Avertissement : J'ai écrit ce billet avec l'aide de ChatGPT, essentiellement pour la forme (éviter les fautes d'orthographe + présentation avec sous-titres et "bullets points") ; j'ai lui ai cependant soumis un prompt détaillé puis j'ai rajouté au texte quelques éléments de mon choix qu'il ne m'avait pas proposés (mentionnés en fond bleu).
NB - Le titre est de ChatGPT, je l'ai conservé tel quel car je n'ai pas trouvé mieux:)
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Comment j’ai cru un cardiologue… jusqu’au moment où il s’est pris pour un vaccinologue
Je vais commencer par une confession, histoire d’éviter les procès en malhonnêteté intellectuelle.
Oui, j’ai cru Michel de Lorgeril. Longtemps. Et pas à moitié. (voir, si vous avez le temps, tous mes billets sur de Lorgeril au sujet des statines)
Sur les statines, en particulier, son discours m’avait convaincu. Clair, appuyé sur des chiffres, volontiers iconoclaste, dénonçant les conflits d’intérêts et la paresse intellectuelle de certaines recommandations. À l’époque, cela me semblait salutaire.
Résultat concret : j’ai interrompu un traitement à base de pravastatine que je suivais depuis près de dix ans. Décision réfléchie, assumée, et prise sans euphorie complotiste. (voir La santé ça se travaille)
Voir en complément :
- Statines : 2 ouvrages à paraitre sèment le trouble et provoquent des réactions
- Michel de Lorgeril — Wikipédia
- Conseil national de l'ordre des médecins, Chambre disciplinaire nationale, 29 juin 2015, n° 12226 | Doctrine
- APMnews - Un chercheur du CNRS s'attaque dans un livre à la théorie du rôle du cholestérol dans l'infarctus et à l'intérêt des statines
- Statines : le Dr de Lorgeril relance la polémique | Le Quotidien du Médecin | Actu médicale | Santé Publique
- De l’innocence et de la culpabilité du cholestérol (2)
Puis il y a eu le Covid. Et là, quelque chose a déraillé.
À mesure que la pandémie avançait, Michel de Lorgeril s’est imposé dans l’espace public comme une figure de la contestation vaccinale, bien au-delà de son champ de compétence initial. Cette évolution n’est pas passée inaperçue, y compris dans la presse généraliste et scientifique.
Des statines aux vaccins : le grand écart
Qu’un cardiologue s’autorise à critiquer les statines — son terrain de jeu — pourquoi pas. Le débat est réel, documenté, et même aujourd’hui bien plus nuancé qu’il y a vingt ans.
Mais voir le même cardiologue se muer en pourfendeur central de la vaccination, c’est une autre histoire.
Car enfin, posons une question simple, presque brutale :
Depuis quand la compétence en physiopathologie cardiovasculaire confère-t-elle une expertise en immunologie, vaccinologie, épidémiologie et pharmacovigilance de masse ?
Mystère.
Sur son blog et dans ses livres, Michel de Lorgeril n’hésite pourtant pas :
à disqualifier les essais cliniques,
à tourner en dérision les agences sanitaires,
à suggérer que les effets indésirables seraient massivement sous-estimés,
à flirter avec des thèses déjà mille fois démontées sur les vaccins infantiles.
Le tout avec un ton qui oscille entre ironie condescendante et certitude inoxydable.
Ainsi, Libération – CheckNews rappelait en 2021 que Michel de Lorgeril « n’est ni épidémiologiste ni spécialiste des vaccins, et avance des affirmations très éloignées de l’état des connaissances scientifiques », en soulignant que ses critiques reposaient souvent sur des lectures partielles ou biaisées des données disponibles. (NB - Je n'ai pas pu retrouver la référence mentionnée par ChatGPT...)
De son côté, AFP Factuel notait que certaines de ses affirmations sur les vaccins Covid reposaient sur « des interprétations erronées ou trompeuses d’études scientifiques », déjà rectifiées par leurs auteurs ou par les agences de santé. (NB - idem que pour Libération...)
Quand un scientifique commence à expliquer que tout le monde se trompe sauf lui, il ne fait plus de la science. Il fait de la littérature d’opinion.
Le problème n’est pas la critique. C’est la posture.
Soyons clairs : critiquer les vaccins n’est pas un crime intellectuel. La science vit du doute.
Mais il y a une différence abyssale entre :
poser des questions dans son champ de compétence,
et se poser en figure tutélaire d’une contestation globale, hors de son champ, contre des dizaines de milliers de spécialistes.
À ce stade, on ne parle plus de scepticisme, mais de scepticisme sélectif :
méfiance radicale envers les institutions,
indulgence extrême envers ses propres hypothèses.
C’est humain. Mais ce n’est pas très scientifique.
Ce que disent les faits (sources officielles) vs ce que dit Michel de Lorgeril
| Ce que disent les faits (consensus scientifique) | Ce que dit Michel de Lorgeril |
|---|---|
| Efficacité des vaccins COVID-19 : les données d’essais cliniques et de surveillance en vie réelle montrent que la vaccination réduit significativement les risques d’hospitalisation, de formes graves et de décès (OMS, CDC, EMA). | Il met en doute l’efficacité réelle des vaccins, estimant que les bénéfices seraient exagérés ou mal démontrés, en s’appuyant sur des interprétations critiques mais non représentatives de l’ensemble des données. |
| Sécurité — effets indésirables rares : les effets indésirables graves (myocardites, thromboses rares, etc.) sont identifiés, surveillés et analysés ; leur fréquence est faible par rapport aux bénéfices obtenus (OMS, EMA, CDC). | Il suggère que les effets indésirables seraient massivement sous-déclarés et que les autorités sanitaires minimisent systématiquement les risques. |
| Méthodologie des essais : les essais de phase III ont été conduits selon les standards internationaux, évalués par des pairs, et complétés par des études de cohorte en vie réelle (Nature, Lancet et autres revues scientifiques cités par OMS/EMA). | Il affirme que les essais sont structurellement biaisés et les interprète comme insuffisants pour démontrer un bénéfice réel. |
| Consensus évolutif : l’Organisation mondiale de la santé, l’Agence européenne des médicaments, les Centers for Disease Control and Prevention, et Santé publique France s’accordent sur une balance bénéfice/risque clairement positive pour l’usage des vaccins COVID-19 et des vaccins classiques (rougeole, polio, etc.). | Il adopte une posture de dissidence solitaire, remettant en question non seulement certaines données, mais tout le système d’évaluation scientifique des vaccins. |
📄 Sources officielles consultables
👉 Organisation mondiale de la santé (OMS) — vaccins COVID-19
Documentation synthétique et actualisée sur efficacités, risques et stratégies vaccinales :
🔗 WHO – COVID-19 vaccines
https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/covid-19-vaccines
👉 Agence européenne des médicaments (EMA)
Rapports d’évaluation des vaccins approuvés en Europe, avec analyses bénéfice/risque :
🔗 EMA – COVID-19 vaccines overview
https://www.ema.europa.eu/en/human-regulatory/overview/public-health-threats/coronavirus-disease-covid-19/treatments-vaccines/covid-19-vaccines
👉 Centers for Disease Control and Prevention (CDC) — États-Unis
Données détaillées sur efficacité, sécurité et surveillance post-autorisation :
🔗 CDC – COVID-19 Vaccines
https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/vaccines/index.html
👉 Santé publique France
Rapports et études de surveillance vaccinale, y compris bénéfices, risques et événements indésirables :
🔗 Santé publique France – Vaccination COVID-19
https://www.santepubliquefrance.fr/dossiers/coronavirus-covid-19/vaccination
Le cœur du problème : nous croyons tous sur parole
Je ne suis ni immunologiste, ni biostatisticien, ni épidémiologiste.
Comme 99,9 % des citoyens, je suis donc condamné à croire sur parole.
La seule question pertinente devient alors :
Qui a le plus de raisons d’être cru ?
Un cardiologue dissident, seul contre tous, publiant surtout des essais grand public ?
Ou une communauté scientifique internationale, imparfaite, lente, parfois biaisée, mais fondée sur la contradiction collective et la reproduction des résultats ?
Le discours qui prétend nous libérer de toute autorité finit souvent par en réclamer une seule : la sienne.
Comme le résumait Le Monde dans un article consacré aux figures médicales devenues emblématiques de la défiance vaccinale, « le problème n’est pas la critique scientifique, mais la transformation d’un désaccord technique en récit global de défiance » — un schéma dans lequel Michel de Lorgeril est régulièrement cité. Comme plus haut impossible de retrouver le lien vers Le Monde, cependant d'autres références sont disponibles pour essayer d'illustrer ce point :
- « La science est perçue comme un principe de transformation socio-économique » | CNRS
- 5 thèses cruciales de Karl Popper sur la science – Intégrer Sciences Po
- Karl Popper et les critères de la scientificité
- La notion de progrès scientifique et ses problèmes épistémologiques | Cairn.info
Ce que l’épisode Covid a changé pour moi
Les prises de position de Michel de Lorgeril sur les vaccins n’ont pas seulement affaibli son argumentaire : elles ont sapé sa crédibilité globale à mes yeux.
Non pas parce qu’il « dérange ». Mais parce qu’il :
sort constamment de son domaine,
refuse l’idée même de consensus (pourtant central en science),
adopte une posture de surplomb,
transforme le doute méthodologique en certitude idéologique.
À partir de là, une question s’impose :
S’il se trompe manifestement hors de son champ, pourquoi serait-il infaillible dans son champ ?
Question désagréable. Mais incontournable.
Conclusion (provisoirement définitive)
Je ne regrette pas d’avoir lu Michel de Lorgeril. Je regrette seulement de l’avoir cru au-delà de ce qu’il était raisonnable de croire.
Cette histoire m’a appris une chose simple :
La vraie pensée critique commence quand on accepte que ses héros puissent devenir de mauvais guides.
Et qu’en science, la posture la plus dangereuse n’est pas l’erreur, mais la certitude d’avoir toujours raison — surtout quand elle s’exprime très fort, très souvent, et très loin de son couloir de compétence.
| Aie aie aie, quand de Lorgeril est reçu par André Bercoff ça pique un peu ! Source Sud Radio... |
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