dimanche 30 juillet 2017

Trenberth récompensé

Alors que certains charlots s'amusent à élire des "champions" afin de dénigrer les politiques de lutte contre le réchauffement climatique, l'AGU (American Geophysical Union) vient de décerner, pour l'année 2017, la médaille Roger Revelle au docteur Kevin Trenberth.

Je connais certains des récipiendaires de cette médaille, par exemple :
  • en 2007 : Richard B Alley
  • en 2003 : Jean Jouzel
  • en 2001 : James Hansen
  • en 1993 : Syukuro Manabe
Les autres noms me sont inconnus ou me rappellent vaguement quelque chose, mais ce qui est sûr c'est que ne figurent pas dans la liste des personnalités comme Richard Lindzen, Roy Spencer ou John Christy (sans parler de Courtillot ou Allègre ou Gervais...) dont les travaux ont été réfutés par...Kevin Trenberth !


vendredi 28 juillet 2017

Les gorges du Verdon - le sentier Blanc-Martel

Il y a de ces concours de circonstances assez étranges quand on y pense...

Dans les années 1980, il y a plus de trente ans, j'étais venu faire de l'escalade dans les gorges du Verdon ; cette semaine de juillet 2017 j'étais avec ma fille dans les mêmes lieux afin de découvrir avec elle le sentier Blanc-Martel dont à l'époque j'ignorais jusqu'à l'existence (l'escalade et la randonnée sont deux mondes différents...)

J'avais emporté avec moi mon GPS, non pour m'orienter dans le canyon, c'est totalement inutile tellement le chemin est bien balisé, mais pour avoir une trace du parcours et pouvoir regarder l'itinéraire chez moi à mon retour, sur l'ordinateur.

Voici donc ce que cela donne, tout d'abord avec une vue d'ensemble englobant le lac de Sainte-Croix, et les caractéristiques altitude/distance parcourue/vitesse sélectionnées :


Ensuite avec une vue plus centrale et les caractéristiques altitude/temps passé/vitesse :


A ce stade on remarquera plusieurs choses :
  • le GPS indique un trajet trop au nord du sentier réellement parcouru, et cela dès le départ du chalet de la Maline (c'est surtout visible quand on zoome au maximum) ;
  • l'altitude est fantaisiste, à aucun  moment on ne dépasse les 900 mètres, le chalet de la Maline étant situé à 893m et le Point Sublime à 870m ;
  • la vitesse est également fantaisiste, avec une pointe enregistrée à...plus de 120km/h !
  • le GPS n'aime pas les tunnels, mais ça on peut s'en douter, par contre on ne comprend pas très bien pourquoi ces tunnels lui font faire un détour sur la gauche en montant...la falaise de l'Escalès !

Et c'est pour cela que j'ai dit en introduction : « Il y a de ces concours de circonstances assez étranges quand on y pense...»

En effet, le GPS mentionne quasiment, à quelques dizaines de mètres près, l'itinéraire de la voie mythique de La Demande que j'avais parcourue avec un copain plus de trente ans auparavant !

Pour me convaincre que je n'ai pas rêvé voici le tracé tiré d'un site dédié à l'escalade :

Source : monts-et-cimes
Le tracé du GPS passe en fait à la droite du grand surplomb, une voie qui semble beaucoup plus difficile.

Pour info il avait fallu descendre en rappels par les dalles grises proches du lacet de la route des crêtes, et je me souviendrai jusqu'à mes derniers jours de la fin de l'avant-dernier rappel quand je me suis retrouvé à 5 ou 6 mètres trop à gauche du relais, en fil d'araignée avec 30 mètres de vide sous mes pieds et pas grand chose de corde restant sous mon descendeur...

Enfin dernière remarque concernant mon GPS, comme il s'est éteint à la sortie du tunnel du Baou il m'a fallu le rallumer, ce qui explique le saucissonnage du parcours, avec une deuxième partie finissant au parking du Point Sublime, étrangement en phase avec la réalité, si l'on excepte les errements du début avec cette étrange "pique" sur la droite en direction du canyon (je jure que je suis bien resté sur la route !)  :


Pour résumer notre balade :
  • temps total écoulé : 5 heures et 20 minutes (de 8h55 à 14h14)
  • distance parcourue : 21 kilomètres (19,33 + 1,94) en tenant compte du détour par La Mescla
A comparer avec les informations données au départ du trajet :


La distance est en fait plus proche des 14 ou 15 km, le GPS rallonge donc grandement le parcours ; quant à la durée, 6h30 est un temps correct qu'il vaut mieux respecter, pauses comprises, afin de profiter au mieux de la balade (j'ai terminé trop vite, déshydraté et avec des crampes dans la montée finale au Point Sublime, donc y aller cool et boire suffisamment)

Et maintenant la balade elle-même en quelques photos commentées.


La plaque commémorative des cent ans de la première exploration intégrale du canyon réalisée par Edouard-Alfred Martel, le fondateur de la spéléologie moderne, aidé de l'instituteur local Isidore Blanc.

Le chalet de la Maline depuis les premiers lacets du sentier Blanc-Martel.

Le Pas d'Issane.

Vue sur l'amont des gorges (le sentier reste toujours rive droite)

Un des quelques passages à franchir à l'aide de mains courantes.

L'éboulis de Guègues tellement bien aménagé qu'on se demande pourquoi ils n'ont pas mis un ascenseur....
A noter qu'au-dessus de cet éboulis part un tunnel long de 1196 mètres qui permet d'éviter les échelles de la brèche Imbert.

Vue sur l'amont dans un passage particulièrement boisé.

La Baume-aux-Bœufs.

Toujours vers l'amont, et toujours beaucoup de végétation, en approchant de La Mescla.

La Mescla, où se noya, parait-il en 1928, un certain abbé Pascal.

En levant la tête on peut voir, 200 mètres plus haut, le Belvédère de la Mescla, sur l'éperon de gauche.

Un panneau annonce les échelles de la Brèche Imbert, qui sont en fait un escalier très, très raide...

Aperçu des gorges depuis le petit belvédère situé en haut des "échelles".

Le début de la descente, le Verdon coulant tout en bas dans le fond.
  •  Les anciennes échelles ont été entièrement démontées et reconstruites entre septembre 2012 et mars 2013 par le Conseil général des Alpes de Haute-Provence. Désormais, des paliers jalonnent la brèche pour justement permettre le croisement des randonneurs. De plus, la pente a été diminuée, avec désormais 274 marches contre un peu plus de 220 précédemment. La ligne architecturale en acier corrodé a été conservée dans l'esprit des anciens aménagements. Les nouvelles échelles sont complétement intégrées dans la brèche et ne sont pas saillantes conformément aux souhaits de l'architecte des bâtiments de France. C'est plus globalement l'intégralité du sentier Blanc Martel qui a été réhabilité, soit 1.5 M€ de travaux. Un soin particulier a été apporté pour l'intégration paysagère des aménagements (murets en pierres du Verdon, marches, mains courantes en acier corrodé... (source refuges.info)

La Baume-aux-Hirondelles.

La Baume-aux-Chiens.

Une plage de galets dans le défilé des Baumes-Fères, l'endroit idéal pour se reposer, se rafraichir et casser la croute.

La falaise de l'Escalès.

Le départ du tunnel de Trescaïre, le plus court et rectiligne des deux.

Dans le tunnel du Baou, depuis la Baume-aux-Pigeons on peut admirer les impressionnantes falaises de la rive gauche.

Depuis le Point Sublime on aperçoit, en regardant vers l'aval, la sortie des gorges avec le parking aménagé pour les touristes et les pratiquants du canyoning.

Depuis le Point Sublime la vue porte également vers l'amont beaucoup plus tranquille.




samedi 22 juillet 2017

Un nouveau clown fait son entrée en fanfare dans le cirque Skyfall !

Parfois on se pince pour y croire, mais c'est bien la réalité, dans le tout nouveau bulletin des climato-irréalistes un commentateur avisé informe la communauté skyfalleuse d'une "interview" (déguisée en conférence à l'attention de quelques têtes blondes qu'il convient certainement d'éduquer) :
  • 4.  Philippe | 21/07/2017 @ 22:53  Avez-vous vu l’interview d’Etienne Vernaz, illustrée de nombreux documents scientifiques qui démonte les affirmations du discours ambiant sur la question ? Etienne Vernaz est un ancien directeur de recherches au Commissariat à l’Energie Atomique, professeur à l’INSTN, ingénieur INSA, spécialiste reconnu des déchets nucléaires et lauréat du prix CEA 1979. C’est là : https://www.youtube.com/watch?v=azpTPUA8jE0&feature=youtu.be

Alors je suis allé voir cette fameuse vidéo.

Et quasiment dès le début, ce magnifique graphique issu du tout premier rapport du GIEC, encore appelé la courbe de Lamb :


Et pour "illustrer" la période chaude appelée l'optimum climatique médiéval voici tout ce que notre pitre de service, le très croyant Etienne Vernaz, trouve à dire :
  • à 3:28 : [...] lorsque les vikings ont colonisé le Groenland, ça voulait dire la terre verte, parce qu'il n'y a pas de neige, c'était juste une terre verte pleine d'arbres [...] pendant plusieurs siècles il faisait beaucoup plus chaud qu'aujourd'hui et il n'y avait pas de glace au Groenland [...]
Est-ce vraiment la peine de continuer ?

Ah si, un détail tout de même, cette "conférence" est placée sous le patronage du Saint des climatosceptiques (dont le nom m'échappe à l'instant) :

 

Oui, oui, vous avez bien lu, Bible & Science, on comprend mieux maintenant...

Je vous fais grâce (Marie mère de etc.) du reste de la "conférence", tout n'est même pas faux dans ce que raconte ce sympathique retraité adorateur de l'atome qui l'a bien fait vivre durant toute sa carrière, mais quand on a assisté à un départ aussi calamiteux on ne peut plus que douter du sérieux de l'individu, et même ce qui parait juste au premier abord est susceptible de laisser quelque peu perplexe.

Et pour finir vous voulez rire ?
  • à 43:10 : [...] j'ai l'impression que Dieu se rit de nos prédictions, que lui il peut régler ce qu'il veut, et qu'il y a une notion de bénédiction malédiction dont la Bible parle [...]
A rapprocher du commentaire d'une adoratrice :
  • Geraldine Claise : Fabuleux... enfin un discours intelligent et facilement compréhensible... Qui en dit long sur les saloperies des islamo gauchistes mondialistes ... Toujours ce besoin des exploiteurs de la bêtise humaine de créer de nouvelles religions dont ils deviendraient les gourous pour se faire du fric sur le dos des gogos...
Ben oui, quel besoin de créer une nouvelle religion quand on en a déjà une bien belle, hein ?


lundi 17 juillet 2017

Le port de Vénasque depuis l'Hospice de France (et accessoirememnt leçon sur le réchauffement climatique)

En ce lendemain de fête nationale nous optâmes pour une randonnée classique, facile et promettant de splendides paysages.

Ce samedi ce fut donc la montée au port (ou col) de Venasque à partir de l'Hospice de France où un parking aux proportions inhabituelles pour un départ de course ne suffit pourtant pas à satisfaire les  besoins des nombreux randonneurs attirés par les lieux ; nous dûmes en fait nous garer un peu en contrebas en revenant sur Luchon, sur le bas-côté de la route où d'autres véhicules sont d'ailleurs venus nous rejoindre par la suite.

Il faut dire que la proximité de Luchon ainsi que la facilité de la balade, alliées à la beauté du panorama qui sera la récompense de la rude montée, tout cela favorise l'affluence et fait le succès de cet itinéraire.

J'ai dit que la balade était "facile" mais j'ai aussi évoqué une "rude" montée ; en effet, la montée au port ne présente aucune difficulté particulière, le chemin est tellement bien tracé qu'il est impossible de se perdre et la carte n'est d'aucune utilité pour trouver son chemin (on l'emportera quand même pour se situer et pouvoir nommer les différents sommets ou points remarquables rencontrés)

Cependant, il n'empêche qu'il faut grimper de mille mètres avec quasiment aucun endroit pour se reposer : seuls le départ et le long des lacs juste après le refuge du CAF permettent de progresser avec aisance sans avoir à forcer, par contre pour le reste du parcours il va falloir "appuyer sur les pédales" et maintenir son effort, avec de temps en temps une courte halte pour reprendre son souffle si nécessaire (on n'est pas là non plus pour se faire mal, hein !)

Pour donner une petite idée voici quelques prises de vues, tout d'abord avant de franchir le torrent (on distingue l'Hospice, à 1385m d'altitude) :


Ensuite après être passés rive droite (l'Hospice est toujours visible)  :


Mais une première récompense nous est accordée avec l'arrivée au refuge du CAF et la vue sur les Boums (boum = lac profond, à rapprocher de l'aragonais ibon désignant un lac d'origine glaciaire) du Port ; tout d'abord, juste après le refuge, une sente nous permet de rester en contact avec le plus grand des trois lacs en passant juste au-dessus de lui :

Un peu plus loin on surplombe l'ensemble des trois lacs qui se présentent au regard en enfilade (remarquez la sente empruntée à l'aller au-dessus du grand lac, au retour il vaudra mieux l'éviter et prendre le chemin "normal" qui part sur la droite et rejoint le refuge caché derrière la croupe herbeuse) :

Encore plus loin et plus haut le sentier se fait bien plus raide, les lacets s'enchainant serrés, et l'on peut voir le col de la Montagnette qui donne accès au lac du même nom :


Et peu après vient la récompense ultime, l'arrivée "à bon port" (le port de Vénasque, à 2444m) avec la sublime vue sur...le massif de la Maladeta, avec en son centre le pic...de la Maladeta (3312m) !


Mais le seigneur des lieux n'est pas celui qui a donné son nom au massif dans lequel se situe, à l'extrême gauche, le pic d'Aneto, point culminant des Pyrénées, à 3404m d'altitude :


Sommet qu'il vaut mieux attaquer, étant donnée son altitude (1km au-dessus de nos têtes...) et la longueur du parcours, depuis le refuge de la Rencluse à 2140m d'altitude, que l'on aperçoit au loin, pris ici au téléobjectif à puissance maximale :


Maintenant venons-en à la leçon sur le réchauffement climatique promise par le titre de ce billet.

Regardez bien la photo du massif de la Maladeta ci-dessus, celle qui précède la vue sur le pic d'Aneto.

Vous remarquerez aisément ce qui est considéré comme le plus grand système glaciaire des Pyrénées, mais qui dans ma mémoire était bien plus étendu, 30 ans plus tôt, quand je venais ici pour y gravir l'Aneto avec mes skis de randonnée depuis la Rencluse...

Mais comme la mémoire nous joue souvent des tours j'ai voulu en avoir le cœur net et j'ai cherché de la documentation avec si possible des photos du massif "d'avant" prises à la même période ou un peu plus tard dans la saison, mais avant les chutes de neige de la fin de l'automne.

Tout d'abord, en consultant wikipedia, je tombe sur ceci :
  • Au cours des dernières décennies, la rapidité de la fonte a donc considérablement augmenté : la surface des glaciers pyrénéens s'est trouvée réduite de plus de moitié entre 1990 et 2007[5]. En outre, leur épaisseur diminue rapidement : d'1,5 mètre par an pour le glacier d'Ossoue, de presque 2 mètres en 2006 pour le glacier de la Maladeta[6]. Au cours des 9 dernières années, ces deux glaciers ont perdu respectivement 13 et 10 m d'épaisseur.
  • Si l'évolution actuelle se poursuit au même rythme, la disparition totale des glaciers des Pyrénées est prévue entre 2050 et 2070 selon les hypothèses. Avec la fonte des neiges éternelles et glaciers de la Cordillère Cantabrique, de la Sierra Nevada et du Système central au cours des siècles passés, l'Espagne serait ainsi libre de glace
Je trouve dans le même article de wikipedia une photo du glacier de la Maladeta le 15 juillet 2006 (soit exactement 11 ans avant la mienne ci-dessus !) et une autre du glacier de l'Aneto en novembre, donc à prendre avec des pincettes car des chutes de neige précoces ont "blanchi" le glacier, le faisant paraître plus étendu qu'en réalité... Voici ces photos :

Glacier de la Maladeta le 15 juillet 2006

Glacier de l'Aneto en novembre (xxxx?)

Ces deux photos ne sont pas de très bonne qualité et s'avèrent peu concluantes, même si pour le glacier de la Maladeta il semblerait qu'en 2017 on voie un peu plus de roche au milieu du blanc...

Alors cherchons un peu ailleurs.

En fait il s'avère extrêmement compliqué de trouver des photos prises sous le même angle que le mien et à une période de l'année comparable afin de ne pas fausser les comparaisons ; je pourrais montrer des photos prises en hiver ou au début du printemps quand la couverture neigeuse est à son maximum, mais est-ce que cela "prouverait" quoi que ce soit ? Bien sûr que non !

Je suis quand même tombé sur ceci :

source : randonneepyrenees
Ainsi que sur ceci en provenance du site Suisse swisseduc :

Recession of Glaciar de la Maladeta Oriental and Glaciar de la Maladeta Occidental between 1985 and 2011.

La photo de 1985 ressemble effectivement un peu plus à ce que j'avais gardé en mémoire, et on peut assez clairement constater non seulement une diminution en surface mais surtout en épaisseur ; regardez par exemple la crête située complètement à gauche des deux photos, en 1985 le glacier arrivait presque à sa hauteur et descendait bien plus bas, jusqu'au niveau du ressaut complètement à gauche, alors qu'en 2011...

Par ailleurs le site Suisse nous explique :
  • This glacier is located on the north side of Pico de Maladeta (3308m). The split in two glaciers occurred Between 1990 and 1993 the two lobes split, thus creating a larger Glaciar de la Maladeta Oriental and a much smaller Glaciar de la Maladeta Occidental.
Donc entre 1990 et 1993, période où mon activité de ski de randonnée était quasiment achevée, le grand glacier de la Maladeta s'est partagé en deux plus petits glaciers nommés occidental (celui de droite) pour l'un et oriental (celui de gauche) pour l'autre.

Vous avez peut-être remarqué qu'une photo comportait la source de l'Association Moraine, dont l'objectif est le suivant, mentionné sur sa page d'accueil :
  • A l’aube du 21ème siècle, les glaciers des Pyrénées françaises souffraient d’une méconnaissance importante (effectifs, localisations, caractéristiques). En effet, ils n’avaient pas connu d’observations d’ensemble depuis la fin des années 1980. Tandis que sur le versant espagnol, ils font l’objet d’un suivi annuel régulier et l’on connaît précisément leurs évolutions.
  • Créée en 2001, L’association « Moraine » est l’Observatoire des Glaciers des Pyrénées françaises. Elle a donc pour objectif de suivre annuellement leur évolution (longueur, surface, volume). Une collaboration étroite avec les glaciologues espagnols permet d’avoir des informations complètes à l’échelle de la chaîne. De plus, l’objectif est de diffuser largement les connaissances sur le sujet grâce à différents moyens de communication (internet, conférences, livre, exposition, médias).
Dans l'onglet dédié aux glaciers des Pyrénées, en suivant le lien concernant leur évolution récente on peut lire ce qui suit :
  • De 1550 à 1850, on note une période de « mini glaciation » appelée Petit Age Glaciaire correspondant à un faible refroidissement du climat de la Terre. Celui-ci entraîna une avancée des glaciers des Pyrénées comme ceux des Alpes et des autres massifs englacés de la planète. Les moraines frontales et latérales « fraîches » présentes en aval des glaciers actuels sont les témoins de cette période.
  • Depuis la fin de cette période de refroidissement, c’est un retrait généralisé qui est observé, conséquence d’un réchauffement du climat. Cependant, le recul a été entrecoupé de périodes de stagnation des fronts glaciaires parfois même de mini avancées. Les principales se seraient produites dans les années 1890, 1920, 1945 et 1970
Et le site nous donne la chronologie de l'évolution des glaciers pyrénéens depuis 1850 ; ainsi en 1850 la superficie totale des glaciers pyrénéens était de 23km2, soit 2300 hectares ; en 1950 elle n'était plus que de 12,8km2, et en 2011 de 3 malheureux km2.

Et le site fournit deux photographies du glacier de la Maladeta, l'une prise en 1857, déjà vue plus haut mais qu'il est bon de remontrer, l'autre en 2010 ; les voici :

En 1857.


En 2010.
A priori celle de 2007 et celle de 2010 semblent identiques, mais en y regardant de plus près on peut s'amuser au jeu des sept différences et s'apercevoir qu'en 2010 quelques portions glacées ont bel et bien disparu, par exemple celle encadrée ci-dessous dans la photo de 2010 :


Alors à moins que les responsables de l'Association Moraine se soient amusés à photoshopper l'une des deux photos, on ne peut que conclure qu'en l'espace de 3 ans seulement ce glacier a perdu une importante partie de sa surface ; à noter cependant qu'en regardant très attentivement on voit quelques zones où l'on trouve un peu plus de blanc en 2010 qu'en 2007, ce qui veut peut-être tout simplement dire qu'un glacier est quelque chose de complexe et qu'il n'évolue pas partout de la même façon ; il faut aussi rajouter qu'un glacier est toujours en mouvement et que toutes ses parties ne sont pas censées évoluer exactement de la même manière, ce qui compte étant la situation générale et la tendance de fond que le site nous dévoile ainsi :

Evolution de la surface englacée totale (chaine pyrénéenne)
Ainsi en 2050 il ne devrait plus rester grand chose des glaciers pyrénéens... Et si l'on examine la courbe de près, on s'aperçoit qu'elle a tendance à piquer du nez depuis la fin du siècle dernier, donc la fin des glaciers pyrénéens est peut-être pour plus tôt que ce que laisse entrevoir ce graphique somme toute assez optimiste !

Mais ce qui est vraiment impressionnant c'est quand on regarde l'évolution depuis la fin du petit âge glaciaire, c'est-à-dire le milieu du 19ème siècle, on peut constater l'étendue des dégâts en consultant l'étude de Pierre René intitulée Régression des glaciers pyrénéens et transformation du paysage depuis le Petit Âge Glaciaire dans laquelle on peut voir ceci concernant le glacier de l'Aneto :

Fig. 6 – Vue aérienne oblique du glacier d’Aneto (Aragon, Espagne)

L'année 1850 devait être le paradis des skieurs de randonnée, avec une absence quasi totale de portage à partir du fond de la vallée en hiver et au printemps, le pied quoi !

Mais certains (pseudo)sceptiques affirment que le réchauffement climatique anthropique (RCA) n'est absolument pour rien dans le retrait des glaciers, celui-ci étant seulement dû à la fin du petit âge glaciaire (PAG, LIA in English) et au réchauffement "naturel" qui se serait ensuivi, cependant le graphique suivant tiré de l'étude de Pierre René est assez éloquent :

Fig. 7 – Évolution de la surface du glacier d’Aneto (Aragon) depuis 1850.

Il y a beaucoup de "points blancs" dus à un manque flagrant d'informations pour certaines périodes, mais Pierre René nous dit :
  • Nous avons peu de données concernant son évolution au cours de la deuxième moitié du xixe et la première partie du xxe siècle, mais durant cette période le glacier a dû subir une évolution en marches d’escalier (fig. 7). On retrouve ensuite un état assez semblable aux environs de 1950 et de 1980. Puis, il s’en suit la forte régression des décennies 1990 et 2000. Le glacier est passé sous la barre symbolique des 100 ha (1 km²) sans doute en 1995 (fig. 8).

Et pour faire le lien avec ma photo (beaucoup) plus haut dans laquelle on voit l'ensemble des deux glaciers de l'Aneto et de la Maladeta, voici l'évolution du premier cité :

Fig. 8 – Vue aérienne oblique du glacier d’Aneto (Aragon) et variation de sa surface.
Evidemment sur ma photo le glacier parait encore plus réduit car celui-ci est vu de biais, alors que la figure 8 nous le montre de face, dans toute son étendue.


Mais revenons à la sortie de samedi au Port de Vénasque avec les données issues de mon GPS.

Tout d'abord une vue de l'itinéraire (un simple aller-retour) en privilégiant la partie occidentale de la zone :


On aperçoit le lac de la Montagnette, au centre de la photo, entièrement libre de glaces, alors que les boums du Port ne laissent apparaître qu'une toute petite partie "en eau", ce qui est assez étonnant quand on sait que le premier lac se situe à 2332m alors que les boums culminent à 2250m (altitude du refuge du CAF) ; il faut croire que l'exposition au soleil n'est pas la même, par ailleurs la hauteur d'eau doit aussi jouer un rôle important, la Montagnette étant certainement moins profond que les boums (les photos ont été probablement prises par Google au printemps, lors du dégel des lacs)

Voici une vue plus large englobant une grande partie de la chaine espagnole, avec notamment le massif de la Maladeta, au sud de notre itinéraire, avec l'immense lac de Cregüeña, et à l'ouest le massif des Posets, deuxième sommet pyrénéen en altitude avec ses 3375m, les deux massifs étant séparés par la vallée de Bénasque, ou Valle de Benasque en espagnol (le v se prononçant b on prononce Bayé dé Bénasqué avec l'accent tonique sur ba et sur nas)


En s'élevant encore davantage en altitude on peut aller du Monte Perdido (troisième sommet pyrénéen avec ses 3355m) à l'ouest jusqu'aux Encantats (Les Enchantées en français, montagne catalane truffée de lacs) à l'est :


Cette vue montre clairement que, comme le disait Michel Sébastien, décédé en septembre 2016, les Pyrénées sont en Espagne ! (dans Sommets pyrénéens, page 10, « Les hasards de l'histoire ont fait que "les Pyrénées sont en Espagne". Effectivement, les grands massifs se rencontrent tous au sud [...] »)

Pour résumer, la balade nous a pris un peu plus de 6 heures aller-retour, avec une pause confortable de trois-quarts d'heure au col pour avoir le temps de se restaurer et de bien profiter de la vue sur le massif de la Maladeta (la maudite...) et écoutant les espagnols (surtout les espagnoles) jacasser sans arrêt sur quantité de sujets divers n'ayant aucun rapport avec la montagne ; il y avait aussi ce samedi un groupe de bretons emmené par un des leurs qui paraissait incollable sur tous les sommets composant la chaine de la Maladeta (et ils sont nombreux...)

La distance totale est de 15 kilomètres environ avec une dénivelée positive de mille mètres.

On remarquera que le GPS Backtrack D-Tour a encore fait des siennes avec des pointes de vitesse (en montée...) à près de 18km/h !

Mais il faut dire qu'avec un peu d'entrainement...


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Pour aller plus loin sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur les glaciers pyrénéens :