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jeudi 19 novembre 2015

Télérama fait feu de tout bois à l'approche de la COP21

A l'approche de la COP21 on assiste à un véritable festival de "papiers" sur le climat, et ce n'est pas pour me déplaire.

Evidemment il y a les papiers qu'on peut jeter directement à la poubelle, parce qu'ils sont dans le déni et n'apportent rien au débat, et puis il y a tous ceux qu'on peut trouver par exemple dans le dernier Télérama (n°3436) que je vous conseille d'acheter même si vous n'avez pas la télé (on n'achète pas Télérama pour la télé, c'est bien connu)

Evidemment dans les "papiers" en question je compte les programmes de télévision qui parleront de climat la semaine prochaine, mais il n'y a pas que cela.

En effet le premier article est consacré, sur 4 pages, à une interview conjointe avec Thom Yorke et George Monbiot.

Je dois avouer humblement que je ne connaissais que Monbiot, n'étant pas un aficionado du groupe de rock anglais Radiohead, mais je vais peut-être m'y mettre maintenant que le chanteur du quintette m'est apparu plus que sympathique!

Il s'avère que Monbiot et Yorke se connaissent depuis maintenant une quinzaine d'années et qu'ils se sont rencontrés grâce à leur intérêt et leur point de vue communs sur des choses comme l'écologie ou l'économie, ou le climat...

Monbiot a pris conscience de l'importance du changement climatique suite à un discours en 1988 de James Hansen, de la Nasa, alors que depuis un an il réalisait déjà des enquêtes environnementales pour la BBC. Il explique que [...] Soudain, c'est devenu un sujet légitime dans les médias. Ça n'a pas été sans déclencher une campagne de déni financée par Exxon, Big Coal ou Koch Brothers. On remarquera que 1988 est l'année de création du GIEC, et c'est effectivement à partir de là que le climatoscepticisme s'est véritablement déchainé, car de colossaux intérêts financiers se voyaient tout d'un coup menacés (auparavant pas grand monde prêtait vraiment de l'attention au réchauffement climatique, sauf bien sûr dans la communauté scientifique)


Plus loin dans l'interview Monbiot ajoute qu'il est impossible de convertir quelqu'un en ne s'appuyant que sur des données chiffrées ou factuelles. Il faut éveiller son imagination grâce à la musique, [...] On doit également insinuer de manière quasi subliminale l'idée que la société a évolué et que si les gens ne suivent pas le mouvement ils passeront pour des ringards.

J'ouvre ici une parenthèse pour faire référence au documentaire diffusé mardi dernier sur France4 dans lequel, à 50 minutes, le commentateur dit "On a oublié qu'il était possible de faire autrement" et "mais pourquoi nos neurones sont si fainéants quand on essaye de changer?" en introduction aux explications d'Etienne Koechlin sur la difficulté qu'ont certains cerveaux (Monbiot dirait certains ringards...) à s'adapter au changement. Apparemment des gens comme Benoit Rittaud ont un système cognitif hyper développé, ce qui les empêche de seulement imaginer que les choses puissent changer...


Cela parait contre-intuitif, mais le système cognitif a des ressources limitées et fonctionne à l'économie (pour ne pas se fatiguer j'imagine) ce qui entraine des habitudes et par voie de conséquence des résistances:


Pour casser ces résistances il faut souvent qu'un individu soit confronté à un désastre et à ses conséquences afin que via son expérience émotionnelle il prenne des décisions adéquates:
Heureusement bien sûr qu'il y a des gens qui peuvent anticiper les désastres et ne pas attendre qu'ils se produisent, mais de toute évidence c'est au dessus des forces des climatosceptiques.

"Mais peut-être que changer, ça s'apprend", comme le dit le même commentateur (à 57 minutes) en introduction aux explications de François Taddéï sur l'éducation:

Mais ne nous faisons pas d'illusion, ceux qui auraient le plus besoin d'apprendre ne se donneront même pas la peine d'essayer de comprendre:
2.  Claude C | 17/11/2015 @ 8:07 Répondre à ce commentaire
C’est à gerber…peux pas regarder jusqu’au bout….! :x
 

Je ferme la parenthèse et reviens sur l'article/interview de Télérama.

 Thom Yorke est désabusé par [C]ette société [qui] est dirigée par des prophètes égarés qui, pour maintenir le statu quo économique, sont prêts à sacrifier le peuple sur l'autel de la croissance.

Quant à George Monbiot [i]l faut déjà se préparer à l'échec annoncé de la COP21.

Pessimisme ou réalisme? on devrait inventer le mot pessiréalisme...

Plus loin il déclare que [d]ans l'histoire, le changement vient rarement du centre de décision politique.[...] les nations anglo-saxonnes se distinguent par leur très haut degré de déni. Selon [Monbiot], la cause est à chercher dans la tradition néolibérale dominante.[...] Nous sommes de bonnes personnes contraintes de faire de mauvais choix à cause de nos modes de vie. Ce n'est donc pas la nature humaine qui doit changer, mais notre cadre institutionnel.

Je suis évidemment d'accord à 150% avec lui, et encore plus après avoir lu Tout peut changer de Naomi Klein!

En plus de cet article on trouve dans ce même numéro de Télérama de nombreuses références au climat, à titre d'échauffement (!) avant la COP21:

  • pages 24 à 30 un article sur Strasbourg qui "n'a pas attendu les conférences sur le climat pour se mettre au vert"!
  • pages 32 à 36 un article sur l'ONG Urgenda qui a fait "condamner l'état néerlandais pour non-respect de ses engagements climatiques"
  • pages 38 à 40 un article sur les parlementaires européens qui "subissent une pression énorme de la part des lobbies".
  • pages 53 à 55 un article sur le philosophe Bruno Latour; extraits (mes commentaires en italique):
    • les politiques n'agissent en dernier ressort que lorsqu'ils sont acculés (ça promet...)
    • Naomi Klein dramatise la situation par une scénographie classique de gauche, qui fait du capitalisme un monstre global (et si elle avait raison?)
    • on aurait dû agir dans les années 1980 et [...] on découvre trop tard les effets sur le système (enfin, le "on" ne s'applique évidemment pas à tout le monde...)
    • Il va falloir [...] dire [à nos enfants] : les alarmes ont sonné, on a vu, on a su, on a foncé. (à condition que ce soient les climatosceptiques qui gagnent, auquel cas on aura bonne mine auprès de notre descendance)
  • pages 78 à 80 des suggestions de lecture dont voici quelques exemples:
    • Face à Gaïa de Bruno Latour
    • Décroissance (collectif)
    • Climat: la guerre de l'ombre de Yannick Jadot et Léo Quievreux
    • Révolutions invisibles de Floran Augagneur et Dominique Rousset
    • Dictionnaire de la pensée écologique sous la direction de Dominique Bourg et d'Alain Papaux
    • Le mythe climatique de Benoit Rittaud (non je rigole, Télérama est un journal sérieux)
  • pages 89 à 91 un article sur "Le bête humain"; extraits (mes commentaires en italique):
    • "Nous ne sommes hélas tout simplement pas équipés pour réagir au réchauffement climatique. Nous ne réagissons qu'à ce que nous ressentons sur l'instant, or nos sens ne nous permettent nullement de déceler le dioxyde de carbone dans l'atmosphère!" selon le philosophe Dominique Bourg. (voir plus haut ce que dit Etienne Koechlin sur le système cognitif...)
    • Le problème, assure l'écologue Erle Ellis, "c'est que nous ne sommes pas du tout disposés à renoncer à notre mode de vie" [...] parce que nous adorons "voyager et réaliser toutes ces choses que permettent les énergies fossiles[...]" (eh oui, voyager, consommer, etc. peut être considéré comme une drogue avec ses addictions, et certains ont besoin de leur piquouse quotidienne...)
Et pour les programmes eux-mêmes qui sont consacrés au climat de près ou de loin:
  • page 100 sur Arte samedi 21: A +- 5 mètres de la surface des océans
  • page 118 sur Planète+ lundi 23: L'ère de l'homme
  • page 124 sur France 2 mardi 24: Les sentinelles du climat
  • page 125 sur Arte mardi 24; Climat, pour quelques degrés de moins, suivi de Nos chers paradis
  • page 148 sur France 3 vendredi 27: Thalassa-Le climat, les hommes et la mer
  • page 149 sur Arte vendredi 27: Réchauffement climatique: les trois chiffres clés, un documentaire qui devrait intéresser Benoit Rittaud puisqu'il est question de mathématiques!

Je ne suis pas sûr d'avoir tout recensé sur le climat dans ce Télérama, mais je pense que l'essentiel est là, à vous de jouer si vous vous sentez concernés.










 

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