat d'Olivier Postel-Vinay.

Déjà, mêler dans le titre les mots comédie et climat ne peut qu'allumer un warning dans votre cerveau, à moins que celui-ci n'ait été au préalable lessivé par d'autres bouquins du même type écrits par des charlatans de toutes sortes afin de vous faire croire que science et climat n'ont rien à voir ensemble.

Nous sommes en 2018 et justement un commentateur a écrit très récemment pour dire le bien qu'il pensait du livre :
ParRaymondKle 24 mai 2018
La vraie question, au-delà de savoir si on vit un « réchauffement climatique », un « changement climatique » ou encore un « dérèglement climatique » est de savoir pourquoi cette question a pris une ampleur telle qu’elle engendre parfois une ferveur populaire presque mystique, la condamnation sans jugement et sans distinction de toute pensée divergente et jusqu’à la revendication, par certains groupes, de la pénalisation judiciaire de tels comportements. Pourquoi, alors que l’ « anomalie de température globale » stagne depuis 1998, alors qu’un « changement » ou un « dérèglement » peut aller dans n’importe quel sens, soit un refroidissement, ou pire encore, une absence de variation de l’« anomalie », faut-il continuer de toute urgence la guerre au CO2 ? Sur quelle base vous et moi évaluons-nous la véracité des prophéties climatiques et la pertinence du seul remède universel proposé ? Et pourquoi, finalement, prenons-nous ces questions tellement à cœur qu’en effet, les aborder en famille c’est prendre le risque de voir le débat s’envenimer promptement ? N’y a-t-il pas là-derrière un ressort social, moral ou psychologique profond en action, au-delà de l’apparente question scientifique ?
Si vous vous posez ce genre de questions, ce livre est pour vous. Non, il ne vous donnera pas de réponse dogmatique et unilatérale. Il vous fera entrer dans le processus de filtration de données scientifiques lointaines et compliquées et de leur réécriture en vérités simples et en messages politiquement exploitables et moralisateurs. Il aborde ces questions à la manière d’un juge qui essaie d’instruire un cas litigieux. Ce faisant, il réexamine les questions phares du mouvement écocaliptique climatique comme la courbe de Mann (le « hockey stick ») et le climate gate, le rôle des lobbys des énergies fossiles –et des autres- , les prophéties jamais réalisées, tel le refroidissement catastrophique prédit par les climatologues dans les années septante ou la température élevée prédite (dans les années quatre-vingt) pour aujourd’hui et non atteinte, les déformations et mensonges d’Al Gore, la fonte des glaces de l’Himalaya et bien d’autres. Ce livre pose des questions et met en évidence des contradictions sans donner de réponses ou poser de jugements lapidaires. C’est en fait la distance que prend l’auteur vis-à-vis du sujet qui fait la valeur de ce livre, qui à mon avis peut être lu avec profit autant par les croyants que par les non-croyants. Car il s’agit aussi de foi, aspect sociologique et religieux du « réchauffement » que le livre aborde dans sa dernière partie.
L'achat étant vérifié on peut supposer que le commentateur a bien lu le bouquin, qui date au passage de 2015 et n'est donc pas si vieux que ça et devrait, en principe, contenir des informations à jour et documentées.

Alors vérifions à partir du commentaire, point par point, ce que ce livre peut éventuellement nous apporter, afin de décider au final s'il est utile de l'acheter ou non.

Mais faisons tout d'abord un court détour par la présentation de l'ouvrage en soulignant les points importants permettant de mieux comprendre ce qui va suivre :
Le changement climatique fournit un matériau de choix pour analyser la comédie du pouvoir et des croyances dans le monde contemporain. Autour de la thèse : la Terre se réchauffe du fait des activités humaines, l'affrontement est violent. D'un côté, les « climatozélotes » qui pensent qu'il n'y a plus de doute et qui ont fait de cette thèse une croyance absolue. De l'autre, les « climatosceptiques » qui pensent avoir relevé suffisamment d'incohérences dans les chiffres pour afficher un scepticisme argumenté. L'un des objets de ce livre est d'expliquer, d'interpréter objectivement les résultats. Il interroge aussi la science d'aujourd'hui, sa relation à l'argent, à la politique et aux médias. Comment fait-on la différence entre une croyance collective et une certitude scientifique ? Ce débat donne naissance à un spectacle quasi shakespearien. A l'exception de l'amour, toutes les passions humaines s'y déchaînent : soif de savoir et de pouvoir, quête de notoriété, goût inavoué pour l'argent, délire, et même haine jusqu'à l'excommunication ou la mise à mort.
Tout ce qui est excessif est insignifiant aurait dit Talleyrand, ce texte est donc insignifiant et doit donc être considéré comme tel, mais il explique en grande partie ce qui peut se passer dans la tête d'une personne fragile, c'est ce que nous allons voir maintenant avec l'analyse du commentaire.

La vraie question, au-delà de savoir si on vit un « réchauffement climatique », un « changement climatique » ou encore un « dérèglement climatique » est de savoir pourquoi cette question a pris une ampleur telle qu’elle engendre parfois une ferveur populaire presque mystique, la condamnation sans jugement et sans distinction de toute pensée divergente et jusqu’à la revendication, par certains groupes, de la pénalisation judiciaire de tels comportements.
« La vraie question (…] est de savoir pourquoi cette question » ; on admirera l'entrée en fanfare avec cette phrase qui ne veut rien dire mais qui se contente de surfer sur des éléments de langage que le commentateur a lus à de multiples reprises et se contente de restituer comme on régurgite un repas trop arrosé : « réchauffement climatique », « changement climatique », « dérèglement climatique », de toute évidence ces notions se mélangent dans les cerveaux indolents qui ne veulent pas prendre la peine de se demander ce qu'elles recouvrent.

Le réchauffement climatique est à la base du dérèglement climatique, ce dernier étant entrainé par la hausse des températures ; quant au changement climatique il ne signifie pas grand chose, sauf que le climat a toujours changé et qu'il changera toujours, cela n'expliquant en aucune manière le réchauffement (et donc le dérèglement) climatique actuel causé par les activités de l'homme.

Quant à la « ferveur populaire presque mystique » on se demande si le commentateur n'est pas lui-même un mystique échappé d'un asile, car il suffit de regarder autour de soi pour s'apercevoir que le réchauffement climatique, s'il est parfois évoqué dans une conversation, est très loin de soulever les foules et de mobiliser les politiques qui ont d'autres chats à fouetter à court terme, le terme de leur réélection.

Pour ce qui est de la « condamnation sans jugement et sans distinction de toute pensée divergente » le commentateur semble viser une personne comme moi qui passe une partie de son temps à mettre à nu les imposteurs prenant les gens comme lui pour des crétins.

Pourquoi, alors que l’ « anomalie de température globale » stagne depuis 1998, alors qu’un « changement » ou un « dérèglement » peut aller dans n’importe quel sens, soit un refroidissement, ou pire encore, une absence de variation de l’« anomalie », faut-il continuer de toute urgence la guerre au CO2 ?
Oui, nous sommes en 2018 et nous voyons encore ce genre d'ineptie : « l’ « anomalie de température globale » stagne depuis 1998 » ; pour information à l'attention de ceux qui se réveilleraient d'un long coma :

Données (UAH) issues des satellites pour la période 1998-2018 (source woodfortrees)

Donc, même en prenant les données issues de l'organisme (UAH) qui fournit l'augmentation de températures la plus faible (0,13°C par décennie) parmi tous les organismes procurant des informations, nous arrivons à voir une progression dans les températures (de la basse troposphère) d'environ 0,2°C sur 20 ans ; mais si l'on regarde des courbes plus « honnêtes » voici ce que l'on voit :

Données (UAH et RSS) issues des satellites pour la période 1979-2018 (source carbonbrief)
Evidemment on comprend l'intérêt de partir de l'année 1998 qui a connu un exceptionnel El Niño amplifié dans la basse troposphère, alors que les températures de surfaces montrent un tout autre visage :
Températures relevées à la surface pour la période 1970-2018 (source carbonbrief)
Mais ce genre de courbes vous ne les trouverez pas dans les livres que lit notre commentateur inspiré pour qui « un « changement » ou un « dérèglement » peut aller dans n’importe quel sens, soit un refroidissement, ou pire encore, une absence de variation de l’« anomalie » » ! On comprend mieux alors sa question inepte : « faut-il continuer de toute urgence la guerre au CO2 ? »


Sur quelle base vous et moi évaluons-nous la véracité des prophéties climatiques et la pertinence du seul remède universel proposé ?
Oui et on peut lui retourner sa question : sur quelle base évalue-t-il la véracité des inepties émanant des climatosceptiques dont il doit avoir lu tous les ouvrages ? Et quid de la pertinence de ce qu'ils proposent de leur côté ?


Et pourquoi, finalement, prenons-nous ces questions tellement à cœur qu’en effet, les aborder en famille c’est prendre le risque de voir le débat s’envenimer promptement ?
Et notre commentateur éclairé ne se pose pas un instant la question de savoir QUI envenime le débat…


N’y a-t-il pas là-derrière un ressort social, moral ou psychologique profond en action, au-delà de l’apparente question scientifique ?
Belle présence d'esprit de notre commentateur perspicace qui décrit assez bien son propre comportement.


Si vous vous posez ce genre de questions, ce livre est pour vous.
Personnellement je recommanderais plutôt le livre de Daniel Kahneman, Les deux vitesses de la pensée (Thinking fast and slow) qui permet de comprendre que notre commentateur privilégie la pensée rapide, certainement par paresse intellectuelle.


Non, il ne vous donnera pas de réponse dogmatique et unilatérale. Il vous fera entrer dans le processus de filtration de données scientifiques lointaines et compliquées et de leur réécriture en vérités simples et en messages politiquement exploitables et moralisateurs.
Comme si les livres parlant sérieusement du climat (il y en a) ou les articles paraissant dans des revues scientifiques ou dans la partie scientifique d'un journal donnaient des « réponses dogmatiques et unilatérales » ; pour notre commentateur, résumer le travail des scientifiques publiant dans des revues à comité de lecture et allant tous dans le même sens, c'est apporter une « réponse dogmatique et unilatérale » et c'est aussi « filtrer et réécrire » ce qui a été trouvé sur le sujet afin d'en restituer des « vérités simples et des messages politiquement exploitables et moralisateurs » ; mais notre commentateur apparemment bien informé ne sait de toute évidence pas que ce sont justement des scientifiques de haut niveau qui alertent le public avec des messages encore plus alarmants que ce que l'on peut voir dans les médias ou les discours des politiques !

Quant à la morale, elle n'a rien à faire dans le débat et n'entre jamais en jeu, notre commentateur est un affabulateur qui a peut-être un peu trop lu La Fontaine qui, lui, faisait bien des leçons de morale dans ses fables.


Il aborde ces questions à la manière d’un juge qui essaie d’instruire un cas litigieux. Ce faisant, il réexamine les questions phares du mouvement écocaliptique climatique comme la courbe de Mann (le « hockey stick ») et le climate gate, le rôle des lobbys des énergies fossiles –et des autres- , les prophéties jamais réalisées, tel le refroidissement catastrophique prédit par les climatologues dans les années septante ou la température élevée prédite (dans les années quatre-vingt) pour aujourd’hui et non atteinte, les déformations et mensonges d’Al Gore, la fonte des glaces de l’Himalaya et bien d’autres.
Ici nous assistons à un véritable festival d'âneries reprenant un grand nombre de lieux communs et autres poncifs du climatoscepticisme de ces dernières années ; notre commentateur ne sait donc pas que la courbe de Mann a été validée et revalidée à de multiples reprises par d'autres équipes (voir La courbe en crosse de hockey de Michael Mann a 20 ans, longue vie à elle ! ) et que le fumeux climategate n'était qu'une supercherie destinée à miner la COP15 se tenant à Copenhague ; et que dire des « prophéties jamais réalisées, tel le refroidissement catastrophique prédit par les climatologues dans les années septante », prophéties n'ayant existé que dans l'imagination débridée des climatosceptiques tentant de faire croire aux pauvres naïfs que dans les années 1970 la communauté scientifique aurait prévu un « refroidissement catastrophique », ce qui est évidemment totalement faux, ainsi que les soi-disant « mensonges d'Al Gore » que notre commentateur serait bien en peine de détailler, tout comme il ne sait même pas de quoi il parle quand il évoque « la fonte des glaces de l’Himalaya et bien d’autres », mots jetés en l'air sans aucun discernement et surtout sans aucune argumentation sérieuse.


Ce livre pose des questions et met en évidence des contradictions sans donner de réponses ou poser de jugements lapidaires.
C'est effectivement la spécialités des livres écrits par des climatosceptiques n'ayant aucune connaissance du sujet, ils ne donnent aucune réponse parce qu'ils en sont totalement incapables ; quant aux jugements lapidaires, le commentateur n'a manifestement pas lu le moindre livre sérieux sur le climat et il pense que les explications sur le rôle du CO2 dans la hausse des températures, par exemple, sont des « jugements lapidaires », ne se rendant pas compte que ces « jugements lapidaires » sont plutôt le fait de ceux qui n'y connaissent rien ou pas grand chose et se permettent de donner leur avis, comme Olivier Postel-Vinay.


C’est en fait la distance que prend l’auteur vis-à-vis du sujet qui fait la valeur de ce livre, qui à mon avis peut être lu avec profit autant par les croyants que par les non-croyants. Car il s’agit aussi de foi, aspect sociologique et religieux du « réchauffement » que le livre aborde dans sa dernière partie.
La conclusion du commentateur vaut son pesant de cacahuètes ; il prend les lecteur pour des « croyants ou des non croyants » et se range surement parmi ces derniers, et quand il parle de « foi, aspect sociologique et religieux » là encore il ne se rend pas compte qu'il décrit merveilleusement sa propre approche du sujet.


Nous avons avec cet exemple caractéristique la démonstration des ravages effectués dans les cerveaux fragiles par toutes les interventions de nos Rittaud, Gervais, Prud'homme, Postel-Vinay et bien d'autres, comme Allègre en qualité de précurseur et vieux lion de la désinformation.

Evidemment je ne commanderai pas le bouquin de Postel-Vinay, pour quoi faire ?

Pourquoi irais-je dépenser 18 euros dont une partie ira dans la poche d'un bonimenteur qui, en l'absence de qualifications lui permettant d'écrire un livre sur le climat, se contente d'en écrire un qui est sûr de trouver un public tout acquis à sa cause ?

De la même manière je n'irai pas dépenser les 19,50 euros que coûte Ils ont perdu la raison de Jean de Kervasdoué, surtout quand il commence la présentation de son livre par
La gauche française a longtemps cru au Progrès ; cette foi s'estompe au point de disparaître.
Ainsi les objectifs annoncés en matière d'énergie semblent incompréhensibles tant ils sont contraires aux intérêts de la France, y compris dans leur dimension climatique.
« Leur dimension climatique », on aura compris.