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mercredi 11 mai 2016

Emmanuel Le Roy Ladurie et Guillaume Séchet climatosceptiques, vraiment? (2)

Ce billet fait suite à celui que j'ai publié le 26 avril dernier en réaction aux fadaises de miniTAX exposées à la lumière (à la pénombre devrait-on plutôt dire) de l'article Climat et santé paru le 11 avril sur le site pseudo-scientifique Skyfall.

Rappelons que miniTAX avait prétendu que Guillaume Séchet était climatosceptique ainsi que les livres d'Emmanuel Le Roy Ladurie (ELRL), mais qu'ELRL ne l'était pas !  Allez comprendre comment un auteur non-climatosceptique pourrait être capable d'écrire des livres climatosceptiques, mais nous naviguons là dans les eaux  turbides du petit monde climatosceptique dans lequel la logique et le bon sens n'ont pas droit de cité...

Dans le précédent billet je m'étais attaché à démonter la thèse de miniTAX en faisant uniquement appel à quelques parties du dernier livre d'ELRL sur le climat : Le réchauffement de 1860 à nos jours ; cela s'était avéré d'une simplicité biblique, mais je voulais aller plus loin et je m'étais juré de lire de livre d'ELRL en entier afin d'en avoir le cœur net et être certain que les quelques indices que j'avais pu exposer se trouvaient confortés.

Dans le présent billet je ferai donc uniquement référence au corps du livre en citant tous les passages où son soi-disant caractère "climatosceptique" se trouve battu en brèche, voire carrément démoli façon puzzle.

On verra cependant que certains passages peuvent, quand ils sont lus avec le doigt, paraître aller dans le sens des climatosceptiques, mais uniquement si l'on n'a pas compris le contexte ou si l'on isole ces passages du reste de la phrase (sport favori des climatosceptiques brevetés en cherry-picking)

Tout d'abord il faut dire que la lecture du livre est assez ennuyante, dans le sens où ELRL, avec l'aide de Guillaume Séchet et Daniel Rousseau, ensevelit son lecteur sous une avalanche de données chiffrées : températures, bien sûr, mais aussi production de toutes sortes de denrées sans oublier la principale, le vin! A cela s'ajoute des valeurs monétaires ainsi que différents indices (mortalité surtout, due soit aux grands froids soit aux grandes chaleurs...) ce qui, combiné avec la référence omniprésente des dates et périodes (sous forme d'années, de biennats, de triennats ou de décennies) finit par embrouiller l'esprit et le livre vous tombe parfois des mains...

Ce qui ne veut pas dire que le livre ne soit pas intéressant, loin de là, et je recommande à ceux qui seraient passionnés d'œnologie ou d'agriculture sur le plan historique de le lire ; par ailleurs ELRL insère par ci par là quelques anecdotes ou quasi hors-sujets qui permettent de faire vivre son ouvrage, dont la lecture peut paraître désuète par l'emploi fréquent de mots non ou peu utilisés comme icelui ou derechef !

Le livre est structuré en chapitres qui reprennent chaque décennie depuis 1861 jusqu'en 2008 ; ELRL constate essentiellement quatre segments pendant cette période :
  1. de 1861 à 1900-1910 : fin du petit âge glaciaire (PAG)
  2. de 1900-1910 à 1950 : première vague de réchauffement, « relativement modérée »
  3. de 1950 à 1970-1980 : « rafraichissement », avec la date charnière de 1976 (grosse canicule)
  4. de 1970-1980 : « vague de puissant réchauffement sur l'Europe, et vraisemblablement sur la planète [...] jusqu'à 2001-2007 inclus »

Les termes entre « » sont des citations exactes prises dans le livre d'ELRL (ici comme dans tout le reste de ce billet)

Afin d'y voir plus clair j'ai bâti le graphique suivant qui colle avec les données ci-dessus :


Les données sont tirées de HADCRUT. On voit bien que les différents segments de droites correspondent plutôt bien avec ce qu'ELRL résume dans son livre (je suis allé jusqu'en 2016 alors qu'ELRL s'arrête en 2008, le livre ayant été publié en 2009)

A noter qu'ELRL évoque principalement la situation climatique de la France, mais qu'il déborde assez fréquemment sur l'Europe (en négligeant les pays de l'Est dont les statistiques n'étaient pas fiables...) et parfois même s'aventure en Amérique du Nord ou en Australie, évoquant beaucoup plus rarement la situation au niveau mondial.

Maintenant passons en revue les passages où ELRL donne son avis sur le réchauffement pour le futur, afin de voir s'il s'agit vraiment de "climatoscepticisme" comme le prétend miniTAX (et bien d'autres avec lui dont Nicias) ; je mentionnerai entre [...] les passages non significatifs afin d'alléger mes citations, mais si un quelconque lecteur me taxe de cherry-picking, libre à lui de se procurer le livre et de constater par lui-même ce qu'il en est.

*****

Page 46 (1881-1890)
  • « La décennie 1881-1890 [...] constitue [...] un socle du changement [...] par rapport au long réchauffement (1891-2000, et surtout 1911-2000) qui va s'ensuivre [...] jusqu'à nos jours »
Pages 58-59 (1891-1900)
  • « Le millésime 1893, très chaud, n'atteint pas aux records thermiques d'août 2003. [...] en Angleterre centrale, c'est le plus chaud (10,2°) de toute la série britannique de 1659 à 1996 ! »
Page 86 (1901-1910)
  • « Le fil conducteur, maintenant, dans ce volume troisième, c'est bien plutôt le réchauffement lent et long ; il entrainera cette météo et l'humanité avec elle en direction de conjonctures encore inexploitées, et semble-t-il périlleuses [...] au cours de notre XXIe siècle »
Page 96 ( 1911-1950)
  • « [...] le réchauffement français [...] se situe à 0,09° par décennie, soit 0,9° pour un siècle [...] A partir de 1975, ce réchauffement devient plus rapide et même plus impressionnant »
Page 99 (1911-1920)
  • « [...] avec 20,8° de moyenne [...] l'été 1911 [...] domine 1976 (20,3°), et se fait écraser par 2003 (22,6°) »
Page 111 (1911-1920)
  • « [...] l'hiver doux [...] 1911-1912 : 6,9° (DJF) [...] n'est pas indigne des 7,2° de l'hiver dulcissime 2006-2007, lui-même typique de notre ultra-réchauffement des débuts du IIIe millénaire »
Page 131 (1921-1930)
  • « [...] L'excellent météorologiste que fut Marcel Garnier note des maxima 1921 assez extraordinaires [...] Cela dit, l'été 1921, localement, n'offre pas le record thermique JJA des XXe et XXIe siècles. On connaitra mieux... »
  •  « [...] les "records" caloriques français [...] dans l'ordre d'escalade chronologique [...] Moyennes thermiques de l'été JJA (Météo-France trente stations) :
    • 1911 : 20,8°
    • 1921 : 19,6°
    • 1947 : 20,9°
    • 1976 : 20,6°
    • 2003 : 22,1° »
Page 136 (1921-1930)
  • « A partir de 1949 [...] jusqu'à la fin du XXe siècle et au-delà, ce record biséculaire enregistré pour la première fois en 1921 sera maintes fois battu. »
  • « A Chicago, la moyenne annuelle 1921 sur douze mois est à 12,4°, record absolu pour toute la période d'observation dans cette ville depuis 1873 jusqu'en 1993. »
Page 151 ( 1931-1940)
  • « l'été 1933 [...] est l'un des neuf plus chauds étés anglais [...] tels qu'enregistrés de 1659 à 1998, en attendant 2003 [...] un seul été de ce genre au XVIIIe siècle ; deux au XIXe, et six au XXe. »
Page 167 ( 1941-1950)
  • « Sommet des températures moyennes annuelles décennalisées [...] Le record (annuel, décennal et français) de 1941-1950 ne sera battu définitivement (?) jusqu'à 2007 qu'à partir de la décennie 1981-1990. »
Page 170 (1941-1950)
  • « Post-1942, on ne rencontrera plus, jusqu'à nos jours, de triennat glacial hivernal du même bas niveau thermique [...] On verra du reste apparaître les premiers hivers à plus de 6° de moyenne (DJF) : 1975 (6,6°), 1989 (6,5°), 1990 (6,2°) et 1995 (5,9°). »
Page 194 ( 1941-1950)
  • « [...] les températures s'élanceront à nouveau vers les hauteurs à partir de 1975 et 1976, et plus encore à partir des1980's et des 1990's. »
Page 203 (1941-1950)
  • « Le XXe siècle (1911-2003) est nettement plus fourni en canicules que le XIXe, a fortiori que le XVIIIe...Réchauffement oblige. »
Page 235 (1951-1960)
  • « [...] huit canicules ou hyper-canicules à 16,6° [données Angleterre centrale] ou davantage, et qui se feront plus caniculaires encore, sur le mode thermométrique, à partir de 1976. »
Page 242 (1951-1960)
  • « il faut s'attendre à des traumatismes non seulement quant à la production animale, mais également vis-à-vis des prestations végétales de l'agriculture. Chaud, et même sec dans une certaine mesure, ce peut être bon (1959). Mais hyper-brûlant, trop c'est trop (1976, voire 2003) »
Page 246 (1961-1970)
  • « certains climatologues de grande qualité ont cru de bonne foi que le réchauffement du premier XXe siècle, tel qu'il avait culminé au cours des années 1941-1950, si modeste fût-il, venait de prendre fin. La suite des temps (post-1980) allait démentir de telles assertions. »
Page 263 (1961-1970)
  • « Dates de vendanges en Bourgogne [tardives = signe de froid]
    • 1942-1950 : 23 septembre
    • 1951-1960 : 29 septembre
    • 1961-1970 : 1er ou 2 octobre
    • 1971-1980 : 27 septembre
    • 1981-1990 : 24 septembre
    • 1991-2000 : 20 septembre
    • 2001-2004 : 12 septembre »
Page 273 ( 1971-1980)
  • « la célèbre canicule 1976, alias canicule/sécheresse, semble bien s'inscrire dans la logique, fût-elle de chaos, d'un réchauffement séculaire. »
Pages 277-278 ( 1971-1980)
  • « Ces deux étés anglais, 1976 et 1995, laissent loin derrière eux l'été pourtant caniculaire de 1869 (avec ses 99 millimètres), et ils sont tous deux typiques d'un réchauffement prononcé du dernier quart du XXe siècle... »
Page 281 (1971-1980)
  • « la phase de réchauffement, sérieusement  amorcée à partir de 1976, va faire quelques ravages, y compris mortels, d'une façon assez régulière depuis cette date et jusqu'en 2006 [...] Voire ensuite ? [...] et cela, en dépit et à l'encontre de l'amélioration certaine des conditions sanitaires. »
Page 304 (1981-1990)
  • « L'« inoubliable tiercé » [1988-1989-1990] n'a pas seulement valeur intrinsèque. [...] une annonciation d'ampleur prédictive pour le réchauffement qui va désormais s'imposer dans le « définitif » (?) au cours de l'ultime décennie du XXe siècle et pour les débuts du XXIe. »
Page 305 (1981-1990)
  • « [...] 12,2° pour 1981-1990 ; puis 12,7° pour 1991-2000 ;  enfin 13,0° pour l'ultime « décennie » incomplète [...] 2001-2007. Ce qui ne signifie point qu'une telle ascension doive indéfiniment se poursuivre. »
Page 310 (1981-1990)
  • « Jones insiste aussi sur la notion d'optimum [...] Qu'en sera-t-il d'un accroissement de température de 2° ou davantage au cours des prochains cinquante ans ? »

Page 318 (1991-2000)
  • « Le réchauffement particulier de cette décennie 1991-2000 [...] se révèle indéniable. [...] Cette décade (française) se situe à 12,7°, nettement plus que les 12,2° de la décennie antérieure (1981-1990), et davantage aussi que pour [...] 1941-1950 [qui détenait le record thermique du XXe siècle] »
Page 331 (2001-2008)
  • « le réchauffement se poursuit [...] au fil des dix années 1991-2000, puis lors de la première décennie du nouveau millénaire »
Page 336 (2001-2008)
  • « Vis-à-vis des productions agricoles, la canicule 2003 relève de la puissance du négatif. Trop de chaleur, trop de sécheresse : on se situe cette fois au-delà de l'optimum. »

Page 338 (2001-2008)
  • « L'an 2005 est le plus chaud planétairement connu, de longue date, avec 1998. »

Page 343 (2001-2008)
  • « [...] Pascal Yiou [...] L'automne 2006 [...] est le plus chaud qu'on ait jamais connu depuis 1899, début de la série nationale des nombreuses stations de Météo-France, homogénéisées ; ajoutons que cet excès thermique vaut probablement pour plusieurs siècles passés (d'après Jürg Luterbacher). »
  • « Selon [Pascal Yiou] il s'agit là, pour cet automne et cet hiver particuliers [2006-2007], d'une vague de chaleur sans précédent [...] »
*****

Comme on peut le constater, tout ce qui précède n'est pas vraiment de nature "climatosceptique", un climatosceptique qualifierait plutôt les impressions d'ELRL de "catastrophistes" !

Mais voyons s'il n'y a pas quelques passages du livre qui pourraient prêter à confusion, voire accréditer une thèse "climatosceptique", par exemple :

Pages 298-299 (1981-1990)

  • « nous pouvons encore avoir un jour ou l'autre de grands hivers, y compris successifs, sous forme d'un triennat par exemple. »

Page 332 (2001-2008)

  • « nous sommes toujours à la merci d'un grand hiver. »
Est-ce que laisser entendre que de "grands hivers", c'est-à-dire des hivers longs et vraiment froids, est le fait d'un climatosceptique ? Pas vraiment :
  • selon Météo France, l’Hexagone a connu, en février [2012] dernier, une vague de froid « tout à fait exceptionnelle », qui n’avait pas été aussi intense depuis 1987
Nous apprenons également, en 2010 :
  • «Mettons que l'océan soit à zéro degré», explique Stefan Rahmstorf, spécialiste du climat au prestigieux Institut Potsdam (Allemagne) pour la recherche sur l'impact climatique. «Il est ainsi beaucoup plus chaud que l'air ambiant dans cette zone polaire en hiver. Vous avez alors un important flux chaud qui remonte vers l'atmosphère, que vous n'avez pas quand tout est recouvert de glace. C'est un changement énorme».
  • Le résultat, selon une étude publiée au début du mois par le Journal de Recherche Géophysique, est un système de hautes pressions qui pousse l'air polaire, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, vers l'Europe.
    «Ces anomalies pourraient tripler la probabilité d'avoir des hivers extrêmes en Europe et dans le nord de l'Asie», y explique le physicien Vladimir Petoukhov, qui a dirigé l'étude.
  • Quand je regarde par ma fenêtre, je vois 30 cm de neige et le thermomètre dit -14°», raconte M. Rahmstorf, qui s'exprimait au téléphone depuis Potsdam. «En même temps, au Groenland, nous sommes au-dessus de zéro en décembre».
Donc oui, il est plus que probable que nous connaitrons encore des hivers rigoureux dans un contexte de réchauffement climatique global, ce qui ne manquera pas de susciter des réactions aussi stupides que celle-ci :
video

Page 305 (1981-1990)

  • « Le «  triennat » réchauffé d'Europe occidentale [...] éventuellement lié à l'effet de serre ainsi qu'à certaines fluctuations de l'irradiance solaire étudiées par E. Bard. »

Page 346 (2001-2008)

  • « Faut-il parler néanmoins d'une pause dans le réchauffement ? Qui vivra verra...Notons encore à ce propos qu'on ne doit pas négliger non plus, outre les gaz à effet de serre, l'influence positive ou négative de la variabilité quant à l'irradiance originaire du soleil [voir ci-dessous].  »
Ici ELRL laisserait penser que les gaz à effet de serre ne seraient pas aussi puissants que ce que l'on prétendrait et que l'irradiance solaire pourrait avoir une influence significative sur le climat, et il cite Edouard Bard pour appuyer ce dernier point, malheureusement (sic) celui-ci n'est apparemment pas de cet avis si l'on en juge par les deux pages de ce document (daté de juin 2011, soit 2 ans après la parution du livre d'ELRL) sur l'influence du soleil sur le climat :
  • Pour la période récente depuis 1950, il est utile de faire une comparaison au premier ordre pour en déduire que le rechauffement actuel ne peut probablement pas être expliqué par le forcage solaire.
  • Ces travaux récents, différents et complémentaires dans leurs approches, conduisent pour l’instant à la conclusion que les rayons cosmiques n’ont pas d’influence majeure sur le climat actuel.
Et pour ce qui concerne le dernier rapport du GIEC, voici ce qu'il pense du forçage radiatif dû au rayonnement solaire :

Mais ELRL l'avoue lui-même très humblement :

Page 20 (Introduction)

  • « On jettera [...] avec beaucoup de prudence, un bref coup d'œil sur l'avenir proche et peut-être lointain. Prudence compréhensible : homme du passé, l'historien n'est pas un scientifique à part entière, il doit d'abord et avant tout raison garder. »
 Et d'autres passages du livres montrent qu'ELRL sait "avant tout raison garder" sur les deux sujets ci-dessus (grands hivers et rôle des GES), par exemple :

Page 128 1911-1920)

  • « Comme quoi il ne faut pas trop se fier aux épisodes extrêmes »

 Page 345 (2001-2008)

  • « En compagnie du GIEC, est-on en droit de mettre ce remarquable phénomène multisaisonnier [15 mois d'avril 2006 à juin 2007 exceptionnellement chauds] en relation avec l'effet de serre et avec l'action anthropique, au moins pour une part ? » 
 ELRL n'est pas climatologue, il est historien et sait rester à sa place ; il ne doute pas de l'effet de serre en particulier ou du réchauffement climatique en général, il se contente de laisser aux spécialistes le soin d'expliquer les mécanismes en jeu, mais cette position "en retrait" est certainement comprise par certains comme une preuve de climatoscepticisme.

D'autres passages peuvent donner du grain à moudre aux climatosceptiques qui ne savent pas lire sans le doigt, par exemple :

Page 326 (1991-2000)

  • « le réchauffement global, à condition de se situer dans certaines limites, peut être très favorable aux agriculteurs céréaliers, et pas seulement aux oléiculteurs. »
Cette phrase, sous la plume d'un climatosceptique, deviendra
  • « le réchauffement global peut être très favorable aux agriculteurs céréaliers, et pas seulement aux oléiculteurs »
Ou même
  • « le réchauffement global est très favorable aux agriculteurs céréaliers, et pas seulement aux oléiculteurs », en ajoutant que c'est ELRL qui l'a écrit dans son livre !

On apprend également en lisant ELRL que le réchauffement climatique a pu avoir des conséquences politiques graves, par exemple :

Pages 147-148 (1921-1930)

  • « [...] la crise agricole  du fait des baisses de prix des céréales [...] Les conséquences politiques sont très négatives [...] les cultivateurs [en Allemagne, dans le Schleswig-Holstein] basculent dans le nazisme. »
De là à conclure que le nazisme est la conséquence du réchauffement climatique, ELRL s'en garde bien, il fait seulement remarquer que le réchauffement climatique a entrainé une crise agricole dans les années 20 et que les cultivateurs impactés ont basculé dans le nazisme.

Pour générer une crise politique il faut un certain nombre d'ingrédients qui, quand ils sont mélangés, ne demandent qu'une mèche allumée pour exploser ; la crise syrienne en est un bel exemple avec la sécheresse exceptionnelle qui a précédé la révolte de 2011 ayant entrainé la guerre civile actuelle :
  • Depuis les années 2000, la Syrie a connu plusieurs années de sécheresse dramatiques. L’exode rural qui en a résulté, associé à la mauvaise gestion de la crise par le pouvoir en place, ont précipité le déclenchement du soulèvement démocratique en 2011. Aujourd’hui, la guerre civile a entraîné des destructions généralisées dans les infrastructures de l’eau du pays. Pire encore : l’eau semble être devenue une arme dans le conflit.

Enfin, pour terminer, je mentionnerai ce passage concernant l'émergence du GIEC :

Page 284 (1971-1980)

  • « parution [en 1979] d'un article de Hermann Flohn, chercheur allemand [qui] rejette [...] la possibilité d'un refroidissement climatique [...] Il invoque [...] l'existence d'un effet de serre dû au gaz carbonique (CO2) [...] il note la possibilité d'un réchauffement global causé par l'homme [...] disparition des glaces flottantes de l'Arctique [...] Ce niveau dangereux [de 750ppm de CO2] pourrait être atteint [...] entre les années 2040 et 2075. [...] Il propose une conférence mondiale d'experts sur le climat ; telle sera la gestation du GIEC »

Ce qui nous montre que la problématique du réchauffement climatique causé essentiellement par les rejets de CO2 par l'homme ne date pas de la création du GIEC, mais plutôt que ce dernier a bien été créé pour tenter de synthétiser les connaissances accumulées depuis longtemps sur le climat :
  • Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade.

Il me reste maintenant à lire les deux autres livres d'ELRL sur les périodes précédant l'an 1860, mais quoi qu'il en soit ils ne peuvent en aucune manière être de nature "climatosceptique" puisqu'il s'agit d'une période où l'Homme n'avait aucun impact significatif sur le climat, seule l'utilisation des sols pouvant avoir une incidence extrêmement faible sur celui-ci.

Le climatoscepticisme ne peut se concevoir en tant que "dogme" ou "idéologie" que pour la période contemporaine puisque de l'aveu même d'un site libéral (et donc quasi forcément climatosceptique) :
  • Un climatosceptique est une personne qui rappelle la faiblesse des fondements scientifiques de la théorie de l'origine humaine du réchauffement climatique, remettant aussi en cause la validité du consensus scientifique instauré, ou bien contestant la fiabilité des modèles informatiques ou mathématiques prévoyant un avenir menaçant. On trouve parfois également le terme de "climato-agnostique".
Or les climatologues ne remettent certainement pas en cause tous les changements climatiques ayant pu avoir lieu dans le lointain passé, avant que l'Homme ne puisse avoir la moindre influence par son activité (hormis l'utilisation des sols non significative)

Par conséquent ELRL dans son travail d'historien ne peut en aucun cas faire preuve de climatoscepticisme, il fait son boulot d'historien et c'est déjà pas si mal que cela !







 

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