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jeudi 24 novembre 2016

Les projections de James Hansen actualisées

Il y a un an de cela j'avais fait état d'un billet de blog de Nick Stokes (aka moyhu) relatif aux projections que James Hansen avait effectuées en 1988.

Hier Nick Stokes a publié une actualisation de ces projections.

Le graphique suivant est assez parlant :


On y voit en surimpression des trois scénarios les relevés des anomalies de températures basées sur les moyennes de 1951-1980 (pour GISS) et 1981-2010 (pour UAH et RSS puisque ces données ne sont disponibles que depuis 1979)

On rappelle que les trois scénarios sont les suivants, selon les termes de Nick Stokes :
  • A : « highest emissions, has 410 ppm in 2015 »
  • B : « has 406 »
  • C : « has 369.5 »
Comme nous sommes assez près du scénario B on peut remarquer l'étrange adéquation entre la projection pour ce scénario et les températures réellement observées...

Pourtant dans la presse climatosceptique on n'arrête pas de nous dire que « les modèles climatiques se trompent », alors qui faut-il croire ?

Jacques Duran nous fournit un papier de Roy Spencer dans lequel on peut lire dans la conclusion :
  •  Mais étant donné toutes les incertitudes restantes, je ne crois pas que nous puissions décider avec un degré suffisant de confiance si une des projections d‟un réchauffement futur par l'un des modèles actuels, peut être crédible. Tout scientifique qui prétend le contraire a, soit une motivation politique, soit une autre motivation non-scientifique, à moins qu‟il ne soit, tout simplement, médiocre.
Vraiment ? James Hansen, un scientifique médiocre ? Ou motivé par « quelque chose » de politique ou de non-scientifique?

On a l'impression que Roy Spencer tente de se décrire lui-même, et par ricochet de décrire Jacques Duran qui le cite comme référence digne d'intérêt.

Et PapyJacko (alias Jacques Corbin), un habitué du site de pseudo(ou alter)-science Skyfall, qui entonnait déjà en 2013 sur Contrepoints l'hymne climato-irréaliste en l'honneur d'Anthony Watts en montrant un graphique prétendant mettre à bas les modèles numériques :


On croit rêver en regardant la courbe des températures supposées « réelles »...

Quasiment plate de 1978 jusqu'en 2010, évidemment avec des sources nébuleuses (balloon datasets et satellite datasets) qui viennent d'on ne sait où.

Ces données aplaties ne sont même pas conformes avec ce que l'on peut voir sur Wood for trees :


Chez Anthony Watts et PapyJacko c'est plat (à peine 0,1° de hausse et encore) alors que les données consultables concernant les satellites donnent +0,5° (à vue de nez) sur la période 1979-2016.

Et en regardant les données issues de Nick Stokes on voit bien la même hausse d'environ 0,5° sur la même période.

Mais PapyJacko est une source fiable, n'a-t-il pas déclaré dans ce même billet (qui date rappelons-le de 2013) :
  • La banquise Arctique a donc, selon l’agence spatiale japonaise, atteint son minimum il y a quelques jours. 5 millions de km2, soit 1,5 millions de km2 au-dessus de la valeur minimale de l’an dernier.
  • Cette brutale remontée a déjà été exposée et commentée sur Contrepoints, et je ne souhaite pas rouvrir ce débat, où il me semble que tous les arguments ont déjà été échangés. Je souhaiterais par contre signaler un point qui n’a pas été soulevé : la qualité de la prévision, à court terme, de ce minimum, par les équipes mondiales de spécialistes de la question.
Si l'on regarde le billet qu'il cite et qui est censé expliquer la « brutale remontée de la banquise arctique en 2013 » on peut lire, sous la plume d'un certain Stéphane Montabert :
  • Selon certains experts, nous entrons actuellement dans une période de refroidissement climatique.
  • Au vu du manque de coopération de l’arctique, il faudra peut-être revoir ces certitudes à la baisse et introduire un peu d’humilité dans les prévisions de température à l’horizon 2100.
  • Voyons le bon côté des choses : en ressortant tous les reportages apocalyptiques servis avec certitude au grand public depuis des années, il y a de quoi se monter une jolie soirée bêtisier.
Effectivement, le seul point où je donne raison à Stéphane Montabert c'est qu'« en ressortant tous les reportages climatosceptiques  servis avec certitude au grand public depuis des années, il y a de quoi se monter une jolie soirée bêtisier. » !

Je rappellerai simplement mon billet récent sur la diminution des deux banquises, arctique et antarctique, afin de relativiser la « brutale remontée » mentionnée par le devin PapyJacko ; quant à la « période de refroidissement climatique » promise par Stéphane Montabert on va attendre un peu, peut-être que dans quatre mille ans après une guerre nucléaire totale entre les nations restant sur Terre nous verrons un infléchissement de la courbe des températures, mais il ne sera pas nécessaire de se pourvoir en anoraks et poêles à charbon, les radiations auront grillé tout le monde avant que le problème se fasse sentir.


 

4 commentaires:

  1. Un peu hors-sujet (quoique) mais je tenais à souligner la manière dont les climatosceptiques essayent d'enfumer le monde.

    Un article de David Rose qui n'en n'est as à son premier essai:

    https://wattsupwiththat.com/2016/11/28/steepest-drop-in-global-temperature-on-record/

    Des données fiables:

    http://www.woodfortrees.org/plot/uah5/from:1996/plot/uah5/from:1996/trend

    Epoustouflant non ?

    Robert

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    1. Oui, j'ai déjà vu ça chez https://andthentheresphysics.wordpress.com/2016/11/27/it-woz-el-nino-wot-dunnit/

      Rien de bien nouveau sous le soleil.

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  2. http://www.columbia.edu/~jeh1/mailings/2016/20161202_SelfEvidentComm.pdf?utm_content=buffer965cf&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

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    1. Merci BenHague pour ce lien très intéressant, mais quel est le rapport avec les projections de James Hansen ?

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