vendredi 9 juillet 2021

Cliff Mass versus Gavin Schmidt, Robert Vautard et tous les autres

 Il n'y a pas longtemps j'avais encore, dans mon bandeau de droite, le blog de Cliff Mass inclus dans ma blogroll sous le titre « Climat : à consulter à ses risques et périls... », en bonne compagnie avec WUWT, MM&M ou Skyfall ; dans Grand ménage de printemps j'avais informé mes estimés lecteurs que je me débarrassais de ces sites encombrants et finalement inutiles, souhaitant passer à autre chose, mais j'avertissais cependant :

Evidemment il se peut, et c'est même très probable, que de temps en temps je retombe « par mégarde » sur un de ces sites avariés, nul ne sait d'avance où un surf sur Internet peut mener et parfois l'aiguillage est déficient, mais si quelque chose attire ma curiosité je n'en ferai pas toute une salade, au pire ça atterrira dans mon Bêtisier, au mieux ça me fera rebondir pour en tirer un article sérieux dans le genre fact-checking que j'aime tant, on verra bien le moment venu.

Et le moment me semble venu.

Tout le monde a entendu parler des records de températures enregistrés récemment dans l'ouest américain et canadien, et qui ne connait pas aujourd'hui le nom de la ville de Lytton, rayée de la carte suite à un incendie ayant suivi de près le record de la température la plus haute non seulement du Canada mais aussi de la partie de la planète située au nord du 50ème parallèle ; Météo-France nous informait ainsi le 28 juin dernier :

Depuis le début des relevés, il n’avait jamais fait aussi chaud au Canada. Le record national du Canada, tous mois confondus, a été largement battu ce dimanche 27 juin 2021, où une incroyable température de 46,6 °C a été mesurée à Lytton en Colombie-Britannique. Le précédent record national de 45,0 °C avait été établi le 5 juillet 1937, sur deux stations à Yellow Grass et Midale, dans la province de la Saskatchewan.

 Puis le 30 juin, deux jours plus tard :

Cette vague de chaleur produit des valeurs absolument inédites. Les records de juin mais aussi tous mois confondus sont largement battus. On retiendra bien sûr les valeurs les plus chaudes relevées par les services météo canadiens à Lytton où le thermomètre a atteint 46,6 °C dimanche, puis 47,9 °C lundi et 49,6 °C mardi, écrasant trois jours de suite le record national du Canada (45 °C en 1937), et faisant de cette température la plus élevée jamais relevée au-dessus du 50° Nord.

Il y a de quoi s'interroger devant une telle avalanche de records de températures :

Records de températures canadiens (source meteofrance)

Records de températures états-uniens (source meteofrance)

La multiplicité de ces enregistrements montrant des valeurs cohérentes écarte toute possibilité que ces records soient dus à des erreurs de mesures ; on peut pinailler sur la précision au dixième près, ce que ne manqueront pas de faire certains, pourtant même en imaginant une précision d'un demi degré, ce qui est énorme, il est parfaitement évident qu'il a fait extrêmement chaud et que jamais de telles températures n'avaient été observées, même avant que les thermomètres n'existent ou qu'ils soient d'une fiabilité telle qu'on daigne prendre en compte les résultats qu'ils fournissent.

Il n'a pas fallu attendre une semaine avant qu'une étude d'attribution, dans laquelle deux scientifiques français ont contribué (Rémy Bonnet et Robert Vautard de l'Institut Pierre-Simon Laplace), ne soit publiée sous le titre Rapid attribution analysis of the extraordinary heatwave on the Pacific Coast of the US and Canada June 2021. ; on peut notamment y lire dans les brèves découvertes (main findings) :

Based on observations and modeling, the occurrence of a heatwave with maximum daily temperatures (TXx) as observed in the area 45–52 ºN, 119–123 ºW, was virtually impossible without human-caused climate change.
D'après les observations et la modélisation, l'occurrence d'une vague de chaleur avec des températures maximales quotidiennes (TXx) telles qu'observées dans la zone 45-52 ºN, 119-123 ºW, était pratiquement impossible sans le changement climatique anthropique.

Ces deux graphiques en particulier sont impressionnants :

Figure 4. a) Last 90 days of the average temperature over the study area based on ERA5 (up to 30 May 2021), ECMWF analyses (up to 29 June 2021) and forecasts (up to 7 July 2021), with positive and negative departures from the 1991–2020 climatological mean of daily maximum temperature shaded red and blue, respectively. 


Figure 4. b) Annual maximum of the index series with a 10-yr running mean (green line).

Traduction des légendes : Figure 4. a) Température moyenne sur les 90 derniers jours dans la zone d'étude, basée sur l'ERA5 (jusqu'au 30 mai 2021), les analyses du CEPMMT (jusqu'au 29 juin 2021) et les prévisions (jusqu'au 7 juillet 2021), avec les écarts positifs et négatifs par rapport à la moyenne climatologique 1991-2020 de la température maximale quotidienne en rouge et bleu, respectivement. b) Maximum annuel de la série d'indices avec une moyenne mobile sur 10 ans (ligne verte).

On serait presque tentés de dire « sans commentaire », cependant Gavin Schmidt a relayé cette étude dans Rapid attribution of PNW heatwave ; en sus des explications qu'il donne concernant l'étude en question, voici un petit passage intéressant :

Maybe it was just really, really, really unlikely?

Some people still reject these lines of argument, typical of this is Cliff Mass in this recent blog post. For them, the trends in max temperatures are (literally) ignored, and the fact that this phenomenon is being seen around the world is just a series of increasing unlikely combinations of factors that for some inexplicable reason keep happening. But this is really just a case of synoptic myopia – paying too much close attention to the series of specific events that lead to the specific situation, and not seeing the wood for the (burning) trees.
Peut-être que c'était juste vraiment, vraiment, vraiment improbable ?

Certaines personnes rejettent encore ces arguments, comme Cliff Mass dans ce récent billet de blog. Pour eux, les tendances des températures maximales sont (littéralement) ignorées, et le fait que ce phénomène soit observé dans le monde entier n'est qu'une série de combinaisons de facteurs de plus en plus improbables qui, pour une raison inexplicable, continuent de se produire. Mais il ne s'agit là que d'un cas de myopie synoptique, c'est-à-dire le fait de prêter trop d'attention à la série d'événements spécifiques qui ont conduit à une situation particulière, sans voir la forêt cachée derrière les arbres (en train de brûler).

Voilà donc notre ami Cliff Mass mis sur le devant de la scène, ou le nez dans son caca si l'on préfère, c'est au choix. Celui-ci s'est en effet fendu d'un long billet de blog (voir Was Global Warming The Cause of the Great Northwest Heatwave? Science Says No.) dans lequel il prétend pas moins que ceci :

it is shown that global warming only contributed a small about (1-2F) of the 30-40F heatwave and that proposed global warming amplification mechanisms (e.g., droughts, enhanced ridging/high pressure) cannot explain the severe heat event.
il est démontré que le réchauffement planétaire n'a contribué que pour une faible part (1 à 2 F) à la vague de chaleur de 30 à 40 F et que les mécanismes d'amplification du réchauffement planétaire proposés (par exemple, les sécheresses, le renforcement des dorsales et des hautes pressions) ne peuvent pas expliquer cet épisode de chaleur intense.

Bref oubliez tout ce qu'on vous a dit sur le « dôme de chaleur » et la responsabilité du réchauffement climatique dans l'intensité de la longue canicule que les Américains et Canadiens ont connue ces derniers jours.

Cliff Mass est un habitué de la chose, donc pas de panique et pas d'étonnement devant une telle assurance confinant au négationnisme ; on en connait d'autres capables de nier pareillement, mais parfois on peut être amené à se demander ce qui peut motiver de telles attitudes. Et je ne suis pas le seul à me poser ce genre de question.

En fait, pour commencer, et c'est ce qui est vraiment bizarre, pour dire le moins, Cliff Mass n'appartient apparemment pas à la secte des climatosceptiques, il semble même embrasser la science « officielle » en ne niant pas les principes basiques du réchauffement climatique actuel : excès de CO₂ et autres gaz à effet de serre produits par l'activité humaine ; ainsi en 2017 un article était intitulé Cliff Mass: Climate change is real, but... et l'on pouvait y lire ceci :

Is Cliff Mass, something of a Seattle celebrity weather guru, a climate change denier?
No ... Mass, a University of Washington atmospheric sciences professor, believes that human-caused climate change is real and is influencing the world we live in today.
Cliff Mass est-il une sorte de gourou de la météo de Seattle, un négationniste du changement climatique ?
Non ... Mass, professeur de sciences atmosphériques à l'Université de Washington, pense que le changement climatique causé par l'homme est réel et qu'il influence le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.
Et on lui laisse lâcher ceci :
"I'm no skeptic or denier, let me make that clear," Mass told SeattlePI. "What I see is a mass of misinformation going on right now about the implications of climate change on weather extremes."
"Je ne suis ni sceptique ni négationniste, que ce soit clair", a déclaré Mass à SeattlePI. "Ce que je vois, c'est une masse de désinformation en cours actuellement sur les implications du changement climatique sur les extrêmes météorologiques."
Oui car pour Mass le changement climatique, c'est pour bien plus tard !
"Global warming will become much more significant later in the century," Mass said. By the end of the century, the Earth could see several degrees of warming, rising sea levels, significantly reduced snowpack and more.
"Le réchauffement climatique deviendra beaucoup plus important plus tard dans le siècle", a déclaré M. Mass. D'ici la fin du siècle, la Terre pourrait connaître un réchauffement de plusieurs degrés, une élévation du niveau des mers, une réduction significative du manteau neigeux, etc.
Ainsi, ce qui pour l'immense majorité des scientifiques est quelque chose qui nous affecte dès à présent, pour Mass ce n'est qu'à la fin de ce siècle (quand ? le 15 mars 2081 ou le 35 mai 2099 ?) que nous connaitrions vraiment des dérèglements climatiques de toutes sortes, dont la « réduction significative du manteau neigeux » ; si vous pensiez que cela était justement en train de se produire actuellement vous aviez tout faux, le manteau neigeux se porte toujours très bien et les glaciers ne se retractent pas sous l'effet d'une température qui somme toute n'augmente pas tant que ça, hein ! 

Et encore Mass utilise le conditionnel, il dit « could » et non pas « will », ce n'est donc même pas certain, si ça se trouve c'est vers un nouvel âge de glace que nous cheminons sans nous en rendre compte ; il ne le dit pas clairement mais on a quand même l'impression de l'entendre un peu, comme une voix intérieure. Mais pour ne pas insulter l'avenir et ne pas risquer de passer pour un crétin aux yeux des générations futures il conclut ainsi :
"So global warming's very serious," Mass said. "But it's coming up in the future, not right now, for us."
"Donc le réchauffement climatique est très sérieux", a dit Mass. "Mais il se présente dans le futur, pas maintenant, pour nous".
Traduction libre de ma part : comme on n'est pas concernés ne faisons rien et laissons la patate chaude (sic) à nos enfants, ils seront suffisamment intelligents pour trouver des solutions aux problèmes que nous leur aurons légués. Elle est pas belle la vie ?

Mais le 6 mai 2016 on nous avait avertis concernant le loulou ; dans Why Cliff Mass Is a Very Dangerous Weatherperson on est mis au parfum :
Yesterday, I made the prediction that Cliff Mass, the local and popular weather blogger, would claim that there is no connection between the exceptional wildfires in northern Alberta and climate change. Others have; he would not. Sure enough, I was correct. He now has a post on Cliff Mass Weather Blog that, in his usual manner, admits the event is very unusual for the season, and then provides a scientific explanation for its unusualness, and concludes that, at this day and time, there is no hard evidence that it is caused by anthropogenic global warming.
Hier, j'ai fait la prédiction que Cliff Mass, le blogueur météo local et populaire, affirmerait qu'il n'y a aucun lien entre les feux de forêt exceptionnels dans le nord de l'Alberta et le changement climatique. D'autres ont déclaré qu'il ne le ferait pas. Et bien sûr, j'avais raison. Il a publié un article sur son blog météo qui, comme à son habitude, admet que l'événement est très inhabituel pour la saison, puis fournit une explication scientifique de ce caractère inhabituel et conclut qu'à l'heure actuelle, il n'existe aucune preuve tangible que le réchauffement climatique anthropique en soit la cause.
Comme on ne change pas une équipe qui gagne, on ne change pas non plus une posture qui vous permet de vous distinguer de l'ensemble des autres personnes appartenant à votre domaine d'expertise ; quand tout le monde, ou presque, pense que le changement climatique est pour quelque chose dans l'intensification des feux de forets amplifiés par des conditions météorologiques elles-mêmes exacerbées par le changement climatique, une bonne approche, si l'on veut acquérir une certaine notoriété, c'est de se démarquer du gros de la troupe et de persister dans ses prises de position malgré toutes les preuves qui pourraient s'accumuler contre vos théories.

Mais finalement la réponse à notre question initiale se trouve peut-être dans ce vieil article de septembre 2013, Uncivil scientists thwart Cliff Mass’ climate-change debate ; on peut y lire :
Mass is an atmospheric sciences professor at the University of Washington. He has been troubled for years by the way the subject of global warming can turn typically even-headed scientists into politicized, tribal warriors.
Mass est professeur de sciences atmosphériques à l'université de Washington. Depuis des années, il est troublé par la façon dont le sujet du réchauffement climatique peut transformer des scientifiques habituellement équilibrés en guerriers tribaux politisés.


Bon sang, mais c’est bien sûr !

Les climatologues sont tous des idéologues dont les raisonnements sont biaisés par des attitudes politicardes, cela tombe sous le sens. C'est même George Soros (à moins que ce ne soit Bill Gates) qui me l'a dit. En rêve.

mercredi 7 juillet 2021

Christian Gérondeau se fait dézinguer par Valérie Masson-Delmotte

 Ce dimanche 4 juillet l'émission d'« information » (prière de ne pas vous esclaffer) Les points sur les i sur CNews, présentée par un apprenti journaliste, un certain Thomas Lequertier, assisté notamment de l'immense essayiste Ivan Rioufol, donnait la parole à Christian Gérondeau dont le seul but était de toute évidence de faire la promo de son nouveau torch..., pardon bouquin, dont je ne donnerai pas le titre ici pour des raisons purement éthiques.

Nous recevons ce soir Christian Gérondeau, il dénonce la religion écologiste...

Vous comprenez maintenant pourquoi je parle d'un « apprenti journaliste » ? Si vous ajoutez à cette entame le fait qu'aucun contradicteur ne fera face à Gérondeau et que Rioufol se comportera en laudateur de l'ex-monsieur circulation des années 1970, vous aurez un tableau parfait de ce qu'est l'information à la mode CNews.

Je ne vais pas ici réfuter toutes les inepties régurgitées par Gérondeau, d'abord parce que selon la loi de Brandolini il me faudrait dépenser trop de temps et d'énergie et que le monsieur n'en vaut vraiment pas la peine, mais surtout parce que quelqu'un d'infiniment plus qualifié que moi s'y est attelé dans un fil Twitter ; en effet, Valérie Masson-Delmotte nous livre, dans Signalement effectué au @csaudiovisuel concernant une émission de télévision propageant un ensemble spectaculaire de fausses informations concernent l'état des connaissances scientifiques sur le climat, le niveau des mers, la démarche scientifique du GIEC. https://t.co/i30h28u2L1 https://t.co/8aVl9MPFV8", une démonstration de la tentative de manipulation présentée sur la chaine bolloréenne comme une vérité incontournable.

Plusieurs thèmes ont été abordés par Gérondeau, ils sont mentionnés brièvement au début par Masson-Delmotte (VMD) :

[...] ensemble spectaculaire de fausses informations concernent l'état des connaissances scientifiques sur le climat, le niveau des mers, la démarche scientifique du GIEC
Mais la scientifique se concentre sur un seul point :
Exemple spectaculaire, la figure présentée dans cette émission pour illustrer la confrontation entre l'évolution de la température observée, et les simulations réalisées il y a 20 ans. Regardez bien le point "2020" ajouté à la figure du rapport du GIEC de 2001.
Graphique montré par Gérondeau.

Il faut quand même noter ici que Gérondeau utilise ce graphique pour démontrer, d'après lui, la grande incertitude qui existerait dans la communauté scientifique au sujet de l'évolution des températures jusqu'en 2100, sans préciser qu'il s'agit de différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre, mais là n'est pas le plus important.

VMD nous rappelle ceci :
Une figure similaire avait été produite par le même essayiste en 2015 (sans le coloriage bleu).
Graphique montré par Gérondeau en 2015.


VMD poursuit :
Reprenons la figure initiale de 2001, qui présentait la réponse de modèles de climat de l'époque, à différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre (la plage de réponse, pour chaque scénario, est à droite). Source, https://ipcc.ch/report/ar3/wg1/summary-for-policymakers/
Graphiques issus du rapport AR3 de 2001.


VMD donne ensuite la variation de la température globale telle que constatée depuis :
Quelle a été l'évolution de la température observée à la surface de la Terre depuis 20 ans? (ici, par rapport à 1850-1900) Source, https://public.wmo.int/en/our-mandate
Evolution des températures par rapport à la période préindustrielle (le zéro sur le graphique)


Vient ensuite une comparaison entre les données HadCRUT5 et les projections effectuées en 2001 :
Prenons les données HadCRUT5 (disponibles ici, https://metoffice.gov.uk/hadobs/hadcrut5/…) et comparons-les aux projections de 2001. Je montre une comparaison en prenant comme la moyenne de 21 ans centrée en 1990 (à gauche) ou seulement 1990 (à droite)
Evolution des températures par rapport à 1990.


Vient maintenant l'instant de vérité, la comparaison avec le graphique montré par Gérondeau :
Observez bien les différences avec ce qui a été projeté pendant cette émission de télévision...
A gauche le graphique de Gérondeau, à droite le bon.

La conclusion de VMD ?
Le réchauffement tel qu'il est observé, et ses multiples caractéristiques, avait été correctement anticipé depuis plus de 20 ans, et même davantage. Voir aussi : https://carbonbrief.org/analysis-how-well-have-climate-models-projected-global-warming… ou https://realclimate.org/index.php/climate-model-projections-compared-to-observations/
Mais comme VMD est bien plus sérieuse que Gérondeau, et surtout immensément plus compétente sur le sujet du climat, elle propose également de se renseigner sur les autres thèmes évoqués dans l'émission :
Pour en savoir plus sur le caractère inédit du réchauffement actuel par rapport aux connaissances en paléoclimatologie, ce fil reste d'actualité :
Depuis des décennies, les paléoclimatologues extraient des archives naturelles (sédiments de lacs, marins, coraux, anneaux d'arbres, carottes de glaces etc), développent méthodes de datation et d'analyse biologique et physico-chimique pour en extraire l'information climat (1/...)
Et sur la montée du niveau des mers et ses enjeux :
Les connaissances les plus récentes (http://ipcc.ch/report/srocc) montrent une accélération du rythme de montée du niveau des mers actuel, à 3,6 mm / an sur la période 2006-2015, du fait d'une augmentation de la perte de masse du Groenland (x2) et de l'Antarctique (x3 / 1997-2006).
Enfin, je précise que la démarche scientifique est au coeur de l'élaboration des rapports du GIEC, qui sont le fruit du travail de centaines de scientifiques, qui passent en revue les éléments des connaissances scientifiques, et de milliers de relecteurs.

Alors après tout cela on peut s'interroger en se posant la question habituelle à double entrée :
  1. est-ce que Gérondeau est un crétin qui ne sait pas s'informer correctement malgré sa formation de polytechnicien ?
  2. ou bien est-ce que Gérondeau sait parfaitement qu'il raconte des âneries et ne poursuit en fait qu'un seul but ?
Si vous choisissez la deuxième réponse, qui a légèrement ma préférence, il convient donc de déterminer quel est ce « but » que Gérondeau poursuivrait en s'exhibant sur une chaine qui n'a pas vraiment la réputation de vouloir honnêtement informer son public.

Est-ce la volonté d'« exister » encore à plus de 80 ans, Gérondeau préférant se bercer d'illusions plutôt que de moisir dans un EHPAD de province où il finirait paisiblement ses jours en écoutant du Luis Mariano en bonne compagnie ?

Parmi les 208 résidents, certains réclament Luis Mariano, d'autres Charles Trenet ou Johnny Hallyday.

Ou bien sont-ce de vulgaires considérations marchandes visant à faire la promotion de ses bouquins, lesquels doivent bien lui assurer un revenu permettant d'ajouter un peu de beurre dans ses épinards ?

Probablement un peu des deux si vous voulez mon avis, cependant l'hypothèse de la connerie n'est pas non plus à écarter complètement.

Ne jamais attribuer à la malveillance ce que la bêtise suffit à expliquer.


vendredi 2 juillet 2021

L'(an)alpha(bète) et l'oméga

 Je ne pensais pas revenir si tôt chez eux, mais la situation exceptionnelle que vivent les Canadiens et Américains de l'ouest m'a donné envie d'aller voir si le niveau de bêtise avait (un peu) évolué ; j'ai été vite rassuré, nous avons toujours affaire à la même fine équipe de bras cassés qui a fait le bonheur de mes sottisiers et fadaisiers, et j'ai la confirmation que si je décide un jour de reprendre hebdomadairement les balivernes dont le site est coutumier je n'aurais qu'à me pencher pour ramasser.

Oui, je parle de ce site qu'il ne faut pas confondre avec un James Bond, le 007 pouvant éventuellement figurer le QI moyen des habitués des lieux ; ainsi sans avoir eu à chercher très longtemps je suis tombé sur cette véritable pépite :

Fil info de sceptiques 2020 - Changement Climatique (skyfall.fr)

2586. Hug | 29/06/2021 @ 1:06

Vague de chaleur historique sur l’ouest de l’amérique du nord:

Cette situation de blocage en oméga est classique mais l’ampleur du phénomène actuel s’inscrit pleinement dans la tendance liée au changement climatique.

MF chercherait pas à nous embrouiller un peu (même beaucoup) ?
Ils ne le disent pas, mais ils sont bien conscients que ces situations de blocage en omega que l’on retrouve systématiquement lors des grosses vagues de chaleurs de ces dernières années (que ce soit aux USA, en Europe ou en Sibérie), n’ont rien à voir avec la hausse du taux de CO2 atmosphérique. Alors on nous dit que ça s’inscrit dans la « tendance liée au changement climatique ». Jolie façon de noyer le poisson pour rattacher des situations meteo sans rapport avec la hausse du CO2 – et dont la récurrence particulièrement notable ces dernières années constitue un changement climatique naturel – avec le prétendu réchauffement climatique anthropique.

Ainsi notre guignol du jour, j'ai nommé monsieur Hug, nous fait ici un magnifique sophisme de l'homme de paille (straw man in English) en insinuant que Météo France lierait la situation de blocage en oméga à la hausse du taux de CO2 atmosphérique ; évidemment il n'en est rien, à aucun moment Météo France, ni aucun autre organisme météo, ni aucun scientifique, qu'il soit météorologue ou climatologue, n'a jamais affirmé qu'une situation de blocage en oméga pouvait être causée par une augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, il s'agit là d'un fantasme incrusté dans un cerveau qui aurait bien besoin d'être examiné par un spécialiste.

J'ai déjà à deux reprises évoqué ces situations de blocage en oméga :

A aucun moment je ne mentionne le CO₂ dans ces deux billets, et pour cause, car une situation de blocage en oméga est un phénomène purement météorologique bien connu des spécialistes depuis pas mal de temps.

Ainsi le Met Office explique dans Blocking patterns :
Omega blocks are named due to pattern they form which resembles the uppercase Greek letter omega, Ω. An area of high pressure will be sandwiched in between two lows to the east and west, and also slightly to the south. These blocks frequently occur on the eastern edges of the Atlantic and eastern Pacific, and can lead to easterly flows to the UK.
Les blocages oméga sont nommés en raison du motif qu'ils forment et qui ressemble à la lettre grecque majuscule oméga, Ω. Une zone de haute pression sera prise en sandwich entre deux dépressions à l'est et à l'ouest, et aussi légèrement au sud. Ces blocages se produisent fréquemment sur les bords orientaux de l'Atlantique et du Pacifique oriental, et peuvent entraîner des flux d'est vers le Royaume-Uni.


On notera deux choses :
  1. aucune mention du CO₂ atmosphérique ;
  2. cette situation se trouve souvent...dans le Pacifique oriental !
Aux Etats-Unis la NOAA nous donne des précisions dans NWS JetStream - Basic Wave Patterns :
Omega blocks get their name because the upper air pattern looks like the Greek letter omega (Ω). Omega blocks are a combination of two cutoff lows with one blocking high sandwiched between them.

Because of their size, Omega blocks are often quite persistent and can lead to flooding and drought conditions depending upon one's location under the pattern. Cooler temperatures and precipitation accompany the lows while warm and clear conditions prevail under the high.

Les blocages oméga tirent leur nom du fait que la configuration de l'air en altitude ressemble à la lettre grecque oméga (Ω). Les blocages Omega sont une combinaison de deux dépressions de coupure avec un anticyclone de blocage pris en sandwich entre les deux. En raison de leur taille, les blocs oméga sont souvent assez persistants et peuvent entraîner des inondations ou des sécheresses selon l'endroit où l'on se trouve dans la configuration. Des températures plus fraîches et des précipitations accompagnent les dépressions tandis que des conditions chaudes et claires prévalent sous l'anticyclone.

Dans l'exemple ci-dessus le blocage en oméga est situé au centre du pays, mais nous avons vu qu'en juin 2021 il était davantage positionné à l'ouest ; peu importe, l'essentiel est de comprendre les conséquences d'un tel système : de l'air (très) chaud est emprisonné entre deux dépressions, et il peut faire du sur-place pendant assez longtemps pour auto-entretenir la chaudière constituée par l'anticyclone (lettre H sur l'image)

Assez ironiquement il n'y a pas longtemps, en avril dernier, une situation similaire prévalait, mais elle ressemblait plutôt à l'exemple montré par la NOAA ; le 5 avril dernier nous apprenions avec Omega block set to deadlock the weather across Canada que

The omega block will create quite the weather backlog in the West and focus all the coldest air across Alberta, British Columbia, Yukon, and The Northwest Territories. It's conceivable that temperatures may plunge close to 20°C below seasonal across the Yukon by this upcoming weekend.
Le blocage oméga va créer un sérieux problème de météo dans l'Ouest et concentrer tout l'air le plus froid sur l'Alberta, la Colombie-Britannique, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. Il est concevable que les températures puissent plonger de près de 20°C en dessous des normales saisonnières sur le Yukon d'ici le week-end prochain.

Eh oui, c'était il y a seulement trois mois ! La région ayant actuellement battu de nombreux records de chaleur se voyait alors gratifiée de températures inférieures de 20°C par rapport à la normale de saison. Et voici plus précisément la position des hautes et basses pressions :

This omega blocking pattern will flourish over Eastern Canada and feature a final upper trough in the textbook omega configuration. (Cette configuration de blocage oméga s'épanouira sur l'est du Canada et présentera un dernier creux en altitude dans la configuration oméga classique.)

Mais comme je le disais plus haut ces situations de blocage en oméga sont connues depuis longtemps ; ainsi en avril 2016 nous pouvions lire dans Omega Block Weather Pattern Impacted Weather From Coast to Coast :

The term omega block is not new — it's often first taught in basic meteorology courses.
Le terme " blocage oméga " n'est pas nouveau - il est souvent enseigné pour la première fois dans les cours de météorologie de base.
Etonnant non ? Ainsi il s'agit d'une connaissance de base, et plus étonnant encore, aucune mention du CO₂ pour expliquer le phénomène, monsieur Hug sera déçu s'il vient à être mis au courant. En fait ce qu'il n'a manifestement pas compris c'est que le réchauffement climatique exacerbe toute situation météorologique : plus il fait chaud, de manière globale, et plus les phénomènes météorologiques ont tendance a être amplifiés, ce qui explique assez facilement que nous battions régulièrement des records de chaleur alors que les records de froid se font de plus en plus rares.

Et qu'est-ce qui provoque ce réchauffement climatique, responsable de l'amplification des phénomènes météo intenses tels que nous les voyons aujourd'hui à l'oeuvre ?

Ne posez surtout pas la question à monsieur Hug, cela risquerait de le faire disjoncter, tant la dissonance cognitive est elle-même amplifiée par les activités humaines.

Probablement nous pourrions aussi parler de blocage oméga en matière de psychologie, la lettre grecque ayant la forme d'une tête qui serait sur le point d'exploser.


mercredi 30 juin 2021

Jean Jouzel nous l'avait bien dit il y a quatre ans déjà

 Le 15 août 2017 Jean Jouzel était interviewé sur France Inter par Pierre Weill. La vidéo est disponible en suivant ce lien : Jean Jouzel : "En France, nous pourrions aller, en cas de canicule, à des températures supérieures à 50 degrés" (franceinter.fr)

A un moment Pierre Weill demande à Jean Jouzel :

Décrivez-nous ce monde qui serait un désastre.

Voici la réponse du scientifique :

Oui un désastre, même en France. Prenons la France, une récente étude, avec des collègues de Météo France, ils ont regardé les températures journalières en cas de canicule dans la deuxième partie du vingt-et-unième siècle, dans le cas où rien ne serait fait pour lutter contre le réchauffement climatique. Disons qu'on ne va pas en France au-delà de températures maximales de quarante cinq degrés même ponctuellement. Eh bien cette étude montre qu'à la fin du siècle, dans cette hypothèse, nous pourrions aller vers des températures, alors certaines journées de canicule, bien sûr très ponctuellement, supérieures à cinquante degrés voire jusqu'à cinquante cinq degrés [...]

En juillet 2018 le site Lorraine Actu, dans Canicule : en 2050, il pourrait faire jusqu'à 55°C dans l'est de la France, s'alarme un climatologue, se mélangeait les pinceaux en annonçant :

La canicule pourrait toucher la France ces prochains jours. Le climatologue Jean Jouzel s'inquiète des températures des prochaines années. Il prévoit plus de 50 degrés d'ici 2050.
Et plus loin de le citer :
Les températures record en France ne dépassent pas actuellement 42 ou 43°C. Mais dans un contexte de réchauffement climatique, dans la deuxième partie de ce siècle, on pourrait craindre 50°C, voire 55°C sur l’est de la France.
Jouzel parlait donc bien, en 2017 et 2018, de « la deuxième partie de ce siècle », soit des années 2051-2100 ; il avait donc apparemment seulement ajusté les températures « actuelles », allant de 45°C (en 2017) à 42 ou 43°C (en 2018), mais pour la fin de ce siècle il maintenait la prévision de températures ponctuelles extrêmes de 50 à 55°C ; et il précisait en 2018 que ces hautes températures concerneraient l'est de la France et non tout le territoire.

Il n'en fallait pas plus pour que certains abrutis se réveillent comme je l'ai mentionné dans mon sottisier du 15 août 2020 :
https://www.skyfall.fr/2020/04/08/bistrot-a-corona/#comment-337418
1803. the fritz | 14/08/2020 @ 15:38
8sup (#1802),
En voilà une de plus ; vous parliez de modèles sur un autre fil; c’est vrai que vous en êtes un bon parmi les climato rechaucatastrophiste ; mais il il y en a plein ; on se demande quel est le bon qui travestit le moins la vérité future ; en tout cas il faudra encore grimper quelques échelons pour rattraper Jouzel qui nous prévoit 55°C en Alsace dans 10 ans 
L'émoti-con rigolard est là pour bien faire comprendre au lecteur qu'une température de 55°C en Alsace en 2100 c'est « réchaucatastrophiste » et que Jean Jouzel ne serait donc en fait qu'un demeuré ou un charlatan ; on remarquera que l'idiot qui se moque de Jouzel a compris que celui-ci annonçait ce genre de température extrême...« dans 10 ans », soit d'ici 2030 !

Or qu'avons-nous vu depuis ces déclarations de Jouzel ?

En juin 2019, il y a deux ans donc, la France battait son record toutes catégories à quelques jours d'intervalle dans la même région (voir Wikipédia) en dépassant à de multiples reprises les 45°C :
  • le 28 juin 2019 :
    • Héraut :
      • Vérargues : 46,0°C
      • Marsillargues : 45,1°C
    • Gard :
      • Gallargues-le-Montueux : 45,9°C
      • Villevieille : 45,4°C
      • Vestric-et-Candiac : 45,4°C
Le fait qu'une température supérieure à 45°C, le même jour, ait été enregistrée dans cinq villes différentes montre bien qu'il ne s'agit pas d'un problème de station météo qui aurait « déconné » ; le 28 juin 2019 il a fait vraiment très très chaud, et pas seulement dans ces deux départements où des records ont été établis.

Et nous voici en juin 2021. La situation est quelque peu différente, ici en France les températures sont plutôt basses pour la saison, mais il faut quand même se souvenir du mois de mars qui a été exceptionnellement chaud ; Météo France nous disait, dans Mars 2021 : très peu arrosé avec des températures très contrastées, que 
Le 31 a été la journée la plus chaude enregistrée en mars depuis 1900 avec une température maximale moyenne sur la France de 24,1 °C soit 9,5 °C de plus que la normale, battant le record de la veille (23,7 °C) et celui du 30 mars 2017 (23,2 °C).
On notera le « depuis 1900 » que les abrutis habituels traduiront par « ça veut dire qu'en 1899 il a fait plus chaud », sauf que non, cela signifie seulement qu'avant 1900 les données n'étaient peut-être pas suffisamment fiables pour être prises en considération ; en témoigne cet article de Météo France, Réchauffement climatique : évolution du climat mondial et en France, dans lequel on nous montre ce graphique :

Anomalie de la température moyenne annuelle de l'air, en surface, par rapport à la normale de référence : température moyenne en France (l'indicateur est constitué de la moyenne des températures de 30 stations météorologiques. Le zéro correspond à la moyenne de l'indicateur sur la période 1961-1990, soit 11,8 °C).

Il est fort peu probable, à la vue de la courbe et des barres présentées, qu'en 1899 et avant les températures aient été plus élevées que de nos jours...d'ailleurs on nous présente également le même graphique, pour la Terre entière, allant jusqu'en 1850 :

Anomalie de la température moyenne annuelle de l'air, en surface, par rapport à la normale de référence : température moyenne du globe (données du Climatic Research Unit, University of East Anglia. Le zéro correspond à la moyenne de l'indicateur sur la période 1961-1990, soit 14,0 °C).


Sans commentaire.

Mais revenons en 2021 et plus précisément en juin de cette année, avec quelques témoignages glanés sur Twitter :
Scott Duncan on Twitter:
I didn't think it was possible, not in my lifetime anyway. +49.6°C in Canada That is 121°F! This is the story of the Canadian heat record that was crushed on 3 consecutive days by an unfathomable margin of +4.6°C (+8°F).

This moment will be talked about for centuries.
Je ne pensais pas que c'était possible, pas de mon vivant en tout cas. +49,6°C au Canada C'est-à-dire 121°F ! C'est l'histoire du record canadien de chaleur qui a été battu pendant 3 jours consécutifs avec une marge insondable de +4,6°C (+8°F). On parlera de ce moment pendant des siècles.


#Canada just had a temperature of nearly 50°C (Lytton, 49.6°C) "Without human-induced climate change, it would have been almost impossible ...as the chances of natural occurrence is once every tens of thousands of years," says
@metoffice scientist Details https://bit.ly/3w7MUUk
#Le Canada vient de connaître une température de près de 50°C (Lytton, 49,6°C). "Sans le changement climatique induit par l'homme, cela aurait été presque impossible... car les chances d'occurrence naturelle sont d'une fois toutes les dizaines de milliers d'années", déclare un scientifique du @metoffice. Détails https://bit.ly/3w7MUUk


wxcharts - a MetDesk Company on Twitter:
Canada has now broken their all-time temperature record for a THIRD day running, with a staggering 49.6C (121.3F). In just three days, the highest temp ever recorded on earth north of 50N latitude has been shattered by just over 5 degrees. This is a #climateemergency.

Le Canada a battu son record de température pour la TROISIÈME journée consécutive, avec une température stupéfiante de 49,6°C (121,3°F). En trois jours seulement, la température la plus élevée jamais enregistrée sur terre au nord de la latitude 50N a été battue d'un peu plus de 5 degrés. C'est une #climateemergency.

Ah, au fait, la ville de Lytton, au Canada, est située juste au-dessus du 50ème parallèle, soit à peu de choses près la même latitude...que Lille dans le nord de la France !

Autre chose bonne à savoir, la Colombie-Britannique n'est pas particulièrement connue pour son climat tropical ; sur Wikipédia on apprend que

Les températures les plus élevées enregistrées tournent autour de 43,3 °C.

Avec les 49,6°C enregistrés à Lytton Wikipédia va devoir mettre à jour ses informations...

Maintenant si l'on fait un point rapide et que l'on constate que

  • en juin 2019 il a fait plus de 45°C en plusieurs endroits en France ;
  • en juin 2021 il a fait près de 50°C dans une ville située à la même latitude que Lille.

Est-ce si déraisonnable de penser qu'avant 2100 il pourrait y avoir de manière ponctuelle des températures dépassant en France les 50°C et pouvant même aller jusqu'à 55°C ?

Tout en sachant que nous n'en sommes aujourd'hui qu'à un peu plus de un degré supplémentaire par rapport à la période préindustrielle et que nous sommes bien capables de prendre deux ou trois degrés de plus dans les 80 ans qui viennent vu notre détermination à réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Seuls les abrutis ne parviennent pas à se l'imaginer, c'est trop dur pour eux, probablement à cause de quelques déficiences neuronales dues à une éducation complétée par une expérience professionnelle qui n'aident pas à saisir les enjeux qu'une petite Suédoise de 15 ans avait réussi à percevoir malgré son autisme.

Climactualités - juin 2021


ENSO

Le 30/06/2021 : climate.gov/enso

The central tropical Pacific Ocean is in a neutral climate state and is likely to remain that way through the summer. A return to the cool, dry conditions of La Niña is slightly more likely than neutral in late fall and early winter. The chance of El Niño (warm, rainy conditions) is less than 10%.

Le centre de l'océan Pacifique tropical est dans un état climatique neutre et devrait le rester tout au long de l'été. Un retour aux conditions fraîches et sèches de La Niña est légèrement plus probable que la neutralité à la fin de l'automne et au début de l'hiver. La probabilité d'un El Niño (conditions chaudes et pluvieuses) est inférieure à 10 %.
Index ENSO de 2012 à 2021 (source weather.plus)

Index ENSO de 1950 à 2021 (source weather.plus)

*****


GISS L-OTI anomalies de températures vs 1881-1910

Le 30/06/2021 : data.giss.nasa.gov

Anomalies de températures pour le mois de mai 2021 par rapport à la période de référence 1881-1910.

Rappel des années précédentes (à partir de 2016, année la plus chaude) avec leur classement :

  • année 2020 : 1.24 => 2
  • année 2019 : 1.21 => 3
  • année 2018 : 1.08 => 5 
  • année 2017 : 1.17 => 4 
  • année 2016 : 1.26 => 1

*****

Polar Science Center

Le 30/06/2021 : psc.apl.uw.edu

Anomalie du volume de la glace de mer arctique

Le volume de la glace de mer est calculé à l'aide du système pan-arctique de modélisation et d'assimilation de l'océan glacé (PIOMAS, Zhang et Rothrock, 2003) développé à l'APL/PSC. Les anomalies pour chaque jour sont calculées par rapport à la moyenne sur la période 1979 -2016 pour ce jour de l'année afin de supprimer le cycle annuel. Le cycle annuel moyen du modèle du volume de la glace de mer sur cette période va de 28 000 km3 en avril à 11 500 km3 en septembre. La ligne bleue représente la tendance calculée à partir du 1er janvier 1979 jusqu'à la date la plus récente indiquée sur la figure 1. Les zones ombrées représentent un et deux écarts types des résidus de l'anomalie par rapport à la tendance de la figure 1 et des écarts types par rapport à la moyenne journalière 1979-2017 de la figure 2.

Fig.1 Anomalie du volume de la glace de mer arctique de PIOMAS mise à jour une fois par mois. Les anomalies quotidiennes de volume de la glace de mer pour chaque jour sont calculées par rapport à la moyenne de 1979 à 2020 pour ce jour de l'année. Les points de repère sur l'axe des temps se rapportent au premier jour de l'année. La tendance pour la période de 1979 à aujourd'hui est indiquée en bleu. Les zones ombrées indiquent un et deux écarts-types par rapport à la tendance. Les barres d'erreur indiquent l'incertitude de l'anomalie mensuelle tracée une fois par an.


Fig. 2 Volume total de la glace de mer arctique d'après PIOMAS montrant le volume du cycle annuel moyen, ainsi que de 2011 à 2020. Les zones ombrées indiquent un et deux écarts types par rapport à la moyenne.


Mise à jour annuelle

L'année 2020 s'est terminée avec un volume moyen annuel de glace de mer qui était le troisième plus faible jamais enregistré avec 13 500 km³, avec des chiffres de volume très similaires pour les années récentes de faible volume annuel (2011, 2012, 2016, 2019). 2017 détient toujours le record de volume annuel avec 12.800 km³

Mise à jour mensuelle de mai 2021

Le volume moyen de la glace de mer arctique en mai 2021 était de 21 500 km3. Cette valeur est la 7e plus faible jamais enregistrée pour le mois de mai, soit environ 1 700 km^3 de plus que le record établi en 2017. Le volume de glace mensuel était 38% inférieur au maximum de 1979 et 25% inférieur à la valeur moyenne pour 1979-2020. Le volume de glace moyen de mai 2021 était de 1 sigma au-dessus de la ligne de tendance de 1979-2020. La croissance de la glace en mai était normale pour ces dernières années (Fig 4), avec un ralentissement de la croissance dans la seconde moitié de juin.

Fig 4 Comparaison des anomalies quotidiennes du volume de glace de mer par rapport à 1979-2019.

La carte des anomalies de l'épaisseur de la glace pour mai 2021 par rapport à 2011-2020 (Fig 6) montre des anomalies divisées en deux moitiés, l'une positive et l'autre négative.

Fig 6. Anomalie de l'épaisseur de la glace PIOMAS pour avril 2021 par rapport à 2011-2020.


Les anomalies négatives s'étendent du nord du Groenland à l'est de la mer de Beaufort. De fortes anomalies positives existent le long de la côte sibérienne, mais de fortes anomalies négatives existent à proximité, ce qui indique une source dynamique de variabilité. Les données du satellite CS2 du mois précédent (le CS2 ne fonctionne pas entre avril et octobre) (Fig 7.) montrent un modèle d'anomalie similaire.

Fig 7. Anomalie d'épaisseur de la glace de mer multi-capteurs CryoSat-2/SMOS (AWI) pour avril 2021 par rapport à 2011-2020 (version 2.3 préliminaire)


Les séries temporelles d'avril (Fig 8) pour les deux ensembles de données ne présentent aucune tendance apparente sur les 11 dernières années. La comparaison avec la série chronologique de 43 ans 1979-2021 souligne l'importance de la variabilité naturelle dans les séries chronologiques relativement courtes telles que celles actuellement disponibles dans le CS2.

Fig 8. Séries chronologiques de l'analyse multi-capteurs CryoSat-2/SMOS (AWI/ESA) et de l'anomalie du volume de la glace de mer PIOMAS pour le mois d'avril.


Fig 11. Volume moyen annuel de la glace de mer selon PIOMAS

A noter que le site n'a pas actualisé certains graphiques qui datent toujours d'avril.


*****

Arctic Data archive system (ADS)

Le 30/06/2021 : ads.nipr.ac.jp/vishop/#/extent)

Evolution de la banquise arctique.

Evolution de la banquise antarctique.

Evolution globale des deux banquises arctique et antarctique.

Historique des Climactualités (l'Arctique est mentionné en premier ; en bleu les valeurs minimales, en jaune les maximales ; la valeur entre parenthèses est la variation par rapport à l'année précédente)


Moyenne des années 1980 à la même date : 11,33 + 14,57 = 25,89

Juin 2021 : 9,09 + 14,81 = 23,90 (+0,33) 
Mai 2021 : 11,29 + 11,66 = 22,95 (+0,54)
Avril 2021 : 12,82 + 8,48 = 21,3 (+0,78)
Mars 2021 : 13,62 + 5,53 = 19,15 (+0,65)
Février 2021 : 13,73 + 3,02 = 16,75 (-0,35)
Janvier 2021 : 13,43 + 3,50 = 16,92 (-0,13)
Décembre 2020 : 12,07 + 7,07 = 19,14 (+0,23)
Novembre 2020 : 9,71 + 14,19 = 23,90 (+0,77)
Octobre 2020 : 6,02 + 17,94 = 23,95 (-0,33)
Septembre 2020 : 4,08 + 18,81 = 22,88 (+0,22)
Août 2020 : 4,06 + 18,43 = 22,48 (+0,26)
Juillet 2020 : 5,78 + 16,51 = 22,29 (-0,17)
Juin 2020 : 9,18 + 14,39 = 23,57 (+0,80)
Mai 2020 : 10,83 + 11,58 = 22,41 (+1,35)
Avril 2020 : 12,60 + 7,92 = 20,52 (+1,30)
Mars 2020 : 13,56 + 4,94 = 18,50 (+0,94)
Février 2020 : 14,30 + 2,81 = 17,10 (+0,64)
Janvier 2020 : 13,63 + 3,42 = 17,05 (+0,56)
Décembre 2019 : 12,26 + 6,65 = 18,91 (+0,99)
Novembre 2019 : 9,85 + 13,27 = 23,13 (-0,67)
Octobre 2019 : 7,06 + 17,21 = 24,28 (+0,01)
Septembre 2019 : 4,31 + 18,35 = 22,66 (-0,03)
Août 2019 : 4,34 + 17,89 = 22,23 (-0,27)
Juillet 2019 : 6,08 + 16,39 = 22,46 (-0,65)
Juin 2019 : 9,09 + 13,68 = 22,77 (-1,01)
Mai 2019 : 10,88 + 10,18 = 21,06 (-0,61)
Avril 2019 : 12,56 + 6,66 = 19,22 (+1,07)
Mars 2019 : 13,73 + 3,83 = 17,56 (+0,19)
Février 2019 : 14,02 + 2,44 = 16,46 (+0,47)
Janvier 2019 : 13,48 + 3,01 = 16,49 (+0,35)
Décembre 2018 : 11,85 + 6,07 = 17,92 (-0,97)
Novembre 2018 : 10,54 + 13,26 = 23,8 (+0,48)
Octobre 2018 : 7,18 + 17,09 = 24,27 (-0,82)
Septembre 2018 : 4,68 + 18,01 = 22,69
Août 2018 : 4,8 + 17,7 = 22,5
Juillet 2018 : 6.67 + 16.44 = 23.11
Juin 2018 : 9.19 + 14.59 = 23.78
Mai 2018 : 11.02 + 10.65 = 21.67
Avril 2018 : 12.82 + 6.33 = 18.15
Mars 2018 : 13.87 + 3.50 = 17.37
Février 2018 : 13.68 + 2.31 = 15.99
Janvier 2018 : 12.68 + 3.46 = 16.14
Décembre 2017 : 11.76 + 7.13 = 18.89
Novembre 2017 : 10.07 + 13.25 = 23.32
Octobre 2017 : 7.82 + 17.27 = 25.09
Septembre 2017 : pas de stats