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lundi 2 novembre 2015

Subventions directes : énergies fossiles contre renouvelables

Selon le magazine Challenges, magazine hebdomadaire bien connu d'obédience marxiste-stalinienne, ascendant Corée du Nord, dans son numéro 451 du 29 octobre :
  • Les subventions directes aux énergies fossiles dépassaient les 500 milliards de dollars dans le monde en 2014, soit 4 fois les subventions aux énergies renouvelables.
Pourtant, l'Institut de recherches économiques et fiscales, membre du non moins célèbre (c'est à dire tout aussi inconnu) Collectif des climato-réalistes, nous assure sérieusement dans le résumé introductif d'un article d'avril 2014 (mes commentaires en italique) :
  • Contrairement aux mythes relayés par de nombreux responsables politiques et par une partie des médias, les énergies fossiles ne bénéficient pas de plus d’avantages que les énergies renouvelables. Bien au contraire. On va voir ce qu'on va voir!
  •  Il n’y a pas de subvention directe à l’industrie des énergies fossiles mais des déductions fiscales qui s’élèvent à (environ) 2.6 Mds d’euros (2011). C'est ignorer qu'en comptabilité internationale (normes IFRS) les déductions fiscales, comme le Crédit d'Impôt Recherche (CIR) sont considérées comme des subventions à déduire des dépenses correspondantes et non de l'impôt sur les sociétés ; notre "expert" est donc franchouillard.
  • En même temps, la fiscalité sur les énergies fossiles rapporte, en net, près de 34 Mds d’euros, 13 fois plus que les déductions d’impôts dont bénéficie l’industrie des énergies fossiles. On ne voit pas le rapport : le fait que la fiscalité rapporte à l'Etat en net n'empêche pas que les énergies fossiles ont bien bénéficié de subventions; sans celles-ci elles auraient rapporté encore plus à l'Etat!
  • Le prix de vente de l’énergie renouvelable est largement inférieur à son coût de production. Le coût de production de l’électricité photovoltaïque par exemple est au moins 5 fois plus élevé que celui de l’électricité nucléaire. Il s’agit d’une subvention déguisée. Et évidemment notre "expert" prend en compte tous les coûts cachés du nucléaire, notamment en cas de "problème", sans compter ce qu'il faudra engager pour le démantèlement...Par ailleurs si le coût des énergies renouvelables est supérieur pour le moment, il tendra forcément à diminuer avec le temps, les surcoûts actuels sont donc à considérer comme des investissements sur le futur plutôt  que comme des dépenses de fonctionnement (exemple avec le bois granulé, extrapolable à d'autres énergies renouvelables)
  • La dépense totale (subventions directes et allègements fiscaux) en faveur des énergies renouvelables s’élève à plus de 5 milliards par an.
  • Etude réalisée en collaboration avec P&J Conseil, cabinet d’analyse économique appliquée. (si c'est de ce PJ Conseil là dont il s'agit, son chiffre d'affaires pour 2014 s'est élevé à 18500 euros et son personnel s'élevait à...une seule personne...)
Dans la conclusion de l'article de l'IREF on peut notamment lire :
  • [...] il apparaît qu’une fois précisée la différence entre subventions et allègements fiscaux, les énergies fossiles ne bénéficient d’aucune dépense publique. Les montants considérés, a priori, comme subventions ne sont en réalité que des déductions fiscales et ne doivent donc pas être considérés comme des dépenses publiques en faveur des énergies fossiles. [...]
On croit rêver, mais non, on est bien éveillé : pour cet Institut (que le monde entier doit nous envier) une déduction fiscale, qui se traduit donc par un moindre impôt à payer, et donc par des recettes moindres pour l'Etat, n'est pas une subvention, n'est pas un cadeau fait à l'entreprise!

Bien sûr c'est le genre de raisonnement qui va circuler dans la presse néo-libérale et se retrouver par ricochet ou intrusion directe sur des sites comme Contrepoints ou Skyfall (dans des articles ou le long des commentaires)

Ou, pour le dire simplement, comment prendre les gens pour des cons.

Et ça marche avec certains.

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Pour aller plus loin, voir :
  • rapport de l'OCDE
  • étude du FMI
  • note du PNUE datant de 2008, dans laquelle on peut lire:
    • Dans le monde, près de 300 milliards de dollars ou 0.7 pour cent du PIB mondial sont alloués aux subventions énergétiques annuellement.
      La plus grande part du budget sert à abaisser ou réduire artificiellement le prix réel des combustibles comme le pétrole, le charbon et le gaz, ou l'électricité issue des combustibles fossiles
 

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