mercredi 9 janvier 2019

François Gervais passé à la moulinette de François-Marie Bréon

François Gervais est un éminent professeur émérite qui enseignait jadis la physique à l'université de Tours ; émérite signifie qu'il est aujourd'hui à la retraite et qu'il occupe son temps libre comme il peut, maintenant qu'il en a à revendre ; il a non seulement du temps libre à revendre mais aussi des bouquins dont le dernier en date d'octobre 2018 s'intitule L'urgence climatique est un leurre, et comme il faut bien assurer la promotion de sa marchandise si l'on veut qu'elle trouve preneurs notre physicien retraité mais toujours (radio)actif ne ménage pas ses efforts et c'est pour cela qu'on le retrouve dans une vidéo sur YouTube dont le titre, imaginez-vous, est François Gervais - L'urgence climatique est un leurre !

Il faut avouer que c'est plutôt malin d'intituler la vidéo comme ce qu'on peut lire sur la couverture du bouquin, ça permet de faciliter le rapprochement et de susciter l'achat chez le vidé-auditeur, ce qui fait probablement partie de ce que recherche Gervais, et on peut le comprendre.

Alors faut-il acheter le livre pour se faire une idée de ce que pense Gervais sur le climat et pour savoir pourquoi il affirme que l'urgence climatique serait un leurre ?

A mon avis le visionnage de la vidéo devrait suffire pour avoir un résumé correct de ses cogitations personnelles, puisque livre et vidéo évoquent de toute évidence exactement le même sujet ; il se trouve que François-Marie Bréon a regardé cette vidéo et l'a dépiautée en petits morceaux dont il a eu l'amabilité de me faire parvenir en décembre une première mouture « brute de décoffrage », puis il m'a adressé un document plus travaillé dans lequel on peut relever pas moins de 60 points qu'il a commentés (dont un, le premier, attribuable à l'intervieweur). Pour le livre, qu'il a commandé, nous aurons je pense assez vite un compte-rendu dans un média à large diffusion et je ne manquerai pas d'en parler dans un billet qui lui sera consacré.

A noter que le Réveilleur envisage de monter éventuellement une vidéo sur la vidéo de François Gervais (FG) dont je vais maintenant vous donner un aperçu selon le découpage (à la scie) effectué par François-Marie Bréon (FMB) en respectant pour chaque point le schéma suivant à trois niveaux :
  1. tout d'abord je citerai verbatim ce qui est dit dans la vidéo en le surlignant en jaune pour faciliter le repérage ;
  2. ensuite je mentionnerai mot pour mot ce qu'en pense FMB, avec le numéro du point suivi du minutage en introduction ;
  3. enfin j'apporterai mes commentaires et éventuellement informations complémentaires personnelles écrits en bleu pour les détacher de tout le reste et éviter toute confusion.
C'est parti.

Mais en préambule voici l'introduction de FMB :

Après un visionnage intégral, on peut affirmer que ce discours est terriblement confus. Ça part dans tous les sens. Il y a une partie climat, mais aussi une partie énergie, des digressions à propos de la pollution, une analyse de la contribution de la France sur le global…Sur la partie climat, il dit souvent des choses tellement floues qu’il est presque difficile de démontrer que c’est faux. Analyse détaillée avec horodatage :

[…] François Gervais […] qui a vu le GIEC de l'intérieur […]
1 - 1:13 : « Qui a vu le GIEC de l’intérieur ». NON. François Gervais a lu les différentes
versions du cinquième rapport, mais n’a pas participé à la rédaction. Il n’a donc pas vu le
processus d’élaboration du rapport « de l’intérieur ».
Ici ce n'est pas FG qui parle mais celui qui le présente et va l'interroger.

[…] effectivement j'ai été euh...il y a mon nom à la fin du rapport AR5 du GIEC […]
2 - 5:10 : François Gervais aurait son nom à la fin du cinquième rapport. C’est parfaitement
exact. On pourra retrouver son nom dans le document
https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/WG1AR5_AnnexVI_FINAL.pdf
avec un bon millier d’autres. Pour rappel, pour être « expert reviewer » pour le GIEC, il suffit
de poser sa candidature et de montrer une activité scientifique (pas nécessairement dans le
domaine). Donc Francois Gervais a posé sa candidature, mais ca ne démontre aucune
compétence particulière.
Toute personne intéressée peut en effet postuler, voici le lien (daté du 17 juillet 2017) qui a servi pour le dernier rapport :
ipcc.ch/2017/07/17/register-now-expert-review-of-the-first-order-draft-of-the-ipcc-special-report-on-global-warming-of-1-5oc-opens-31-july/, on peut notamment y lire :
To register as an Expert Reviewer, a self-declaration of expertise is required.
Et voici un extrait de la page où l'on peut le voir mentionné : 

François Gervais, un « expert reviewer » au statut bien spécial…
On peut voir que FG est bien entouré, par des scientifiques qui appartiennent en majorité à des institutions ayant un lien direct avec les recherches sur le climat, pour n'en citer que quelques uns :
  • Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement
  • Institut Polaire Norvégien 
  • Met Office Hadley Center
  • Centre National pour la Recherche Atmosphérique
Quant à FG il a enseigné la physique et la science des matériaux durant la plus grande partie de sa vie professionnelle et semble ne s'être intéressé au climat que sur le tard, notamment après avoir pris sa retraite (si quelqu'un connait une de ses publications sur le climat antérieure à 2014 qu'il se fasse connaitre)

[…] le taux de CO2 dans l'air c'est 0,04% et on est passés de 0,03% à 0,04% en un siècle […]
3 - 7:20 : Vapeur d’eau indiquée « entre 1 et 5 % ». Intégrée sur la colonne d’atmosphère, la
concentration de vapeur d’eau est toujours inférieure à 1%. En surface, il peut effectivement y
avoir quelques % de vapeur d’eau.
Ici il faut comprendre que FG montre le schéma suivant :
Proportion des gaz dans l'air selon François Gervais.
Le but de FG est ici clair comme de l'eau de roche, il s'agit d'instiller dans son public la certitude que le CO2 est un gaz mineur largement dépassé par la vapeur d'eau (facteur allant de 33 à 125 en proportion H2O/CO2), mais FG ne précise pas (pour ne pas dire qu'il passe totalement sous silence) que
  1. le CO2 est réparti uniformément dans l'atmosphère sur l'ensemble de la planète alors que la concentration en H2O est très inégale ;
  2. le CO2 agit comme forçage radiatif, donc comme driver du réchauffement climatique, alors que H2O agit essentiellement en rétroaction (plus la température augmente et plus l'air peut contenir de vapeur d'eau)
On notera également cette manie d'exprimer la variation du CO2 en % plutôt qu'en ppm : de 0,03% à 0,04% cela donne une augmentation de 33,33% alors que de 280 ppm à 405 ppm cela fait près de 45% de hausse, il est donc important pour FG de montrer ce qui apparait le plus minime possible.

[…] Inde plus Chine ont vu leurs émissions augmenter de 7500 millions de tonnes dans le temps où la France a réduit de 75 millions de tonnes, autrement dit la France compense 1% des émissions de l'Inde plus la Chine […]
4 - 8:50 : Francois Gervais nous explique que les 60 millions de Français, ce n’est pas beaucoup
dans le monde. Il enfonce des portes ouvertes. Il reste que la France peut montrer la voie et
l’exemple pour que le monde entier prenne des mesures.
On pourrait caricaturer la position de FG en disant que pour lui du moment que l'Inde et la Chine augmentent leurs émissions (ce qui est parfaitement vrai) alors tous les pays de la planète devraient faire de même, pourquoi s'embêter, hein ?

[…] le prix du kw/h électrique payé par le consommateur […]
5 - 10:40 : Discute du coût de l’électricité. Même si je suis en accord avec ses commentaires,
cela n’a rien à voir avec le climat
Cela n'a rien à voir avec le climat mais cela « parle » davantage à son auditoire qui pense alors à sa note d'électricité...façon habile de détourner l'attention d'un problème majeur (le changement climatique) vers des préoccupations triviales (la note d'électricité)

[…] une étude allemande […] qui date de 2013 et qui donc est pour l'Allemagne […] le retour énergétique est inférieur à l'investissement énergétique ce qui devient un vrai problème […]
6 - 12:00 Il montre le rapport entre l’énergie nécessaire pour construire différents systèmes de
production d’électricité. Il dit que c’est inférieur à 1 pour le solaire, ce qui est contraire à ce
qui est montré sur son graphique !
Voici le tableau en question :
Retour énergétique sur investissement pour l'Allemagne.
Ce que montre ce tableau c'est que pour l'Allemagne les panneaux solaires n'atteignent pas le seuil de rentabilité économique situé à un peu moins de 10 (% ?) mais comme le fait remarquer FMB le rapport entre énergie consommée et énergie produite est bien supérieur à 1, ce qui est confirmé dans l'étude d'où est tiré ce graphique où l'on peut lire : « All power systems generate more energy than they consume. » ; le fait que le photovoltaïque ne soit pas rentable économiquement parlant en Allemagne est un sujet à part et on se demande pourquoi FG n'a pas montré d'étude similaire concernant, au hasard, l'Espagne…

[…] supposons pour l'instant, on est passés de 0,03 à 0,04 donc ça fait 25% donc ces 20% s'appliquent sur les 20% […]
Voilà d'où viennent les +25%...

7 - 15:40 : Calcul de coin de table pour analyser l’impact des mesures qui pourraient être prises
en Europe. Raisonnement absolument incompréhensible (en tout cas, je ne l’ai pas compris
malgré quelques minutes d’effort).
Si FMB n'a pas compris le raisonnement de FG je ne vais pas prétendre que de mon côté j'ai compris grand chose, cependant mes reflexes sont toujours là et je suis capable de voir immédiatement au moins une ânerie dans le calcul de FG avec cette fameuse augmentation de 25% dont j'ai déjà parlé dans Je confirme, François Gervais est nul en maths ! ; de 0,03 à 0,04 l'augmentation est en effet de 33,33%, mais on ne va pas chipoter pour si peu, en notant simplement que « donc ces 20% s'appliquent sur les 20% » n'est pas une coquille de ma part, il vous suffit d'écouter la vidéo...Par conséquent si vous, cher lecteur, comprenez quelque chose au laïus amphigourique de FG n'hésitez pas à commenter.

[FG se bidonne] tout ça on peut aller le vérifier très facilement hein, la température a baissé quand les émissions ont commencé à accélérer […]
8 - 18:40 : FG fait comme si les climatologues expliquaient que le CO2 est le seul paramètre qui
contrôle la température. Ce n’est évidemment pas le cas
Effectivement, FG ne connait pas la variabilité naturelle du climat (ENSO, volcanisme, activité solaire) ainsi que d'autres facteurs comme les émissions de particules qui refroidissent l'atmosphère ; pour FG la température de l'atmosphère devrait être en parfait parallélisme avec la hausse des concentrations en CO2, ce qui a pour avantage de démontrer qu'il ne connait pas grand chose des mécanismes qui font évoluer le climat (je lui conseille de se procurer, et surtout de lire, Climats, passé, présent, futur, il pourrait apprendre beaucoup de choses intéressantes)

[…] magazine des années 70, l'hystérie du style qu'on connait aujourd'hui c'était on va tous mourir de froid […]
9 - 19:45 FG fait un faux parallèle entre le refroidissement des années 50 et le réchauffement
d’aujourd’hui.
FG montre cette diapo…
Les références de François Gervais, des couvertures de Times, dont l'une est trafiquée !

Qu'un professeur « émérite » de la trempe de FG en vienne à tomber si bas, c'est tout simplement pathétique ; j'ai déjà évoqué ce sujet dans Comment tromper les gogos en une leçon avec Watts Up With That !, on ne va pas y revenir.

[…] se rajoutent en rouge les mesures par satellites […]
Illustration des cycles de 60 ans qui sont d'après FG les moteurs du changement climatique…
10 - 20:26 : FG montre les données de température par satellite.... en oubliant de préciser que ce
ne sont pas des mesures de température de surface mais de la moyenne atmosphère. Habile
pour masquer la très forte hausse des températures sur les années récentes. Au passage, il est
recommandé de regarder l’amplitude du refroidissement dans les années 50 que Gervais a
voulu mettre en parallèle avec le réchauffement récent.
La  « démonstration » de FG a pour but de valider sa théorie des cycles de 60 ans, mais on va voir qu'il y a un petit problème…

[…] les modèles repris par le GIEC […] en rouge et en bleu sur la figure, ben ça colle pas du tout avec la montée de température [incompréhensible] on passe à pieds joints dessus […]
11 - 21:00 FG essaye de démontrer que le cycle de 60 ans permet de mieux expliquer les
températures observées ...que les modèles du GIEC. Manifestement, les données utilisées pour
évaluer les « modèles » ne sont pas les mêmes que celles utilisées pour évaluer son « modèle à
cycle ». Par ailleurs, il n’évoque jamais la tendance à la hausse des températures (qu’un simple
modèle de cycles n’explique pas). Enfin, il se garde bien d’évaluer les capacités prédictives des
modèles. On s’est amusé à faire une comparaison des « prédictions » faites dans son livre il y
a 5 ans (qui annoncent une baisse des températures) et ce qui a été observé (températures record
en 2015, 2016 et 2017). Voir ci dessous
Le cycle de François Gervais a une roue voilée.
On note en particulier que son « modèle à cycle prévoit une diminution des températures à partir de 2005. Manifestement, la baisse anticipée n’a pas eu lieu
Mais bien sûr FG aura une explication à cette divergence…

[…] les modèles eux ils continuent à chauffer alors que la température depuis 20 ans, on va le voir, elle s'est stabilisée […]
12 - 21:20 : « La température depuis 20 ans, elle s’est stabilisé ». Du grand n’importe quoi. 2015,
2016 et 2017 sont largement au dessus des températures des années précédentes. La tendance
au réchauffement n’est pas modifiée.
Rajoutons que 2018 est apparemment la quatrième année la plus chaude après les années mentionnées par FMB et que 2019 sera peut-être la plus chaude devant 2016 avec le phénomène El Niño qui s'annonce.

[…] ça marche pas du tout leurs modèles, le cycle de 60 ans marche beaucoup mieux que les modèles du GIEC […]
13 - 21:30. « Le modèle à cycle de 60 ans marche beaucoup mieux que les modèles du GIEC ».
Certainement pas et surtout, le modèle à cycle a été ajusté sur les observations, alors que les
modèles du GIEC sont basés sur les processus physiques et ont donc des capacités explicatives
et prédictives.
Je pose mon joker.

[…] ce cycle de 60 ans on le voit donc sur la température, c'est la partie basse, mais alors on le voit aussi très bien sur la hausse du niveau des océans, vous l'avez dans la partie haute de la figure […] 3.14 du rapport du GIEC, et j'ai dit à mon ordinateur trouve moi un cycle qui passe par ces points, il a trouvé tout de suite le cycle de 60 ans, ça marche très bien […]
L'étalon de mesure de FG, les talons de chaussures !
14 - 21:58 : « Cycle de 60 ans sur la hausse du niveau des mers. » La figure montrée n’est pas très
probante pour démontrer un tel cycle sur les mesures.
Je ne suis pas suffisamment compétent en statistiques, donc je repose un joker (j'en ai plein en stock donc pas de souci) ; par contre quand FG affirme que la moyenne de la montée des eaux c'est 1,7 mm par an ce n'est pas exactement ce qu'on peut lire dans la littérature sous la plume de spécialistes comme Anny Cazenave qui nous dit dans Le niveau des océans s’élève-t-il ? que « Depuis 1992, [les observations] montrent que la vitesse d’élévation des mers a presque doublé par rapport aux décennies précédentes. Cette élévation atteint aujourd’hui 3,2 millimètres par an, en moyenne2 » ; et durant le 20ème siècle il est communément admis que la hausse a été de près 20 cm, soit 2 mm par an (Les observations marégraphiques indiquent qu’au cours du XXe siècle, le niveau de la mer s’est élevé de près de 20 centimètres.)

[…] ils n'ont rien cité […] (en parlant du GIEC qui a ignoré les travaux portant sur le cycle de 60 ans)
Liste présentée par FG des études évoquant le cycle de 60 ans.
15 - 23:37 : Le GIEC n’a pas retenu les publications sur le « cycle de 60 ans » car il n’y a aucun
processus associé. Les publications qui décrivent ce cycle n’ont pas été jugées de niveau
acceptable.
Ici aussi je pose mon joker, je fais confiance à FMB et me doute bien que le GIEC ne peut pas citer des études si celles-ci contredisent la majorité des papiers et comportent des faiblesses que je ne suis pas capable personnellement de juger ; on remarquera que Courtillot figure dans la liste...Maintenant on peut comprendre l'amertume de tous ces chercheurs qui voient leurs travaux ignorés, l'avenir se chargera de remettre à leur place ceux qui le méritent.

[…] effet de marée des grosses planètes du système solaire, bon Jupiter et Saturne, les deux plus grosses […] l'influence de la gravitation de l'une et l'autre va être différente […]
16 - 24:40 : On nous fait de l’astronomie-climatologie, dans lesquelles les planètes auraient un
effet sur le soleil qui lui même aurait un effet sur le climat. Quel serait l’effet sur le soleil ?
On ne sait pas. Et surtout, on n’observe pas de cycle de 60 ans sur le soleil. La théorie peut
abuser le grand public, mais elle est très incomplète, et contraire aux observations, pour être
acceptée par la communauté scientifique.
Ce qui est hallucinant ici, c'est que FG nie tout impact significatif du CO2, soi-disant parce que sa concentration ne serait que de 0,04% dans l'atmosphère, mais qu'il va chercher des explications alambiquées faisant interagir Jupiter et Saturne avec le Soleil pour perturber le climat par un mécanisme qu'il est incapable de démontrer autrement qu'en évoquant un « effet de marée » qui donc serait plus puissant que l'« effet de serre », on croit rêver ! On pourrait appeler cela deux poids deux mesures, ou prendre les gens pour ce que je pense.

[…] mes collègues Lüdecke et Weiss eux ont analysé les températures des villes d'Europe depuis qu'on a des données, c'est-à-dire depuis 1760, et ils trouvent bien le cycle de 60 ans […]
Nous allons bientôt avoir froid, ça ne vous rappelle rien ?
17 - 25:27 : « Il trouve bien le cycle de 60 ans ». Vous voyez un cycle de 60 ans sur cette figure ?
Manifestement, ce n’est pas le cycle dominant. Là encore, il est intéressant de comparer le
« refroidissement » des années 1950 avec le « réchauffement » depuis les années 1970. On se
demande aussi où est l’arrêt du réchauffement sur les 20 dernières années, dont FG parle par
ailleurs. On peut aussi s’interroger sur le processus physique à l’origine du cycle de 200 ans
qui est évoqué.
Je serais là-aussi bien incapable de me prononcer, alors je laisse la parole à skepticalscience dont voici la conclusion d'un article dédié au duo Lüdecke/Weiss :
In their introduction section, LW17 created a false picture of the situation of current research status of the solar activity - climate connection by citing mostly papers that support LW17 argumentation and ignoring most of the papers that show results against their argumentation. They did a not-even-half-baked analysis containing lot of flaws. In their conclusion section LW17 then suggested that their flawed results are a "confirmation" for the false picture created in the introduction section. […] In my opinion, LW17 is throughout bad science - biased citing, bad research methods, strange interpretation of results, etc. Having seen and studied the paper, I cannot help wondering what this quote from LW17 acknowledgements section means: "We express our thanks to the referees for valuable comments." If the referees gave valuable comments and the resulting paper still is as bad as described above, how bad was this paper originally?
[…] il y a effectivement eu une décroissance de la banquise [arctique] mais depuis on va dire une dizaine d'années c'est pas du tout frappant ; vous avez ici le volume de banquise arctique tel qu'il est donné par les Danois […]  on voit les dernières années euh...ça se trouve toujours à peu près dans la même moyenne, ça ne se creuse pas …]
Le volume de la banquise arctique serait stationnaire depuis 2004...
18 - 26:06 Discussion sur la banquise arctique. Notons que M . Gervais se garde bien de montrer
une courbe de la surface (ou du volume) de la banquise en fonction du temps. On
recommande le site https://nsidc.org/data/seaice_index/compare_trends pour ceux qui veulent
des données complètes et mises à jour. Cela permet de juger si FG apporte une information
sincère et complète...
Pour ce qui est de l’Antarctique, il semble bien que FG ait choisi de présenter une courbe un
peu datée, car les années récentes ne sont pas du tout en accord avec le message qu’il fait
passer. Les surfaces de banquises antarctique en 2017 et 2018 ont été très faibles (cf lien ci
dessus)

Voici ce que présente FG :
La superficie de la banquise antarctique serait en augmentation selon FG...
Et voici la courbe actualisée concernant la surface de la banquise antarctique :
Graphique actualisé.
Tout ce que je peux rajouter de mon côté c'est rappeler mes actualités climatiques dont la dernière en date montrait les graphiques suivants :
Fig.1  Arctic sea ice volume anomaly from PIOMAS updated once a month. Daily Sea Ice volume anomalies for each day are computed relative to the 1979 to 2017 average for that day of the year. Tickmarks on time axis refer to 1st day of year. The trend for the period 1979- present  is shown in blue. Shaded areas show one and two standard deviations from the trend. Error bars indicate the uncertainty of the  monthly anomaly plotted once per year.
La tendance concernant le volume de la banquise arctique ne semble pas particulièrement être à la pause, la dernière valeur se trouvant juste au-dessus de la tendance à long-terme.
Evolution de la surface de la banquise arctique.
Evolution de la surface de la banquise antarctique.
Ces deux derniers graphiques sont issus du site nipr.ac.jp. Comme on peut facilement le constater il y a une certaine variabilité pluriannuelle, mais les tendances ne sont pas vraiment à la reconstitution des banquises ; à noter cependant que pour l'Antarctique la baisse de surface est trop récente pour tirer des conclusions définitives sur l'évolution dans les prochaines décennies. Par ailleurs le graphique présenté par FG est doublement trompeur, en effet :
  1. comme expliqué par FMB il s'arrête en 2016 et ne mentionne pas les deux dernières années qui ont vu la banquise perdre en superficie dans des proportions significatives ;
  2. il fait croire que la température de -98,6°C serait un record et que la calotte glaciaire gagnerait en volume.

Pour la température record j'ai écrit un billet (L'Antarctique, le nouveau dada d'Anthony Watts ?) dans lequel on peut lire :

[…] il s'agit de toutes petites parcelles situées dans des petits creux à plus de 3500 mètres d'altitude et que les conditions, pour atteindre de telles températures extrêmes proches des -100°C (-98°C mesurés) sont un ciel clair et une atmosphère hyper-sèche pendant plusieurs jours, pas de quoi, donc, en tirer une généralité pour l'ensemble du continent Antarctique qui ne se limite pas à ces épiphénomènes […]

Ainsi ces températures ont vraisemblablement toujours existé et ont même peut-être été plus froides dans le passé dans ces endroits isolés, simplement on n'avait encore jamais été là-bas pour les mesurer.



En ce qui concerne la calotte glaciaire, il y a bien un article de la NASA (NASA Study: Mass Gains of Antarctic Ice Sheet Greater than Losses) daté de 2015 qui évoque des gains (dus à l'enneigement) supérieurs aux pertes (dues aux vêlages des glaciers) mais reconnait que c'est en contradiction avec les données du GIEC :
The research challenges the conclusions of other studies, including the Intergovernmental Panel on Climate Change’s (IPCC) 2013 report, which says that Antarctica is overall losing land ice.  
On peut vérifier que FG a bien pris en compte cette étude de la NASA de 2015, c'est écrit sur sa diapositive (NSIDC : 26 juillet 2015) mais on pourrait lui faire remarquer que nous sommes en 2019 et que de nouvelles études ont montré récemment que les glaciers de l'est de l'Antarctique se mettaient à fondre bien plus vite que ce que l'on pensait auparavant (voir Ça chauffe (aussi) pour les glaciers de l'est Antarctique) et c'est la NASA qui nous le dit !
Source bbc
FG n'a de toute évidence pas actualisé ses fichiers qui commencent à dater quelque peu.

Autre chose à faire remarquer à FG, c'est que s'il neige davantage en Antarctique (ce qui expliquerait les gains en volume) c'est peut-être parce que la température étant moins basse l'air peut transporter davantage d'humidité...Par conséquent ses données montrant une baisse de la température qui serait associée à une augmentation de la nivosité (le gain de volume de la calotte glaciaire ne peut être expliqué que par cela) paraissent contradictoires...Cela-dit je ne suis pas spécialiste et il y a probablement d'autres facteurs qui entrent en jeu (mais même en n'étant pas spécialiste je sais par expérience que plus il fait froid et moins il neige, les plus fortes chutes se produisant un peu au-dessous de zéro degrés)

[…] que nous dit le GIEC ? […] la température euhhhh dans laaaaa double décade (sic) 2080-2100 […] eh ben elle sera comprise entre 0,3 degrés et 4,8 degrés, attendez 0,3 et 4,8 c'est pas tout à fait pareil, hein, vous vous rendez compte de l'incertitude ? […]
FG semble fâché avec les modèles, peut-être parce qu'il n'est pas un modèle d'honnêteté…?
19 - 28:00 Enorme confusion de F Gervais entre les projections de température pour la fin du
siècle (figure du haut) et celles pour la période 2016-2035 (figure du bas). Il en déduit que ce
sont les faibles hausses de température qui sont les plus probables, mais ce résultat est lié à
son erreur d’interprétation. Enorme !
En fait, ce que ne dit pas FMB, c'est que FG ne semble pas savoir ce qu'est une projection qui est fonction d'un scénario ; entre le scénario RCP2.6 qui donne pour 2100 une valeur minimale de 0,3°C et le scénario RCP8.5 qui donne une valeur maximale de 4,8°C on ne parle pas du tout de la même chose, ainsi FG commet un délit de comparaison de choux, de carottes et de navets à l'attention des gogos qui ne cherchent pas à se documenter et surtout à réfléchir :

  • il compare RCP2.6 avec RCP8.5 qui n'ont rien à voir entre eux ;
  • il prend la valeur minimale de l'un et la valeur maximale de l'autre pour faire apparaitre ce qu'il appelle l'incertitude la plus grande possible ;
  • il mélange à mon avis incertitude avec écart de confiance (l'incertitude est la plage où se trouve probablement la valeur vraie, le niveau de confiance est la probabilité que telle valeur soit juste) : pour RCP2.6 l'incertitude est de 0,3 à 1,7 (par contre je ne sais pas quel est le niveau de confiance, 95% ?) avec une valeur moyenne de 1, par contre pour RCP8.5 qui découle d'un scénario totalement différent l'incertitude est de 2,6 à 4,8 avec une valeur moyenne de 3,7.

Ainsi FG fait un énorme (pour reprendre le mot de FMB) raccourci indigne du scientifique qu'il prétend être.

[…] la petite barre noire qui donne la probabilité si c'est plus chaud ou plus froid cette barre noire au début elle était beaucoup plus haute et avec les différents brouillons elle est descendue descendue […]
20 - 28:20 : FG affirme que, dans les différentes versions du rapport, l’estimation de sensibilité
climatique était de plus en plus faible. C’est un gros mensonge.
J'ai d'ailleurs écrit dans Leçon de cherry-picking avec Ross McKitrick
d'après tout ce petit monde [McKitrick, Lewis et Curry] la sensibilité climatique ne serait que de 1,5°C […] les études mentionnées par Lewis et Curry et reprises par McKitrick sont le fait d'un nombre restreint de chercheurs ayant utilisé les mêmes données et fait les mêmes calculs qui, selon Dessler, se sont révélés douteux […] je constate que la toute dernière barre va de 3°C à 4,5°C à vue de nez, avec peu avant une autre barre allant de 4°C à 7,5°C !
La « toute dernière barre » se référant à ce graphique :
Compilation des études de la sensibilité climatique depuis le début des années 2000.
Ce graphique confirme donc la remarque pertinente de FMB.

[…] ce spaghetti de toutes les couleurs, là, c'est extraordinaire, il n'y en a pas deux qui sont d'accord […]
FG n'aime pas la cuisine italienne.
21 - 29:00 Cette figure montre les projections climatiques pour différentes trajectoires de CO2. Il
est donc normal qu’il y ait une grande dispersion sur les températures (car, contrairement à ce
que dit Gervais, les températures dépendent du CO2). Il y a aussi une certaine dispersion (inter-modèle) pour une trajectoire de CO2 donnée, mais bien moins importante que ce que
FG suggère sur la base de la figure.
Pour renchérir sur ce que dit FMB, je ferai remarquer à FG que si tous les modèles étaient d'accord entre eux et présentaient des courbes identiques alors là oui ce serait très très douteux ! Pour le reste voir mon commentaire plus haut sur l'incompréhension (feinte ou réelle on ne sait pas trop) de FG sur la signification des modèles et de leurs scénarios.

[…] vous avez en noir les mesures, c'est la figure qui est dans le rapport du GIEC hein, et les mesures ben justement depuis 20 ans elles bougent pas […]
22 - 29:20 « Les mesures depuis 20 ans, elles ne bougent pas ». Gros gros mensonge. Gervais sait
parfaitement que les températures de 2015 2016 et 2017 sont nettement au dessus des autres.
La figure montrée s’arrête en 2012. Avec les données des années récentes, les observations
rejoignent les modèles. Evidement, FG se garde bien de le mentionner.
Toute personne intéressée devrait regarder les relevés de température (par exemple sur
http://www.columbia.edu/~mhs119/Temperature/) et décider par lui même si l’affirmation de
FG sur le fait que les mesures ne bougent pas depuis 20 ans est sincère.
Je ne ferai pas de commentaire additionnel, j'en ai assez parlé dans mon blog, pas la peine d'y revenir dessus et les remarques de FMB sont amplement suffisantes.

[…] on ne sait pas s'il faut soigner la planète pour anorexie ou pour obésité [rires nerveux dans l'assistance] c'est une figure du rapport du GIEC hein je je je je me contente de vous montrer...bon ce qui m'avait vraiment interpelé à l'époque […]
23 - 30:11 Gervais compare la hausse des températures (entre 0.1 et 0.3 degrés par décennie) à un
poids. Grosse manipulation. Au minimum, il aurait pu faire le parallèle avec une
augmentation du poids (entre 1 kg et 3 kg par mois d’augmentation) et certainement pas sur
l’absolu
Bon là ce passage est tellement ridicule que je ne juge même pas nécessaire d'en dire plus que ce que dit FMB ; sauf que je remarque que les rires de son public montrent que FG a raté une carrière prometteuse dans le cirque, et pas dans le trapèze volant ou le domptage de grands fauves neurasthéniques. 

[…] c'est quand même incroyable […]
C'est inc'oyable ou me'veilleux ?
24 - 30:50 : FG compare la hausse des températures prédite par les modèles à ce qui a été
observée. Il montre que l’observations est dans le bas de la distribution des modèles.
Pourquoi avoir pris la période 1998-2012 pour cette comparaison. Serait ce parce que 1998
était particulièrement chaude et 2012 plutôt froide ? Si on inclut la période 2013-2017, la
pente est nettement plus forte. Peut on y voir une tentative de manipulation ? OUI
Je confirme la tentative de manipulation, et ce n'est pas parce que c'est FMB qui le dit !

[…] on ne tient pas compte du climat réel c'est-à-dire des mesures ; bon c'est ce que j'ai après raconté dans mes publications dans des revues à comité de lecture […]
25 - 31:18 Il évoque ses publications dans des journaux scientifiques. Et oui, Gervais a réussi à
publier deux articles sur le sujet. Il est utile de préciser que ce sont dans des revues de
troisième zone dans lesquelles on peut être publié à condition de payer, ou presque. Ses
publications ne sont reprises par personne
Mes lecteurs habituels ne sont pas étonnés, j'ai déjà évoqué ces publications tardives de FG dans François Gervais persona non grata dans un lycée de Versailles. FMB confirme qu'en plus elles ont été publiées dans des revues insignifiantes qui n'ont en fait servi à FG qu'à pouvoir maintenant affirmer « vous voyez bien que j'ai publié des études sur le climat et que je suis donc qualifié pour m'exprimer sur ce sujet » ; on attend d'ailleurs avec impatience la prochaine étude de Benoit Rittaud afin que celui-ci puisse également se prévaloir du même statut d'« expert sur le climat ».

[…] il y a les rouges et les noires […]
26 - 32:49 : Analyse des différentes valeurs de sensibilité climatiques publiées dans la littérature
Sensibilité climatique de 0 à 6°C...
L’analyse complète est difficile car certaines des références ne peuvent pas être clairement
identifiées. Cependant, le motif est très clair. Ajoutées aux publications « classiques », cette
figure ajoute un grand nombre de publications « sceptiques » sur les années récentes. On
trouve même un article de F. Gervais dont on peut raisonnablement se demander comment il
peut estimer une valeur de la sensibilité climatique alors qu’il nous explique que les variations
climatiques ne sont pas dues au CO2. De même, Ollila explique que le réchauffement
climatique est lié à des variables astronomiques. Comment dans ces conditions peut-il estimer
une sensibilité climatique. Tous les articles identifiés qu’on trouve dans la sensibilité basse
sont dans des revues de troisième zone et ne peuvent pas être considérés comme sérieuse. En
tout cas, on ne peut certainement pas déduire de cette figure que les estimations « classiques »
de la sensibilité climatique sont en décroissance. Les résultats les plus récents donnent au
contraire des valeurs de ECS de l’ordre de 5 degrés.
Cette figure est donc une manipulation scandaleuse de François Gervais
Je renvoie à mon commentaire un peu plus haut où je montre un graphique présentant la littérature sur le sujet depuis le début des années 2000.

[…] une fois qu'on aura atteint l'équilibre […] dans plusieurs centaines d'années […] plusieurs siècles plus tard […]
27 - 33:10 : Francois Gervais explique que l’équilibre climatique est atteint en quelques siècles, et
n’a donc aucune utilité pratique. Il est vrai que, du fait de l’inertie de l’océan, la hausse des
températures continue pendant plusieurs siècles une fois que la concentration de CO2 est
stabilisée. Cependant, la plus grosse partie de la hausse est réalisée en quelques décennies.
FMB est le spécialiste, je le laisse parler et ce qu'il dit est conforme à ce que j'ai lu par ailleurs, à savoir qu'il ne faut que quelques décennies pour atteindre l'équilibre, donc c'est parfaitement à l'échelle d'une vie humaine.

[…] pour l'instant les scientifiques majoritairement disent qu'on est nettement en dessous des valeurs du GIEC […] il y a beaucoup de valeur de sensibilité climatique […] 
28 - 34:43 : Francois Gervais explique que tous les travaux (ou une majorité) publiés récemment
donnent une valeur plus faible que celle donnée par le GIEC. C’est parce que F. Gervais ne
s’intéresse qu’aux valeurs exotiques données par ses collègues climats-sceptiques comme
expliqué plus haut. La dernière version des études sérieuses sur la sensibilité climatique
donnent des valeurs en accord avec les derniers rapports du GIEC, contrairement à ce
qu’indique FG
FG pratique avec constance ce qu'on appelle la cueillette des cerises, cherry-picking en anglais, il ne faut donc pas compter sur lui pour donner des valeurs qui n'iraient pas dans son sens, il n'est pas bête à ce point-là.

[…] voilà l'accroissement du taux de CO2 dans l'air depuis 20 ans […]
Evolution du taux de CO2 dans l'air depuis 1960.
29 - 35:00 Analyse du taux de croissance du CO2.
Francois Gervais évoque le temps nécessaire pour arriver à un doublement du CO2
atmosphériques, et il dit 2 siècles avec le taux de croissance de 2 ppm par an. Il part donc de
la valeur actuelle d’environ 400 ppm. Mais, le doublement du CO2 considéré normalement
est par rapport au niveau pré-industriel, soit 270 ppm. Une valeur double serait donc de 540
ppm, valeur qu’on atteindra très probablement dans moins de 70 ans (on est déjà proche de
410 ppm)
On vient d'apprendre que les émissions de CO2 aux Etats-Unis ont augmenté de 3,4% en 2018 (voir Les émissions de CO2 aux États-Unis ont augmenté en 2018, selon une étude indépendante) ce qui, ajouté à ce que l'on sait sur la Chine et l'Inde, pour ne prendre que ces deux-là, ne va pas tout à fait dans la bonne direction…

[…] il n'y a pas de serre dans l'air […] il n'y a pas une paroi de verre […] je vous présente d'abord la molécule de CO2 [rires gras dans l'assistance]

30 - 37:00 : Présentation très originale (et sans aucun intérêt) de la molécule de CO2
La Chatte entourée de deux Otaries…?
Effectivement, FG s'adapte à son auditoire, c'est quand même plus « parlant » que de lui montrer ça :
Source wikipedia

[…] on va trouver plein de...dans le spectre plein de pics, on les appelle comme ça en spectroscopie, des pics et euhhhh ou des absorptions […]
31 - 38:17 : « On va trouver plein de pics, en spectroscopie on les appelle des pics ». C’est un
détail, mais ce vocabulaire montre une grande confusion alors que c’est sensé être son
domaine
C'est vrai qu'un pic ou une absorption ça doit parler à son auditoire qui s'est déjà bidonné à la vue du CO2 présenté à la façon de FG ! On pourrait même parler de double absorption par les pics...je vous laisse imaginer (ça commence à déraper, va falloir que je me modère)

[…] le principal gaz à effet de serre, et de très loin, c'est la vapeur d'eau, et puis on voit deux pics […] le CO2 absorbe totalement le rayonnement [incompréhensible] de la Terre ; le la Terre reçoit de la chaleur du soleil, ce qui la met à une température moyenne aujourd'hui de 15 degrés […]
32 - 39:00 Présentation extrêmement confuse (et fausse) de l’effet de serre. Il est dit que c’est
uniquement le rayonnement du soleil qui met la surface à 15 degrés, alors que il est
strictement nécessaire, pour obtenir cette température, de tenir compte du rayonnement
descendant, émis par l’atmosphère, ajouté au rayonnement solaire.
C'est effectivement très réducteur d'affirmer que les 15°C sont issus de la chaleur reçue du soleil, mais FG s'adresse à un auditoire de toute évidence incapable de comprendre les subtilités de la thermodynamique (même moi j'ai du mal, mais je fais des efforts…)

[…] ce que dit le GIEC c'est que si c'est déséquilibré […] fourchette d'un facteur 3, on ne sait pas exactement si c'est 1,1 watt par mètre carré de déséquilibre ou 3,3 watts par mètre carré, toujours cette incertitude d'un facteur 3, bon. […]
33 - 39:32 : F. Gervais prétend qu’il y a incertitude sur le déséquilibre radiatif d’un facteur 3. Il
mélange tout un tas de facteurs. L’impact de l’effet de serre est connu avec une précision bien
meilleure (≈10%) que ce qu’il indique. L’incertitude provient des autres perturbations sur le
climat liées aux activités humaines, et en particulier l’effet des aérosols. Donc, évoquer une
grande incertitude lorsqu’il décrit uniquement l’effet de serre est plus que trompeur.
Je pose mon joker sur ces aspects trop techniques pour moi.

[…] le soleil nous envoie 1500 watts par mètre carré, j'ai plus le chiffre précis en tête […]
34 - 39:45 Erreur sur la valeur du flux solaire (mais F. Gervais dit bien qu’il n’a pas le chiffre en
tête)
La TSI est de 1360,8±0,5 W/m², en tout cas c'est la valeur donnée dans Climats, passé, présent, futur ; valeur qu'il faut diviser par 4 pour obtenir le rayonnement solaire incident moyenné sur la planète de 340 W/m² (voir point suivant). Pour un physicien comme FG qui se targue de démontrer que c'est le soleil qui a un effet significatif sur le climat et non le CO2, cette approximation (écart quand même de 139 W/m²) est significative de sa « connaissance » du sujet.

[…] alors évidemment comme ça tombe que d'un côté faut faire, bon, peu importe […]
35 - 39:51 2 phrases très énigmatique pour ceux qui ne connaissent pas le dossier. Ces phrases
font référence à une énorme bourde faite par Courtillot il y a une dizaine d’années, alors qu’il
voulait comparer l’impact du soleil à l’impact de l’effet de serre, et qu’il avait « oublié » de
considérer que le soleil n’éclaire qu’une portion de la Terre alors que l’effet de serre joue sur
l’ensemble du globe.
Le charabia de FG n'est fait que pour impressionner un public incapable d'apporter la moindre contestation, il joue sur du velours en paraissant être un spécialiste de la question, mais ses hésitations (les nombreux euhhhh dans son discours) dénotent une maitrise très imparfaite (pour être poli) de son sujet ; s'il connaissait celui-ci il aurait une vision limpide de ce qu'il a à dire et trouverait ses mots immédiatement en se mettant au niveau de son auditoire comme doit le faire un bon vulgarisateur, ce qu'il n'est manifestement pas (et je plains ses anciens élèves qui ont dû endurer son phrasé incertain)

[…] euhhhh toujours est-il que là on va dire ben voilà le CO2 absorbe tout ce qu'y peut absorber, il n'y a rien qui passe derrière, ça veut dire que les molécules qui sont au-dessus de 300 mètres elles voient pas le rayonnement de la Terre […] on peut dire que l'effet est saturé […]
36 - 40:03 : Enorme bêtise de Francois Gervais qui considère que l’absorption du rayonnement
infrarouge par les molécules ne joue que pour le rayonnement émis par la surface, et est donc
vite saturé. En fait, il est nécessaire de tenir compte de l’absorption du rayonnement émis par
l’atmosphère elle même. Du coup; il n’y a pas d’effet de saturation comme il cherche à le
faire croire.
Comme je suis largué sur le plan technique je renvoie à skepticalscience.

[…] si on va mesurer dans la haute stratosphère c'est là que ça doit se passer, voici la température […] vers 17 kilomètres d'altitude […]
La discussion prend des hauteurs stratosphériques.
37 - 40:48 : On passe à la stratosphère. C’est tellement confus qu’on ne peut même pas dire si
c’est faux
Not even wrong aurait dit Wolfgang Pauli.

[…] comme vous le voyez c'est parfaitement plat […]
38 - 40:55 : « C’est là que ça doit se passer mais c’est complètement plat. » On ne sait pas très
bien « ce qui doit se passer ». On a là une observation de la basse stratosphère, et on n’attend
pas une grande variabilité des températures à cette altitude. Dans cette zone d’atmosphère,
plusieurs processus ont des rôles importants, et en particulier l’impact de l’ozone sur les
températures.
Je passe.

[…] la température n'a pas bougé du tout, là où les modèles nous disent c'est là que ça doit bouger […]
39 - 41:13 « La ou les modèles nous disent que ca doit bouger ». Ce serait bien que Gervais nous
explique ce que les modèles prévoient pour ce niveau de l’atmosphère (spoiler : plutôt une
baisse des températures). Pourquoi ne pas plutôt regarder la surface, qui est là ou nous vivons
et là ou les modèles nous disent que la température doit « bouger » à la hausse ? On peut se
demander pourquoi la figure démarre en 1993. L’analyse d’une série temporelle plus longue, par exemple sur https://www.climate.gov/news-features/understanding-climate/2013-state-climate-stratospheric-temperature permet de voir le style de sélection de données très prisée de Francois Gervais. On notera que la température de la stratosphère a tendance à diminuer,
ce qui est bien prévu par les modèles (Trop long d’expliquer pourquoi)
Je repasse (ça tombe bien j'ai du repassage en retard)

[…] sinon ça se verrait […]
40 - 42:20 Toujours cette interprétation de la variation de température dans la stratosphère. Il
n’explique toujours pas que le processus physique de l’effet de serre conduit à une diminution
des températures à cette altitude.
Si vous voulez savoir « ce qui se verrait » vous n'avez qu'à visionner la vidéo, vous savez où ça se trouve.

[…] prenons 0,6 degrés […]
41 - 42:45 F Gervais prétend qu’une sensibilité climatique à 0.6 degrés est la valeur acceptée par
les climatologues. La valeur communément admise est plutôt autour de 3.5
FG prend ce qu'il veut pour faire passer son message, pourquoi parlerait-il de 3,5 ?

[…] il publie en 1971 […]
42 - 43:12 Référence à une publication de 1971... qui a été largement démentie depuis.
Sans commentaire additionnel (je n'ai pas terminé mon repassage, et je commence à fatiguer...) 

[…] ça ça fait 0,8 degrés […]
43 - 44:10 : Francois Gervais développe son modèle « coin de table », sur des bases fausses, et
sans tenir compte des rétroactions. Mais bien sûr, lui seul a raison devant tous les calculs plus
complets, et qui prennent en compte les différents processus physiques. Il peut donc se
permettre, sur la base d’un calcul de coin de table qui ne prend pas en compte tous les
processus importants, que les modèles qui cherchent à prendre en compte l’ensemble des
processus sont faux
Le « coin de table » doit se trouver au « bistrot du coin », là où l'on trouve tous les pochetrons qui refont le monde à leur façon.

[…] donc euhhh le GIEC nous dit voilà […]
Ce n'est plus Jacques a dit mais le GIEC a dit !
44 - 45:10 Nouvelle présentation de l’effet de serre, un peu moins fausse que la première
présentation faite autour de 40’, mais avec tout de même pas mal de flou et des erreurs sur
l’altitude à laquelle la chaleur est déposée par convection
Personnellement je trouve étrange cette façon de présenter l'effet de serre en montrant les différentes cellules atmosphériques et leur positionnement en latitude, cela explique surtout les mouvements aériens avec les zones dépressionnaires et de hautes pressions, je ne vois pas comment on peut expliquer l'effet de serre à partir de ce schéma-là, mais bon…

[…] dès qu'on arrive au-dessus de 11 kilomètres d'altitude comme ça s'inverse le CO2 va avoir non plus un effet réchauffant mais refroidissant et c'est le total des deux qui va donner le résultat final, la sensibilité climatique […]
De jolis dessins même pas faux.
45 - 46:50 Gervais explique que la troposphère se réchauffe et que la stratosphère se refroidit
(exact) « et que c’est la somme des deux qui va donner la sensibilité climatique ». C’est une
grosse bêtise. Pour la sensibilité climatique, on s’intéresse à ce qui se passe à la surface et pas
dans la stratosphère
La sensibilité climatique est définie selon Wikipédia (en anglais) comme « the equilibrium change in global mean near-surface air temperature that would result from a sustained doubling of the atmospheric (equivalent) carbon dioxide concentration (ΔTx2). », et comme le dit FMB c'est bien ce qui se passe à la surface qui est important pour nous pauvres humains !

[…] ouais okay, effectivement c'est une valeur qui est assez petite pour être noyée dans cette variabilité naturelle du cycle de 60 ans […]
FG veut nous faire avaler qu'il y a absence de corrélation entre CO2 et température, plutôt gonflé, non ?
46 - 47:14 : « On peut voir la figure avec le modèle de cycle de 60 ans, qui prévoit donc une baisse
des températures à partir de 2000. » Regardez attentivement la partie la plus à droite de la
courbe, qui donne les températures les plus récentes. Avez vous l’impression que les mesures
récentes valident la trajectoire du cycle de 60 ans défendue par Gervais précédemment ?
Poser la question comme le fait FMB c'est y répondre quand on connait les valeurs récentes de températures.

[…] estimation, avec quand même une incertitude assez grande, de l'évolution du CO2 dans l'air cette fois-ci sur des millions d'années, et en bleu vous avez la température de la Terre telle qu'on l'a reconstituée à partir de différentes indications ; alors vous voyez que les deux ne sont pas corrélées du tout […]
Voyage dans le temps avec FG comme pilote de la machine, attachez vos ceintures !
47 - 47:40 « Analyse d’un graphe qui montre température et CO2 sur 600 millions d’années. » Il
aurait été utile de dire que, sur ces périodes, il y a plein d’autres paramètres qui changent,
dont la distribution des continents, la composition atmosphérique (autre que CO2) et le soleil.
Bref, cette figure n’a aucun intérêt pour interpréter l’actuel.
Nous sommes ici dans le registre ridicule du « climat qui a toujours changé » que je n'hésite pas pour ma part à qualifier d'argument le plus stupide qui soit ; cet argument, repris ainsi par FG avec ce joli dessin, consiste à dire que ce qui s'est passé il y a plusieurs centaines de millions d'années explique ce qui se passe aujourd'hui, et comme il n'y avait pas d'hommes à ces époques lointaines vous avez compris où il veut en venir ; si vous voulez un dessin je peux vous fournir celui-ci :
Une IAU = 4,5°C
[…] ça ne fera jamais que 0,6 degrés […]
48 - 48:00 Il répète que la sensibilité climatique est de 0.6 degrés. Ca devient énervant
Mais non François-Marie, ce n'est pas énervant, c'est simplement navrant.

[…] le dernier phénomène El Niño […] comme cela avait été le cas en 1998, il y a un pic de température […] et derrière il y a une bouffée de CO2 qui sort des océans 6 à 11 mois plus tard […]
L'enfant Jésus n'a plus aucun secret pour FG.
49 - 48:50 Analyse d’une courbe qui montre température et flux de CO2. Gervais se concentre sur
l’évènement El Nino le plus récent. C’est très confus, mais il a l’air de dire que le CO2
s’échappe des océans à l’occasion d’un évènement El Nino. En fait, le flux de CO2 vers
l’atmosphère est plutôt depuis les terres et pas depuis les océans pendant ces évènements.
Difficile d’en dire plus tellement son discours est confus
Confirmation de ce que dit FMB dans Climats, passé, présent, futur où l'on peut lire page 311 : « [un épisode El Niño] entraine une émission de CO2 par les continents localisés dans la bande tropicale (où se déroule l'événement El Niño) », donc FG ne sait manifestement pas de quoi il parle.

[…] quand on est passé de 0,03 à 0,04 c'est pas purement anthropique, il y a une partie qui serait naturelle, et si on tient compte de cette partie naturelle d'ici 2068 c'est plus 0,05 degrés qu'on va avoir […]
50 - 49:37 : Gervais affirme qu’une partie de l’augmentation du CO2 atmosphérique viendrait des
océans et serait donc « naturelle ». C’est du grand n’importe quoi. Le flux net de CO2 est
vers les océans. Il n’y a certainement pas de contribution des océans à l’augmentation du CO2
atmosphérique
On peut lire dans Climats, passé, présent, futur pages 285-286 : « En absorbant une partie du CO2 injecté dans l'atmosphère, l'océan joue un rôle de puits de CO2. […] Entre le milieu du XVIIIe siècle (le début de l'ère industrielle) et 2011, 155 GtC de CO2 anthropique ont été injectés dans les océans.[…] Le pH moyen des eaux de surface océaniques a déjà été diminué de 0,1 unité depuis le début de l'ère industrielle. Cette baisse correspond à une augmentation de 30% des ions H+ […] jamais au cours du dernier million d'années (et très vraisemblablement depuis près de trois millions d'années) le pH moyen des eaux de surface n'a été aussi bas. » ; FG devrait se procurer ce livre de toute urgence !

[…] c'est encore controversé ça, c'a été publié par un certain nombre de scientifiques mais euhhh ça reste controversé […] alors après ça euh on entend tout et n'importe quoi […]
51 - 50:07 « On entend tout et n’importe quoi ». Oui, c’est un peu la réflexion que on doit se faire
en regardant cette présentation de FG
Phénomène de projection que j'évoque assez régulièrement tellement il est fréquent chez les climatosceptiques : Gervais attribue généreusement aux autres ses propres tares, il doit répéter chaque matin en se rasant et en se voyant dans la glace « c'est vraiment n'importe quoi ».

[…] depuis 1992 la tendance est à la baisse […]
FG se propose de nous expliquer la différence entre un baromètre et un thermomètre…
52 - 50:30 Analyse d’une courbe associée au cyclones. On ne sait pas très bien ce qu’est cette
courbe. Mais Gervais joue l’homme de paille : « faut arrêter de dire n’importe quoi » comme
si le GIEC avait annoncé une forte hausse de ce paramètres, ce qu’il n’a pas fait, sauf erreur.
Le graphique a été construit par Ryan Maue, bienaimé des climatosceptiques (voir climatedepot ou wattsupwiththat ou Wall Street Journal), on comprend que FG le reprenne à son compte, mais si l'on prend l'avis d'un autre expert en matière de cyclones voici ce que cela donne (tiré de Que dit Kerry Emanuel sur Harvey, Irma, Maria, et les autres...?) :
  • La théorie de l'intensité potentielle démontre que la limite thermodynamique de l'intensité de l'ouragan augmente avec la température
  • Les observations montrent que cette limite augmente effectivement
  • La physique peut être utilisée pour modéliser le risque d'ouragan dans les climats actuels et futurs
Par ailleurs Kerry Emanuel précise bien que « L'enregistrement des données concernant les ouragans est trop court avec trop de bruit (statistique) et d'une trop faible qualité pour en déduire de solides signaux climatiques » mais aussi que « Les données satellitaires montrent une migration de l'intensité maximale vers des latitudes plus élevées et une indication d'une plus grande portion de tempêtes intenses », alors qui croire, Ryan Maue ou Kerry Emanuel ? Vous avez le choix, pour moi c'est plié.

[…] Ces phénomènes-là qui sont liés au baromètre sont des phénomènes intrinsèquement chaotiques au sens physique du terme, la théorie du chaos […] 
53 - 50:38 : « Ces phénomènes là qui sont liés au baromètre » Incomptéhensible
Il doit vouloir dire que cela concerne la météo et non le climat, car pour Gervais la météo c'est le baromètre, rien que le baromètre...Voir François Gervais toujours sur la brèche, et toujours aussi ébréché :
Puis voilà le professeur à la retraite qui refait surface et se souvient des cours qu'il donnait du temps de sa splendeur en nous parlant de l'invention de la météo par Torricelli avec son baromètre, ce qui n'a évidemment pas grand rapport avec le sujet du réchauffement climatique et des événements extrêmes que nous connaissons de plus en plus, mais il est toujours utile de noyer le poisson en étalant sa culture et en faisant croire que les autres ne sont que des ignorants que l'on éduque.
Tout cela pour nous dire que la météo ne dépend QUE de la pression atmosphérique, oubliant au passage d'autres facteurs comme la température ou l'humidité qui pour lui ne doivent être que des composantes non significatives que les prévisionnistes ignorent superbement car ce serait trop compliqué de les entrer dans leurs modèles.
Mais bien sûr il « oublie » que la hausse des températures c'est du domaine du climat, pas de la météo, et que dans une atmosphère plus chaude les phénomènes extrêmes sont prévus de s'amplifier sans que la théorie du chaos n'invalide les explications (plus l'air est chaud plus il contient d'humidité et plus il est instable)

[…] 30 climats différents, si on se place à un endroit des fois c'est plus chaud des fois c'est plus froid et c'est totalement imprédictible […]
54 - 51:30 : On nous montre 30 simulations faites a priori uniquement en changeant les conditions
initiales.
C’est sensé montrer la très grande sensibilité. Très peu d’explication, où est la publication
dont c’est tiré ?
Si FG ne cite pas ses sources et reste dans le vague c'est bien qu'il y a une raison...Voir mon billet Conditions initiales et conditions aux limites expliquant, par le truchement de Christophe Cassou, la différence entre météo et climat qui semble avoir échappée à FG.

[…] ça a profité […]
Le côté écolo de FG...
55 - 53:00 Effets bénéfiques du CO2 sur la croissance des plantes. C’est parfaitement exact. Par
contre, la très forte croissance des rendements agricoles ne sont pas dus qu’au CO2 (et même
probablement pas majoritairement). Je note que c’est curieux comme Gervais insistait sur le
fait que l’augmentation du CO2 était trop minime pour avoir un effet sur le climat mais que,
pour les plantes, ce n’est plus minime du tout. Et là, il n’y a plus de contribution naturelle.
C’est bien entièrement lié aux actions humaines.
Mes publications sur le sujet : Le verdissement étonnant de la Terre et La Terre reverdirait, à moins que… entre autres ; je ne vais pas revenir dessus, il y a beaucoup de choses à dire (et à reprendre dans ce qu'affirme FG) mais pour faire court et simple : comme le dit FMB il n'y a pas que le CO2 qui profite aux plantes, par ailleurs l'augmentation de CO2 profite différemment selon les plantes, et les « mauvaises herbes » aiment particulièrement le CO2 qui est moins apprécié par des cultures comme le riz ou le maïs, c'est plutôt ballot (les plantes en C3 profitent de l'augmentation du CO2 contrairement aux plantes en C4, mais d'autres facteurs peuvent aussi nuire aux plantes en C3, rien n'est simple et FG n'est pas ingénieur agronome)

[…] on s'approche de la conclusion et euh j'aime beaucoup ces images pour montrer la pollution on montre quoi ? de la vapeur d'eau […]
Ils sont forts ces Chinois, ils produisent de l'électricité à partir de la vapeur d'eau (du moins d'après FG)
56 - 55:05 F. Gervais dénonce le fait qu’on utilise les panaches issues des cheminées pour illustrer
la pollution, alors que ce ne serait que de la vapeur d’eau. Il oublie semble t-il que la vapeur
d’eau est un gaz transparent. Ce qu’on voit n’est pas de la vapeur mais de l’eau liquide (sous
forme de gouttelettes)
Mais allez expliquer ça à FG, lui qui nous dit par ailleurs que la vapeur d'eau est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2 ! Surtout qu'une usine de production d'électricité fonctionnant au charbon, ça ressemble à ca :
Une des centrales à charbon allemandes qui ont généré près de 44% de l'électricité outre-Rhin en 2015. Source connaissancedesenergies)
Mais il est vrai que le panache blanc est bien plus visible que le CO2 qui s'échappe des cheminées...

[…] le CO2 c'est pas visible, la vapeur d'eau en revanche est visible […]
57 - 55:10 Il recommence : « La vapeur d’eau est visible »
On appelle cela du radotage…

 […] ce sont des cons danseurs, c'est que de la vapeur d'eau […]
58 - 55:14 « c’est que de la vapeur d’eau »
Qu'est-ce que je disais…

[…] en contrejour c'est de la vapeur d'eau aussi […]
59 - 55:26 « C’est de la vapeur d’eau aussi »
Bon c'est vrai que là ça commence à être énervant !

[…] il y a une vraie pollution et ça c'est un problème que l'Organisation Mondiale de la Santé a pris en charge, euhhhh [...] euhhh c'est le rôle des fumées, ça c'est une vraie pollution […]
60 - 55:40 Il parle de pollution liée aux particules. Exact, mais rien à voir
Il s'agit de meubler, quitte à s'égarer, mais les auditeurs habituels de Gervais n'y voient que du feu.

Ce point étant le dernier, on remarquera qu'il y a pas moins d'une approximation pour chaque minute de vidéo (60 points relevés en un peu moins de 56 minutes) ce qui est en soi une sorte de record à mettre au crédit de FM Bréon et au débit de F Gervais ! Encore un petit effort et je suis sûr que ce dernier peut faire mieux et viser les deux par minute, il lui suffit de parler un peu plus vite (mais c'est vrai que quand on n'a pas grand chose à dire il est préférable de parler lentement pour faire trainer en longueur)

Conclusion
Au final, le spécialiste du climat que je suis voit dans cette présentation une très grande
confusion. On a du mal à croire que les auditeurs aient pu comprendre la majorité de ce
que FG présente. Ils ont dû se dire que, s’ils ne comprenaient pas, c’était parce que c’est
compliqué. Je souhaite les rassurer ; même le spécialiste n’arrive pas à comprendre
l’ensemble du discours de FG pourtant destiné au grand public. On est bien obligé d’en
déduire que la confusion (par exemple sur le mécanisme de l’effet de serre) est bien dans
l’esprit de François Gervais... Evidement, lorsque c’est confus ou flou, il est difficile de
démontrer que c’est faux.
Il serait intéressant de voir Gervais s'exprimer ainsi en public devant des pairs, par exemple à l'Académie des sciences, avec en face de lui des gens tels qu'Anny Cazenave ou Jean-Pierre Gattuso, entre autres, comme lors de cette audition à laquelle avait également participé Vincent Courtillot, et l'on verrait alors s'il ferait le malin avec son CO2 présenté sous forme de porno soft !


19 commentaires:

  1. C est dommage ce qui ressort principalement de cet article c est un jugement de style (confusion, vulgarisation, élocution...)
    Les remarques du genre « à condition de payer ou presque » dénotent une exagération volontairement mensongère et alerte le lecteur sur votre biais et votre manque d objectivité.
    Vos commentaires sont bien souvent tout aussi mensongers ou approximatifs que ceux de Gervais.
    Et sur le fond technique invérifiable on s en remet à un autre spécialiste, qui a raison??
    Bref nous serions donc finalement dans un combat pédants vs bouseux -super!
    Vos jugements de valeur que je ne partage pas vous appartiennent, ce qui est regrettable c est que finalement vous n arrivez pas à donner tort à Gervais.
    Je cherche toujours une critique valable sur le fond (saturation CO2...) de ce monsieur - en vain. A croire que c est lui qui a raison.

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    1. « A croire que c est lui qui a raison. »

      Oui, c'est cela.

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    2. @Terrien. Pour l'aspect saturation du CO2, le texte vous donne un lien. Il suffit de cliquer dessus, lire, et faire fonctionner vos Neurones. https://skepticalscience.com/saturated-co2-effect-intermediate.htm

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    3. J'avais donné la version "avancée" de skeptical science, tu donnes la version "intermédiaire", je pense que pour terrien c'est la version "basique" qui conviendrait le mieux : https://skepticalscience.com/saturated-co2-effect-basic.htm

      Il faut toujours se mettre au niveau de son interlocuteur, enfin le plus près possible, pas sûr que ça marche mais on aura essayé.

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  2. Franchement les gars, qu'il s'agisse de la version bassine ou intermédiaire... c'était pour le gag? Vous avez raison, restez-en à commenter les traits d'humour de Gervais mais il fait quand même mieux que vous à ce sujet.

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    1. Les "traits d'humour", c'est quand il prétend expliquer le climat avec un cycle de 60 ans ? Et quand il fait "mieux que vous", c'est lorsque son modèle annonce une diminution des températures du globe depuis le début des années 2000 ? Merci de nous éclairer

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    2. « il fait quand même mieux que vous à ce sujet »

      C'est vrai que personnellement je n'aurais jamais pensé présenter la molécule de CO2 comme le fait Gervais, mais il est évident que nous n'avons pas le même style d'humour (ni les mêmes valeurs)

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  3. Comme expliqué l approche du billet est très mauvaise et nuit énormément au contenu. Extrait de Gervais pris à la volée, vos commentaires, le têtard qui se sent obligé d en remettre une couche inutile et contre productive. Ajout de couleur pour tenter de rendre l ensemble moins confus... pourquoi en faire des caisses? Par manque d arguments ?
    Dans l exemple que vous citez nous avons une courbe d écarts de températures il est visiblement question de rapport à une variabilité naturelle...on ne sait pas de quoi il en retourne exactement. Ou commence son cycle? Aucune superposition...on ne comprend pas le rapport avec vos commentaires.
    Franchement vous critiquez un Gervais confus et vous faites pire.

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    1. Et donc, la saturation du CO2, vous avez lu ? Vous avez compris ? Vous avez compris que Gervais n'a pas compris ?

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  4. Ce que j ai surtout compris c est que l approche de Gervais tout comme vos références sont un peu trop simplistes sur ce sujet.

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  5. Donc vous n'avez pas compris. Merci de le confirmer en creux

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  6. « l approche de Gervais tout comme vos références sont un peu trop simplistes sur ce sujet. »

    Il faut reconnaitre à terrien un éclair de lucidité quand il parle ici de Gervais, éclair immédiatement gâché dans la foulée, ce doit être dû à un peu de confusion dans son esprit, mais il est vrai que terrien est « réaliste », il ne faut donc pas trop exiger de lui.

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  7. ici on aime bien les démonstrations « bassines » ou les gars qui mette du CO2 dans une bouteille avec un thermomètre au soleil pour expliquer...ce qui va se passer dans 1 siècle.
    C est sur vu comme cela c très simple et vous avez TOUT compris!

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  8. mon cher Ged, vous avez me semble t il récupéré un bouffon de première... Vous le laissez en ligne pour montrer son niveau scientifique ou son coté délirant et irrécupérable, voir les deux... !?
    Je doute que ce soit intéressant pour vous et votre blog, de devoir s'exprimer dans ce mode bac a sable qu'affectionnent certains quand ils se rendre compte qu'ils sont totalement incapables d'argumenter, comme cela devient de plus en plus manifeste avec ce drole de "terrien" !

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    1. « Vous le laissez en ligne pour montrer son niveau scientifique ou son coté délirant et irrécupérable »

      Poser la question c'est y répondre;)

      Ne vous inquiétez pas, il ne me dérange pas, s'il se fait du mal tout seul après tout c'est son problème.

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  9. Question capacité d argumentation vous êtes au top! Celui qui a un petit niveau scientifique comme vous dites Ne traîne pas longtemps sur ce blog, sauf peut être pour s amuser;)

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  10. Nous sommes nombreux, non-spécialistes mais pas crétins non plus, à essayer de nous informer sur le changement de climat. On prend la peine de lire et d'écouter des opinions "à charge" et "à décharge". Je ne peux que constater que Terrien a raison. Au lieu de participer à un débat d'idées en apportant des arguments de fonds, visant à arriver à une vérité plus affinée, plus complète, cela tourne immédiatement au combat d'egos dans lequel toute personne ayant une vue dissonnante est ridiculisée, qualifiée d'imbécile, etc. C'est bien dommage et cela confirme qu'il est bien loin le temps où le scientifique essayait juste de faire avancer le monde en toute impartialité. Les scientifiques sont devenus des tartuffes suffisants qui n'hésitent pas à mentir (Climate gate) et à discréditer des collègues, juste par ambition et par fierté personnelle. Et ceux comme Terrien et moi qui cherchent à comprendre, à identifier la vérité, ils restent sur leur faim.

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    1. « Je ne peux que constater que Terrien a raison »

      Vous êtes libre de vos opinions.

      « Au lieu de participer à un débat d'idées en apportant des arguments de fonds »

      Euh, avez-vous vraiment lu ce billet ? J'en doute, ou alors vous n'avez vraiment rien compris.

      « à essayer de nous informer sur le changement de climat »

      Permettez-moi de douter fortement de votre volonté réelle de vous informer, le reste de votre commentaire tend à me le prouver.

      « tartuffes suffisants qui n'hésitent pas à mentir (Climate gate) et à discréditer des collègues »

      Voilà ce qui tend à me prouver que votre volonté de vous informer n'est que très superficielle.

      « ceux comme Terrien et moi qui cherchent à comprendre, à identifier la vérité, ils restent sur leur faim. »

      Ou leur soif, et il est bien connu qu'on ne peut pas forcer un âne à boire s'il n'a pas soif.

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