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jeudi 13 juillet 2023

Info ou intox sur le climat ? Avec Rittaud c'est tout vu !

 On se demande jusqu'où il peut aller et chaque fois on est surpris de voir qu'il peut toujours s'enfoncer encore plus profond.

Dans Climat : info et intox Benoit Rittaud nous fait son numéro de claquettes habituel en insistant là où apparemment ça ne lui fait pas mal, ni à lui ni à tous ses gogos-suiveurs qui prennent le temps de commenter pour bien faire comprendre que eux aussi ont de la science une vision toute personnelle.

Vous n'allez pas le croire (en fait oui si vous me lisez régulièrement) mais il n'a rien trouvé de mieux que de se mettre en avant dans le journal scientifique bien connu Valeurs Actuelles en compagnie de ses copains de régiment qu'on ne présente plus :

Climat : info et intox

C’est le titre du nouveau hors-série de Valeurs Actuelles, qui rassemble le gratin français du climato-réalisme ainsi que des étrangers parmi les plus prestigieux au monde. On y lira ainsi des articles de Rémy Prud’homme, Olivier Postel-Vinay, François Gervais, Ole Humlum, Vincent Courtillot, Michael Shellenberger, Christian Gerondeau, Steven Koonin, Jean-Paul Oury, Samuel Furfari, Michel Negynas, François-Xavier Piétri, ainsi que de votre serviteur.

Oui vous avez bien lu, « le gratin français du climato-réalisme ainsi que des étrangers parmi les plus prestigieux au monde », rien que ça. Où l'on voit que le ridicule et Benoit Rittaud vont très bien ensemble et pourraient même être considérés comme des synonymes (suggestion à faire pour le Larousse ou le Robert).

Dans la liste du gratin français et des prestigieux étrangers on aura toutes les peines à distinguer la moindre personnalité ayant un minimum de connaissances, et donc de légitimité pour en parler, sur le climat. Tous sont des activistes plus ou moins importants sur la scène internationale du climatoscepticisme tatoué des attributs du « réalisme » afin de paraitre quelque peu sérieux au regard des gens qui n'y connaissent rien, le grand public pour ne pas le nommer. Aucun ne peut prétendre au titre de climatologue puisque n'ayant rien publié sur le sujet du climat durant sa vie professionnelle. 

Passons-les rapidement en revue :


Bref une belle brochette d'incompétents qui ont cependant une particularité qu'ils partagent, à savoir qu'ils ont quasiment tous publié un grand nombre de bouquins un peu sur tout et n'importe quoi du moment que le tiroir-caisse faisait le bruit métallique agréable bien connu. 




Et Rittaud d'essayer dans son article de promotion pour Valeurs Actuelles de couper l'herbe sous le pied d'éventuels critiques montrant du doigt le fait qu'être publié dans un journal d'extrême droite c'est pas vraiment top :

J’oubliais : Valeurs Actuelles c’est des méchants, c’est pas bien pour notre image, ce serait mieux de s’exprimer sur Radio France, tout ça. Sauf que Radio France a annoncé son refus définitif de nous donner la parole, et qu’elle n’est pas la seule à pratiquer l’omerta.

Rittaud est le spécialiste de la lecture alternative qui consiste à comprendre de travers mais surtout à faire comprendre de travers ceux qui le lisent ; en effet, Radio France n'a jamais émis, dans le texte figurant en lien, le moindre « refus définitif de lui donner la parole ». Voici simplement ce que l'on peut lire dès le début :

EN TANT QUE MÉDIA :

  1. Nous nous tenons résolument du côté de la science, en sortant du champ du débat la crise climatique, son existence comme son origine humaine. Elle est un fait scientifique établi, pas une opinion parmi d’autres

Evidemment il est assez logique que quand Radio France déclare se tenir « résolument du côté de la science » Benoit Rittaud traduise cela par « Radio France refuse de me donner la parole », mais comment en tenir rigueur à la chaine publique qui fonctionne avec mes impôts ?

Les commentaires sont bien sûr en accord avec le chef, il ne saurait en aucun cas être question de le contredire, ou alors si peu et en prenant d'énormes précautions afin de ne pas tomber sous le coup de l'excommunication, Rittaud étant très prompt à sévir envers les contrevenants.

Excellent.

Ce n’est un secret pour personne que la gauche a tendance à s’emballer beaucoup plus vite et beaucoup plus fort sur les sujet environnementaux, et d’une manière générale à toujours vouloir faire plier le réel devant l’idéologie.

Laissons au moins à la droite la primauté du réalisme.

Ici Aragorn nous apporte la preuve manifeste que le climatoscepticisme est estampillé « de droite », pour lui il s'agit d'une affaire politique, voire idéologique.

La gauche considère le Giec comme un conseil d’experts objectifs qui lui permet de se donner des arguments ‘scientifiques’ pour ‘lutter contre le capitalisme’. Le fait que l’AIEA est reçu le prix Nobel de la paix avant le Giec pour faire tous les deux la promotion du nucléaire civil aurait pu faire réfléchir nos parangon de vertus mais cela est désormais impossible : On ne peut pas lutter contre une doxa religieuse quand elle prétend faire le bien.

Encore un pachyderme qui se place sur le terrain politique et qui a des problèmes avec la langue française en confondant les verbes être et avoir. Et souvenez-vous de l'inversion accusatoire à laquelle je faisais allusion dans un précédent billet, s'il nous parle de doxa religieuse vous savez à quoi vous en tenir.

Oui VA est une revue au fond idéologique nauséabond sur l’identité et l’immigration à m’en donner des pulsions d’activisme anti-fa dès que j’en survole les couvertures.
Pour dire à quel point on a marginalisé le climato-réalisme en France pour que des scientifiques de renoms aient besoin d’en passer par là pour un peu d’audience. Et le pire, c’est qu’ils ont raison sur le fond.
Mais c’est pas parce que Hitler disait que l’Angleterre était une île qu’il faut dire le contraire et cela, la gauche bien pensante l’a oublié.

Des « scientifiques de renom » qui seraient contraints de s'exprimer dans Valeur Actuelle, Cédric Moro m'a bien fait rire sur ce coup-là.

Mais voyons le bon côté des choses, le pire qu’il puisse arriver à la France est une fusion de l’extrême droite et de l’alarmisme climatique. Reconnaissons aux climato-réalistes de nous éviter cet abyme.

Encore une bonne tranche de rigolade. Quand on sait que le climatoscepticisme, et donc le climato-irréalisme cher à monsieur Moro, s'épanouit essentiellement à l'extrême droite, on ne peut que se rouler par terre en se tenant les côtes.

Le risque c’est que ça va conforter les gens qui aiment bien mettre des cases manichéennes que les climato-réalistes c’est des gens d’extrême droite, platiste, pro-Poutine et antivax, et je suis sûr qu’ils mangent des chatons aussi.

Tout est parfaitement exact dans ce qu'écrit André, sauf pour les chatons. Mais l'inversion accusatoire me permet d'avoir des doutes quant à ses habitudes culinaires. Je n'irai probablement jamais manger chez André.

D’accord avec Ph. Catier, et heureux qu’André ouvre la porte. Tous les gens bien connus de nous sont des gens honnêtes, compétents et qui ne risquent qu’une chose, comme Galilée, avoir eu raison avant la majorité. L’enjue est aussi important!

Ah si Galilée n'avait pas été convoqué (sans son consentement) le commentaire aurait eu moins de gueule.

Les autres commentaires étant du même tonneau je ne pense pas nécessaire d'alourdir davantage mon billet.


lundi 22 août 2022

CLINTEL a encore frappé, même pas mal !

 Nous venons de vivre un été d'enfer, qui n'est d'ailleurs pas totalement terminé, avec une petite vaguelette de chaleur encore dans les tuyaux, mais nous savons qu'il y a toujours des climato-crétins qui continuent à nier l'évidence.

En juin dernier était publiée une déclaration solennelle qui nous assurait qu'« il n'y a pas d'urgence climatique » ; celle-ci commence sur les chapeaux de roues avec :

Climate science should be less political
La science du climat devrait être moins politique

Ainsi la hausse des températures de 1°C et des brouettes en quelques décennies, avec à l'horizon 2100 un minimum de +3°C, en restant très optimiste, cela relèverait de la politique ?

La fonte avérée des banquises, des calottes glaciaires et de quasiment tous les glaciers dans le monde, de la politique vous dis-je !

La hausse du niveau des mers qui s'accélère et l'acidification des océans qui augmente, c'est politique nom d'un chien !

Les sécheresses qui se multiplient, tout comme les événements extrêmes, on ne sait pas trop s'ils sont de gauche ou de droite mais ce dont on est sûr c'est que c'est de la politique !

Alors qui (ou qu'y) voit-on dans cette déclaration « apolitique » supposée émaner des plus grands scientifiques de la planète ?

Il suffit de jeter un oeil à la déclaration elle-même (WCD-version-06272215121.pdf (clintel.org)) et d'aller directement à la page 14 pour savoir quels sont les éminents spécialistes de la question climatique qui vont en France ouvrir les chakras des gens cherchant la véritay vraie, et on est très vite fixé :

La crème de la crème française.

On peut y voir en tête de gondole l'inénarrable Benoit Rittaud, présenté parmi les « ambassadeurs » (voir World Climate Declaration - Clintel) comme « professeur » alors qu'il n'est, à presque cinquante ans, que « maitre de conférence hors-classe », ce qui n'est pas particulièrement flatteur...

A la suite de Rittaud nous remarquons des têtes connues ici dans mon blog comme (dans l'ordre d'apparition à l'écran) Hervé Azoulay, Jean-Pierre Bardinet, Bernard Beauzamy, Jean-Claude Bernier, Pierre Beslu, Philippe Catier, Vincent Courtillot, Christian Gérondeau, François Gervais, Jacques-Marie Moranne, Cédric Moro, Rémy Prud'homme, Etienne Vernaz, Camille Veyres...

Rendez-vous compte, cela fait 14 personnes, rien que pour la France, que j'ai évoquées dans mon blog et qui se retrouvent sur la liste des 1107 signataires de ce torchon de déclaration !

En rajoutant le monde anglophone je pense que je pourrais au moins doubler ce nombre, si ce n'est le tripler.

Sur Twitter Valérie Masson-Delmotte (que je suis) a retweeté un certain Dave Vetter qui publie ce fil que je vous livre directement traduit en français tellement je suis bon :

Aujourd'hui, les négateurs du climat se réjouissent de la Déclaration mondiale sur le climat, un document antiscientifique qui prétend que 1200 "scientifiques" déclarent qu'il n'y a pas d'urgence climatique. Quelques remarques à ce sujet. 1/
La déclaration n'est en fait que la continuation d'un projet de la Climate Intelligence Foundation (CLINTEL), un groupe de pression financé par deux millionnaires néerlandais.

@DeSmog a beaucoup de détails ici : https://desmog.com/climate-intelligence-foundation-clintel/ 2/
Comme on peut s'y attendre, CLINTEL est profondément lié à l'argent des combustibles fossiles et nombre de ses ambassadeurs sont impliqués dans les lobbies américains des combustibles fossiles, le Heartland Institute et le Cato Institute. 3/
La déclaration peut être consultée ci-dessous. Comme vous le verrez, la formulation elle-même est extrêmement paresseuse, comprenant une liste de clichés éculés et démystifiés du type "j'ai trouvé ça sur Facebook". Aucune recherche n'est citée. 4/
Si vous faites défiler la liste des signataires, vous constaterez que peu d'entre eux sont issus de disciplines liées au climat. Un nombre important d'entre eux sont issus de l'industrie pétrolière et gazière. Huit d'entre eux sont d'anciens ou d'actuels employés de Shell. 5/
Les six mythes du changement climatique énumérés sont tous traités de manière exhaustive sur la page Arguments de Skeptical Science (ci-dessous). Aucun d'entre eux ne résiste à un examen même superficiel. 6/
https://skepticalscience.com/argument.php


Bref, rien de vraiment neuf sous le soleil.


vendredi 18 mars 2022

Benoit Rittaud et l'épilepsie

 Décidément Benoit Rittaud ne nous décevra jamais.

Nous savions déjà depuis longtemps à quel point il était nul au sujet du changement climatique qu'il n'a pas compris, dans ce cas ce n'est qu'un imbécile de plus, ou qu'il se plait à caricaturer afin de vendre ses bouquins, et dans ce cas ce n'est qu'un escroc de plus parmi tant d'autres.

Nous savions aussi que malgré ses présumées compétences en mathématiques il était un bien piètre épidémiologiste incapable de comprendre ce qu'est une exponentielle (voir Leçon d'exponentielle à l'attention de Benoit Rittaud), ce qui ne l'empêchait pas de donner son avis au début de l'épidémie en mars 2020.

Aujourd'hui il remet une pièce dans la machine à produire de la bouillie pour neuneus avec un article intitulé présomptueusement Voyez ce qu’ils font de la science ; chaque fois que Rittaud écrit le mot science il faut s'attendre au pire, et à chaque fois le pire est encore pire que précédemment.

Dans cet article du 16 mars il tente de se surpasser en écrivant :

Nouveau cas d’école de la gangrène idéologique qui imprègne la science : l’institut de neurologie de l’University College de Londres publie une offre d’emploi pour recruter un chercheur sur un programme de recherche qui porte, tenez-vous bien, sur « changement climatique et épilepsie ». Non, nous ne sommes pas le premier avril.

Avec Benoit Rittaud nous avons la sensation d'être à chaque fois un 1er avril tellement ce qu'il nous raconte est décalé par rapport à la réalité. Son blog semble faire de la concurrence au Gorafi, mais non il est vraiment sérieux et ses adorateurs qui commentent régulièrement afin de le conforter dans ses errements tombent tous (sauf un) dans le grand trou qu'il s'échine à creuser de plus en plus profondément ; exemples :

Il suffisait d’y penser. Quant au résultat des recherches à venir il établira formellement que: « Oui, il y a bien un rapport entre épilepsie et changement climatique, au moins dans certains cas ». Et puisque c’est la science qui le dit…..Pauvre science.

Les conclusions précèdent la recherche comme dit dans l’intitulé du poste [blablabla]

Le biais est dans le fruit dès le départ pour parodier « le vers est dans le fruit ».
Ce genre de recherche est inexploitable. Du gaspillage d’argent public.

Bonjour. J’envisage une thématique « cors aux pieds et changement climatique ». Vers qui m’orienteriez-vous ?

Etc.

Aucun n'a de toute évidence essayé de creuser le sujet, sauf un qui est un peu plus lucide que le reste de la bande :

Mr Rittaud, votre post, qui dénigre un projet scientifique sous prétexte que le sujet de recherche proposé ne vous convient pas m’atterre au plus haut point et ce d’autant plus qu’il est écrit par un scientifique. AVDIATUR ET ALTERA PARS est un principe de droit romain qui devrait guider la démarche scientifique me semble-t-il et que vous semblez avoir oublié.

Vous n’avez aucune compétence dans le domaine médical, pas plus que moi d’ailleurs, pour juger du bien fondé des recherches proposées. Seuls les paires ( pères ) sont juges, n’est-ce pas ? [...]

Le réchauffement climatique, avéré ou non, ne mérite-t-il pas un débat étayé par des travaux académiques et non une bordée d’anathèmes. Comme les autres sujets pas plus, pas moins.

Le seul passage répréhensible de ce commentaire est « Le réchauffement climatique, avéré ou non », le dénommé Cunctator91 devrait pourtant savoir que le « ou non » est de trop et qu'il est facile de le vérifier.

Mais le plus beau dans le billet de Rittaud c'est quand il écrit :

La recherche scientifique est une fleur fragile, éternellement attaquée par ceux qui l’accusent d’être « déconnectée du réel ». Combien de fois, après avoir répondu à la question de mon sujet de recherche, ai-je dû faire face à l’insidieux « et alors, ça a des applications ? » Un chercheur normalement compétent sait répondre.
J'ai dit plus haut que quand Rittaud évoquait la science il fallait s'attendre au pire, j'ajouterai que quand il parle de « réel » il faut immédiatement rejoindre l'abri anti-atomique le plus proche, car ça va très vite péter et faire mal !

Ainsi Rittaud nous dit dans la foulée :
on ne peut pas défendre une recherche menée pour des raisons aussi évidemment militantes. Quel sérieux le grand public peut-il accorder à la recherche scientifique lorsqu’elle se travestit de cette manière ? Comment le quidam normalement cultivé ne se dira-t-il pas qu’il s’agit là d’un scandaleux gaspillage d’argent et de moyens ?
Des raisons militantes ?

La bonne blague !

De toute évidence il n'est pas au courant (en tout cas il n'en dit pas un mot) qu'il existe des études scientifiques depuis plusieurs années pour rechercher un lien entre réchauffement climatique et épilepsie ; il existe même au Royaume Uni une Epilepsy Society qui a organisé en novembre 2021 une conférence virtuelle :

On 25 November 2021, EpiCC – Epilepsy Climate Change – held its first ever virtual conference ‘Epilepsy in change’ to address the links between climate change and epilepsy and how we might all take action.

Le 25 novembre 2021, EpiCC - Epilepsy Climate Change - a organisé sa toute première conférence virtuelle intitulée "Epilepsy in change" (L'épilepsie dans le changement) afin d'examiner les liens entre le changement climatique et l'épilepsie et la manière dont nous pouvons tous agir.
De plus cette Epilepsy Society a créé un site dédié à cette problématique, l'EPICC, acronyme d'Epilepsy Climate Change.  

Mais il est vrai que si l'on nie, comme le fait Benoit Rittaud, qu'il y ait le moindre réchauffement significatif de la planète, et que par-dessus le marché on croit qu'on pourrait retourner bientôt vers un âge de glace, alors on ne voit pas où pourrait bien se nicher le problème avec l'épilepsie, n'est-ce pas ?

Or il y a bien un problème avec la hausse des températures et cette affection neurologique qui toucherait plus de 50 millions de personnes dans le monde (source OMS)

Ainsi dans Climate change and epilepsy: Insights from clinical and basic science studies publié en février 2021 on peut lire dans le résumé :
A number of climatic variables are associated with increased seizure frequency in people with epilepsy.
Un certain nombre de variables climatiques sont associées à une augmentation de la fréquence des crises chez les personnes épileptiques.
Mais il est bien précisé ceci :
Links between climate change and epilepsy are likely to be multifactorial, complex, and often indirect, which makes predictions difficult.
Les liens entre le changement climatique et l'épilepsie sont probablement multifactoriels, complexes et souvent indirects, ce qui rend les prédictions difficiles.
Les chercheurs ont donc besoin d'y voir plus clair :
We need more data on possible climate-driven altered risks for seizures, epilepsy, and epileptogenesis, to identify underlying mechanisms at systems, cellular, and molecular levels for better understanding of the impact of climate change on epilepsy. Further focussed data would help us to develop evidence for mitigation methods to do more to protect people with epilepsy from the effects of climate change.
Nous avons besoin de davantage de données sur les risques de modification des crises, de l'épilepsie et de l'épileptogenèse liés au climat, afin d'identifier les mécanismes sous-jacents aux niveaux systémique, cellulaire et moléculaire pour mieux comprendre l'impact du changement climatique sur l'épilepsie. Des données plus ciblées nous aideraient à développer des preuves pour des méthodes d'atténuation afin de faire plus pour protéger les personnes épileptiques des effets du changement climatique.
Mais on ne s'est pas rendu compte seulement en 2021 qu'il y avait un lien possible et probable entre réchauffement climatique et épilepsie, ainsi le 11 septembre 2019 était publiée l'étude Climate change and epilepsy: Time to take action qui nous dit dans son résumé :
We briefly review the history of climate change science and the subsequent response of the global scientific community. We consider how climate change effects might in general affect health and disease. We consider some of the underlying complex interactions that, for example, favor the spread of vector-borne diseases and how climate models operate and may help plan for global and local changes. We then speculate specifically on how these generic ideas may apply specifically to epilepsy.
Nous passons brièvement en revue l'histoire de la science du changement climatique et la réponse ultérieure de la communauté scientifique mondiale. Nous examinons comment les effets du changement climatique pourraient en général affecter la santé et les maladies. Nous examinons certaines des interactions complexes sous-jacentes qui, par exemple, favorisent la propagation des maladies à transmission vectorielle et comment les modèles climatiques fonctionnent et peuvent aider à planifier les changements mondiaux et locaux. Nous spéculons ensuite sur la manière dont ces idées génériques peuvent s'appliquer spécifiquement à l'épilepsie.
Par conséquent nous voyons que l'épilepsie n'est qu'une toute petite partie des nombreux problèmes de santé que le réchauffement climatique va entrainer dans le futur ; cet article se propose donc uniquement de faire un focus sur cette maladie en particulier, comme d'autres études pourraient éventuellement se concentrer sur les accidents cardio-vasculaires (voir Le réchauffement climatique et la pollution : un désastre au plan des maladies cardiovasculaires) ou les cancers (voir Réchauffement climatique : vers une hausse des cancers de la peau ?), pour ne citer que ces exemples.

L'étude mentionnée au-dessus est reprise dans cet article Epilepsy – Global Warming: Effects and Prevention :

Epilepsy and Global Warming

Sisodiya et al in 2019 shed light on the worrying links between global warming and neurological conditions, specifically focusing on epilepsy as an example. Dravet Syndrome is a type of epilepsy and occurs due to mutations which build up in SCN1A, a sodium channel encoding gene [1]. The sodium channel protein which is then constructed from this mutated gene is greatly affected by temperature. As Sisodiya et al described, when heatwaves occur in the summer carers of patients with Dravet Syndrome report that the number and length of epileptic seizures greatly increases. Not only is this alarming for people with Dravet Syndrome, but as global temperatures continue to rise neurologists are undoubtedly going to see many further links between other forms of epilepsy and temperature.

En 2019, Sisodiya et al ont mis en lumière les liens inquiétants entre le réchauffement climatique et les maladies neurologiques, en se concentrant spécifiquement sur l'épilepsie comme exemple. Le syndrome de Dravet est un type d'épilepsie et se produit en raison de mutations qui s'accumulent dans SCN1A, un gène codant pour un canal sodique [1]. La protéine du canal sodique qui est ensuite construite à partir de ce gène muté est fortement affectée par la température. Comme l'ont décrit Sisodiya et al, lorsque des vagues de chaleur surviennent en été, les soignants des patients atteints du syndrome de Dravet signalent que le nombre et la durée des crises d'épilepsie augmentent considérablement. Cette situation est non seulement alarmante pour les personnes atteintes du syndrome de Dravet, mais les neurologues vont sans doute constater que d'autres liens entre d'autres formes d'épilepsie et la température continueront d'être établis à mesure que les températures mondiales continueront d'augmenter.

Je reprends ce que j'ai surligné en rouge :

lorsque des vagues de chaleur surviennent en été, les soignants des patients atteints du syndrome de Dravet signalent que le nombre et la durée des crises d'épilepsie augmentent considérablement.

Il s'agit donc de constatations, pas de prédictions : quand il y a des canicules il y a davantage de crises d'épilepsie, c'est factuel, cela n'a rien d'imaginaire, de supposé et encore moins de fantaisiste.

Or on sait qu'avec le réchauffement climatique les canicules, ou épisodes de fortes chaleurs, vont se multiplier et devenir plus violentes ; là aussi c'est factuel puisqu'on le constate déjà avec seulement un petit degré (à la louche) de plus par rapport aux années 1970s ; et l'étude Sisodiva 2019 nous montre ces graphiques suffisamment éclairants :

Schéma montrant l'effet sur les températures extrêmes lorsque (A) la température moyenne augmente, (B) la variance augmente, et (C) lorsque la moyenne et la variance augmentent toutes deux pour une distribution normale de la température (source Climate change and epilepsy: Time to take action - Sisodiya - 2019 - Epilepsia Open - Wiley Online Library)

Enfin, il suffit de consulter Google Scholar en recherchant les mots « Epilepsy and Global Warming  » et l'on obtient...9 560 résultats !


Mais comme le dit si bien Benoit Rittaud :

Comme dit l’expression, ne nous arrêtons pas de rire, sinon nous nous mettrons à pleurer. Au fond, il vaut peut-être mieux faire semblant de croire que nous sommes réellement le premier avril, après tout.


Sacré Rittaud, toujours le mot pour rire à l'insu de sa pleine incompétence.


samedi 30 octobre 2021

Après Claude Allègre et Vincent Courtillot voici venir Pascal Richet

 L'Histoire (avec un grand H) est condamnée à se répéter, dit-on, et c'est un Belge qui nous dit qu'elle se répète tout comme la bêtise !

Ainsi nous avons eu Claude Allègre, puis dans la foulée Vincent Courtillot qui nous ont affirmé que le réchauffement climatique causé par les humains était une vaste blague, puisqu'il est évident que c'est le soleil qui nous chauffe et non un quelconque gaz satanique. Maintenant nous voyons apparaitre un nouveau venu en la personne d'un certain Pascal Richet qui n'y va pas par quatre chemins : d'après lui c'est la température qui commande au CO₂ et non l'inverse comme on nous le serine à longueur de COP et de rapports du GIEC que personne ne lit vraiment tellement c'est même pas vrai.

Selon Pascal Richet ce serait donc la hausse des températures qui aurait causé la révolution industrielle. Pour le dire autrement, si une centrale à charbon émet du CO₂ c'est parce que la température augmente. Cqfd.

Le plus drôle dans l'histoire (avec un petit h, mais qui se répète aussi) c'est que ces trois éminents scientifiques appartiennent, ou ont appartenu, à l'IPGP, c'est-à-dire à l'Institut de Physique du Globe de Paris.

Petite parenthèse ici : on en viendrait presque à se demander si l'IPGP et l'IHU de Marseille ne s'entendraient pas en secret afin de disqualifier la recherche scientifique française, l'un dans le domaine des sciences de la Terre et l'autre dans celui de la médecine. Mais je dois m'égarer, donc je m'empresse de refermer cette petite parenthèse.

Il se trouve que Pascal Richet a tenté de publier récemment, en mai dernier, un papier intitulé The temperature–CO₂ climate connection: an epistemological reappraisal of ice-core messages (La connexion climatique température-CO₂ : une réévaluation épistémologique des messages des carottes de glace), malheureusement pour lui sa copie a été retoquée et n'a pas passé le barrage impitoyable de la revue par les pairs, pauvre chou !

Il faut dire qu'il y avait de quoi se poser des questions au sujet du sérieux d'une « étude » qui aurait plutôt eu sa place dans les pages du Gorafi ou, pourquoi pas, dans les colonnes de France Soir, avec quelques commentaires élogieux dispensés sur CNews ou Sud Radio, bref là où la science est mise sur un piédestal...branlant afin d'être à la disposition du plus grand nombre...de gogos...

Hormis l'anecdote sur la poule et l'oeuf qui inverse habilement la cause et l'effet en attribuant la hausse du CO₂ à celle de la température (c'est bien connu, plus vous avez chaud et plus vous émettez des gaz à effet de serre) nous avons droit dans le papier de Richet à une postface grandguignolesque puisque nul autre que Buffon est convoqué pour vous convaincre de ses idées biscornues (celles de Richet, pas de Buffon) :

Regardless of any particular interpretation of the climate record, it seems appropriate to give the last word to the famous naturalist Georges-Louis Leclerc, Earl of Buffon (1749). Himself a mathematician by training, Buffon (1749) voiced a strong warning very early on about the misuses of what are now called models by expounding in the Initial Discourse of his monumental Natural History the “difficulties one finds when attempting to apply geometry or calculations to physical subjects that are too complicated.”
Indépendamment de toute interprétation particulière des données climatiques, il semble approprié de donner le dernier mot au célèbre naturaliste Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1749). Mathématicien de formation, Buffon (1749) a très tôt mis en garde contre les abus de ce que l'on appelle aujourd'hui les modèles en exposant, dans le Discours initial de sa monumentale Histoire naturelle, les "difficultés que l'on rencontre quand on veut appliquer la géométrie ou le calcul à des sujets physiques trop compliqués".

Moi je dis chapeau l'artiste, faire appel à un savant du 18ème siècle pour discréditer les modèles climatiques actuels, faut quand même oser et il a osé, après faut pas s'étonner que sa copie n'ait pas obtenu la moyenne, comme nous l'indique le site History of Geo- and Space Sciences qui avait la charge écrasante d'évaluer le torch..., le brouillon de Richet :

The manuscript HGSS-2021-1, posted as journal article on 26 May 2021, was removed on 10 September 2021 after applying a post-publication review that resulted in a rejection of the manuscript.
Le manuscrit HGSS-2021-1, publié en tant qu'article de journal le 26 mai 2021, a été retiré le 10 septembre 2021 après avoir fait l'objet d'un examen post-publication qui a abouti au rejet du manuscrit.
On nous dit qui a rejeté l'article en question et pourquoi :
The post-publication review was handled by Jean-Claude Duplessy as editor. 7 referees were called and submitted their report – 6 of these anonymous, 1 eponymous – between 28 June and 30 August 2021. In the interest of transparency, the 7 referee reports are provided in 1 merged document. Based on these 7 referee reports, the editor decided on 31 August 2021 to reject the manuscript.
La revue post-publication a été assurée par Jean-Claude Duplessy en tant qu'éditeur. 7 arbitres ont été appelés et ont soumis leur rapport - 6 d'entre eux anonymes, 1 éponyme - entre le 28 juin et le 30 août 2021. Dans un souci de transparence, les 7 rapports des arbitres sont fournis dans 1 document fusionné. Sur la base de ces 7 rapports d'arbitres, le rédacteur en chef a décidé le 31 août 2021 de rejeter le manuscrit.
Les raisons du rejet sont donc exposées dans 2021-08-30_hgss-2021-1_referee-reports-merged.pdf (history-of-geo-and-space-sciences.net), un papier assez long que chacun pourra consulter afin de vérifier la justesse de la décision du jury ; je ne mentionnerai ici que le tout début afin de vous allécher, surtout qu'en seulement quelques mots le pitch de l'histoire (encore !) vous est révélé :
This paper analyses temperature, CO₂ and CH₄ from the Vostok ice core over the last 423 kyr. It comes to some conclusions on cause and effect and argues that there is only a minor feedback from CO₂ on temperature, from which the author concludes: "If not refuted, the demonstration indicates that the greenhouse effect of CO₂ on 20th century and todayʼs climate remains to be documented". This is a very strong statement. Unfortunately, it is wrong in many ways [...] Briefly, in a few words: Just looking at time series of CO₂ and temperature over a few glacial cycles (and their leads/lags and correlations) is a much too simple approch to understand the natural carbon cycle and fails for principle reasons to say anything about the anthropogenic (recent) global warming.
Cet article analyse la température, le CO₂ et le CH₄ de la carotte de glace de Vostok au cours des 423 000 dernières années.  
Il arrive à certaines conclusions sur la cause et l'effet et soutient qu'il n'y a qu'une rétroaction mineure du CO₂ sur la température, ce qui permet à l'auteur de conclure : "Si elle n'est pas réfutée, la démonstration indique que l'effet de serre du CO₂ sur le climat du 20ème siècle et dʼaujourdʼhui reste à être documenté".
Il s'agit d'une déclaration très forte. Malheureusement, elle est fausse à bien des égards [...]. Brièvement, en quelques mots : Se contenter d'examiner les séries chronologiques de CO₂ et de température sur quelques cycles glaciaires (ainsi que leur avance/retard et leurs corrélations) est une approche beaucoup trop simple pour comprendre le cycle naturel du carbone et ne permet pas, pour des raisons de principe, de dire quoi que ce soit sur le (récent) réchauffement climatique anthropique.

Ce qui est tout de même énervant dans l'affaire c'est que nous avons toujours les mêmes abrutis qui relaient l'information en la transformant sur le mode complotiste du « il a été baillonné parce qu'il disait la vérité » qui est le petit frère du « on nous cache tout on nous dit rien » mais « moi je vais tout vous révéler parce que je connais la vérité et que vous méritez de savoir que vous êtes manipulés » !

Ainsi l'inénarrable Jacques Henry ne peut s'empêcher d'y aller de son petit air de pipeau dans Climat : censure à tous les étages :

l’un des derniers articles de synthèse de Pascal Richet au sujet duquel j’avais laissé un billet sur ce blog en juin dernier vient d’être censuré par un organisme allemand basé à Göttingen appelé Copernicus Publications.

Parce que n'est-ce pas, si un article ne passe pas la revue par les pairs c'est que forcément il est censuré, hein ! Dans la même idée si un original essaie de publier un article sur la Terre plate ou la Lune creuse il sera lui-aussi censuré, peut-être même emprisonné, torturé, exécuté, on n'en est pas à une ignominie près.

D'ailleurs Jacques Henry ne s'y trompe pas (il est finaud Jacquot) et il a bien vu que l'on visait tous les immenses scientifiques que la France compte dans ses rangs :

il faut que les articles scientifiques soient conformes aux orientations politiques. Comme dans le cas des avanies mises en ligne par certains investigateurs vicieux au sujet des travaux du Professeur Didier Raoult relatifs au SARS-CoV-2 l’organisme Copernicus, mandaté par les politiciens convaincus de la validité de l’effet du CO2 sur l’évolution du climat, a fini par trouver une faille dans l’article de Richet. [...] Les pays occidentaux sont donc confrontés aujourd’hui à une censure organisée par des officines idéologiquement orientées qui agissent sur ordre des décideurs politiques.
C'est clair comme de l'eau de roche, ce sont les politiques, et tout particulièrement les écologistes, qui tirent les ficelles et harcèlent de braves chercheurs qui ne font que leur travail de chercheur, même s'ils ne trouvent pas grand chose, mais ça c'est accessoire et on ne va pas en faire un fromage.

Et notre brave lanceur d'alerte Jacques Henry a les commentateurs qui vont avec la choucroute qu'il nous sert, par exemple celui-ci  :
Le 2 octobre 2021 à 17 h 24 min, Paul-Emic a dit :

En peu de mots : nous assistons tout simplement à la fin de la science .
Effectivement il n'y a aucune polémique sur le fait que la science ne passera pas par le blog de Jacques Henry, pas plus que chez notre mathématimancien préféré Benoit Rittaud qui a lui-aussi cru bon d'intervenir avec deux articles qui feront date, ALERTE MAJEURE ! Suite à des pressions, l’article de Pascal Richet n’est plus accessible ! et EXCLU : un climategate français a commencé !, qui relatent les déboires du pôvre Richet.

Bon, quand on sait ce qu'il en est du fumeux Climategate de 2009 qui n'avait pour seul but que de torpiller la COP-15 qui allait se tenir à Copenhague, on peut tranquillement dormir sur ses deux oreilles, Rittaud comme d'habitude en fait des tonnes pour aguicher son public de décérébrés, ce qui marche pour la grande majorité de celui-ci comme on peut le voir avec ces quelques exemples :
Le 29 octobre 2021 à 1 h 49 min, Cédric Moro a dit :
Souhaitons courage, détermination et succès à M. Richet et espérons que cet événement hors-norme en Sciences serve prochainement de leçon aux revues scientifiques qui décideraient elles-aussi à s’aventurer dans ce type de censures déliquescentes.
Le 29 octobre 2021 à 13 h 38 min, Philippe Catier a dit :
Bravo. On croise les doigts pour que cette affaire puisse faire assez de bruit de manière à sortir de l’Omerta et eclairer les manipulations qui frappe la science.C’est pas gagné ! L’asphyxie des contradicteurs , leur decredibilisation est toujours à l’ordre du jour.
Il est en effet bienvenu de nous intéresser qu’aux principes de la science et de la liberté d’expression en général sans s’enfoncer dans les arguties climatiques
Le 29 octobre 2021 à 23 h 34 min,aztoros a dit :
Avec le CO2 quasi saturé dès 0.01 %, faut-il encore parler d’effet de serre après cette valeur ?
Il s’agit bien de science et pas seulement de politique : la science se doit d’accepter la controverse et que les réponses à chaque argument soit apportées en toute transparence.
Le 29 octobre 2021 à 19 h 42 min, JR a dit :
Bonjour, cette situation est extrêmement inquiétante. S’agit-il d’un nouveau Climategate en perspective ? Pascal Richet, n’hésitez pas à faire appel à nous pour vous soutenir, diffuser, informer ou le cas échéant, porter plainte au cas ou vous n’obtiendriez la réhabilitation de votre publication. Cette démonstration nous ramène aux heures les plus sombres de notre histoire (ou l’on brulait les livres). Le mélange des genres, science/politique, n’augure pas un lendemain heureux pour la science, la recherche et les scientifiques eux mêmes. Sauf à revenir au temps ou le clergé décidait de tout et même que la terre devait rester plate. Le nouveau clergé ne se nommerait-il pas le Giec, Monsieur Jean Jouzel verrait ce retour en arrière d’un bon œil ! La censure, outils indémodable, serait t-elle l’arme des falsificateurs à cours d’arguments ? Pascal Richet tenez bon, courage à vous, vous avez tout notre soutien. Merci. Bien à vous. JR
Le 29 octobre 2021 à 20 h 24 min, Murps a dit :
« S’agit-il d’un nouveau Climategate en perspective ? » demandez-vous ?
Compte tenu de l’effet du Climategate original, on peut se demander ce que ça va changer…
Les frasques de Mann, Hansen et Jones autour des bidouillages de températures n’ont jamais, au grand jamais, été évoqués dans les média francophones.
Un véritable déni d’information.
Je vous l'avais bien dit, on nous cache tout, on nous dit rien, seul Murps est suffisamment clairvoyant pour apercevoir la petite lueur de vérité qui scintille au bout du tunnel. Le seul problème c'est que Murps ne voit pas que dans son dos le tunnel est éclairé (vous vous rappelez, l'histoire du fou qui cherche ses clefs sous un réverbère parce que c'est là qu'on y voit le mieux, alors que le climatosceptique les cherche dans l'obscurité alors qu'elles sont bien visibles sous le réverbère)


jeudi 2 septembre 2021

Bréon et BASF, même combat ?

 Il fut un temps où je correspondais par emails avec François-Marie Bréon (FMB), lequel avait eu la gentillesse de publier sur mon blog un (un seul...) article que j'avais intitulé Des précisions stratosphériques sur le livre de François Gervais ; cette période est révolue, ce que j'ai accepté sans problème étant donné que FMB a certainement d'autres priorités que de passer du temps avec moi à m'expliquer des trucs sur le climat ; je me suis rendu compte qu'il fallait mettre un terme à nos échanges quand ses réponses se sont faites très « laconiques » (mais toujours très courtoises), cela dit je le remercie quand même pour tout ce qu'il a pu m'apprendre, j'aurais bien aimé qu'il collabore à mon blog en écrivant des petits articles qui auraient bénéficié du sceau du spécialiste que je ne suis pas, mais cela lui aurait probablement été préjudiciable, ce dont je suis parfaitement conscient.

Bien que je considère que FMB est quelqu'un d'infiniment compétent et donc légitime pour parler du climat, j'ai déjà eu l'occasion ici de faire part de mon scepticisme sur sa capacité à comprendre réellement les enjeux d'un domaine qui sort nettement de son domaine d'expertise ; c'était dans François-Marie Bréon s'égare..., où j'écrivais notamment :

Il est quand même étonnant que François-Marie Bréon, qui est parfaitement au courant du dilemme climatique, n'arrive pas à voir que pour les néonicotinoïdes c'est exactement la même chose à une échelle plus petite.
Je ne vais pas tout réexpliquer, si vous êtes intéressés le mieux est de lire mon billet de l'époque, je préciserai simplement que je montrais ceci :

Source twitter

La « source twitter » est la suivante (attention restez assis) :
Quand les apiculteurs confirment l'innocuité des #neonicotinoides et défendent la filière betteraves. Enfin du bon sens.
Vous avez bien lu, « les apiculteurs confirment l'innocuité des néonicotinoïdes », rien que ça ! Et c'est FMB lui-même qui reprenait cette « référence » dans son propre tweet :
C’est con, si il l’avait dit plus tôt, il aurait pu être cité comme « sous l’influence des Lobby » dans un bouquin écrit par des journalistes d’un grand quotidien national (du soir)
Et c'est marrant parce qu'aujourd'hui je tombe sur un fil Twitter très récent d'un certain Factory qui reprend ce que disait FMB :
Replying to
On retrouve derrière ce réseau … (roulement de tambours) … BASF ! Et l'AFIS ne peut pas l'ignorer car lorsque son président avait naïvement relayé , de nombreuses personnes avaient signalé que BASF est pleinement impliqué dans .
Réautoriser les néonicotinoïdes, une sage décision, approuvée par François-Marie Bréon.

Et Factsory termine avec ceci :

Pour résumer : BASF (#pesticides) va parler des abeilles pendant la via sa responsable biodiversité et via un réseau que BASF a créé. L'organisation dissimule ce lien avec BASF grâce à la complicité de l', présidée par un toxicologue de BASF.


Début 2019 j'avais écrit ceci à FMB (extrait) :

[...] Au sujet de l'AFIS je suis assez réservé je dois t'avouer, car ils ont publié il y a un moment déjà un article de Benoit Rittaud sans prendre aucun recul, comme s'il s'agissait d'une vérité absolue ; avant je faisais entièrement confiance à l'AFIS, maintenant je me méfie suite à cet épisode, mais globalement c'est quand même une association qui se trouve dans le haut de l'échelle de confiance [...]

A l'époque j'avais donc encore une « certaine » confiance en l'AFIS...mais c'était début 2019 et le billet évoqué ci-dessus date de septembre 2020, j'ai donc légèrement évolué entre temps !

Je ne vais pas vous citer ce que FMB m'a répondu (les messages privés doivent rester confidentiels sauf bien sûr ceux dont on est l'auteur et que l'on peut décider de rendre public) mais je peux paraphraser en vous donnant l'idée générale : FMB reconnaissait qu'il y avait bien eu des articles climatosceptiques publiés par l'AFIS mais qu'à son arrivée il y avait mis bon ordre, notamment en ajoutant un « avertissement » (il n'a pas employé ce mot) comme par exemple dans cette interview de Rittaud (extraits) :

Précisions

Pour l’Afis, le consensus scientifique établit clairement qu’un réchauffement climatique est observé et pointe la responsabilité des activités humaines. [...] Les propos rapportés ci-dessous, publiés en 2010, ne reflètent pas la position de l’Afis et n’engagent que leur auteur. [...]
Soit, mais comment alors expliquer la recension de L’imposture climatique ou la fausse écologie, de Claude Allègre où l'on peut lire ceci sans aucun « avertissement » :
Claude Allègre est l’un des rares hommes politiques à porter sur la place publique avec courage, comme son ami Luc Ferry, le combat idéologique contre les courants, à tendance volontiers totalitaire, usant de l’alarmisme, véhiculant les peurs et conduisant au déclin. Il a une crédibilité scientifique internationale acquise dans les géosciences. Il a accès à l’édition et aux médias. Il témoigne d’un sens de la pédagogie indéniable.
Ou encore CO2, un mythe planétaire, de Christian Gérondeau : 
Christian Gérondeau interpelle les responsables politiques non sur la préparation, raisonnable, de l’après pétrole, mais sur la focalisation des politiques énergétiques et de transport sur des objectifs illusoires de réduction de la concentration du CO2 dans l’atmosphère terrestre : « tous les efforts consentis dans ce but sont inutiles  ». 

Apparemment il reste quelques trous dans la raquette que FMB n'a pas encore rafistolés.

Bréon a encore un peu de travail avec l'AFIS, on lui souhaite bien du courage.

Je me permettais, en réponse à Bréon, de lui écrire ceci :

Ah d'accord, je n'avais pas vu cet encadré, il doit avoir été ajouté depuis la dernière fois que j'ai lu cette interview de Rittaud, cependant je pense qu'il aurait été bénéfique de ne pas se contenter de cet encadré mais d'ajouter carrément un « contrepoint » sur toutes les affirmations douteuses afin de les réfuter clairement, car on peut encore trouver des sites qui se réfèrent à cet article de l'AFIS et un lecteur peu informé qui irait voir la source n'apporterait à mon avis pas trop d'attention à un simple « avertissement » qui demeure très vague. Evidemment il ne s'agit pas de censurer (i.e. supprimer) l'article en question, ce serait pire que le mal qu'il a pu causer, mais de dire sans détour en quoi Rittaud est lui-aussi un charlatan qui outrepasse ses compétences pour parler d'un sujet qu'il ne maitrise manifestement pas ; par exemple affirmer dès la première phrase que « Nombreux en effet sont les climatologues qui contestent les affirmations du GIEC » est à mon avis inacceptable et ne devrait pas être laissé sans réponse.

Par ailleurs ce passage me fait sourire : « En science, ce qui fait la valeur d’une opinion n’est pas les titres et diplômes de celui qui la donne : seul le contenu compte.  » quand je vois que ce qu'on me reproche à moi simple comptable de formation c'est justement de ne pas avoir de formation scientifique, cela pour écarter d'un revers de la main tout ce que j'écris alors que je me contente de citer ce que dit la science ; apparemment seul le contenu de ce que dit Rittaud compte, quand c'est Huet ou Foucart qui s'expriment là ça ne compte plus, ils sont journalistes sans formation scientifique à la base donc ils ne sont pas légitimes alors que Rittaud est mathématicien et peut donc donner son avis. C'est ça la logique climatosceptique.

Le dernier paragraphe est à l'attention d'un vieil « ami » qui a déjà eu l'immense privilège de figurer à plusieurs reprises dans mes bêtisiers passés ; voici ce qu'il écrivait à mon sujet il n'y a pas longtemps de cela :

@Laurent, je viens de voir son blog et notamment sa rubrique « à propos ».
En effet, il vient de vous épingler dans un article comme il tape régulièrement sur tous les climato-réalistes, via l’insulte ; insulte qu’il justifie par le fait qu’il ne nous respecterait pas parce que nous serions des menteurs. On peut dire que c’est une vision du débat très peu évoluée.
D’un autre côté, lui même dit qu’il est de profession comptable et qu’il n’y connait rien au climat, encore moins aux risques. Donc, aucun intérêt : sa bio parle pour lui.
Il se déchaîne juste sur nous, ça lui donne bonne consicence, celle d’être le petit chevalier blanc mais sans la noblesse des propos ni même l’honneur de montrer son nom et son blason.

Et que disait justement Rittaud ? Ah oui, je me souviens :

En science, ce qui fait la valeur d’une opinion n’est pas les titres et diplômes de celui qui la donne : seul le contenu compte. 

Ben voilà que je suis d'accord avec Rittaud maintenant, elle est pas belle la vie ?