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dimanche 2 octobre 2016

Et encore un clown mathématicien, un !

Décidément il faut croire que les mathématiques sont un vivier très prolifique pour fournir à l'humanité de grands génies capables de bouleverser d'un claquement de doigts des pans entiers de la science dite « mainstream ».

Nous en avons un magnifique exemple avec un certain Claude Brasseur (non pas l'acteur, lui il joue vraiment la comédie et ne fait pas semblant de se prendre au sérieux) qui nous pond sur le site Contrepoints un billet intitulé Réchauffement climatique ? Préparez-vous plutôt à avoir froid !


Cela commence très très fort avec :
  • Depuis la nuit des temps, il y a des changements climatiques. Des périodes de froid succèdent à des périodes chaudes.
Oui il fallait oser, il fallait tomber le plus vite possible dans l'argument du « climat qui a toujours changé », l'un des plus stupides sinon le plus stupide qui soit.

Et ça enchaine avec :
  • Depuis peu, les changements climatiques sont attribués à l’homme : il jouerait un rôle néfaste en multipliant les émissions de CO2. Ce dernier aurait pour effet de provoquer un réchauffement.
On admirera les conditionnels «  jouerait » et « aurait », donc c'est même pas sûr pour le sieur Brasseur que l'homme ajoute du CO2 dans l'atmosphère de par son activité.

Mais le plus beau est juste après, car dans la foulée il nous assène, sans précaution aucune :
  • Pourtant, un refroidissement climatique se prépare.
J'espère que tout le monde était bien assis et qu'il n'y a pas eu de blessés à l'annonce de cette terrible nouvelle.

Et là il nous apprend de qui il tient cette information capitale qui va changer le cours de notre vie jusqu'à la fin de nos jours et même bien après :
  • Il découle de la découverte de l’astronome Valentina Zharkova. Cette découverte est capitale : les taches solaires peuvent être prédites et elles sont signe de réchauffement s’il y en a beaucoup, de refroidissement s’il y en a peu.
Oui « capitale » est bien le mot qu'il fallait employer tellement ça va décoiffer.

Bon il faut se calmer maintenant, on savait qu'on pouvait prédire l'avenir en lisant le marc de café ou les entrailles de poulet, maintenant pour la météo et le climat les prévisionnistes vont voir leur travail facilité, il leur suffira de compter les taches solaires et le tour sera joué, c'est-y pas simple la vie ?

D'ailleurs notre comique d'aujourd'hui enchaine avec le titre :
  •  L’interprétation des taches solaires
L'interprétation, je vous l'avais dit, c'est comme le marc de poulet ou les entrailles de café, on regarde attentivement et on « interprète », si vous pensiez que la science c'était compliqué, mais pas du tout ma pauvre dame !


Un autre titre attire notre attention :
  •  L’augmentation du CO2 est une conséquence, pas une cause
Encore un qui pense que depuis 1850 la température a augmenté et que le CO2 a suivi comme un petit chien...

S'il fallait un seul indice pour nous prouver qu'on a affaire à un clown en bonne et due forme, on peut aisément choisir celui-là.

Je ne vais pas détailler toute l'« argumentation » a minima du sieur Brasseur, ce serait lui faire de la publicité à peu de frais, mais je citerai sa dernière phrase qui vaut son pesant de cacahouètes :
  •  En conclusion : préparons-nous à avoir froid, sans savoir à quel point nous aurons froid, et cessons d’écouter les lobbies pour lesquels changement climatique signifie uniquement augmentation des profits.
On se frotte les yeux : « augmentation des profits » il a dit le monsieur ? Il doit parler des industries fossiles je pense, comme c'est un comique il nous fait une antiphrase ironique (oui je sais c'est un pléonasme) du genre « elle est pas moche celle-là » pour décrire un canon, et avec lui ça devient « les lobbies réchauffistes font tout pour que les industries du renouvelable gagnent un max de fric », elle est ben drôle celle-là ça c'est ben vrai ça.


Évidemment tout le monde n'est pas d'accord, et c'est peu de le dire, avec ce qu'on essaie de faire dire à cette scientifique ukrainienne ; et en plus devinez quoi, elle est professeur de mathématiques, oui oui, ça ne s'invente pas, c'est une mathématicienne comme Benoit Rittaud, Bernard Beauzamy et notre nouveau comique que nous venons juste de découvrir, Claude Brasseur. Je vous disais bien au début que les mathématiques sont un véritable vivier de super génies qui vont renverser la table et réécrire la science des deux siècles passés (rappelons que ça a vraiment commencé avec Joseph Fourier en 1824...), sauf que Valentina Zharkova ne prétend nullement bouleverser quoi que ce soit, car contrairement aux trois clowns français elle reste dans son domaine de compétence, elle.

Comme mister Brasseur ne donne pas de lien vers l'article de la scientifique (on ne sait jamais, le lecteur pourrait avoir l'idée saugrenue d'aller vérifier), voyons de près de quoi il s'agit.

Voici le lien vers l'Abstract de la parution datant de novembre 2014 : http://adsabs.harvard.edu/abs/2014ApJ...795...46S (l'article est consultable ici) :
  • A comprehensive spectral analysis of both the solar background magnetic field (SBMF) in cycles 21-23 and the sunspot magnetic field in cycle 23 reported in our recent paper showed the presence of two principal components (PCs) of SBMF having opposite polarity, e.g., originating in the northern and southern hemispheres, respectively. Over a duration of one solar cycle, both waves are found to travel with an increasing phase shift toward the northern hemisphere in odd cycles 21 and 23 and to the southern hemisphere in even cycle 22. These waves were linked to solar dynamo waves assumed to form in different layers of the solar interior. In this paper, for the first time, the PCs of SBMF in cycles 21-23 are analyzed with the symbolic regression technique using Hamiltonian principles, allowing us to uncover the underlying mathematical laws governing these complex waves in the SBMF presented by PCs and to extrapolate these PCs to cycles 24-26. The PCs predicted for cycle 24 very closely fit (with an accuracy better than 98%) the PCs derived from the SBMF observations in this cycle. This approach also predicts a strong reduction of the SBMF in cycles 25 and 26 and, thus, a reduction of the resulting solar activity. This decrease is accompanied by an increasing phase shift between the two predicted PCs (magnetic waves) in cycle 25 leading to their full separation into the opposite hemispheres in cycle 26. The variations of the modulus summary of the two PCs in SBMF reveals a remarkable resemblance to the average number of sunspots in cycles 21-24 and to predictions of reduced sunspot numbers compared to cycle 24: 80% in cycle 25 and 40% in cycle 26. 
On a beau écarquiller les yeux et chercher, chercher, on ne trouve aucune référence à un quelconque refroidissement de la planète, ni à un réchauffement d'ailleurs, pour la simple raison que ce n'est pas le sujet, l'article dit seulement « Cette approche prédit également [...] une réduction de l'activité solaire résultante. » Point barre.

Rien sur l'effet que cela peut avoir sur la Terre, nothing, zilch, nada. Bref, que dalle.

A moins que notre Cloclo national ne fasse référence à cette autre parution plus récente qui date d'octobre 2015 et  dont voici l'Abstract (à noter que Vincent Courtillot n'est jamais cité dans aucune des deux études...) :
  • We derive two principal components (PCs) of temporal magnetic field variations over the solar cycles 21–24 from full disk magnetograms covering about 39% of data variance, with σ = 0.67. These PCs are attributed to two main magnetic waves travelling from the opposite hemispheres with close frequencies and increasing phase shift. Using symbolic regeression analysis we also derive mathematical formulae for these waves and calculate their summary curve which we show is linked to solar activity index. Extrapolation of the PCs backward for 800 years reveals the two 350-year grand cycles superimposed on 22 year-cycles with the features showing a remarkable resemblance to sunspot activity reported in the past including the Maunder and Dalton minimum. The summary curve calculated for the next millennium predicts further three grand cycles with the closest grand minimum occurring in the forthcoming cycles 26–27 with the two magnetic field waves separating into the opposite hemispheres leading to strongly reduced solar activity. These grand cycle variations are probed by α Ω dynamo model with meridional circulation. Dynamo waves are found generated with close frequencies whose interaction leads to beating effects responsible for the grand cycles (350–400 years) superimposed on a standard 22 year cycle. This approach opens a new era in investigation and confident prediction of solar activity on a millenium timescale.
En résumé « La courbe sommaire calculée pour le prochain millénaire prédit [...] une activité solaire fortement réduite. »

Là non plus aucune référence à un quelconque impact sur le climat terrestre, aucun lien n'étant fait entre activité solaire et températures de notre atmosphère.

Mais peut-être que ce qui a troublé notre sieur Brasseur est la phrase suivante « [...] cycles 25–27 marks a clear end of the modern grand period that can have significant implications for many aspects of solar activity in human lives including the current debate on climate change. » ?

Vous savez qu'il en faut peu pour troubler un climatosceptique qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez ou qui est payé pour raconter des conneries.

Alors laissons la parole à la principale intéressée qui s'exprimait sur le site iflscience :
  • We didn't mention anything about the weather change, but I would have to agree that possibly you can expect it [a mini ice age]
  • It will be cold, but it will not be this ice age when everything is freezing like in the Hollywood films,
  • During the minimum, the intensity of solar radiation will be reduced dramatically. So we will have less heat coming into the atmosphere, which will reduce the temperature.
  • However, Zharkova ends with a word of warning: not about the cold but about humanity's attitude toward the environment during the minimum. We must not ignore the effects of global warming and assume that it isn't happening. “The Sun buys us time to stop these carbon emissions,” Zharkova says. The next minimum might give the Earth a chance to reduce adverse effects from global warming.
En bref, il y aura moins d'énergie en provenance du soleil, donc cela aura un effet refroidissant sur les températures terrestres, cependant comme le réchauffement climatique lié à l'activité humaine est une réalité cela ne fera que donner un répit à la Terre, répit que nous devrions mettre à profit pour réduire nos émissions.

En fait le site iflscience nous dit que ce soi-disant « mini âge de glace » ne serait rien d'autre qu'une immense bourde journalistique :
  • This month [juillet 2015] there’s been a hoopla about a mini ice age, and unfortunately it tells us more about failures of science communication than the climate. Such failures can maintain the illusion of doubt and uncertainty, even when there’s a scientific consensus that the world is warming.
  • The first failure of science communication is present in the Royal Astronomical Society press release from July 9. It says that “solar activity will fall by 60 per cent during the 2030s” without clarifying that this “solar activity” refers to a fall in the number of sunspots, not a dramatic fall in the life-sustaining light emitted by the sun.
  • The press release also omits crucial details. It does say that the drop in sunspots may resemble the Maunder minimum, a 17th century lull in solar activity, and includes a link to the Wikipedia article on the subject. The press release also notes that the Maunder minimum coincided with a mini ice age.
  • But that mini ice age began before the Maunder minimum and may have had multiple causes, including volcanism.
  • In plain English, the small change in sunlight reaching the Earth during a new Maunder minimum wouldn’t be enough to reverse climate change.
    •  Traduction : la faible variation de la lumière atteignant la Terre durant un nouveau minimum de Maunder ne serait pas suffisante pour contrecarrer le changement climatique.
Nous pouvons avoir la confirmation qu'il n'y aura nul besoin de se munir de gros pull en faisant tourner le chauffage à fond en lisant une autre littérature que Contrepoints ou Skyfall, par exemple :

futura-sciences
  • À en croire une publication récente d'un groupe de physiciens solaires, à partir de 2030, la Terre s'acheminerait vers un mini âge glaciaire similaire à celui du minimum de Maunder, survenu entre 1645 et 1715. En réalité, ces chercheurs se sont limités à prédire une baisse de l'activité du Soleil d'ici 15 ans et tout indique que ce phénomène n'affectera pas vraiment le réchauffement climatique en cours.

hotwhopper
  • I've added an update to the article. I've transcribed an interview by Radio National NZ with Valentina Zharkova. (h/t Hot Topic NZ) Looks as if she's a climate science denier which detracts from her credibility. It shouldn't make any difference to her theory - but given her rejection of climate science, I suggest waiting till the solar experts take a look at her solar theory.
    See here.
  • I've just listened to a NZ Radio National interview with Valentina Zharkova (h/t Hot Topic NZ). She comes across as another "it's the sun" person who doesn't understand climate. So she isn't to be taken seriously when it comes to climate. That doesn't mean that she's wrong about her magnetic harmonic dynamo theory. It does mean she is way out in her estimate of what it will mean for climate.

skeptic
  • She [Valentina Zharkova] works on solar magnetism, but has absolutely no training in atmospheres or climate science.  
phys
  • If, in the near future, there is a minimum of solar activity, it would offer an opportunity to see what happens with the climate dynamics and test existing theories about the influence of . Even if we start from the simple knowledge of the cyclicality of the sun, it can be said that it's already time for a hundred-year minimum - the previous one happened in the beginning of the 20th century. Of course, it is necessary to take into account the effect of other factors and processes in the atmosphere; however, the challenges have always intrigued scientists [says Elena Popova]
bad_astronomy
  • Sheesh, the global warming denial industry is cranked—and I do mean cranked—into overdrive. The latest is a rehash of an old claim that we may be headed for a “mini–ice age” due to changes in the Sun’s magnetic activity affecting its output.
  • Let me be very clear: no. I’ll repeat: NO. The overwhelming majority of scientists do not think this can happen. While changes in the Sun’s activity have a very marginal effect on global warming and/or cooling, human contributions to carbon dioxide in our atmosphere completely overwhelm the Sun’s influence. It’s like tapping on your brakes as your car plunges headlong into a brick wall at 100 kilometers per hour.
  •  The funny thing is, I debunked this Sun-influenced cooling idea back in 2011! I’ll be interested to see if Zharkova puts out a paper on this, but even if the Sun’s magnetic activity does lower, it almost certainly won’t cause any real cooling (at best it might slow warming a bit). 
  •  There has been research asking what would happen if it is weak next time and concludes it will have moderate localized effects—not global cooling. In fact, the very first line of the abstract of that paper is this:
    Any reduction in global mean near-surface temperature due to a future decline in solar activity is likely to be a small fraction of projected anthropogenic warming.
nature
  • Any reduction in global mean near-surface temperature due to a future decline in solar activity is likely to be a small fraction of projected anthropogenic warming. However, variability in ultraviolet solar irradiance is linked to modulation of the Arctic and North Atlantic Oscillations, suggesting the potential for larger regional surface climate effects. Here, we explore possible impacts through two experiments designed to bracket uncertainty in ultraviolet irradiance in a scenario in which future solar activity decreases to Maunder Minimum-like conditions by 2050. Both experiments show regional structure in the wintertime response, resembling the North Atlantic Oscillation, with enhanced relative cooling over northern Eurasia and the eastern United States. For a high-end decline in solar ultraviolet irradiance, the impact on winter northern European surface temperatures over the late twenty-first century could be a significant fraction of the difference in climate change between plausible AR5 scenarios of greenhouse gas concentrations.
climatenewsnetwork
  • European scientists have dug deep to dismiss once again the old argument that climate change might be a consequence of solar radiation rather than atmospheric chemistry.
  • The world is warming, they confirm, because more greenhouse gases are getting into the atmosphere, and the changes in the solar cycle are not a significant factor.


Sans surprise, en consultant l'Internet on remarque que la thèse du prochain âge glaciaire est reprise par les seuls usual suspects, à savoir les sites climatosceptiques, complotistes, fascistes, libéraux, etc.

J'ai quand même été étonné de voir dans les commentaires de l'article de Contrepoints une plus forte proportion que d'habitude de gens sensés ; on y retrouve notre ami Robert qui patiemment essaie d'éduquer un habitué des lieux en la personne d'Ilmryn, mais à mon avis c'est peine perdue, cependant Robert mérite un grand coup de chapeau pour son opiniatreté ; mais il y a également les dénommés No Soul, VB, Djamal ou ralebol ; face à eux l'habituelle cohorte des bas du front qui ressassent les mêmes poncifs parfois agrémentés d'humour de mauvaise qualité, cependant j'ai l'impression que même sur un site libéral comme Contrepoints la résistance s'organise et que les faits commencent peu à peu à s'imposer.


samedi 2 mars 2019

François Gervais, Christian Gérondeau, Jean-Marc Bonnamy, même combat, à l'extrême droite bien sûr !

Je ne peux pas dire avec certitude si les trois lascars mentionnés dans le titre sont bien d'extrême droite, par contre ce que je peux assurer c'est que l'extrême droite aime bien les trois lascars mentionnés dans le titre !

Commençons par François Gervais qui a les honneurs d'Alain Soral dans un article sur Egalité et Réconciliation intitulé François Gervais – L’urgence climatique est un leurre ; le site d'extrême droite bien connu y fait la promotion du dernier bouquin de Gervais en mentionnant la vidéo que nous avons déjà passée en revue en la décortiquant et en la démontant en petits morceaux (ici, ici ou ici)

Evidemment il ne faut pas demander à Alain Soral et à son équipe brune d'analyser l'argumentation boiteuse de Gervais, il se contente d'en faire la promotion, c'est tout, parce que le climatoscepticisme est tout simplement soluble dans le fascisme, le racisme et tout ce qui va avec, ce qui ne veut pas dire que tous les climatosceptiques sont fascistes ou raciste (entre autres) mais qu'il y a une bonne compatibilité entre les deux courants : si vous êtes d'extrême droite il y a de très fortes chances que vous soyez climatosceptique, et si vous êtes climatosceptique les chances que vous soyez d'extrême droite sont loin d'être nulles.

On retrouve en effet dans chaque cas des teintes complotistes, du genre « ils » nous obligent à faire ceci ou cela, ou « ils » nous taxent en prétextant ceci ou cela, ou « ils  » nous contrôlent/manipulent/exploitent/mentent (liste non exhaustive), le « ils », après avoir longtemps désigné essentiellement les Juifs, servant aujourd'hui à montrer du doigt, en plus des Juifs, toute une panoplie de gens ou d'organismes qui soi-disant dirigeraient le monde en catimini depuis des bureaux/laboratoires/officines feutrés situés on ne sait trop où.

Il suffit de jeter un coup d'œil aux sujets voisins de Gervais que nous propose le site :

Encore une fois, le fait que Gervais soit mentionné par un site fasciste ne signifie pas qu'il est lui-même fasciste, on aimerait cependant qu'il se désolidarise, mais quand on voit qu'il accepte une interview télévisée sur une vidéo de Solidarité et Progrès on peut avoir quelques doutes...Même si Cheminade n'est pas taxé d'antisémitisme et semble hostile au FN (RN maintenant) ses idées ne sont pas franchement de gauche et le fait que Soral fasse de la pub pour sa chaine n'est pas vraiment un signe d'animosité réelle entre les deux hommes.

François Gervais en bonne compagnie chez Alain Soral.





























Les commentaires permettent de se faire une idée du niveau intellectuel des lecteurs du site, en voici un exemple révélateur :


Le réchauffement climatique fait partie de la plus grande escroquerie du siècle .C’est une façon de taxer le contribuable sans qu’il puisse avoir aucune preuve des thèses avancées . La France est l’un des pays qui pollue le moins, et qui est même en recule de pollution . Tout ceci est bidon comme beaucoup de taxes que nous payons, sans savoir pourquoi ... Exemple, la taxe sur l’eco-participation, taxe inodore, 0.30 cts à gauche, 0.25 cts à droite etc. etc. que personne ne calcule, mais qui rapporte un max .

Ou alors, encore mieux :

On comprend pourquoi le Gouvernement de la France sort une loi anti-fake news. Comme il est le champion des fausses nouvelles, il tient à garder le monopole =
1) 11 septembre
2) Crimée
3) Syrie
4) Linky
5) Réchauffement climatique

Nous voyons immédiatement à qui nous avons affaire.

Mais Gervais n'est pas le seul à se frotter à des gens peu recommandables, il y a aussi Christian Gérondeau qui a les honneurs du Carrefour de l'Horloge avec cette vidéo intitulée Les mensonges du mythe réchauffiste.

Rappelons que le Carrefour de l'Horloge s'appelait avant le Club de l'Horloge et qu'il est classé « entre droite et extrême droite » ; l'un de ses créateurs n'est nul autre qu'Henry de Lesquen dont j'ai déjà parlé à deux occasions.

Et Wikipédia de nous préciser que cette honorable association « intervient dans le débat d'idées en mettant en avant la liberté économique, la souveraineté du peuple et l'identité de la nation. »

Faut-il rajouter que Gérondeau intervenait dans la vidéo pour vendre son bouquin intitulé Climat : la grande manipulation, mais il est vrai qu'en matière de manipulation nous sommes en présence de véritables spécialistes quand il s'agit de climatosceptiques qui se proposent de vous en parler.

Je n'ai pas visionné la vidéo, n'ayant pas particulièrement de temps à perdre et me doutant un peu de ce qui va se dire quand je vois le mot manipulation associé au climat ; voir plus haut ce que je disais sur le complotisme, vous comprendrez ma réticence à passer une heure à écouter des fariboles.

Le dernier à fricoter avec la partie fangeuse de l'échiquier idéologico-politique est Jean-Marc Bonnamy, un bonhomme qu'on commence à voir un peu partout maintenant, soi-disant scientifique mais apparemment peu prolifique si l'on en juge par ses publications (95 résultats sur Google Scholar...) et dont la tête inspire une confiance sans limite :

Jean-Marc Bonnamy, la nouvelle égérie des climatosceptiques ?
Le livre de ce monsieur, Réchauffement climatique, le pavé dans la mare, bénéficie d'une publicité très complaisante sur le site du Boulevard Voltaire, celui-là même lancé par Robert Ménard, un sympathisant de l'extrême droite qui ne s'en cache pas et qui dirige sa ville, Béziers, de la même façon que Jacques Bompard se charge de la sienne, Orange ; je ne sais pas si ces deux villes sont correctement gérées ou pas, le fait est que leurs maires sont bien classés à la droite extrême, c'est-à-dire bien plus à droite que le Parti Républicain, lequel fait de temps en temps les yeux doux en leur direction (les électeurs n'ont pas d'odeur et quand il s'agit d'en grapiller quelques uns de plus…)

Sur le site du Boulevard Voltaire c'est une vieille connaissance qui fait l'éloge de notre « bon ami », en la personne de Claude Brasseur dont j'ai déjà fait part des élucubrations ; ainsi notre clown Brasseur (bien plus mauvais que son homonyme acteur) n'hésite pas à écrire en introduction à la critique amicale qu'il fait du torchon de Bonnamy :
Le cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU) vient de paraître. Son contenu scientifique est nul, il ne comporte que des affirmations sans démonstration… des prévisions apocalyptiques montrant bien que le GIEC est aux abois : il doit absolument entretenir notre terreur des lendemains chaotiques malgré l’absence d’élévation notable de la température en Europe… malgré le froid ailleurs.
Il est remarquable de noter que ce texte date...de novembre 2018 ! Il est donc récent et prouve que notre charlatan du jour vit toujours dans sa grotte sans se tenir informé de ce qui se passe à l'extérieur, sans parler de sa méconnaissance totale du sujet et de son incompétence manifeste.

Et on rêve quand on voit écrit sous la plume de ce bouffon ce qui suit :
Les élucubrations du GIEC ne peuvent qu’éveiller la méfiance de toute personne un peu cultivée, douée d’esprit critique !
Le gars transpose tout bonnement ses propres élucubrations en les attribuant au GIEC qui, rappelons-le, n'est pas une personne mais un organisme qui résume les travaux de milliers de scientifiques répartis sur toute la planète ; et il ose évoquer un  « esprit critique » dont il n'a de toute évidence aucun échantillon sur lui !

Mais le plus beau c'est la partie publicité (gratuite ?) :
Si vous avez du bon sens mais pas nécessairement de grandes compétences scientifiques, lisez le livre de Jean-Marc Bonnamy, Réchauffement climatique : le pavé dans la mare. Cet ingénieur, consultant pour les Nations unies, qui suit pas à pas la thèse du GIEC, a formulé de façon rigoureusement scientifique la preuve que le gaz carbonique (CO2) ne pouvait être cause d’aucun réchauffement.
Aie aie aie, encore un ingénieur retraité, donc, qui passe son temps comme certains autres à causer d'un sujet qu'il ne maitrise en aucune façon afin de vendre sa camelote et arrondir ses fins de mois, il faut croire qu'une retraite d'ingénieur n'est pas suffisante pour assurer le train de vie de cet énergumène qui serait « consultant pour les Nations unies », ce dont on peut douter sérieusement.

En effet, difficile de savoir qui est ce Bonnamy qui n'a aucun Wiki dédié à sa personne, un profil Viadeo indiquant un Jean-Marc Bonnamy retraité sans aucune autre précision et sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit de la bonne personne, par contre sur ce site on peut lire ce portrait :
Ancien élève de l'Ecole polytechnique, Jean-Marc Bonnamy a successivement été ingénieur des travaux publics, expert climatologue pour la FAO, directeur de département à l'Institut français du pétrole. Spécialiste de l'Asie du Sud-Est, il y a dirigé des filiales de sociétés françaises et créé sa propre entreprise de conseil avant de rejoindre l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel dont il a dirigé les représentations au Vietnam, au Sri Lanka et en Inde, avant d'entamer une carrière de consultant pour les Nations Unies et la Communauté européenne qui l'a amené à effectuer des missions ponctuelles dans une dizaine de pays.
S'il est retraité, ce qui parait être le cas quand on le voit sur la vidéo, tout cela appartient au passé et on remarquera que, dans l'ordre chronologique, il a été
  1. ingénieur des travaux publics, un titre qui n'a pas à première vue de réel rapport avec le climat ;
  2. expert climatologue pour la FAO, et là on se demande comment on peut passer des travaux publics à la climatologie dans le domaine de la nourriture et de l'alimentation ;
  3. enfin directeur à l'IFP, ce qui est peut-être le plus important (et le plus plausible) dans l'histoire.
Il aurait donc ensuite terminé sa carrière comme consultant pour les Nations unie, mais je suis curieux de savoir quelles étaient ses « recommandations » et le sort que les Nations unies leur ont réservées ; si quelqu'un a de la documentation à ce sujet qu'il se fasse connaitre.

Nous terminerons ce billet par la dernière phrase de Claude Brasseur dans son éloge Bonnamycien :
Le GIEC est mort mais il ne le sait pas encore.
Que nous traduirons ainsi :
Tous ces vieux messieurs seront bientôt morts et oubliés mais ils ne le savent pas encore. 
On sent un certain abattement, bientôt la fin ?

Cela dit nous souhaitons longue vie à monsieur Bonnamy, car il faut avouer qu'il nous fait bien rire.


mercredi 15 janvier 2020

Zharkova vs Resplandy

Laure Resplandy


On se souvient de Laure Resplandy, cette océanographe spécialisée en biochimie, qui avait été auteure principale d'une étude intitulée Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition qui a beaucoup fait parler d'elle il y a un peu plus d'un an ; en effet, cette étude, qui a été finalement rétractée le 25 septembre 2019 dans Retraction Note: Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition, avait eu toute l'attention d'un certain Nic Lewis qui avait très rapidement vu que le traitement statistique de la marge d'incertitude était erroné ; la note dit en substance :
Shortly after publication, arising from comments from Nicholas Lewis, we realized that our reported uncertainties were underestimated owing to our treatment of certain systematic errors as random errors. 
Peu après la publication, à la suite des commentaires de Nicholas Lewis, nous avons réalisé que nos incertitudes déclarées étaient sous-estimées en raison de notre traitement de certaines erreurs systématiques comme des erreurs aléatoires.
Les auteurs, en revoyant leur copie, trouvèrent d'autres erreurs que Nic Lewis avait semble-t-il laissé passer :
In addition, we became aware of several smaller issues in our analysis of uncertainty.
De plus, nous avons pris conscience de plusieurs problèmes de moindre importance dans notre analyse de l'incertitude.
Cependant l'étude demeurait valable dans son principe, puisque seule la marge d'incertitude devait être revue à la hausse :
Although correcting these issues did not substantially change the central estimate of ocean warming, it led to a roughly fourfold increase in uncertainties, significantly weakening implications for an upward revision of ocean warming and climate sensitivity.
Bien que la correction de ces problèmes n'ait pas modifié sensiblement l'estimation centrale du réchauffement de l'océan, elle a multiplié par quatre environ les incertitudes, ce qui a considérablement affaibli les implications d'une révision à la hausse du réchauffement de l'océan et de la sensibilité du climat.
Les auteurs, respectant donc une certaine déontologie, ont pris la décision de purement et simplement rétracter le papier original :
Because of these weaker implications, the Nature editors asked for a Retraction, which we accept. 
En raison de ces implications plus faibles, les rédacteurs de Nature ont demandé une Rétractation, que nous acceptons.
Cependant ils restent persuadés que leurs résultats sont valides sur le principe et ont décidé de publier dès que possible un nouveau papier dans une autre revue :
Despite the revised uncertainties, our method remains valid and provides an estimate of ocean warming that is independent of the ocean data underpinning other approaches. The revised paper, with corrected uncertainties, will be submitted to another journal. The Retraction will contain a link to the new publication, if and when it is published.
Malgré les incertitudes révisées, notre méthode reste valable et fournit une estimation du réchauffement de l'océan qui est indépendante des données océaniques qui sous-tendent les autres approches. L'article révisé, avec les incertitudes corrigées, sera soumis à une autre revue. La rétractation contiendra un lien vers la nouvelle publication, si et quand elle sera publiée.
Nous en sommes aujourd'hui là et attendons ce nouveau papier afin de voir si monsieur Nic Lewis trouvera encore une fois à redire sur le traitement statistique des incertitudes ou bien sur tout autre chose.

Valentina Zharkova


Ce cas de figure est à mettre en parallèle avec celui de Valentina Zharkova, professeur de mathématiques à l'Université anglaise de Northumbria à Newcastle ; j'ai déjà écrit sur cette dame, notamment dans Et encore un clown mathématicien, un ! où j'évoquais les délires du mathématicien (encore un) Claude Brasseur, certainement un clone de Benoit Rittaud, qui rebondissait sur les récents travaux de Zharkova (voir Prediction of Solar Activity from Solar Background Magnetic Field Variations in Cycles 21-23) afin de prédire l'arrivée d'un imminent âge glaciaire !

Zharkova est donc devenue une figure emblématique, une sorte d'idole, annonçant une petite faiblesse du soleil que nos bons amis climatosceptiques ont immédiatement interprétée comme une baisse à venir des températures terrestres, malgré un bémol de la chercheuse qui avait précisé dans There Probably Won't Be A “Mini Ice Age” In 15 Years :
We must not ignore the effects of global warming and assume that it isn't happening. “The Sun buys us time to stop these carbon emissions,” Zharkova says. The next minimum might give the Earth a chance to reduce adverse effects from global warming.
Nous ne devons pas ignorer les effets du réchauffement de la planète et supposer qu'il ne se produit pas. "Le Soleil nous permet de gagner du temps pour arrêter ces émissions de carbone", dit Zharkova. Le prochain minimum pourrait donner à la Terre une chance de réduire les effets néfastes du réchauffement de la planète.
Cette « petite phrase » était passée complètement inaperçue aux yeux de ceux qui ont décidé une fois pour toute que non seulement il n'y avait pas d'effet de serre dû au CO₂ mais qu'en plus si le soleil se mettait à faiblir cela ne pouvait se traduire qu'en une baisse des températures puisque pour eux SEUL le Soleil peut avoir une influence sur notre climat.

Bien que Zharkova ait émis ce bémol en son temps, probablement afin de ne pas trop perdre en crédibilité, elle semble persuadée que le Soleil est un élément majeur bien supérieur aux gaz à effet de serre, allez savoir pourquoi, peut-être a-t-elle été grisée par le succès rencontré auprès des neuneus de la planète et s'est-elle dit qu'après tout il y avait un créneau à exploiter, si quelqu'un a une idée qu'il le fasse savoir, toujours est-il que très récemment elle sort un papier intitulé Oscillations of the baseline of solar magnetic field and solar irradiance on a millennial timescale dans lequel elle se propose de nous informer que
[t]he solar inertial motion means for the Earth that the distance between the Sun and the Earth has to significantly change (up to 0.02 of a.u) at the extreme positions of SIM, and so does the average solar irradiance, which is inversely proportional to the squared distance between the Sun and Earth. 
Le mouvement inertiel solaire signifie pour la Terre que la distance entre le Soleil et la Terre doit changer de manière significative (jusqu'à 0,02 u.a.) aux positions extrêmes du SIM, de même que l'irradiance solaire moyenne, qui est inversement proportionnelle au carré de la distance entre le Soleil et la Terre.
Le SIM en question est le Solar Inertial Motion que l'on peut traduire mot pour mot par « mouvement inertiel solaire » ; la thèse de Zharkova est donc que la distance Terre-Soleil varierait, comme nous l'explique Ken Rice dans Nature Scientific Reports
This seems to be suggesting that the typical, or average, distance of the Earth from the Sun can change quite substantially due to the motion of the Sun around the barycentre of the Solar System. 
Cela semble indiquer que la distance typique, ou moyenne, de la Terre par rapport au Soleil peut changer de façon assez importante en raison du mouvement du Soleil autour du barycentre du système solaire.
Je ne suis pas mathématicien et j'ai donc dû consulter la définition d'un barycentre sur Wikipédia :
La notion de barycentre est utilisée en physique notamment pour déterminer le point d'équilibre d'un ensemble fini de masses ponctuelles.
Je comprends de cette définition (merci aux matheux de me corriger et/ou d'apporter leur pierre à l'édifice) que le Soleil tourne autour d'un point immatériel en bougeant sans cesse dans toutes les directions mais revient toujours à l'équilibre, lequel constitue le barycentre ou point autour duquel le Soleil tournerait continûment s'il n'était pas soumis à des forces qui perturbent ses mouvements (j'espère que j'ai au moins la moyenne barycentrique sur ce coup…)

Et Zharkova d'en déduire que ces mouvements du Soleil autour de son barycentre entrainent des variations de distance avec ses planètes et avec la Terre en particulier (les autres on s'en fiche un peu non ?)

Sauf que...sauf que c'est tout simplement faux !

Ken Rice


Ken Rice est professeur d'astrophysique à l'Université d'Edinburgh, on peut donc présumer qu'il connait un peu mieux le sujet qu'une simple mathématicienne comme Zharkova ; c'est pourquoi il vient de publier hier un nouvel article sur son blog, intitulé Zharkova et al.: an update, dans lequel il nous informe que le papier de Zharkova a finalement été rétracté...euh non, en fait le papier n'a toujours pas été rétracté alors qu'il a été publié il y a plus de six mois maintenant...et qu'il s'avère qu'il est manifestement erroné !

Rice nous montre un fil de discussion (voir pubpeer) dans lequel Zharkova le traite de haut, par exemple :
Mr Ken Rice claims that he does simulations. However, he seems does not manage to capture that of Sun moves about the barycentre than by default has to be closer to one part of planetary orbit and further from another.
M. Ken Rice affirme qu'il fait des simulations. Cependant, il semble qu'il ne parvienne pas à saisir les mouvements du Soleil autour du barycentre alors que, par défaut, il doit être plus proche d'une partie de l'orbite planétaire et plus éloigné d'une autre.
Zharkova donnant des leçons d'astrophysique à un professeur d'astrophysique, cela s'appelle comment ?

Geoff Sharp


Mais Rice n'est pas le seul à trouver le papier de Zharkova plus que faible...il y a aussi un certain Geoff Sharp, qui n'est ni mathématicien ni astrophysicien mais qui a des arguments qu'il expose dans Zharkova et al 2019, A Science Disaster, un titre qu'il n'est pas nécessaire de traduire (si ?) ; nous apprenons au passage que la môme Zharkova s'est permis d'utiliser un graphe que Sharp avait publié auparavant, voici ce qu'il nous dit :
Many hundreds of comments were directed at Zharkova, but she refused to take any criticism on board, her vanity more important than the truth. Calls were made to her to produce proof of her claims and in particular a graph of the Earth/Sun distances based on the JPL data. Back in 2010 I produced such a graph/plot which also included the Earth/SSB distances, I posted this plot (the plot at the head of this post) on the Tallbloke blog (and had done many times previously) while waiting for the Pubpeer team to approve my registration request. When I finally logged into the Pubpeer platform to my surprise Zharkova had just produced with the help of her team the required plot, BUT the plot was MY plot from 2010.
Plusieurs centaines de commentaires ont été adressés à Zharkova, mais elle a refusé de prendre en compte toute critique, sa vanité étant plus importante que la vérité. Des appels lui ont été adressés pour qu'elle produise des preuves de ses affirmations et en particulier un graphique des distances Terre/Soleil basé sur les données du JPL. En 2010, j'ai produit un tel graphe/tracé qui incluait également les distances Terre/Soleil, j'ai posté ce graphe (le tracé en tête de ce billet) sur le blog Tallbloke (et l'avais fait plusieurs fois auparavant) en attendant que l'équipe Pubpeer approuve ma demande d'inscription. Lorsque je me suis finalement connecté à la plateforme Pubpeer, à ma grande surprise, Zharkova venait de produire avec l'aide de son équipe le graphe requis, MAIS le graphe était MON graphe de 2010.
Bref Sharp accuse ni plus ni moins Zharkova de plagiat, mais on ne va pas s'arrêter à si peu ; en effet, deux des réviseurs viennent de publier un « feedback », ce que l'on peut traduire par retour d'expérience étant donné qu'ils se sont apparemment rendu compte que des choses leur avaient échappées lors de leur première revue qui a mené à la publication du papier de Zharkova. Le comité de rédaction (editorial board) précise dès le début :
The concerns raised are relevant only to the section of the paper "Effects of SIM on a temperature in the terrestrial hemispheres”
Les préoccupations soulevées ne concernent que la section du document "Effets du SIM sur une température dans les hémisphères terrestres".
Bref il y aurait des « préoccupations » concernant la soi-disant variation de distance Terre-Soleil et ses effets sur les températures, rien que ça. Et d'ajouter quelques lignes plus bas :
The motion of the Earth is not directly affected by SIM, but it is highly correlated with it, because the tidal perturbations from Jupiter and other outer planets that are responsible for SIM are nearly the same on the Sun and the Earth. The reason is easily understood: the Sun-Earth separation is small compared to the distances to Jupiter and the other giant planets, so the Sun and Earth “see” nearly the same gravitational field from the outer planets, and thus they move together. 
Le mouvement de la Terre n'est pas directement affecté par le SIM, mais il est fortement corrélé avec lui, car les perturbations de marée de Jupiter et d'autres planètes extérieures qui sont responsables du SIM sont presque les mêmes sur le Soleil et la Terre. La raison en est facile à comprendre : la séparation Soleil-Terre est petite par rapport aux distances à Jupiter et aux autres planètes géantes, de sorte que le Soleil et la Terre " voient " presque le même champ gravitationnel des planètes extérieures, et donc ils se déplacent ensemble.
Ce que l'on peut résumer ainsi : le Soleil et la Terre dansent la même valse avec les mêmes pas (merci encore une fois de me corriger si vous n'êtes pas d'accord avec mon interprétation) et par conséquent ni ne se rapprochent ni ne s'éloignent en raison des mouvements de marée provoqués par les autres planètes telles que Jupiter.

Cependant la distance entre la Terre et le Soleil évolue bien, mais pas pour cette raison, ce qui est très bien expliqué par Ken Rice :
It’s well known that there is a slow change in the eccentricity of the Earth’s orbit; it goes from being almost circular, to being slightly elliptical.

This does indeed then lead to a slow change in the perhelion (sic) distance. However, there is an equivalent, but opposite, change in the aphelion distance, so that the average distance remains unchanged.
Il est bien connu qu'il y a un lent changement dans l'excentricité de l'orbite de la Terre ; elle passe d'une orbite presque circulaire à une orbite légèrement elliptique.

Cela conduit en effet à un lent changement de la distance au périhélie. Cependant, il y a un changement équivalent, mais opposé, de la distance aphélie, de sorte que la distance moyenne reste inchangée.
Pourquoi Rice précise-t-il cela ? Eh bien tout simplement parce que Zharkova, tout en admettant qu'elle s'est trompée sur le SIM et une supposée variation de la distance Terre-Soleil, se trompe lourdement une deuxième fois en affirmant qu'il y aurait
still quite a substantial change in the Earth-Sun distance on century timescales. 
encore un changement assez substantiel de la distance Terre-Soleil sur des échelles de temps d'un siècle.
Et changement qui serait dû à quoi ? Ben au changement d'excentricité de l'orbite de la Terre ! Le seul problème c'est que Zharkova ne tient compte que du périhélie, c'est-à-dire quand la Terre est au plus près du Soleil, en négligeant son aphélie, soit quand la distance entre les deux est maximale.

C'est en fait Geoff Shark qui a remarqué la boulette, il écrit d'ailleurs ceci dans son article :
The team in some sort of attempt to regain prestige looked into the JPL data perhaps desperate to find some variation in the Sun/Earth distance, and this is where they come up with "Valentina's Trick". The Earths orbit is gradually moving to a circular shape before once again moving to a more elliptical shape. When the orbit is elliptical the Sun sits over to one side thus generating a longer (Aphelion) distance at around July 4 and a shorter distance (Perihelion) around January 4. As the orbit becomes more round the Aphelion shortens and the Perihelion lengthens, this is where the "Trick" happens.

Zharkova et al in their erratum have plotted the future Aphelion distances stating that this value represents the average Sun/Earth distance going forward. As I already showed them in the pubpeer forum if you plot the Perihelion distance the Sun/Earth distance INCREASES going forward. Taken as a whole the Sun/Earth distance is not declining and there is certainly no "SIM" effect on our orbit.
L'équipe, dans une sorte de tentative pour regagner du prestige, a examiné les données du JPL, peut-être dans le but désespéré de trouver une variation de la distance Soleil/Terre, et c'est là qu'elle a trouvé le " truc de Valentina ". L'orbite de la Terre se déplace graduellement vers une forme circulaire avant de prendre à nouveau une forme plus elliptique. Lorsque l'orbite est elliptique, le Soleil se trouve sur un côté, ce qui génère une distance plus longue (Aphelion) vers le 4 juillet et une distance plus courte (Perihelion) vers le 4 janvier. Lorsque l'orbite devient plus ronde, l'Aphélie se raccourcit et le Périhélie s'allonge, c'est là que le "truc" se produit.

Zharkova et al dans leur erratum ont tracé les distances futures de l'Aphélie en indiquant que cette valeur représente la distance moyenne Soleil/Terre à l'avenir. Comme je leur ai déjà montré dans le forum de pubpeer, si vous tracez la distance Périhélie, la distance Soleil/Terre AUGMENTERA à l'avenir. Pris dans son ensemble, la distance Soleil/Terre ne diminue pas et il n'y a certainement pas d'effet "SIM" sur notre orbite.
Et de conclure :
So the Sun/Earth distance is not declining 0.0025AU every 1000 years going forward, and there is no change at 2600AD as suggested by the team. The reputation of this once prestigious Journal is in the balance, hopefully they redeem themselves and reject the original paper along with the erratum.
Donc la distance Soleil/Terre ne diminue pas de 0,0025AU tous les 1000 ans à l'avenir, et il n'y a pas de changement en 2600AD comme le suggère l'équipe. La réputation de cette revue autrefois prestigieuse est en jeu, espérons qu'elle se rachète et qu'elle rejette l'article original ainsi que l'erratum.
Le problème est donc que dans l'erratum produit par Zharkova et les réviseurs, aucun d'entre eux n'a corrigé cette erreur grossière, ils se sont contentés d'admettre uniquement l'erreur dans le papier d'origine.


Que constate-t-on ?


Laure Resplandy s'est faite incendier par tout le troupeau climatosceptique beuglant à l'unisson que son papier c'était du grand n'importe quoi ; j'ai eu par exemple droit au commentaire suivant dont je donne un extrait :
Ce qui est grave , c'est que cette erreur grossière n'aient pas été détectée et la (sur) réaction des gens comme vous et des médias . Elle est symptomatique du climat pourri instauré par les militants/activistes du climat.
Précisons que Laure Resplandy n'est pas statisticienne et qu'elle a certainement quelques lacunes dans ce domaine, sa seule faute en tant qu'auteure principale a donc été de ne pas faire réviser ses calculs d'incertitude par un professionnel, voire deux ou trois pour faire bonne mesure, mais son travail a quand même été jugé remarquable car original, son approche n'ayant jamais été tentée auparavant.

Cela-dit il ne lui a fallu que quelques jours après les remarques de Nic Lewis pour admettre qu'il y avait un problème avec les incertitudes et une mise à jour a rapidement été publiée en annexe du papier le 19 novembre 2018, soit 20 jours seulement après sa publication le 31 octobre 2018 :
Editor’s Note: We would like to alert readers that the authors have informed us of errors in the paper. An implication of the errors is that the uncertainties in ocean heat content are substantially underestimated. We are working with the authors to establish the quantitative impact of the errors on the published results, at which point in time we will provide a further update.
Note de la rédaction : Nous tenons à informer les lecteurs que les auteurs nous ont signalé des erreurs dans le document. Ces erreurs impliquent que les incertitudes relatives au contenu thermique de l'océan sont considérablement sous-estimées. Nous travaillons avec les auteurs pour établir l'impact quantitatif des erreurs sur les résultats publiés, et nous ferons alors une nouvelle mise à jour.
Et nous avons vu que l'étude a finalement été rétractée le 25 septembre 2019.

Quant à Valentina Zharkova, qui n'est que mathématicienne et se permet de faire la leçon à un astrophysicien, nous attendons toujours la rétractation de son torch…, pardon, de son papier, ce qu'elle ne devrait pas tarder à faire incessamment sous peu, n'est-ce pas monsieur BenHague ?

Oui car c'est BenHague qui me reprochait ma « réaction » et qui relevait le « climat pourri instauré par les militants/activistes du climat ».

Mais il est vrai que pour lui et sa bande il n'y a pas de climat pourri dans leur petite sphère où l'air n'a pas dû être recyclé depuis longtemps, ce qui explique probablement les nombreuses pertes de connaissances que l'on peut remarquer chez eux.

Et je vous fiche mon billet que le clown Pierre Gosselin continuera à publier sur son blog des papiers comme celui de Zharkova démontrant sans aucun doute possible que le CO₂ n'est pour rien dans l'augmentation des températures.

Et je vous refiche un autre billet qu'il y aura quelqu'un sur Skyfall qui citera Gosselin mentionnant Zharkova, c'est comme si c'était écrit dans les astres, vous pouvez donc me faire confiance.

On parie ?


jeudi 22 novembre 2018

Nous allons vers un nouvel âge de glace, ou le mécanisme d'une fausse information

Il en faut peu pour faire prendre aux gens des vessies pour des lanternes (ou l'inverse)

Ainsi il a suffi que le site metro.co.uk titre A mini ice age could be on the way which means it will get very, very cold (Un mini âge de glace pourrait être sur le chemin ce qui signifie qu'il va faire très, très froid) pour déclencher une réaction en chaine dans nombre de médias dont Facebook et Twitter toujours prompts à reprendre immédiatement la moindre ânerie.

Le 16 novembre dernier le dénommé Jasper Hamill écrivait donc dans le site anglais que 
Humanity could soon face a long, cold winter which could see temperatures across the planet plunge to depressing lows.
L’humanité pourrait bientôt faire face à un hiver long et froid qui pourrait voir les températures de la planète chuter à des creux déprimants.
Pourtant le journaliste sensationnaliste apportait bien quelques bémols dans son article, comme par exemple :
During [the Maunder Minimum of the 17th century], there was a ‘little ice age’ when the Thames froze over, although researchers believe that global warming will stop this happening again.
Au cours [du Minimum de Maunder du 17ème siècle], il y a eu un « petit âge glaciaire » lorsque la Tamise a gelé, bien que les chercheurs pensent que le réchauffement de la planète va empêcher que cela se reproduise.
Mais les lecteurs auront surtout retenu d'autres passages comme celui-ci :
This could mean that it will get very cold, very quickly. However, it’s difficult to predict the impact of solar activity on the Earth and scientists are stil debating how sunspots affect our weather.
Cela pourrait signifier qu'il va faire très froid, très rapidement. Cependant, il est difficile de prédire l’impact de l’activité solaire sur la Terre et les scientifiques discutent toujours de la façon dont les taches solaires affectent notre climat.
Ou celui-là :
Valentina Zharkova, a professor of mathematics at Northumbria University, published a paper which contains ‘the first serious prediction of a reduction of solar activity that might affect human lives’.
Valentina Zharkova, professeur de mathématiques à l’Université de Northumbria, a publié un article qui contient « la première prévision sérieuse d’une réduction de l’activité solaire susceptible d’affecter des vies humaines ».
Je répète : « la première prévision sérieuse d’une réduction de l’activité solaire susceptible d’affecter des vies humaines »

J'ai déjà écrit à ce sujet (voir Et encore un clown mathématicien, un !) en montrant comment un mathématicien (un de plus…) en la personne de Claude Brasseur était tombé dans le panneau en reprenant une information sans comprendre de quoi il retournait ; et comme il écrivait dans Contrepoints, la célèbre revue scientifique, vous pouvez être surs que cette information a été diffusée et rediffusée un peu partout dans la climato-sceptico-sphère.

Pour en revenir à l'article récent de Jasper Hamill, celui-ci le concluait ainsi, en citant un professeur d'astronomie australien :
A new Maunder Minimum would slow climate change, but it is not enough to stop it.
Un nouveau minimum de Maunder ralentirait le changement climatique, mais ce n'est pas suffisant pour l'arrêter.
Ce journaliste a par conséquent écrit des choses plutôt justes dans l'ensemble, malheureusement en titrant complètement à côté de la plaque et en donnant une importance démesurée à quelques détails comme le fait que quelques scientifiques débattraient des impacts sur notre climat d'un tel événement.

Heureusement il y a des sites qui permettent de faire un minimum de fact checking, comme par exemple climatefeedback qui juge l'article de Jasper Hamill comme étant incorrect en nous donnant la véritable information à retenir :
The temperature effect of this low solar activity is primarily felt in the far upper reaches of the outer atmosphere, and is not expected to have any effect on the surface temperatures we experience.
L'effet de cette faible activité solaire sur la température se fait principalement sentir dans les parties les plus hautes de l'atmosphère extérieure et ne devrait avoir aucun effet sur les températures de surface que nous ressentons.
Je répète : « L'effet de cette faible activité solaire […] ne devrait avoir aucun effet sur les températures de surface que nous ressentons. »

 Et ce phénomène à venir n'a rien à voir avec le minimum de Maunder :
A low point ("minimum") in the normal 11-year solar activity cycle is not equivalent to a prolonged "grand minimum" like the Maunder Minimum that lasted from the mid 1600s to the early 1700s.
Un point bas ("minimum") dans le cycle normal d'activité solaire de 11 ans n'équivaut pas à un "grand minimum" prolongé comme le minimum de Maunder qui a duré du milieu des années 1600 au début des années 1700.
Et pour illustrer la chose deux graphiques nous sont montrés :

Thermosphere Climate Index through March 2015. Source

Satellite-measured troposphere temperatures through October 2018.  Source

On s'aperçoit qu'il y a effectivement quelques impacts sur la température terrestre à chaque évolution négative de l'activité solaire, comme de 1982 à 1988 ou de 1992 à 1997 ou de 2004 à 2010, périodes où la température pouvait marquer un léger temps d'arrêt, voire une baisse temporaire, mais alors que l'activité solaire est cyclique et demeure toujours assez identique sur le long terme, on voit bien que la température suit une tendance nettement à la hausse de près de 0,2°C par décennie.

Un dernier graphique achève de planter le dernier clou dans le cercueil climatosceptique :

Rise of global temperature for two different emission scenarios (A1B, red, and A2, magenta). The dashed lines show the slightly reduced warming in case a Maunder-like solar minimum should occur during the 21st century. The blue line represents global temperature data. Source: PIK.

Ainsi même dans le cas d'un éventuel minimum de Maunder se produisant au 21ème siècle, la hausse des températures ne serait que très légèrement ralentie ; inutile de dire qu'à la fin de ce putatif minimum de Maunder les températures feraient un bond à la hausse afin de rattraper le temps perdu !

Evidemment, comme je le soulignais au début, une grande partie de la climato-sceptico-sphère s'est délectée de l'information fournie par Jasper Hamill comme nous l'apprend le site climatefeedback dans False claims of a coming ice age spread through ecosystem of unreliable news sites, blogs, and social media accounts (Fausses affirmations d'une prochaine ère glaciaire propagées via un écosystème de sites d'actualités, de blogs et de comptes de médias sociaux peu fiables) avec ce graphique édifiant :

The network of outlets, blogs, and social media profiles who have shared and endorsed the claim that an imminent “mini ice age” would be coming based on a misinterpretation of the original article at Space Weather Archive. Dot sizes are proportional to the total number of shares and interactions on social media; arrows represent citations from an article/social media profile to its source.

On voit que metro.co.uk est en bonne place en compagnie du site iceagenow dont le nom est à lui seul tout un programme ! Le premier commentaire de ce dernier site est d'ailleurs très révélateur, il résume parfaitement ce que l'on peut lire parfois sur Skyfall sous la plume de gens qui n'ont de toute évidence pas pensé à allumer leur cerveau :
Lloyd
September 29, 2018 at 4:15 pm 

So NASA itself is now warning of cooling. What are the warmers to do now? They will probably have to start attacking NASA, or at least Dr Tony Phillips. More than likely they will attack the interpretation of the data, somehow. I’d like to see what arguments they come up with…. 
Donc, la NASA elle-même met en garde contre le refroidissement. Que vont faire les réchauffeurs maintenant ? Ils devront probablement commencer à attaquer la NASA, ou au moins le Dr Tony Phillips. Plus que probablement, ils vont attaquer l'interprétation des données, d'une manière ou d'une autre. Je voudrais voir quels arguments ils avancent….
Non monsieur, la NASA ne met personne en garde contre un quelconque refroidissement et personne ne va attaquer la NASA ou l'interprétation de ses données, apprenez à lire avant de poster de pareilles âneries.

Mais il y a quand même quelques lecteurs plus éveillés comme celui-ci :
Vendicar Kahn (@VendicarK)
October 1, 2018 at 6:39 am 

“So NASA itself is now warning of cooling.” – Lloyd

Wrong again Lloyd. One NASA scientist is stating that the highest reaches of the atmosphere will be be cooler over the next few months due to the sun reaching the minimum of it’s 12 year sunspot cycle. The record “cold” in this layer of the atmosphere will be just slightly cooler than normal, and will not in any way effect the massive amount of atmosphere that is below.

Grade school science Lloyd. Grades 5 through 8. You should learn some.
Faux encore une fois, Lloyd. Un scientifique de la NASA a déclaré que l’atmosphère la plus haute de l’atmosphère serait plus fraîche au cours des prochains mois, le soleil atteignant le minimum de son cycle de taches solaires de 12 ans. L’enregistrement «froid» dans cette couche d’atmosphère sera légèrement plus froid que la normale et n’affectera en aucune manière la quantité d’atmosphère massive qui se trouve en dessous.

Science de l'école primaire Lloyd. De la 5e à la 8e année. Vous devriez en apprendre.
En voilà un qui sait lire et faire la différence entre d'une part ce qui se passe dans les très hautes couches de l'atmosphère sans quasiment aucun effet sur nous, et d'autre part la température que nous ressentons sur le plancher des vaches et qui est l'expression de ce que nous appelons le climat terrestre (bien que celui-ci ne se résume pas à ce qui se trame dans les basses couches de l'atmosphère)

Mais l'enseignement ultime de tout ceci est magnifiquement développé dans le graphique qui nous montre les interactions entre tous les sites concernés avec les citations et les partages sur les réseaux sociaux de l'information initiale, la fausse bien évidemment !

Assez bizarrement on ne trouve pas le site WUWT sur ce graphique, pourtant il a publié dès le lendemain de la parution de l'article initial (voir spaceweatherarchive) un billet intitulé NASA: The chill of solar minimum is being felt in our atmosphere – cooling trend seen dont le premier commentateur est un habitué des lieux qui ne rate pas une occasion de clamer qu'un nouvel âge glaciaire est à venir :
Salvatore Del Prete
September 28, 2018 at 10:37 am 

When one part of the atmosphere is effected so are all the other parts.
Lorsqu'une partie de l'atmosphère est effectuée (sic, il voulait dire affectée, affected in English), toutes les autres parties le sont également.
On appelle cela prendre ses désirs pour des réalités.

Mais comme le disait le grand Pierre Dac
Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que de prendre son slip pour une tasse à café.


Lire The Chill of Solar Minimum