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vendredi 9 novembre 2018

Du nouveau sur Resplandy ?

Mon précédent billet, Laure Resplandy, la petite française qui remet les pendules (de l'océan) à l'heure, a fait réagir mon lecteur fétiche BenHague qui croit tenir là son quart d'heure de gloire :

Anonyme8 novembre 2018 à 23:21

Apparemment Mrs Resplandy a reconnu son erreur (et meme remercié Nic Lewis) sur son blog de Princeton .

> Il est dommage qu' une revue de premier ordre comme Nature n' ait pas détecté l'erreur
> Il est dommage que les sites de référence n' aient pas détecté l'erreur , aient seulement repris en gros les conclusions et n'aient pas analysé en détail l'article comme ils le font lorsque des articles ne va pas dans leur sens.
> Il est dommage que ces memes sites de référence après avoir propagé l'article se taisent maintenant.

> En revanche votre réaction était prévisible : " Que Lewis pense avoir trouvé une grosse erreur, cela me fait dans l'immédiat sourire, tellement d'« erreurs » ayant été soi-disant trouvées et ayant fait pschitt par la suite"

Au moins dans ce cas précis, Nic Lewis a aidé la Science. Cela doit vous faire mal ...

Cette scientifique a commis une erreur dans son analyse . Ce n'est pas grave en soi (si vous saviez le niveau ras du sol en mathématiques de la plupart des chercheurs ...particulièrement en Science de la Terre ...) d'autant plus qu'elle réagit avec professionnalisme ...
Ce qui est grave , c'est que cette erreur grossière n'aient pas été détectée et la (sur) réaction des gens comme vous et des médias . Elle est symptomatique du climat pourri instauré par les militants/activistes du climat.

Je ne me fais aucune illusion sur votre réaction . Vous allez :
1) Minimiser l'affaire . Après tout 97% des scientifiques .... Certes mais tout votre "billet" reposait sur cette découverte ....
2) Embrayer sur les erreurs des climato_sceptiques ( Allegre , Courtillot, Lindzen ... etc etc ). Alors que cela n' a rien à voir avec le sujet ...
C'est triste . Vous etes pret à avaler n'importe quoi si cela confirme votre idéologie ....

BenHague

Cela n'étonnera pas grand monde si je dis que je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce commentaire.

Tout d'abord laissez-moi vous dire que si Nic Lewis a trouvé une erreur dans les calculs inclus dans l'étude Resplandy, bravo à lui, mais ce n'est qu'un petit bout de l'histoire que nous allons maintenant considérer dans sa globalité et non uniquement par le petit bout de la lorgnette de monsieur BenHague.

Tout d'abord ce n'est un secret pour personne, et certainement pas pour BenHague, que chaque fois qu'une étude parait allant dans le sens de ce que l'on va appeler le « consensus » (i.e. il y a un réchauffement climatique, celui-ci est causé par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et ce n'est pas une bonne chose pour nous et notre descendance) alors nous assistons à des réactions quasi pavloviennes de la part de la blogosphère climatosceptique afin de non pas critiquer mais simplement dénigrer l'étude en question ; dans le cas présent nous en avons un magnifique exemple avec l'inepte article de Bob Tisdale publié dans WUWT dans lequel on apprenait que Resplandy ne pouvait pas avoir raison parce qu'elle avait tort, ou quelque chose d'à peu près similaire ; on remarquera que Tisdale avait tout compris seulement deux jours après la publication de l'étude, mais qu'il était passé complètement à côté de l'explication de Nic Lewis qui, lui, a mis un peu plus de temps pour publier ses résultats.

On comprend alors un peu mieux mon propre commentaire :
[…] que Nic Lewis pensait avoir trouvé une grosse erreur m'a fait sourire, vous connaissez certainement le proverbe « chat échaudé craint l'eau froide », ce monsieur est du genre à nier certaines choses en temps normal, alors qu'il ait pensé trouver une erreur cela m'a fait sourire, mais je n'ai dit nulle part qu'il avait tort, relisez moi et arrêtez de me prêter des intentions qui sont plutôt habituelles dans votre camp.
Effectivement, je n'ai à aucun moment dit que Nic Lewis avait tort et Resplandy raison, je me laissais tout bonnement le temps de la réflexion, et plus exactement de la réflexion de gens plus doués que moi ou que BenHague, avant de porter un jugement définitif sur la question, jugement que je n'estime d'ailleurs pas totalement définitif à l'heure actuelle.

En effet, que Resplandy ait commis une erreur de maths dans son étude, soit, mais la véritable question à se poser est de savoir quel est l'impact de cette erreur sur les conclusions de son étude, ce que nous ne savons pas maintenant puisque Laure Resplandy a écrit exactement ceci sur le site de Princeton :
New study estimate ocean warming using atmospheric O2 and CO2 concentrations. We are aware the way we handled the errors underestimated the uncertainties. We are working on an update that addresses this issue. We thank Nicholas Lewis for bringing this to our attention. 
Une nouvelle étude estime le réchauffement de l'océan à l'aide des concentrations atmosphériques d'oxygène et de CO2. Nous sommes conscients que la façon dont nous avons géré les erreurs a sous-estimé les incertitudes. Nous travaillons sur une mise à jour qui résout ce problème. Nous remercions Nicholas Lewis d'avoir porté cela à notre attention.
Donc nous allons sagement attendre, y compris monsieur BenHague, de voir une mise à jour de l'étude avec les résultats définitifs afin de considérer l'ampleur réelle de l'erreur commise ayant eu comme effet de « sous-estimer les incertitudes ».

Pour ce dernier point je n'ai pas accès à la totalité de l'étude, qui est derrière un paywall, donc je me fie à ce que disent ceux qui l'ont lue (ou semblent l'avoir lue) en entier, chacun y allant de ses hypothèses.

Par exemple James Annan nous montre ce graphique :

Plugging the numbers in to a standard energy balance approximation we get the following estimates for the equilibrium sensitivity (En reliant les nombres à une approximation du bilan énergétique standard, nous obtenons les estimations suivantes pour la sensibilité à l'équilibre)

En regardant ce graphique on s'aperçoit que l'ECS de Resplandy est légèrement décalée vers la droite, mais pas vraiment de quoi fouetter un chat (en considérant bien sûr que ce graphique est correct, ce que je ne peux pas affirmer)

Si je ne me trompe pas la sensibilité climatique à l'équilibre (ECS) indiquée dans le dernier rapport du GIEC est comprise entre 1,5 et 4,5°C, avec une très faible probabilité qu'elle soit inférieure à 1°C ou supérieure à 6°C ; et si je ne me trompe toujours pas la limite basse (soit 1,5°C) devrait d'après Resplandy être remontée à une valeur de 2°C ; si je comprends toujours correctement, l'erreur commise sur l'incertitude reviendrait à remettre cette limite basse au niveau de 1,5°C, rien de plus, rien de moins.

Mais le plus important dans l'affaire, et qui a certainement échappé au d'habitude si sagace BenHague, c'est que Nic Lewis est l'auteur, avec...Judith Curry (tiens tiens…), d'une étude récemment publiée dans l'AMS et intitulée The Impact of Recent Forcing and Ocean Heat Uptake Data on Estimates of Climate Sensitivity dans laquelle les deux chercheurs « trouvent » une ECS médiane de 1,5K (soit 1,5°C), c'est-à-dire égale à la limite inférieure mentionnée dans le dernier rapport du GIEC !

On comprend alors un peu mieux pourquoi Nic Lewis a dû se précipiter sur l'étude Resplandy afin de « trouver » la faille puisque ladite étude remontait la limite inférieure à 2°C, quelque chose d'inacceptable pour lui !

Au final, s'il s'avère que la limite inférieure en revient au 1,5°C du dernier rapport du GIEC, il n'en restera pas moins que Nic Lewis sera toujours en-dehors des clous avec son 1,5°C d'ECS médiane.

Donc oui, pour donner en partie raison à BenHague :
Je ne me fais aucune illusion sur votre réaction . Vous allez :
1) Minimiser l'affaire . Après tout 97% des scientifiques .... Certes mais tout votre "billet" reposait sur cette découverte ....
Et non, « tout mon billet » ne reposait pas sur cette découverte, apparemment BenHague n'a pas lu (ou compris) la première partie dans laquelle il n'était nullement question de l'étude Resplandy, mais maintenant nous commençons à être habitués aux difficultés de lecture des climato « réalistes » venant s'exprimer (librement) sur mon blog.

Et je maintiens ce que j'ai écrit juste avant justement de parler de l'étude Resplandy :
[…] on peut penser que dans le prochain rapport à paraitre en 2022 les proportions auront encore changé, et pas dans un sens vraiment favorable aux thèses des « réalistes »...
Qui vivra verra dit-on, par conséquent si nous sommes encore vivants en 2022 nous verrons bien ce qu'il en est.

Je voudrais terminer avec ce passage du commentaire de BenHague :
dans ce cas précis, Nic Lewis a aidé la Science
Il me semble que si quelqu'un a fait avancer la science « dans ce cas précis » c'est bien Laure Resplandy qui à ma connaissance a utilisé une approche originale (i.e. non encore utilisée par personne avant elle) alors que Nic Lewis a simplement « aidé » en pointant une erreur qui malheureusement est passée au travers du filtre de la revue par les pairs.

Mais comme on dit, « il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain », à mon sens le « bébé » se porte bien, elle est apparemment dans sa trentaine flamboyante et a donc encore 30 à 40 ans devant elle pour continuer à faire avancer la science, et mon petit doigt me dit qu'on reparlera d'elle, alors que Nic Lewis...mais il aura « aidé », et ce n'est déjà pas si mal, accordons-lui ce mérite.

Affaire à suivre, donc.

*****


Autres lectures sur le sujet :

vendredi 6 mars 2020

Zharko va à la poubelle, Resplandy resplendit à nouveau

C'est un de mes fidèles lecteurs (oui j'en ai quelques uns) qui m'a informé de la nouvelle qui tardait à arriver :
VB 4 mars 2020 à 11:47

"Quant à Valentina Zharkova, qui n'est que mathématicienne et se permet de faire la leçon à un astrophysicien, nous attendons toujours la rétractation de son torch…, pardon, de son papier, ce qu'elle ne devrait pas tarder à faire incessamment sous peu, n'est-ce pas monsieur BenHague ?"

Il a fallu attendre un peu, mais ça y est :
https://www.nature.com/articles/s41598-020-61020-3
VB citait un passage de mon billet intitulé Zharkova vs Resplandy dans lequel je faisais un parallèle entre Laure Resplandy et Valentina Zharkova.

Laure Resplandy



Laure Resplandy, professeur assistant à l'Université de Princeton

La première, Laure Resplandy, avait commis une petite bourde plutôt mineure dans son étude (dont elle était l'auteure principale) sur les océans (voir Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition) qui a été rétractée par la suite en septembre 2019 (voir Retraction Note: Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition) ; à noter que dès que l'erreur avait été signalée elle avait rapidement admis s'être trompée dans le calcul de l'incertitude sans que cela ne remette fondamentalement en cause l'étude en elle-même :
Shortly after publication, arising from comments from Nicholas Lewis, we realized that our reported uncertainties were underestimated owing to our treatment of certain systematic errors as random errors. [...] Despite the revised uncertainties, our method remains valid and provides an estimate of ocean warming that is independent of the ocean data underpinning other approaches.
Peu après la publication, suite aux commentaires de Nicholas Lewis, nous avons réalisé que les incertitudes que nous avions signalées étaient sous-estimées en raison de notre traitement de certaines erreurs systématiques sous forme d'erreurs aléatoires. [...] Malgré les incertitudes révisées, notre méthode reste valable et fournit une estimation du réchauffement de l'océan qui est indépendante des données océaniques qui sous-tendent les autres approches.
Et il se trouve que le 12 février 2020 une note complémentaire nous apprend que le papier a été republié :
12 February 2020 - The revised paper, with corrected uncertainties, mentioned in the Retraction, has now been published: Resplandy, L. Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition. Sci. Rep. 9, 20244 (2019).
12 février 2020 - Le document révisé, avec des incertitudes corrigées, mentionné dans la rétractation, est maintenant publié : Resplandy, L. Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition. Rep. sci. 9, 20244 (2019).
Il se trouve également que miss Judith Curry, qui avait été si prompte à publier un billet de Nicholas Lewis pour mettre le doigt sur l'imperfection minime du papier de Resplandy, n'a apparemment à la date d'aujourd'hui rien reporté, même pas dans sa revue de la semaine du 15 février, soit deux jours après la note du 12 février :
A few things that caught my eye this past week.
Quelques éléments qui ont attiré mon attention la semaine dernière.
Bon ok, faudra peut-être attendre la semaine prochaine pour que Curry veuille bien faire part à ses lecteurs du nouveau papier de Resplandy, nous verrons bien, cependant en ce qui concerne le site Watts Up With That, le nec plus ultra en matière d'information scientifique (vous n'êtes pas obligés de me prendre au sérieux sur ce point), à la date d'aujourd'hui rien, nada, zilch, que dalle, mais en êtes-vous pour autant étonnés plus que cela ?

Il faut dire que bien que la note complémentaire date du 12 février 2020, le papier de Resplandy a en fait été publié...le 27 décembre 2019 (voir PubMed et Scientific Reports) ! Les fêtes de fin d'année expliquent peut-être pourquoi il est passé inaperçu, y compris de ma modeste personne. Quoi qu'il en soit ni Watts ni Curry n'ont à ma connaissance fait part à leurs lecteurs de ce nouveau papier que Nic Lewis n'a certainement pas dû louper de son côté tellement il devait le guetter pour dénicher la petite anomalie qu'il se ferait un plaisir de signaler dans les plus brefs délais (souvenons-nous de la rapidité de sa réaction au moment de la sortie du papier initial)

Donc jusqu'à preuve du contraire, que je ne manquerais pas de signaler si cela devait arriver, le nouveau papier de Laure Resplandy est valable et confirme que le précédent, qui a été rétracté, ne comportait qu'une erreur bénigne qui ne le remettait pas vraiment en cause.


Maintenant au tour de miss Valentina Zharkova.


Valentina Zharkova, professeur au département de mathématiques à l'Université de Northumbria

On rappelle que cette mathématicienne, improvisée il faut croire astrophysicienne, a publié le 24 juin 2019 un papier qui vient tout juste d'être retracté le 4 mars 2020 (voir RETRACTED ARTICLE: Oscillations of the baseline of solar magnetic field and solar irradiance on a millennial timescale)

Dans cette étude elle prétendait que la distance Soleil-Terre variait régulièrement étant donné que le Soleil « oscillait » autour de son barycentre, et elle en déduisait un peu (trop) hâtivement que cette oscillation modifiait la distance de l'astre du jour avec notre modeste planète, ce que Ken Rice, dès le tout début, avait considéré comme une idiotie (bien sûr il employait, comme toujours, des termes plus civils mais qui signifiaient exactement la même chose) ; évidemment l'idée de Zharkova, derrière cette assertion qui ne tenait pas la route, était de dire que la fluctuation de l'irradiance solaire ainsi provoquée par le changement de distance entre la Terre et le Soleil expliquait une grande partie (ou la totalité ?) des variations de température de l'atmosphère terrestre, en contradiction avec l'immense consensus scientifique qui attribue ces variations en quasi-totalité aux émissions humaines de gaz à effet de serre dont le CO₂ est le plus emblématique (en plus du CH₄ et du N₂O il faut aussi ajouter l'utilisation des sols, la déforestation, etc., voir Les causes du changement climatique ou L'impact des activités humaines sur le climat)

Voici le texte de la note de rétractation de l'article de Zharkova :
After publication, concerns were raised regarding the interpretation of how the Earth-Sun distance changes over time and that some of the assumptions on which analyses presented in the Article are based are incorrect.
Après publication, des questions ont été soulevées concernant l'interprétation de l'évolution de la distance Terre-Soleil dans le temps et le fait que certaines des hypothèses sur lesquelles sont basées les analyses présentées dans l'article sont incorrectes.
The analyses presented in the section entitled “Effects of SIM on a temperature in the terrestrial hemispheres” are based on the assumption that the orbits of the Earth and the Sun about the Solar System barycenter are uncorrelated, so that the Earth-Sun distance changes by an amount comparable to the Sun-barycenter distance. Post-publication peer review has shown that this assumption is inaccurate because the motions of the Earth and the Sun are primarily due to Jupiter and the other giant planets, which accelerate the Earth and the Sun in nearly the same direction, and thereby generate highly-correlated motions in the Earth and Sun. Current ephemeris calculations [1,2] show that the Earth-Sun distance varies over a timescale of a few centuries by substantially less than the amount reported in this article. As a result the Editors no longer have confidence in the conclusions presented.
Les analyses présentées dans la section intitulée "Effets du SIM sur une température dans les hémisphères terrestres" sont basées sur l'hypothèse que les orbites de la Terre et du Soleil autour du barycentre du système solaire ne sont pas corrélées, de sorte que la distance Terre-Soleil change d'une quantité comparable à la distance Soleil-barycentre. L'examen par les pairs après publication a montré que cette hypothèse est inexacte car les mouvements de la Terre et du Soleil sont principalement dus à Jupiter et aux autres planètes géantes, qui accélèrent la Terre et le Soleil dans presque la même direction, et génèrent ainsi des mouvements fortement corrélés de la Terre et du Soleil. Les calculs actuels d'éphémérides [1,2] montrent que la distance Terre-Soleil varie sur une échelle de temps de quelques siècles d'une quantité nettement inférieure à celle rapportée dans cet article. Par conséquent, les rédacteurs n'ont plus confiance dans les conclusions présentées.
Vous le croirez ou pas, mais Valentina Zharkova...n'est pas d'accord avec la décision de rétracter son papier !
S. I. Zharkov agrees with the retraction. V. V. Zharkova, E. Popova, and S. J. Shepherd disagree with the retraction.
S. I. Zharkov est d'accord avec cette rétractation. V. V. Zharkova, E. Popova et S. J. Shepherd ne sont pas d'accord avec la rétractation.
Ironiquement, le propre fils de Valentina Zharkova, le dénommé Sergei Zharkov, approuve la rétractation, ce qui doit j'imagine provoquer de belles empoignades lors des réunions familiales pour discuter de la pluie et du beau temps (la mère et le fils semblent collaborer de manière assez régulière puisque plusieurs papiers portent leurs noms, voir scholar.google)

Quelques sites ont reporté l'information, ainsi :
Real Climate : Why are so many solar-climate papers flawed? (Pourquoi tant de papiers sur le thème du climat et du soleil sont-ils défectueux ?) 
And Then There's Physics : Zharkova et al. – retracted 
Daily Kos : Sunblock Applied: Zharkova’s 2019 Study Claiming Sun’s Wobble Causing Warming Finally Retracted (Protection solaire appliquée : L'étude de Zharkova de 2019 affirmant que l'oscillation du soleil cause un réchauffement finalement rétractée)
Science Alert : Paper That Blames The Sun For Climate Change Was Just Retracted From Major Journal  (Un article qui attribue la responsabilité du changement climatique au soleil vient d'être retiré d'un grand journal)

Vous croyez peut-être que j'ai oublié Watts Up With That ou Climate Etc. ? Ou que j'ai omis de mentionner un billet ou un commentaire sur Skyfall, chez Jacques Henry ou Benoit Rittaud ? Pensez donc ! Vous vous imaginez peut-être que ces sites sont là pour vous fournir une information scientifique de qualité ? Rien ne vous empêche de vous bercer d'illusions, après tout ils sont climato « réalistes », ils ont les pieds sur terre et sont bien conscients que tout ce qui ne va pas dans le sens qui leur convient ne doit surtout pas être porté à l'attention de leurs lecteurs.

Ainsi vous verrez encore et encore de nombreux articles sur les supposées influences du Soleil, notamment chez Henry qui adore Zharkova et lui voue un véritable culte (voir Un refroidissement imminent du climat serait-il devenu officiellement admis ?) ; n'avait-il pas écrit en commentaire de son propre billet :
Le 7 février 2020 à 13 h 35 min, jacqueshenry a dit :

Comme me l’avais écrit dans un message électronique Valentina Zharkova j’espère vivre encore dix ans pour assister à la chute du dogme du réchauffement du climat d’origine humaine …
Nous aurons attendu bien moins longtemps que dix ans pour assister à la dégringolade de l'idole, on imagine la déception de Jacques Henry, à condition d'imaginer également qu'il ait un minimum d'honnêteté intellectuelle, ce qui n'est pas gagné d'avance.

Valentina Zharkova juste après l'annonce de la rétractation de son papier.



lundi 5 novembre 2018

Laure Resplandy, la petite française qui remet les pendules (de l'océan) à l'heure

On sait, du moins ceux qui prennent la peine de s'informer, que l'océan (l'océan au singulier, signifiant la totalités des mers du globe) est le facteur primordial dans l'évolution du climat, l'atmosphère et la biosphère n'étant que la partie émergée de l'iceberg que constitue le système climatique Terre ; c'est en effet l'océan (cf Climats-passé, présent, futur) qui « assure de nombreuses fonctions dans l'équilibre climatique, en particulier :
  • l'échange de chaleur et de vapeur d'eau avec l'atmosphère, à travers le cycle de l'eau,
  • le transport de chaleur entre la bande tropicale et les régions polaires,
  • le stockage d'énergie, principalement sous forme de chaleur (sa capacité calorifique est près de mille fois plus élevée que celle de l'atmosphère),
  • et, actuellement, le rôle de puits de CO2 anthropique, émis et accumulé dans l'atmosphère, atténuant ainsi le réchauffement par effet de serre lié à cette émission. »
C'est cette dernière information qui est peut-être la plus importante de toutes, puisque ce rôle de puits de CO2 nous « empêche », nous pauvres humains vivant dans les toutes premières couches de l'atmosphère et en contact direct avec la biosphère, de « profiter » pleinement du réchauffement d'origine anthropique, étant donné que plus de 90% de la chaleur additionnelle est en fait ingurgitée dans l'océan, comme nous le montrait en 2012 le site planeteviable avec un schéma très explicite :

Estimation des différentes composantes impliquées dans l’équilibre calorifique de la Terre (source : Levitus et coll., Warming of the world ocean, 1955-2003, Geophys. Res. Letter 32 (2005) L02604).

Comme on dit familièrement, « il n'y a pas photo ! » et si on se livre au calcul à partir des éléments disponibles sur ce tableau on trouve 84% (14,5 / (14,5 + 0,9 + 0,8 + 0,7 + 0,3 + 0,1) x 100) pour la part de chaleur absorbée par l'océan, pour seulement 4% restant dans l'atmosphère ; cependant dans le livre déjà mentionné plus haut (Climats), plus à jour avec les données du dernier rapport du GIEC en 2013, page 248 on peut voir le graphique suivant (pris sur le site ocean-climate d'où j'ai tiré sa légende, mais il s'agit exactement du même graphique) :

Courbe d’accumulation de l’énergie in ZJ faisant référence à 1971 et calculée entre 1971 et 2010 pour des différentes composantes du système climatique terrestre. Le réchauffement océanique (exprimé ici en tant que changement du contenu de chaleur) domine. L’océan des couches de surface (couleur bleu clair, couche de 0 à 700 m de profondeur) contribue de manière prépondérante. L’océan profond (couleur bleu foncé; couche d’eau en dessous de 700 m) contribue lui aussi de manière très importante. La fonte de la glace continentale (en gris clair), les surfaces continentales (en orange) et l’atmosphère (violet) contribuent de manière bien moins importante. L’incertitude des estimations est représentée en contour discontinu. Figure adaptée de Rhein et al. 2014.

Les auteures nous expliquent :
« La Figure 24.4a [celle montrée ci-dessus] montre la répartition de l'augmentation [du] flux d'énergie dans [les] quatre compartiments [atmosphère, océan, surface des continents et cryosphère] entre 1971 et 2010 (GIEC 2013). Le réchauffement de l'océan domine, représentant environ 93% du total, l'océan supérieur (de la surface à 700 mètres de profondeur) se réchauffant plus vite que l'océan profond (en dessous de 700 mètres). La fusion des glaces intervient pour 3% et le réchauffement des continents et de l'atmosphère pour 3% et 1% respectivement. »
Tout cela permet de relativiser très fortement les allégations fantaisistes de ceux qui proclament que la Terre ne se réchauffe plus depuis bientôt 20 ans en vous montrant fièrement une courbe de l'évolution de la température de l'atmosphère, laquelle ne représente que 1% de la chaleur additionnelle injectée dans le système climatique global !

Après on va me reprocher de qualifier ces charlatans de guignols ou de bouffons…

Le graphique ci-dessus est donc inclus dans le dernier rapport du GIEC (2013), mais voilà, on peut penser que dans le prochain rapport à paraitre en 2022 les proportions auront encore changé, et pas dans un sens vraiment favorable aux thèses des « réalistes »...

En effet une étude d'une jeune scientifique française travaillant à l'Université de Princeton, Laure Resplandy, vient jeter un pavé dans la grande mare océanique ; le site Skeptical Science nous en fait un bref compte-rendu :
The world’s oceans have been soaking up far more excess heat in recent decades than scientists realized, suggesting that Earth could be set to warm even faster than predicted in the years ahead, according to new research published Wednesday.
Les océans du monde ont absorbé beaucoup plus de chaleur excédentaire au cours des dernières décennies que les scientifiques ne le pensaient, suggérant que la Terre pourrait chauffer encore plus vite que prévu dans les années à venir, selon une nouvelle étude publiée mercredi.
Over the past quarter-century, Earth’s oceans have retained 60 percent more heat each year than scientists previously had thought, said Laure Resplandy, a geoscientist at Princeton University who led the startling study published Wednesday in the journal Nature. The difference represents an enormous amount of additional energy, originating from the sun and trapped by Earth’s atmosphere — the yearly amount representing more than eight times the world’s annual energy consumption.
Au cours des 25 dernières années, les océans de la Terre ont conservé 60% de chaleur en plus chaque année par rapport à ce que les scientifiques pensaient jusqu'alors, a déclaré Laure Resplandy, une géoscientifique à l’Université de Princeton, qui a dirigé l’étonnante étude publiée mercredi dans la revue Nature. La différence représente une énorme quantité d’énergie supplémentaire, provenant du soleil et piégée par l’atmosphère de la Terre - la quantité annuelle représentant plus de huit fois la consommation d’énergie annuelle mondiale.
In the scientific realm, the new findings help resolve long-running doubts about the rate of the warming of the oceans before 2007, when reliable measurements from devices called “Argo floats” were put to use worldwide. Before that, differing types of temperature records — and an overall lack of them — contributed to murkiness about how quickly the oceans were heating up.
Sur le plan scientifique, ces nouvelles découvertes aident à résoudre les doutes persistants quant au taux de réchauffement des océans avant 2007, année où des mesures fiables provenant d'appareils appelés «flotteurs Argo» ont été mises en œuvre dans le monde entier. Auparavant, différents types d’enregistrements de température - et leur absence globale - contribuaient à obscurcir la rapidité avec laquelle les océans se réchauffaient.
The higher-than-expected amount of heat in the oceans means more heat is being retained within Earth’s climate system each year, rather than escaping into space. In essence, more heat in the oceans signals that global warming is more advanced than scientists thought. 
La quantité de chaleur plus élevée que prévu dans les océans signifie que de plus en plus de chaleur est retenue dans le système climatique de la Terre chaque année, au lieu de s’échapper dans l’espace. En substance, plus de chaleur dans les océans indique que le réchauffement climatique est plus avancé que ne le pensaient les scientifiques.
Nous voilà rassurés !

Le reste de l'article est consultable sur le site washingtonpost.

Et si vous avez du temps (et de l'énergie) à perdre vous pouvez toujours lire l'article que Bob Tisdale lui a consacré sur WUWT ; ne doutons pas un instant que l'étude Resplandy sera traitée de la même façon sur tous les blogs « réalistes » qui se proposent de vous éduquer à leur façon.

En naviguant sur Internet je suis tombé sur une présentation dans laquelle Laure Resplandy était co-auteure (il s'agissait des Journées scientifiques LEFE/GMMC 2017) et dans laquelle on peut vérifier que les scientifiques ne pensent pas qu'au CO2 anthropique contrairement à ce que certains voudraient vous faire croire ; on y parle des « effets des perturbations anthropiques des apports fluviaux et du CO2 atmosphérique sur la biogéochimie de l'océan côtier mondial ».

Différents facteurs de perturbation de l'océan côtier.

A mon humble avis Bob Tisdale aurait énormément à apprendre de jeunes scientifiques comme Laure Resplandy, mais il a préféré s'engager sur une autre voie que je qualifierai de garage, certainement plus rémunératrice et davantage à la portée de ses faibles moyens intellectuels.



jeudi 29 novembre 2018

Leçon de déontologie journalistique à l'attention de la BBC et du Guardian

Mon billet de lundi dernier, Il y a des journalistes honnêtes, si si ! , a provoqué le commentaire suivant :
Anonyme26 novembre 2018 à 15:54

On aimerait que les journalistes du Guardian ou de la BBC soient aussi scrupuleux et apportent un correctif á leurs articles sur Resplandy .. Mais on peut rever ... Difficle de juger qui est le tabloid sur ce coup lá .

BenHague
Comparer le Guardian et la BBC à des tabloïds et leur faire une leçon de déontologie journalistique (d'où le titre du présent billet) il fallait oser le faire, BenHague s'est dévoué et a franchi le pas alors qu'on ne lui demandait rien ; après il s'étonne qu'on lui tombe dessus…

Je ne connais pas la teneur des articles originaux de la BBC et du Guardian, et je ne sais même pas si leur titre a été modifié, ce qui reste à prouver (mais BenHague a sûrement gardé une trace) cependant tout cela a provoqué chez moi quelques réflexions que je vais vous livrer en vrac.

Tout d'abord je dirais qu'en ce qui me concerne s'il m'arrivait de titrer à tort et à travers et de raconter des bêtises (de manière non voulu, car mon but n'est pas de tromper mes lecteurs) je garderais tels quels titres et contenus mais en ajoutant des mises à jours bien visibles ; je l'ai déjà fait à deux ou trois occasions, je vous laisse chercher moi je n'ai pas le temps de reprendre tous mes billets.

Mais voilà, je ne suis pas journaliste et mon site n'est qu'un blog d'opinions personnelles consulté régulièrement par une petite vingtaine de lecteurs dont seulement une minorité prend la peine de commenter, ce qui montre qu'il a une moindre influence que le Guardian ou la BBC qui sont consultés par un peu plus de monde.

Je ne me permettrais donc pas de donner la moindre leçon à ces respectables médias qui sont considérés comme ce qui ce fait de mieux en matière d'information objective sur la planète (en ajoutant quelques autres comme le Washington Post ou le NY Times) en sachant tout de même qu'il n'existe pas d'objectivité parfaite, les journalistes étant des personnes humaines et non des robots, en tout cas pas pour le moment (sauf peut-être dans certaines officines sur internet)

Si je consulte l'article de la BBC dont VB a donné le lien dans un de ses commentaires, on peut constater que les faits sont relatés de la manière la plus objective qui soit et qu'il est difficile de faire mieux.

Le titre, Climate change: Concerns over report on ocean heating (Changement climatique : préoccupations concernant le rapport sur le réchauffement des océans) me semble refléter la réalité des choses, le rapport initial ayant été critiqué, à juste raison, pour une erreur de calcul, cette erreur de calcul ne remettant toutefois pas en cause la totalité de l'étude.

Et l'article commence directement par
Errors have been found in a recent study suggesting the oceans were soaking up more heat than previously estimated.
Des erreurs ont été trouvées dans une étude récente suggérant que les océans absorbaient plus de chaleur que prévu.
On ne peut pas vraiment dire que la BBC tente de cacher la poussière sous le tapis !

En tout cas, si le titre et/ou le texte ont été modifiés par rapport à la version originale de début novembre, tous les commentaires ont été conservés, le dernier étant daté du 2 novembre (il y en a près de 1200 en tout)

Pour le Guardian je n'ai rien retrouvé du tout, mais il me semble me souvenir d'avoir vu quelque part un lien vers ce journal sans possibilité de lire n'étant pas abonné, donc j'imagine que BenHague a une référence qu'il devrait se faire un plaisir de nous fournir en commentaire, ne serait-ce que pour avoir une trace.

Je ferai ensuite remarquer que le site en ligne Metro a lui-même modifié à la fois titre et contenu, et pas qu'une fois, d'un article qui concernait la raréfaction des tâches solaires entrainant une baisse de la température dans la très haute atmosphère ; comme je l'expliquais dans Il y a des journalistes honnêtes, si si ! ce site a donné pas moins de quatre versions différentes…

Et quand on consulte la toute dernière version, Nasa scientist says sunspot slowdown will cause temperatures in the upper atmosphere to plunge, on constate à peu près la même démarche que celle de la BBC qui consiste à ajouter une simple information en fin d'article (la BBC avait préféré avertir le lecteur dès le début, ce qui me semble plus « honnête »)

Pour résumer, les journaux « sérieux » modifient leurs articles s'ils se révèlent erronés, sans garder trace des articles originaux mais en mentionnant plus ou moins clairement qu'une mise à jour a été effectuée ; ce procédé me parait correct dans la mesure où il évite que des internautes cherchant des informations sur le sujet ne tombent sur la version originale et s'en tiennent à celle-ci en la prenant pour la bonne, ce qui semble être la façon de procéder des sites plus fantaisistes dont je ne donnerai pas les noms mais suivez mon regard.

Maintenant je vais vous demander de réfléchir avec moi à deux scénarios qui auraient pu être possibles, afin de déterminer quels auraient été les comportements de « certaines personnes ».

Tout d'abord imaginons que l'étude Resplandy n'ait comporté aucune erreur et que par conséquent la sensibilité climatique puisse être relevée dans sa partie basse de 1,5 à 2°C avec une marge d'incertitude réduite, et que donc les océans aient absorbé 60% de chaleur de plus que ce que l'on pensait auparavant ; nous aurions de toute façon eu la réaction pavlovienne de Bob Tisdale qui avait réagi dès le 2 novembre sur WUWT en passant complètement à côté du sujet avec des considérations oiseuses sur les commentaires de Laure Resplandy, allant jusqu'à la qualifier d'idiote (silly) parce qu'elle faisait une analogie avec un océan qui n'aurait que 30 pieds de profondeur, comme si elle ne connaissait pas la profondeur moyenne des océans…

Nous savons tous que dès qu'une étude parait sur le climat elle est immédiatement critiquée et dénigrée sur le site WUWT, et à ma connaissance ce site n'a jamais apporté le moindre rectificatif du genre de ceux effectués par la BBC et Metro (et le Guardian apparemment)

Pour ce qui est du deuxième scénario que je vous suggère de considérer, imaginons que l'étude Resplandy ait comporté une erreur de calcul, mais que ses résultats aient été diamétralement opposés, c'est-à-dire, pour résumer, que les océans auraient d'après les chercheurs absorbé non pas 60% de chaleur de plus mais 60% de chaleur de moins que ce que l'on pensait ! On peut aussi imaginer des scénarios annexes avec 50%, 40% ou une autre valeur mais toujours dans le même sens.

Dans ce cas comment Bob Tisdale aurait réagi à cette annonce, et aurait-il qualifié Laure Resplandy d'idiote pour avoir imaginé un océan de 30 pieds de profondeur pour illustrer ses résultats ?

Et Nic Lewis, aurait-il été aussi empressé pour relever l'erreur de calcul qu'il aurait bien évidemment repéré très rapidement à la lecture du document (a quick review of the first page of the paper was sufficient to raise doubts as to the accuracy of its results, a-t-il écrit dans son premier article) ?

Permettez-moi d'avoir quelques doutes sur le sujet.

Mais il est vrai que j'ai l'esprit mal tourné et que je vois le mal partout, certainement l'influence du péché originel de ma supposée religion, je ne vois pas d'autre explication.



mardi 21 janvier 2020

Watts Up With That? serait une revue scientifique avec comité de lecture composé de ses lecteurs d'après Willis Eschenbach

Il faut le voir, ou plutôt le lire pour y croire, mais la réalité est bien là, il a osé avec la témérité des inconscients qui leur permet quasiment tout.

Quand j'ai lu il y a trois jours l'article de Willis Eschenbach (WE), intitulé Gavin’s Falsifiable Science (La science falsifiable de Gavin), je me suis dit qu'il devait s'agir d'un canular en arrivant au passage suivant situé à la fin de son long et ennuyant laïus :
I have great confidence in what I’ve written about my theory, for a simple reason. Watts Up With That is the premier spot on the web for public peer-review of scientific theories and ideas about climate. This doesn’t mean that it only publishes things known to be valid and true. Instead, it is a place to find out if what is published actually is valid and true. There are a lot of wicked-smart folks reading what I write, and plenty of them would love to find errors in my work.
J'ai une grande confiance dans ce que j'ai écrit sur ma théorie, pour une raison simple. Watts Up With That est le premier spot sur le web pour l'examen public par les pairs des théories et idées scientifiques sur le climat. Cela ne signifie pas qu'il ne publie que des choses connues pour être valables et vraies. Il s'agit plutôt d'un endroit où l'on peut savoir si ce qui est publié est réellement valable et vrai. Il y a beaucoup de gens malins qui lisent ce que j'écris, et beaucoup d'entre eux aimeraient trouver des erreurs dans mon travail.
On a l'impression que WE se moque gentiment de lui, mais non, en relisant attentivement il est tout ce qu'il y a de plus sérieux, ce qui est confirmé plus bas dans les commentaires quand un lecteur un peu plus informé que les autres (ce qui n'est vraiment pas très compliqué) lui dit (extrait) :
Satyendra Bhandari
January 18, 2020 at 4:57 pm 

Eschenbach is full of crap when he posts: ” Watts Up With That is the premier spot on the web for public peer-review of scientific theories and ideas about climate. ”
…
Web site hit counters do not measure anything. Not to mention that this site has not produced a single decent “idea” about climate, other than rejecting the established science. It doesn’t do science, it does news and commentary, with the “peers” on this site just being members of a circle jerk.
Eschenbach raconte des salades quand il poste : "Watts Up With That est le premier spot sur le web pour l'examen public par les pairs des théories et idées scientifiques sur le climat. ”
…
Les compteurs de visites des sites web ne mesurent rien. Sans oublier que ce site n'a pas produit une seule "idée" décente sur le climat, si ce n'est le rejet de la science établie. Il ne fait pas de la science, il publie des articles et des commentaires, les "pairs" de ce site n'étant que les membres d'un cercle de crétins.
Voici ce que WE lui répond (extrait) :
Willis Eschenbach
January 18, 2020 at 5:18 pm

Satyendra, instead of indulging in spittle-flecked rants and calling everyone who reads WUWT “members of a circle jerk”, perhaps you’ll point out to us the spot on the web that you think is a better place for public peer review of climate science.
Satyendra, au lieu de vous livrer à des diatribes et de traiter tous ceux qui lisent le WUWT de "membres d'un cercle d'abrutis", peut-être nous indiquerez-vous l'endroit sur le web que vous pensez être le meilleur endroit pour un examen public par les pairs de la science du climat.
On voit bien là que WE se prend réellement au sérieux et qu'il croit sérieusement que WUWT peut sérieusement être comparé à une revue scientifique sérieuse à comité de lecture, sérieusement !

Plus bas le même commentateur insiste (extrait) :
Satyendra Bhandari
January 18, 2020 at 6:07 pm 

Willis, the “public” is not capable of peer reviewing any science.
Willis, le "public" n'est pas capable de réviser une quelconque science.
Cela tombe sous le sens, mais pas pour WE qui ne lui répond pas ; par contre un autre commentateur lui cite le seul et unique exemple qu'il ait pu trouver malgré une intense recherche sur le web :
Adam Gallon
January 19, 2020 at 10:26 am 

Science isn’t done on blogs.
Myth busted.
https://judithcurry.com/?s=resplandy
La science ne se fait pas sur les blogs.
Le mythe est tombé à l'eau.
Sauf qu'évidemment il s'agit d'un très mauvais exemple étant donné que la rétractation de l'étude Resplandy (voir resplandy) aurait aussi bien pu (et aurait dû) être le résultat d'une démarche scientifique « normale » sans passer par l'intermédiaire d'un blog tenu par une scientifique à la dérive ; cela dit on remarquera que le blog en question était celui de Judith Curry, certainement pas celui d'Anthony Watts qui est, lui, totalement incapable de simplement s'apercevoir de la moindre anomalie dans une étude, qu'elle soit mainstream ou à plus forte raison « de son bord ».

Au passage on admirera une véritable perle qu'il faudrait encadrer tellement elle est belle :
AntonyIndia
January 18, 2020 at 7:36 pm 

Ad Hominems are always indicator of lack of real arguments.

Neither Albert Einstein nor Srinivasa Ramanujan had relevant education, published papers of original research or on the job experience before they were finally recognized by herd science.
Les ad hominems sont toujours un indicateur de l'absence d'arguments réels.

Ni Albert Einstein ni Srinivasa Ramanujan n'ont eu une formation pertinente, publié des articles de recherche originaux ou une expérience professionnelle avant d'être finalement reconnus par la science des troupeaux.
Avec de tels « réviseurs » qui font de la « science de troupeaux » il est sûr que WE se trouve en excellente compagnie !

Je n'avais pas sur le moment l'idée d'écrire un billet, pensant seulement réserver une petite place dans mon prochain sottisier, mais Miriam O'Brien, la taulière du site HotWhopper, m'a incité à passer une paire d'heures à rédiger celui-ci.

J'invite mes lecteurs qui pratiquent l'anglais à lire son article qui, comme toujours, est à la fois très divertissant et instructif, il commence ainsi :
I sometimes wonder at the shameless way deniers boast about their ignorance, particularly their lack of understanding of basic science. Willis Eschenbach is a prime example. He doesn't understand science and doesn't make any real effort to understand it. He balks at reading a basic textbook and I doubt he could bring himself to read a science website let alone scientific papers. Yet every now and then he'll decide he's come up with some brand spanking new notion that none of the hundreds of thousands of people who've studied a subject in depth have ever thought of.
Je m'interroge parfois sur la façon éhontée qu'ont les négateurs de se vanter de leur ignorance, en particulier de leur manque de compréhension des sciences fondamentales. Willis Eschenbach en est un bon exemple. Il ne comprend pas la science et ne fait aucun effort réel pour la comprendre. Il rechigne à lire un manuel de base et je doute qu'il puisse se résoudre à lire un site web scientifique et encore moins des articles scientifiques. Pourtant, de temps en temps, il décide qu'il a trouvé une toute nouvelle théorie à laquelle aucune des centaines de milliers de personnes qui ont étudié un sujet en profondeur n'a jamais pensé.
Pour la petite histoire WE a décidé de se ridiculiser en public après que Gavin Schmidt ait publié un fil Twitter dans lequel il expliquait en peu de mots (Twitter oblige) pourquoi on pouvait dire que la théorie des gaz à effet de serre était valable, c'est ici :

Since this comes up a lot, a quick run though of the testable, falsifiable, science that supports a human cause of recent trends in global mean temperature.
Comme cela revient souvent, un rapide tour d'horizon de la science testable et falsifiable qui soutient une cause humaine des tendances récentes de la température moyenne mondiale.
First off, we start with the observations: 1) spectra from space showing absorption of upward infra-red radiation from the Earth's surface. 2) Measurements from around the world showing increases in CO2, CH4, CFCs, N2O. 3) In situ & space based observations of land use change
Tout d'abord, nous commençons par les observations : 1) les spectres de l'espace montrant l'absorption du rayonnement infrarouge ascendant de la surface de la Terre. 2) des mesures effectuées dans le monde entier montrant une augmentation du CO2, du CH4, des CFC et du N2O. 3) Observations in situ et dans l'espace des changements d'utilisation des terres
We develop theories. 1) Radiative-transfer (e.g. Manabe and Wetherald, 1967) 2) Energy-balance models (Budyko 1961 and many subsequent papers) 3) GCMs (Phillips 1956, Hansen et al 1983, CMIP etc.)
Nous élaborons des théories. 1) Transfert radiatif (par exemple Manabe et Wetherald, 1967) 2) Modèles de bilan énergétique (Budyko 1961 et de nombreux articles ultérieurs) 3) MCG (Phillips 1956, Hansen et al 1983, CMIP etc.)
We make falsifiable predictions. Here are just a few: 1967: increasing CO2 will cause the stratosphere to cool 1981: increasing CO2 will cause warming at surface to be detectable by 1990s 1988: warming from increasing GHGs will lead to increases in ocean heat content
Nous faisons des prédictions falsifiables. En voici quelques-unes : 1967 : l'augmentation du CO2 entraînera un refroidissement de la stratosphère ; 1981 : l'augmentation du CO2 entraînera un réchauffement de la surface qui sera détectable d'ici les années 1990 ; 1988 : le réchauffement dû à l'augmentation des GES entraînera une augmentation du contenu thermique des océans
1991: Eruption of Pinatubo will lead to ~2-3 yrs of cooling 2001: Increases in GHGs will be detectable in space-based spectra 2004: Increases in GHGs will lead to continued warming at ~0.18ºC/decade.
1991 : l'éruption du Pinatubo entraînera un refroidissement d'environ 2 à 3 ans ; 2001 : l'augmentation des GES sera détectable dans les spectres spatiaux ; 2004 : L'augmentation des GES entraînera un réchauffement continu à ~0,18ºC/décennie.
We test the predictions: Stratospheric cooling? checked
Detectable warming? checked
OHC increase? checked
Pinatubo-related cooling? checked
Space-based changed in IR absorption? checked
post-2004 continued warming? checked
Nous testons les prédictions : Le refroidissement stratosphérique ? vérifié
Réchauffement détectable ? vérifié
Augmentation de l'OHC ? vérifié
Le refroidissement lié au Pinatubo ? vérifié
Modification de l'absorption des IR dans l'espace ? vérifié
Après 2004, le réchauffement climatique s'est poursuivi ? vérifié


With this validated physics, we can estimate contributions to the longer term trends.
Grâce à cette physique validée, nous pouvons estimer les contributions aux tendances à long terme.
Qu'est-ce qui réchauffe vraiment le monde ? (Source bloomberg)

This too is of course falsifiable. If one could find a model system that matches all of the previously successful predictions in hindcasts, and gives a different attribution, we could test that. [Note this does not (yet) exist, but let's keep an open mind].
Cela aussi est bien sûr falsifiable. Si l'on pouvait trouver un système modèle qui corresponde à toutes les prédictions réussies précédemment dans les prévisions a posteriori, et qui donne une attribution différente, nous pourrions tester cela. [Notez que cela n'existe pas (encore), mais gardons l'esprit ouvert].

We can also look at the testable, falsifiable, theories that were tested, and failed. Solar forcing? Fails the strat cooling test.
Ocean circulation change? Fails the OHC increase test
Orbital forcing? Fails on multiple levels
Nous pouvons également examiner les théories testables, falsifiables, qui ont été testées et ont échoué. Le forçage solaire ? Echoue le test de refroidissement de la stratosphère.
Changement de la circulation océanique ? Échec du test de l'augmentation de l'OHC
Forçage orbital ? Des échecs à plusieurs niveaux
If you have a theory that you don't think has been falsified, or you think you can falsify the mainstream conclusions, that's great! We can test that too! (But lots of people have tried this already so expect there to be an answer already).
Si vous avez une théorie que vous ne pensez pas avoir été falsifiée, ou si vous pensez que vous pouvez falsifier les conclusions générales, c'est génial ! Nous pouvons aussi tester cela ! (Mais beaucoup de gens ont déjà essayé, alors attendez-vous à ce qu'il y ait déjà une réponse).

PS. Actually, it's even a bit harder. Not only would you need to find a theory that does as well as the current theory, but you'd also need to show why the current theory isn't operative. 
PS. En fait, c'est même un peu plus difficile. Non seulement il faudrait trouver une théorie qui fonctionne aussi bien que la théorie actuelle, mais il faudrait aussi montrer pourquoi la théorie actuelle n'est pas opérationnelle.


Evidemment la science ne se fait pas plus sur Twitter que sur un quelconque blog, mais Gavin Schmidt ne fait là que reprendre des choses qui ont déjà été validées dans des revues scientifiques, il n'essaie pas, comme Willis Eschenbach, d'avancer une théorie personnelle qu'il tenterait de faire valider par ses followers.

Willis Eschenbach, le « généraliste » qui parle à l'oreille d'Anthony Watts (source twitter)