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mercredi 23 août 2017

Frédéric Decker contaminé par Hacène Arezki ?

La lecture de Skyfall apporte parfois son lot de surprises, en amenant à creuser un sujet qu'on ne maitrise pas, mais avec une approche différente de celle des lecteurs habituels de ce site.

Sur l'article intitulé Croire que le CO2 contrôle le climat c’est à peu près comme « croire à la magie », ce qui déjà est tout un programme, je relève le commentaire suivant :
L'"ignoble" charlatan en question est donc Jean Jouzel, glaciologue de renommée mondiale ; on notera également l'emploi du mot "merdia" pour désigner la presse qui fait son travail.

En écho un bien curieux personnage vient apporter sa pierre avec ses gros sabots :
  • 84.  Curieux | 23/08/2017 @ 9:01 Hug (#83), Excellent article. A garder pour montrer la courbe des t° depuis 500 million d’années (sur 4,5 milliard c’est pas trop) qui démontre que nous sommes bien dans une période froide de la Terre ! Malheureusement le pb n’est pas Jouzel mais la clique journalistique et politique avec une culture et un QI d’huitre.
Il faut dire qu'en matière de QI d'huitre nous avons affaire à de vrais spécialistes ; ainsi monsieur Curieux vient de découvrir que nous étions dans une période froide depuis 500 millions d'années d'après le graphique montré par le sieur Decker dans son édito :


Il aurait été bien que la source de ce graphique soit mentionnée afin de juger de sa pertinence, alors quand on est vraiment curieux comme moi, et pas comme celui qui usurpe ce nom, on cherche un peu partout pour trouver des références à la température des 500 millions d'années passées.

Je trouve plusieurs indications, par exemple une tirée de cette étude :

Figure 2. The cosmic ray flux (Φ) and tropical temperature anomaly (∆T) variations over the Phanerozoic. The upper curves describe the reconstructed CRF using iron meteorite exposure age data (Shaviv, 2002b). The blue line depicts the nominal CRF, while the yellow shading delineates the allowed error range. The two dashed curves are additional CRF reconstructions that fit within the acceptable range (together with the blue line, these three curves denote the three CRF reconstructions used in the model simulations). The red curve describes the nominal CRF reconstruction after its period was fine tuned to best fit the low-latitude temperature anomaly (i.e., it is the “blue” reconstruction, after the exact CRF periodicity was fine tuned, within the CRF reconstruction error). The bottom black curve depicts the 10/50 m.y. (see Fig. 1) smoothed temperature anomaly (∆T) from Veizer et al. (2000). The red line is the predicted ∆Tmodel for the red curve above, taking into account also the secular long-term linear contribution (term B×t in equation 1). The green line is the residual. The largest residual is at 250 m.y. B.P., where only a few measurements of δ18O exist due to the dearth of fossils subsequent to the largest extinction event in Earth history. The top blue bars are as in Figure 1.

La courbe des températures dans ce graphique est la noire, lissée sur une période de plusieurs dizaines de millions d'années (10/50, ce qui signifie  "step 10 m.y., window 50 m.y. averaging", ne m'en demandez pas plus ; on remarquera que cette courbe n'est pas particulièrement identique à celle proposée par l'ami Decker :
  • il y a bien deux trous à -450 et -300, mais ils sont d'ampleur opposée !
  • l'amplitude de la courbe de Decker est de 20°C (de -6° à +14°) alors que dans l'étude mentionnée elle n'est que de 5,5°C (-3,5° à +2°) ;
  • les 100 derniers millions d'années sont difficilement exploitables car les échelles sont différentes, cependant il semble il avoir une certaine similitude entre les deux graphiques.
Nous avons également ce graphique tiré de Wikipédia dans l'article sur le phanérozoïque :

Histoire du climat : évolution des températures planétaires au Phanérozoïque

Et c'est en suivant le lien dans la légende qu'on tombe, enfin, sur l'histoire du climat et ce graphique !

Évolution des températures moyennes globales

Il suffisait à notre météorologue de service de citer sa source dans son article, mais c'était peut-être trop lui demander.

J'ai aussi pu trouver ceci sur Astrosurf :


Là aussi avec une échelle de temps décroissante au fur et à mesure qu'on se rapproche de l'époque actuelle, ce qui ne facilité pas les comparaisons, cependant on notera dans ce dernier graphique une amplitude sur les derniers 500 millions d'années d'environ 15 degrés Celsius...

Cependant en cherchant encore, mais cette fois sur des sites anglophones, je tombe sur ceci :

History of the Earth’s Temperature. originally sourced from here.

Ce qui ressemble étonnamment à notre graphique Wikipédia repris par notre ami Decker, sauf que dans celui-là l'amplitude n'est plus que d'une dizaine de degrés Celsius !

En poursuivant mes investigations anglo-axées je trouve ceci sur New Scientist :

Temperature and CO2 over the past 500 million years

Encore d'autres données montrant qu'effectivement la température a "légèrement diminué", d'environ 8°C depuis 500 millions d'années (on notera au passage que l'irradiance solaire a pourtant augmenté pendant la même période...)

Si un lecteur connaisseur du sujet a une idée de la question qu'il veuille bien m'expliquer ces écarts d'amplitudes qui vont de 5,5 à 20 degrés Celsius selon les sources (en tout cas je ne compte pas sur Frédéric Decker ou monsieur Curieux de chez Skyfall pour m'informer là-dessus) !

Je m'arrête là dans mes recherches, si quelqu'un a des graphiques intéressants à me montrer pour la période des derniers 500 millions d'années qu'il le fasse savoir.

Tout cela pour dire que ni Frédéric Decker ni Curieux n'ont inventé l'eau chaude ou le fil à couper le beurre, et encore moins calculé eux-mêmes les températures du passé, et en montrant la période des 500 millions d'années qui sont derrière nous ils tombent à pieds joints dans le stupide sophisme du "climat qui a toujours varié" pour écarter l'hypothèse que l'homme puisse être responsable d'une hausse anormale des températures depuis 150 malheureuses petites années ; à ce sujet il suffit de jeter un coup d'œil à l'extrémité droite de la courbe de Decker pour s'apercevoir qu'elle monte à la verticale telle une fusée, alors que pendant plus de 10000 ans elle était plate comme une limande.

Je ne commenterai pas particulièrement l'édito indigent de Frédéric Decker qui confond allègrement climat et météo, ce qui est ballot pour quelqu'un qui prétend nous dire le temps qu'il a fait aujourd'hui ; mais je signalerai seulement que son article a été "lu, approuvé et corrigé par Hacène Arezki, auteur de "Climat, mensonges et propagande"."

Au passage on admirera la publicité gratuite pour le bouquin de désinformation d'Arezki.

Par ailleurs je vois que Frédéric Decker a interviewé Hacène Arezki sur le site Lamétéo, faisant là-aussi de la publicité pour son ouvrage.

De là le titre de mon billet.

A chacun de juger si le point d'interrogation s'impose vraiment.




lundi 1 octobre 2018

Frédéric Decker ne connait pas les anomalies de températures

Dans mon précédent billet je montrais que Fred Decker se prenait les pieds dans le tapis avec sa « théorie » de la fonte des glaces en Antarctique qui serait due au volcanisme (voir Selon Frédéric Decker l'Antarctique fondrait à cause de ses volcans. Sérieusement ?)

Cependant son article présente un intérêt, celui de montrer des courbes de températures de stations situées dans des zones polaires, l'exercice consistant à essayer de voir la tendance sur du long terme.

On peut louer ses efforts, cependant force est de constater que l'ami Fred ne semble pas avoir compris que quand il s'agit de climatologie ce qui est important est de considérer les « anomalies » de températures, c'est-à-dire les écarts par rapport à une période de référence, afin de bien se rendre compte des véritables tendances ; malheureusement, dans son billet il ne montre que des graphiques représentant des températures absolues en essayant de tirer les courbes de tendance, sans nous dire au passage quelle est sa méthode pour calculer lesdites tendances.

Par exemple pour la station d'Ilulissat voici la courbe qu'il propose, avec en légende ses commentaires :

La courbe d’Ilulissat met un autre phénomène en évidence, notamment la courbe de tendance : une hausse assez régulière jusqu’à la fin des années 90, et une stagnation de la température depuis. Les années 20, 30 et 40 ont d’autre part connu un réchauffement significatif ainsi qu’un recul des glaces. Un rafraîchissement ou refroidissement a suivi des années 50 aux années 90, ainsi qu’une reglaciation. Ainsi, les premiers relevés satellitaires en 1979 pour surveiller l’expansion des glaces ont débuté au sommet d’une période plus froide, donc durant une glaciation pas vue depuis les années 1910.
Les moyennes décennales d’Ilulissat mettent en évidence un réchauffement marqué entre les années 1880 (-6,7°C de moyenne) et les années 20 à 49 (-3,8°C de moyenne). La moyenne a rechuté ensuite jusqu’à un pic de froid dans les années… 90 (-5,1°C) puis une hausse brutale dans les années 2000 (-3,1°C de moyenne), décennie la plus chaude. La décennie en cours voit le thermomètre rechuter de 0,7°C (-3,8°C, comme dans les années 20 et 40).
Source lameteo.org

Moi je veux bien, mais je ne suis pas sûr qu'un expert en statistiques comme Tamino serait forcément d'accord avec la courbe de tendance calculée par Decker ; celui-ci n'explique d'ailleurs pas la méthode, et nous savons qu'il en existe un certain nombre comme je l'ai montré de manière ironique (sinon humoristique) dans mes dernières Climactualités :

Différentes méthodes, suivant ce que l'on veut montrer…

Cela c'est le premier point critiquable, le deuxième étant comme je l'ai dit que ce sont des températures absolues qui sont utilisées et non des anomalies de températures que n'importe quel climatologue adoptera de préférence.

Vous me direz que la forme de la courbe sera la même dans les deux cas, et vous aurez probablement raison, mais les anomalies permettent de mieux discerner les évolutions non pas d'une station prise isolément mais de la région qui l'entoure, car comme je l'ai déjà dit dans Nous n'avons besoin que de 60 stations de surface ! « les changements de température de surface sont corrélés sur des distances d'environ 1000 km » en reprenant les mots de andthentheresphysics.

Decker semble se plaindre qu'il n'y ait pas beaucoup de stations en Arctique et Antarctique, mais là n'est pas le problème, quelques stations suffisent amplement, à condition bien sûr que leurs données soient fiables.

Comme il donne comme source un simple « KNMI » (démerdez-vous avec ça !) je suis allé chercher sur Internet de quoi il s'agissait et j'ai trouvé cet organisme néerlandais : climexp.knmi.nl

On constate immédiatement, sur la page d'accueil du site, une magnifique courbe...d'anomalies de températures !

Anomalies de températures de 1880 jusqu'à aujourd'hui.

Une critique quand même : la période de référence n'est pas mentionnée, mais il semblerait qu'il s'agisse de quelque chose comme 1940-1970, peu importe, elle pourrait être 1880-1910 ou 1980-2010 cela ne changerait en rien la forme de la courbe.

Alors j'ai essayé moi-même de voir ce que cela donnait avec la station d'Ilulissat et j'ai construit ces deux graphiques :



Evolution des températures absolues de la station d'Ilulissat.


Evolution des anomalies de températures de la station d'Ilulissat.

On peut comparer le premier de ces graphiques avec celui de Decker et on s'aperçoit qu'ils sont assez proches, les températures absolues se baladant entre un minimum de -7,5°C et un maximum de -2°C sur la période 1895-1960, alors que chez Decker sur la même période nous sommes dans une fourchette de -8°C à -2°C à la louche ; on va dire que les moyennes calculées ne sont pas exactement les mêmes mais que cela a finalement assez peu d'importance.

Alors je ne sais pas comment Decker a fait pour se procurer à partir du site KNMI des données antérieures à 1895, mais c'est certainement parce qu'il est plus intelligent que moi, parce que même quand je sélectionne « from 1870 to 2018 » j'obtiens toujours le même résultat de 1895 à 1960.

Peu importe, on remarque, comme je le disais, que les deux courbes, des températures absolues et des anomalies de températures, ont exactement la même forme, ce qui change c'est que dans le deuxième cas nous voyons parfaitement, à l'aide de la période de référence matérialisée par le zéro en ordonnées, que dans le passé les températures étaient nettement SOUS la période de référence alors que dans le présent elles se situent clairement AU-DESSUS de cette même période de référence.

Maintenant il reste à tracer à partir de ces données la « véritable » courbe de tendance, et la comparer avec celle montrée par Frédéric Decker.

Si un lecteur ayant de bonnes connaissances en statistiques veut bien se livrer à cet exercice en expliquant sa démarche, je suis preneur !

Evidemment si ma sélection se révèle fautive il ne faut pas hésiter à la corriger en m'expliquant là-aussi la méthode.

A vos marques, prêts, ne vous enfuyez pas !


jeudi 3 mai 2018

Le mois d'avril a bien été chaud en France, très chaud, n'en déplaise à certains...

Nous sommes maintenant en mai et nous avons une bonne idée de ce que fut le mois d'avril, même si toutes les statistiques ne sont pas encore tombées.

Dans ma leçon de conjugaison à l'attention de Nicias je faisais référence à l'article stupide de ce dernier qui concernait une information de Météo France.

Aujourd'hui cet organisme a publié le bilan définitif qui confirme ce qui était annoncé de manière provisoire le 24 avril et qui a déclenché les sarcasmes de la clique skyfallienne ; on peut lire notamment :
Bilan définitif le 3 mai 2018
La température moyenne de 13,8 °C sur la France a été 2,7 °C au-dessus de la normale malgré un rafraîchissement marqué en toute fin de mois. Avril 2018 se classe ainsi au 3e rang des mois d'avril les plus chauds depuis 1900, derrière avril 2007 (anomalie de +3,6 °C) et avril 2011 (anomalie de +3,3 °C).
En concordance, donc, avec ce qui avait été annoncé de manière provisoire :
Bilan provisoire le 24 avril 2018
Malgré un rafraîchissement marqué sur l'ensemble du pays en toute fin de mois, la température moyenne sur la France devrait être près de 3 °C au-dessus de la normale. Avril 2018 devrait ainsi se classer au 3e rang des mois d'avril les plus chauds depuis 1900, derrière avril 2007 (anomalie de +3,6 °C) et avril 2011 (anomalie de +3,3 °C).
Et pour cause, le 24 avril les dés étaient joués, avril 2018 ne pouvait que terminer à la troisième place, même avec des températures de fin de mois nettement au-dessous de la normale.

Le site de Météo France de Toulouse donne des informations similaires pour le département de la Haute-Garonne :
Ce mois d’avril 2018 est nettement plus chaud que la normale, avec une moyenne de 9,7°C pour les températures minimales et de 19,2°C pour les maximales, soit plus de 2 degrés au-dessus de la norme. Il manque de peu le podium, se plaçant au 4ème rang des mois d’avril les plus chauds, derrière 2011, 2007 et 1949.

La période la plus chaude se situe du 17 au 24 avril avec des températures autour de 25°C au coeur de l’après-midi pendant 8 jours consécutifs. Mais en fin de mois, une perturbation active accompagnée de pluie abondante a fait chuter la température à un niveau très bas, avec par exemple seulement 13°C le dimanche 29 avril à Toulouse et 12°C à Saint-Gaudens au meilleur de la journée.
Chez Skyfall il ne faut pas espérer qu'ils se soient réveillés et admettent enfin la dure vérité ; ils ont même reçu le soutien de l'un des deux météorologues climato-irréalistes français que je connaisse, l'un étant Philippe Verdier, l'autre celui-ci :
12.  Fred Decker | 1/05/2018 @ 17:42
Le bilan de février, le vrai, le voici : http://www.lameteo.org/index.p.....passe/3018
Et les bilans mensuels calculés sur une grosse centaine de stations métropolitaines, et non une petite vingtaine subissant pour la plupart un réchauffement urbain choisies par MF : http://www.lameteo.org/index.p.....mois-passe
Choisir 25 stations sur 170, c’est comme faite la moyenne du mois avec 5 jours au hasard ! smile laugh
14.  Fred Decker | 1/05/2018 @ 18:45
Avril 2018 en ligne… effectivement 3e plus chaud depuis 1946 (je ne prends pas en compte les années précédentes, les stations météo étant nettement moins nombreuses… mais sur les stations anciennes, avril 1893 et 1865 dépassent 2018) : http://www.lameteo.org/index.p.....-en-France
On admirera le triple axel avec retournement et double salto arrière de Frédéric Decker quand  dans la même phrase il dit tout et son contraire :
  • il ne prend pas en compte les données avant 1946 car il n'y avait pas assez de stations météo (selon lui) et on comprend par là que (selon lui) les données avant 1946 étaient peu fiables pour l'ensemble du territoire ;
  • mais il nous fournit des données pour 1893 et 1865 qui dépasseraient 2018 !
Ainsi si en 1893 ou 1865 il a fait plus chaud en avril sur quelques stations qu'en 2018 sur toutes les stations existant aujourd'hui il en tire la conclusion qu'en 1893 et 1865 avril a été plus chaud ; on lui laissera la responsabilité de ces affirmations (qui reflètent peut-être la réalité, ou pas) mais on notera que le communiqué de Météo France parlait des températures depuis...1900 !

Par conséquent les informations de Météo France étaient parfaitement valables, et ce dès le 24 avril, n'en déplaise à tout le petit monde climato-irréaliste.

Mais Frédéric Decker va plus loin encore, il évoque la responsabilité des restrictions budgétaires sur le réchauffement climatique : si les températures montent, c'est parce qu'on a moins de sous !
24.  Fred Decker | 3/05/2018 @ 13:53
Les énormes réductions de personnel de Météo-France, ordonnées par les plus hautes instances, ont commencé à avoir des effets réchauffants et cela n’ira pas en s’arrangeant. Sur les très nombreuses stations météo de notre territoire, il n’y a plus d’observations humaines dans la plupart d’entre elles, et donc beaucoup moins d’entretien des abris météo qui jaunissent ou grisonnent au fil du temps. Des abris moins blancs qui font grimper le thermomètre, forcément… Et à terme, avec seulement 8 stations météo humaines sur toute la France, le réchauffement va s’emballer… même si le climat se refroidit ! dash
Comme c'est simple, n'est-ce pas, et les températures montent aussi parce que :
18.  micfa | 2/05/2018 @ 12:04
J’ai déjà indiqué et démontré à plusieurs reprises que les records de douceur ou de chaleur diurnes ou nocturnes pour les stations des villes ne veulent plus rien dire car elles sont situées pour la plupart dans les aéroports, sont de plus en plus gagnées par l’urbanisation et impactées par l’effet urbain. 
C'est vrai que les météorologues sont suffisamment stupides au point de ne pas tenir compte de l'effet urbain, micfa va leur faire un cours pour leur enseigner les rudiments de la météorologie, puisqu'il a « démontré » que les températures fournies par Météo France « ne veulent plus rien dire ».

Mais heureusement qu'il y a de bonnes âmes qui se proposent de rendre service à Météo France :
25.  Bernnard | 3/05/2018 @ 14:30
Fred Decker (#24),
…des abris météo qui jaunissent ou grisonnent au fil du temps.
Oui, la couleur est super importante ! Dernièrement, j’ai acheté une petite « station météo » domestique qui transmet la température extérieure par radio. La sonde de platine était dans un petit boîtier noir en plastique. Résultat une température de 23 °C était transmise alors que la température de l’air indiquée par une station météo officielle indiquait 13 °C (10 degré de trop!!). En entourant le boîtier de papier d’aluminium tout en laissant les trous qui permettent le passage de l’air, j’ai obtenu 14 °C immédiatement en ne changeant pas la position de la sonde.
Ceci dit, c’est une aberration de mettre des sondes de température dans des boîtiers de couleur noire !
Bon notre ami Bernnard a quelques « petits » progrès à faire, car se tromper de 10°C, de son propre aveu, cela ne fait pas très sérieux et sa candidature risque de ne pas passer le cap de la lecture de la lettre de motivation.

Quant à un autre irréaliste skyfalleux il n'a pas compris que la France et la Terre cela faisait deux :
16.  patilleverte | 1/05/2018 @ 20:42
Et dans le monde entier , références UAH de Roy Spencer, les anomalies d’avril sont parmi les plus basses sur les 16 derniers mois,
http://www.drroyspencer.com/
pour en revenir à la France, un « beau » mois d’avril (bien d’chez nous) avec des températures « estivales » pendant quelques jours et des températures « automnales, voir hivernales » sur la fin du mois., au moins en région parisienne, entre autres …
Ne serait-ce pas ce que l’on appelle de la « météo » , laugh
Euh oui, il s'agit de météo, qui a dit le contraire ?

Bref Dunning et Kruger ont de beaux jours devant eux avec cette bande de bras cassés. 



dimanche 30 septembre 2018

Selon Frédéric Decker l'Antarctique fondrait à cause de ses volcans. Sérieusement ?


La lecture de Skyfall est toujours enrichissante, mais pas dans le sens où l'entendrait un de ses adeptes inconditionnels.

Ainsi dans le dernier bulletin climato-irréaliste l'inénarrable Fred Decker informe la population de ses prodigieuses découvertes :
51. Fred Decker | 28/09/2018 @ 8:51
Salut à tous,
Je vous invite à lire ma dernière étude sur l’évolution climatique des dernières décennies dans l’Arctique et l’Antarctique : http://www.lameteo.org/index.p.....surchauffe
Bonne lecture
On remarquera l'émoti-con sensé montrer le caractère éminemment scientifique, et donc sérieux, du commentaire de l'intéressé.

Comme on s'en serait douté si l'ami Frédo se fend d'un article sur le site lameteo, et en fait bien entendu profiter tous ses copains skyfalleux, c'est uniquement pour montrer que s'il y a fonte des calottes glaciaires ce n'est aucunement par la faute du réchauffement climatique, puisque celui-ci n'existe pas, mais parce que les volcans en sont l'unique cause :
Moyennée sur six stations, l'Antarctique a connu un réchauffement de 1,0°C des années 60 aux années 90, avant de reperdre 0,4°C depuis. On constate malgré toute (sic) une fonte accrue, mais surtout au niveau de la péninsule la plus septentrionale, et d'autre part à cause d'une activité volcanique sous-glaciaire découverte tout récemment. Une fonte davantage due à la géologie qu'au réchauffement climatique !
Voilà c'est dit, la fonte est due à la géologie mon bon monsieur, en vérité les volcans ont attendu que l'homme commence à s'intéresser au réchauffement climatique pour se réveiller afin de les induire en erreur et les faire douter, car il est bien établi, n'est-ce pas, qu'avant la création du GIEC il n'y avait aucune activité volcanique sous les glaciers de l'Antarctique, hein !

Alors voyons un peu ce que nous dit cette étude ayant montré « une activité volcanique sous-glaciaire découverte tout récemment » selon les propos de Freddy la friture.

Je pense qu'il s'agit de cette étude parue dans Nature en juin 2018 (difficile de faire plus récent, si vous trouvez merci de me le dire) et intitulée Evidence of an active volcanic heat source beneath the Pine Island Glacier, soit Preuve d'une source de chaleur volcanique active sous le glacier de l'île du Pin en bon français.

J'en ai extrait quelques passages dont je me suis permis de souligner ce qui me paraissait le plus important que j'ai également traduit en français afin d'en faire profiter tout le monde (je suis très partageur)
Presently,the greatest contributor to ice shelf instability around Antarctica appears to be an increase in ocean heat supply to the cavities of Antarctic ice shelves19. Circumpolar Deep Water (CDW) is the primary heat source for melting glacial ice and its increased presence on the Amundsen Sea continental shelf has been implicated in the rapid melting and grounding line retreat observed beneath the Pine Island Glacier19,20,21 and in the atmospheric warming along the western Antarctic Peninsula22. The ocean–atmosphere mechanisms that draw more CDW onto Antarctic continental shelves are challenging to characterize and remain poorly understood23, although the concentration and distribution of CDW and its year-to-year variations have revealed connections to climatic changes in the regional winds21,24.
L’eau profonde circumpolaire (CDW) est la principale source de chaleur pour la fonte des glaces et sa présence accrue sur le plateau continental de la mer Amundsen a été impliquée dans la fonte et le retrait rapides observés sous le glacier du Pin ainsi que dans le réchauffement de l'atmosphère le long de la Péninsule antarctique ouest.
Based on the observed 3He excesses, the mantle-derived heat at the front of the ice shelf cavity is 32 ± 12 J kg−1 of seawater. This excess heat is small compared to the heat content of CDW20 (ca. 12 kJ kg−1), demonstrating that volcanic heat does not contribute significantly to the glacial melt observed in the ocean at the front of the ice shelf. This interpreation is consistent with our understanding of melt dynamics beneath the Pine Island Ice Shelf - that most of the basal melt occurs within the cavity, as a result of ocean heat supply20.
Cet excès de chaleur est faible comparé à la teneur en chaleur de l'eau profonde circumpolaire (CDW) démontrant que la chaleur volcanique ne contribue pas de manière significative à la fonte glaciaire observée dans l'océan à l'avant de la plateforme de glace côtière.
[…] we note that the adjacent Thwaites Glacier proved largely insensitive to the presence of a mantle heat source. Basal friction is high beneath the Thwaites Glacier leading to significant basal heat production and the additional heat from a mantle plume did not drastically alter the ice stream velocity58.
le glacier Thwaites adjacent s'est avéré largement insensible à la présence d'une source de chaleur du manteau.

Je pense que cela se passe de commentaires additionnels, cependant je vous donne en bonus les références notées dans les passages relevés :

Le site futura-sciences fait un compte-rendu de cette étude d'une manière autrement plus objective que notre « présentateur météo qui se prend pour un expert en climatologie », on peut notamment lire :
[…] il existerait dans cette zone [du glacier de l'ile du Pin] une source de chaleur volcanique qui peut être qualifiée d'active, car 25 fois plus importante que ce que l'on pourrait attendre d'un volcan éteint. Et si l'on sait que l'inlandsis antarctique occidental repose sur un système volcanique, la dernière trace d'une activité remontait à quelque 2.200 ans.
Mais alors, cette source de chaleur explique-t-elle la fonte rapide de cette partie du plateau de glace ? Les chercheurs assurent que non. « De nombreuses preuves montrent que le réchauffement climatique cause la majeure partie de la fonte des glaces, explique Brice Loose, océanographe à l'université de Rhode Island (États-Unis). Il est trop tôt pour se prononcer quant à l'impact de cette source de chaleur, car nous ignorons encore sa distribution exacte. »
Il est cependant à noter que l'amincissement de la couche de glace dû au réchauffement climatique lève une partie de la pression exercée sur le manteau terrestre. Et augmente ainsi l'intensité de la chaleur volcanique qui s'échappe, réchauffant les eaux alentour.

Ainsi, de manière cocasse si l'on peut dire, c'est le réchauffement climatique qui pourrait être à l'origine de cette activité volcanique apparemment « soudaine », en allégeant le manteau terrestre par la fonte des glaces qu'il engendre ; à moins d'être un climatosceptique endurci comme Frédéric Decker, et en faisant l'effort de lire les études qui ne vont pas dans le sens qui nous convient, il parait assez évident que l'activité volcanique « a bon dos » et qu'il s'agit d'un coupable bien trop facile pour être vrai.


samedi 3 novembre 2018

Réalisme climatique où es-tu ?

Personnellement je ne suis ni réaliste ni irréaliste sur tout ce qui touche au climat, et je laisse aux prétentieux prétendus « réalistes » le soin d'usurper un mot dont ils font en général un très mauvais usage.

Car qu'est-ce que la réalité quand elle est appréciée d'un point de vue tout personnel entaché le plus souvent d'idéologies diverses ?

Ainsi quand on se tourne vers l'été que nous venons de passer, que peut nous enseigner le réalisme, le vrai, celui qui se considère de la façon la plus objective possible ?

Et les Anglais seraient-ils plus objectifs et donc plus réalistes que les Français ?

Ce 2 novembre le site edition.cnn nous donne l'avis du Met Office britannique par la voix de son porte-parole, un certain Grahame Madge, qui dit ceci :
However you measure weather and climate statistics, you are beginning to see trends that underline the trend of average global warming,. You can see a fingerprint of climate change within these figures.
Quelle que soit votre mesure des statistiques météorologiques et climatiques, vous commencez à voir des tendances qui soulignent la tendance au réchauffement planétaire moyen. Vous pouvez voir une empreinte digitale du changement climatique dans ces chiffres.
Fichtre ! au pays de Sherlock Holmes le gars nous parle carrément d'« empreinte digitale » laissée par le changement climatique, nous sommes en plein au cœur d'une quasi enquête policière !

Rappelons quand même, à l'attention des oublieux en tout genre, que dès début août de cette année on pouvait dresser cette carte assez significative :

Source edition.cnn

Pas mal, hein, pour seulement une paire de mois !

Et depuis il y a eu d'autres événements marquants comme par exemple le medicane Zorba qui a touché la Grèce fin septembre et l'ouragan Michael qui a ravagé une grande partie de la Floride début octobre, pour ne citer que ces deux-là ; bref une saison 2018 bien remplie et je suis curieux de voir le prochain rapport du réassureur Munich Ré sur les événements extrêmes de 2018, cela risque d'être passionnant…

Carte du monde de l’Indice mondial des risques climatiques 1996–2015 Source: Germanwatch et Munich RE NatCatSERVICE

Mais tout cela ne doit pas être très réaliste, non ?

Ce ne doit pas être réaliste quand un service météo vous dit que « nous sommes en train de vivre des extrêmes climatiques » en vous montrant fin juillet cette carte :

Approaching a UK record (Photo: Met Office) 

Il est vrai que ces températures sont tout à fait normales en juillet dans ce pays tropical où les Français ont l'habitude d'aller se dorer sur les plages paradisiaques.

Des Français comme Frédéric Decker, le présentateur météo « réaliste » récemment embauché par Skyfall pour apporter un semblant de vernis pragmatique à un site qui en aurait bien besoin, malheureusement on peut penser que le remède dans le cas présent est bien pire que le mal.

Dans Où en est le réchauffement climatique ? notre expert en réalité augmentée nous dit ceci :
Le réchauffement climatique est un fait. Impossible de le nier.
Mince alors ! Voilà un réaliste qui se permet de douter du non réchauffement de la planète tant prôné par ses petits camarades, certains comme Benoit Rittaud allant parfois jusqu'à dire que nous allons vite assister à une chute brutale des températures et qu'en 2030 nous serons revenus aux niveaux de l'ère préindustrielle (c'était en janvier 2010, depuis il s'est un peu calmé…)

Mais notre caution réaliste laisse rapidement parler les chevaux et il nous assène un peu plus loin :
Il n'empêche, soyons réalistes : ces presque 40 dernières années sont très probablement la période la plus chaude depuis la fin de l'Optimum Médiéval, depuis environ l'an 1.300. Nous vivons donc une période exceptionnelle de l'histoire récente. Mais un peu plus loin en arrière, il a fait plus chaud : selon les paléontologues ayant étudier la sédimentation, l'âge de bronze était 2 à 3°C plus chaud qu'aujourd'hui. Ce qui correspond aux quelques écrits de l'époque retrouvés, relatant la disparition totale des glaciers alpins... et scandinaves ! La chute de l'Age de Bronze serait d'ailleurs en partie due à une brutale chute des températures, accompagnée de sécheresses récurrentes. Et il a sans doute fait encore plus chaud plus loin en arrière, avec une planète Terre presque entièrement tropicale... du temps des dinosaures. Ca ne nous rajeunit pas !
Oui, soyons réalistes, il est vrai que du temps des dinosaures nos aïeux se faisaient tout petits et mettaient la clim à fond pour supporter les températures extrêmes qui sont venues à bout des grands sauriens (sait rien ?)

Evidemment monsieur Decker se garde bien de donner la moindre référence pouvant étayer la « réalité » de cette température de l'âge du bronze qui aurait été supérieure de 2 à 3°C à ce que nous connaissons aujourd'hui, rien que ça !

L'âge du bronze (et non l'âge de bronze, et pas la peine de mettre une majuscule ni à âge ni à bronze) c'est la période de 2000 ans qui s'étend de -3000 à -1000, donc on peut repérer cette époque sur les deux cartes suivantes tirées de Wikipédia :

Température globale moyenne au cours des 540 derniers millions d'années.
Températures reconstituées depuis la fin de la dernière période glaciaire ( - 12 000 ans)

On a beau écarquiller les yeux mais on ne voit pas comment durant l'âge du bronze la température aurait pu être supérieure à l'actuelle de 2 à 3°C ; le deuxième graphique s'arrête à 2004 et depuis la température n'a pas cessé d'augmenter, or déjà en 2004 nous étions apparemment bien au-dessus de la moyenne des courbes diverses reconstituant le passé des 12000 dernières années.

Au contraire, durant l'âge du bronze nous étions déjà dans la phase descendante des températures, le maximum de l'holocène se situant aux environs de 8000 BP (BP = before present, avant 1950 pour être précis) comme déjà mentionné dans mon billet Anthony Watts prend (encore et encore) ses lecteurs pour des idiots .

Un autre site nous présente un graphique tout aussi intéressant, même s'il ne représente que les températures de la surface du Groënland (le site est Danois) :

Température (en rouge) et insolation Milankovitch (en vert) durant l'Holocène.
Pourtant ce site lui-aussi est « réaliste » puisqu'il proclame en conclusion :
The enormous popular support for the theory of anthropogenic CO2 emissions as the cause of climate change is by all accounts due to that the theory is in tune with our Judeo-Christian culture's idea that we are all sinners. Furthermore, the accusation against the industrial companies, that they are the main culprits of emissions, suits well with the feminist's attack against the white men.
L'énorme soutien populaire à la théorie des émissions anthropiques de CO2 en tant que cause du changement climatique est, à tous points de vue, dû au fait que cette théorie est en accord avec l'idée de notre culture judéo-chrétienne selon laquelle nous sommes tous des pécheurs. De plus, l'accusation portée contre les entreprises industrielles, qui sont les principales responsables d'émissions, va bien avec l'attaque des féministes contre les hommes blancs.
Nous voyons ainsi que Frédéric Decker a un sérieux concurrent en matière de « réalisme » !


J'attends donc fébrilement une information de la part d'un de mes lecteurs (BenHague, au hasard) afin de m'éclairer sur cet « optimum agedubronzesque » qui semble pour l'instant tout droit sorti de l'imagination débridée du « réaliste » Frédéric Decker.

J'ai comme l'impression que je vais attendre longtemps…