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mardi 26 janvier 2021

Le piètre plaidoyer d'un climato-nigaud

 Vu sur notre feuille de chou climato-irréaliste préférée :

Le Bistrot à Corona - Changement Climatique (skyfall.fr)

3310.  JC | 25/01/2021 @ 21:31 

Pour le tétard, nous sommes des :
– climato-sceptico-crétins
– climato-crétins
– climato-gogos
C’est fou comme les climato-réchauffistes aiment insulter leurs adversaires. Feu Robert faisait pareil.

Le têtard nous sort la phrase suivante :
« Ah le fumeux cycle de 60 ans prêché par Gervais notamment (voir François Gervais passé à la moulinette de François-Marie Bréon) et qui se casse littéralement la gueule dès le début du 21ème siècle avec une température qui s’obstine à monter sans respecter l’oscillation qu’on lui promettait ! « 
On voit très bien que ce monsieur inculte n’a toujours pas pris connaissance de la réponse de F. Gervais sur cette critique (le têtard à du retard) : c’est là, je laisse le têtard trouver le passage : https://solidariteetprogres.fr/documents-de-fond-7/alarmisme-climatique-reponse-Gervais.html



Mort de rire !


Le sieur JC se plaint d'être traité de crétin et dans la foulée il nous montre qu'il en est vraiment un !

En effet, vouloir défendre les théories fantaisistes de François Gervais en fournissant un lien vers Solidarité et Progrès, le « parti du travail humain présidé et fondé par Jacques Cheminade », serait digne de figurer dans un numéro du Gorafi, mais non c'est sur Skyfall que vous trouverez ça, et en plus c'est moi que le monsieur qualifie d'inculte parce que je n'aurais « toujours pas pris connaissance de la réponse de F. Gervais » aux différentes vidéos (excellentes au demeurant) ayant déconstruit la sienne qu'il avait réalisée devinez où, dans les locaux de Solidarité et Progrès pardi ! Les vidéos attaquées par Gervais étaient celles du Réveilleur et d'un autre Youtubeur moins connu, les voici :
J'avais moi-même, parfois avec l'aide de François-Marie Bréon, publié plusieurs articles documentés et argumentés, que vous pouvez lire ici :
Ainsi c'est le 10 avril 2019, soit à peu près un mois après mon dernier billet que je lui avais consacré, que François Gervais avait décidé de publier une mise au point dans le journal scientifique Solidarité et Progrès dont le comité de lecture est composé de Jacques Cheminade et du fantôme de Lyndon LaRouche, ce dernier s'étant rendu célèbre par sa déconstruction du mythe du 11 septembre 2001, en affirmant notamment qu'il s'agissait d'
un travail de l’intérieur pour le compte de ce que l’Administration Bush-Cheney représente (source Wikipédia)
Une thèse reprise entre autres par l'immense journaliste d'investigation Thierry Meyssan comme chacun sait.

Jacques Cheminade, lui, est un peu moins connu, certaines sources affirmant qu'il se serait présenté à des élections sans qu'on sache de quelles élections il s'agit (si un lecteur bienveillant a des infos sur le sujet qu'il veuille bien en faire profiter les autres)

C'est donc une bande de bras cassés, avec l'ami JC en tête, qui vient à la rescousse du vieux cheval fourbu François Gervais, il est important de le noter afin de pouvoir le ressortir dès qu'une envie de pleurer vous viendra inopinément, cela devrait immédiatement vous arracher assez facilement un rire gras et salvateur signe d'une joie retrouvée.

Ah une petite info qui a son importance au passage et qui mérite qu'on s'y attarde quelques secondes avant de passer au vif du sujet ; le site Solidarité et Progrès ainsi que ses fondateurs ont les honneurs de Conspiracy Watch qui leur consacre de nombreux articles, par exemple :

Mais je vais ouvrir tout de suite une autre courte parenthèse vous permettant d'encore mieux situer le contexte ; en effectuant sur le site Solidarité et Progrès une recherche sur le mot « climat » on trouve de véritables perles, je vous en livre quelques unes :

L'effet de serre, cette invention des Chinois pour ruiner la carrière de François Gervais.

Comme on le voit entre le parti de Jacques Cheminade (Jacques qui ?) et François Gervais (François qui ?) c'est une longue histoire d'amour, ce qui permet de comprendre pourquoi ce dernier a choisi de publier ses travaux scientifiques dans cette revue prestigieuse ignoblement ignorée du GIEC.

Et comme j'ai du retard à rattraper, d'après monsieur JC, je me suis (un peu afin de ne pas m'écrouler de rire) penché sur la réponse du grand pata-physicien de la célébrissime université de Tours afin de combler mon inculture manifeste et me mettre au niveau du skyfalleux moyen dignement représenté par des sommités internationalement reconnues du palier de leur immeuble.

En fait non, je ne vais pas m'attarder sur le laïus indigeste de François Gervais qui se contente de reprendre une fois de plus les mêmes schémas pour « démontrer » la soi-disant validité de son cycle de 60 ans ; il nous ressert la même soupe indigeste avec ce graphique :

Le cycle de 60 ans à l'épreuve des faits.


Il il nous donne comme explications des trucs comme :
 tous les climatologues savent pertinemment que le pic de température de 2016 est dû à un phénomène El Niño intense. Al Gore avait su profiter dans son film de la même aubaine avec le pic El Niño de 1998.
Sans blague !

Et le fait que 2020 se hisse à la première place ex-aequo avec 2016 alors qu'il s'agit d'une année incluant une La Niña, on passe sous silence ? Moi pas, voici mon graphique actualisé afin que monsieur JC se rende compte qu'en matière d'inculture il ferait mieux de labourer son champ plutôt que d'aller récolter chez les charlatans :

Ecart de près d'un degré entre la prédiction de Gervais et la réalité.


Eh oui, comme dit dans la légende François Gervais s'est planté de presque un degré dans sa prédiction hasardeuse avec son graphe d'amateur climatologue, un titre qu'il n'est pas près de porter.

On remerciera quand même monsieur JC, il nous aura permis avec son commentaire de constater que c'est bien François-Marie Bréon et le Réveilleur qui avaient (et ont toujours) raison et François Gervais qui était (et est toujours aux dernières nouvelles) à côté de la plaque.

Comme quoi il est parfois intéressant (je n'ai pas dit utile) de consulter Skyfall.


mercredi 7 février 2018

François Gervais persona non grata dans un lycée de Versailles

Benoit Rittaud ferait un bien piètre avocat.

Dans son billet intitulé ALERTE : La censure frappe François Gervais dans un lycée de Versailles il tente désespérément de défendre son ami François Gervais en donnant lui-même le bâton qui va servir à lui appliquer quelques coups sur le museau.

Son billet est une énième jérémiade sur le thème d'aujourd'hui : « le gentil François Gervais contre les méchants profs de SVT du lycée Hoche » ; on se demanderait presque s'il s'agit d'un billet humoristique au 5ème degré, mais non, c'est bien de 1er degré dont on parle, Rittaud pense vraiment ce qu'il écrit et ses lecteurs itou.

Quel est donc l'objet de la complainte du monumental mathématicien que le monde entier nous envie ?

Benoit Rittaud nous l'explique dès les premières lignes :
  • Les bons petits soldats du lycée Hoche n’auront pas laissé commettre le crime de laisser parler un scientifique qui ne va pas dans le sens du vent.
On admirera tout d'abord la dialectique employée : on compare les professeurs de SVT (car c'est d'eux que l'on parle) du lycée Hoche à des « bons petits soldats », c'est-à-dire à des quasi-automates qui se contenteraient de suivre des ordres (de qui ?) afin d'empêcher de commettre rien de moins qu'un « crime » qui consisterait à « laisser parler » un non-spécialiste du sujet du climat (car c'est de cela qu'il s'agit) qui a démontré à de multiples reprises sa capacité à désinformer ses lecteurs ou auditeurs, et on termine par « le sens du vent » pour qualifier l'état de la science telle qu'elle est acceptée partout sur la planète, et donc enseignée dans les collèges, lycées et universités.

Seul Benoit Rittaud est capable d'une telle concision, à savoir rassembler en une vingtaine de mots seulement autant de contre-vérités et d'imposture et en faire l'introduction de sa longue défense d'une cause perdue d'avance.

Or donc il se trouve qu'un des enseignants du lycée Hoche (un clone de Murps il faut croire) avait jugé bon, certainement après avoir lu un bouquin de François Gervais, d'inviter celui-ci à une conférence intitulée : l'équation carbone climat énergie ; on comprend que les professeurs de SVT s'en soient émus étant donné le profil de l'intéressé, la conférence a donc été annulée suite à leur intervention prenant la forme d'une lettre que Benoit Rittaud a l'obligeance de retranscrire dans son billet et que je vais reprendre dans la foulée :

Ce courrier s’adresse à vous dans l’urgence pour dénoncer un projet de conférence dangereux pour nos étudiants et pour la réputation du Lycée Hoche.

La conférence de M. François Gervais, intitulée « l’équation carbone climat énergie » participe de la rhétorique climato-sceptique que certains scientifiques ou prétendus tels hors du domaine des Sciences du Climat tentent de promouvoir. Contrairement à ce que son pédigrée pourrait laisser penser, M. Gervais n’est pas un expert des Sciences du Climat, ce qu’un chercheur reconnu du LSCE (CEA -Paris Saclay) a démontré lors de la sortie de son ouvrage « l’innocence du carbone » en 2013 :http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/10/28/les-contre-verites-du-dernier-pamphlet-climatosceptique_3504317_1650684.html

Nous nous opposons catégoriquement à la venue de M. Gervais, dont le pseudo raisonnement est en en désaccord total avec la démarche scientifique que nous nous devons d’enseigner à nos élèves/étudiants. La seule circonstance dans laquelle un tel orateur pourrait être admis, est celle d’une table ronde avec des experts reconnus, que nous sommes tout-à-fait prêts à contacter.

Inviter officiellement un climato-sceptique notoire, hors de toute contradiction, au lycée Hoche pour tenir une conférence devant nos élèves/étudiants est en outre une très mauvaise publicité pour notre lycée. Si l’information de la tenue de cette conférence devait être reprise dans la presse locale et nationale, elle ne pourrait que nous attirer des critiques. Il y a en effet un fort hiatus entre notre mission quotidienne d’enseignement et de formation scientifique des jeunes citoyens et la désinformation organisée véhiculée par ce type de conférence. Certains que les procédés utilisés par M. Gervais rendent difficile de discerner de prime abord son point de vue délibérément polémique, nous vous assurons catégoriquement du danger que ces thèses représentent.

Dans l’attente de votre réponse, nous nous tenons à votre disposition pour discuter des tenants et aboutissants de ce projet.

Les enseignants de SVT, Physique-Chimie et Mathématiques

Cette lettre a d'après Rittaud été envoyée au proviseur, elle n'est donc pas publique et on ne peut la trouver nulle part, je lui fais donc confiance en prenant pour acquis qu'il ne l'a pas déformée et n'a pas « oublié » certains passages.

Pour lui il serait « [d]ifficile de lister d’un coup tout ce qui ne va pas dans cette lettre », en ce qui me concerne je trouve que cette lettre est plutôt bien écrite, bien équilibrée et représente la réalité sans la déformer ; François Gervais est bien un climatosceptique « dont le pseudo raisonnement est en désaccord total avec la démarche scientifique que [les professeurs de SVT se doivent] d’enseigner à [leurs]élèves/étudiants. » ; et la preuve c'est Benoit Rittaud qui la fournit lui-même avec le lien vers l'article du Monde dans lequel un spécialiste du climat, François-Marie Bréon, un véritable climatologue travaillant au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE), démonte morceau par morceau les contre-vérités du sieur François Gervais dans son opus L'innocence du carbone (comme si le carbone était le coupable...)

En interrogeant Google Scholar avec les mots 'François-Marie Bréon climate' et 'François Gervais climate' on peut en première approche avoir une idée sur celui des deux qui est le mieux placé pour parler du climat ; Gervais ne peut se prévaloir essentiellement que d'une étude évaluée par les pairs, publiée en 2016, ce que Rittaud relève d'ailleurs dans son billet :
On pardonnera aux profs de SVT de s'être uniquement basés sur l'article de François-Marie Bréon paru en 2013, à une époque donc où Gervais n'avait effectivement rien publié du tout sur le sujet du climat ; je soupçonne d'ailleurs ce dernier d'avoir publié en 2016 un article insignifiant afin de pouvoir enfin dire à ses détracteurs « vous voyez bien que j'ai publié sur le climat !», mais en fait que dit ce papier qui n'a pas à ma connaissance bouleversé le consensus scientifique ?

L'étude de Gervais est disponible sur sciencedirect.com, mais comme c'est payant pour en consulter la totalité Benoit Rittaud nous en donne gracieusement l'intégralité. Voyons-en le résumé (avec la traduction approximative) :
  • Time series of sea-level rise are fitted by a sinusoid of period ~ 60 years, confirming the cycle reported for the global mean temperature of the earth. This cycle appears in phase with the Atlantic Multidecadal Oscillation (AMO). The last maximum of the sinusoid coincides with the temperature plateau observed since the end of the 20th century. The onset of declining phase of AMO, the recent excess of the global sea ice area anomaly and the negative slope of global mean temperature measured by satellite from 2002 to 2015, all these indicators sign for the onset of the declining phase of the 60-year cycle. Once this cycle is subtracted from observations, the transient climate response is revised downwards consistent with latest observations, with latest evaluations based on atmospheric infrared absorption and with a general tendency of published climate sensitivity. The enhancement of the amplitude of the CO2 seasonal oscillations which is found up to 71% faster than the atmospheric CO2 increase, focus on earth greening and benefit for crops yields of the supplementary photosynthesis, further minimizing the consequences of the tiny anthropogenic contribution to warming. (Les séries chronologiques de l'élévation du niveau de la mer sont ajustées par une sinusoïde d'une période d'environ 60 ans, confirmant le cycle signalé pour la température moyenne globale de la Terre. Ce cycle apparaît en phase avec l'oscillation atlantique multidécennale (AMO). Le dernier maximum de la sinusoïde coïncide avec le plateau de température observé depuis la fin du XXe siècle. Le début de la phase décroissante de l'AMO, l'excès récent de l'anomalie globale de la glace de mer et la pente négative de la température moyenne mondiale mesurée par satellite de 2002 à 2015, tous ces indicateurs signifient le début de la phase décroissante des 60 ans cycle. Une fois ce cycle soustrait aux observations, la réponse climatique transitoire est revue à la baisse en fonction des dernières observations, avec les dernières évaluations basées sur l'absorption infrarouge atmosphérique et avec une tendance générale à la sensibilité au climat publiée. L'augmentation de l'amplitude des oscillations saisonnières du CO2 qui se trouve jusqu'à 71% plus rapide que l'augmentation atmosphérique du CO2, se concentre sur le verdissement et profite aux rendements de la photosynthèse supplémentaire, minimisant ainsi les conséquences de la minuscule contribution anthropique au réchauffement.)
Je ne sais pas comment ce charabia a pu passer le barrage de la revue par les pairs, notamment « la pente négative de la température moyenne mondiale mesurée par satellite de 2002 à 2015 » qui ne correspond pas tout à fait à la réalité :

Source woodfortrees

Pourquoi n'évoquer que les données UAH, qui montrent effectivement une légère baisse pendant la période, et non RSS qui affichent une remarquable stabilité ?

Et pourquoi se limiter à la période 2002-2015 ? Si on élargit la sélection en prenant les données depuis leur origine, en 1979, voici ce que cela donne :

Source woodfortrees
Et si l'on garde 2002 comme point de départ mais en continuant jusqu'en 2017 :

Source woodfortrees

Moi aussi je sais faire du cherry-picking quand je veux, dans ce dernier cas je bénéficie de l'effet El Niño de 2016 pour faire monter mes courbes sur une petite période non-significative.

Pour être honnête il semblerait que François Gervais ait commis un autre article, publié en mars 2014, intitulé Tiny warming of residual anthropogenic CO2, passé lui-aussi complètement inaperçu ; ce papier est dans la même veine que le précédent cité, il évalue la contribution du CO2 anthropique à...moins de 0,1°C d'ici 2100, en excluant tout feedback !

On comprend que François Gervais ne soit pas le bienvenu dans un lycée censé instruire des adolescents afin de les préparer pour leurs études à l'université ou leur entrée dans la vie active ; leur bourrer le crâne avec les élucubrations du premier farfelu venu n'est pas la meilleure solution, il faudrait d'ailleurs, si l'on va par là, faire intervenir des créationnistes pour discuter de la théorie de l'évolution, ou pourquoi pas les frères Bogdanov pour parler de la création de l'univers et de son devenir, à moins que l'on préfère Elisabeth Teissier si elle est encore disponible, après tout elle est titulaire d'un doctorat en sociologie et semble tout autant qualifiée que François Gervais pour éduquer des boutonneux post-pubères.


Articles concernant le climat sur le site du lycée Hoche, source lyc-hoche-versailles.ac-versailles.fr

On comprend qu'une conférence de François Gervais ne ferait pas sérieux et pourrait effectivement « attirer des critiques » comme dit dans la lettre des enseignants.

Le rôle d'un lycée est d'enseigner en matière scientifique ce qui est reconnu par la communauté scientifique dans sa quasi totalité, pas de donner la parole à tous les objecteurs de passage tentant de fourguer leur opinion sur un sujet particulier.

François-Marie Bréon, qui est un véritable spécialiste (mais il en existe bien d'autres comme lui) du climat, a bien montré le peu de crédit que l'on se doit d'apporter à François Gervais, malgré ses dénégations.

Il est quand même encourageant de constater qu'il y a des enseignants qui ne tombent pas dans les pièges tendus par les soi-disant climato-réalistes et qui sont capables de faire entendre leur voix afin d'éviter de brouiller encore davantage le message, à savoir que le CO2 d'origine humaine, donc l'homme lui-même, et non pas le carbone, est le responsable du réchauffement climatique constaté.



mercredi 20 février 2019

Le Réveilleur démonte à son tour François Gervais en tout petits morceaux

Il est bien connu qu'il suffit de quelques secondes à quelqu'un pour proférer une seule énormité qui demandera un temps infiniment plus important pour être réfutée, nous en avons la démonstration avec Le Réveilleur qui nous fournit une vidéo de 45 minutes qui ne traitera qu'une toute petite partie de la vidéo montrant François Gervais en train de désinformer son public afin de booster les ventes de son dernier bouquin que je ne vous conseillerai certainement pas de vous procurer (vous pouvez essayer de le voler ou de l'emprunter à un ami qui l'aurait acheté sans savoir de quoi il retourne, mais surtout, surtout, n'allez pas avec votre argent gagné à la sueur de votre front améliorer l'ordinaire d'un vieux professeur à la retraite qui tente d'arrondir ses fins de mois)

Pour votre information Le Réveilleur n'est pas un personnage de dessin animé, il s'agit d'une personne en chair et en os du nom de Rodolphe Meyer dont vous pouvez consulter ici la thèse de doctorat dans les sciences de l'environnement ; il se présente d'ailleurs lui-même ainsi sur son site :
Je suis diplômé d’une école d’ingénieur (l’ESPCI). Mon cursus inclut une année d’Erasmus en Norvège (NTNU) où j’ai plus spécifiquement étudié l’environnement. Entrer en contact avec les connaissances scientifiques sur ce sujet m’a convaincu que nos sociétés font face à de gros problèmes environnementaux qui vont beaucoup jouer sur leur développement futur.
Ainsi Rodolphe Meyer pourrait, au même titre que François Gervais, être « expert réviseur », la seule contrainte à ma connaissance étant qu'il faut faire état d'au moins cinq publications afin de pouvoir postuler, comme expliqué dans cette « notice » :
The process includes an online registration system for Expert Reviewers that requests: contact details, a description of expertise related to the Chapters that will be reviewed, a list of up to five most relevant publications, and highest academic degree. A personal and non-transferable user name and password is generated for each Expert Reviewer upon successful completion of the registration.
Comme Rodolphe est (encore) jeune je doute qu'il puisse produire ces cinq publications, mais cela ne saurait tarder !

Donc d'après son profil, que tout un chacun peut vérifier, notre Réveilleur est parfaitement compétent pour analyser, voire disséquer la vidéo de François Gervais et mettre celui-ci devant ses contradictions quand il ne s'agit pas d'oublis ou carrément de mensonges ; on ne sait d'ailleurs pas trop quoi penser de François Gervais sur le plan général ; s'agit-il d'un menteur éhonté ou de quelqu'un simplement incompétent que sa formation scientifique a entrainé sur la pente glissante de l'effet Dunning-Kruger qui fait croire à un individu qu'il possède des connaissances qu'il n'a manifestement pas ? Je ne trancherai pas la question et laisse mes lecteurs choisir entre les deux possibilités, même si j'ai ma petite idée sur le sujet.

En tout cas la vidéo du Réveilleur est parfaitement documentée et la recension des sources est clairement mentionnée ; il rappelle les trois vidéos sur Vincent Courtillot qui complètent celle dédiée à François Gervais, mais il mentionne aussi les deux billets de blog que j'ai consacrés à François Gervais, François Gervais passé à la moulinette de François-Marie Bréon où je reprenais les points relevés par François-Marie Bréon, et Des précisions stratosphériques sur le livre de François Gervais écrit par François-Marie Bréon lui-même en tant qu'invité.

Bien d'autres références sont mentionnées afin d'étayer la vidéo du Réveilleur, lequel n'hésite pas, quand il ne sait pas quelque chose, à le dire clairement, ce qui incite quelques commentateurs à fournir l'information manquante quand ils arrivent à la trouver ; évidemment le fil des commentaires est pollué par les inévitables trolls attirés par l'odeur du sang, cela fait partie du jeu et il faut faire avec, et le Réveilleur fait preuve d'une grande patience et d'une immense courtoisie là où un autre (ne me regardez pas comme ça, je ne parle pas de moi) enverrai l'importun se faire voir chez les hellènes.

J'attends avec impatience la deuxième vidéo promise par Rodolphe Meyer afin de voir ce que je peux rajouter ici (comme beaucoup de points ont déjà été vus sur mon blog, je ne reprendrai que ce que le Réveilleur a ajouté de son côté)

Stay tuned.


mardi 13 novembre 2018

François Gervais toujours sur la brèche, et toujours aussi ébréché

Il y a des gens qui ont de la constance dans leurs actions et leurs idées, François Gervais est de ceux-là.

C'est la dernière mouture des climato-irréalistes qui nous informe qu'encore une fois notre physicien de l'Indre et de la Loire réunies est intervenu récemment sur les médias, et pas qu'une fois mais trois, dont une prestation sur Valeur Actuelles, montrant ainsi le penchant droitiste prononcé du courant climatosceptique (aux Etats-Unis on dirait le penchant conservateur, mais c'est la même chose)
Comme le dit le physicien François Gervais dans une interview, « malgré des projections non validées, le GIEC persiste dans l’alarmisme ».
Jeudi 1 novembre 2018, François Gervais participait à l’émission de France Inter de Laurent Goumarre sur le thème « Climat en Folie ». Parmi ses contradicteurs, Aymeric Caron, journaliste, Françoise Vimeux et Jean Jouzel.
Et c'est un habitué des lieux qui informe ses coreligionnaires de l'existence pas plus tard qu'hier de la troisième apparition de la momie :
18. geoff chambers | 12/11/2018 @ 15:02

Est-ce que quelqu’un a vu François Gervais chez Pascal Praud (l’heure des pros) sur C News ce matin? […] L’essentiel de l’interview est à https://www.youtube.com/watch?v=GUrYJ-1HYPM vers 15 minutes, mais Gervais avait déjà été insulté par les participants dans la séquence précédente
NB - quand un de ces énergumènes dit qu'un climato-irréaliste a été insulté, cela veut dire probablement qu'il a raconté des âneries et qu'on le lui a fait remarquer.

Nous passerons rapidement sur l'interview de VA dont nous ne retiendrons que la première phrase de Gervais :
Si une religion est une culture de foi, la Science est une culture de doute. Le scepticisme a toujours été une vertu cardinale en Sciences.
Tout est dit, la science du climat est une religion et monsieur Gervais fait partie de ceux qui doutent, peu importe qu'il ne doute en aucune manière que le CO2 soit bon pour les plantes avec ce superbe raccourci :
Le gaz carbonique, CO2, est la nourriture indispensable et irremplaçable de la végétation.
Monsieur Gervais ne sait apparemment pas qu'il y a bien d'autres choses qui sont bonnes pour la végétation et que le CO2 n'est que l'une d'elles, et que trop de CO2 associé à une température trop élevée ainsi qu'à des conditions exceptionnelles comme les sécheresses, ou les inondations, ou les vents violents, ou la grêle, entre autres, cela ne fait pas nécessairement bon ménage, mais monsieur Gervais tient à rassurer les agriculteurs et à ne pas trop compliquer le problème, après tout il est à la retraite et n'a plus toutes ses facultés pour se renseigner un minimum sur le sujet.

Un des premiers commentateurs a d'ailleurs une analyse très juste de la situation :
Aikongo - 11/10/2018 - 10:33

Inviter François Gervais pour parler du réchauffement climatique, c'est comme inviter un créationniste pour expliquer les lois de l'évolution. […]
Comme quoi il y a des personnes qui réfléchissent, même sur Valeurs Actuelles.

Voyons un peu les commentaires sur Skyfall concernant son intervention sur France Inter le jeudi 1er novembre.
4. Claude C | 8/11/2018 @ 16:32
Pour ce qui est de François Gervais sur France Inter, je trouve qu’il est gonflé de s’être prêté isolé à ce débat déséquilibré …
Débat déséquilibré ? Sans blague !

Face à lui il avait deux véritables climatologues, Jean Jouzel et Françoise Vimeux, alors que lui n'est qu'un physicien retraité n'ayant jamais rien publié sur le climat du temps où il était en activité, donc si je compte bien le climatoscepticisme était représenté à hauteur de 33%, soit plus de dix fois son importance réelle dans le monde scientifique !

Et qu'a-t-il dit d'important durant cette émission ? A la question « est-ce que ces conditions climatiques qui sont tout à fait particulières […] correspondent à un réchauffement, est-ce qu'il y a là quelque chose de grave ? […] le monde se meurt [citant Aurélien Barreau], vous êtes d'accord ? »
  • à 5:30 : Non. Je me considère comme bien vivant, et le monde aussi, là on est en train de parler de météorologie, pas de climat, euhhh, j'ai retrouvé un article d'il y a 150 ans […]
Heureusement qu'il y a François Gervais pour nous rappeler quelle est la différence entre météo et climat et nous ressortir un article d'il y a 150 ans pour nous « prouver » que ce que nous vivons aujourd'hui n'a rien d'exceptionnel, les Californiens, entre autres, apprécieront.

Puis voilà le professeur à la retraite qui refait surface et se souvient des cours qu'il donnait du temps de sa splendeur en nous parlant de l'invention de la météo par Torricelli avec son baromètre, ce qui n'a évidemment pas grand rapport avec le sujet du réchauffement climatique et des événements extrêmes que nous connaissons de plus en plus, mais il est toujours utile de noyer le poisson en étalant sa culture et en faisant croire que les autres ne sont que des ignorants que l'on éduque.

Tout cela pour nous dire que la météo ne dépend QUE de la pression atmosphérique, oubliant au passage d'autres facteurs comme la température ou l'humidité qui pour lui ne doivent être que des composantes non significatives que les prévisionnistes ignorent superbement car ce serait trop compliqué de les entrer dans leurs modèles.

Mais il accorde quand même à la température un rôle minime dans les phénomènes météorologiques, en enchainant de manière habile sur le climat et sur le GIEC :
  • à 6:40 : […] c'est la météo et ça dépend de la pression atmosphérique et très peu de ce qui est le critère selon le GIEC du climat, à savoir essentiellement la température moyenne de la Terre. […]
On croit rêver mais non, on a l'impression que François Gervais n'a pas lu le rapport du GIEC et qu'il pense que dans celui-ci on ne discute QUE de la température moyenne de la Terre !

On lui fera remarquer que c'est du côté climatosceptique que la température est « essentiellement » (pour reprendre ses propos) un indicateur du non-changement climatique, et pour couronner le tout, en n'évoquant que la température de l'atmosphère et en  laissant de côté celle de l'océan, alors qu'on sait que 93% de la chaleur additionnelle causée par nos émissions de gaz à effet des serre va s'y engouffrer, la part allant dans l'atmosphère étant évaluée à quelques pourcents (de 1 à 3% selon mes lectures)

Heureusement qu'il y a Jean Jouzel et surtout Françoise Vimeux pour apporter un éclairage scientifique afin de corriger la copie maladroite de François Gervais :
  • à 8:50 : […] l'augmentation de température que l'on observe, qui a une tendance linéaire, mais comme vous le disiez tout à l'heure il y a des périodes où finalement elle se stabilise pendant dix ans, après elle repart à la hausse, elle peut même diminuer, c'est ce que l'on voit sur les observations depuis le début du vingtième siècle et en fait ça c'est la variabilité interannuelle qui se superpose à une tendance au réchauffement. Et la température que l'on observe et qui augmente c'est un symptôme du dérèglement climatique, il n'y a pas que la température moyenne globale qu'il faut regarder, il y a par exemple tous les changements de pluies que l'on observe et pour lesquels on est très inquiets en particulier sur les régions tropicales […] les ouragans, les cyclones, on ne prévoit pas un nombre plus important d'ouragans et de cyclones, on prévoit des phénomènes beaucoup plus intenses, beaucoup plus pluvieux avec des risques qui vont être augmentés parce que la population en zones littorales on prévoit qu'elle augmente dans les décennies à venir […]
Ainsi il faut que ce soit une jeune chercheuse ayant eu son doctorat en 1999 qui fasse la leçon au vieux professeur fatigué François Gervais qui ne sait même pas ce que signifie la variabilité naturelle du climat (ou feint de ne pas le savoir) ! 

Et elle se permet de le contredire avec « il n'y a pas que la température moyenne globale qu'il faut regarder » en lui donnant un exemple avec les pluies, mais elle aurait certainement pu en donner bien d'autres si elle en avait eu le temps.

Sur Skyfall, sans surprise, les commentaires se suivent et se ressemblent dans la médiocrité qui est la marque de fabrique des intervenants réguliers.
5. Bernnard | 8/11/2018 @ 17:08

Claude C (#4),
Sur les médias publics (et les autres), ce sont toujours des débats déséquilibrés quand le sujet est le climat.
La couleur est généralement annoncée dans l’introduction du débat. Le climat change, quelle horreur !
Au mieux, l’opposant (il est souvent seul.) est ignoré. Au pire, il sert à faire valoir. 
7. JC | 8/11/2018 @ 22:14

Sur l’émission de France Inter : c’est fou comme la discussion sur des éléments scientifiques n’intéresse pas les gens autour de la table. Personne ne veut les entendre et en discuter.
La nana a quand même le toupet – et avec aisance et aplomb en plus – de dire à un moment que les modèles sont incapables de dire ce que deviendront les zones tropicales mais que ce sera quand même catastrophique !! (« pour certaines régions on manque de connaissances pour dire si ce sera des changements avec plus de pluie ou moins de pluie et là c’est très grave car ces pays ne savent pas à quoi s’adapter).
Le dénommé JC (pour Je Crois) ne fait pas dans la nuance, si la jeune chercheuse exprime un doute c'est qu'elle a du toupet ; que disait Gervais déjà ? (voir plus haut)
la Science est une culture de doute
Ben oui, si on manque de connaissances et qu'on ne sait pas s'il y aura trop ou pas assez de pluies cela n'est qu'un détail, les habitants des régions concernées n'ont qu'à attendre et ils verront bien ce qui va leur tomber sur la tête.

Pour la troisième intervention du professeur retiré des affaires (mais se rappelant quelques vagues notions qu'il régurgite mécaniquement sans trop comprendre ce qui sort de sa bouche) je ne dirai rien, je vous laisse regarder, moi j'en ai soupé de Gervais, surtout intervenant sur C-News dans une émission dont on peut très bien se passer sans porter atteinte à ses facultés mentales, bien au contraire, tous les intervenants étant aussi insignifiants l'un que l'autre, sans parler des « animateurs » qui ont oublié ce qu'était la conduite d'un débat.


mercredi 13 mars 2019

Le Réveilleur en a soupé de François Gervais

Avec la nouvelle vidéo (description et sources ici) de Rodolphe Meyer, alias le Réveilleur, nous avons désormais la preuve irréfutable que François Gervais est un menteur qui n'hésite pas à produire des graphiques truqués pour tromper son audience dans la conférence qu'il a tenue en décembre 2018 et qui a été diffusée par le site Solidarité et Progrès.

Nous en avions quelques indices (pas moins de 60 !) qui avaient été relevés par François-Marie Bréon et dont j'avais fait le compte-rendu dans François Gervais passé à la moulinette de François-Marie Bréon, mais aujourd'hui plus aucun doute est possible, même si la première vidéo du Réveilleur ne semblait pas pouvoir affirmer catégoriquement que nous avions affaire à un charlatan.

Il est en effet peu probable, pour ne pas dire qu'il est certain que François Gervais ne pouvait pas ignorer que ce qu'il présentait était très fortement biaisé afin d'aller dans le sens qu'il désirait que l'assemblée comprenne, à savoir que le CO² n'avait pas vraiment beaucoup d'influence sur la hausse des températures.

Ainsi, à partir de 32:09 François Gervais présente le graphique suivant :

L'évolution du consensus sur la sensibilité climatique selon François Gervais.
Et voici ce que dit François Gervais lors de la présentation de ce graphique (in extenso de façon à ne pas m'accuser de cherry-picking)
[…] la sensibilité climatique. Alors ça c'est extraordinaire, on parle toujours d'un consensus entre les scientifiques...Comment ! vous êtes climatosceptique ? Mais c'est pas possible, il y a un consensus de tous les scientifiques là-dessus ! Il y a un consensus, eh ben regardez ça se voit tout de suite, j'ai reporté en fonction de l'année de publication [un gloussement audible dans la salle à ce moment] la sensibilité climatique qui est inscrite dans des revues internationales à comité de lecture. Alors effectivement en 2000 euhhhh 2001 il y en a un qui a publié 6 degrés, d'autres qui ont publié 3 degrés, ensuite il y a encore des valeurs...alors je précise il y a deux types de valeurs, les rouges et les noires, les rouges c'est la sensibilité climatique à l'équilibre (ndlr = ECS), c'est-à-dire de combien serait l'échauffement de la Terre si le taux de CO² doublait dans l'atmosphère, c'est toujours la même définition, MAIS une fois qu'on aura atteint l'équilibre, quand est-ce qu'on aura atteint l'équilibre ? dans plusieurs centaines d'années, parce que ça dépend de la dynamique des océans...donc on calcule déjà une sensibilité climatique à un moment où on s'en fiche complètement puisque ce sera plusieurs siècles plus tard ! Alors je préfère la valeur de la sensibilité climatique qu'on appelle transitoire (ndlr = TCR) parce que elle c'est au moment où le taux de CO² double dans l'air, c'est beaucoup plus logique pour voir effectivement ce qui risquerait de se passer […]
Avant d'attaquer le vif du sujet il est nécessaire de faire ici une pause et d'analyser cette première partie du discours de Gervais.

Tout d'abord notons que tout n'est pas faux dans ce qu'il dit, ce qui rend son exposé encore plus dangereux, car dans ce cas les parties volontairement biaisées vont passer beaucoup plus inaperçues.

Ensuite admirons le magnifique strawman (argument de l'homme de paille ou épouvantail en français) qui consiste à laisser entendre que la communauté scientifique aurait prétendu adhérer à un consensus concernant la sensibilité climatique alors qu'il n'en a jamais été question, et aujourd'hui encore, sur ce point précis (nous allons le voir plus loin) de nombreuses études donnent des ECS différentes, mais dans une fourchette représentant la marge d'incertitude que Gervais se garde bien d'indiquer.

Faisons enfin remarquer que l'ECS ne produit pas l'essentiel de ses effets « dans plusieurs centaines d'années » mais bien au bout de quelques décennies, les variations ultérieures pour arriver à l'équilibre définitif étant peu significatives, comme on peut le constater sur ce graphique tiré du site de Clive Best :

Fig 1: Response temperature curve for GISS Model 2 following a sudden doubling of CO2 in 1958. and fit described in the text. The e-folding time is 15 years.

Dans cet exemple (choisi chez un climatosceptique modéré qui publie chez Judith Curry…) la température augmente de 4°C en quarante ans environ, et n'atteint les 4,4°C d'ECS que bien plus tard ; par conséquent parler d'ECS a du sens contrairement à ce que prétend Gervais (si quelqu'un a des précisions à donner sur le sujet qu'il/elle n'hésite pas)

Voici quelques références récentes (dont Wikipédia) concernant la sensibilité climatique :
Mais reprenons la vidéo de Gervais là où nous l'avions laissée (à 33:25) :
Bon dans tous les cas si on fait une régression linéaire sur ça...alors c'est ce qu'on appelle le consensus ! Donc vous voyez ça va de 0 à 6 degré [il ricane à ce moment] c'est un consensus [il écarte les bras en grand] parait-il, bon, moi je veux bien, drôle de définition du consensus, bon toujours est-il que effectivement les scientifiques continuent à travailler et que la tendance [il accentue fortement ce mot], voyez en particulier le GIEC pour la sensibilité à l'équilibre a dit entre 1,5 et 4,5 la moyenne c'est 3 degrés, mais la plupart des valeurs qui ont été publiées depuis sont nettement en-dessous ! Et le GIEC n'a pas fait de rectificatif par rapport à son rapport AR5, au contraire, on vient de le voir, il a repris les mêmes valeurs ici euhhhhh [il cherche sur son PC] je sais plus où c'est ! On l'avait vu tout à l'heure, voilà ici, il a repris les mêmes valeurs données par les modèles du rapport AR5 sans tenir compte de tous les travaux qui ont été publiés depuis. Normalement il est censé le faire dans le rapport AR6 qui est prévu pour sortir en 2022. On verra...mais pour l'instant les scientifiques, majoritairement, disent on est nettement en-dessous des valeurs du GIEC.
Nous allons nous arrêter là, car je pense qu'il n'est pas nécessaire d'aller plus loin pour démontrer la supercherie manifeste de Gervais (si ça vous tente vous pouvez continuer à condition d'être capable d'endurer ses euhhhh ainsi que ses mensonges) ; en effet, il reproche au GIEC d'être resté sur une ECS de 3°C en moyenne (avec une incertitude allant de 1,5 à 4,5) alors que, d'après lui, « les scientifiques, majoritairement, disent on est nettement en-dessous des valeurs du GIEC ».

C'est à ce moment de sa vidéo que le Réveilleur nous montre le graphique que j'avais déjà produit dans mon billet François Gervais passé à la moulinette de François-Marie Bréon :

Compilation des études de la sensibilité climatique depuis le début des années 2000.

Je présume que c'est François-Marie Bréon qui a fourni cette information au Réveilleur en lui donnant sa source, carbonbrief, ce qui montrerait que mon blog sert à quelque chose, ce dont je me réjouis au passage, puisque Bréon lui-même y a découvert ce graphique qu'il ne connaissait pas (il y en a beaucoup d'autres, mais celui-ci est particulièrement parlant et explicite)

On comprend mieux avec ce graphique pourquoi le GIEC a toujours repris la valeur médiane de 3°C, comme le dit très justement Gervais, mais on peut douter que dans le rapport AR6 on y voie une valeur inférieure !

En fait ce graphique rassemble TOUTES les études sur la sensibilité climatique, alors que le graphique de Gervais n'en recense que quelques unes, et comme par hasard celles qui montrent une sensibilité beaucoup plus faible, de l'ordre de seulement 1°C !

C'est là que le Réveilleur a fait un super boulot, dont j'aurais été bien incapable, mais que Gervais, physicien et professeur à la retraite, aurait pu et dû effectuer avant de se lancer dans ses explications fumeuses, à condition évidemment qu'il ait été parfaitement honnête ; car comment imaginer qu'un tel monsieur ayant apparemment toute sa tête ait pu se tromper à ce point ?

Je vous laisse écouter les explications du Réveilleur (à partir de 25:00 et jusqu'à 30:30 environ) et je ne reprendrai que ce qu'il dit à partir de 29:47 :
Si on demandait à un élève de master de donner une représentation de l'évolution de la sensibilité climatique au fil du temps et qu'il manquait plus des deux tiers des papiers, que des papiers sans rapport aient été utilisés, que des valeurs étaient mal reportées, que l'incertitude n'était pas représentée, qu'un indice revenait deux fois et que la multitude d'erreurs aboutit à une figure qui montre le contraire de ce qu'elle devrait, cet élève aurait zéro, cette figure est soit une incroyable erreur soit une manipulation grossière, en tout cas on ne peut pas du tout s'y fier.
Ainsi François Gervais n'a même pas un niveau de master puisqu'il aurait un zéro pointé étant donné que tout ce que le Réveilleur attribue à « un élève » s'applique en vérité au graphique tiré de sa conférence ! (et ce graphique truqué figure dans un de ses papiers publié dans une revue à comité de lecture…)

Je ne commenterai pas davantage, j'invite mes lecteurs à visionner en entier les deux vidéos du Réveilleur, il explique très clairement les choses et malgré un débit de parole rapide on arrive quand même à suivre ; pensez que pour réfuter moins de dix points parmi les soixante relevés par Bréon le Réveilleur a dû s'employer dans deux longues vidéos, on comprend qu'il en ait un peu marre et souhaite passer à autre chose, ce qu'il avoue à la fin de sa deuxième vidéo, et on ne va pas lui en vouloir.

A noter qu'un autre vidéaste s'est chargé de quelques autres points litigieux de la logorrhée gervaisienne, il s'agit de Curieux 2 Savoir, mais je l'ai trouvé moins clair que le Réveilleur, cependant il est intéressant à regarder, son exposé complète celui de Rodolphe Meyer et permet d'enfoncer « another nail in the coffin » climatosceptique.



mercredi 16 janvier 2019

Critique du livre de François Gervais par François-Marie Bréon dans France Soir

Hier donc François-Marie Bréon a publié sa critique attendue du livre de François Gervais sur l'urgence climatique qui serait soi-disant un leurre (c'est dans France Soir)

Comme j'ai déjà évoqué tous les points litigieux (une petite soixantaine, une paille…) que comporte le livre de Gervais dans François Gervais passé à la moulinette de François-Marie Bréon et que Bréon n'en a mentionné qu'un tout petit nombre, ceux qu'il jugeait les plus importants et compréhensibles par les lecteurs de France Soir, je ne vais pas en rajouter davantage, pour les détails vous savez où aller.

Sur Skyfall il ne faut pas s'étonner de lire des commentaires critiquant la critique de Gervais par Bréon, après tout ils n'aiment pas qu'on s'attaque à l'un de leurs chouchous et c'est bien compréhensible ; on trouve ainsi ces bizarreries :
2589. rpf | 15/01/2019 @ 17:30
BFM ne soutient pas le livre de François Gervais.
C’est bien un média mais c’est dans France soir et le critique (Bréon F.M.) est juge (procureur) et (surtout) partie.
« L’escroquerie climatosceptique de François Gervais »
« il a un discours qui ressemble à de la science »
… une prose qui rappelle celle de certains intervenants ici même.
2590. phi | 15/01/2019 @ 18:42
rpf (#2589),
Ce serait intéressant que Bréon vienne expliquer sont point de vue ici. On pourrait s’entendre pour faire un effort particulier de politesse.
Bréon est un copain au têtard et le têtard ne manque pas un commentaire sur Skyfall. Alors, Géd, si vous pouviez en toucher un mot à l’intéressé, ce serait un geste sympathique de votre part. Tricastin est quand même un peu léger pour exposer le point de vue dominant. Les pros sont un tantinet frileux, dommage.
Depuis quand fait-on grief à un critique (littéraire ou autre) d'être à la fois procureur et partie ? Et quand on sait que Bréon a plus que les compétences requises pour réfuter les « arguments » de Gervais on ne peut que sourire à la remarque déplacée du dénommé rpf ; évidemment ce dernier se gardera bien d'expliquer en quoi les critiques de Bréon seraient critiquables ; quant à la demande de phi qui voudrait que Bréon aille s'expliquer sur Skyfall elle est tout bonnement surréaliste (pour rester poli). Que phi fasse un minimum d'efforts et écrive un article qu'il fera publier sur Skyfall dans lequel il démontera tous les points relevés par Bréon, il y en a une soixantaine (je l'ai déjà dit mais je le répète au cas où) donc bon courage à lui ; ensuite on pourra évaluer la pertinence des remarque de phi et y répondre « poliment ».

Et que phi trouve Tricastin « léger » est quelque chose qui me fait aussi sourire, je me souviens d'un temps où c'était le dénommé Tsih qui trouvait que phi était plutôt léger, il semblerait donc que la légèreté soit quelque chose de tout relatif !

Mais à cette heure c'est quand même le commentaire suivant qui gagne le pompon en matière de stupidité (toujours en restant poli) :
2592. JC | 15/01/2019 @ 20:34
Dans sa critique, Breon – qui reproche à FG de ne pas afficher sur son graph les hautes T° des dernières années pour montrer que son cycle de 60 ans n’existe pas – Bréon, donc, a oublié lui aussi de dire que ces hausses de T° sont dues au dernier El nino. Breon cache donc une partie de la vérité aux lecteurs du Figaro.
Le dénommé JC (pour Je Crois ?) fait référence à ce graphique :
Divergence entre la courbe des températures observées et les cycles de 60 ans sortis du chapeau de François Gervais.

Manifestement JC ne s'est pas rendu compte que 2017 et 2018 étaient des années sans Niño (voir futura-sciences), 2017 a même été qualifiée d'année la plus chaude sans événement El Niño !

Par ailleurs 2019 devrait, avec un faible Niño en vue (très probablement plus faible que celui de 2015-2016) se retrouver en bonne place sur le podium, accentuant ainsi la divergence des courbes.

Dans ces conditions, avec de tels énergumènes, comment voulez-vous intervenir « poliment » quand vous savez que quoi que vous disiez vous vous heurterez à un mur.

Si monsieur phi veut des explications de la part de François-Marie Bréon c'est simple, il fait comme dit plus haut ou alors s'il a la flemme d'écrire un long article (ça prend du temps et il faut réfléchir) il pose ses questions ici sur mon blog et je suis sûr que l'intéressé saura lui répondre.


jeudi 17 janvier 2019

Des précisions stratosphériques sur le livre de François Gervais


Billet invité

Par François-Marie Bréon

François Gervais pense avoir compris le « mécanisme de l'effet de serre » qui agit pour réchauffer la terre et il prétend que les mesures démontrent que ce processus n'agit pas ou peu pour le CO2. Dans la vidéo que nous avons déjà commentée, c'est autour de la minute 40 : « en ce sens on peut dire que l'effet [de serre] est saturé. Mais Je vais tout de suite nuancer ce propos un peu plus loin […] si on va mesurer dans la haute stratosphère, c'est là que ça doit se passer ». Il se focalise sur la basse stratosphère (typiquement entre 15 et 20 km) car on dispose d'observations satellites représentatives des températures de cette altitude. Son propos est tellement confus que l'on ne sait pas bien si, selon lui, l'effet de serre tel que pris en compte dans les “modèles du GIEC” doit conduire à un réchauffement ou un refroidissement. En tout cas, il n'y a pas d'évolution significative sur 20 ans et, selon lui, cela invalide les modèles.

Dans son ouvrage (que nous ne vous recommandons pas d'acheter), cela se trouve aux pages 79-80 dont voici un extrait :
“Surprise : le modèle de Manabe n’est pas validé par les mesures – Au-delà de la théorie, que nous apprennent les observations ? De 1993 à 2018, ce quart de siècle a vu l’envoi dans l’atmosphère de pas moins de ~ 40 % de tout le CO2 émis depuis le début de l’ère industrielle. On nous le rappelle assez. On devrait donc en vérifier un impact aussi épouvantable que le prévoient les modèles, en particulier sur la température à l’altitude à laquelle la chaleur est censée être déposée par convection et là où l’effet de serre atmosphérique est présumé prendre tout son sens. Nous disposons de mesures de température dans la basse stratosphère, fournies par les satellites RSS et UAH. Les résultats de la Figure 5 [voir ci-dessous] ont le mérite d’être clairs. Après les perturbations engendrées par des éruptions volcaniques majeures (indiquées en insert), aucune évolution significative de température n’a été observée de 1993 à 2018, questionnant frontalement la théorie. Cette « pause » dans la basse stratosphère concerne une période 5 ans plus longue que celle observée dans la basse troposphère.”


La fameuse Figure 5 du bouquin qui montre la température de la basse stratosphère, non pas en fonction du temps, mais du CO2 dans l’atmosphère.  Vu que le CO2 augmente assez régulièrement, cela ne change pas grand chose.

Il est pour moi évident que c'est là une grosse bêtise, car la convection de l'atmosphère ne monte pas jusqu'à la stratosphère et la chaleur ne va certainement pas être déposée dans la basse stratosphère.

Mais soit, allons voir ce que nous disent les fameux modèles et comparons avec les mesures des satellites (voir note 1 en bas de page). Sur la figure ci dessous, on montre la température de la basse stratosphère telle que vue par les satellites (en rouge) et les résultats des “modèles du GIEC” générés en préparation du rapport AR5 sorti en 2013 (et pour lequel François Gervais répète à l'envie qu'il en était « Expert Reviewer »).

Comparaison de la température de la basse stratosphère telle que simulée par les modèles ayant participé à l’inter-comparaison CMIP-5 et utilisés pour le rapport AR5 du GIEC avec les observations satellites traitées par l’institut RSS (Remote Sensing Systems)

Manifestement, la “pause” des températures dans la basse stratosphère qui, d'après Francois Gervais, doit invalider les modèles du GIEC est, en fait, parfaitement compatible avec ceux-ci. Il y a bien une stabilité des températures à ce niveau, et cette stabilité était anticipée par les modèles du GIEC contrairement aux affirmations de FG.

On peut même y voir une forte validation de ces modèles et de la théorie de l'effet de serre généré par le CO2. En effet, les modèles nous annoncent un réchauffement de la troposphère (voir figure ci-dessous) et un refroidissement ou une stagnation de la température de la stratosphère (figure ci-dessus). Ces prédictions sont validées par les observations. A la surface, les observations sont plutôt dans la partie basse des modélisations, mais sont compatibles avec celles-ci.

Comparaison de la température de l’atmosphère proche de la surface, telle que simulée par les modèles ayant participé à l’inter-comparaison CMIP-5 et utilisés pour le rapport AR5 du GIEC, avec l’estimation faite à partir des observations de surface (Jeu de données HadCrut4)

A l'inverse, les “prédictions” de François Gervais, qui voit dans la température moyenne globale un cycle de 60 ans, ne sont pas validées par les mesures récentes. La ligne noire indique les données disponibles au moment de la définition de son modèle, qui a donc été ajusté sur ces mesures. La ligne rouge indique les mêmes données, mais qui ont été acquises et distribuées après la publication de l'article. Il est clair que le modèle, qui prévoyait une diminution des températures, n'est pas compatible avec les observations récentes, qui montrent un réchauffement net.
Comparaison de l’estimation de la température moyenne de l’atmosphère proche de la surface, faite à partir des observations de surface (données HadCrut4) avec la modélisation de François Gervais proposé dans un article de 2014.

1: Note de bas de page : Au passage, on peut voir que François Gervais ne maitrise pas le sujet. RSS et UAH ne sont pas des satellites, mais des groupes de recherche (Remote Sensing Systems et University of Alabama in Huntsville) qui traitent les données des satellites de la NOAA et de la NASA.

François Gervais évoque dans sa vidéo des satellites RSS et UAH ; et dans le livre il écrit « Nous disposons de mesures de température dans la basse stratosphère, fournies par les satellites RSS et UAH. »

mercredi 14 juin 2017

Il fait chaud et François Gervais regarde ailleurs...



  • à 0:30 : [...] plus personne ne parle beaucoup du réchauffement climatique, pourquoi ?
Oui, pourquoi ? François Gervais va nous le dire et le prouver de manière irréfutable :
  • à 0:34 : [...] simplement parce que la température de la Terre ne change plus depuis une vingtaine d'années ... Bien sûr il y a des fluctuations, en général qui sont liées à des phénomènes dans le Pacifique, alors un phénomène chaud ça va faire un pic El Niño, un phénomène froid ça va faire un pic La Niña [...] si on fait abstraction de ces fluctuations la température n'a pas bougé depuis 20 ans [...]
Bon, pas la peine d'aller plus loin, on vérifie d'abord qu'on est bien en 2017 (la vidéo a été ajoutée le 8 mai 2017, c'est donc tout chaud...) et que, par conséquent, en faisant un simple calcul arithmétique que même moi je me sens capable de tenter, on en déduit que la température n'a pas évolué depuis l'année 1997 (de 1997 à 2016 cela fait 20 ans tout juste) ; comme c'est bizarre, le début de cette "série" coïncide pratiquement avec un pic El Niño parmi les plus forts, mais cela n'est que pure coïncidence...

Alors en tout premier lieu regardons l'évolution de la température en faisant un zoom sur les 20 dernières années.

Commençons, à tout seigneur tout honneur, avec Roy Spencer, qui pratique la discipline du climatoscepticisme et boxe dans la catégorie lukewarmer (laquelle ne nie pas le réchauffement et les lois de la physique, mais estime que "ce n'est pas un problème")
  • The Version 6.0 global average lower tropospheric temperature (LT) anomaly for May, 2017 was +0.45 deg. C, up from the April, 2017 value of +0.27 deg. C
Déjà, à la lecture de ce graphique on croit comprendre pourquoi François Gervais tient tant à parler uniquement des 20 dernières années ; malheureusement pour lui il semblerait qu'il ne soit pas très bon en arithmétique, car en partant de l'année 1997 on se trouve en fait dans le creux pré-Niño de 1998, celui qu'il voudrait bien prendre pour point de départ afin de « prouver » que la température n'a pas changé depuis 20 ans. Voyons de plus près en zoomant à l'aide de Woodfortree et en choisissant comme Roy Spencer les données UAH avec deux dates de départ différentes, 1997 et 1998 :


On voit bien la différence, en partant de 1998 ça « chauffe » beaucoup moins qu'en partant de 1997 ; François Gervais aurait donc dû dire que « la température n'a pas bougé depuis 19 ans », il aurait même pu montrer une baisse en choisissant 1998 !

Sauf bien sûr que tout ça c'est du pipeau puisqu'il le dit lui-même, « si on fait abstraction de ces fluctuations », en parlant du phénomène ENSO, la température est censée ne pas avoir bougé, sauf que « si on fait abstraction de ces fluctuations » on s'aperçoit en fait que la température n'arrête pas de monter, et ce même en prenant comme base de départ l'année 1979 quand les données satellitaires ont commencé à être disponibles :

Ce dernier graphique, que tout un chacun peut générer sans aucun problème, correspond peu ou prou à celui de Roy Spencer ; on part de -0,3 en 1979 pour arriver à environ +0,5 en 2016, soit une augmentation de la température de quelques 0,8 degrés sur une période de seulement (2016-1979) 38 ans !

Maintenant si on regarde les données NOAA (là il s'agit des températures de surface des terres et des océans) on obtient ceci depuis 1880 :



Et si l'on prend la période 1997-2017 :



Et avec GISS (toujours les températures de surface terres plus océans) : 


Et pour finir RSS :


Ah mince alors, là ça descend, et même très fortement ! Ah ben oui, forcément, il s'agit des données TLS, c'est-à-dire qui correspondent à la basse stratosphère, justement là où la température diminue en partie « à cause de l'effet de serre » !
  • Globally averaged temperature anomaly time series for the Lower Tropospheric Stratosphere (TLS).  The plot shows the cooling of the lower stratosphere over the past 3 decades.  This cooling is caused by a combination of ozone depletion and the increase of greenhouse gases.  During the most recent decade, the rate of cooling has reduced substantially. 
Mais si l'on prend la basse troposphère (TLT), RSS est plutôt en accord avec UAH :


On part de -0,1 en 1979 (à vue de nez) pour arriver à +0,5 en 2017 (avec pic à +1 en 2016...) soit +0,6 de hausse, alors que UAH en était à +0,8...

Donc RSS « chauffe » un peu moins que UAH, mais Roy Spencer lui-même n'avait-il pas avoué :
  • [...] those of you who REALLY REALLY need the global temperature record to show as little warming as possible might want to consider jumping ship, and switch from the UAH to RSS dataset.
C'est clair non ?


Et notre El Niño de 2017 dans tout cela ?

Actuellement nous expérimentons en France des températures exceptionnellement élevées pour un mois de juin, mais qu'en est-il dans le monde et est-ce qu'un El Niño est là pour expliquer quoi que ce soit ?

Pour les températures globales, c'est-à-dire au niveau mondial et non uniquement français, nous avons vu plus haut ce qu'il en était, elles montent inexorablement ; on peut regarder ce qu'en disent certains « confrères » blogueurs bien plus calés que moi sur le sujet :
  • moyhu
    • So far in 2017, in the Moyhu NCEP/NCAR index , January to March were very warm, but April was a lot cooler. May recovered a little, rising from 0.34 to 0.4°C, on the 1994-2013 anomaly base. This is still warm by historic standards, ahead of all annual averages before 2016, but it diminishes the likelihood that 2017 will be warmer than 2016.
  • hotwhopper
    • For RSS TTT (troposphere), the 12 months to May 2017 is the second the hottest 12 months in the record (comparing similar June-May periods). Now that last year's intense El Nino has dissipated, May itself was the just the fourth hottest May, with May 2016 the hottest.
    • The lower troposphere (UAH v6) also showed the 12 months to May as the second hottest on record. However, in the UAH record, May was the third hottest May on record, after May 1998 and May 2016. 
On constate donc que malgré l'absence, pour le moment, d'un El Niño censé booster les températures, nous enregistrons à fin mai des températures qui ne paraissent pas particulièrement à la baisse...

Même si apparemment 2017 ne devrait pas (c'est encore au conditionnel) être plus chaude que 2016, on voit bien que c'est kif-kif, alors qu'en serait-il si nous avions vraiment un autre El Niño dès l'automne 2017 ?

En fait, selon ce que l'on apprend auprès de skepticalscience, il y aurait 50-55% de chances de continuer à avoir des conditions neutres jusqu'à la fin de l'année, avec ce graphique à l'appui :


Le site du NOAA nous informe précisément :
  • Synopsis: ENSO-neutral is favored (50 to ~55% chance) through the Northern Hemisphere fall 2017. 
  • However, chances for El Niño remain elevated (35-50%) relative to the long-term average into the fall.
Donc c'est quand même du 50-50 pour avoir soit du Niño soit du neutre pour cet automne, les entrailles de poulet n'arrivent pas à se décider et demeurent dans un certain flou artistique.


Alors que penser, après avoir lu tout cela, des affirmations de monsieur François Gervais ?

Je me hasarderai personnellement à avancer deux hypothèses :
  • il s'agit d'un crétin qui usurpe un titre de physicien
  • il s'agit d'un escroc qui prend les gens pour des crétins
Si vous avez une troisième option merci de me le faire savoir.

Pour aller plus loin avec François Gervais et en apprendre plus sur l'individu : videos

On admirera notamment :


Ah si, il existe bien une troisième option qui me revient à l'instant à l'esprit :
  • il s'agit d'un extra-terrestre qui vit dans un monde où les lois de la physique sont différentes que sur notre Terre
Donc si vous avez une quatrième option...

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Liens utiles :