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mercredi 15 janvier 2020

Zharkova vs Resplandy

Laure Resplandy


On se souvient de Laure Resplandy, cette océanographe spécialisée en biochimie, qui avait été auteure principale d'une étude intitulée Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition qui a beaucoup fait parler d'elle il y a un peu plus d'un an ; en effet, cette étude, qui a été finalement rétractée le 25 septembre 2019 dans Retraction Note: Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition, avait eu toute l'attention d'un certain Nic Lewis qui avait très rapidement vu que le traitement statistique de la marge d'incertitude était erroné ; la note dit en substance :
Shortly after publication, arising from comments from Nicholas Lewis, we realized that our reported uncertainties were underestimated owing to our treatment of certain systematic errors as random errors. 
Peu après la publication, à la suite des commentaires de Nicholas Lewis, nous avons réalisé que nos incertitudes déclarées étaient sous-estimées en raison de notre traitement de certaines erreurs systématiques comme des erreurs aléatoires.
Les auteurs, en revoyant leur copie, trouvèrent d'autres erreurs que Nic Lewis avait semble-t-il laissé passer :
In addition, we became aware of several smaller issues in our analysis of uncertainty.
De plus, nous avons pris conscience de plusieurs problèmes de moindre importance dans notre analyse de l'incertitude.
Cependant l'étude demeurait valable dans son principe, puisque seule la marge d'incertitude devait être revue à la hausse :
Although correcting these issues did not substantially change the central estimate of ocean warming, it led to a roughly fourfold increase in uncertainties, significantly weakening implications for an upward revision of ocean warming and climate sensitivity.
Bien que la correction de ces problèmes n'ait pas modifié sensiblement l'estimation centrale du réchauffement de l'océan, elle a multiplié par quatre environ les incertitudes, ce qui a considérablement affaibli les implications d'une révision à la hausse du réchauffement de l'océan et de la sensibilité du climat.
Les auteurs, respectant donc une certaine déontologie, ont pris la décision de purement et simplement rétracter le papier original :
Because of these weaker implications, the Nature editors asked for a Retraction, which we accept. 
En raison de ces implications plus faibles, les rédacteurs de Nature ont demandé une Rétractation, que nous acceptons.
Cependant ils restent persuadés que leurs résultats sont valides sur le principe et ont décidé de publier dès que possible un nouveau papier dans une autre revue :
Despite the revised uncertainties, our method remains valid and provides an estimate of ocean warming that is independent of the ocean data underpinning other approaches. The revised paper, with corrected uncertainties, will be submitted to another journal. The Retraction will contain a link to the new publication, if and when it is published.
Malgré les incertitudes révisées, notre méthode reste valable et fournit une estimation du réchauffement de l'océan qui est indépendante des données océaniques qui sous-tendent les autres approches. L'article révisé, avec les incertitudes corrigées, sera soumis à une autre revue. La rétractation contiendra un lien vers la nouvelle publication, si et quand elle sera publiée.
Nous en sommes aujourd'hui là et attendons ce nouveau papier afin de voir si monsieur Nic Lewis trouvera encore une fois à redire sur le traitement statistique des incertitudes ou bien sur tout autre chose.

Valentina Zharkova


Ce cas de figure est à mettre en parallèle avec celui de Valentina Zharkova, professeur de mathématiques à l'Université anglaise de Northumbria à Newcastle ; j'ai déjà écrit sur cette dame, notamment dans Et encore un clown mathématicien, un ! où j'évoquais les délires du mathématicien (encore un) Claude Brasseur, certainement un clone de Benoit Rittaud, qui rebondissait sur les récents travaux de Zharkova (voir Prediction of Solar Activity from Solar Background Magnetic Field Variations in Cycles 21-23) afin de prédire l'arrivée d'un imminent âge glaciaire !

Zharkova est donc devenue une figure emblématique, une sorte d'idole, annonçant une petite faiblesse du soleil que nos bons amis climatosceptiques ont immédiatement interprétée comme une baisse à venir des températures terrestres, malgré un bémol de la chercheuse qui avait précisé dans There Probably Won't Be A “Mini Ice Age” In 15 Years :
We must not ignore the effects of global warming and assume that it isn't happening. “The Sun buys us time to stop these carbon emissions,” Zharkova says. The next minimum might give the Earth a chance to reduce adverse effects from global warming.
Nous ne devons pas ignorer les effets du réchauffement de la planète et supposer qu'il ne se produit pas. "Le Soleil nous permet de gagner du temps pour arrêter ces émissions de carbone", dit Zharkova. Le prochain minimum pourrait donner à la Terre une chance de réduire les effets néfastes du réchauffement de la planète.
Cette « petite phrase » était passée complètement inaperçue aux yeux de ceux qui ont décidé une fois pour toute que non seulement il n'y avait pas d'effet de serre dû au CO₂ mais qu'en plus si le soleil se mettait à faiblir cela ne pouvait se traduire qu'en une baisse des températures puisque pour eux SEUL le Soleil peut avoir une influence sur notre climat.

Bien que Zharkova ait émis ce bémol en son temps, probablement afin de ne pas trop perdre en crédibilité, elle semble persuadée que le Soleil est un élément majeur bien supérieur aux gaz à effet de serre, allez savoir pourquoi, peut-être a-t-elle été grisée par le succès rencontré auprès des neuneus de la planète et s'est-elle dit qu'après tout il y avait un créneau à exploiter, si quelqu'un a une idée qu'il le fasse savoir, toujours est-il que très récemment elle sort un papier intitulé Oscillations of the baseline of solar magnetic field and solar irradiance on a millennial timescale dans lequel elle se propose de nous informer que
[t]he solar inertial motion means for the Earth that the distance between the Sun and the Earth has to significantly change (up to 0.02 of a.u) at the extreme positions of SIM, and so does the average solar irradiance, which is inversely proportional to the squared distance between the Sun and Earth. 
Le mouvement inertiel solaire signifie pour la Terre que la distance entre le Soleil et la Terre doit changer de manière significative (jusqu'à 0,02 u.a.) aux positions extrêmes du SIM, de même que l'irradiance solaire moyenne, qui est inversement proportionnelle au carré de la distance entre le Soleil et la Terre.
Le SIM en question est le Solar Inertial Motion que l'on peut traduire mot pour mot par « mouvement inertiel solaire » ; la thèse de Zharkova est donc que la distance Terre-Soleil varierait, comme nous l'explique Ken Rice dans Nature Scientific Reports : 
This seems to be suggesting that the typical, or average, distance of the Earth from the Sun can change quite substantially due to the motion of the Sun around the barycentre of the Solar System. 
Cela semble indiquer que la distance typique, ou moyenne, de la Terre par rapport au Soleil peut changer de façon assez importante en raison du mouvement du Soleil autour du barycentre du système solaire.
Je ne suis pas mathématicien et j'ai donc dû consulter la définition d'un barycentre sur Wikipédia :
La notion de barycentre est utilisée en physique notamment pour déterminer le point d'équilibre d'un ensemble fini de masses ponctuelles.
Je comprends de cette définition (merci aux matheux de me corriger et/ou d'apporter leur pierre à l'édifice) que le Soleil tourne autour d'un point immatériel en bougeant sans cesse dans toutes les directions mais revient toujours à l'équilibre, lequel constitue le barycentre ou point autour duquel le Soleil tournerait continûment s'il n'était pas soumis à des forces qui perturbent ses mouvements (j'espère que j'ai au moins la moyenne barycentrique sur ce coup…)

Et Zharkova d'en déduire que ces mouvements du Soleil autour de son barycentre entrainent des variations de distance avec ses planètes et avec la Terre en particulier (les autres on s'en fiche un peu non ?)

Sauf que...sauf que c'est tout simplement faux !

Ken Rice


Ken Rice est professeur d'astrophysique à l'Université d'Edinburgh, on peut donc présumer qu'il connait un peu mieux le sujet qu'une simple mathématicienne comme Zharkova ; c'est pourquoi il vient de publier hier un nouvel article sur son blog, intitulé Zharkova et al.: an update, dans lequel il nous informe que le papier de Zharkova a finalement été rétracté...euh non, en fait le papier n'a toujours pas été rétracté alors qu'il a été publié il y a plus de six mois maintenant...et qu'il s'avère qu'il est manifestement erroné !

Rice nous montre un fil de discussion (voir pubpeer) dans lequel Zharkova le traite de haut, par exemple :
Mr Ken Rice claims that he does simulations. However, he seems does not manage to capture that of Sun moves about the barycentre than by default has to be closer to one part of planetary orbit and further from another.
M. Ken Rice affirme qu'il fait des simulations. Cependant, il semble qu'il ne parvienne pas à saisir les mouvements du Soleil autour du barycentre alors que, par défaut, il doit être plus proche d'une partie de l'orbite planétaire et plus éloigné d'une autre.
Zharkova donnant des leçons d'astrophysique à un professeur d'astrophysique, cela s'appelle comment ?

Geoff Sharp


Mais Rice n'est pas le seul à trouver le papier de Zharkova plus que faible...il y a aussi un certain Geoff Sharp, qui n'est ni mathématicien ni astrophysicien mais qui a des arguments qu'il expose dans Zharkova et al 2019, A Science Disaster, un titre qu'il n'est pas nécessaire de traduire (si ?) ; nous apprenons au passage que la môme Zharkova s'est permis d'utiliser un graphe que Sharp avait publié auparavant, voici ce qu'il nous dit :
Many hundreds of comments were directed at Zharkova, but she refused to take any criticism on board, her vanity more important than the truth. Calls were made to her to produce proof of her claims and in particular a graph of the Earth/Sun distances based on the JPL data. Back in 2010 I produced such a graph/plot which also included the Earth/SSB distances, I posted this plot (the plot at the head of this post) on the Tallbloke blog (and had done many times previously) while waiting for the Pubpeer team to approve my registration request. When I finally logged into the Pubpeer platform to my surprise Zharkova had just produced with the help of her team the required plot, BUT the plot was MY plot from 2010.
Plusieurs centaines de commentaires ont été adressés à Zharkova, mais elle a refusé de prendre en compte toute critique, sa vanité étant plus importante que la vérité. Des appels lui ont été adressés pour qu'elle produise des preuves de ses affirmations et en particulier un graphique des distances Terre/Soleil basé sur les données du JPL. En 2010, j'ai produit un tel graphe/tracé qui incluait également les distances Terre/Soleil, j'ai posté ce graphe (le tracé en tête de ce billet) sur le blog Tallbloke (et l'avais fait plusieurs fois auparavant) en attendant que l'équipe Pubpeer approuve ma demande d'inscription. Lorsque je me suis finalement connecté à la plateforme Pubpeer, à ma grande surprise, Zharkova venait de produire avec l'aide de son équipe le graphe requis, MAIS le graphe était MON graphe de 2010.
Bref Sharp accuse ni plus ni moins Zharkova de plagiat, mais on ne va pas s'arrêter à si peu ; en effet, deux des réviseurs viennent de publier un « feedback », ce que l'on peut traduire par retour d'expérience étant donné qu'ils se sont apparemment rendu compte que des choses leur avaient échappées lors de leur première revue qui a mené à la publication du papier de Zharkova. Le comité de rédaction (editorial board) précise dès le début :
The concerns raised are relevant only to the section of the paper "Effects of SIM on a temperature in the terrestrial hemispheres”
Les préoccupations soulevées ne concernent que la section du document "Effets du SIM sur une température dans les hémisphères terrestres".
Bref il y aurait des « préoccupations » concernant la soi-disant variation de distance Terre-Soleil et ses effets sur les températures, rien que ça. Et d'ajouter quelques lignes plus bas :
The motion of the Earth is not directly affected by SIM, but it is highly correlated with it, because the tidal perturbations from Jupiter and other outer planets that are responsible for SIM are nearly the same on the Sun and the Earth. The reason is easily understood: the Sun-Earth separation is small compared to the distances to Jupiter and the other giant planets, so the Sun and Earth “see” nearly the same gravitational field from the outer planets, and thus they move together. 
Le mouvement de la Terre n'est pas directement affecté par le SIM, mais il est fortement corrélé avec lui, car les perturbations de marée de Jupiter et d'autres planètes extérieures qui sont responsables du SIM sont presque les mêmes sur le Soleil et la Terre. La raison en est facile à comprendre : la séparation Soleil-Terre est petite par rapport aux distances à Jupiter et aux autres planètes géantes, de sorte que le Soleil et la Terre " voient " presque le même champ gravitationnel des planètes extérieures, et donc ils se déplacent ensemble.
Ce que l'on peut résumer ainsi : le Soleil et la Terre dansent la même valse avec les mêmes pas (merci encore une fois de me corriger si vous n'êtes pas d'accord avec mon interprétation) et par conséquent ni ne se rapprochent ni ne s'éloignent en raison des mouvements de marée provoqués par les autres planètes telles que Jupiter.

Cependant la distance entre la Terre et le Soleil évolue bien, mais pas pour cette raison, ce qui est très bien expliqué par Ken Rice :
It’s well known that there is a slow change in the eccentricity of the Earth’s orbit; it goes from being almost circular, to being slightly elliptical.

This does indeed then lead to a slow change in the perhelion (sic) distance. However, there is an equivalent, but opposite, change in the aphelion distance, so that the average distance remains unchanged.
Il est bien connu qu'il y a un lent changement dans l'excentricité de l'orbite de la Terre ; elle passe d'une orbite presque circulaire à une orbite légèrement elliptique.

Cela conduit en effet à un lent changement de la distance au périhélie. Cependant, il y a un changement équivalent, mais opposé, de la distance aphélie, de sorte que la distance moyenne reste inchangée.
Pourquoi Rice précise-t-il cela ? Eh bien tout simplement parce que Zharkova, tout en admettant qu'elle s'est trompée sur le SIM et une supposée variation de la distance Terre-Soleil, se trompe lourdement une deuxième fois en affirmant qu'il y aurait
still quite a substantial change in the Earth-Sun distance on century timescales. 
encore un changement assez substantiel de la distance Terre-Soleil sur des échelles de temps d'un siècle.
Et changement qui serait dû à quoi ? Ben au changement d'excentricité de l'orbite de la Terre ! Le seul problème c'est que Zharkova ne tient compte que du périhélie, c'est-à-dire quand la Terre est au plus près du Soleil, en négligeant son aphélie, soit quand la distance entre les deux est maximale.

C'est en fait Geoff Shark qui a remarqué la boulette, il écrit d'ailleurs ceci dans son article :
The team in some sort of attempt to regain prestige looked into the JPL data perhaps desperate to find some variation in the Sun/Earth distance, and this is where they come up with "Valentina's Trick". The Earths orbit is gradually moving to a circular shape before once again moving to a more elliptical shape. When the orbit is elliptical the Sun sits over to one side thus generating a longer (Aphelion) distance at around July 4 and a shorter distance (Perihelion) around January 4. As the orbit becomes more round the Aphelion shortens and the Perihelion lengthens, this is where the "Trick" happens.

Zharkova et al in their erratum have plotted the future Aphelion distances stating that this value represents the average Sun/Earth distance going forward. As I already showed them in the pubpeer forum if you plot the Perihelion distance the Sun/Earth distance INCREASES going forward. Taken as a whole the Sun/Earth distance is not declining and there is certainly no "SIM" effect on our orbit.
L'équipe, dans une sorte de tentative pour regagner du prestige, a examiné les données du JPL, peut-être dans le but désespéré de trouver une variation de la distance Soleil/Terre, et c'est là qu'elle a trouvé le " truc de Valentina ". L'orbite de la Terre se déplace graduellement vers une forme circulaire avant de prendre à nouveau une forme plus elliptique. Lorsque l'orbite est elliptique, le Soleil se trouve sur un côté, ce qui génère une distance plus longue (Aphelion) vers le 4 juillet et une distance plus courte (Perihelion) vers le 4 janvier. Lorsque l'orbite devient plus ronde, l'Aphélie se raccourcit et le Périhélie s'allonge, c'est là que le "truc" se produit.

Zharkova et al dans leur erratum ont tracé les distances futures de l'Aphélie en indiquant que cette valeur représente la distance moyenne Soleil/Terre à l'avenir. Comme je leur ai déjà montré dans le forum de pubpeer, si vous tracez la distance Périhélie, la distance Soleil/Terre AUGMENTERA à l'avenir. Pris dans son ensemble, la distance Soleil/Terre ne diminue pas et il n'y a certainement pas d'effet "SIM" sur notre orbite.
Et de conclure :
So the Sun/Earth distance is not declining 0.0025AU every 1000 years going forward, and there is no change at 2600AD as suggested by the team. The reputation of this once prestigious Journal is in the balance, hopefully they redeem themselves and reject the original paper along with the erratum.
Donc la distance Soleil/Terre ne diminue pas de 0,0025AU tous les 1000 ans à l'avenir, et il n'y a pas de changement en 2600AD comme le suggère l'équipe. La réputation de cette revue autrefois prestigieuse est en jeu, espérons qu'elle se rachète et qu'elle rejette l'article original ainsi que l'erratum.
Le problème est donc que dans l'erratum produit par Zharkova et les réviseurs, aucun d'entre eux n'a corrigé cette erreur grossière, ils se sont contentés d'admettre uniquement l'erreur dans le papier d'origine.


Que constate-t-on ?


Laure Resplandy s'est faite incendier par tout le troupeau climatosceptique beuglant à l'unisson que son papier c'était du grand n'importe quoi ; j'ai eu par exemple droit au commentaire suivant dont je donne un extrait :
Ce qui est grave , c'est que cette erreur grossière n'aient pas été détectée et la (sur) réaction des gens comme vous et des médias . Elle est symptomatique du climat pourri instauré par les militants/activistes du climat.
Précisons que Laure Resplandy n'est pas statisticienne et qu'elle a certainement quelques lacunes dans ce domaine, sa seule faute en tant qu'auteure principale a donc été de ne pas faire réviser ses calculs d'incertitude par un professionnel, voire deux ou trois pour faire bonne mesure, mais son travail a quand même été jugé remarquable car original, son approche n'ayant jamais été tentée auparavant.

Cela-dit il ne lui a fallu que quelques jours après les remarques de Nic Lewis pour admettre qu'il y avait un problème avec les incertitudes et une mise à jour a rapidement été publiée en annexe du papier le 19 novembre 2018, soit 20 jours seulement après sa publication le 31 octobre 2018 :
Editor’s Note: We would like to alert readers that the authors have informed us of errors in the paper. An implication of the errors is that the uncertainties in ocean heat content are substantially underestimated. We are working with the authors to establish the quantitative impact of the errors on the published results, at which point in time we will provide a further update.
Note de la rédaction : Nous tenons à informer les lecteurs que les auteurs nous ont signalé des erreurs dans le document. Ces erreurs impliquent que les incertitudes relatives au contenu thermique de l'océan sont considérablement sous-estimées. Nous travaillons avec les auteurs pour établir l'impact quantitatif des erreurs sur les résultats publiés, et nous ferons alors une nouvelle mise à jour.
Et nous avons vu que l'étude a finalement été rétractée le 25 septembre 2019.

Quant à Valentina Zharkova, qui n'est que mathématicienne et se permet de faire la leçon à un astrophysicien, nous attendons toujours la rétractation de son torch…, pardon, de son papier, ce qu'elle ne devrait pas tarder à faire incessamment sous peu, n'est-ce pas monsieur BenHague ?

Oui car c'est BenHague qui me reprochait ma « réaction » et qui relevait le « climat pourri instauré par les militants/activistes du climat ».

Mais il est vrai que pour lui et sa bande il n'y a pas de climat pourri dans leur petite sphère où l'air n'a pas dû être recyclé depuis longtemps, ce qui explique probablement les nombreuses pertes de connaissances que l'on peut remarquer chez eux.

Et je vous fiche mon billet que le clown Pierre Gosselin continuera à publier sur son blog des papiers comme celui de Zharkova démontrant sans aucun doute possible que le CO₂ n'est pour rien dans l'augmentation des températures.

Et je vous refiche un autre billet qu'il y aura quelqu'un sur Skyfall qui citera Gosselin mentionnant Zharkova, c'est comme si c'était écrit dans les astres, vous pouvez donc me faire confiance.

On parie ?


samedi 2 mars 2019

François Gervais, Christian Gérondeau, Jean-Marc Bonnamy, même combat, à l'extrême droite bien sûr !

Je ne peux pas dire avec certitude si les trois lascars mentionnés dans le titre sont bien d'extrême droite, par contre ce que je peux assurer c'est que l'extrême droite aime bien les trois lascars mentionnés dans le titre !

Commençons par François Gervais qui a les honneurs d'Alain Soral dans un article sur Egalité et Réconciliation intitulé François Gervais – L’urgence climatique est un leurre ; le site d'extrême droite bien connu y fait la promotion du dernier bouquin de Gervais en mentionnant la vidéo que nous avons déjà passée en revue en la décortiquant et en la démontant en petits morceaux (ici, ici ou ici)

Evidemment il ne faut pas demander à Alain Soral et à son équipe brune d'analyser l'argumentation boiteuse de Gervais, il se contente d'en faire la promotion, c'est tout, parce que le climatoscepticisme est tout simplement soluble dans le fascisme, le racisme et tout ce qui va avec, ce qui ne veut pas dire que tous les climatosceptiques sont fascistes ou raciste (entre autres) mais qu'il y a une bonne compatibilité entre les deux courants : si vous êtes d'extrême droite il y a de très fortes chances que vous soyez climatosceptique, et si vous êtes climatosceptique les chances que vous soyez d'extrême droite sont loin d'être nulles.

On retrouve en effet dans chaque cas des teintes complotistes, du genre « ils » nous obligent à faire ceci ou cela, ou « ils » nous taxent en prétextant ceci ou cela, ou « ils  » nous contrôlent/manipulent/exploitent/mentent (liste non exhaustive), le « ils », après avoir longtemps désigné essentiellement les Juifs, servant aujourd'hui à montrer du doigt, en plus des Juifs, toute une panoplie de gens ou d'organismes qui soi-disant dirigeraient le monde en catimini depuis des bureaux/laboratoires/officines feutrés situés on ne sait trop où.

Il suffit de jeter un coup d'œil aux sujets voisins de Gervais que nous propose le site :

Encore une fois, le fait que Gervais soit mentionné par un site fasciste ne signifie pas qu'il est lui-même fasciste, on aimerait cependant qu'il se désolidarise, mais quand on voit qu'il accepte une interview télévisée sur une vidéo de Solidarité et Progrès on peut avoir quelques doutes...Même si Cheminade n'est pas taxé d'antisémitisme et semble hostile au FN (RN maintenant) ses idées ne sont pas franchement de gauche et le fait que Soral fasse de la pub pour sa chaine n'est pas vraiment un signe d'animosité réelle entre les deux hommes.

François Gervais en bonne compagnie chez Alain Soral.





























Les commentaires permettent de se faire une idée du niveau intellectuel des lecteurs du site, en voici un exemple révélateur :


Le réchauffement climatique fait partie de la plus grande escroquerie du siècle .C’est une façon de taxer le contribuable sans qu’il puisse avoir aucune preuve des thèses avancées . La France est l’un des pays qui pollue le moins, et qui est même en recule de pollution . Tout ceci est bidon comme beaucoup de taxes que nous payons, sans savoir pourquoi ... Exemple, la taxe sur l’eco-participation, taxe inodore, 0.30 cts à gauche, 0.25 cts à droite etc. etc. que personne ne calcule, mais qui rapporte un max .

Ou alors, encore mieux :

On comprend pourquoi le Gouvernement de la France sort une loi anti-fake news. Comme il est le champion des fausses nouvelles, il tient à garder le monopole =
1) 11 septembre
2) Crimée
3) Syrie
4) Linky
5) Réchauffement climatique

Nous voyons immédiatement à qui nous avons affaire.

Mais Gervais n'est pas le seul à se frotter à des gens peu recommandables, il y a aussi Christian Gérondeau qui a les honneurs du Carrefour de l'Horloge avec cette vidéo intitulée Les mensonges du mythe réchauffiste.

Rappelons que le Carrefour de l'Horloge s'appelait avant le Club de l'Horloge et qu'il est classé « entre droite et extrême droite » ; l'un de ses créateurs n'est nul autre qu'Henry de Lesquen dont j'ai déjà parlé à deux occasions.

Et Wikipédia de nous préciser que cette honorable association « intervient dans le débat d'idées en mettant en avant la liberté économique, la souveraineté du peuple et l'identité de la nation. »

Faut-il rajouter que Gérondeau intervenait dans la vidéo pour vendre son bouquin intitulé Climat : la grande manipulation, mais il est vrai qu'en matière de manipulation nous sommes en présence de véritables spécialistes quand il s'agit de climatosceptiques qui se proposent de vous en parler.

Je n'ai pas visionné la vidéo, n'ayant pas particulièrement de temps à perdre et me doutant un peu de ce qui va se dire quand je vois le mot manipulation associé au climat ; voir plus haut ce que je disais sur le complotisme, vous comprendrez ma réticence à passer une heure à écouter des fariboles.

Le dernier à fricoter avec la partie fangeuse de l'échiquier idéologico-politique est Jean-Marc Bonnamy, un bonhomme qu'on commence à voir un peu partout maintenant, soi-disant scientifique mais apparemment peu prolifique si l'on en juge par ses publications (95 résultats sur Google Scholar...) et dont la tête inspire une confiance sans limite :

Jean-Marc Bonnamy, la nouvelle égérie des climatosceptiques ?
Le livre de ce monsieur, Réchauffement climatique, le pavé dans la mare, bénéficie d'une publicité très complaisante sur le site du Boulevard Voltaire, celui-là même lancé par Robert Ménard, un sympathisant de l'extrême droite qui ne s'en cache pas et qui dirige sa ville, Béziers, de la même façon que Jacques Bompard se charge de la sienne, Orange ; je ne sais pas si ces deux villes sont correctement gérées ou pas, le fait est que leurs maires sont bien classés à la droite extrême, c'est-à-dire bien plus à droite que le Parti Républicain, lequel fait de temps en temps les yeux doux en leur direction (les électeurs n'ont pas d'odeur et quand il s'agit d'en grapiller quelques uns de plus…)

Sur le site du Boulevard Voltaire c'est une vieille connaissance qui fait l'éloge de notre « bon ami », en la personne de Claude Brasseur dont j'ai déjà fait part des élucubrations ; ainsi notre clown Brasseur (bien plus mauvais que son homonyme acteur) n'hésite pas à écrire en introduction à la critique amicale qu'il fait du torchon de Bonnamy :
Le cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU) vient de paraître. Son contenu scientifique est nul, il ne comporte que des affirmations sans démonstration… des prévisions apocalyptiques montrant bien que le GIEC est aux abois : il doit absolument entretenir notre terreur des lendemains chaotiques malgré l’absence d’élévation notable de la température en Europe… malgré le froid ailleurs.
Il est remarquable de noter que ce texte date...de novembre 2018 ! Il est donc récent et prouve que notre charlatan du jour vit toujours dans sa grotte sans se tenir informé de ce qui se passe à l'extérieur, sans parler de sa méconnaissance totale du sujet et de son incompétence manifeste.

Et on rêve quand on voit écrit sous la plume de ce bouffon ce qui suit :
Les élucubrations du GIEC ne peuvent qu’éveiller la méfiance de toute personne un peu cultivée, douée d’esprit critique !
Le gars transpose tout bonnement ses propres élucubrations en les attribuant au GIEC qui, rappelons-le, n'est pas une personne mais un organisme qui résume les travaux de milliers de scientifiques répartis sur toute la planète ; et il ose évoquer un  « esprit critique » dont il n'a de toute évidence aucun échantillon sur lui !

Mais le plus beau c'est la partie publicité (gratuite ?) :
Si vous avez du bon sens mais pas nécessairement de grandes compétences scientifiques, lisez le livre de Jean-Marc Bonnamy, Réchauffement climatique : le pavé dans la mare. Cet ingénieur, consultant pour les Nations unies, qui suit pas à pas la thèse du GIEC, a formulé de façon rigoureusement scientifique la preuve que le gaz carbonique (CO2) ne pouvait être cause d’aucun réchauffement.
Aie aie aie, encore un ingénieur retraité, donc, qui passe son temps comme certains autres à causer d'un sujet qu'il ne maitrise en aucune façon afin de vendre sa camelote et arrondir ses fins de mois, il faut croire qu'une retraite d'ingénieur n'est pas suffisante pour assurer le train de vie de cet énergumène qui serait « consultant pour les Nations unies », ce dont on peut douter sérieusement.

En effet, difficile de savoir qui est ce Bonnamy qui n'a aucun Wiki dédié à sa personne, un profil Viadeo indiquant un Jean-Marc Bonnamy retraité sans aucune autre précision et sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit de la bonne personne, par contre sur ce site on peut lire ce portrait :
Ancien élève de l'Ecole polytechnique, Jean-Marc Bonnamy a successivement été ingénieur des travaux publics, expert climatologue pour la FAO, directeur de département à l'Institut français du pétrole. Spécialiste de l'Asie du Sud-Est, il y a dirigé des filiales de sociétés françaises et créé sa propre entreprise de conseil avant de rejoindre l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel dont il a dirigé les représentations au Vietnam, au Sri Lanka et en Inde, avant d'entamer une carrière de consultant pour les Nations Unies et la Communauté européenne qui l'a amené à effectuer des missions ponctuelles dans une dizaine de pays.
S'il est retraité, ce qui parait être le cas quand on le voit sur la vidéo, tout cela appartient au passé et on remarquera que, dans l'ordre chronologique, il a été
  1. ingénieur des travaux publics, un titre qui n'a pas à première vue de réel rapport avec le climat ;
  2. expert climatologue pour la FAO, et là on se demande comment on peut passer des travaux publics à la climatologie dans le domaine de la nourriture et de l'alimentation ;
  3. enfin directeur à l'IFP, ce qui est peut-être le plus important (et le plus plausible) dans l'histoire.
Il aurait donc ensuite terminé sa carrière comme consultant pour les Nations unie, mais je suis curieux de savoir quelles étaient ses « recommandations » et le sort que les Nations unies leur ont réservées ; si quelqu'un a de la documentation à ce sujet qu'il se fasse connaitre.

Nous terminerons ce billet par la dernière phrase de Claude Brasseur dans son éloge Bonnamycien :
Le GIEC est mort mais il ne le sait pas encore.
Que nous traduirons ainsi :
Tous ces vieux messieurs seront bientôt morts et oubliés mais ils ne le savent pas encore. 
On sent un certain abattement, bientôt la fin ?

Cela dit nous souhaitons longue vie à monsieur Bonnamy, car il faut avouer qu'il nous fait bien rire.


jeudi 22 novembre 2018

Nous allons vers un nouvel âge de glace, ou le mécanisme d'une fausse information

Il en faut peu pour faire prendre aux gens des vessies pour des lanternes (ou l'inverse)

Ainsi il a suffi que le site metro.co.uk titre A mini ice age could be on the way which means it will get very, very cold (Un mini âge de glace pourrait être sur le chemin ce qui signifie qu'il va faire très, très froid) pour déclencher une réaction en chaine dans nombre de médias dont Facebook et Twitter toujours prompts à reprendre immédiatement la moindre ânerie.

Le 16 novembre dernier le dénommé Jasper Hamill écrivait donc dans le site anglais que 
Humanity could soon face a long, cold winter which could see temperatures across the planet plunge to depressing lows.
L’humanité pourrait bientôt faire face à un hiver long et froid qui pourrait voir les températures de la planète chuter à des creux déprimants.
Pourtant le journaliste sensationnaliste apportait bien quelques bémols dans son article, comme par exemple :
During [the Maunder Minimum of the 17th century], there was a ‘little ice age’ when the Thames froze over, although researchers believe that global warming will stop this happening again.
Au cours [du Minimum de Maunder du 17ème siècle], il y a eu un « petit âge glaciaire » lorsque la Tamise a gelé, bien que les chercheurs pensent que le réchauffement de la planète va empêcher que cela se reproduise.
Mais les lecteurs auront surtout retenu d'autres passages comme celui-ci :
This could mean that it will get very cold, very quickly. However, it’s difficult to predict the impact of solar activity on the Earth and scientists are stil debating how sunspots affect our weather.
Cela pourrait signifier qu'il va faire très froid, très rapidement. Cependant, il est difficile de prédire l’impact de l’activité solaire sur la Terre et les scientifiques discutent toujours de la façon dont les taches solaires affectent notre climat.
Ou celui-là :
Valentina Zharkova, a professor of mathematics at Northumbria University, published a paper which contains ‘the first serious prediction of a reduction of solar activity that might affect human lives’.
Valentina Zharkova, professeur de mathématiques à l’Université de Northumbria, a publié un article qui contient « la première prévision sérieuse d’une réduction de l’activité solaire susceptible d’affecter des vies humaines ».
Je répète : « la première prévision sérieuse d’une réduction de l’activité solaire susceptible d’affecter des vies humaines »

J'ai déjà écrit à ce sujet (voir Et encore un clown mathématicien, un !) en montrant comment un mathématicien (un de plus…) en la personne de Claude Brasseur était tombé dans le panneau en reprenant une information sans comprendre de quoi il retournait ; et comme il écrivait dans Contrepoints, la célèbre revue scientifique, vous pouvez être surs que cette information a été diffusée et rediffusée un peu partout dans la climato-sceptico-sphère.

Pour en revenir à l'article récent de Jasper Hamill, celui-ci le concluait ainsi, en citant un professeur d'astronomie australien :
A new Maunder Minimum would slow climate change, but it is not enough to stop it.
Un nouveau minimum de Maunder ralentirait le changement climatique, mais ce n'est pas suffisant pour l'arrêter.
Ce journaliste a par conséquent écrit des choses plutôt justes dans l'ensemble, malheureusement en titrant complètement à côté de la plaque et en donnant une importance démesurée à quelques détails comme le fait que quelques scientifiques débattraient des impacts sur notre climat d'un tel événement.

Heureusement il y a des sites qui permettent de faire un minimum de fact checking, comme par exemple climatefeedback qui juge l'article de Jasper Hamill comme étant incorrect en nous donnant la véritable information à retenir :
The temperature effect of this low solar activity is primarily felt in the far upper reaches of the outer atmosphere, and is not expected to have any effect on the surface temperatures we experience.
L'effet de cette faible activité solaire sur la température se fait principalement sentir dans les parties les plus hautes de l'atmosphère extérieure et ne devrait avoir aucun effet sur les températures de surface que nous ressentons.
Je répète : « L'effet de cette faible activité solaire […] ne devrait avoir aucun effet sur les températures de surface que nous ressentons. »

 Et ce phénomène à venir n'a rien à voir avec le minimum de Maunder :
A low point ("minimum") in the normal 11-year solar activity cycle is not equivalent to a prolonged "grand minimum" like the Maunder Minimum that lasted from the mid 1600s to the early 1700s.
Un point bas ("minimum") dans le cycle normal d'activité solaire de 11 ans n'équivaut pas à un "grand minimum" prolongé comme le minimum de Maunder qui a duré du milieu des années 1600 au début des années 1700.
Et pour illustrer la chose deux graphiques nous sont montrés :

Thermosphere Climate Index through March 2015. Source

Satellite-measured troposphere temperatures through October 2018.  Source

On s'aperçoit qu'il y a effectivement quelques impacts sur la température terrestre à chaque évolution négative de l'activité solaire, comme de 1982 à 1988 ou de 1992 à 1997 ou de 2004 à 2010, périodes où la température pouvait marquer un léger temps d'arrêt, voire une baisse temporaire, mais alors que l'activité solaire est cyclique et demeure toujours assez identique sur le long terme, on voit bien que la température suit une tendance nettement à la hausse de près de 0,2°C par décennie.

Un dernier graphique achève de planter le dernier clou dans le cercueil climatosceptique :

Rise of global temperature for two different emission scenarios (A1B, red, and A2, magenta). The dashed lines show the slightly reduced warming in case a Maunder-like solar minimum should occur during the 21st century. The blue line represents global temperature data. Source: PIK.

Ainsi même dans le cas d'un éventuel minimum de Maunder se produisant au 21ème siècle, la hausse des températures ne serait que très légèrement ralentie ; inutile de dire qu'à la fin de ce putatif minimum de Maunder les températures feraient un bond à la hausse afin de rattraper le temps perdu !

Evidemment, comme je le soulignais au début, une grande partie de la climato-sceptico-sphère s'est délectée de l'information fournie par Jasper Hamill comme nous l'apprend le site climatefeedback dans False claims of a coming ice age spread through ecosystem of unreliable news sites, blogs, and social media accounts (Fausses affirmations d'une prochaine ère glaciaire propagées via un écosystème de sites d'actualités, de blogs et de comptes de médias sociaux peu fiables) avec ce graphique édifiant :

The network of outlets, blogs, and social media profiles who have shared and endorsed the claim that an imminent “mini ice age” would be coming based on a misinterpretation of the original article at Space Weather Archive. Dot sizes are proportional to the total number of shares and interactions on social media; arrows represent citations from an article/social media profile to its source.

On voit que metro.co.uk est en bonne place en compagnie du site iceagenow dont le nom est à lui seul tout un programme ! Le premier commentaire de ce dernier site est d'ailleurs très révélateur, il résume parfaitement ce que l'on peut lire parfois sur Skyfall sous la plume de gens qui n'ont de toute évidence pas pensé à allumer leur cerveau :
Lloyd
September 29, 2018 at 4:15 pm 

So NASA itself is now warning of cooling. What are the warmers to do now? They will probably have to start attacking NASA, or at least Dr Tony Phillips. More than likely they will attack the interpretation of the data, somehow. I’d like to see what arguments they come up with…. 
Donc, la NASA elle-même met en garde contre le refroidissement. Que vont faire les réchauffeurs maintenant ? Ils devront probablement commencer à attaquer la NASA, ou au moins le Dr Tony Phillips. Plus que probablement, ils vont attaquer l'interprétation des données, d'une manière ou d'une autre. Je voudrais voir quels arguments ils avancent….
Non monsieur, la NASA ne met personne en garde contre un quelconque refroidissement et personne ne va attaquer la NASA ou l'interprétation de ses données, apprenez à lire avant de poster de pareilles âneries.

Mais il y a quand même quelques lecteurs plus éveillés comme celui-ci :
Vendicar Kahn (@VendicarK)
October 1, 2018 at 6:39 am 

“So NASA itself is now warning of cooling.” – Lloyd

Wrong again Lloyd. One NASA scientist is stating that the highest reaches of the atmosphere will be be cooler over the next few months due to the sun reaching the minimum of it’s 12 year sunspot cycle. The record “cold” in this layer of the atmosphere will be just slightly cooler than normal, and will not in any way effect the massive amount of atmosphere that is below.

Grade school science Lloyd. Grades 5 through 8. You should learn some.
Faux encore une fois, Lloyd. Un scientifique de la NASA a déclaré que l’atmosphère la plus haute de l’atmosphère serait plus fraîche au cours des prochains mois, le soleil atteignant le minimum de son cycle de taches solaires de 12 ans. L’enregistrement «froid» dans cette couche d’atmosphère sera légèrement plus froid que la normale et n’affectera en aucune manière la quantité d’atmosphère massive qui se trouve en dessous.

Science de l'école primaire Lloyd. De la 5e à la 8e année. Vous devriez en apprendre.
En voilà un qui sait lire et faire la différence entre d'une part ce qui se passe dans les très hautes couches de l'atmosphère sans quasiment aucun effet sur nous, et d'autre part la température que nous ressentons sur le plancher des vaches et qui est l'expression de ce que nous appelons le climat terrestre (bien que celui-ci ne se résume pas à ce qui se trame dans les basses couches de l'atmosphère)

Mais l'enseignement ultime de tout ceci est magnifiquement développé dans le graphique qui nous montre les interactions entre tous les sites concernés avec les citations et les partages sur les réseaux sociaux de l'information initiale, la fausse bien évidemment !

Assez bizarrement on ne trouve pas le site WUWT sur ce graphique, pourtant il a publié dès le lendemain de la parution de l'article initial (voir spaceweatherarchive) un billet intitulé NASA: The chill of solar minimum is being felt in our atmosphere – cooling trend seen dont le premier commentateur est un habitué des lieux qui ne rate pas une occasion de clamer qu'un nouvel âge glaciaire est à venir :
Salvatore Del Prete
September 28, 2018 at 10:37 am 

When one part of the atmosphere is effected so are all the other parts.
Lorsqu'une partie de l'atmosphère est effectuée (sic, il voulait dire affectée, affected in English), toutes les autres parties le sont également.
On appelle cela prendre ses désirs pour des réalités.

Mais comme le disait le grand Pierre Dac
Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que de prendre son slip pour une tasse à café.


Lire The Chill of Solar Minimum



dimanche 4 novembre 2018

Patrice Hernu ou les divagations d'un mathématicien, encore un !

Encore un « réaliste mathématicien » qui donne son opinion sur le changement climatique dont il a compris tous les secrets, et c'est grâce à troubaa que nous apprenons l'identité de ce nouveau venu qui publie sur Facebook (revue scientifique bien connue de tous) l'article, un de plus, qui va révolutionner le petit monde scientifique : L’effet de serre dû au CO2 : une ineptie scientifique.

Nous connaissions déjà les mathématiciens Benoit Rittaud, Bernard Beauzamy et Claude Brasseur, nous pouvons donc rajouter dans la liste des apprentis clowns « réalistes » le dénommé Patrice Hernu qui, cela ne s'invente pas, « intervient » sur un site qui s'appelle (ne riez pas) L'observatoire du réel !

Ce site se propose de « donner à connaître d’autres points de vue sur le vivant », rien que ça ; nous apprenons avec son profil qu'il est « docteur en mathématiques et en Economie appliquée » ce qui il faut l'avouer le prédestinait pour donner un avis éclairé sur le réchauffement climatique, d'autant plus que le monsieur a été professeur à Paris Dauphine, le temple de l'enseignement de l'économie libérale où l'on peut sans retenue se laisser aller aux thèses les plus avant-gardistes comme par exemple la théorie du ruissellement qui veut que quand on donne de l'argent aux riches les pauvres vont nécessairement en profiter un jour ou l'autre (oui je sais j'exagère, mais c'est pour montrer l'idée)

Sur son profil on apprend également qu'il est « d’une grande curiosité, [qu'] il se passionne pour la science, en particulier la physique et l’espace, mais aussi pour le symbolisme, les religions, le langage, les civilisations et les origines. » ; ce grand curieux aurait donc trouvé le mystère que les autorités nous cachent soigneusement ?

En parcourant un peu le site on voit qu'un autre extra-lucide tient à nous faire connaitre ces vérités que l'on cache, en nous demandant de nous poser les questions essentielles de savoir si Judas était un traitre et pourquoi il y avait douze apôtres, questions qui me taraudent depuis des lustres et m'empêchent de dormir sereinement la nuit (le jour pas de problème) ; un autre inspiré nous invite au voyage au pays d'après où l'on va nous « [ouvrir] une porte. Une porte sur d'autres dimensions que les scientifiques n'ont pas pour mission d'ouvrir et que l'Eglise catholique préfère laisser fermée », vaste programme il faut bien en convenir.

C'est donc dans cet environnement « réaliste » qu'évolue notre mathématicien lui-aussi égaré dans des contrées très éloignées du domaine qu'il n'aurait jamais dû quitter afin d'éviter le ridicule qui ne manquera pas de lui tomber dessus si ce n'est pas déjà fait.

Dois-je vraiment vous dire que je n'ai lu son article qu'en diagonale sans y attacher une grande attention, pourquoi faire si ce n'est pour perdre du temps ? Il suffit de lire le titre, déjà mentionné, et les toutes premières lignes de son laïus :
La doxa du GIEC est parvenue à faire considérer l'effet de serre comme un « fait scientifique ». 
Doxa est un terme philosophique dont Wikipédia nous donne cette définition :
[…] ensemble — plus ou moins homogène — d'opinions (confuses ou pertinentes), de préjugés populaires ou singuliers, de présuppositions généralement admises et évaluées positivement ou négativement, sur lesquelles se fonde toute forme de communication ; sauf, par principe, celles qui tendent précisément à s'en éloigner, telles que les communications scientifiques et tout particulièrement le langage mathématique.
Ainsi notre matheux réaliste de service s'imagine être exclu de ce type d'« ensemble d'opinions, de préjugés et de présuppositions » et dans la foulée il nous fait la magnifique démonstration qu'il baigne dedans jusqu'au cou. Ainsi il nous dit le plus sérieusement du monde :
L'hypothèse du réchauffement climatique repose sur deux dogmes, l'effet de serre et la contribution du CO2 à cet effet de serre.
Est-ce vraiment la peine de continuer ?

Je ne mentionnerai que la fin où notre mathématicien en carton-pâte cite un grand scientifique à l'appui de ses affirmations :
Pourtant si donc il devait exister un « effet de serre » sur la Terre dû à la vapeur d'eau, il y a bien longtemps que tous les océans se seraient évaporés dans l'espace... Le gaz carbonique est donc lui-même accusé à tort !  (Jacques Henry - 7 novembre 2017)
C'est ce que l'on appelle terminer en beauté avec le guignol Jacques Henry qui officie d'habitude sur Contrepoints.

Pensez à vous munir de l'indispensable chapeau vous isolant des ondes maléfiques émises par les scientifiques et les médias au service des gouvernements corrompus


vendredi 12 octobre 2018

Aurélien Barrau n'est pas climatologue

Aurélien Barrau est un jeune (45 ans tout de même) astrophysicien qui a obtenu son doctorat à l'université Joseph Fourier (ça ne s'invente pas…) avec la mention très honorable et les félicitations du jury, ce que certains lui envient peut-être, mais nul n'est parfait.

Aurélien Barrau a aussi une âme d'écologiste, ce que certains lui reprochent peut-être, mais nul n'est parfait.

Il a ainsi publié dans Le Monde, à l'initiative de Juliette Binoche et peu après la démission de Nicolas Hulot, une tribune intitulée « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète dans laquelle il est notamment écrit :
Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.
Les signataires de cette tribune sont en très grande majorité des artistes (pouah !) mais on compte quelques scientifiques (Alain Benoit, Gilles Bœuf, Michel Cassé, Bernard Castaing, Françoise Combes, Philippe Descola, Hervé Dole, Pierre Fayet, Pierre-Henri Gouyon, Julien Grain, Mikhaïl Gromov, Jean Jouzel, Roland Lehoucq, Cécile Renault, Carlo Rovelli, Sabrina Speich, Pierre Vanhove, sans compter les écologues et philosophes que j'ai quelques réticences à classer parmi les scientifiques…) parmi lesquels un seul peut à mon avis porter le titre de climatologue (saurez-vous le retrouver dans la liste des 17 noms cités ?)

Aurélien Barrau s'est également fait connaitre pour cette vidéo que l'on peut visionner dans Aurélien Barrau : "Je n'ai plus peur de parler de fin du monde."

Evidemment parler de « fin du monde » est un tantinet exagéré et mérite une petite précision : il ne s'agit pas de la fin de la Terre (qui de toute façon finira un jour très lointain), ni même de la fin de l'Humanité (qui de toute façon finira bien avant l'extinction de la Terre mais dans un avenir très lointain nous laissant encore un peu de marge), mais simplement, si j'ose dire (et j'ose), de la fin de notre civilisation basée sur le productivisme et le consumérisme débridés.

Le message d'Aurélien Barrau est clair, limpide et « réaliste » au regard de tout ce que l'on sait aujourd'hui, pourtant, bien qu'il évoque le réchauffement climatique (entre autres problèmes auxquels nous allons devoir faire face) Aurélien Barrau n'est pas climatologue.

Aurélien Barrau n'est pas climatologue, tout comme Fred Singer, physicien de son état ayant commencé sa carrière dans les fusées pour la continuer et certainement la terminer dans le déni de presque tout ce que la science a pu démontrer comme néfaste pour les humains, depuis le lien entre les UV-B et les mélanomes, le rôle des CFC dans la couche d'ozone, l'influence du tabagisme passif dans la survenue des cancers du poumon des non-fumeurs, pour enfin trouver son graal avec le réchauffement climatique d'origine humaine qu'il s'emploie comme un beau diable à nier chaque fois que l'occasion se présente.

Aurélien Barrau n'est pas climatologue, tout comme Christopher Monckton, titulaire d'un diplôme de journalisme ayant à ses moments perdus inventé un casse-tête dont personne n'a entendu parler sauf les rares à avoir tenté de le résoudre, qui a fait un peu de politique avec Margaret Thatcher et s'est sur le tard découvert une passion pour la contestation du réchauffement climatique avec comme principal dada l'affirmation que les températures auraient fait une pause pendant deux décennies (au pif), passant totalement sous silence les effets de la variabilité naturelle du climat (El Niño, les volcans, le soleil) ainsi que le fait que plus de 90% de l'énergie additionnelle reçue du soleil et capturée par l'effet de serre dû au CO2 d'origine humaine se retrouve dans les océans.

Aurélien Barrau n'est pas climatologue, tout comme Roy Spencer, qui n'est que météorologue mais qui se prend pour un climatologue, comme d'autres météorologues ou présentateurs météo au journal de 20 heures (pour ne citer que quelques noms : Philippe Verdier, Frédéric Decker, Laurent Cabrol, pour les français, Anthony Watts ou Cliff Mass pour les américains, j'en oublie et certainement des meilleurs), en publiant sur son blog les résultats de « ses données à lui », celles de UAH qu'il partage avec John Christy qui, lui, peut se prévaloir du titre de climatologue (climate scientist) bien qu'il n'ait pas tout à fait la même vision des choses que l'ensemble de la communauté scientifique (Christy est un climatosceptique lukewarmer)
Les lukerwarmers acceptent que la Terre est en train de se réchauffer et que les importantes émissions de CO2 de notre civilisation sont une cause majeure. Ils doutent, cependant, que le changement climatique représente une crise unique parmi les multiples défis auxquels nous faisons face, ou que les projets de réglementation mondiale avancés pour gérer le problème fonctionneront comme annoncé. Et ils se montrent sceptiques devant le contraste entre la rhétorique apocalyptique et absolutiste avec laquelle ces projets de réglementation sont régulièrement défendus et leurs détails réels, qui semblent principalement conçus pour permettre aux hommes d'Etat du globe de satisfaire leurs propres intérêts économiques et politiques avec des arguments écologiques de façade.

Aurélien Barrau n'est pas climatologue, tout comme Benoit Rittaud, qui n'est qu'un mathématicien sans aucune expérience dans le domaine de la climatologie (tout comme d'autres matheux tels que Bernard Beauzamy ou Claude Brasseur), ce qui ne l'a pas empêché de pondre quelques ouvrages sur le sujet dont on me pardonnera de ne pas faire la promotion ici ; à noter que Rittaud et Barrau, non contents de rimer, sont à peu près du même âge (il me semble que Rittaud approche de la cinquantaine) ce qui prouve…, ce qui ne prouve pas grand chose en fait, Rittaud étant en réalité une exception juvénile dans un monde de has been retraités ou décédés qui seront bien vite oubliés dans le grand trou de l'Histoire où tant d'hommes célèbres de leur temps se sont retrouvés ensevelis.

Aurélien Barrau n'est pas climatologue, tout comme François Gervais, ancien professeur de physique et accessoirement pote de Benoit Rittaud pour lequel il semble nourrir une affection paternelle, ayant consacré son éméritat non pas en des choses utiles pour ses étudiants mais en deux publications sur le tard, en 2014 et 2016 (il avait donc 69 et 71 ans), tentant de nier l'impact de l'effet de serre sur la hausse des températures et cherchant à prouver que la hausse du CO2 ne pouvait qu'être bénéfique pour l'humanité ; évidemment ses recherches ne seront pas reprises dans le prochain rapport du GIEC, on se demande bien pourquoi (mais on a quand même une petite idée)

Enfin Aurélien Barrau n'est pas climatologue, tout comme cette pléthore de personnages publiant des livres ou intervenant dans des émissions (non, pas de CO2) de radio ou de télé, ou dans des fils de discussion quand ils ne publient pas eux-mêmes des articles sur des blogs ou sites à tendance (pour être gentil) libérale et/ou extrême droitiste (bizarre ce rapprochement entre libéralisme et fascisme concernant le sujet du réchauffement climatique, pourtant il est bien réel…) ; ainsi, pêle-mêle je pourrais citer Jean-Pierre Bardinet, Jacques Henry, Rémy Prud'homme, Drieu Godefridi, H16, Jacques Duran, Camille Veyres, etc.

Et n'oublions pas, Aurélien Barrau n'est pas climatologue, tout comme ma modeste personne.

Toutes les personnes citées ci-dessus (y compris le dénommé ma-modeste-personne) ne devraient pas avoir à se prononcer, à donner leur avis sur le climat, car, figurez-vous, aucune d'elle n'est compétente en la matière et donc légitime à donner son point de vue.

Ce que nous savons au sujet du réchauffement climatique, son origine essentiellement humaine (on ne rejette pas des quantités astronomiques de CO2 dans l'atmosphère en si peu de temps, en moins de deux siècles, sans qu'il n'y ait la moindre conséquence, sachant que la Nature a mis des millions d'années à stocker ce CO2 et qu'il lui faudra des millions d'années pour se refaire une santé) et les effets divers engendrés (hausse du niveau des mers, acidification des océans, sècheresses accrues, événements extrêmes amplifiés, mouvements de populations menant à des tensions socio/économico/politiques, etc.), tout nous est enseigné par des spécialistes qui ne font pas de politique, et leurs travaux sont résumés dans un document qu'on appelle le rapport du GIEC, publié à intervalles réguliers afin d'actualiser les informations en fonction des avancées de la science.

Nous devrions tous non pas discuter de savoir si tout cela est bien réel ou issu de l'imagination de savants Cosinus ou de prophètes venant annoncer la fin du monde, mais plutôt nous interroger sur la façon de nous y prendre afin que le choc civilisationnel soit le moins rude possible ; pour cela il y a deux mots : atténuation (mitigation en anglais) et adaptation.

Nous serons de toute façon obligés de nous adapter aux changements à venir, des millions de personnes devront se déplacer car elles se retrouveront les pieds dans l'eau, puis les genoux puis la taille puis… D'autres devront quitter des terres devenues trop chaudes et arides, les pays « du nord » devront par conséquent s'attendre à accueillir très progressivement de plus en plus de migrants, avec des conséquences « incalculables » (i.e. qu'il est impossible aujourd'hui de prévoir mais que l'on peut imaginer sans trop de peine) sur leur économie, sur leur politique (attention, ça va pencher sacrément à droite, gare au retournement !), sur leur existence tout court.

Mais nous pourrions dès à présent mettre en place des processus d'atténuation afin de limiter les futurs dégâts ; il est cependant peu probable que nous y parvenions, car, vous savez, nous avons bien d'autres chats à fouetter à court-terme, hein !


Voir également :