dimanche 30 septembre 2018

Selon Frédéric Decker l'Antarctique fondrait à cause de ses volcans. Sérieusement ?


La lecture de Skyfall est toujours enrichissante, mais pas dans le sens où l'entendrait un de ses adeptes inconditionnels.

Ainsi dans le dernier bulletin climato-irréaliste l'inénarrable Fred Decker informe la population de ses prodigieuses découvertes :
51. Fred Decker | 28/09/2018 @ 8:51
Salut à tous,
Je vous invite à lire ma dernière étude sur l’évolution climatique des dernières décennies dans l’Arctique et l’Antarctique : http://www.lameteo.org/index.p.....surchauffe
Bonne lecture
On remarquera l'émoti-con sensé montrer le caractère éminemment scientifique, et donc sérieux, du commentaire de l'intéressé.

Comme on s'en serait douté si l'ami Frédo se fend d'un article sur le site lameteo, et en fait bien entendu profiter tous ses copains skyfalleux, c'est uniquement pour montrer que s'il y a fonte des calottes glaciaires ce n'est aucunement par la faute du réchauffement climatique, puisque celui-ci n'existe pas, mais parce que les volcans en sont l'unique cause :
Moyennée sur six stations, l'Antarctique a connu un réchauffement de 1,0°C des années 60 aux années 90, avant de reperdre 0,4°C depuis. On constate malgré toute (sic) une fonte accrue, mais surtout au niveau de la péninsule la plus septentrionale, et d'autre part à cause d'une activité volcanique sous-glaciaire découverte tout récemment. Une fonte davantage due à la géologie qu'au réchauffement climatique !
Voilà c'est dit, la fonte est due à la géologie mon bon monsieur, en vérité les volcans ont attendu que l'homme commence à s'intéresser au réchauffement climatique pour se réveiller afin de les induire en erreur et les faire douter, car il est bien établi, n'est-ce pas, qu'avant la création du GIEC il n'y avait aucune activité volcanique sous les glaciers de l'Antarctique, hein !

Alors voyons un peu ce que nous dit cette étude ayant montré « une activité volcanique sous-glaciaire découverte tout récemment » selon les propos de Freddy la friture.

Je pense qu'il s'agit de cette étude parue dans Nature en juin 2018 (difficile de faire plus récent, si vous trouvez merci de me le dire) et intitulée Evidence of an active volcanic heat source beneath the Pine Island Glacier, soit Preuve d'une source de chaleur volcanique active sous le glacier de l'île du Pin en bon français.

J'en ai extrait quelques passages dont je me suis permis de souligner ce qui me paraissait le plus important que j'ai également traduit en français afin d'en faire profiter tout le monde (je suis très partageur)
Presently,the greatest contributor to ice shelf instability around Antarctica appears to be an increase in ocean heat supply to the cavities of Antarctic ice shelves19. Circumpolar Deep Water (CDW) is the primary heat source for melting glacial ice and its increased presence on the Amundsen Sea continental shelf has been implicated in the rapid melting and grounding line retreat observed beneath the Pine Island Glacier19,20,21 and in the atmospheric warming along the western Antarctic Peninsula22. The ocean–atmosphere mechanisms that draw more CDW onto Antarctic continental shelves are challenging to characterize and remain poorly understood23, although the concentration and distribution of CDW and its year-to-year variations have revealed connections to climatic changes in the regional winds21,24.
L’eau profonde circumpolaire (CDW) est la principale source de chaleur pour la fonte des glaces et sa présence accrue sur le plateau continental de la mer Amundsen a été impliquée dans la fonte et le retrait rapides observés sous le glacier du Pin ainsi que dans le réchauffement de l'atmosphère le long de la Péninsule antarctique ouest.
Based on the observed 3He excesses, the mantle-derived heat at the front of the ice shelf cavity is 32 ± 12 J kg−1 of seawater. This excess heat is small compared to the heat content of CDW20 (ca. 12 kJ kg−1), demonstrating that volcanic heat does not contribute significantly to the glacial melt observed in the ocean at the front of the ice shelf. This interpreation is consistent with our understanding of melt dynamics beneath the Pine Island Ice Shelf - that most of the basal melt occurs within the cavity, as a result of ocean heat supply20.
Cet excès de chaleur est faible comparé à la teneur en chaleur de l'eau profonde circumpolaire (CDW) démontrant que la chaleur volcanique ne contribue pas de manière significative à la fonte glaciaire observée dans l'océan à l'avant de la plateforme de glace côtière.
[…] we note that the adjacent Thwaites Glacier proved largely insensitive to the presence of a mantle heat source. Basal friction is high beneath the Thwaites Glacier leading to significant basal heat production and the additional heat from a mantle plume did not drastically alter the ice stream velocity58.
le glacier Thwaites adjacent s'est avéré largement insensible à la présence d'une source de chaleur du manteau.

Je pense que cela se passe de commentaires additionnels, cependant je vous donne en bonus les références notées dans les passages relevés :

Le site futura-sciences fait un compte-rendu de cette étude d'une manière autrement plus objective que notre « présentateur météo qui se prend pour un expert en climatologie », on peut notamment lire :
[…] il existerait dans cette zone [du glacier de l'ile du Pin] une source de chaleur volcanique qui peut être qualifiée d'active, car 25 fois plus importante que ce que l'on pourrait attendre d'un volcan éteint. Et si l'on sait que l'inlandsis antarctique occidental repose sur un système volcanique, la dernière trace d'une activité remontait à quelque 2.200 ans.
Mais alors, cette source de chaleur explique-t-elle la fonte rapide de cette partie du plateau de glace ? Les chercheurs assurent que non. « De nombreuses preuves montrent que le réchauffement climatique cause la majeure partie de la fonte des glaces, explique Brice Loose, océanographe à l'université de Rhode Island (États-Unis). Il est trop tôt pour se prononcer quant à l'impact de cette source de chaleur, car nous ignorons encore sa distribution exacte. »
Il est cependant à noter que l'amincissement de la couche de glace dû au réchauffement climatique lève une partie de la pression exercée sur le manteau terrestre. Et augmente ainsi l'intensité de la chaleur volcanique qui s'échappe, réchauffant les eaux alentour.

Ainsi, de manière cocasse si l'on peut dire, c'est le réchauffement climatique qui pourrait être à l'origine de cette activité volcanique apparemment « soudaine », en allégeant le manteau terrestre par la fonte des glaces qu'il engendre ; à moins d'être un climatosceptique endurci comme Frédéric Decker, et en faisant l'effort de lire les études qui ne vont pas dans le sens qui nous convient, il parait assez évident que l'activité volcanique « a bon dos » et qu'il s'agit d'un coupable bien trop facile pour être vrai.


Le premier étang du Picot

Cela devient une habitude cette année, encore une fois nous ne parvenons pas à atteindre le but fixé, à savoir le principal étang du Picot, le troisième des quatre.

Vers les étangs du Picot, données GPS avec vue satellite.

Nous avons dépassé le premier, le plus petit, mais avons abandonné face au mur qui se présentait à nous avant d'arriver au deuxième.

A notre décharge nos dix jours en Corse ont laissé des traces dans nos organismes, surtout celui de mon épouse qui a commencé à souffrir du dos dans la montée, très raide, qui longe le vallon abrupt menant au premier étang. De plus les nuages qui commençaient à s'accumuler et même à descendre vers nous ont fini de nous convaincre qu'il valait mieux en rester là, le retour vers la voiture devant bien sûr s'effectuer par le même chemin « raidasse ».

Normalement nous possédions les capacités physiques pour affronter la rude pente du début, nous avions d'ailleurs, deux ans auparavant, été aux étangs de la Gardelle qui sont situés quasiment en face, de l'autre côté de la retenue de Soulcem, et je peux garantir que la montée aux Picot n'est pas plus dure, loin de là ! Mais quand les articulations ne suivent pas ou que les vertèbres se plaignent du traitement qu'on leur fait subir, on a beau avoir les jambes et le souffle, à un moment ça bloque ; on peut éventuellement décider de continuer malgré la souffrance (après tout il n'y a pas mort d'homme ou de femme) mais ce n'est pas notre philosophie, nous pratiquons la montagne pour nous faire plaisir, pas pour nous infliger une séance de masochisme.

Cependant la balade que nous avons effectuée est quand même intéressante si l'on n'a qu'une demi-journée à tuer, cette randonnée nous ayant demandé quatre petites heures de temps seulement :

Données GPS avec altitude, distance et température.

Données GPS avec altitude, durée et vitesse.

Comme on peut le constater la pause déjeuner, effectuée peu après le lac dans une petite dépression du terrain, a été plutôt courte, un vent frisquet soufflant sur nos corps trempés de sueur et des nuages venant cacher le soleil, nous dissuadant ainsi de faire une sieste réparatrice tout en contemplant la trace du sentier s'élevant quasi à la verticale devant nous pour atteindre le deuxième lac.

Bref une balade à refaire dans de meilleures conditions.

Carte IGN 2148 OTR - Vicdessos, Pique d'Estats et pic de Montcalm.


On commence par emprunter un chemin cimenté menant à une installation d'EDF.

En se retournant le barrage de Soulcem, de type poids, s'offre à la vue en avant-plan de la vallée menant aux étangs de la Gardelle, passant à gauche du pic de la Madelon facilement reconnaissable.

Au début le sentier vers les étangs du Picot est trompeur...

Après le pain blanc du sentier de départ en balcon au-dessus de la vallée du Vicdessos, il est temps de grignoter le pain noir des pentes rudes du vallon du Picot (le ruisseau) ; derrière nous le massif du Montcalm se cache au-delà des crêtes de la Pointe d'Argent (il me semble que c'est la Pique d'Estats qu'on aperçoit au loin à gauche, dans les nuages)

On s'élève lentement, la pente est vraiment raide, mais l'avantage c'est qu'on gagne assez rapidement en altitude (on se console comme on peut)

Au fond, commençant à être mangé par les nuages, le massif du Bassiès.

Nous passons à côté des orris du Picot mentionnés sur la carte IGN (on se demande où ils sont allés chercher les pierres pour les bâtir…)

Enfin le premier étang s'offre à nous et nous en met plein la vue (avec l'aide du soleil il faut dire)

Cet étang est petit mais joli.

En regardant en direction de la vallée on peut remarquer l'accumulation nuageuse en cours.

Peu après le premier étang il faut monter droit dans la pente pour arriver au deuxième.

Finalement c'est le retour qui est décidé, l'occasion de constater que les nuages sont encore plus nombreux qu'à l'aller.

Dans la descente nous ne pouvons déjà plus voir le massif du Bassiès entièrement englouti par les masses nuageuses.

La descente raide n'aura pas été si pénible que nous pouvions le craindre, nous y sommes allés mollo-mollo pour ménager nos montures (i.e. nous chevilles et nos genoux) et aujourd'hui dimanche nous n'en avons aucune séquelle.

Pour situer cette randonnée prenons un peu de hauteur :

Données satellite des environs.

On voit les villages d'Auzat et Vicdessos au nord-est et le Montcalm juste à l'ouest de la retenue de Soulcem au sud-est ; le grand lac à l'ouest est celui de Certescans et au nord de celui-ci on peut apercevoir la station de ski de Guzet-Neige, au bord de la carte ; les étangs de Bassiès sont visibles à l'ouest d'Auzat, et au sud-est des étangs s'étend l'impressionnante chaine qui va de la Pique Rouge de Bassiès jusqu'à la Pointe des Trois Comtes, à ne pas confondre avec le Pic des Trois Comtes.

Un paradis pour les randonneurs...aguerris !


vendredi 28 septembre 2018

L'évolution de l'Arctique depuis 1850

Mon billet Comment trafiquer un graphique ? a attiré le benêt habituel qui a décidé, une fois parmi d'autres, qu'il ne désirait pas comprendre ce qu'il lisait :
Re: Artique évolution

par troubaa Aujourd'hui à 17:26
c'est parce que c'est l'année record de l'hyper extension de l'arctique... Mais je vois que dans ce cas à la manipulation t'indiffère... tu veux bien dénoncer les manipulations que si elles ne vont pas dans ton sens idéologique sinon tu les acceptes bien volontiers.

jamais l’arctique n'a été aussi important qu'à cette date, d’ailleurs cela correspond à la fin du mini refroidissement des années (tu sais quand le consensus scientifique annonçait une glaciation du monde et un retour à une 3 ieme guerre mondiale du fait de la raréfaction des denrées alimentaires dues aux vagues de froids..)


quand tu comprendras que les comparatifs avec des dates de références bien souvent différentes n'est généralement pas du au hasard mais à un choix délibéré tu auras fait de grands progrès (surtout quand on te fait des courbes de projections. Le choix de la période de référence est primordiale.

(en espérant ne pas t'avoir donné un mal de crane..)

Le « record de l'hyper extension de l'arctique » est supposé être 1979 et le dénommé troubaa (du front) croit que j'ai choisi cette date pour « manipuler » mes lecteurs (ou les graphiques que je montre, mais c'est la même chose)

Il y a plusieurs choses qui ne vont pas bien dans ce commentaire (comme dans la tête de son auteur, mais c'est une autre histoire à confier à la psychiatrie, seule science capable de dire ce qui s'y passe) mais on va se limiter à seulement deux âneries afin que ce billet ne soit pas trop long.

Tout d'abord ce n'est évidemment pas moi qui ai choisi l'année 1979 comme date de départ afin de « manipuler » le graphique et mes lecteurs, c'est bien sûr Ron Clutz dans son billet Arctic Ice Made Simple où il reprend les données de la NOAA en les manipulant, lui, ainsi que démontré par Tamino.

Cette date n'est pas anodine et ne sort pas d'un chapeau, car 1979 est la première année de mesures effectuées par les satellites, tant au niveau des températures (de diverses couches de l'atmosphère, donc différentes des mesures à partir d'instruments plus fiables de la surface des terres et des océans) que de la surface des banquises (entre autres choses)

Donc en m'accusant de « manipulation » le nigaud troubaa se tire une balle dans le pied en accusant en réalité Ron Clutz, un climatosceptique siégeant dans le même camp que lui.

Mais il y a mieux, c'est quand troubaa prétend, bien entendu sans aucune justification, qu'en 1979 « jamais l’arctique n'a été aussi important qu'à cette date » ; on aimerait savoir d'où il sort cette fable, peut-être daignera-t-il fournir cette source dans un prochain commentaire dont il a le secret ? J'en doute, mais un miracle est toujours possible.

En ce qui me concerne je peux lui fournir plusieurs sources montrant l'évolution de l'Arctique depuis bien plus loin que 1979, avec Tamino qui a en fait écrit deux articles sur le sujet.

Le plus ancien date de 2010, intitulé History of Arctic (and Antarctic) Sea Ice, Part 1 il nous montre ce graphique :

progression of both the summer minimum extent, and the winter maximum extent, since 1870 (source Polyak et al. (2010))

Ce graphique est tiré de l'étude History of sea ice in the Arctic où l'on peut voir ces deux graphiques :

Fig. 2. (a) Maximal (winter) and minimal (summer) Arctic sea-ice extent time series,1870–2003 (from Kinnard et al., 2008). Smooth lines are robust spline functions that highlight low-frequency changes. Vertical dotted lines separate the three periods for which data sources changed fundamentally: earliest,1870–1952, observations of differing accuracy and availability; intermediate,1953–1971, generallyaccuratehemispheric observations; most recent,1972–2003, satelliteperiod, best accuracyand coverage. Shaded area highlights the period of summer ice extent observations shown in 2b. (b) Extent of Arctic sea ice (15% concentration) in September, 1979–2009 (National Snow and Ice Data Center, Boulder, Colorado). The 30-yr linear trend shows a decline of 11% per decade. Note different methods of ice area estimate in (a) and (b) resulting in slightly higher values in (a) (details in Kinnard et al., 2008).

Le graphique de gauche montre l'évolution des minima et des maxima depuis 1870 jusqu'en 2003 (l'étude date de 2009) avec une partie grisée qui représente la période 1979-2003 dont on voit le détail de la surface en septembre cette fois de 1979 jusqu'en 2009 (2100 est une erreur, il faut bien sûr lire 2010)


Dans son deuxième bille, intitulé It’s the Ice, Stupid, manifestement à l'attention de gens comme troubaa, cette fois-ci beaucoup plus récent puisque daté de 2016, Tamino nous montre ceci :

Ecarts à la normale en moyenne annuelles (de janvier à décembre)

Ce graphique provient des données brutes tirées d'une étude « Walsh and Chapman » :

Evolution de la surface de la banquise arctique depuis 1850.

On comprend que ce dernier graphique nécessite quelques retraitements afin d'être plus lisible, cependant on peut apercevoir une nette diminution de la surface entre 1850 et les années 2000, le maximum passant de presque 16 millions de km2 à quelques 15 millions (à vue de nez) et le minimum de 9 millions à près de 4 millions (il s'agit du creux de l'année 2012, la glace s'est reconstitué les années suivantes)

Et pour enfoncer le clou Tamino nous cite l'étude Reconstructed changes in Arctic sea ice over the past 1,450 years de novembre 2011 de laquelle il tire le graphique suivant :

Reconstruction de la banquise arctique depuis 1450 ans.
Le moins que l'on puisse dire est qu'on assiste à un véritable plongeon pendant le 20ème siècle, continuant bien sûr au 21ème et pas près de s'arrêter.

En regardant bien on remarque la timide reprise des années 1960s, bien visible sur le dernier graphe mais à peine notable sur celui juste au-dessus.

On remarquera bien évidement, et je dirais surtout, que l'évolution de la banquise arctique est comparable à celle des températures, mais en sens opposé, comme le reflet des falaises dans un lac de montagne ; nous voyons une courbe en crosse de hockey inversée, avec des hauts et des bas, bref en montagnes russes, mais avec une tendance que seuls les benêts n'arrivent pas à voir.

En parlant de benêt, que disait-il déjà ?
jamais l’arctique n'a été aussi important qu'à cette date

Troubaa ne s'inquiète pas de l'évolution de l'Arctique.

Mais ce n'est qu'un épisode de plus dans un long feuilleton, et je suis persuadé qu'il saura nous entretenir longtemps avec sa science infuse.

Et un petit dernier pour la route, hips !


jeudi 27 septembre 2018

Climactualités - septembre 2018



ENSO
Le 27/09/2018 : climate.gov/enso

Temperature, winds, and cloudiness across the tropical Pacific were mostly neutral in August 2018, but they gave hints that support model forecasts of a transition to El Niño by later this fall (50-55% chance) or winter (65-70% chance). Below the ocean surface, a wave of warm water was spreading eastward, boosted by periods of weak trade winds.

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GISS L-OTI anomalies de températures vs 1951-1980 
Le 27/09/2018 : data.giss.nasa.gov
Note: Gray areas signify missing data.
Note: Ocean data are not used over land nor within 100km of a reporting land station.

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Coral Reef Watch
Le 27/09/2018 : coralreefwatch.noaa.gov
NOAA Coral Reef Watch's most recent Four-Month Coral Bleaching Heat Stress Outlook is below. This figure shows the distribution of the lowest heat stress levels predicted by at least 60% of the model ensemble members. In other words, there is a 60% chance that the displayed heat stress levels will occur.

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Climate Prediction Center
Le 27/09/2018 : cpc.ncep.noaa.gov
Prévisions de tempêtes tropicales.

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Polar Science Center
Le 27/09/2018 : psc.apl.uw.edu
Average Arctic sea ice volume in August 2018 was 6200 km3. This value is the 6th lowest on record about 1200 km3 above the August record that was set in 2012 with ~5,000 km3 . Ice volume was 66% below the maximum in 1979 and 50% below the mean value for 1979-2017. August 2018 ice volume falls just a notch above the long term trend line.


Fig.1  Arctic sea ice volume anomaly from PIOMAS updated once a month. Daily Sea Ice volume anomalies for each day are computed relative to the 1979 to 2017 average for that day of the year. Tickmarks on time axis refer to 1st day of year. The trend for the period 1979- present  is shown in blue. Shaded areas show one and two standard deviations from the trend. Error bars indicate the uncertainty of the  monthly anomaly plotted once per year.

Fig. 2 Total Arctic sea ice volume from PIOMAS showing the volume of the mean annual cycle, and from 2010-2018. Shaded areas indicate one and two standard deviations from the mean.

Fig.3 Monthly Sea Ice Volume from PIOMAS for April and Sep.

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Arctic Data archive system (ADS)
Le 27/09/2018 : ads.nipr.ac.jp

Arctique.

Antarctique.



Historique des Climactualités (l'Arctique est mentionné en premier ; en bleu les valeurs minimales, en jaune les maximales)


Septembre 2018 : 4,68 + 18,01 = 22,69
Août 2018 : 4,8 + 17,7 = 22,5
Juillet 2018 : 6.67 + 16.44 = 23.11
Juin 2018 : 9.19 + 14.59 = 23.78
Mai 2018 : 11.02 + 10.65 = 21.67
Avril 2018 : 12.82 + 6.33 = 18.15
Mars 2018 : 13.87 + 3.50 = 17.37
Février 2018 : 13.68 + 2.31 = 15.99
Janvier 2018 : 12.68 + 3.46 = 16.14
Décembre 2017 : 11.76 + 7.13 = 18.89
Novembre 2017 : 10.07 + 13.25 = 23.32
Octobre 2017 : 7.82 + 17.27 = 25.09
Septembre 2017 : pas de stats

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Quelques idées de trucages de courbes à l'attention de Benoit Rittaud (je sais qu'il en fera bon usage)

L'évolution de l'homme en quatre dessins (pour changer du singe qui se redresse)
L'Histoire a tendance à se répéter (et non, l'homme n'apprend pas de ses erreurs)

Est-ce la télévision qui rend bête ? Ou bien…

La Terre verdit...mais la forêt recule dans le monde !

Dans mon précédent article sur Le verdissement étonnant de la Terre  je faisais référence au Grand Atlas 2019 des éditions Autrement, dans lequel un chapitre est consacré à la forêt qui recule dans le monde (pages 70-71)

Revenons sur les deux études que citait notre clown du jour, le dénommé Pat Michaels.

La première, intitulée Greening of the Earth and its drivers, soit en français le verdissement de la Terre et ses moteurs, est derrière un paywall et je n'ai accès qu'au résumé qui dit ceci :
Global environmental change is rapidly altering the dynamics of terrestrial vegetation, with consequences for the functioning of the Earth system and provision of ecosystem services. Yet how global vegetation is responding to the changing environment is not well established. Here we use three long-term satellite leaf area index (LAI) records and ten global ecosystem models to investigate four key drivers of LAI trends during 1982–2009. We show a persistent and widespread increase of growing season integrated LAI (greening) over 25% to 50% of the global vegetated area, whereas less than 4% of the globe shows decreasing LAI (browning). Factorial simulations with multiple global ecosystem models suggest that CO2 fertilization effects explain 70% of the observed greening trend, followed by nitrogen deposition (9%), climate change (8%) and land cover change (LCC) (4%). CO2 fertilization effects explain most of the greening trends in the tropics, whereas climate change resulted in greening of the high latitudes and the Tibetan Plateau. LCC contributed most to the regional greening observed in southeast China and the eastern United States. The regional effects of unexplained factors suggest that the next generation of ecosystem models will need to explore the impacts of forest demography, differences in regional management intensities for cropland and pastures, and other emerging productivity constraints such as phosphorus availability.
Les changements environnementaux mondiaux modifient rapidement la dynamique de la végétation terrestre, avec des conséquences sur le fonctionnement du système terrestre et la fourniture de services écosystémiques. Cependant, la façon dont la végétation mondiale réagit à l’environnement changeant n’est pas bien établie. Nous utilisons ici trois enregistrements à long terme de l'index de la surface des feuilles (LAI) du satellite et dix modèles écosystémiques mondiaux afin d'étudier quatre facteurs clés des tendances de la LAI en 1982–2009. Nous montrons une augmentation persistante et généralisée du LAI intégré (verdissement) pendant la saison de végétation de plus de 25% à 50% de la surface végétalisée mondiale, alors que moins de 4% du globe montre une diminution du LAI (brunissement). Des simulations factorielles avec plusieurs modèles écosystémiques mondiaux suggèrent que les effets de la fertilisation par le CO2 expliquent 70% de la tendance au verdissement observée, suivie des dépôts d’azote (9%), du changement climatique (8%) et du changement de la couverture terrestre (LCC) (4%). Les effets de la fertilisation par le CO2 expliquent la plupart des tendances écologiques dans les tropiques, alors que le changement climatique a entraîné un verdissement des hautes latitudes et du plateau tibétain. Le LCC a contribué le plus au verdissement régional observé dans le sud-est de la Chine et dans l'est des États-Unis. Les effets régionaux de facteurs inexpliqués suggèrent que la prochaine génération de modèles écosystémiques devra explorer les impacts de la démographie forestière, les différences d'intensité de gestion régionale pour les terres cultivées et les pâturages et d'autres contraintes de productivité émergentes telles que la disponibilité de phosphore.
Première remarque, et de taille, les chercheurs se sont essentiellement basés sur des MODELES, pas moins de 10 ! Quand on sait que les modèles climatiques sont dénigrés par les climatosceptiques dont fait partie Pat Michaels, il est cocasse de noter que quand ça les arrange ils savent faire appel à eux comme dans le cas présent.

Deuxième remarque, les chercheurs ont analysé le couvert végétal à partir de l'indice foliaire (le LAI), ce qui est intéressant mais n'est pas d'une précision extrême pour nous dire vraiment ce qui se passe sur le plancher des vaches ; ainsi ils ont trouvé que :
  • 70% du verdissement observé durant la période 1982-2009 est dû au CO2, sous-entendu le CO2 ajouté par les activités humaines ;
  • 8% est dû au changement climatique lui-même qui permet à des végétaux de prospérer à des latitudes et des altitudes plus hautes ;
  • globalement l'augmentation durant la période est comprise entre 25% et 50%, ce qui est assez étonnant comme marge d'incertitude (on va du simple au double…)
  • les forêts ne sont pas distinguées dans ce papier, elles doivent faire l'objet d'études ultérieures (The regional effects of unexplained factors suggest that the next generation of ecosystem models will need to explore the impacts of forest demography […])
Alors regardons ce que nous dit l'autre étude mentionnée par notre désinformateur Pat Michaels, celle issue du CNRS et intitulée Satellite Leaf Area Index: Global Scale Analysis of the Tendencies Per Vegetation Type Over the Last 17 Years, c'est-à-dire L'indice de surface des feuilles depuis le satellite : analyse à l'échelle mondiale des tendances par type de végétation au cours des 17 dernières années ; cette étude est en accès libre et nous pouvons voir ce graphique concernant les forêts :

Figure 7. Tendance du LAI-MC pour les feuillus, les conifères et les forêts à feuilles persistantes sur la période 1999-2015. Seules les tendances significatives (valeur p <0,01) sont représentées.

L'étude précise :
The highest global trend is found for coniferous forests
La tendance mondiale la plus élevée concerne les forêts de conifères
Ainsi ce sont les conifères qui participeraient le plus au verdissement de la planète, devant les cultures d'été (summer crops), alors que les cultures d'hiver (winter crops) et les prairies (grasslands) montreraient les plus petites tendances au verdissement.

Personnellement en regardant bien les différents graphiques je n'ai pas l'impression que le verdissement des feuillus (broadleaf forests) soit moindre que celui des cultures d'été, ils me semblent tous deux assez comparables, mais bon, passons.

Ce qui frappe quand on regarde ces cartes c'est la disparité régionale :
  • le verdissement a lieu essentiellement dans l'hémisphère nord, plus particulièrement en Europe du nord-est ainsi qu'en Amérique du nord pour les feuillus, dans les mêmes régions plus l'Asie du sud-est pour les conifères, mais les forêts persistantes progressent davantage, elles, dans la zone équatoriale et du tropique sud ;
  • les pertes concernent surtout l'Asie centrale pour les feuillus et les conifères, avec quelques zones impactées au Brésil, mais les pertes des forêts persistantes sont essentiellement concentrées sur ce pays.
Quand on lit l'étude on s'aperçoit que la situation est très complexe et difficile à résumer, et on peut notamment lire, concernant les forêts :
A very dense literature can be found on forest changes and their relation with climate. In particular, deforestation rates have been increasing in the tropics and decreasing in other regions. These changes in forest cover are mainly due to anthropogenic practices and to natural factors such as forest fires and extreme climate conditions.
Une littérature très dense peut être trouvée sur les changements forestiers et leur relation avec le climat. En particulier, les taux de déforestation ont augmenté dans les tropiques et ont diminué dans d’autres régions. Ces modifications du couvert forestier sont principalement dues à des pratiques anthropiques et à des facteurs naturels tels que les incendies de forêt et les conditions climatiques extrêmes.
Avec ça on est plus avancés…

Mais on notera cependant ce qui suit :
Changes in global and local forest cover significantly impacts the climate, with cooling or warming effects depending on the region. For instance, Lee, X. et al. reported that deforestation could lead to cooling effects in the Northern high latitudes and reversely to warming effects below 35° N.
Les modifications du couvert forestier mondial et local ont un impact significatif sur le climat, avec des effets de refroidissement ou de réchauffement selon la région. Par exemple, Lee, X. et al. ont indiqué que le déboisement pouvait avoir des effets de refroidissement dans les hautes latitudes nordiques et inversement, des effets de réchauffement au-dessous de 35 ° N.
Donc il y a bien un lien entre reboisement/déforestation et climat, mais c'est essentiellement celui-ci qui est impacté par le couvert végétal et son évolution, dans un sens ou dans l'autre selon la latitude ; ainsi les pratiques humaines sont bien à l'œuvre pour modifier la végétation et notamment les forêts, et cela a une incidence sur le climat par une sorte d'effet rebond (n'oublions pas que la végétation est un puits de carbone et que par ailleurs elle favorise le « rafraichissement » de l'atmosphère, les villes étant plus chaudes que les campagnes environnantes)

Et si les forêts européennes semblent bien se porter, ce n'est pas vraiment le cas de la forêt amazonienne dont on peut voir les stigmates de la déforestation sur cette carte :

Figure 14. (a) Tendances du LAI pour le type de végétation à feuilles persistantes du bassin amazonien et (b) carte des pixels déboisés de la couverture terrestre (LC) ESA-CCI. Les pixels déboisés de ESA-CCI LC sont des pixels avec la forêt en 2000 et non en 2015.

Ainsi, globalement, de cette étude on tire l'impression que les forêts se portent plutôt bien et que le solde verdissement/déforestation est positif, alors comment se fait-il que l'on parle de « recul de la forêt dans le monde » ?

C'est le moment de se tourner sur ce que nous dit le Grand Atlas 2019 à ce sujet.

L'article a été rédigé par trois chercheurs, pas moins ; les voici avec leurs références sur Google Scholar :
Donc pas vraiment des amateurs ni des scientifiques s'égarant en dehors de leur domaine de compétence comme on en trouve parfois (suivez mon regard)

Alors comment ces personnes sérieuses ont-elles pu en arriver à la conclusion que la forêt reculait dans le monde ?

Tout d'abord ce qui frappe dans leur article ce sont les deux cartes qui sont montrées, l'une représentant « l'espace amazonien » et l'autre « la déforestation dans le bassin du Congo », où l'on peut voir les zones, importantes dans les deux cas, touchées par la déforestation.

Quand on revient sur les cartes montrées dans l'étude du CNRS on constate effectivement que dans ces régions il y a pour les feuillus (broad leaf forests) des points bruns dénotant une déforestation certaine, confirmée pour l'Amazonie par la figure 14 ci-dessus ; pour les forêts persistantes c'est plus subtil, puisque seul le bassin amazonien est caractérisé par une perte avérée de végétation, alors que le bassin du Congo ne semble pas touché !

L'étude du CNRS dit bien :
In Africa and in Europe, all vegetation types are greening but at different rates.
En Afrique et en Europe, tous les types de végétation sont verdoyants mais à des rythmes différents.
Ceci est en contradiction flagrante avec ce que nous dit le Grand Atlas !

En effet, juste sous le titre du chapitre on nous dit :
Si la déforestation ralentit au niveau mondial, elle continue de progresser en Afrique, où la FAO a estimé une perte nette de 14,2 millions d'hectares entre 2010 et 2015.
Cette période 2010-2015 est à rapprocher de celle de l'étude du CNRS, à savoir 1999-2015, donc pas si éloignée et donc assez comparables, car on ne voit pas comment entre 1999 et 2010 les choses auraient pu être radicalement différentes.

Et les premières lignes du textes vont dans le même sens :
Entre 1990 et 2015 le Nigeria, la Tanzanie, le Zimbabwe et la RDC, ont perdu chacun entre 300 000 et 400 000 hectares de forêt par an.
Si l'on regarde les cartes de l'étude du CNRS rien ne montre pareilles pertes sur les pays en question, à part quelques points rouges en Afrique de l'est où se trouvent la Tanzanie et le Zimbabwe, donc comment expliquer de telles différences d'interprétation ?

On lit cependant dans l'article du Grand Atlas :
[…] depuis les années 1990, des forêts se reforment par régénération naturelle et par un effort de reboisement.
Donc si je comprends bien les forêts africaines (il s'agit d'elles dans l'article) perdaient énormément de surface jusque dans les années 1990, période de départ de l'étude du CNRS, mais elles en perdraient moins depuis grâce à la « régénération naturelle et par un effort de reboisement » ; mais cela n'explique pas la contradiction entre l'étude qui montre un reboisement global et l'article qui parle de déforestation qui ralentit…

La source de la carte du Congo provient de la Banque Mondiale et est consultable sur le site globalforestwatch ; on nous donne également un nom, R. Eba'a Atyi, avec une date, 2013, ainsi qu'un texte, « Les Forêts du Bassin du Congo », mais quand on met tout cela ensemble et qu'on fait une recherche sur Google on ne trouve pour 2013 que ce document ou bien celui-ci ; de ces deux documents on tire notamment ces deux informations concernant la déforestation (il y en a d'autres que vous pouvez consulter) :
Source observatoire-comifac.net/docs/edf2013

Source observatoire-comifac.net/docs/edf2010

Dans le premier tableau on voit une lente dégradation de la surface des forêts du Congo, on passe de 67,6% du territoire du pays en 2000 à 67,1% en 2010 ; on note que la classification est différente de celle dans l'étude du CNRS qui nous parle de feuillus, conifères et persistants, alors qu'ici ce sont des forêts primaires (ou vierges), secondaires ( qui ont repoussé soit de façon naturelle soit par l'action de l'homme) et marécageuses ; on note également que la perte s'est amplifiée dans le temps, passant de 0,26% pour la période 2000-2005 à 0,48% pour 2005-2010.

Le deuxième tableau montre des statistiques plus anciennes puisqu'on remonte à la période 1990-2000, et là la classification est par pays, avec le détail déforestation-reforestation-déforestation nette (on ne parle pas de reforestation nette…) ; pour le Congo les valeurs pour la période 2000-2005 sont différentes entre les deux rapports (0,07% pour le plus ancien, 0,26% pour le plus récent, mais parle-t-on vraiment de la même chose…?)

Difficile de s'y retrouver dans tout cela, qui dit vrai, et est-ce que les données utilisées (satellites, mesures sur le terrain, autres ?) et retranscrites sous forme d'explications sont comparables ?

Par ailleurs l'article du Grand Atlas 2019 évoque en réalité essentiellement le problème de deux forêts, au Congo et en Amazonie, donc est-ce bien raisonnable de parler de recul des forêts dans le monde, même si, comme je l'ai dit, d'entrée de jeu il est écrit que « la déforestation ralentit au niveau mondial », ce qui sous-entend qu'elle continue, certes avec un moindre rythme, mais qu'elle continue quand même.

Il aurait été bien, pour ne pas dire parfait, que les auteurs de l'article citent des sources évoquant la déforestation au niveau mondial, malheureusement il faut se contenter de deux régions seulement, même si ces régions représentent une grande partie des forêts dans le monde.

Pour nous faire une idée nous pouvons toujours nous en remettre à Wikipédia qui nous dit notamment :
La moitié des forêts de la planète a ainsi été détruite au cours du XXe siècle
Nous avons aussi le CNRS, puisque l'étude dont j'ai longuement parlé provient de chercheurs de cet organisme qui nous explique pourtant :
Quelque 150 000 kilomètres carrés de forêts, soit plus du quart de la surface de la France, disparaîtraient chaque année dans le monde.
Diantre ! Il serait bon qu'ils accordent leurs violons, vous ne trouvez pas ?

Mais en cherchant encore un peu on trouve cette étude de novembre 2013, intitulée High-Resolution Global Maps of 21st-Century Forest Cover Change, dans laquelle on peut lire dans le résumé (je n'ai pas accès au reste)
Globally, 2.3 million square kilometers of forest were lost during the 12-year study period and 0.8 million square kilometers of new forest were gained.
À l’échelle mondiale, 2,3 millions de kilomètres carrés de forêt ont été perdus au cours de la période d’étude de 12 ans et 0,8 million de kilomètres carrés de nouvelle forêt ont été gagnés.
Fichtre ! Durant la période 2000-2012, donc très comparable à la période 1999-2015 de l'étude du CNRS, et en utilisant aussi des données satellite (Landsat), cette étude-là arrive à la conclusion que les forêts ont accusé une perte nette de 1,5 millions de kilomètres carrés, vous suivez toujours ?

Bon pour vous laisser méditer un peu à la question je vous propose de consulter le dernier rapport en date de la FAO, GLOBAL FOREST RESOURCES ASSESSMENT 2015 How are the world’s forests changing? Second edition, qui nous dit en substance :
In 1990 the world had 4 128 million ha of forest; by 2015 this area had decreased to 3 999 million ha. This is a change from 31.6 percent of global land area in 1990 to 30.6 percent in 2015. 
En 1990, le monde comptait 4 128 millions d’hectares de forêts ; en 2015, cette superficie était tombée à 3 999 millions d'hectares. Il s’agit d’un changement de 31,6% de la superficie terrestre mondiale en 1990 à 30,6% en 2015.
Mais que signifie ce 1% de la surface de la planète, je vous le demande ?

Evidemment notre clown Pat Michaels ne vous parlera pas de toutes ces études qui montrent des chiffres différents, je pense que vous avez compris qu'il ne voulait vous montrer que les chiffres « qui vont bien » en croyant que vous les goberiez tout crus sans vous poser de question. 


Lecteurs admiratifs de Pat Michaels s'apprêtant à assimiler ses paroles.


Lectures utiles (ou pour vous embrouiller encore davantage)