lundi 24 juin 2019

L'explication de la prochaine canicule ?


Le jet stream (source earth.nullschool.net/#current/wind/isobaric/250hPa)
Situation au 24 juin à 0:20.

Que nous dit le site gloucestershireweather pour les jours à venir ?

Le 25 juin à minuit.

Le 26 juin à minuit.


Le 27 juin à minuit.

Le 28 juin à minuit.

Le 29 juin à minuit.

Voici ce qui est écrit sur le site pour expliquer ce qu'est le jet-stream :
Le courant-jet est une bande étroite d'air circulant rapidement à haute altitude. Habituellement, le courant-jet marque la limite entre l'air polaire froid au nord et l'air plus chaud au sud. Le Jet Stream joue un rôle important en ce qui concerne la météo à travers tout le Royaume-Uni […]
On peut raisonnablement penser que ce qui est valable pour la Grande-Bretagne l'est également pour la France et d'une manière générale pour l'Europe mais aussi pour toutes les régions situées dans la zone d'influence du Jet Stream.

Quelques explications complémentaires données par le site :
[Les courants-jets] sont formés par les différences de température dans la haute atmosphère, entre l'air polaire froid et l'air tropical chaud.
Il est également précisé que c'est en hiver que la différence de température entre les hautes et les basses latitudes est la plus grande, donc c'est en hiver que le Jet Stream est le plus fort avec des vents pouvant aller de 300 à 400mph (480-640km/h) ;

Et comme on le dit souvent, un bon dessin vaut mieux qu'un long discours, ainsi :
Le ballet des ondes de Rosby (source gloucestershireweather)

On voit ici l'explication des « remontées » d'air chaud et des « descentes » d'air polaire que le réchauffement climatique amplifie en affaiblissant le Jet-Stream par le biais de l'amplification arctique ; le site insideclimatenews explique les conséquences probables de cette amplification arctique :
It might seem counterintuitive, but global warming plays a role in blasts of bitter cold weather. The reason: It influences the jet stream.
Cela peut sembler contre-intuitif, mais le réchauffement climatique joue un rôle dans les vagues de froid intense. La raison : il influence le courant-jet.
Le courant-jet polaire peut atteindre plusieurs milles de profondeur et plus de 100 milles de largeur, les vents les plus forts soufflant habituellement de 5 à 10 milles au-dessus du sol. Dans cette visualisation de la NASA les vents les plus rapides sont en rouge ; les vents les plus lents sont en bleu. Crédit : NASA
Sans surprise dans cette configuration le centre des Etats-Unis bénéficie de conditions très « favorables » alors que le nord-est du pays ainsi que l'est du Canada «subit » des températures nettement plus fraiches aux mêmes latitudes. Le même site montre en image la différence entre un fort et un faible Jet Stream :
Le vortex polaire est une vaste zone de basse pression et d'air froid au-dessus des pôles Nord et Sud de la Terre. Lorsque le courant-jet s'affaiblit, il devient plus instable, ce qui permet à l'air froid de plonger vers le sud par endroits tandis que l'air plus chaud se déplace vers le nord ailleurs.

Finalement les choses ne semblent pas si compliquées quand on les regarde de très haut, en attendant voici les prévisions de Météo France pour les jours à venir :
Lundi 24 juin après-midi.

Mardi 25 juin après-midi.

Mercredi 26 juin après-midi.

Jeudi 27 juin après-midi.

Vendredi 28 juin après-midi.

Samedi 29 juin après-midi.

Dimanche 30 juin après-midi.

Une semaine de grand beau temps avec des températures hors normes si tôt dans la saison, cela nous laisse le temps de réfléchir et de se poser la question suivante :
Et si le Jet-Stream y était pour quelque chose ?
Avec une question subsidiaire à titre de rattrapage pour ceux qui auraient butté sur cette première interrogation :
Et si le réchauffement climatique nous promettait de telles situations plus souvent à l'avenir ?
Profitez bien du soleil et de la chaleur, on pourrait bien avoir un été pourri par la suite si le Jet Stream s'avisait de se décaler légèrement sur le côté…



mercredi 19 juin 2019

Elise Lucet et les semences

Hier soir c'était Cash Investigation sur la 2 avec Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes.

J'aime bien Elise Lucet et son approche rentre-dedans, cela change des reportages consensuels où tout le monde il est beau et il est gentil, cependant il faut avouer que parfois elle exagère un peu et semble ne pas avoir vraiment travaillé ses dossiers en profondeur ; et les avoir travaillés uniquement à charge bien sûr, mais c'est le principe même de l'émission et il ne faut pas être naïf et tout prendre au pied de la lettre.

Beaucoup de choses justes dans cette émission, mais aussi des approximations, des raccourcis, des non-dits ou des éléments légèrement déformés afin de bien entrer dans le cadre conceptuel qui lui est propre, à savoir dénoncer les dérives de la finance, de l'économie, de la société, etc.

Des dérives il y en a et Cash Investigation a le mérite d'exister et de faire prendre conscience de certaines choses, les Panama Papers par exemple, même si je ne suis pas sûr que cela ait servi à grand chose…

Pour ce qui est des fruits et légumes et de ce fameux hold-up dont il est question de la part des semenciers l'émission aurait pu élargir son champ d'enquête aux semences de grande culture, car le problème est à peu près le même, cependant parler de hold-up est un peu surcharger la barque au risque de ne pas être pris au sérieux.

Bien évidemment les grands semenciers ne sont pas là pour « nourrir la planète » selon le slogan de mon ancien employeur qui était rabâché jusque dans le moindre document interne à l'attention des salariés, pardon, des collaborateurs afin de bien leur faire passer le message ; non, le but est simplement de faire un maximum de profit pour rémunérer les actionnaires qui ne demandent que ça, point barre.

Mais mettre sur le dos de ces grands groupes destinés à faire de l'argent tous les malheurs des agriculteurs et des consommateurs que nous sommes tous par la force des choses est un peu...exagéré.

Après tout c'est nous les consommateurs qui, par nos décisions d'achats, favorisons tout le système économique en amont de la chaine ; si nous voulons de jolies tomates sans aucun défaut c'est nous qui fabriquons en fait tout le processus de production qui mène à cette tomate sans défaut, même si elle a moins bon goût qu'une tomate déformée issue de l'agriculture paysanne que l'on pourra éventuellement se procurer sur un marché de plein vent local ou directement chez le petit producteur.

L'émission a rappelé que ce que l'on nomme « l'appropriation du vivant » ne date pas des OGM mais que les hybrides étaient déjà concernés, cependant le thème de la brevetabilité du vivant étant particulièrement complexe et en constant mouvement (voir inra ou assemblee-nationale) le résumer en quelques secondes me semble plutôt hasardeux…

Par ailleurs le passage sur les semences de Limagrain non inscrites au catalogue mais qui seraient soi-disant commercialisées en toute illégalité m'a bien fait rire ; pourtant il était bien dit que ces semences étaient « mises à disposition » des agriculteurs par le semencier, ce qui signifie qu'elles restent toujours la propriété...de Limagrain ! Ce qui est étonnant c'est que le grand ponte de Limagrain n'a rien su répondre de cohérent à Elise Lucet, preuve qu'il ne connait pas son sujet.

En effet une mise à disposition veut dire que le semencier (Limagrain en l'occurrence, mais cela existe chez tous les semenciers) fournit la graine à l'agriculteur, à charge pour ce dernier de la mettre en terre et de prendre bien soin d'elle puis de restituer son produit (la plante issue de la graine) après la récolte ; à aucun moment l'agriculteur n'est propriétaire de la semence et de la plante qui en découle, il doit obéir au cahier des charges strict du semencier sous peine de sanctions financières (sous la forme de décotes lors de la facturation finale) et lui rendre l'intégralité de la récolte.

D'ailleurs la facturation initiale de Limagrain vers l'agriculteur fait mention des lettre ATSF dont le grand ponte de Limagrain ne connait pas la signification :
A 1:39:50 : je ne connais pas ce nom de code ATSF.
Elise Lucet, qui aime bien jouer au chat et à la souris (en l'occurrence c'est elle le chat…) lui en donne le sens :
Assistance Technique et Savoir Faire
Il s'agit donc de prestations de services présumées être rendues par le semencier à l'agriculteur ; on peut discuter de la réalité de ces services qui semblent être davantage virtuels que réels, si l'on se fie aux témoignages naïfs des quelques agriculteurs interrogés qui doivent avoir des notions de droit plutôt sommaires, il n'en reste pas moins que juridiquement parlant ces factures montrent bien qu'il n'y a pas de transfert de propriété du semencier vers l'agriculteur, par conséquent le semencier n'est pas tenu d'inscrire les semences en question au catalogue officiel des espèces et variétés végétales puisqu'il ne les commercialise pas, il en reste propriétaire à tout moment.

Sur l'appropriation du vivant qui est tant reprochée aux grands groupes semenciers il y a beaucoup à dire, on ne peut que constater que certains agriculteurs s'en affranchissent sans problème en ressemant leurs propres semences, seuls ceux qui désirent rester « dans le système » se retrouvent pieds et mains liés à leur fournisseur qui va leur procurer un package comprenant non seulement les semences mais aussi les produits chimiques qui vont avec !

Beaucoup d'agriculteurs sont en fait piégés, ils se sont fortement endettés pour acheter du matériel et doivent assurer un minimum de rendement que seuls les grands semenciers sont capables de leur procurer avec leurs solutions « tout en un », c'est la loi du marché de laquelle il est difficile de s'extraire, et c'est ce qui produit l'agriculture intensive que l'on connait aujourd'hui avec ses avantages (rendements exceptionnels) et ses inconvénients (perte de biodiversité, usure des sols, pollutions chimiques, etc.)

Il y a bien d'autres choses que l'on pourrait reprocher aux grands groupes semenciers, par exemple l'astuce qui consiste à maquiller une réduction sur vente en « accord de coopération » ; en principe les conditions générales de vente fixent les prix ainsi que toutes les remises auxquelles les clients ont droit, et les semenciers ne peuvent pas octroyer des faveurs à quelques clients qu'ils souhaitent privilégier, cela serait contraire au droit de la concurrence, alors ils feintent et inventent des prestations bidons qu'ils nomment « accords de coopération » selon lesquelles les clients concernés sont censés rendre des services au semencier, services qui évidemment sont complètement fictifs !

Les factures éditées par les clients sont compatibilisées au compte 622 - Rémunérations d'intermédiaires et le tour est joué, du moins au niveau français, car sur le plan de la comptabilité internationale aux normes IFRS ces dépenses doivent être retraitées et reportées en moins...des ventes ! Mais est-ce que les contrôleurs de la DGCCRF auditent les comptes du groupe aux normes internationales, ou bien se contentent-ils des comptes français bien plus faciles à lire…? A moins qu'ils ne ferment tout simplement les yeux sur ce secret de polichinelle…

On pourrait aussi parler, pour les groupes dont le siège est à l'étranger (Limagrain n'est donc pas concerné), des schémas d'optimisation fiscale, montés avec la bénédiction du fisc français, afin d'imposer en France un minimum de revenus en transvasant dans un pays « accueillant » les bénéfices sous formes de prix de transferts divers et variés, le summum de la technique étant la méthode du residual profit split, mais ce système n'est pas l'apanage des semenciers, ces derniers se sont simplement mis à la page, que voulez-vous, un sou suisse est un sou suisse…

Il n'y a pas de petit profit, alors pourquoi tout donner au fisc ?


dimanche 16 juin 2019

Les Encantats

On ne peut pas dire que la semaine qui vient de passer fut magnifique, mardi dernier notamment, un jour à ne pas mettre un randonneur dehors, mais les trois jours qui suivirent ont quand même permis de belles balades avec un peu de soleil, beaucoup de nuages et de vent, et même un peu de pluie histoire de se rafraichir.

La région s'appelle Els Encantats, ce que l'on peut traduire sans aucune difficulté par Les Enchantés !

Voici la situation du massif montagneux :
Situation des Encantats sur la chaine pyrénéenne.

Les trois petits drapeaux en plein milieu de la carte figurent les trois randonnées effectuées sur lesquelles nous allons zoomer :
Vue d'ensemble des trois randonnées.

Pour effectuer ces randonnées je me suis servi de trois outils dans lesquels j'ai picoré de quoi se mettre sous la semelle :
Les randonnées ont été faites dans l'ordre suivant, fortement inspirées par la documentation qui précède mais sans jamais faire la totalité des parcours indiqués (le numéro correspond à la randonnée décrite dans le livre des plus beaux lacs des Pyrénées) :
  1. Mercredi 12 : Estanys Sallente, Gento, Tort et Colomina (n°45) ;
  2. Jeudi 13 : Estanys de Sant Maurici et la Ratera ;
  3. Vendredi 14 : Estany de la Llebreta et Planell d'Aigüestortes (n°42)

Mercredi 12 : Estanys Sallente, Gento, Tort et Colomina


Randonnée au départ du barrage de Sallente.
Cette randonnée permet d'admirer quelques uns des plus grands lacs de la région, à défaut d'être les plus beaux (mais chacun jugera en fonction de ses goûts ainsi que de la saison…)

Données GPS :
  • distance parcourue : 15.2km
  • temps en déplacement : 4hr 45min
  • temps à l'arrêt : 1hr 46min
  • temps total : 6hr 32min
  • dénivelée : environ 600 mètres (1185m de montées au total) 
Le départ s'effectue au bout du barrage, le sentier monte en lacets réguliers non exposés au soleil du matin.

Le niveau de la retenue est plutôt bas pour une fin de printemps…

Le site embalses donne une idée des niveaux de la retenue de Sallente :
Les niveaux des trois dernières années.
Rien n'est perdu, apparemment en 2018 les niveaux estivaux étaient plus que satisfaisants ; il faut dire que la retenue de Sallente est reliée à celle de Gento située quelques 400 mètres plus hauts, aux heures pleines l'eau descend et fait tourner les turbines pour fournir l'électricité nécessaire, par contre aux heures creuses l'eau de Sallente est pompée vers la retenue de Gento pour réalimenter celle-ci. Cette centrale réversible est d'après Wikipédia la plus puissante d'Espagne :
La central hidroeléctrica reversible de Gento-Sallente, junto al embalse de Sallente, es la primera instalada en Cataluña y la más importante de España. Situada junto al embalse de Sallente, se accede a ella por un túnel de 592 metros de largo y 6,5 m de anchura, con una pendiente del 10%. La misma turbina que produce energía por la fuerza del agua que desciende del Estany Gento, la bombea aguas arriba desde el embalse de Sallente para volverla a utilizar. Un segundo túnel para uso invernal tiene 2800 m de longitud y 3,5 m de diámetro.
Mais avant d'arriver à Gento on a le temps d'admirer le superbe refuge à touristes planté au bord de la falaise, à quelques mètres de l'arrivée du téléphérique :
Le refuge au bord du lac Gento.
Il a fait froid cette nuit, la preuve !
Pour l'instant tout va bien, la vue est magnifique et c'est le « grand beau », mais ça ne va pas durer…
Bien qu'imposant le refuge semble comme écrasé par les montagnes environnantes.
Avant d'arriver au refuge il faut marcher « à plat » le long d'une ancienne voie ferrée, entrecoupée de courts tunnels, qui a servi lors de la construction des barrages dans les années 1980.
Et c'est l'arrivée à la retenue du Gento.
Gento, contrairement à Sallente, semble être quasiment au maximum de sa capacité.
Pas de données intéressantes sur le site embalses, nous savons seulement que ce lac est utilisé pour l'électricité ainsi que pour la pêche, alors que Sallente l'est uniquement pour l'irrigation (l'explication de son faible niveau…?)

D'imposantes installations nous accueillent, dont le refuge et le terminal du téléphérique que nous apercevons tout au fond.
Voici comment ont été utilisés les bouts de tuyaux qui restaient !
J'avais bien dit que le beau temps n'allait pas durer…
Nous trouvons la neige sous nos pieds peu avant d'arriver à la Portella, à 2302 mètres d'altitude.
Sur la gauche des rails nous mènent tranquillement vers l'estany Tort.
Nous continuerons en suivant les rails jusqu'au terminus de la voie une centaine de mètres plus loin, avant de faire demi-tour, le vent glacial ne nous incitant pas vraiment à poursuivre sur les bords de ce très long lac (deux kilomètres d'un bout à l'autre !)
Après avoir rebroussé chemin nous prenons la voie de droite au col de la Portella pour arriver au refuge de Colomina.

L'estany de Colomina est assez bien rempli, quasiment au maximum de sa capacité.

La retenue date de 1914 d'après le site embalses, mais il n'y a aucune information sur une possible utilisation de ce lac ; j'imagine cependant qu'il doit être relié à Gento puisqu'il est situé juste au-dessus, son rôle doit donc se limiter à assurer l'approvisionnement en eau du couple Gento-Sallente, tout comme l'estany Tort dont l'aménagement date lui-aussi de 1914 (source embalses)

A noter que nous sommes dans un parc national, par conséquent beaucoup d'activités sont réglementées, voire carrément interdites (la pêche, le bain, la navigation, etc.)

Comme pour nous narguer c'est sur le chemin du retour que le ciel se dégage vraiment !
L'idée initiale, si le temps l'avait permis, était soit de continuer au-delà de l'estany Tort, jusqu'à l'estany Morto (ça ne s'invente pas…) à 2385 mètres d'altitude, soit d'aller jusqu'à l'estany de Mar à 2431 mètres d'altitude si nous avions choisi la voie vers Colomina. Il faudra y retourner plus tard en saison, car début juin n'est pas vraiment le meilleur moment de l'année si l'on désire marcher sous le soleil en petite tenue…

Jeudi 13 : Estanys de Sant Maurici et la Ratera


Randonnée sous les Encantats.
Cette randonnée est toute en longueur, en aller-retour essentiellement mais avec une possibilité (dont nous avons profité) d'effectuer une boucle en passant au retour par la piste plutôt que par le sentier encombré de multiples randonneurs-touristes (beaucoup de groupes scolaires très envahissants mais néanmoins sympathiques ce jour-là) ; la vue sur la montagne des Encantats, au sud, est tout simplement...enchanteresse ! La preuve plus bas en images.

Données GPS :
  • distance parcourue : 13.1km
  • temps en déplacement : 3hr 25min
  • temps à l'arrêt : 2hr 5min
  • temps total : 5hr 31min
  • dénivelée : environ 600 mètres (700m de montées au total)
    Après avoir laissé la voiture au parking obligatoire (parc national oblige, seuls les véhicules autorisés peuvent monter au lac pour transporter leurs lots de touristes) on emprunte un passage de bois spécialement dédié aux personnes « à mobilité réduite »
    Plus loin, dans une clairière, nous apercevons le sommet des Encantats, mais pas sous son meilleur angle, pour cela il va falloir attendre un peu.
    Peu avant d'arriver au lac la vue est meilleure, mais ce n'est pas encore ça…
    Nous voici arrivés à l'estany de Sant Maurici, ce n'est pas encore le grand beau temps mais nous espérons toujours…
    Depuis le sentier qui longe le lac, où le genêt pousse en abondance, les Encantats nous en mettent plein la vue !
    Gros plan sur le sommet bicéphale.
    On distingue nettement les deux petits pitons rocheux situés en plein milieu du col qui sépare les deux sommets, ils ont donné leur nom aux Encantats, les Enchantés ; il s'agirait de deux chasseurs imprudents qui se seraient moqués de romanichels venus en pèlerinage, ceux-ci les auraient alors pétrifiés pour leur apprendre les bonnes manières, non mais ! (rien ne dit que l'histoire soit vraie, ou fausse…)

    Encore une vue sur les Encantats avant de monter vers la Ratera.
    Et encore une, on ne s'en lasse pas !
    L'un des nombreux groupes croisés sur le trajet, la rançon du succès !
    Nous arrivons en vue de l'estany de la Ratera, en compagnie d'un groupe d'étudiants en géologie, carnet et carte en main, inspectant le relief environnant et prenant de nombreuses notes.
    L'estany de la Ratera, avec à droite ce qui semble être le pic de Bassiero.
    Si je ne me trompe pas nous avons le pic de Bassiero à gauche et le Montsaliente à droite.

    Difficile de s'empêcher de réaliser une vue panoramique...
    Hasardons-nous à nommer les sommets de gauche à droite : les Encantats, bien sûr, puis la Roca de l'Estany au milieu et en avant-plan, puis le pic de Morto et le pic de Subenuix juste à droite et au fond, puis l'Agulla del Portarró et le pic del Portarró tout à droite (sans aucune garantie, si quelqu'un pense que je me suis trompé qu'il le dise)

    Le retour par le chemin, plutôt que par le sentier, nous permet d'avoir pour la dernière fois dans le collimateur ce merveilleux massif qui a donné son nom à toute la région (on dit « les Encantats » pour désigner en fait le parc national d'Aigüestortes et de Sant Maurici)
    Si vous pensiez en avoir terminé avec les Encantats, c'est raté !
    Avec la première randonnée d'hier il s'agit d'incontournables pour qui ne connait pas la région et veut en découvrir l'essentiel en peu de temps, mais ce n'est pas fini, car il y a aussi la vallée de Boí !


    Vendredi 14 : Estany de la Llebreta et Planell d'Aigüestortes


    Randonnée vers les Aigüestortes.
    Comme la précédente cette randonnée est toute en longueur avec quelques possibilités de prendre des chemins différents au retour afin de varier les plaisirs ; elle nous mènera au Planell d'Aigüestortes qui a donné son nom à une partie du parc national.

    Données GPS :
    • distance parcourue : 16.0km
    • temps en déplacement : 3hr 55min
    • temps à l'arrêt : 1hr 28min
    • temps total : 5hr 23min
    • dénivelée : environ 450 mètres (760m de montées au total)
      Au départ nous privilégions la piste cimentée qui permet aux navettes d'emporter les touristes, à cette heure il y a peu de circulation et l'idée est de redescendre au retour par le sentier ombragé sur la rive opposée afin de se préserver des ardeurs du soleil…
      Peu de fleurs, mais qu'est-ce qu'elles sont belles !
      La piste est agréable et permet de monter en s'échauffant doucement, idéal pour la troisième balade de l'année !

      Les randonneurs se classent en plusieurs catégories, il y a les chèvres et il y a les veaux…
      Vestiges du temps passé, la borda de Gaspar.
      L'ermitage de Sant Nicolau, situé au-dessus de l'Estany de Llebreta.
      Depuis l'ermitage la vue donne sur l'Estany de Llebreta ainsi que sur l'amont du torrent de Sant Nicolau ; au fond on distingue une cascade et au-dessus un replat où nous rencontrerons enfin les Aigüestortes !

      Le ciel est laiteux, il ne fait ni beau ni mauvais, les nuages sont suffisamment ténus pour laisser le soleil nous réchauffer, mais cela ne va pas durer…

      A l'écart du chemin, un étrange appareillage scientifique...
      Cet appareil appartient au professeur Joan Grimalt de l'Instituto de Diagnóstico Ambiental y Estudios del Agua (IDAEA-CSIC) ; d'après ce que je comprends les recherches portent sur l'étude des composantes organiques en tant qu'indicateurs de l'état de santé des écosystèmes (actuels et passés) et des organismes vivants (incluant l'homme). Grimalt est l'auteur de 685 papiers (excusez du peu) ayant bénéficié de plus de 21000 citations ; il a de plus supervisé 48 thèses de doctorat (source idaea)

      Je me suis bien gardé de toucher aux appareils et nous avons continué notre chemin.

      Mais avant de reprendre la route, un petit panoramique pour nous en mettre plein les pupilles.
      Nous passons devant la cascade que nous avions aperçue en arrivant au lac.
      Derrière nous l'Estany de la Llebreta, et le ciel qui se couvre de plus en plus…
      Nous arrivons au point d'information sous une pluie fine, nous mangerons là à l'abri en compagnie de deux autres couples.
      Une table d'orientation nous indique que nous avons le Bony del Graller (2279m) qui se détache au fond du vallon.
      Et c'est enfin le terme de notre course avec les fameuses Aigüestortes, ou eaux tortueuses !
      Ce Planell d'Aigüestortes est une ancienne vallée glaciaire qui a été comblée, voici ce qu'en dit Wikipédia :
      Le planell d'Aigüestortes (ca) est un ancien lac d'origine glaciaire colmaté par des sédiments. L'eau s'y écoule facilement entre pâturages et forêts et y a tracé de nombreux méandres. Après le pont de Moriano, une passerelle en bois de 400 m de long est suspendue au-dessus de ces multiples chenaux, permettant d'admirer l'environnement sans le dégrader. Ces eaux, où abondent les truites de rivière (Salmo trutta fario), alimentent un système d'exploitation hydroélectrique (par le groupe Endesa). Sur le plannell, pins à crochets et rhododendrons sont nombreux. Les rhododendrons abritent fréquemment un champignon parasite : Exobasidium rhododendri, qui engendre des malformations sur les feuilles des rhododendrons et couvre leurs revers des taches rougeâtres de ses sporanges vers la fin de l'été.
      Mais poursuivons notre balade au travers de ce labyrinthe végétal et minéral.


      On pourrait dire qu'ici tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

      Au bout du périple de cette journée, un pont en bois nous invite à passer sur l'autre rive afin d'aller au cœur de cet ensemble enchanteur accessible aux « personnes à mobilité réduite » !
      Chaque méandre semble raconter sa propre histoire.
      Les rhododendrons sont à peine en fleur, il est vrai que nous sommes encore tôt dans la saison.

      Qui pourra me dire le nom de cette fleur rencontrée sur le chemin du retour vers la Llebreta ?
      Nous reprenons la descente en empruntant la piste vide de navettes (le temps ne se prête pas aux excursions touristiques…)

      Au passage nous rencontrons un randonneur catégorie chèvre (ou plutôt bouc…)

      Un dernier coup d'oeil sur la Llebreta, juste pour constater que le temps ne s'arrange pas vraiment…
      Et c'est le retour à la voiture sous une bonne pluie bien rafraichissante !
      Nous avons donc emprunté pour la fin de l'itinéraire le sentier qui partait du parking et que nous avions ignoré au départ en préférant la piste cimentée (j'espère que tout le monde a suivi…)


      Retour en France


      Alors que nous étions passés à l'aller par Viella et son tunnel, pour le retour nous choisissons d'aller rendre visite à un petit lac conseillé par notre logeuse, l'étang de Montcortés :
      L'étang de Montcortés.
      Wikipédia nous dit au sujet de cette petite merveille à l'écart de la civilisation :
      L'étang de Montcortés (en catalan : Estany de Montcortès) est un site d'importance communautaire situé sur la commune de Baix Pallars, dans la région de Pallars Sobirà, dans la province de Lleida (Catalogne, Espagne). C'est une formation d'origine karstique. Avec les étangs de Basturs, c'est le seul des Pyrénées à ne pas être d'origine glaciaire. La réserve naturelle couvre une superficie de 45,05 ha. Cet espace appartient aussi à Natura 2000 (espace ES5130019 "estany de Montcortès") et a été approuvée en décembre 19971. Son hydrologie est largement contrôlée par les apports des eaux souterraines pour compenser les pertes de l'étang à la fois par évaporation et par un petit ruisseau émissaire situé sur sa bordure nord2.
      Nous reprenons l'étroite et tortueuse route qui nous mène plein est pour rejoindre la grande voie de communication entre Lérida et le port de la Bonaigua qui donne accès à la station de ski de Baqueira Beret (appelée également Salardú du nom d'un petit village situé en aval), une occasion pour prendre quelques photos de l'envers du décor, l'autre côté du parc national que nous avons visité de l'intérieur au travers de trois de ses plus belles vallées.

      Dans la descente du port de la Bonaigua, comment ne pas s'arrêter et contempler une dernière fois ces sommets derrière lesquels nous avons crapahuté ?

      Comme nous nous y attendions un peu, dès après Viella les nuages bas envahissaient le ciel et nous ne revîmes plus le soleil du reste de la journée.