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lundi 22 août 2022

CLINTEL a encore frappé, même pas mal !

 Nous venons de vivre un été d'enfer, qui n'est d'ailleurs pas totalement terminé, avec une petite vaguelette de chaleur encore dans les tuyaux, mais nous savons qu'il y a toujours des climato-crétins qui continuent à nier l'évidence.

En juin dernier était publiée une déclaration solennelle qui nous assurait qu'« il n'y a pas d'urgence climatique » ; celle-ci commence sur les chapeaux de roues avec :

Climate science should be less political
La science du climat devrait être moins politique

Ainsi la hausse des températures de 1°C et des brouettes en quelques décennies, avec à l'horizon 2100 un minimum de +3°C, en restant très optimiste, cela relèverait de la politique ?

La fonte avérée des banquises, des calottes glaciaires et de quasiment tous les glaciers dans le monde, de la politique vous dis-je !

La hausse du niveau des mers qui s'accélère et l'acidification des océans qui augmente, c'est politique nom d'un chien !

Les sécheresses qui se multiplient, tout comme les événements extrêmes, on ne sait pas trop s'ils sont de gauche ou de droite mais ce dont on est sûr c'est que c'est de la politique !

Alors qui (ou qu'y) voit-on dans cette déclaration « apolitique » supposée émaner des plus grands scientifiques de la planète ?

Il suffit de jeter un oeil à la déclaration elle-même (WCD-version-06272215121.pdf (clintel.org)) et d'aller directement à la page 14 pour savoir quels sont les éminents spécialistes de la question climatique qui vont en France ouvrir les chakras des gens cherchant la véritay vraie, et on est très vite fixé :

La crème de la crème française.

On peut y voir en tête de gondole l'inénarrable Benoit Rittaud, présenté parmi les « ambassadeurs » (voir World Climate Declaration - Clintel) comme « professeur » alors qu'il n'est, à presque cinquante ans, que « maitre de conférence hors-classe », ce qui n'est pas particulièrement flatteur...

A la suite de Rittaud nous remarquons des têtes connues ici dans mon blog comme (dans l'ordre d'apparition à l'écran) Hervé Azoulay, Jean-Pierre Bardinet, Bernard Beauzamy, Jean-Claude Bernier, Pierre Beslu, Philippe Catier, Vincent Courtillot, Christian Gérondeau, François Gervais, Jacques-Marie Moranne, Cédric Moro, Rémy Prud'homme, Etienne Vernaz, Camille Veyres...

Rendez-vous compte, cela fait 14 personnes, rien que pour la France, que j'ai évoquées dans mon blog et qui se retrouvent sur la liste des 1107 signataires de ce torchon de déclaration !

En rajoutant le monde anglophone je pense que je pourrais au moins doubler ce nombre, si ce n'est le tripler.

Sur Twitter Valérie Masson-Delmotte (que je suis) a retweeté un certain Dave Vetter qui publie ce fil que je vous livre directement traduit en français tellement je suis bon :

Aujourd'hui, les négateurs du climat se réjouissent de la Déclaration mondiale sur le climat, un document antiscientifique qui prétend que 1200 "scientifiques" déclarent qu'il n'y a pas d'urgence climatique. Quelques remarques à ce sujet. 1/
La déclaration n'est en fait que la continuation d'un projet de la Climate Intelligence Foundation (CLINTEL), un groupe de pression financé par deux millionnaires néerlandais.

@DeSmog a beaucoup de détails ici : https://desmog.com/climate-intelligence-foundation-clintel/ 2/
Comme on peut s'y attendre, CLINTEL est profondément lié à l'argent des combustibles fossiles et nombre de ses ambassadeurs sont impliqués dans les lobbies américains des combustibles fossiles, le Heartland Institute et le Cato Institute. 3/
La déclaration peut être consultée ci-dessous. Comme vous le verrez, la formulation elle-même est extrêmement paresseuse, comprenant une liste de clichés éculés et démystifiés du type "j'ai trouvé ça sur Facebook". Aucune recherche n'est citée. 4/
Si vous faites défiler la liste des signataires, vous constaterez que peu d'entre eux sont issus de disciplines liées au climat. Un nombre important d'entre eux sont issus de l'industrie pétrolière et gazière. Huit d'entre eux sont d'anciens ou d'actuels employés de Shell. 5/
Les six mythes du changement climatique énumérés sont tous traités de manière exhaustive sur la page Arguments de Skeptical Science (ci-dessous). Aucun d'entre eux ne résiste à un examen même superficiel. 6/
https://skepticalscience.com/argument.php


Bref, rien de vraiment neuf sous le soleil.


mardi 19 février 2019

Les clones d'Ivar Giaever

J'ai évoqué il y a quelques jours le dénommé Georges Geuskens (dans La théorie du RCA n'est pas justifiée, c'est monsieur Geuskens qui vous le dit et vous pouvez le croire (si vous êtes croyant)) qui se proposait de révolutionner la science climatique avec cette assertion sortie de son chapeau :
La théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique basée sur l’existence d’un effet de serre n’a aucune justification ni théorique ni expérimentale.
VB précisait ceci dans son commentaire :
VB15 février 2019 à 23:39
Georges Geuskens, chimiste spécialisé dans les polymères, a accédé à l'éméritat en 1999, ce qui signifie qu'il devrait avoir aujourd'hui dans les 85 ans. J'ai parcouru son article. C'est clairement écrit par un scientifique qui s'est aventuré trop loin de son domaine d'expertise. Avec de temps en temps une petite pique à l'attention des climatologues qui n'auraient rien compris au sujet. On dirait du Jacques Henry.
Le problème comme toujours avec ce genre de billet, c'est qu'il peut être cité par des pseudo-sceptiques lambda comme références, avec le bonus que c'est écrit par un Professeur, avec plein de formules compliquées et de x et de y.
En vérité, si l'on s'« amuse » à rechercher sur Google Scholar en tapant « georges geuskens climate » on n'obtient que...48 résultats, et le seul où son nom apparait clairement dans le résumé de recherche sur la première page ne permet même pas de le retrouver dans l'article en question (si vous y arrivez écrivez-moi)

Occurrence de Georges Geuskens sur la première page de recherche sur Google Scholar.

Mais il faut dire que « certaines pages ne font pas partie de la section consultable du livre », on va donc en déduire que le sieur Geuskens n'est pas visible à moins d'acheter le bouquin dans lequel il est supposé être mentionné.

Par contre si l'on tape uniquement « georges geuskens » sans aucune autre précision on obtient un impressionnant nombre de...1010 résultats !

Et effectivement une lecture rapide nous montre que monsieur Geuskens est bien spécialisé dans les polymères comme expliqué par VB.

Je ne sais pas quel est le rapport qu'il peut y avoir entre les polymères et le climat, cependant on ne peut que remarquer que Georges Geuskens, durant sa carrière professionnelle, n'a JAMAIS publié la moindre étude concernant de près ou de loin le climat.

En cherchant un peu ce qui peut rapprocher les polymères du CO2 j'ai trouvé ce site avec le titre « Polymères CO2-Philes CO2-Phobes » qui décrit la compatibilité toute relative entre ces deux éléments ; ainsi il y a des cas où les deux vont bien ensemble et d'autres où ils se font la gueule ; on nous dit que
Les polymères CO2-philes/CO2-phobes permettent de :
  • Former des émulsions de liquides insolubles dans le CO2 dense (CO2 liquide ou CO2 supercritique)
  • Disperser des particules solides dans le CO2 dense
  • Stabiliser des latex dans le CO2 dense
  • Décontaminer/nettoyer des matrices solides ou des effluents liquides
  • Recycler des métaux nobles/critiques (métaux stratégiques)
  • Elaborer des catalyseurs supportés
Quelques domaines d'application sont ensuite mentionnés, dont l'« énergie » et l'« environnement », termes suffisamment vagues pour pouvoir éventuellement inclure une petite composante attribuable au climat.

On peut penser que monsieur Geuskens, après avoir passé sa vie à travailler sur les polymères, a dû se dire, ayant fait le tour de la question et la retraite étant arrivée, qu'il pourrait pourquoi pas passer un peu de son temps libre à causer du climat en essayant de mobiliser ses connaissances sur les polymères acquises après de nombreuses années ; et être frappé de plein fouet sans même sans apercevoir d'un magnifique syndrome de Dunning-Kruger, que l'on appelle également effet de surconfiance ou plus exactement biais cognitif de surestimation de ses compétences !

Cela rappelle notre vieil ami le prix Nobel de physique Ivar Giaever dont j'ai déjà parlé dans Ivar Giaever, ou la déchéance d'un prix Nobel qui prend les gens pour des cons ; là aussi, quand on cherche les références de Giaever concernant le climat on ne trouve rien du tout, sauf les conférences qu'il a pu donner après avoir pris sa retraite et dans lesquelles il se montre sous un jour climatosceptique.

Il faut croire que ces conférences du maitre ont eu leur petit effet, puisque sur le blog de Georges Geuskens un certain J.C Maurin, professeur agrégé de physique (excusez du peu), montre qu'il a bien appris sa leçon avec un article intitulé A propos des indicateurs de température par satellites (1/2).

Cet article est plutôt bien fait et assez agréable à lire il faut l'avouer ; les explications du début me semblent être pertinentes et aller « dans le bon sens » (à vérifier cependant, si VB veut bien s'y coller…), mais cela se gâte très sérieusement vers la fin avec ce surprenant graphique :

 Figure 4c. [3] On a utilisé pour les figures 2a, 2b, 3a, 4a et 4b une représentation sous forme « d’anomalie » en usage chez les climatologues, mais cela correspond à un fort zoom sur l’échelle verticale. Une représentation, rarement utilisée, est celle faisant apparaître l’indicateur de température sans zoom sur l’axe vertical→ Fig. 4c. Sous cette forme, la hausse +0.5K ou +0.2% ou +0.16 K/décennie est peu évidente, et on distingue à peine les phénomènes ENSO.

Etonnant, non ?

Cela ne vous rappelle pas quelque chose ?

Ben oui, Ivar Giaever qui nous avait pondu ceci :

Pour Ivar Giaever la hausse de 0,8K (ou 0,8°C) représente une augmentation de...0,3% !

Et je faisais le rapprochement avec un graphique qu'avait présenté Christian Gérondeau, autre figure du climatoscepticisme déclinant :

Hausse des températures selon Christian Gérondeau (source mythesmanciesetmathematiques)

L'idée est simple, faire apparaitre, à l'aide d'un artifice, la hausse de la température comme la plus faible possible, et si on peut la représenter sous la forme d'une ligne droite parfaitement plate pourquoi se gêner !

On remarquera toutefois que Gérondeau ne parlait pas en pourcentages et faisait démarrer son graphique quasiment au zéro degré Celsius, ce qui permettait de discerner, en regardant très attentivement, les variations de température sur la période, évidemment fortement aplaties du fait de la manipulation des données figurant sur l'axe vertical des ordonnées.

Giaever et Maurin sont, eux, bien plus malins que Gérondeau et poussent la manipulation au bout de la logique
  • en parlant en (degrés) Kelvin et non en degrés Celsius ;
  • en traduisant la hausse de température à partir de la base la plus éloignée possible qui soit.

Je m'explique.

Prenons comme exemple ce que montre Ivar Giaever, pour lui une augmentation de 0,8K représenterait donc une augmentation de « seulement » 0,3% ; le calcul est extrêmement facile à effectuer : 0,8 / 288 x 100 = 0,28% exactement que Giaever arrondit généreusement à 0,3%.

Maintenant rapprochons-nous le plus près possible du zéro absolu, le 0K, et voyons ce que représente alors la même augmentation de 0,8K ; comme la division par zéro est impossible prenons comme base de départ 0,01K et calculons donc : 0,8 / 0,01 X 100 = 8 000% !!!

Soyons plus raisonnables et partons de 10K, nous avons : 0,8 / 10 X 100 = 8%

Avec 100K comme base de départ on arrive logiquement à dix fois moins que ci-dessus : 0,8 / 100 X 100 = 0,8%

Est-il nécessaire de continuer ?

Comme on peut le constater plus nous nous éloignons de l'origine de l'échelle de grandeur utilisée (ici le Kelvin) et plus la hausse d'une même quantité absolue va apparaitre minime en pourcentage d'augmentation, on comprend donc mieux pourquoi le Kelvin a été choisi par nos deux manipulateurs expérimentés.

Ce qui est cocasse c'est que Georges Geuskens (ou JC Maurin, ou un autre, on ne sait pas trop qui se cache derrière SCE-info), dans un autre article, répond à notre ami Robert :




Dans les grandes lignes, les mesures satellitaires, en place depuis ± 1979, sont en accord avec les mesures thermométriques : un léger réchauffement de la basse atmosphère est observé. Nous ne contestons nullement ce réchauffement.
Il faut cependant faire attention à l’axe des Y sur les figures. Si vous l’étirez, comme ce qui est généralement fait par les alarmistes (exemple sur le lien que vous donnez), la hausse des températures devient très spectaculaire.












Oui, vous avez bien lu, « il faut […] faire attention à l'axe des Y sur les figures » !

On admirera également la terminologie, avec « les alarmistes » pour représenter en réalité les scientifiques dans leur immense majorité, on imagine qu'ils apprécieront le jugement de valeur qui est porté à leur encontre.

Quant à « la hausse des températures [qui] devient très spectaculaire » voyons un peu à quoi elle ressemble d'après le lien fourni par Robert :

L’OMM confirme que les quatre dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées (source OMM)























Depuis le début du 20ème siècle la température est montée d'environ 1 degré, ce que l'on peut effectivement qualifier de « spectaculaire » puisque une telle augmentation rapide n'est jamais intervenue depuis que l'homme existe sur la planète.

Le graphique présenté, qui comporte de plus les données de cinq organismes différents dont les courbes sont remarquablement cohérentes entre elles (encore un complot des Illuminati ou des Khmers verts), représente correctement la réalité avec une échelle des ordonnées parfaitement adaptée puisqu'elle embrasse la totalité des mesures observées (de -0,2 à +1,2) alors que les graphiques manipulés des sieurs Maurin et Gérondeau présentent des vides monstrueux qui n'ont pour but que d'aplatir les courbes représentées.

On notera que Giaever, tout en présentant ses explications « à la mode » de Gérondeau et Maurin, montre, lui, un graphique correct, certainement pour ne pas saper totalement le peu de crédibilité qui lui reste (sur le sujet du climat bien entendu)

Le site de Geuskens est redoutable, il a toutes les apparences du sérieux dû à un éminent professeur, mais les conclusions qu'il tire dans ses billets vont à l'encontre du bon sens et, bien sûr, du consensus sur le changement climatique.

Pas étonnant qu'il soit devenu le chouchou des skyfalleux endeuillés par la perte de leur gourou adoré ; voici quelques perles glanées récemment :

3962.  Cdt Michel e.r. | 15/02/2019 @ 4:42
rpf (#3961),
Georges Geuskens est professeur émérite de la Facultés des Sciences de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), pour moi la meilleure de Belgique (ici, libre fait référence au libre-examen, alors qu’en général on oppose l’enseignement libre à l’enseignement officiel)

AMHA, le site Science, climat et énergie devrait être repris en colonne de gauche sur la page Accueil de Skyfall. […]

3981.  MichelLN35 | 18/02/2019 @ 18:56
Merci de votre signalisation de Monsieur Geuskens, je vais discuter avec lui et lui soumettre mes réflexions sur température et thermométrie. Je pense que Pierre Beslu que vous m’avez fait connaître et avec lequel j’ai beaucoup échangé, serait aussi intéressé par les idées du Professeur Geuskens.

3982.  TL | 18/02/2019 @ 19:42
MichelLN35 (#3981)
C’est un régal de consulter les articles de ce site. Je retrouve avec émotion l’esprit de PU et la volonté de rendre accessible des données scientifiques à des non initiés.
Je suis fan et remerciez les auteurs pour la qualité de ce site.

Certains sont cependant un peu plus lucides que les autres…

3987.  volauvent | 19/02/2019 @ 10:29
[…]
Il semble que le cher professeur n’ait même pas étudié son sujet pour le réfuter.
D’autre part, il fait, comme beaucoup du « club » des tueurs de dragon, référence à un autre professer (Maurin,) pour sous entendre que l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère n’est pas d’origine humaine. Si on va sur l’article en question, on voit que F Engelbeen, avec sa patience infinie, réfute une fois encore cette élucubration.
[…]


Tout cela nous promet encore de franches rigolades !




vendredi 3 août 2018

Retour aux sources

J'ai déjà eu l'occasion de l'écrire ici à plusieurs reprises, ce qui est intéressant avec les sites climatosceptiques et les commentaires qu'il génèrent de la part de leurs admirateurs c'est que malgré toutes les âneries qu'il peuvent raconter ils ont le mérite de nous forcer (moi en tout cas) à réfléchir et à se documenter ; en ce qui me concerne j'essaye de faire profiter mes lecteurs de mes réflexions et découvertes tout en faisant œuvre de salubrité publique en dénonçant les charlatans qui s'expriment sur le sujet pour diverses raisons, essentiellement d'ordre financier et/ou idéologique.

Prenons par exemple le billet intitulé Fourier, Tyndall, Arrhenius et les autres.., que j'ai brièvement évoqué dans un précédent article (Un peu de désinformation sur la situation actuelle), dans lequel le dénommé Usbek tente désespérément de convaincre son auditoire que l'effet dit de serre n'aurait pas été découvert par les savants du 19ème siècle, dont Svante Arrhenius, prix Nobel de chimie en 1903.

En fait ce n'est pas Usbek qui s'exprime, mais Pierre Beslu, un obscur personnage aujourd'hui à la retraite (tiens donc…) ayant « fait des études de physique à l'Université de Marseille » pour tout bagage, comme nous l'indique le site lecolocritique ; on serait bien en peine de trouver sur Google Scholar la moindre étude de ce monsieur sur le climat, le seul papier que nous fournit le site sur sa première page, en lien avec le climat et concernant cet individu, est un document au format pdf intitulé Critique des Equations de l’effet de serre radiatif dans lequel il se propose, tenez-vous bien, de révolutionner à lui tout seul, avec ses petits doigts musclés tapant frénétiquement sur sa vieille Olivetti qu'il a conservée du temps où il servait peut-être à quelque chose, toute la science climatique accumulée depuis maintenant 2 siècles, avec Joseph Fourier comme précurseur en 1824.

Dans son exposé rempli d'équations et de courbes à l'esthétique éventuelle, tout n'est probablement même pas faux, le monsieur doit quand même avoir quelques notions de physique, autrement on ne l'aurait pas laissé approcher d'une centrale nucléaire.

Le même Pierre Beslu s'était déjà produit sur le site que la planète entière nous envie, j'ai nommé Skyfall, avec L’effet de serre est-il indubitable ?, montrant, avec ce point d'interrogation, que la réponse allait de soi. Cet article avait attiré pas moins de 265 commentaires, ce qui prouve sa pertinence (je suis loin d'en revendiquer autant de mon côté sur mes articles les plus commentés, je dois donc dire que des bêtises)

Mais revenons à l'article lui-même, celui publié par Usbek et signé Beslu, le monsieur « qui a fait des études de physique » et qui se propose de révolutionner la science climatique.

L'objectif de ce torch…, pardon, de ce papier est, comme dit dans la première phrase :
de montrer que les travaux de ces auteurs dont les plus illustres sont Fourier (1768-1830), Pouillet (1790-1868), Tyndall (1820-1893) et le prix Nobel Arrhenius (1859-1927), sont notoirement insuffisants à fonder le phénomène de l’effet de serre. On ne saurait bien évidemment leur en tenir rigueur, car il faut replacer leurs travaux dans l’état des connaissances de l’époque.
Pierre Beslu est grand seigneur, « on ne saurait tirer rigueur » à ces fondateurs de la science climatique moderne...de s'être plantés !

Enfin, c'est Beslu qui pense qu'ils se sont plantés et n'ont pas vraiment posé les bases de ce que l'on appelle couramment aujourd'hui l'effet de serre, bien que l'atmosphère de la Terre ne se comporte pas du tout comme une serre de jardin (mais parfois une bonne image vaut mieux qu'un très long discours)

On laissera à Pierre Beslu la responsabilité de ses propos, il n'empêche que tout le monde n'est pas d'accord avec lui, et notamment, concernant Joseph Fourier, Jean-Louis Dufresne, un véritable physicien ne s'étant pas contenté « d'étudier la physique » et étant l'auteur de nombreuses études sur le climat comme attesté par Google Scholar, ainsi que d'un papier intitulé justement Jean-Baptiste Joseph Fourier et la découverte de l’effet de serre ! En conclusion de son article Dufresne écrit notamment :
J. Fourier a établi les principes fondamentaux qui régissent la température de surface d’une planète, et notamment les principes de l’effet de serre : l’ajustement de la température de surface pour atteindre l’équilibre énergétique ainsi que le rôle essentiel de la dissymétrie entre les propriétés radiatives de l’atmosphère dans le spectre solaire (atmosphère transparente) et dans le spectre infrarouge thermique(atmosphère partiellement opaque). Deux siècles seront nécessaires pour quantifier et comprendre ces phénomènes.
Donc si je lis bien, Joseph Fourier, dès les années 1820 (son papier date de 1824) avait « établi les principes fondamentaux, notamment les principes de l'effet de serre », c'est écrit en toutes lettres par un physicien réputé, ce n'est pas moi qui invente.

Par conséquent, entre un Pierre Beslu « qui a fait des études de physique » et Jean-Louis Dufresne mon cœur ne balance même pas un centième de seconde, il a déjà choisi le bon cheval par mouvement reflexe, au contraire d'un Troubaa qui préfère le canasson fourbu et nous sort ceci sur son forum (ici) :
Usbek tient toujours des propos respectables. Il n'insulte pas, ne traite personne d'idiot ou de charlattant et est très pédagogique.
un exemple son dernier billet (à lire) : https://www.climato-realistes.fr/effet-de-serre-fourier-tyndall-arrhenius/
Mais heureusement que sur son forum il y a des gens qui réfléchissent, on connaissait déjà Komyo, il y a aussi un dénommé bas38 :
Troubaa
Usbek....... belle marmelade confirmant le manque cruel de réflexion " réaliste" des auto proclamés climato " réaliste"
l'histoire de "l'effet de serre"... un peut comme ces croyant avançant la théorie darwinienne d'origine comme la réalité enseignée aujourd'hui... ça pu l’intégrisme ce genre d'article...
alors d'un coté le début des études sur le climat comme le Français Joseph Fourier (1768-1830), le Britannique John Tyndall (1820-1893) et le Suédois Svante Arrhenius (1859-1927)... après y'a évolution de la recherche .....
d'un autre usbek fait un rapport entre la recherches (d'époques) qui serait le socle finalement stable sur les études actuelle sur les Gaz a effet de serres ...... enorme
tout en concluant: "Cela bien sûr n’implique pas que aujourd’hui, avec les progrès dans les connaissances du climat, l’EDS ne soit pas correctement décrit"
c'est quoi au juste l'interet de ce Papier ??
comme bien sur l'ensemble argumenté du site des "climato réalistes"
A la question de bas38 (c'est quoi l'intérêt du papier de Beslu ?) Troubaa ne troube, pardon ne trouve rien de mieux que de répondre :
de rappeler que la théorie de l'effet de serre ne date pas de plus d'un siècle comme cela est régulièrement affirmé. C'est juste un rappel historique sur le travail de ces scientifiques.
Mais non mon cher ami, Pierre Beslu ne rappelle pas du tout cela, il dit dans sa conclusion :
Il est donc clair qu’on ne peut considérer qu’à la fin du XIXème siècle, l’effet de serre était un phénomène démontré et décrit par des lois parfaitement établies. Cela bien sûr n’implique pas que aujourd’hui, avec les progrès dans les connaissances du climat, l’EDS ne soit pas correctement décrit. Pour s’en assurer, il faudrait impérativement analyser les équations utilisées dans les logiciels de calcul qui prévoient les augmentations de températures, de niveau des mers etc. liées à l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère terrestre.
Et là le masque tombe, Beslu ne fait rien de moins que de douter de la corrélation entre CO2 et hausse des températures, et par conséquent il en déduit que les savants du 19ème siècle n'ont rien prouvé du tout et ne sont à la base d'aucun principe fondateur que les scientifiques d'aujourd'hui utiliseraient sans se poser de questions tellement il s'agit d'un acquis (comme la gravitation ou la relativité générale qui ne font en principe pas polémique dans la communauté scientifique, tout comme l'effet de serre)

En effet (sic) Beslu semble prétendre dans un premier temps que l'effet de serre serait « correctement décrit », mais c'est pour immédiatement après mettre un gros bémol  avec son « pour s'en assurer etc. » ce qui pour lui signifie qu'on ne s'en est toujours pas assuré !

Pierre Beslu est donc un gros climatosceptique niant la réalité de l'effet de serre et le rôle du CO2 dans la hausse des températures que nous connaissons, mais pour Troubaa il se contenterait de rappeler qu'une théorie à laquelle il ne croit pas ne daterait pas de plus d'un siècle !

Mais bas38 lui cloue le bec (temporairement, faut pas rêver) en lui présentant un papier daté du 14 août 1912 dans lequel on s'aperçoit que déjà à l'époque, il y a plus d'un siècle donc, on avait une assez bonne idée du rôle du CO2 dans l'atmosphère et de ses possibles conséquences :

The furnaces of the world are now burning about 2,000,000,000 tons of coal a year. When this is burned, uniting with oxygen, it adds about 7,000,000,000 tons of carbon dioxide to the atmosphere yearly. This tends to make the air a more effective blanket for the earth and to raise its temperature. The effect may be considerable in a few centuries.

La traduction qu'en donne bas38 n'étant pas tout à fait correcte (mais il est largement pardonné) je la donne ci-après :
Les chaudières (ou plutôt les fourneaux) du monde brûlent actuellement environ 2 milliards de tonnes de charbon par an. Quand ce charbon est brûlé, en s'unissant avec de l'oxygène, il ajoute environ 7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère chaque année. Cela tend à faire de l'air une couverture plus efficace pour la terre et à élever sa température. L'effet peut être considérable dans quelques siècles.
bas38 avait traduit « This tends to make the air a more effective blanket for the earth and to raise its temperature » par « ce qui pousse à rendre l’air étouffant et à augmenter les températures » ; non, la hausse des températures ne résulte pas d'un air « plus étouffant », l'image de la couverture (blanket) est toujours employée actuellement pour décrire l'effet de serre : en fait la couverture sous laquelle on se met pour « avoir chaud » ne nous réchauffe pas du tout, elle nous empêche seulement de nous refroidir ! Et c'est notre température corporelle interne qui émet de la chaleur que la couverture permet de conserver, du moins en partie, car au bout d'un certain temps notre corps n'émettant plus suffisamment de chaleur et la couverture en laissant tout de même passer un peu, nous finissons petit à petit par nous refroidir et éventuellement avoir très froid, malgré notre couverture, s'il fait très froid à l'extérieur ; même principe pour une maison, une tente, etc. qui vont nous protéger un certain temps.

Evidemment pour l'atmosphère le principe est différent en ce sens qu'il ne s'agit pas de chaleur générée par la Terre mais de celle reçue du soleil qui, sans effet de serre, repartirait intégralement dans l'espace par rayonnement ; l'effet de serre empêche donc une partie de cette chaleur de s'échapper, ce qui fait que la température moyenne sur Terre est de +15°C au lieu de -19°C (source Climats passé présent futur)

En 1912 on savait donc parfaitement deux choses :
  1. C + O2 → CO2
  2. ajout de CO2 dans l'atmosphère → hausse des températures
En fait le texte en question date d'un peu avant août 1912 et le site snopes nous en donne l'historique précis :

Le 17 juillet 1912, soit un mois auparavant, on trouve un entrefilet dans un journal australien qui n'y avait pas accordé beaucoup d'importance :


En mars 1912, le même texte apparaissait déjà, dans la revue Popular Mechanics, dans la légende d'un dessin représentant des fourneaux avec leurs cheminées crachant d'épaisses fumées :
Source books.google

Ce qui est remarquable c'est que ce dessin figurait en illustration d'un article intitulé Remarkable weather of 1911, sous-titré The effect of the combustion of coal on the climate - What scientists predict for the future :
Le temps remarquable de 1911, L'effet de la combustion du charbon sur le climat - Ce que les scientifiques prédisent pour l'avenir

Mais que l'on ne s'y trompe pas, si le rédacteur de cet article a quasiment tout juste concernant le rôle « réchauffant » du CO2 émis par l'homme, qu'il est donc très loin de nier, il considère qu'il s'agit d'une bénédiction pour les générations futures !  Car pour lui les effets véritablement réchauffants et potentiellement problématiques se feront sentir « sur des millénaires » et quoi qu'il en soit augmenter la température ne serait-ce que de quelques dixièmes de degrés ne peut qu'être bénéfique à court et moyen terme :

It is largely the courageous, enterprising, and ingenious American whose brains are changing the world. Yet even the dull foreigner, who burrows in the earth by the faint gleam of his miner's lamp, not only supports his family and helps to feed the consuming furnaces of modern industry, but by his toil in the dirt and darkness adds to the carbon dioxide in the earth's atmosphere so that men in generations to come shall enjoy milder breezes and live under sunnier skies.

Traduction :
Ce sont en grande partie les Américains courageux, entreprenants et ingénieux dont les cerveaux changent le monde. Pourtant, même l'étranger terne, qui creuse dans la terre à la faible lueur de sa lampe de mineur, non seulement soutient sa famille et aide à nourrir les insatiables fourneaux de l'industrie moderne, mais par son labeur dans la saleté et l'obscurité ajoute du dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre, de sorte que les hommes des générations à venir puissent profiter de brises plus douces et vivre sous un ciel plus ensoleillé.
C'est beau comme du Verlaine mais c'est un peu daté, pourtant c'est à peu près sur ce tempo que dansent aujourd'hui nos amis les climatosceptiques, 200 ans après Fourier, 100 ans après Arrhenius, montrant ainsi que non seulement ils n'ont pas progressé mais sont revenus avant la Révolution Industrielle quand personne n'avait la moindre idée de ce qu'était un gaz à effet de serre et comment il pouvait agir sur nos températures !

Mais je ne me fais aucun souci pour Troubaa qui continuera à lire religieusement la pâtée que lui fournit Usbek, ce n'est pas pour lui que j'écris, il est définitivement perdu pour la science et condamné à errer dans son déni pendant longtemps encore, car comment pourrait-il admettre s'être fait avoir depuis si longtemps (il y a plus de 2 ans au moins qu'il s'est fait piéger par Usbek) et sombrer dans le ridicule auprès de ses compagnons de forum ? Impensable !



Voir aussi

vendredi 11 septembre 2015

Attention, le collectif des climato-réalistes va bientôt frapper un grand coup, tenez-vous prêts!

A l'approche de la COP21 on sent une certaine excitation dans le microcosme de ceux qui se font appeler des climato-sceptiques, mais qui ne sont en fait que de faux sceptiques prétendant détenir la vérité ou, tout au moins, prétendant que les scientifiques (les vrais) sont soit incompétents, soit des menteurs.

Il en est ainsi du fameux (j'ai failli écrire fumeux) site français skyfall qui s'est spécialisé depuis près d'une décennie dans le déni des faits scientifiques montrant
  • que le climat se réchauffe et que ce réchauffement s'accélère;
  • que l'activité humaine est la principale responsable de ce réchauffement accéléré;
  • que ce réchauffement va bientôt nous poser de graves problèmes (il nous en pose déjà) si nous ne faisons rien pour l'atténuer;
  • que nous les hommes, même si nous sommes responsables de ce réchauffement, nous avons également les moyens d'y remédier, du moins en partie;
  • que la lutte contre le réchauffement ne peut qu'être profitable aux populations qui en souffrent déjà et en souffriront encore plus dans un futur proche.
Ainsi, depuis le début de l'année, c'est à un piteux spectacle que tout un chacun peut assister à la lecture régulière et de circonstance du climathon si mal nommé (le téléthon, c'est pour recueillir de l'argent pour une cause, le climathon, c'est pour décerner des "prix" à des personnalités diverses s'exprimant sur le changement climatique)

C'est bien sûr la COP21 qui a provoqué l'apparition de ce concours organisé par les bras cassés de skyfall, nul doute qu'il fera pschitt et disparaitra au rayon des antiquités à ranger dans le bêtisier de l'histoire peu après que la conférence sera terminée.

Il faut avouer que l'exercice est facile, de se moquer de gens tels que Jean Jouzel posant pieds nus, un parapluie dans la main droite et un globe terrestre dans la main gauche, ou Doris Leuthard, une suissesse n'ayant apparemment pas peur du ridicule elle non plus.

Evidemment, nos pieds nickelés de skyfall (je parle essentiellement des commentateurs qui applaudissent à tout rompre aux inepties qui leur sont servies) en déduisent naturellement que puisqu'il y a des gens (des people en fait pour l'essentiel) capables de se ridiculiser en parlant du climat, alors c'est que forcément tout ce qui se dit (par les scientifiques, les vrais) sur le climat est faux et cela les renforce dans leur scepticisme.

Et ils en remettent tous une couche avec maintenant une nouveauté : le Collectif des climato-réalistes!

Non vous ne rêvez pas, ils s'auto-baptisent climato-réalistes, à savoir, je pense, mais je peux me tromper, que s'ils sortent la tête à la fenêtre et qu'il fait froid, ils vont en déduire que le climat se refroidit, car c'est leur réalité du moment qui compte (bon je sais, j'exagère un peu, mais quand même bien moins que ces guignols non?)

Ce qui est très instructif c'est de regarder un peu dans le détail la composition de ce fameux (fumeux?encore!) collectif.

On y trouve au comité "scientifique" (les guillemets sont de moi) :
  • Jacques Duran (physicien, directeur de recherches au CNRS (e. r.)) (je ne sais pas ce que signifie e.r., en réserve peut-être?)
  • François Gervais (physicien, université François Rabelais, Tours)
  • Benoît Rittaud (mathématicien, université Paris-13, Sorbonne-Paris-Cité)
  • Camille Veyres (Mines-Telecom)
  • István Markó (chimiste, université catholique de Louvain)
  • Reynald Du Berger (géophysicien, université du Québec à Chicoutimi)
Il y a aussi un comité d'organisation, avec une célébrité en la personne de Christian Gérondeau, qui se distingua il y a longtemps dans le domaine de la sécurité routière mais qui s'est recyclé depuis dans celui de l'insécurité climatique, et l'on trouve également une liste de personnes "morales" (là aussi les guillemets sont de moi) parmi lesquelles les organisations libérales (au sens français du terme) se taillent la part du lion.

Laissons de côté les administratifs et les soutiens, qui n'apportent pas grand chose sur le sujet, hormis de nous confirmer que l'entreprise climato-sceptique est avant tout une affaire d'idéologie principalement basée sur la doctrine du laisser-faire, donc du minimum de taxes et de régulations possibles (et si possible ni taxes ni réglementations, c'est encore mieux pour ces gens-là), et focalisons notre attention sur le comité dit "scientifique" afin de voir ce que les sommités qui le composent ont dans le ventre.

Pour ce faire je me suis servi de Google Scholar, à défaut d'autre chose, en regardant tous les résultats des deux premières pages, afin de vérifier si les membres de ce comité avaient publié quoique ce soit ayant un rapport quelconque avec le sujet qu'ils prétendent traiter avec leur Collectif.

Reprenons dans l'ordre la liste de ces membres :
  • Jacques Duran : rien vu sur le climat, apparemment le domaine de ce chercheur est la physique des milieux granulaires (sables, poudres, grains...), par contre en matière de climatologie il se révèle être un expert en cherry-picking (sélections douteuses) et manipulations en tous genres (pour un résumé on peut voir ici) qu'il expose à tout un chacun sur son blog pensée-unique (le bien nommé);
  • François Gervais : rien vu sur le climat, apparemment le domaine de ce chercheur est la physique des hautes températures, il ne semble pas avoir de blog par contre il a publié au moins un livre sur le climat, dont on peut trouver un compte-rendu ici);
  • Benoit Rittaud : rien vu sur le climat, hormis bien sûr son livre Le mythe climatique (203 pages tout mouillé, du lourd quoi, en fait un gros plagiat à partir de divers sites climato-sceptiques comme pensée-unique ou what's up with that) ; par ailleurs Benoit Rittaud est un habitué du site contrepoints (le nivellement par le haut...) dans lequel il copie/colle les articles qu'il publie d'abord sur son blog personnel mythes, mancies et mathématiques (le titre en lui même en dit long sur ce qui se passe dans la tête de ce maitre de conférence, pauvres élèves...), puis sur skyfall, afin d'être sûr d'avoir la plus grande audience (libérale of course) possible;
  • Camille Veyres : rien vu sur le climat, hormis un papier de 19 pages, en français, signé par un certain Pierre Beslu, qui cite Camille Veyres citant lui-même un certain J.E.Potsma... Je ne suis pas spécialiste, mais une lecture rapide du texte dudit Beslu donne par exemple ceci : "ce mécanisme (de l'effet de serre, ndlr) contrevient à la deuxième loi de la thermodynamique...", ah! la fameuse violation de la deuxième loi de la thermodynamique par l'effet de serre, a-t-on vraiment besoin de continuer davantage avant de se persuader que le texte en question (19 pages en français, donc non publié dans une revue internationale avec peer review) n'est rien d'autre que du vent (dont on pourrait à l'occasion se servir pour faire tourner quelques éoliennes);
  • István Markó : rien vu sur le climat, apparemment le domaine de ce chercheur semble être la chimie organique et médicinale, on se demande donc en quoi il estime être d'une quelconque utilité;
  • Reynald du Berger : rien vu sur le climat, apparemment le domaine de ce chercheur est (était?) l'étude des tremblements de terre, mais son dada semble plutôt aujourd'hui être le libertarisme si l'on en croit le Réseau Liberté-Québec; par ailleurs il suffit de lire un de ses articles sur son blog, par exemple celui-ci, afin de mieux comprendre à qui on a affaire.
Donc pas de quoi fouetter un chat à la vue des états de service des membres de ce collectif des climato-réalistes qui ne savent pas de quoi ils vont parler étant donné que c'est hors de leur domaine de compétences.

Pour s'en convaincre un peu plus il suffit de lire quelques lignes du texte d'introduction, par exemple voici quelques extraits :
  • ...la propagande actuelle qui impose une véritable panique. (j'ai personnellement l'impression d'une grande atonie parmi la population qui a du mal à se mobiliser sur le sujet; par ailleurs parler de propagande quand il s'agit de faits scientifiques, c'est injurier l'ensemble de la communauté scientifique travaillant sur le climat, et ils sont nombreux)
  • ...La peur irrationnelle qui nous est quotidiennement distillée ... (parler de peur "irrationnelle" c'est une opinion qui n'engage que son auteur, quant à la distillation quotidienne, il faudra que je fasse davantage attention à ce qui se dit dans les media car je ne vois pas tant de sujets climatiques que cela)
  • ...est l’œuvre d’une bureaucratie climatique dont l’intérêt objectif est d’aller toujours plus loin dans l’outrance et les prophéties de malheur. (bureaucratie climatique, il fallait oser la faire celle-là, et parler d'intérêt "objectif" quand on connaît les véritables intérêts en jeu, ceux des industries "fossiles", on en sourit quand même un peu)
  • ...favoriser le retour à la raison dans le regard commun sur le climat. (sous-entendu, les scientifiques sont des crétins ou des vendus)
  • L’absence de tout réchauffement statistiquement significatif à l’échelle de la planète depuis maintenant près de vingt ans... (celle-là elle est bien bonne, il faudra l'encadrer et la ressortir à l'occasion)
  • ...la hausse modérée et sans accélération du niveau de l’Océan depuis un siècle... (ce n'est pas ce que l'on lit dans la presse scientifique, mais je devrais davantage lire wuwt ou climate etc, ça m'aiderait à mieux comprendre.)
  • ...la stabilité de la banquise à l’échelle globale... (faudrait-il leur recommander de changer de lunettes?)
  • ...la baisse de l’intensité cyclonique de ces dernières années ...(ben justement, les scientifiques, les vrais, ne prétendent pas que le réchauffement entrainera forcément une hausse de l'intensité des cyclones, cela reste à démontrer car il est trop tôt pour juger)
  • ...la question climatique ne saurait se réduire à des slogans culpabilisateurs. (je n'ai vu aucun scientifique utiliser le moindre slogan, au contraire des soi-disant sceptiques)
  • Le prétendu « consensus » sur la responsabilité humaine n’est qu’un leurre...(plusieurs études ont confirmé ce consensus, on arriverait même aujourd'hui à presque 100% de consensus étant donné que quasiment plus aucun papier ne remet en cause le RCA, sauf évidemment si l'on tient compte des quelques blogs spécialisés sur le sujet tels que ceux appartenant à notre fameux comité "scientifique")
  • ..nombreux sont les scientifiques parmi les plus éminents qui expriment leurs doutes sur la question. (nombreux, vraiment? j'attends des noms, pour l'instant je n'ai que la liste des 6 membres du comité "scientifique") 
  • En ostracisant ces opinions dissidentes si essentielles à la bonne marche de la science... (ostraciser, d'après le Larousse, frapper d'ostracisme, qui est l'action de tenir quelqu'un qui ne plaît pas à l'écart d'un groupe, d'une société ; qui donc est ostracisé? Benoit Rittaud? Jacques Duran? Vincent Courtillot? Il me semble que ces personnes peuvent s'exprimer, et ne s'en privent pas, sans subir les foudres de quiconque, hormis de quelques commentateurs insatisfaits de leurs prestations bloguesques (j'allais écrire grotesques))
  • ...ce faux consensus imposé retarde notre compréhension du système climatique en même temps qu’il incite à des politiques irrationnelles et donc contre-productives. (projection psychologique qui attribue à autrui ses propres errements ; lire impérativement Les marchands de doute de Naomi Oresques et Erik M. Conway, pour comprendre qui tire les ficelles afin justement de retarder au maximum toute action pouvant porter préjudice aux immenses intérêts des industries en cause dans le réchauffement climatique)
  • Le temps est venu d’accepter que le climat a toujours changé ...(la phrase la plus idiote que les climato-sceptiques n'hésitent pourtant pas à proférer à l'envie ; le climat a toujours changé, donc l'homme ne peut pas être responsable de la hausse actuelle des températures, logique implacable, ou plutôt, incapable)
Je m'arrête ici car je commence à me fatiguer sérieusement à relever les incohérences et inepties que contient ce texte.

J'aurais pu également commenter l'article suivant d'un certain Joaquim, qui ne semble pas avoir inventé l'eau chaude (mais ce n'est pas cela qu'on lui demande hein!), mais ce serait tirer sur une ambulance et je n'ai pas le cœur à ça.

Dans l'attente de la COP21, nous aurons encore de beaux textes à décortiquer par ci par là, donc pas besoin d'en faire trop pour l'instant.