vendredi 15 février 2019

La théorie du RCA n'est pas justifiée, c'est monsieur Geuskens qui vous le dit et vous pouvez le croire (si vous êtes croyant)

Nous avons en ligne de mire un futur prix Nobel de chimie en la personne de Georges Geuskens, éminent professeur à l'Université Libre de Bruxelles.

Nous sommes content pour lui de savoir qu'il exerce « librement » et n'est donc inféodé à aucun organisme qui pourrait avoir une influence sur sa pensée et sur ce qu'il dit ou écrit.

Nous sommes également content pour tous ces petits Belges qui boivent les paroles d'un futur lauréat du plus prestigieux prix scientifique, car c'est de cela qu'il s'agit, le prix Nobel ne saurait échapper à quelqu'un qui révolutionne la science du climat dans son dernier opus intitulé Le réchauffement climatique d’origine anthropique.

Vous pourriez déduire du titre de son article que notre professeur de chimie va vous expliquer le processus de l'effet de serre et le rôle du CO2 et des autres gaz au nombre d'atomes impair (passe et manque), que nenni !

Je n'ai lu cet article qu'en grandes diagonales, étant allergique aux formules du genre Ev = hc /λ ou Em = 5/2 k T qui me parlent autant que les bas-reliefs figurant sur la tombe d'un pharaon, mais j'ai quand même compris sa conclusion qui tient en peu de lignes dont je ne citerai que la dernière :
La théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique basée sur l’existence d’un effet de serre n’a aucune justification ni théorique ni expérimentale.
Que rajouter de plus ?


Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

Lu sur le forum quetedugraal :

Message par troubaa le Mer 13 Fév - 19:40
L' ENS a écrit:Ainsi, l'effet de serre naturel est principalement dû à H2O et CO2. Compte tenu des concentrations actuelles de ces gaz dans l'atmosphère, aux longueurs d'onde considérées, l'absorption du rayonnement est totale. Une augmentation de concentration de ces gaz ne conduit pas alors à une augmentation proportionnelle de l'absorption (la relation n'est pas linéaire). Ceci explique que le doublement du gaz carbonique de 350 ppmv (parties par million en volume) à 700 ppmv ne conduise qu'à un apport d'énergie supplémentaire de 4 W/m2 alors que l'effet actuel (qui correspond à un passage de 0 ppmv à 350 ppmv) est d'environ 50 W/m2.

pfff encore des charlatants de l'ENS qui ne savent pas de quoi ils parlent....

source : Les propriétés communes des gaz à effet de serre

Simple question :
A quoi cela sert de lutter contre l'augmentation du CO2 si celle ci à un impact minime ?

Deux constatations :
  1. Troubaa ne sait pas lire
  2. Troubaa ne sait pas se documenter correctement

Quand les auteurs (Bernard Legras, Jean-Louis Dufresne et Gérard Megie) écrivent que « l'effet actuel […] est d'environ 50 W/m2 » Troubaa comprend « l'impact actuel est minime » et il en tire la conclusion qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

Non ces auteurs ne sont pas des charlatans, et Troubaa aurait pu avoir la présence d'esprit d'aller consulter le lien fourni dans le même article un peu plus bas que le passage qu'il cite :
Voir également l'effet de serre, pour plus d'informations.
Dans cet article écrit par le seul Jean-Louis Dufresne (une référence citée y compris par de nombreux climatosceptiques) il aurait pu voir ce tableau :

Estimation de la production mondiale anthropique annuelle et ce qui reste dans l'atmosphère et contribue à intensifier l'effet de serre.
Ainsi pour le CO2 la production mondiale anthropique annuelle est d'environ 8,6 Gt (incertitude de 30%) et il en resterait 3,5 Gt dans l'atmosphère.

Et le commentaire juste au-dessous du tableau permettrait à Troubaa de relativiser son soi-disant « impact minime » :
Si des incertitudes demeurent quand à l'effet précis de ces perturbations, il n'en reste pas moins que l'homme est en train de modifier le climat à l'échelle globale...
Il faudrait que Troubaa se pose la question suivante : comment se fait-il qu'un « impact minime » puisse avoir des conséquences telles que « le climat [se modifie] à l'échelle globale » ?

Autre information intéressante dans le même article de Dufresne :

Quelques gaz à effet de serre d'origine anthropique et leurs propriétés essentielles.

A l'attention des adorateurs de Jean-Pierre Bardinet on remarquera que la « durée de séjour dans l'atmosphère » du CO2 est comprise entre 50 et 200 ans, à comparer avec son estimation riquiqui de seulement 5 ans (voir Jean-Pierre Bardinet cherche encore à refourguer sa camelote, et même sur Skyfall il y en a qui n'en veulent pas !) ; c'est toute la différence entre un charlatan et un véritable scientifique (devinez qui est qui)

A noter que l'article date un peu, « actuellement » la concentration est plus proche des 410 ppm que des 365 ppm mentionnées dans ce tableau.

Quant à la concentration prévue en 2030 elle sera probablement plus proche des 450 que des 400 ppm au train où vont les choses ; un rapport de l'IFRI datant de 2008 évoquait déjà une concentration de 465 ppm en 2030 et 543 ppm en 2050 (avec un scénario de croissance annuelle moyenne de 2,8% entre 2005 et 2030) ; je ne sais pas si ces prévisions sont réalistes ou non, cependant on ne peut que constater qu'en 2018, après trois années de stabilité, les émissions de CO2 sont reparties à la hausse (1,6% en 2017 et 2,7% en 2018 nous dit le Figaro) les deux plus importants contributeurs étant la Chine et les Etats-Unis, sans oublier l'Inde qui talonne les deux leaders.

Enfin pour clore ce chapitre destiné à éduquer le sieur Troubaa, ce dernier graphique tiré de l'article de Dufresne :

Quelques gaz à effet de serre d'origine anthropique.

A l'attention des bigleux qui ont du mal à lire sans leurs lunettes à double foyer, la « contribution à l'intensification de l'effet de serre entre 1980 et 1990 » a été pour le CO2...de 55%, soit un peu plus que la moitié de tous les gaz concernés !

« Impact minime » qu'il disait, mouais.

Troubaa se demandant quel est l'impact d'une poussière dans l'œil sur la qualité de la vision une nuit de nouvelle lune.


jeudi 14 février 2019

Jean-Pierre Bardinet cherche encore à refourguer sa camelote, et même sur Skyfall il y en a qui n'en veulent pas !

On sait que Jean-Pierre Bardinet est un vaillant défenseur de la cause (perdue) du climatoscepticisme se parant des couleurs du réalisme, j'en ai déjà parlé à plusieurs reprises, notamment dans Jean-Pierre Bardinet, le VRP du climato-scepticisme et c'était en 2015, donc ça ne date pas d'hier.

Opiniâtre il continue son dur labeur et on le voit toujours montrer sa trogne un peu ici ou là chaque fois qu'il entend parler de climat afin d'apporter sa pierre (d'où son prénom ?) à l'édifice branlant qu'il contribue à garder tant bien que mal debout avec tous ses petits copains les climato « réalistes ».

Mais parfois il se heurte à des imprévus fâcheux.

Ainsi dans Energie et politiques du climat il intervient pour vendre une pétition de son cru :
3915. Jean-Pierre Bardinet | 7/02/2019 @ 11:53
Bonjour,
J’ai lancé une pétition sur la transition énergique. Merci de la signer et de la diffuser à vos contacts et sur les réseaux sociaux.
https://www.change.org/p/fran%C3%A7ois-de-rugy-arr%C3%AAtons-ces-absurde-transition-%C3%A9nerg%C3%A9tique?recruiter=22939789&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition&utm_term=488238
Malheureusement le premier à commenter derrière lui n'est pas tout à fait d'accord pour signer son bout de papier :
3916. the fritz | 7/02/2019 @ 13:16
Jean-Pierre Bardinet (#3915),
Je ne signerai pas à cause de cela
Donc, même si le CO2 avait une action mesurable sur la température, ce qui reste une hypothèse non prouvée, plus idéologique que scientifique, notre politique climat-énergie, sensée agir sur 1% environ du total des émissions mondiales
La nature sans les cycles de Milankovitch et sans l’homme se met en équilibre; si la teneur en CO2 atmosphérique est passée de 280 à 400 ppm , c’est bien à cause du fossile qu’on brûle , et que la biosphère ne parvient pas à assimiler au même rythme
Tant qu’il y a des climato sceptiques pour diffuser de telles âneries on passera pour des cons
Mais certains n'ont pas peur de passer pour des cons, par exemple :
3918. MichelLN35 | 7/02/2019 @ 14:02
the fritz (#3916),
Je me demande qui va passer pour des cons. C’est justement pour ce texte que je signe la pétition de Pierre. […]
Cependant il faut avouer que dans la lutte pour savoir qui va gagner le titre de plus con du site Skyfall le dénommé MichelLN35 va avoir de la concurrence, notamment avec celui-ci :
3925. scaletrans | 7/02/2019 @ 16:47
Fritz est un peu péremptoire en attribuant le passage de 280 à 400 ppm aux combustibles fossiles. J’ai traduit un article qui a été publié ici disant à peu près la même chose (pas le temps de chercher). Mon sentiment est qu’on ne sait pas, et comme le dit Bernnard, il y a d’autres sources qui pourraient avoir la même signature isotopique.
Quoiqu’il en soit, cette augmentation n’est pas négligeable, et pourtant, on peut toujours en chercher une signature dans les variations climatiques depuis le début de l’ère industrielle. Il faut croire que c’est noyé dans les variations naturelles.
Toutefois le champion toutes catégories semble être celui qui est à l'origine de ce fil de discussion :
3938. Jean-Pierre Bardinet | 10/02/2019 @ 16:52
the fritz (#3916),
Selon le GIEC, la part de nos émissions de CO2 ne sont que de 4 à 6% du total des émissions. (AR5, page 471, figure 6.1). Le taux de CO2 anthropique dans l’air est de 6% environ (delta C13). Si par ailleurs, la part de nos émissions était majoritaire, nous aurions dû avoir une inflexion de la courbe du CO2, surtout depuis le début des années 2000, période au cours de laquelle nous avons émis près de 40% de toutes nos émissions depuis le début de l’ère industrielle. Donc, c’est vous qui nous sortez des âneries. CQFD.
Difficile de détrôner celui qui met tout en œuvre pour rester sur la plus haute marche du podium ; en effet on se souvient de sa mémorable remontée de bretelles par Willis Eschenbach qui lui avait rétorqué :




Mr. Jean-Pierre Bardinet, thank you for the effort you’ve obviously put into your post. However, I fear to report that I got as far as this one …
4. The lifetime of CO2 molecules in the atmosphere is about 5 years instead of the 100 years said by IPCC. (discussion: p. 10)
… and I started laughing so hard I couldn’t continue.

Ce qui se traduit en français par :
Monsieur Jean-Pierre Bardinet, merci pour l’effort que vous avez manifestement mis dans votre article. Cependant, je crains de dire que je ne suis pas allé plus loin que ceci…
4. La durée de vie des molécules de CO2 dans l'atmosphère est d'environ 5 ans au lieu des 100 ans annoncés par le GIEC. (discussion: p. 10)
… Et j’ai commencé à rire si fort que je n'ai pas pu continuer.
Je ne reprendrai pas l'explication d'Eschenbach, c'est tellement de la science basique qu'en se documentant un peu on trouve facilement pourquoi Bardinet a dit une grosse bêtise dans son point n°4 (vous pouvez aussi lire mon billet et vous aurez la solution)

Quand une pointure climatosceptique de la taille de Willis Eschenbach démonte en petits morceaux un nain climatosceptique comme Bardinet cela en devient...jubilatoire !


mardi 12 février 2019

Judith Curry la climato-alarmiste et Susan Crockford l'abonnée absente

Il y a parfois des moments de franche rigolade.

Je tombe sur cet article du site Réinformation.TV intitulé Les ours polaires ne sont pas en danger, affirment les scientifiques Susan Crockford et Mitchell Taylor, déchaînant les climato-alarmistes et qu'y lis-je ?
De quoi susciter un tir de barrage de climato-alarmistes, attaques ad hominem à la clé. En tête, Judith Curry, une scientifique du climat, qui a qualifié dans Bioscience l’article de Susan Crockford « d’article le plus stupide que j’aie jamais vu publier ».
Quoi !?

Judith Curry, leader des climato-alarmistes, qui aurait qualifié un article de Susan Crockford de « plus stupide qu['elle ait] jamais vu publier » !

Permettez-moi de dire que cet article de Réinformation.TV, écrit par un certain Matthieu Lenoir qui devrait rester dans les annales du journalisme d'investigation, est l'article « le plus cocasse que j'aie jamais lu ».

En fait quand on remonte à la source qui se trouve être un article de la môme Crockford, intitulé Climate mauling, polar bears, and the self-inflicted wounds of the self-righteous, on trouve ce passage :
…absolutely the stupidest paper I have ever seen published” tweeted climate scientist Judith Curry, Emeritus Professor of Earth and Atmospheric Sciences at Georgia Institute of Technology (“Georgia Tech”).
Et à quoi faisait référence miss Curry ?

A une étude intitulée Internet Blogs, Polar Bears, and Climate-Change Denial by Proxy dans les quatorze signataires de laquelle on trouvait...Michael Mann !

J'ai déjà évoqué cette étude ici et ici, elle montrait comment Susan Crockford, l'auto-proclamée spécialiste ès ours polaires, était essentiellement mentionnée par des sites climatosceptiques, par exemple chez...Judith Curry !

On comprend mieux pourquoi celle-ci avait jugé l'étude co-signée par Michael Mann de « plus stupide jamais publiée », ce n'est jamais agréable quand quelqu'un démontre aux yeux du monde que ce que l'on écrit n'est qu'un tissu d'âneries, surtout quand ce quelqu'un est composé de quatorze personnes dont l'une d'entre elles est peut-être votre pire ennemi.

Donc si monsieur Matthieu Lenoir avait fait son travail correctement il n'aurait pas affublé Judith Curry du titre de « climato-alarmiste » ayant soi-disant qualifié l'étude de Crockford de « plus stupide jamais publiée ».

A ce sujet notons que l'étude phare de Susan Crockford, intitulée Testing the hypothesis that routine sea ice coverage of 3-5 mkm2 results in a greater than 30% decline in population size of polar bears (Ursus maritimus), a toujours le statut NOT PEER-REVIEWED !


Deux ans après et toujours pas validé…


Il faut croire que les réviseurs ont trouvé ce papier tellement mauvais qu'ils rechignent à mettre leur réputation en péril en lui donnant leur blanc-seing.

En attendant que devient-elle, madame Crockford ? On n'en entend plus parler, par contre elle continue à alimenter son blog, son tout dernier article, Polar bears have been terrorizing a Russian town on the Barents Sea since December, se devant bien entendu de contester que le réchauffement climatique soit pour quelque chose dans l'invasion d'une petite bourgade russe par une cinquantaine d'ours polaires :
Global warming is blamed for the problem but as is so often the case, that claim does not stand up to scrutiny.
Le problème est imputé au réchauffement climatique mais, comme c'est souvent le cas, cette affirmation ne résiste pas à un examen minutieux.
Et quel est cet examen minutieux ?

Elle nous raconte que le village attaqué par les ours, Belushya Guba, est situé au sud-est de l'ile de Nouvelle-Zemble (Novaïa Zemlia en Russe) et que, d'après elle, le réchauffement climatique ne peut donc être mis en cause...
The predictable claims that this situation is due to global warming are confounded by the fact that the region has not had abundant sea ice by December in more than 30 years, yet this is the first time the town has had such a problem with polar bears.
Les affirmations prévisibles selon lesquelles cette situation est due au réchauffement de la planète sont démenties par le fait que la région n'a plus de glace de mer abondante en décembre depuis plus de 30 ans. Pourtant, c'est la première fois que la ville connaît un problème avec les ours polaires.
Comme « examen minutieux » je pense qu'on peut faire mieux ; que cette région soit dépourvue de glace de mer en décembre depuis 30 ans, ce qui reste à démontrer mais qui est fort possible, ne réfute en rien que les ours polaires aient pu envahir cette localité « à cause du changement climatique », en effet ces animaux peuvent nager sur de très longues distances et ils sont capables donc d'aller chercher leur nourriture là où elle se trouve, c'est-à-dire dans les poubelles du premier village sur lequel ils tombent plus ou moins par hasard.

L'administrateur local aurait déclaré selon la BBC :
"I've been on Novaya Zemlya since 1983," he said in an official press release. "There's never been such a mass invasion of polar bears."
"Je suis en Nouvelle Zemble depuis 1983", a-t-il déclaré dans un communiqué de presse officiel. "Il n'y a jamais eu une telle invasion massive d'ours polaires."
Je ne sais pas si l'homme parviendra à s'adapter au changement climatique, mais il semblerait que les ours polaires soient en train de trouver une solution à leur problème en s'attaquant à celui qui en est la cause, et ce n'est après tout que justice.

Ours polaires cherchant leur pitance dans une décharge russe.

Peut-être une préfiguration de ce qui nous attend.


dimanche 10 février 2019

La température a chuté depuis 2016, la preuve que le réchauffement climatique est un canular

Ainsi tous les organismes qui mesurent les températures au niveau de la surface sont d'accord, 2018 est la quatrième année la plus chaude depuis qu'on les observe avec des instruments fiables :

Evolution des températures (en degrés F) de surface d'après les cinq organismes de référence (source ncdc.noaa.gov)

Afin que ce soit plus clair encore j'ai moi-même tracé « à la main » avec l'aide de Paint deux tendances remarquables :

Le même graphique que ci-dessus, avec tracées par mes soins deux droites que vous saurez peut-être reconnaitre.

Dans ce deuxième graphique arrangé par ma modeste personne, ce qui au passage signifie que n'importe qui peut le faire sans être pour autant climatologue, j'ai tracé grossièrement deux segments de droites dont les points de départ et d'arrivée n'ont pas été choisis par hasard, je vous laisse deviner pourquoi avant de donner la solution aux moins perspicaces ; pour ces derniers je vais y aller pas à pas de manière à ne pas les brusquer, car je sais qu'ils sont susceptibles et qu'ils s'emballent vite à la moindre occasion.

Nos amis El Niño et La Niña


Le même site qui nous a fourni le graphique que j'ai « arrangé » nous donne également des informations sur les enfants terribles de la variabilité naturelle du climat :

Evolution des températures avec mentions de quelques événements liés à la variabilité naturelle (source ncdc.noaa.gov)

Que voit-on ici ?
  1. que les éruptions volcaniques majeures ont un effet refroidissant certain et prononcé sur les températures de la planète (et pas seulement au-dessus des volcans en question) ;
  2. que les Niños réchauffent temporairement la température au niveau global ;
  3. que les Niñas refroidissent temporairement la température au niveau global.
On remarquera que la NOAA n'évoque même pas l'impact des variations, elles aussi temporaires, de l'irradiance solaire qui est jugée tellement non-significative qu'elle n'a pas les honneurs de figurer sur ce graphique.

Si l'on est suffisamment perspicace on remarquera également que l'impact d'ENSO (i.e. les enfants terribles…) est maximum en 2016 (+0,13°C), année de fort El Niño, et par contre qu'il est négatif en 2018 (-0,02°C), année plutôt neutre sur ce plan, tout comme 2017 qui avait été qualifiée d'« année la plus chaude sans événement El Niño » ; sur le podium nous avons donc par ordre d'années « les plus chaudes » :
  1. 2016
  2. 2017
  3. 2015
  4. 2018
  5. 2014
Etonnant, non ?

Ainsi les cinq années « les plus chaudes » se trouvent être les cinq dernières années qui viennent de passer, il va falloir percer ce mystère.

Et par décennie ça donne quoi ?


Maintenant si nous regardons la moyenne par décennie que nous fournit la NOAA on commence à y voir plus clair dans notre tentative d'explication :

L'évolution des températures par décennies (source ncdc.noaa.gov)

Cela semble évident, l'« escalier » monte régulièrement depuis la décennie 1970-1979, chaque décennie étant plus chaude que la précédente ; comme 2019 sera très probablement sur le podium, pas très loin de 2016, on peut imaginer que la dernière marche sera encore un tout petit peu plus haute.

Et la glace de l'Arctique, elle fait quoi ?


Autre graphique intéressant, celui qui présente la variation inverse de la température et de l'étendue de la banquise arctiques :

Evolution de la banquise arctique aux mois de mars et de septembre avec en encadré l'évolution de la température au-delà du 64ème parallèle (source ncdc.noaa.gov)

Cela descend dans un cas, cela monte dans l'autre, devinez pourquoi ?

Mais ce n'est pas la situation dans l'Arctique qui va expliquer l'énigme proposée aux gens peu perspicaces qui fréquentent mon blog.

La température chute depuis trois ans, so what ?


Tout le monde se souvient, j'imagine, des articles fantaisistes du clown en chef Christopher Monckton qui persistait, sur le site de pseudo-science qui l'accueille bien volontiers sous son chapiteau, à nous expliquer que les températures avaient cessé d'augmenter depuis 15 ans, non depuis 16 ans, non depuis 17 ans, non depuis 18 ans...en fait l'article le plus récent que j'ai pu retrouver nous parle de 18 ans et 8 mois et date de février 2016, mais il est possible qu'il y en ait d'autres plus récents encore ; ce dernier article présentait le graphique suivant :

La cueillette de cerise à la façon du Lord.

Mais même Roy Spencer avait montré un graphique présentant un début d'explication à l'attention des peu perspicaces :

Source drroyspencer
On y voyait donc, sur les données satellitaires qui ne sont pourtant pas d'une grande fiabilité comparées aux données de surface, que 2016 était un chouia plus haut que 1998, environ 0,15°C au pif si l'on regarde les extrêmes et non la moyenne sur 13 mois (et même dans ce cas 2016 est légèrement plus haut) ; on y voyait aussi que l'an 2000 (soit deux ans plus tard que 1998...) était bien plus froid que 2018 (soit deux ans plus tard que 2016...), l'écart étant dans ce cas d'environ...0,30°C !

Si même Roy Spencer se met à présenter des graphiques qui démontrent ce que je veux démontrer aux gens « peu perspicaces », on ne va pas me dire que je choisis les sources qui iraient dans mon sens ! 

A noter que la courbe UAH « chauffe » moins que sa concurrente RSS, voici la comparaison des deux :
Comparaison des données satellitaires (source woodfortrees)
Chez RSS l'écart entre 1998 et 2016 est d'environ 0,30°C, soit le double que chez UAH, mais il est vrai que Christy et Spencer, les artisans de chez UAH, sont des personnes au-dessus de tout soupçon…

Donc nous ne voyons plus trop le lord de pacotille nous rabâcher son laïus sur « les températures qui ne bougent plus depuis x années » et on peut comprendre pourquoi, car comme je l'ai souligné plus haut les cinq plus chaudes années se trouvent être les cinq dernières, difficile donc de persister à dire que depuis 1998 la Terre ne se serait pas réchauffée ; par ailleurs, même en regardant les données des satellites, qui « chauffent » pourtant bien moins que celles de surface, on peut quand même voir une certaine tendance à la hausse, à condition toutefois de ne pas être totalement aveugle et d'essayer de lire les courbes avec le doigt glissant sur du papier lisse, ce que semblent néanmoins faire certains individus.

Et c'est reparti comme en quarante !


Eh bien Christopher Monckton a trouvé apparemment un remplaçant de qualité en la personne de David Whitehouse, qui nous pond un superbe graphique sensé nous montrer qu'il n'y aurait aucune corrélation entre l'augmentation de la concentration en CO2 et l'évolution de la température :


Source thegwpf

Avouons que c'est du grand art et qu'en matière de manipulation de courbes et de données statistiques notre Maisonblanche est un maitre en la matière, il faut dire qu'il publie sa thèse sur le site du GWPF bien connu pour ses avancées idéol… pardon scientifiques.

Dans ce graphique Whitehouse voudrait que les deux courbes se superposent parfaitement, et si elles n'y parviennent pas alors c'est que la preuve est faite que le CO2 n'a aucun effet sur les températures, cqfd.

Evidemment quelqu'un d'un peu perspicace verrait immédiatement l'entourloupe qui consiste à présenter sur le même graphique deux courbes dont les échelles sont ajustées de telle façon que le résultat ne peut être qu'une divergence ; il suffirait de contracter l'échelle de droite (celle du CO2) ou d'agrandir celle de gauche et les deux courbes seraient quasiment parallèles ! Imaginons que la ligne du 1.8 soit remplacée par 0,8 et le tour est joué, les deux courbes sont miraculeusement en corrélation quasi parfaite.

Evidemment il ne peut pas y avoir de continuité régulière en ce qui concerne la courbe des températures, justement à cause de la variabilité naturelle du climat (ENSO, le volcanisme et l'irradiance solaire pour l'essentiel), il est par conséquent illusoire de penser que cette courbe suive celle de la concentration en CO2 comme un petit chien suit son maitre, cependant sur le long terme la variabilité naturelle se neutralisant (i.e. devenant nulle) la courbe des températures est bien en progression constante, tout comme celle du CO2.

Le sous-titre de l'article de Whitehouse étant Average global temperature has been falling for the last 3 years, despite rising atmospheric CO2 levels (La température mondiale moyenne est en baisse depuis 3 ans, malgré la hausse des niveaux de CO2 dans l'atmosphère) on voit bien l'idée derrière la tête de cet éminent chercheur.

Conclusion


Si l'on revient sur mon graphique « arrangé » du début on peut avoir une idée de la chose et s'imaginer ce qu'il en sera pour l'avenir : à chaque El Niño d'une certaine intensité nous aurons toujours quelque abruti qui viendra nous dire que « la température mondiale est en baisse depuis 3 ans »

Et nous aurons bien sûr d'autres abrutis prêts à boire les paroles du précédent.

Finalement l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement des mêmes conneries, mais cela nous le savions déjà, n'est-ce pas ?