vendredi 21 octobre 2016

Gros problèmes de compréhension chez Skyfall (5)

Petit rappel des gros problèmes de compréhension chez nos amis de Skyfall :
  1. Gros problèmes de compréhension chez Skyfall - où Nicias ne sait pas faire la différence entre un hiatus et une pause
  2. Gros problèmes de compréhension chez Skyfall (2) - où miniTAX prend Guillaume Séchet et les livres d'Emmanuel Le Roy Ladurie (mais pas Le Roy Ladurie lui-même) pour des climatosceptiques
  3. Gros problèmes de compréhension chez Skyfall (3) - où Nicias n'a pas compris que c'est l'augmentation du CO2 qui précède celle des températures et non l'inverse
  4. Gros problèmes de compréhension chez Skyfall (4) - où miniTAX s'échine à nier la réalité du recul des glaciers
Dans ce billet nous allons voir que c'est en bande que les adeptes de Skyfall nient que la hausse des températures puisse avoir un effet sur les risques d'incendies de forêts.

Tout est parti de cet article (Bulletin des climato-irréalistes n° 46) que j'ai déjà évoqué dans un précédent billet : Par Usbek : comment prendre les gens pour des cons en une leçon (et en plus c'est gratuit)

J'y montrais très rapidement comment il était facile de prendre les gens pour des crétins en tronquant une information ; dans le cas présent Usbek, l'auteur présumé du billet, relatait brièvement un article de Stéphane Foucart en prétendant, ou en laissant très lourdement sous-entendre, que le journaliste aurait exprimé des regrets qu'il n'y ait pas davantage d'incendies dans le sud de la France, ce qui évidemment est entièrement faux puisqu'il suffit de lire l'article du Monde pour s'en convaincre et avoir en plus des informations importantes non reportées par Usbek (pour décrédibiliser quelqu'un il ne faut citer qu'une petite partie de ce qu'il a dit, si possible en déformant cette partie, et le tour est joué) ; voici pour mémoire l'extrait du billet d'Usbek :
  • Et pourtant, reconnaît presque à regret Stéphane Foucart auteur de l’article, la forêt méditerranéenne française brûle moins aujourd’hui qu’à la fin des années 1980.
Pour ce qu'a réellement écrit Stéphane Foucart se reporter à mon billet sur le sujet ou lire directement l'article du Monde.

Mais tout cela ce ne sont que des préliminaires pour en arriver à la grande incompréhension portant sur le lien entre températures et risques d'incendies ; et il faut être clair sur la ligne adoptée par les négateurs patentés du RCA : pour eux soit il n'y a pas d'augmentation des températures et donc pas de risque accru d'incendies, soit le lien entre augmentation des températures et risques d'incendies n'existe pas ; dans le premier cas c'est nier les observations des températures à la surface qui ne cessent de monter et sont prévues de continuer à monter dans le futur, dans le second cas c'est nier le fait que quand un objet, quel qu'il soit, est réchauffé, il brûle plus facilement, et un végétal ne fait pas exception à la règle comme nous le verrons plus bas.

Je passe sur la plupart des commentaires afin de ne pas surcharger ce billet, j'avais notamment écrit :
  • 10.  Géd | 16/10/2016 @ 0:47 tsih (#8),

    [...]Par exemple qu’avez-vous à dire concernant mon analyse de l’information biaisée sur les incendies ? Pensez-vous que ma façon de voir les choses n’est pas meilleure que celle présentée ici ? Et si c’est le cas pouvez-vous expliquer ?
    [...]
Après un échange sans intérêt il y a enfin un lecteur un peu moins fainéant que les autres qui me répond en me donnant en plus des références paraissant sérieuses, quoique...
  • 24.  Richard | 17/10/2016 @ 15:58 Géd (#10)
    Je note que la forêt française (en métropole) a compté 15,3 millions d’hectares en 2011 et la surface des forêts a doublé depuis 1850. Donc l’été caniculaire de l’année 2003, qui détient le record avec 70 000 hectares partis en fumée représente 0,46%.
    La thèse beaucoup a déjà brûlé et ce qui reste est dispersé et proche des humains qui veillent au grain et limitent ainsi les dégâts paraît un peu réducteur.
  • 26.  Richard | 17/10/2016 @ 16:56 Géd (#10)
    Les incendies de forêt dans l’histoire
    Enfin, si l’on considère les statistiques des incendies depuis quelques centaines d’années, la forêt méditerra­néenne devrait être actuellement un espace désertifié. Il n’en est rien.
Je lui réponds ceci :
  • 30.  Géd | 18/10/2016 @ 3:03 Richard (#26),

    la forêt méditerra­néenne devrait être actuellement un espace désertifié
    Pas du tout, si elle n’est pas un espace désertifié c’est qu’elle est surveillée et entretenue ; pensez-vous que les moyens employés (Canadairs, surveillance, coupe-feu, pompiers etc.) ne sont pour rien dans le fait qu’il y ait moins d’incendies ? Par ailleurs vous ignorez totalement le fait que ce qui a brûlé peut difficilement brûler à nouveau et que ce qui reste est davantage surveillé (plus les campagnes de prévention, cf interdiction de circuler, même à pied, pendant certaines périodes)
    Richard (#25),

    c’est notre perception du phénomène
    On parle de quelques décennies et vous parlez de millénaires…Pensez-vous que notre « perception du phénomène » ait tant changé que cela entre les années 1980 et aujourd’hui ?
A la relecture je m'aperçois que je ne lui ai pas répondu concernant son message #24, mais cela a peu d'importance, car le fait que la forêt ait doublé en surface entre 1850 et aujourd'hui n'a pas de rapport avec le lien entre températures et risques d'incendies, c'est un peu comme si on disait qu'entre 1900 et aujourd'hui le nombre de voitures a été multiplié par x millions et qu'on en tirerait comme conséquence qu'il y aurait pourtant moins de risques d'accidents en 2016 qu'en 1900 (ou l'inverse, peu importe) ; les choses sont bien plus complexes qu'une simple tentative de corrélation entre une évolution de surfaces et un risque accru.

Manifestement Richard n'a pas bien compris, puisqu'il me répond plus loin :
  • 44.  Richard | 18/10/2016 @ 22:35 Ged (#30)
    Je vous invite à lire les documents que j’ai fait référence #25 et #26 concernant les lieux qui brûlent régulièrement et la durée de temps de notre perception des incendies.
Alors pour préciser je lui dis :
  • 50.  Géd | 20/10/2016 @ 3:49 Richard (#44),
    Votre document de Marcel Faure semble daté de 1986, il faudrait trouver plus récent…
    Quant à l’autre lien on peut voir un graphique sur les feux de forêts en France (ce n’est pas la région méditerranéenne mais bon…) dans lequel on constate que de 1991 à 2002 inclus les superficies incendiées ainsi que le nombre des incendies étaient très en dessous de la moyenne de la période 1977-2003, puis en 2003, subitement, on passe très largement au-dessus de cette moyenne, et le commentateur explique :
    À partir de 1991 et jusqu’à 2002, tous les bilans ont été inférieurs à la moyenne. En cela, l’été 2003 interrompt une accalmie de plus d’une décennie. Il est difficile de savoir s’il s’agit d’un changement de régime durable. Il faudra pour cela attendre quelques années avant d’apporter des conclusions définitives et d’en expliquer les causes.
    Comme cet article a été publié en 2004 vous me permettrez donc de ne pas vous suivre dans vos conclusions hâtives…
    Quand il fait chaud et sec les risques d’incendies sont accrus, et s’il fait plus chaud et plus sec les risques sont amplifiés, je me demande comment on peut nier cette évidence ; peut-être devriez-vous en discuter avec un pompier travaillant dans le sud-est…
Et voici ce que Richard trouve comme « argument » :
  • 54.  Richard | 20/10/2016 @ 16:44 Géd (#50),
    Mais pendant les années 1980 c’était plus ‘froid’ mais il y avait plus d’incendies.
 A ce stade-là il n'est plus utile de continuer, Richard veut absolument croire que la hausse des températures n'entraine pas de risques accrus d'incendies, ce n'est pas la peine d'insister.

Entre temps d'autres intervenants sont venus mettre leur grain de (gros) sel.
  • 32.  Nicias | 18/10/2016 @ 7:33 Géd (#30),
    Pensez-vous que notre « perception du phénomène » ait tant changé que cela entre les années 1980 et aujourd’hui ?
    Vous n’avez visiblement pas entendu parler du réchauffement climatique ni lu des publications sur l’évolution des incendies ou il est omniprésent.
    Au Canada, un pays un peu trop grand pour que l’homme agisse partout, les incendies ont diminué y compris dans les endroits ou l’on ne fait pas de prévention.
Nicias tente un peu d'ironie, à moins que ce ne soit du premier degré, avec lui on peut s'attendre à tout. Il n'a pas dû entendre parler du gigantesque incendie de Fort McMurray :
    • Il s'agit du plus grand sinistre de l'histoire du Canada à cette date, on estime en juillet 2016 qu'il a causé 3,58 milliards de dollars canadiens (2,49 milliards d'euros) de dégâts4 et est la plus coûteuse des catastrophes naturels depuis la tempête de verglas en 19985. En date du 20 mai, plus de 500 000 hectares ont été brulés6. En tout, 3 000 pompiers4, 189 hélicoptères et 29 avions-citernes ont été mobilisés pour combattre le brasier.
 Sans compter le graphique des statistiques que je lui fournis plus loin :
  • 40.  Géd | 18/10/2016 @ 19:58 Nicias (#32),

    Au Canada, un pays un peu trop grand pour que l’homme agisse partout, les incendies ont diminué y compris dans les endroits ou l’on ne fait pas de prévention.
    Alors d’abord l’information relatée par Usbek parlait des incendies aux USA, pas au Canada, donc vous détournez le sujet.
    Ensuite si vous voulez vraiment évoquer le Canada qu’est-ce qui vous fait affirmer péremptoirement que « les incendies ont diminué » ?
    Ce n’est pas l’impression qui ressort des données statistiques canadiennes, mais peut-être que vous en savez davantage que les canadiens ?

Les statistiques canadiennes ne commencent qu'en 1970, avant cette date il n'y avait apparemment pas de données permettant de tracer une courbe fiable ; sur ce graphique on voit nettement que les incendies n'ont pas particulièrement tendance à diminuer dans les temps présents.

Nicias reste muet, c'est San Antonio (ou Bérurier) qui répond à sa place, de travers bien sûr :
Le lien qu'il fournit émane de Steven Goddard alias Tony Heller, un climatosceptique notoire dont Desmoblog nous apprend qu'il a notamment affirmé :
Par ailleurs :
    • Steve Goddard does not have a background in climate science. He has primarily published his articles in blogs and newspapers using a pseudonym. A search of Google Scholar for “Tony Heller” returned no results.
 C'est donc ce genre de « référence » que notre ami San Antonio a pu trouver à l'appui de ses « arguments ».

Je lui réponds dans la foulée :
  • 49.  Géd | 20/10/2016 @ 3:29 AntonioSan (#48), Je remarque que 1) vous revenez sur les USA avec votre lien (qui ne prouve pas grand chose, sauf qu’il y avait de nombreux incendies dans les années 20 à 40, très probablement parce que les moyens de lutte n’étaient pas à cette époque aussi perfectionnés que par la suite + la récession + la guerre…) alors que Nicias avait dérapé sur le Canada, preuve que quand on vous embête sur un point vous faites facilement diversion ; et 2) si le Canada commence ses statistiques en 1970 vous n’allez quand même pas me le reprocher (et si la courbe a la même tête que pour les USA même commentaire que pour le 1) ; et enfin 3) sur le graphique de votre idole tonyheller (comme référence scientifique c’est vraiment top…) on remarque que les incendies aux USA enregistrent une hausse sur les dernières années, et ce malgré les progrès dans la prévention et dans la lutte… j’appelle ça se tirer une balle dans le pied.
    De plus ce que reproche tonyheller c’est exactement ce que vous faites vous les climatosceptiques avec votre hiatus des températures quand vous montrez une courbe commençant en 1998 et en ignorant ce qu’il y avait avant (d’ailleurs ce mythe devra attendre une décennie avant de reprendre des couleurs avec « il n’y a pas de hausse des températures depuis 2016 »)
Mais notre policier de pacotille, après avoir étudié tous les indices en sa possession (cela a dû lui prendre une demi-seconde, bien moins que pour écrire sa réponse) m'assène :
  • 56.  AntonioSan | 20/10/2016 @ 17:58 Géd (#49),
    très probablement parce que les moyens de lutte n’étaient pas à cette époque aussi perfectionnés que par la suite + la récession + la guerre…
    Mais en revanche tout etait beaucoup plus perfectionne dans les annees 50… LOL et non car le plus large feu de foret au Canada date de 1950… (Chinchaga)
    si le Canada commence ses statistiques en 1970 vous n’allez quand même pas me le reprocher
    Bien sur que si puisque vous etayez votre raisonnement sur cette courbe qui ne reflete meme pas l’historique de 20 eme siecle… D’autant qu’il est connu et il suffit de rechercher un peu que le Canada a subi des incendies devastateurs… Votre attitude n’est pas differente de ceux qui pretendent que les innondations d’Alberta de 2013 sont « unprecedented »…
    les incendies aux USA enregistrent une hausse sur les dernières années, et ce malgré les progrès dans la prévention et dans la lutte… j’appelle ça se tirer une balle dans le pied.
    Cela s’appelle un strawman. Vous n’avez aucune preuve que le pic d’incendie des annees 30-40 etait du a l’absence de prevention et maintenant vous nous refourguez la proposition inverse comme preuve que les incendies augmentent a cause du rechauffage carbu…
C'est vrai qu'en matière de strawman il en connait un rayon, sauf qu'en la matière il n'y en a aucun de ma part, car je n'ai jamais affirmé « que le pic d’incendie des années 30-40 était dû a l’absence de prévention » ; par ailleurs pour contrer les statistiques canadiennes que j'ai produites (nous avons vu pourquoi elles commençaient en 1970) il ne trouve rien de mieux que me donner un lien vers wikipedia qui fournit une liste d'événements depuis 1825, classés par ordre alphabétique et non chronologique, donc inexploitable pour en tirer une tendance ; de plus l'article commence par cette précaution :
Ainsi San Antonio préfère une liste incomplète, classée par ordre alphabétique des lieux où les incendies se sont produits, au graphique fourni par un organisme canadien qui sait de toute évidence mieux que lui de quoi il retourne. Notamment qu'au 19ème siècle le Canada était loin d'être totalement « colonisé » (l'est-il aujourd'hui ?) comme on peut lire ici :
    • À la fin des années 1800 et au début des années 1900, les colons canadiens se sont déplacés vers l'Ouest et on a vu apparaître des collectivités à un rythme rapide, lesquelles n'étaient le plus souvent peu ou pas protégées contre les feux deforêt.
Alors les données « sanantoniesques » on voit le crédit qu'on peut leur apporter...

Par ailleurs dans la même étude émanant des canadiens on peut lire :
    • Cette évaluation des tendances au niveau de la charge de travail relative aux incendies commence par une analyse détaillée des statistiques sur les incendies au Canada, suivie d'une étude de la documentation récente sur les prévisions concernant les répercussions du changement climatique sur l'activité des feux de forêt au Canada et leurs effets dans le pays, et se termine par un sondage mené auprès des responsables canadiens de la gestion des feux pour qu'ils fassent part de leurs intuitions au sujet de la charge de travail actuelle relative aux incendies et de la façon dont elle pourrait évoluer.
Mais San Antonio sait mieux que les canadiens quelles sont les « répercussions du changement climatique sur l'activité des feux de forêt au Canada », pour lui il n'y en a pas, c'est bien plus simple comme ça, on évite ainsi de se casser la tête pour pas grand chose au final.

L'étude canadienne enfonce le clou avec :
    • Les premières recherches canadiennes sur le changement climatique et les feux ont été lancées à la fin des années 1980 avec l'objectif d'élaborer des scénarios sur le danger d'incendie à l'avenir.
    • le danger d'incendie augmenterait de près de 50% au Canada (Flannigan et VanWagner, 1991)
    • Dans les deux cas, avec un climat où la concentration de CO2 aurait doublé, la saison des feux commençait plus tôt et la zone où il y avait un danger extrême d'incendie était bien plus vaste (voir la figure15). Une étude de Wotton et Flannigan (1993) a également prédit un début de la saison des feux plus tôt au printemps et un allongement de la saison des feux de 30 jours au Canada.
    • On peut s'attendre à ce que l'intensité et la gravité des incendies boréaux augmentent avec le réchauffement climatique, car la quantité de combustible pouvant brûler augmentera du fait du temps plus sec et de la dégradation du peuplement forestier due à la transformation de la végétation et à la détérioration de l'état de santé des forêts (de Groot et al., 2003, 2009). Le feu devrait être l'un des principaux catalyseurs de la transformation de la végétation en réaction au changement climatique, souvent en synergie avec d'autres perturbations naturelles, ce qui accentuera les effets directs du
      réchauffement climatique sur la répartition et la migration des espèces (Stocks, 1993; Weber et Flannigan, 1997).
Mais tout cela est bien trop compliqué pour San Antonio qui préfère en rester à son dogme qui lui permet de dormir tranquille (Tout va très bien madame la marquise, le château a brûlé mais tout va très bien)

Pour aller plus loin (ceci ne s'adresse pas aux fidèles lecteurs de Skyfall qui ont déjà tout compris en lisant Tony Heller) on peut consulter le site de Météo France qui nous explique ceci :
  • En asséchant la végétation, le changement climatique entraîne une augmentation du danger météorologique de feux de forêts. Les chercheurs de Météo-France ont étudié l'évolution de cet aléa au cours du siècle passé et pour les prochaines décennies : il augmente depuis les années 1960 et devrait encore augmenter au cours du XXIe siècle.
  • Des températures plus élevées favorisent la transpiration des plantes et la diminution de l'eau contenue dans les sols. La végétation s'asséchant, le risque de départ de feu est plus fort. La quantité de combustible disponible une fois l'incendie déclaré augmente également.
  • Sur certaines régions, le changement climatique devrait également entraîner une baisse de la pluviométrie durant les saisons propices aux incendies, aggravant le phénomène.
  • La propagation d'un feu de forêt dépend, quant à elle, principalement de la force et de la direction du vent, moins sensibles au changement climatique.
  • La fréquence des feux de forêt varie fortement d'une année sur l'autre et dépend de nombreux facteurs, y compris humains. Il est donc complexe de détecter une recrudescence des feux de forêts que l'on puisse attribuer avec certitude au changement climatique. 
  • L'analyse de l'étendue des surfaces brûlées pose également problème. La superficie moyenne d'un feu a en effet diminué ces dernières décennies grâce à l'amélioration des moyens de lutte contre les incendies. Dans les pays où ces moyens de lutte ont peu évolué, le signal climatique est d'ailleurs plus marqué.
  • L'indice forêt météo (IFM), développé au Canada à la fin des années 1970, permet d'estimer le danger météorologique de feux de forêts en tenant compte de la probabilité de son éclosion et de son potentiel de propagation. De nombreuses études ont montré une corrélation claire entre l'IFM moyen et le nombre de départs de feu.
  •  Les chercheurs ont [...] utilisé une réanalyse atmosphérique (SAFRAN) sur la période passée et un modèle climatique (ARPÈGE-Climat) pour suivre l'évolution de l'IFM de 1958 à l'horizon 2100. Les simulations montrent une augmentation constante de la fréquence des jours présentant un danger météorologique de feux de forêts, ainsi qu'un allongement de la saison propice aux incendies (elle débuterait plus tôt au printemps pour se terminer plus tardivement en automne). L'extension des territoires exposés à ce danger devrait également progresser vers le nord de la France.
Sur  la Documentation Française on peut également lire :
  •  Rapport de la mission interministérielle "Changement climatique et extension des zones sensibles aux feux de forêts"
  •  Le rapport analyse les conséquences du changement climatique, à l'horizon 2030-2050, sur l'aléa feux de forêts ainsi que l'extension probable des zones sensibles sur le territoire métropolitain et fait des propositions pour permettre au gouvernement de préparer ces échéances. Cette analyse prend en compte l'évolution des facteurs climatiques, la sensibilité de la végétation au feu, les conséquences sur les politiques publiques, l'évaluation des coûts et les pistes de financement. Elle permet de conclure à la possible augmentation de 30% des surfaces sensibles et de 20% des coûts à l'échéance 2040, cette hausse pouvant atteindre 50% des surfaces sensibles et des coûts allant au-delà de 20% à l'échéance 2050. Ce travail de prospective débouche sur une série de recommandations relatives à l'amélioration des connaissances, l'information du public, la prévention et la lutte contre les incendies de forêts, la gestion forestière, l'urbanisme et l'aménagement du territoire.
Par « surfaces sensibles » il faut bien sûr comprendre les surfaces « à risque » et non les incendies réellement déclarés ; la hausse des températures va entrainer un risque accru d'incendies qui seront limités si, et seulement si, les solutions adéquates sont mises en œuvre tant en prévention qu'en moyens de lutte.



lundi 17 octobre 2016

Le glaçon est en train de fondre

Un bon dessin vaut mieux qu'un long discours parait-il, et une bonne animation vaut encore mieux qu'un bon dessin !




C'est quand même un peu plus parlant que ça :

Étendue de la banquise arctique (avec au moins 15% de glace de mer) - source nsidc

Ou ça :


Étendue moyenne de la banquise arctique pour les mois de septembre de 1979 à 2016 - source nsidc

Nos amis climatosceptiques s'extasient sur le fait que l'étendue de la banquise en 2016 n'a pas battu le record de 2012 et cherchent par tous les moyens à nous faire croire qu'en fait la banquise augmente au lieu de diminuer, par exemple chez le clown Anthony Watts :

Étendue de la banquise arctique, croissance entre le 1er et le 24 septembre - source wattsupwiththat

Où là aussi prendre les gens pour des cons en leur montrant une courte période (24 jours de septembre) et en affirmant, par le truchement de David Whitehouse, qu'il y aurait un hiatus de dix années dans le déclin de la banquise arctique !

A l'appui ce beau graphique :


Étendue moyenne de la banquise arctique pour les mois de juin de 1979 à 2016 - source wattsupwiththat

Vous pouvez vous demander pourquoi juin ? Cependant ce graphique ne diffère pas significativement de celui montré plus haut et concernant les mois de septembre, quand l'étendue est à son minimum annuel ; quoi qu'il en soit, pour les mois de juin ou septembre n'y change pas grand chose, la tendance est à la baisse régulière avec quelques hauts suivis de bas plus importants, mais ce qui est en définitive le plus important est qu'il y a deux choses à considérer :
  1. la superficie de la banquise (le choix des climatosceptiques à défaut d'autre chose plus favorable pour eux)
  2. le volume de la banquise (ce qui compte vraiment)
Et en ce qui concerne le volume (la vidéo en tête de ce billet) difficile de nier la sévère diminution au fil des ans.

Et pour savoir ce que l'on nous projette pour les années qui viennent :

Données PIOMAS - Volume moyen minimum de la banquise arctique - sources arctic-news et arctischepinguin

Bref avec la tendance actuelle (depuis 1979 jusqu'à 2016) il est plus que probable qu'il n'y aura plus de banquise entre 2020 et 2025 (à son minimum de septembre bien entendu !)

*****

Lectures additionnelles :


samedi 15 octobre 2016

Les Suquets de Penne

En occitan le terme suquet désigne une butte, un mamelon, un tertre, mais aussi une sucette...

Quant à Penne, le village perché situé dans le Tarn et l'objet de la randonnée de ce jour, La Dépêche lui attribue une origine celtique, ce nom viendrait de « pen », rocher, mais je n'ai pas réussi à trouver de traduction celte donnant la signification de rocher au mot « pen » ; tout au plus ce mot signifierait « une pointe (de terre), un bout ou une extrémité (de territoire), ou même la tête! »

Je préfère pour l'instant m'en tenir à wikipedia qui nous dit :
  • Pena - toponymie : rocher, sommet rocheux, rempart de roches, montagne élevée, rocher élevé (en occitan)
  • Penne - 1. pene, pane, pinne, pine, sf : éminence, hauteur, cime, pointe, bout (en vieux français)
Il est bien possible que l'occitan (ou le vieux français) se soient inspirés du celtique (ou l'inverse ?) mais n'étant pas versé dans les langues anciennes je ne donnerai aucune opinion sur le sujet.

NB - je remarquerai seulement qu'en vieux français les mots pine et bout sont synonymes, on en apprend des choses en faisant de la randonnée...

Or donc la randonnée, la voici résumée par mon GPS :


Comme je n'ai pas pensé à arrêter mon décompte lors de la pause à la buvette à quelques centaines de mètres de la voiture, il convient d'enlever une vingtaine de minutes, le temps de prendre un café et de profiter du soleil sur le visage tout en discourant de choses et d'autres (non, pas du réchauffement climatique)

La longue pause en plein milieu du parcours (entre une heure trente et deux heures du temps écoulé) correspond justement à la pause déjeuner au sommet de ces fameux suquets qui correspondent en fait au sommet d'une falaise calcaire dominant l'Aveyron (la rivière) et faisant face au village de Penne.


Le village se situe à l'endroit du petit bonhomme, les suquets (je me demande pourquoi le pluriel...) sont la pointe dirigée vers le village, et l'Aveyron se distingue nettement à l'ouest (longue marche sur ses rives pour le retour vers le village)

Pas de difficulté comme d'habitude pour s'orienter, le parcours est très bien balisé, il suffit seulement d'être un peu vigilant à certains moments pour ne pas rater un embranchement parfois peu visible si l'on a la tête en l'air (cela m'arrive parfois)

Le château est visible quasiment sous toutes ses coutures puisqu'on le contourne carrément :

Vue depuis le parking, dès le départ de la randonnée, à l'est.
Vue depuis le nord-est.
Vue depuis le nord, en montant aux suquets.
Vue depuis les suquets.
Vue depuis le nord, sur les berges de l'Aveyron.
Autre vue depuis les berges.
Vue depuis le sud, sur le chemin qui monte sous les premières maisons.
Dernière vue prise entre la buvette et le parking.

Comme on peut le constater le temps était magnifique, la température idéale (une vingtaine de degrés) avec quasiment pas de vent, juste de quoi se rafraichir sans se refroidir, le rêve du randonneur désireux de partir léger sans avoir à s'encombrer du nécessaire qui sera bientôt de l'obligatoire quand les frimas seront venus (eh oui, les saisons existent toujours, après l'été il y a l'automne et puis l'hiver, donc les températures baissent, je dis cela juste au cas où...)



vendredi 14 octobre 2016

Par Usbek : comment prendre les gens pour des cons en une leçon (et en plus c'est gratuit)

Dans son dernier bulletin d'information irréaliste le site de pseudo (ou alter) science Skyfall, par la voix du dénommé Usbek, nous claironne :
  • «En trente ans, le réchauffement climatique a doublé les feux de forêt aux Etats-Unis», en déduit Le Monde qui extrapole au risque accru d’incendies dans le sud de la France. Et pourtant, reconnaît presque à regret Stéphane Foucart auteur de l’article, la forêt méditerranéenne française brûle moins aujourd’hui qu’à la fin des années 1980.
« Presque à regret » à ce qu'il parait.

Alors jetons un œil sur l'article en question de Stéphane Foucart :
  • Pourtant, et de manière contre-intuitive, en dépit de ce risque théorique accru, la forêt méditerranéenne française ne brûle pas plus aujourd’hui qu’à la fin des années 1980. Au contraire : abstraction faite de l’été caniculaire de l’année 2003, qui détient le record avec 70 000 hectares partis en fumée, la tendance est largement à la baisse. D’environ 35 000 hectares en moyenne annuelle dans les années 1980, les pertes dépassent rarement 10 000 hectares par an depuis 2004. Et ce, malgré le réchauffement.
  • Vérité aux Etats-Unis, erreur en Europe ? « De nombreux facteurs interviennent et le réchauffement climatique n’est que l’un d’eux, explique Park Williams. La grande différence entre la plupart des forêts européennes et la forêt de l’ouest des Etats-Unis est que les premières sont au contact des hommes depuis des milliers d’années et sont donc fragmentées, tandis que la seconde représente des superficies immenses encore sauvages. »
  • A mesure que, dans les prochaines décennies, la forêt américaine brûlera et, elle aussi, se fragmentera, « on devrait voir les surfaces incendiées cesser d’augmenter et plafonner », prévoit M. Williams. Maigre consolation. 
Ainsi comme on peut facilement le constater Stéphane Foucart n'exprime aucun regret, il explique simplement que si les feux de forêts dans la zone méditerranéenne sont en diminution il y a une raison bien simple à cela : beaucoup a déjà brûlé et ce qui reste est dispersé et proche des humains qui veillent au grain et limitent ainsi les dégâts ; alors qu'aux États-Unis les zones concernées sont bien plus vastes et largement inexploitées, donc les incendies sont plus difficiles à combattre et font plus de dommages, ce qui devrait peu à peu changer avec le temps.

La leçon d'Usbek était claire et concise (encore un prof ?) et on peut être sûr que les fidèles lecteurs de Skyfall sauront en tirer le meilleur parti ; à l'heure où je mets sous presse il n'y a aucun commentaire hormis celui-ci :
  • 1.  Usbek | 14/10/2016 @ 21:40
    Bulletin n° 46 en ligne

On est bien avancés.






Alerte enlèvement, Jacques Duran a disparu !

La situation est grave, on a perdu Jacques Duran, c'est un fidèle lecteur de Skyfall qui le premier a sonné l'alerte :
  • 48.  delperbe | 11/10/2016 @ 9:13 L’excellent site Pensee unique n’est plus mis à jour depuis deux mois et demi.
    Explication ?

Bon déjà, accoler les mots « excellent » à « pensée unique » c'est limite foutage de gueule, mais comme cela vient d'un fidèle abonné à la doxa skyfalienne on lui pardonnera bien volontiers.

Dans la foulée d'autre adeptes, pardon, d'autres lecteurs s'inquiètent :
  • 49.  jG2433 | 11/10/2016 @ 9:57 delperbe (#48),
    Peu ou pas de publi. traitant du RC qui vaillent la peine, sur le plan scientifique, pour que J. Duran présente un nouveau billet sur son site Pensée Unique, peut-être ?
 Là aussi, parler du « plan scientifique » et supposer que J.Duran ait un quelconque rapport sur ce « plan » quand il cause du climat c'est de toute évidence vivre sur une autre planète, ou bien avoir vécu dans une grotte pendant quinze ans et en être sorti il y a tout juste cinq minutes.
  • 50.  scaletrans | 11/10/2016 @ 10:09 jG2433 (#49),
    C’est peut-être vrai, mais je n’ai pas réussi à avoir de contact depuis cette date…
Pourquoi n'est-on pas surpris que scaletrans ait eu jusqu'à une date récente des « contacts » avec le gourou ? scaletrans fait partie des grands maitres de la secte Skyfall et à ce titre a des accès privilégiés avec le gratin de la climatonégatosphère.
  •  51.  the fritz le testut | 11/10/2016 @ 14:03
    jG2433 (#49), scaletrans (#50), delperbe (#48),
    C’est inquiétant quand même ; et si Bob ne s’inquiète pas de nos inquiétudes , c’est inquiétant aussi; que deviendra le climato scepticisme en France sans Pensée Unique , avec seulement une jeunesse formatée par Huet et Foucart ; sans Allègre qui n’a toujours pas récupéré sa forme physique et sans Courtillot qui , on le comprend , ne se mêle plus de problèmes qui n’en sont pas
    La climato mania serait elle entrain de dépérir avec la prise de conscience des peuples que le développement durable est synonyme de récession durable , que la survie de l’humanité ne passe pas par l’adoration du Dieu Soleil ou d’Eole , qu’il faut se retrousser les manches plutôt que de pédaler dans la choucroute et inventer la survie et le confort de demain , fut-il moins futile que de nos jours
 Voila maintenant que nous apprenons que Bob serait dans les petits souliers du grand manitou et qu'il devrait éventuellement s'inquiéter lui-aussi, mais que comme il reste muet ça devient encore plus inquiétant pour l'ami fritz the cat.

Et puis rendez-vous compte, les vieux disparus il ne restera que les Foucart et Huet pour opérer un lavage de cerveau puissance dix sur la « jeunesse », quel scandale !

C'est vrai que la « jeunesse » attend chaque intervention de Foucart et Huet avec une impatience non dissimulée ; en fait c'est plutôt flatteur pour moi qui suis derechef considéré comme faisant partie de la « jeunesse » !
  • 52.  Bernnard | 11/10/2016 @ 14:24 the fritz le testut (#51),
    J’ai essayé de mon côté d’avoir des nouvelles mais sans succès.
    Ça devient inquiétant maintenant.
Encore un grand ponte du site qui vient à son tour apporter un peu de son inquiétude, si ça continue comme ça Benoit Rittaud va mettre sa touche personnelle et ça deviendra une inquiétude exponentielle !
  • 53.  Murps | 11/10/2016 @ 19:47 Bernnard (#52), il a peut-être d’autres occupations. Familiales, associatives…
Là on voit le prof de science qui vient apporter un peu de réconfort en avançant des arguments percutants : JD serait pris par d'autres occupations, c'est vrai que depuis qu'il tient son torchon il ne nous avait pas habitué à avoir d'autres occupations...
  • 57.  Bernnard | 11/10/2016 @ 23:07 Murps (#55), the fritz le testut (#56),
    On peut toujours penser que tout va bien.
    Cependant, il faut reconnaitre que nous sommes sans nouvelle aucune depuis environ deux mois et que ce n’est pas habituel surtout qu’on peut se connecter de pratiquement n’importe où . À un moment, il devient légitime de se poser des questions à défaut de s’inquiéter.
    Si dans un mois il n’y a pas d’évolution alors il nous faudra bien envisager d’autres raisons que des préoccupations familiales associatives… mêmes si celles-ci peuvent être prenantes… Stay tuned !
« il devient légitime de se poser des questions », c'est marrant venant de quelqu'un qui n'a pas pour habitude de « se poser des questions » quand il s'agit d'avaler toutes les conneries lui passant sous les yeux.
  • 58.  ADB | 12/10/2016 @ 1:01 En attendant de revoir M. Duran, dépêchez vous de vous procurer le dernier livre de Kervasdoué, cela vous aidera à patienter ….
Là c'est le bouquet final, puisque le pourvoyeur de dope ne publie plus rien depuis deux mois, le serviable (ou servile) ADB nous fournit l'adresse d'un autre dealer.


Et si, à 74 ans, Jacques Duran avait enfin compris qu'il se plantait complètement et avait décidé d'arrêter d'enfumer les gogos ?

C'est tout le mal que je lui souhaite, car il y a une autre possibilité que je préfère ne pas envisager, nos « amis » seraient vraiment bien trop malheureux...