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vendredi 22 juillet 2016

Les hommes-lézards responsables des inondations exceptionnelles de mai

Dans mon précédent billet j'évoquais un bref article (en fait quelques lignes) dans le dernier Science & Vie, consacré au lac Suwa.

Dans le même numéro de S&V  on apprend qu'un grand complot existe pour nous cacher la vérité sur les dernières inondations de fin mai en France, à savoir que les hommes-lézards seraient les responsables de tout ce remue-ménage pour nous faire croire que le réchauffement climatique serait à l'origine de ce que l'on tente de nous faire prendre pour des crues exceptionnelles.

Heureusement qu'il existe des sites d'information comme Skyfall pour nous dire la vérité et rien que la vérité, sous la plume de l'inénarrable Nicias, sur les inondations de ce printemps :
  • Les résultats des modèles sont utilisés dans les études d’attribution. Si le résultat du modèle colle aux observations, le climatologue carbocentriste dit  « c’est la faute de l’homme et du CO2 ». Dans le cas contraire, il dit parfois qu’on ne sait pas, plus souvent il se tait. Le second cas étant plus fréquent que le premier, on peut se demander à quel point les concordances ne relèvent pas du simple hasard.
  • J’aurais aimé fonder cet article, non sur des projections invérifiables, mais sur les comparaisons entre les réalisations des modèles et les observations existantes. Mais les modèles sont présupposés être validés, il n’y a donc rien de tout cela dans les rapports de Jean Jouzel.
Nous voyons bien que Jean Jouzel n'est rien d'autre qu'un homme-lézard, au même titre qu'Obama ou la reine d'Angleterre, Nicias nous le dévoile sans ambages :
  • Jean Jouzel (dit "le climatologue carbocentriste") produit des modèles qui collent aux observations, c'est bien la preuve qu'il essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ;
  • les projections sont "invérifiables" puisqu'elles concernent le futur, c'est bien la preuve que Jouzel nous ment ;
  • les rapports de Jouzel nous cachent la vérité, c'est bien la preuve qu'il est à la tête du complot.
Bref Jean Jouzel est bel et bien un homme-lézard.

Et Benoit Rittaud nous l'avait bien dit, hein !



Bon redevenons sérieux maintenant.

Sur Skyfall il y a quand même des gens qui le sont (sérieux) comme par exemple Gilles des Landes qui nous informe avoir posté un commentaire sur notre-planete.info en disant craindre le bannissement :
  • Gilles des Landes le 06/06/2016 à 07:25      
    Cessons de se focaliser sur un seul problème non avéré scientifiquement : le réchauffement climatique anthropique. Des problèmes bien plus graves sont dus à l'Homme, et l'on en voit aujourd'hui les conséquences, telles ces inondations qui sont essentiellement liées à l'aménagement du territoire.
    Pour le reste, le climat évolue, et il serait bon de regarder derrière nous pour comprendre pourquoi l'Optimum médiéval (dont il est prouvé qu'il fut une période plus chaude qu'actuellement)n'a pas conduit à une catastrophe mondiale ? Entre autres (nombreux) faits avérés...
 Ah! Le réchauffement climatique anthropique non avéré scientifiquement, et c'est un spécialiste qui vous le dit, quelqu'un a qui on ne la fait pas et qui sait voir un complot là ... où il y a certainement un complot !

Et c'est vrai que les inondations sont surtout dues à l'aménagement du territoire, c’est vrai ça, toute la flotte qui nous tombe dessus c'est la faute du bétonnage de nos campagnes, c'est bien connu, le béton ça attire la pluie, mieux qu'un sorcier indien dansant autour d'un feu en chantant sa mélopée.

Bon redevenons sérieux sérieusement maintenant.

Les pages 36 et 37 du dernier numéro de S&V nous montrent en graphique l'évolution des précipitations depuis 300 ans (Cumul de pluies à Paris en mars-avril-mai en mm) avec les dates remarquables suivantes (5 plus hautes précipitations mesurées pendant la période) :
  • 1751 : 260 mm
  • 1782 : 278 mm
  • 1937 : 250 mm
  • 2000 : 251 mm
  • 2016 : 310 mm
On nous précise que « l'Ile-de-France reçoit en moyenne, depuis 30 ans, 15% de pluies en plus au printemps par rapport à la moyenne du XIXe siècle. A Nemours, la crue a même, avec 4,63 m, dépassé celle de 1910 » ; il s'agit bien de la pluie, c'est-à-dire de l'eau qui tombe du ciel et qui ensuite s'écoule dans les fleuves et les rivières, donc j'aimerais bien que Gilles le landais nous explique comment l'aménagement du territoire peut être le responsable de cet accroissement de la pluviométrie (ah oui bon sang mais c'est bien sûr, ce sont les hommes-lézards qui font les mesures, ou plutôt qui produisent les données pour nous induire en erreur, Gilles le dadais a bien compris cela)

Je vous laisse lire l'article de S&V pour avoir davantage de précisions (Aurait-on pu éviter les inondations ? L’urbanisation croissante a-t-elle aggravé la situation ? Quelle est l'étendue des dégâts sur les cultures ? sur la faune ?) mais je ferai quand même un résumé de la partie Cela va-t-il se produire plus souvent à l'avenir ?
  • La réponse courte à cette question est : Oui.
  • Un certain Robert Vautard (notre Robert...?) nous explique que « la probabilité qu'un tel épisode de pluie se produise sur le bassin de la Seine, entre avril et juin, a tout simplement doublé depuis l'ère industrielle » (encore un homme-lézard ce Robert)
  • L'erreur serait de croire que réchauffement = sécheresse ; Robert Vautard ajoute que « [L'] intensification du cycle hydrologique est un effet bien établi d'un climat plus chaud : il provoque davantage d'évaporation et des précipitations plus violentes quand elles se produisent »
  • Et Philippe Roudier, encore un autre homme-lézard officiant à l'Institut Pierre-Simon Laplace, en rajoute une couche en nous précisant que « les crues décennales deviendront, en France, 20% plus puissantes et les crues centennales 40%. »
  • L'article se termine par cette remarque : « Si [la crue parisienne] avait été 30% plus forte, toutes les défenses de la capitale auraient été emportées » ; soyons patients, ce sera peut-être pour la prochaine fois.
 Quant à la dernière partie du dossier de S&V consacré aux inondations, elle s'intitule Des solutions pour éviter le pire ? On retiendra simplement qu'« il faut d'abord s'y résigner » ; mais pour un climatosceptique il n'y a pas de résignation qui vaille, puisqu'il n'y a pas de problème : la meilleure façon de ne pas penser au pire, et ne pas avoir par conséquent à l'éviter, c'est bien évidemment de nier que le pire puisse arriver, tout va très bien madame la marquise, tout va très bien.

 Et me direz-vous où sont ces fameux hommes-lézards que j'évoquais au début et dont nous avons eu un échantillon avec Jouzel, Obama, etc. ?

Eh bien ils arrivent tout de suite après l'article sur les inondations, pages 44 à 66 !

On en reparle bientôt, stay tuned.




Lien utiles en provenance de sites contrôlés par les hommes-lézards!


forums.infoclimat

meteosuisse

science-et-vie

springer

notre-planete

valerie.massondelmotte




14 commentaires:

  1. Si l'aménagement du territoire n'a rien à voir avec la pluviosité, il faut quand même reconnaître que l'imperméabilisation des sols et les interventions sur les cours d'eau (suppression des méandres par exemple) ont un effet amplificateur des crues notamment en terme de rapidité.



    Robert

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    1. Vous avez parfaitement raison, l'aménagement du territoire peut avoir des effets aggravants quand il est mal conduit, mais on est d'accord pour dire qu'il n'a aucun effet sur la pluie qui tombe alors que le réchauffement climatique oui.

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    2. Tout-à-fait, mais l'augmentation attendue peut se traduire de plusieurs façons en terme de précipitations; soit il pleut plus souvent, soit le rythme des précipitations reste inchangé et ces dernières sont plus fortes.

      si je prends le mois de juillet de 2014 2015 et 2016. Mes relevés donnent ceci

      Juillet 2014 : 18 jours avec précipitation pour un total de 195mm
      Juillet 2015 : 9 jours avec précipitations pour un totale de 98mm
      Pour 2016 nous en sommes pour le moment à 8 jours avec précipitations et un total de 59mm.

      Robert

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    3. Erratum,

      Juillet 2015 c'est 9 jours avec précipitation et un total de 39mm (98 étant le total pour juin 2015).

      Robert

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    4. Le mois de juillet ne semble pas très révélateur, les précipitations sont plutôt erratiques d'une année à l'autre, et puis vous ne montrez qu'un seul mois sur trois années seulement, alors que dans l'article de S&V ce sont les mois de mars-avril-mai qui sont pris en compte sur une période de 300 ans, cela me parait plus significatif ; pour juillet il serait cependant intéressant d'avoir l'information depuis 300 ans, vous avez ça en réserve sous forme de graphique ?

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    5. 300 ans ? Non je ne suis pas assez vieux. j'ai cité ces mois juste pour souligner le caractère aléatoire du phénomène. Je prends toujours ce que dit S&V avec des pincettes déjà la période est sujette à caution, sur quoi sont basées ces courbes ? il y a forcément des biais de mesures si mesure il y a (je ne relève les quantités qu'à partir de 1 mm) . en ce qui concerne les modélisations au niveau régional les incertitudes restent très importantes (si les modèles globaux donnent des projections fiables, il n'en n'est pas de même pour les modélisations régionales).

      A propos de notre planète info, je me suis rendu compte que son proprio est plus intéressé par les revenus que génèrent son site et son idéologie que par la recherche de la vérité scientifique et je ne me suis pas gêné pour le lui dire..

      Robert

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    6. S&V est ma principale source d'information scientifique depuis que j'ai 15 ans, c'est tout ce que j'ai trouvé de mieux en matière de vulgarisation qui soit à la portée de mes maigres moyens (et encore je suis loin de tout comprendre...)

      J'ai remarqué que cette revue cédait assez souvent à une espèce de sensationnalisme dans ses titres, mais après tout c'est de bonne guerre, il faut bien appâter le lecteur et les autres revues de vulgarisation ne s'en privent pas, elles en rajouteraient même !

      Je ne suis pas qualifié pour juger si je dois prendre ou non ce que dit S&V avec des pincettes, ce que je peux remarquer c'est que sur le sujet qui nous intéresse, à savoir le climat, la ligne éditoriale est claire, elle est en conformité avec par exemple ce que le GIEC résume dans ses rapports.

      Pour les 300 ans de mesures et leur qualité je leur fait tout simplement confiance, je regarde systématiquement le courrier des lecteurs où parfois on peut avoir quelques précisions ; après tout les pluviomètres existent depuis pas mal de temps (en Europe la première utilisation semble dater de 1639 en Italie, alors pourquoi pas des mesures depuis le début des années 1700 à Paris ?) même si je suis d'accord avec vous qu'on peut se poser des questions légitimes sur la comparabilité des mesures sur une période de 300 ans.

      Quant au proprio de notre-planète-info du moment qu'il ne raconte pas de bêtises je ne suis pas incommodé par les revenus qu'il peut tirer de son site ; et à quelle idéologie faites-vous allusion ?

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    7. Magdelaine ne fait que recopier mais comme il ne comprend pas ce qu'il recopie il dit des bêtises quelquefois. D'autre part c'est un écolo tartuffe qui voyage beaucoup pour ses vacances, à ajouter qu'il est vegan.. C'est un idéologue et je combat toutes les idéologies quelles qu'elles soient. Au sujet de son site les pub qu'on y trouvent sont souvent en contradiction avec l'écologie.

      Bref, c'est faites ce que je dis pas, ce que je fais...

      Robert

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  2. A lire :

    https://www.researchgate.net/profile/Robert_Allen12/publication/305212474_Evidence_for_climate_change_in_the_satellite_cloud_record/links/5785819f08ae3949cf538f9d.pdf


    Robert

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    1. Merci pour le lien, ça vient juste de sortir on dirait, je suis curieux de voir comment cela va être traité par WUWT, Skyfall et Cie., notamment quand je vois "These results indicate that the cloud changes most consistently predicted by global climate models are currently occurring in nature."

      Encore une étude faite par les hommes-lézards ;)

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  3. Encore un peu de lecture , on y apprend entre-autres que la crue la plus importante à Paris remonte à janvier 1658.

    http://www.metis.upmc.fr/piren/?q=webfm_send/817

    Robert

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    1. Je lis "Les modèles climatiques sont les meilleurs outils actuellement disponibles pour appréhender le changement climatique dû à l’augmentation des gaz à effet de serre."

      Encore un coup des hommes-lézards ;)

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    2. C'est exact bien qu'ils soient encore imparfaits. Ce que les climatosceptiques, qui critiquent les modèles gieciens, oublient souvent de dire c'est que les *études* allant à l'encontre de la science sont elles même soutenues par des modélisations.

      il n'y a pas de science sans modèle.

      Robert

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  4. hors sujet mais vous pourrez dira à cet âne bâté de minitax que Robert Vivian n'était pas glaciologue au sens des sciences physique mais au sens géographique du terme. Il n'avait aucune compétence en physique/chimie de la glace et de ses composantes.

    Il était comme Leroux ni plus ni moins...

    Robert

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