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vendredi 9 novembre 2018

Du nouveau sur Resplandy ?

Mon précédent billet, Laure Resplandy, la petite française qui remet les pendules (de l'océan) à l'heure, a fait réagir mon lecteur fétiche BenHague qui croit tenir là son quart d'heure de gloire :

Anonyme8 novembre 2018 à 23:21

Apparemment Mrs Resplandy a reconnu son erreur (et meme remercié Nic Lewis) sur son blog de Princeton .

> Il est dommage qu' une revue de premier ordre comme Nature n' ait pas détecté l'erreur
> Il est dommage que les sites de référence n' aient pas détecté l'erreur , aient seulement repris en gros les conclusions et n'aient pas analysé en détail l'article comme ils le font lorsque des articles ne va pas dans leur sens.
> Il est dommage que ces memes sites de référence après avoir propagé l'article se taisent maintenant.

> En revanche votre réaction était prévisible : " Que Lewis pense avoir trouvé une grosse erreur, cela me fait dans l'immédiat sourire, tellement d'« erreurs » ayant été soi-disant trouvées et ayant fait pschitt par la suite"

Au moins dans ce cas précis, Nic Lewis a aidé la Science. Cela doit vous faire mal ...

Cette scientifique a commis une erreur dans son analyse . Ce n'est pas grave en soi (si vous saviez le niveau ras du sol en mathématiques de la plupart des chercheurs ...particulièrement en Science de la Terre ...) d'autant plus qu'elle réagit avec professionnalisme ...
Ce qui est grave , c'est que cette erreur grossière n'aient pas été détectée et la (sur) réaction des gens comme vous et des médias . Elle est symptomatique du climat pourri instauré par les militants/activistes du climat.

Je ne me fais aucune illusion sur votre réaction . Vous allez :
1) Minimiser l'affaire . Après tout 97% des scientifiques .... Certes mais tout votre "billet" reposait sur cette découverte ....
2) Embrayer sur les erreurs des climato_sceptiques ( Allegre , Courtillot, Lindzen ... etc etc ). Alors que cela n' a rien à voir avec le sujet ...
C'est triste . Vous etes pret à avaler n'importe quoi si cela confirme votre idéologie ....

BenHague

Cela n'étonnera pas grand monde si je dis que je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce commentaire.

Tout d'abord laissez-moi vous dire que si Nic Lewis a trouvé une erreur dans les calculs inclus dans l'étude Resplandy, bravo à lui, mais ce n'est qu'un petit bout de l'histoire que nous allons maintenant considérer dans sa globalité et non uniquement par le petit bout de la lorgnette de monsieur BenHague.

Tout d'abord ce n'est un secret pour personne, et certainement pas pour BenHague, que chaque fois qu'une étude parait allant dans le sens de ce que l'on va appeler le « consensus » (i.e. il y a un réchauffement climatique, celui-ci est causé par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et ce n'est pas une bonne chose pour nous et notre descendance) alors nous assistons à des réactions quasi pavloviennes de la part de la blogosphère climatosceptique afin de non pas critiquer mais simplement dénigrer l'étude en question ; dans le cas présent nous en avons un magnifique exemple avec l'inepte article de Bob Tisdale publié dans WUWT dans lequel on apprenait que Resplandy ne pouvait pas avoir raison parce qu'elle avait tort, ou quelque chose d'à peu près similaire ; on remarquera que Tisdale avait tout compris seulement deux jours après la publication de l'étude, mais qu'il était passé complètement à côté de l'explication de Nic Lewis qui, lui, a mis un peu plus de temps pour publier ses résultats.

On comprend alors un peu mieux mon propre commentaire :
[…] que Nic Lewis pensait avoir trouvé une grosse erreur m'a fait sourire, vous connaissez certainement le proverbe « chat échaudé craint l'eau froide », ce monsieur est du genre à nier certaines choses en temps normal, alors qu'il ait pensé trouver une erreur cela m'a fait sourire, mais je n'ai dit nulle part qu'il avait tort, relisez moi et arrêtez de me prêter des intentions qui sont plutôt habituelles dans votre camp.
Effectivement, je n'ai à aucun moment dit que Nic Lewis avait tort et Resplandy raison, je me laissais tout bonnement le temps de la réflexion, et plus exactement de la réflexion de gens plus doués que moi ou que BenHague, avant de porter un jugement définitif sur la question, jugement que je n'estime d'ailleurs pas totalement définitif à l'heure actuelle.

En effet, que Resplandy ait commis une erreur de maths dans son étude, soit, mais la véritable question à se poser est de savoir quel est l'impact de cette erreur sur les conclusions de son étude, ce que nous ne savons pas maintenant puisque Laure Resplandy a écrit exactement ceci sur le site de Princeton :
New study estimate ocean warming using atmospheric O2 and CO2 concentrations. We are aware the way we handled the errors underestimated the uncertainties. We are working on an update that addresses this issue. We thank Nicholas Lewis for bringing this to our attention. 
Une nouvelle étude estime le réchauffement de l'océan à l'aide des concentrations atmosphériques d'oxygène et de CO2. Nous sommes conscients que la façon dont nous avons géré les erreurs a sous-estimé les incertitudes. Nous travaillons sur une mise à jour qui résout ce problème. Nous remercions Nicholas Lewis d'avoir porté cela à notre attention.
Donc nous allons sagement attendre, y compris monsieur BenHague, de voir une mise à jour de l'étude avec les résultats définitifs afin de considérer l'ampleur réelle de l'erreur commise ayant eu comme effet de « sous-estimer les incertitudes ».

Pour ce dernier point je n'ai pas accès à la totalité de l'étude, qui est derrière un paywall, donc je me fie à ce que disent ceux qui l'ont lue (ou semblent l'avoir lue) en entier, chacun y allant de ses hypothèses.

Par exemple James Annan nous montre ce graphique :

Plugging the numbers in to a standard energy balance approximation we get the following estimates for the equilibrium sensitivity (En reliant les nombres à une approximation du bilan énergétique standard, nous obtenons les estimations suivantes pour la sensibilité à l'équilibre)

En regardant ce graphique on s'aperçoit que l'ECS de Resplandy est légèrement décalée vers la droite, mais pas vraiment de quoi fouetter un chat (en considérant bien sûr que ce graphique est correct, ce que je ne peux pas affirmer)

Si je ne me trompe pas la sensibilité climatique à l'équilibre (ECS) indiquée dans le dernier rapport du GIEC est comprise entre 1,5 et 4,5°C, avec une très faible probabilité qu'elle soit inférieure à 1°C ou supérieure à 6°C ; et si je ne me trompe toujours pas la limite basse (soit 1,5°C) devrait d'après Resplandy être remontée à une valeur de 2°C ; si je comprends toujours correctement, l'erreur commise sur l'incertitude reviendrait à remettre cette limite basse au niveau de 1,5°C, rien de plus, rien de moins.

Mais le plus important dans l'affaire, et qui a certainement échappé au d'habitude si sagace BenHague, c'est que Nic Lewis est l'auteur, avec...Judith Curry (tiens tiens…), d'une étude récemment publiée dans l'AMS et intitulée The Impact of Recent Forcing and Ocean Heat Uptake Data on Estimates of Climate Sensitivity dans laquelle les deux chercheurs « trouvent » une ECS médiane de 1,5K (soit 1,5°C), c'est-à-dire égale à la limite inférieure mentionnée dans le dernier rapport du GIEC !

On comprend alors un peu mieux pourquoi Nic Lewis a dû se précipiter sur l'étude Resplandy afin de « trouver » la faille puisque ladite étude remontait la limite inférieure à 2°C, quelque chose d'inacceptable pour lui !

Au final, s'il s'avère que la limite inférieure en revient au 1,5°C du dernier rapport du GIEC, il n'en restera pas moins que Nic Lewis sera toujours en-dehors des clous avec son 1,5°C d'ECS médiane.

Donc oui, pour donner en partie raison à BenHague :
Je ne me fais aucune illusion sur votre réaction . Vous allez :
1) Minimiser l'affaire . Après tout 97% des scientifiques .... Certes mais tout votre "billet" reposait sur cette découverte ....
Et non, « tout mon billet » ne reposait pas sur cette découverte, apparemment BenHague n'a pas lu (ou compris) la première partie dans laquelle il n'était nullement question de l'étude Resplandy, mais maintenant nous commençons à être habitués aux difficultés de lecture des climato « réalistes » venant s'exprimer (librement) sur mon blog.

Et je maintiens ce que j'ai écrit juste avant justement de parler de l'étude Resplandy :
[…] on peut penser que dans le prochain rapport à paraitre en 2022 les proportions auront encore changé, et pas dans un sens vraiment favorable aux thèses des « réalistes »...
Qui vivra verra dit-on, par conséquent si nous sommes encore vivants en 2022 nous verrons bien ce qu'il en est.

Je voudrais terminer avec ce passage du commentaire de BenHague :
dans ce cas précis, Nic Lewis a aidé la Science
Il me semble que si quelqu'un a fait avancer la science « dans ce cas précis » c'est bien Laure Resplandy qui à ma connaissance a utilisé une approche originale (i.e. non encore utilisée par personne avant elle) alors que Nic Lewis a simplement « aidé » en pointant une erreur qui malheureusement est passée au travers du filtre de la revue par les pairs.

Mais comme on dit, « il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain », à mon sens le « bébé » se porte bien, elle est apparemment dans sa trentaine flamboyante et a donc encore 30 à 40 ans devant elle pour continuer à faire avancer la science, et mon petit doigt me dit qu'on reparlera d'elle, alors que Nic Lewis...mais il aura « aidé », et ce n'est déjà pas si mal, accordons-lui ce mérite.

Affaire à suivre, donc.

*****


Autres lectures sur le sujet :

samedi 26 janvier 2019

Nic Lewis a trouvé un nouvel os à ronger

Après le papier Resplandy, c'est au tour de Cheng (2019) de faire les frais de l'acuité visuelle particulièrement développée (i.e. il ne voit que ce qu'il veut voir et ignore ce qui le dérange) de Nic Lewis ; dans Is ocean warming accelerating faster than thought? il cherche la petite bête et tient à le faire savoir urbi et orbi.

L'auteur principal (Lijing Cheng) répond à Nic Lewis qui lui répond sans que, jusqu'à présent, Cheng lui re-réponde à son tour, il faut dire que ça pourrait durer longtemps, chacun restant campé sur ses positions en admettant très peu de concessions à la partie adverse (il faut toujours faire des concessions pour paraitre crédible, mais suffisamment peu pour que cela ne démolisse pas sa propre argumentation)

Je n'ai personnellement aucune idée de qui a raison et qui a tort, mais je remarque un commentaire intéressant dont voici le début :
scienceofdoom | January 21, 2019 at 9:08 pm | Reply

The author of that article has no idea about atmospheric radiative physics.

There is an equation which is derived from first principles, the equation of radiative transfer. It calculates absorption and emission through the atmosphere.

It is unknown to the author of that article, along with most of the entertainingly named “climate skeptic” websites. (Ok, I know half of you are just running parody sites).
L'auteur de cet article n'a aucune idée de la physique radiative atmosphérique.

Il existe une équation dérivée des premiers principes, l'équation du transfert radiatif. Elle calcule l'absorption et l'émission à travers l'atmosphère.

Elle est inconnue de l'auteur de cet article, ainsi que de la plupart des sites Web « climatosceptiques », nommés de manière amusante. (Ok, je sais que la moitié d’entre vous n’utilisez que des sites parodiques).
« L'auteur de cet article » est de toute évidence Nic Lewis, qui n'aurait donc « aucune idée de la physique radiative atmosphérique »...

Ajout suite à la remarque de BenHague : « l'auteur de cet article » n'est pas Nic Lewis mais un obscur Bud Bromley...

Moi je pose (et non pause) mon joker, je laisse plus intelligent que moi réfléchir au schmilblick et tirer une conclusion qui ait un sens.


mardi 10 juillet 2018

Leçon de cherry-picking avec Ross McKitrick

Le cherry-picking est cette technique qui consiste à sélectionner soigneusement ses données afin de montrer les résultats que l'on souhaite montrer.

Le climatosceptique canadien Ross McKitrick, celui-là même qui avait pensé « réfuter », avec son collègue et compatriote Stephen McIntyre, la courbe en crosse de hockey de Michael Mann, est un redoutable spécialiste de la cueillette de cerises et il nous le montre dans All those warming-climate predictions suddenly have a big, new problem (Toutes ces prédictions de réchauffement climatique ont soudainement un gros problème nouveau)

Je ne vais pas faire la critique de son article, je me contenterai de laisser la parole à Climate Feedback qui décortique le tissu de contrevérités de McKitrick dans Financial Post commentary misleads about warming effect of greenhouse gas emissions by cherry-picking studies (Le commentaire du Financial Post est trompeur sur l'effet de réchauffement des émissions de gaz à effet de serre en sélectionnant certaines études)

Un seul thème peut être relevé pour montrer à quel point McKitrick est peu digne de confiance et prend ses lecteurs pour des demeurés, c'est celui de la sensibilité climatique (la hausse de la température pour un doublement de la concentration en CO2, abrégée en ECS) ; en effet il affirme :
  • Their ECS estimate is 1.5 degrees, with a probability range between 1.05 and 2.45 degrees. If the study was a one-time outlier we might be able to ignore it. But it is part of a long list of studies from independent teams (as this interactive graphic shows), using a variety of methods that take account of critical challenges, all of which conclude that climate models exhibit too much sensitivity to greenhouse gases.
    • Leur estimation ECS est de 1,5 degrés, avec une gamme de probabilité comprise entre 1,05 et 2,45 degrés. Si l'étude était une aberration ponctuelle, nous pourrions peut-être l'ignorer. Mais elle fait partie d'une longue liste d'études menées par des équipes indépendantes (comme le montre ce graphique interactif), en utilisant une variété de méthodes qui tiennent compte des défis critiques, qui concluent que les modèles climatiques présentent trop de sensibilité aux gaz à effet de serre.
Il fait ici référence à une étude de Nicholas Lewis and Judith Curry, The Impact of Recent Forcing and Ocean Heat Uptake Data on Estimates of Climate Sensitivity (L'impact des données récentes sur le forçage et l'absorption de chaleur par les océans sur les estimations de la sensibilité au climat), publiée le 3 juillet dernier.

Ainsi d'après tout ce petit monde la sensibilité climatique ne serait que de 1,5°C, avec un généreux maximum de 2,45°C, et cette sensibilité somme toute modeste serait, d'après eux, confirmée par « une longue liste d'études menées par des équipes indépendantes » ; à l'appui de cette affirmation on nous propose de regarder un graphique qui nous dit tout sur le sujet :

SOURCES: CM1:ROE-BAKER 2007. EB1: ALDRIN ET AL 2012. EB2: RING ET AL 2012. EB3: LEWIS 2013. EB4: OTTO ET AL 2013. EB5. MASTERS 2014. EB6: LOEHLE 2014. EB7:SKELE ET AL 2014. EB8: JOHANNSEN ET AL 2015. EB9: LEWIS & CURRY 2015. EB 10: BATES 2016. EB11:CHRISTY & MCNIDER 2017. EB12: LEWIS & CURRY 2018.

On voit clairement dans ce graphique que le point le plus haut se situe à environ 2,5°C, la majorité étant dans la fourchette 1-2°C.

On serait tenté de leur faire confiance avec un tel graphique issu d'une équipe de choc et publié dans une revue scientifique à comité de lecture, sauf que…

Sauf que Climate Feedback n'est pas tout à fait d'accord avec cette présentation, car Andrew Dessler nous dit :
  • While several groups have indeed done this calculation, and they all get the same answer, these groups are basically doing versions of the same calculation with the same data. Thus, their agreement means much, much less than is suggested here. If there is a problem with the methodology, which several recently published papers have suggested, then all of them are wrong.
    • Alors que plusieurs groupes ont effectivement fait ce calcul, et ils obtiennent tous la même réponse, ces groupes font fondamentalement des versions du même calcul avec les mêmes données. Ainsi, leur accord signifie beaucoup, beaucoup moins que ce qui est suggéré ici. S'il y a un problème avec la méthodologie, ce que plusieurs articles publiés récemment ont suggéré, alors tous ont tort.
Donc les études mentionnées par Lewis et Curry et reprises par McKitrick sont le fait d'un nombre restreint de chercheurs ayant utilisé les mêmes données et fait les mêmes calculs qui, selon Dessler, se sont révélés douteux.

Mark Zelinka, lui, nous montre une liste impressionnante d'études ayant évalué l'ECS, et on ne peut pas vraiment dire que cette dernière se limiterait à un petit 1,5°C selon « une longue liste d'études menées par des équipes indépendantes »...


Voilà ce que j'appelle une « longue liste d'études menées par des équipes indépendantes », et on voit bien la différence avec la maigre sélection opérée par nos pieds nickelé (ils étaient trois)

Et pour bien se rendre compte en une image plus synthétique, Zeke Hausfather nous dit, avec graphique à l'appui :
  • This is only true if you selectively pick studies with low sensitivity. We recently looked at all climate sensitivity studies published using all different methods and found no evidence of an overall decline in estimated ECS in recent years:
    • Ceci n'est vrai que si vous choisissez sélectivement des études avec une faible sensibilité. Nous avons récemment examiné toutes les études de sensibilité au climat publiées en utilisant toutes les différentes méthodes et nous n'avons trouvé aucune preuve d'un déclin global de l'ECS estimée au cours des dernières années :

J'ouvre bien mes yeux et je constate que la toute dernière barre va de 3°C à 4,5°C à vue de nez, avec peu avant une autre barre allant de 4°C à 7,5°C !

Et il y a en tout 10 barres qui atteignent les 9°C !

Quant aux fameux 1,5°C qui seraient l'ECS moyenne d'après nos trois lascars, on s'aperçoit qu'en fait il s'agit plutôt d'un minimum…

Pour terminer sur ce sujet de l'ECS, le même Zeke Hausfather nous montre un dernier graphique encore plus synthétique :



Toutes les études résumées dans ce graphique nous montrent une ECS moyenne de 3°C, soit le double que celle avancée par nos climatosceptiques appointés (devinez par qui), et même s'il est bien précisé que toutes les études prises en compte ne sont pas parfaitement comparables il n'en reste pas moins que bien rares sont celles qui tournent autour des 1,5°C (on peut même en voir avec une ECS inférieure, en plissant bien les yeux)

Bref, sans surprise la note attribuée à McKitrick n'est pas fameuse :

Crédibilité scientifique = -1.0 !

Comme par hasard, nos pieds nickelés frenchies ne sont pas d'accord avec les appréciations données par Climate Feedback, en voici quelques exemples tirés du dernier bulletin climato-irréaliste :
  • La chasse aux fake news, c’est aussi bon pour le climat nous dit Theconversation.com. Le mécanisme est le suivant : Climate Feedback, un site créé par des scientifiques, évalue la crédibilité des informations dans le domaine du changement climatique. Les articles suspects les plus influents (identifiés en fonction de leur viralité sur les réseaux sociaux) seront revus et corrigés par les scientifiques réchauffistes experts du domaine, qui leur donneront une note de « crédibilité scientifique ». En somme, les milieux autorisés s’autorisent, comme le disait Coluche.
Ben voyons, ce sont des scientifiques « réchauffistes » qui notent les articles douteux dont se repaissent les fatigués du bulbe qui meublent leur longues journées d'inactivité (ils sont pour la plupart retraités) en tenant des discussions de café du commerce sur un site supposé être LA référence française en matière de climatologie, à égalité avec pensée unique.

Et comme le dit un habitué qui a son rond de serviette à la table commune :
2. Hug | 20/06/2018 @ 23:23
Usbek (#1),
Climate Feedback, ça vaut son pesant de partialité…

Ben voyons, parce que Skyfall est impartial, c'est bien connu !

Et un autre poivrot qui n'a pas fini de dégriser d'enchainer :
3. AntonioSan | 21/06/2018 @ 8:02

The Conversation est soutenu financierement par les Fondations vertes de milliardaires americains, les memes qui sont impliques dans l’astroturf avec Tides, Hewlett Foundation, Pew etc… et qui sabotent entre autres les projets energetiques canadiens.
Voir le site de Vivian Krause en anglais qui recense grace aux documents d’imposition americains l’influence deletere de ces fondations.
Aussi l’article d’Emmanuel Vincent, qui recoit d’ailleurs un soutien financier d’un centre nomme CITRIS initie par le tres verdatre Brown, Gouverneur de Californie est un essai afin de decredibiliser en francais Susan Crockford, une biologiste de l’Universite de Victoria dont les analyses exposent la pensee unique des pontes faisant carriere alarmiste sur le statut des ours polaires. Les specialistes comme Mitch Taylor qui ne suivirent pas la ligne dure furent fichus a la porte et les autres font attention… comme les temoignages recueillis par Crockford le montrent.

Climate feedback est la nieme incarnation de la propagande rechauffarde en pretendant offrir un regard neutre purement scientifique mais en impliquant bien sur les plus rechauffistes et alarmistes… Il suffit de voir comment The Conversation permit a certains auteurs de l’attaque de Crockford dans Biosciences d’en remettre une couche.
Ben voyons, là aussi c'est bien connu que Susan Crockford (qui ça ?) est une sommité en matière d'ours polaires, comme on peut le constater ici.

Mais le meilleur est pour la fin avec un retardataire (dans tous les sens du terme ?) qui s'enfonce en pensant faire un trait d'esprit :
8. Tamise | 29/06/2018 @ 9:18

Parmi les relecteurs de Climate Feedback figure un certain Michael Mann.
On n’est jamais mieux servi que par soi-même.
A propos des abeilles: l’erreur pourrait être derrière la ruche.
Ben voyons, puisque Michael Mann fait partie des relecteurs c'est donc que ça ne vaut rien, et c'est quelqu'un qui accuse les apiculteurs d'être les responsables de leurs malheurs (là aussi, quand on nie le réchauffement climatique il y a de fortes chances pour que l'on nie que les néonicotinoïdes soient responsables de la mortalité des abeilles, tout se tient) qui pense également que Mann a été réfuté. Non il n'a pas été réfuté, sa courbe en crosse de hockey tient toujours la route, elle figure dans le dernier rapport du GIEC et j'en ai également montré quelques exemplaires dans un de mes articles récents.


L'exercice de révision des fake news est périlleux, car on peut se demander qui juge les réviseurs, qui évalue leur pertinence ; mais quand il s'agit de scientifiques reconnus, comme c'est le cas pour les relecteurs de Climate Feedback, alors la position la plus raisonnable est de leur faire confiance et de partir du principe que c'est plutôt de leur côté que la vérité a des chances de se trouver.

Ou alors il faut avoir un sacré bagage scientifique, et peut-être aussi un sacré culot, pour les contester en apportant des éléments d'argumentation solides et pas seulement des opinions émanant de son idéologie, quelle que soit cette idéologie.

Choisis ton camp camarade.


vendredi 6 mars 2020

Zharko va à la poubelle, Resplandy resplendit à nouveau

C'est un de mes fidèles lecteurs (oui j'en ai quelques uns) qui m'a informé de la nouvelle qui tardait à arriver :
VB 4 mars 2020 à 11:47

"Quant à Valentina Zharkova, qui n'est que mathématicienne et se permet de faire la leçon à un astrophysicien, nous attendons toujours la rétractation de son torch…, pardon, de son papier, ce qu'elle ne devrait pas tarder à faire incessamment sous peu, n'est-ce pas monsieur BenHague ?"

Il a fallu attendre un peu, mais ça y est :
https://www.nature.com/articles/s41598-020-61020-3
VB citait un passage de mon billet intitulé Zharkova vs Resplandy dans lequel je faisais un parallèle entre Laure Resplandy et Valentina Zharkova.

Laure Resplandy



Laure Resplandy, professeur assistant à l'Université de Princeton

La première, Laure Resplandy, avait commis une petite bourde plutôt mineure dans son étude (dont elle était l'auteure principale) sur les océans (voir Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition) qui a été rétractée par la suite en septembre 2019 (voir Retraction Note: Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition) ; à noter que dès que l'erreur avait été signalée elle avait rapidement admis s'être trompée dans le calcul de l'incertitude sans que cela ne remette fondamentalement en cause l'étude en elle-même :
Shortly after publication, arising from comments from Nicholas Lewis, we realized that our reported uncertainties were underestimated owing to our treatment of certain systematic errors as random errors. [...] Despite the revised uncertainties, our method remains valid and provides an estimate of ocean warming that is independent of the ocean data underpinning other approaches.
Peu après la publication, suite aux commentaires de Nicholas Lewis, nous avons réalisé que les incertitudes que nous avions signalées étaient sous-estimées en raison de notre traitement de certaines erreurs systématiques sous forme d'erreurs aléatoires. [...] Malgré les incertitudes révisées, notre méthode reste valable et fournit une estimation du réchauffement de l'océan qui est indépendante des données océaniques qui sous-tendent les autres approches.
Et il se trouve que le 12 février 2020 une note complémentaire nous apprend que le papier a été republié :
12 February 2020 - The revised paper, with corrected uncertainties, mentioned in the Retraction, has now been published: Resplandy, L. Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition. Sci. Rep. 9, 20244 (2019).
12 février 2020 - Le document révisé, avec des incertitudes corrigées, mentionné dans la rétractation, est maintenant publié : Resplandy, L. Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition. Rep. sci. 9, 20244 (2019).
Il se trouve également que miss Judith Curry, qui avait été si prompte à publier un billet de Nicholas Lewis pour mettre le doigt sur l'imperfection minime du papier de Resplandy, n'a apparemment à la date d'aujourd'hui rien reporté, même pas dans sa revue de la semaine du 15 février, soit deux jours après la note du 12 février :
A few things that caught my eye this past week.
Quelques éléments qui ont attiré mon attention la semaine dernière.
Bon ok, faudra peut-être attendre la semaine prochaine pour que Curry veuille bien faire part à ses lecteurs du nouveau papier de Resplandy, nous verrons bien, cependant en ce qui concerne le site Watts Up With That, le nec plus ultra en matière d'information scientifique (vous n'êtes pas obligés de me prendre au sérieux sur ce point), à la date d'aujourd'hui rien, nada, zilch, que dalle, mais en êtes-vous pour autant étonnés plus que cela ?

Il faut dire que bien que la note complémentaire date du 12 février 2020, le papier de Resplandy a en fait été publié...le 27 décembre 2019 (voir PubMed et Scientific Reports) ! Les fêtes de fin d'année expliquent peut-être pourquoi il est passé inaperçu, y compris de ma modeste personne. Quoi qu'il en soit ni Watts ni Curry n'ont à ma connaissance fait part à leurs lecteurs de ce nouveau papier que Nic Lewis n'a certainement pas dû louper de son côté tellement il devait le guetter pour dénicher la petite anomalie qu'il se ferait un plaisir de signaler dans les plus brefs délais (souvenons-nous de la rapidité de sa réaction au moment de la sortie du papier initial)

Donc jusqu'à preuve du contraire, que je ne manquerais pas de signaler si cela devait arriver, le nouveau papier de Laure Resplandy est valable et confirme que le précédent, qui a été rétracté, ne comportait qu'une erreur bénigne qui ne le remettait pas vraiment en cause.


Maintenant au tour de miss Valentina Zharkova.


Valentina Zharkova, professeur au département de mathématiques à l'Université de Northumbria

On rappelle que cette mathématicienne, improvisée il faut croire astrophysicienne, a publié le 24 juin 2019 un papier qui vient tout juste d'être retracté le 4 mars 2020 (voir RETRACTED ARTICLE: Oscillations of the baseline of solar magnetic field and solar irradiance on a millennial timescale)

Dans cette étude elle prétendait que la distance Soleil-Terre variait régulièrement étant donné que le Soleil « oscillait » autour de son barycentre, et elle en déduisait un peu (trop) hâtivement que cette oscillation modifiait la distance de l'astre du jour avec notre modeste planète, ce que Ken Rice, dès le tout début, avait considéré comme une idiotie (bien sûr il employait, comme toujours, des termes plus civils mais qui signifiaient exactement la même chose) ; évidemment l'idée de Zharkova, derrière cette assertion qui ne tenait pas la route, était de dire que la fluctuation de l'irradiance solaire ainsi provoquée par le changement de distance entre la Terre et le Soleil expliquait une grande partie (ou la totalité ?) des variations de température de l'atmosphère terrestre, en contradiction avec l'immense consensus scientifique qui attribue ces variations en quasi-totalité aux émissions humaines de gaz à effet de serre dont le CO₂ est le plus emblématique (en plus du CH₄ et du N₂O il faut aussi ajouter l'utilisation des sols, la déforestation, etc., voir Les causes du changement climatique ou L'impact des activités humaines sur le climat)

Voici le texte de la note de rétractation de l'article de Zharkova :
After publication, concerns were raised regarding the interpretation of how the Earth-Sun distance changes over time and that some of the assumptions on which analyses presented in the Article are based are incorrect.
Après publication, des questions ont été soulevées concernant l'interprétation de l'évolution de la distance Terre-Soleil dans le temps et le fait que certaines des hypothèses sur lesquelles sont basées les analyses présentées dans l'article sont incorrectes.
The analyses presented in the section entitled “Effects of SIM on a temperature in the terrestrial hemispheres” are based on the assumption that the orbits of the Earth and the Sun about the Solar System barycenter are uncorrelated, so that the Earth-Sun distance changes by an amount comparable to the Sun-barycenter distance. Post-publication peer review has shown that this assumption is inaccurate because the motions of the Earth and the Sun are primarily due to Jupiter and the other giant planets, which accelerate the Earth and the Sun in nearly the same direction, and thereby generate highly-correlated motions in the Earth and Sun. Current ephemeris calculations [1,2] show that the Earth-Sun distance varies over a timescale of a few centuries by substantially less than the amount reported in this article. As a result the Editors no longer have confidence in the conclusions presented.
Les analyses présentées dans la section intitulée "Effets du SIM sur une température dans les hémisphères terrestres" sont basées sur l'hypothèse que les orbites de la Terre et du Soleil autour du barycentre du système solaire ne sont pas corrélées, de sorte que la distance Terre-Soleil change d'une quantité comparable à la distance Soleil-barycentre. L'examen par les pairs après publication a montré que cette hypothèse est inexacte car les mouvements de la Terre et du Soleil sont principalement dus à Jupiter et aux autres planètes géantes, qui accélèrent la Terre et le Soleil dans presque la même direction, et génèrent ainsi des mouvements fortement corrélés de la Terre et du Soleil. Les calculs actuels d'éphémérides [1,2] montrent que la distance Terre-Soleil varie sur une échelle de temps de quelques siècles d'une quantité nettement inférieure à celle rapportée dans cet article. Par conséquent, les rédacteurs n'ont plus confiance dans les conclusions présentées.
Vous le croirez ou pas, mais Valentina Zharkova...n'est pas d'accord avec la décision de rétracter son papier !
S. I. Zharkov agrees with the retraction. V. V. Zharkova, E. Popova, and S. J. Shepherd disagree with the retraction.
S. I. Zharkov est d'accord avec cette rétractation. V. V. Zharkova, E. Popova et S. J. Shepherd ne sont pas d'accord avec la rétractation.
Ironiquement, le propre fils de Valentina Zharkova, le dénommé Sergei Zharkov, approuve la rétractation, ce qui doit j'imagine provoquer de belles empoignades lors des réunions familiales pour discuter de la pluie et du beau temps (la mère et le fils semblent collaborer de manière assez régulière puisque plusieurs papiers portent leurs noms, voir scholar.google)

Quelques sites ont reporté l'information, ainsi :
Real Climate : Why are so many solar-climate papers flawed? (Pourquoi tant de papiers sur le thème du climat et du soleil sont-ils défectueux ?) 
And Then There's Physics : Zharkova et al. – retracted 
Daily Kos : Sunblock Applied: Zharkova’s 2019 Study Claiming Sun’s Wobble Causing Warming Finally Retracted (Protection solaire appliquée : L'étude de Zharkova de 2019 affirmant que l'oscillation du soleil cause un réchauffement finalement rétractée)
Science Alert : Paper That Blames The Sun For Climate Change Was Just Retracted From Major Journal  (Un article qui attribue la responsabilité du changement climatique au soleil vient d'être retiré d'un grand journal)

Vous croyez peut-être que j'ai oublié Watts Up With That ou Climate Etc. ? Ou que j'ai omis de mentionner un billet ou un commentaire sur Skyfall, chez Jacques Henry ou Benoit Rittaud ? Pensez donc ! Vous vous imaginez peut-être que ces sites sont là pour vous fournir une information scientifique de qualité ? Rien ne vous empêche de vous bercer d'illusions, après tout ils sont climato « réalistes », ils ont les pieds sur terre et sont bien conscients que tout ce qui ne va pas dans le sens qui leur convient ne doit surtout pas être porté à l'attention de leurs lecteurs.

Ainsi vous verrez encore et encore de nombreux articles sur les supposées influences du Soleil, notamment chez Henry qui adore Zharkova et lui voue un véritable culte (voir Un refroidissement imminent du climat serait-il devenu officiellement admis ?) ; n'avait-il pas écrit en commentaire de son propre billet :
Le 7 février 2020 à 13 h 35 min, jacqueshenry a dit :

Comme me l’avais écrit dans un message électronique Valentina Zharkova j’espère vivre encore dix ans pour assister à la chute du dogme du réchauffement du climat d’origine humaine …
Nous aurons attendu bien moins longtemps que dix ans pour assister à la dégringolade de l'idole, on imagine la déception de Jacques Henry, à condition d'imaginer également qu'il ait un minimum d'honnêteté intellectuelle, ce qui n'est pas gagné d'avance.

Valentina Zharkova juste après l'annonce de la rétractation de son papier.



dimanche 31 mars 2019

Bjorn Stevens embauché par Judith Curry, cela devient une habitude chez les climatosceptiques

Il y a parfois dans les commentaires de mes billets des choses intéressantes à tirer, ainsi de mon précédent article intitulé Moi non plus je ne crois pas à la science on a pu lire ceci :
Anonyme30 mars 2019 à 18:40

Excellent article publié sur le site de Curry .

Ce qui est écrit explique en grande partie ma position sur ce "grand" sujet ...
[blablabla] 
Je suis ravi de l ínterview de ce scientifique ...

https://judithcurry.com/2019/03/30/why-climate-predictions-are-so-difficult/

BenHague
BenHague faisait référence à l'article de Judith Curry intitulé Why climate predictions are so difficult dans lequel elle reprenait quelques extraits, traduits de l'allemand, d'une interview de Bjorn Stevens dans Der Spiegel.

Mais un autre commentateur lui faisait remarquer ceci :
Robert30 mars 2019 à 21:40

Ben Hague @

[…] quant à Curry elle déforme les dires de Stevens.. […]
Ce à quoi BenHague lui répond :
Anonyme31 mars 2019 à 00:17
[…]
"quant à Curry elle déforme les dires de Stevens.. "
Assertion numéro 2 de quelqu'un qui ne a lu ni l'article , ni ne parle allemand .
1) C'est une trqaduction d'un article de SPiegel
2) Apres check dudit article en allemand ( 5 ans d éxperience pro en Allemagne ca aide) , le sens n'est pas déformé ... Prenez vous en au Spiegel pas á Curry
[…]
Bon, comme je ne comprends pas l'allemand et que de plus l'article du Spiegel est derrière un paywall et que je n'ai pas l'intention de m'abonner à ce journal en ligne je ne peux ni confirmer ni infirmer ce que nous assure BenHague, il dit avoir vérifié (check) l'article en question et peut certifier que « le sens n'est pas déformé », soit…

Tout cela est bien joli mais par expérience je connais la propension qu'ont les climatosceptiques à reprendre à leur compte des propos ou des articles tenus ou écrits par des scientifiques et de les retourner comme des crêpes à leur avantage, bien évidemment sans le consentement de leurs auteurs !

Des exemples ?

J'ai déjà évoqué dans mon blog l'embauchage par Jacques Duran de Pierre-Gilles de Gennes, par Claude Allègre de Håkan Grudd et par Benoit Rittaud de...Blaise Pascal !

J'ai aussi dénoncé à plusieurs reprises le sieur Pierre Gosselin qui se permet de lister sur son site des études censées contredire ce que l'on appelle le consensus sur le climat, mais quand on y regarde de plus près on s'aperçoit qu'il s'agit de papiers qui ne remettent nullement en cause le réchauffement climatique d'origine humaine.

Aujourd'hui donc c'est au tour de Bjorn Stevens de se voir enrôlé de force et certainement à son insu par Judith Curry, laquelle ne fait aucun commentaire en laissant le soin à ses ador…, pardon à ses lecteurs de donner leur avis sur la question, par exemple avec le tout premier à livrer ses pensées profondes :
Bob Greene | March 30, 2019 at 11:19 am | Reply

Predictions are difficult, especially about the future.
On peut par conséquent constater la haute tenue scientifique du blog de Judith Curry avec ce genre d'ineptie lâchée de manière quasi pavlovienne, les commentateurs habituels de ce site étant préprogrammés pour abonder dans le sens de la tenancière des lieux sans se poser de questions.

Evidemment le but de Judith Curry étant à double détente :
  1. faire croire que Stevens ne fait pas confiance aux modèles climatiques
  2. se moquer de lui à l'occasion
Ces deux versions sont illustrées par les deux commentaires suivants qui font vraiment avancer le débat en l'élevant à des hauteurs stratosphériques :
Hifast | March 30, 2019 at 1:04 pm | Reply

Reblogged this on Climate Collections and commented:
“The difficulties [in climate modeling Bjorn Stevens of the Hamburg Max Planck Institute for Meteorology] and his fellow researchers face can be summed up in one word: clouds. The mountains of water vapor slowly moving across the sky are the bane of all climate researchers.”

Willis Eschenbach | March 30, 2019 at 1:04 pm | Reply

My vote for today’s winner for scientific hubris …

“The accuracy of the predictions has not improved, but our confidence in them has grown,” he says. The researchers have examined everything that might counteract global warming. “Now we are sure: she is coming.”

Man, I split my sides laughing at that one. It’s scientifically hilarious from about three different directions …

Le premier n'a retenu que l'incertitude sur les nuages en les qualifiant de « cauchemar » des climatologues (bane of all climate researchers), alors que le second, un habitué des lieux qui avait déjà démoli Jean-Pierre Bardinet, ce dont on lui sait infiniment gré, se contente de brocarder Stevens en se gaussant de son prétendu hubris parce qu'il assure que le réchauffement climatique est bien là, ce dont lui, Willis Eschenbach, doute fortement.

Mais revenons un peu en arrière quand Stevens avait publié en 2015 un papier intitulé Rethinking the Lower Bound on Aerosol Radiative Forcing (Repenser la limite inférieure du forçage radiatif des aérosols)

Petite parenthèse à l'attention de phi : on parle bien de forçage radiatif, ce concept soi-disant nébuleux et ne reposant sur rien bien qu'il soit utilisé couramment de nos jours, y compris par la majorité des climatosceptiques ayant quelques notions sommaires en climatologie ; je ferme la parenthèse.

Alors que pensez-vous qu'il advint de ce papier de Stevens à l'époque et comment il fut traité par une certaine « presse » ?

De nombreux sites conservateurs, voire ultra-conservateurs pour ne pas dire d'extrême-droite ont repris l'information avec le gros titre suivant :
New Climate Paper Gives Global Warming Alarmists ‘One Helluva Beating’
Un nouveau document sur le climat donne aux alarmistes du réchauffement climatique une sacrée raclée
Ainsi quelques exemples :
En fait tous ces sites de droite extrême ont repris en cœur une « information » publiée par le site de « désinformation » Bishop Hill qui reprenait lui-même cette même « information » d'un autre site de « désinformation » Climate Audit qui publiait un article de...Nick Lewis, bien connu ici, lequel se permettait, comme à son habitude aurait-on tendance à dire, de donner son analyse du papier de Bjorn Stevens (j'espère que vous avez suivi sans vous perdre en chemin)

Je ne me sens pas d'attaque pour critiquer le billet de Lewis, mais le seul fait qu'il le publie sur Climate Audit, le blog de Steve McIntyre, relayé par Bishop Hill d'Andrew Montford, puis par toute la clique facho américaine, fait immédiatement s'allumer un warning devant mes yeux, et j'entends dans mes oreilles une sirène comme celles qui évoquent l'arrivée imminente d'un cataclysme.

Mais heureusement qu'il existe des sites un peu plus sérieux que ceux mentionnés précédemment (vous me direz que ce n'est pas très compliqué) comme par exemple Scientific American (SA) qui démolit les constructions pseudo-scientifiques de Lewis, McIntyre et cie avec How to Misinterpret Climate Change Research (Comment mal interpréter la recherche sur le changement climatique) ; le sous-titre permet d'avoir une idée plus précise de ce qui va être évoqué dans l'article : Research into the cooling impact of aerosols sends climate contrarians into a tailspin (La recherche sur l’impact refroidissant des aérosols fait partir les climatosceptiques en vrille)

L'article explique en effet comment l'étude de Stevens a été récupérée par la faune climatosceptique en la déformant au point de faire dire à son auteur le contraire de ce qu'il pense vraiment (cela vous étonne ?)

On remarquera tout d'abord que le papier de Stevens se réfère aux particules en suspension et leurs interactions avec les nuages, un domaine toujours largement discuté aujourd'hui.

L'article de SA commence par expliquer que les particules par endroits chauffent la planète et en d'autres endroits la refroidissent par réfraction des rayons du soleil ; ainsi les particules sont qualifiées par SA d'« électron libre » (wild card) dans le climat de la Terre, avec comme principaux concurrents en terme de complexité...les nuages !

Et SA de nous avertir que ce papier de Stevens a été décrit par des médias et des blogs conservateurs comme « ébranlant la théorie du réchauffement climatique d'origine humaine ».

Il suffit de lire le reste et notamment les propos de Stevens lui-même, cette fois en anglais en non en allemand, pour se faire une idée de ce qu'il pense vraiment ; voici tous les passages où il est cité :
I was touched that they'd write me and double-check that my study was being interpreted correctly.
J'ai été touché qu'ils m'écrivent et vérifient que mon étude a été interprétée correctement.
Là il faisait référence non pas aux médias et blogs susmentionnés, mais aux professeurs et aux profanes qui lui avaient écrit en lui demandant si l'on devait s'inquiéter du changement climatique.
The fear has always been ... that the warming that we do feel is the tip of the iceberg.
La peur a toujours été ... que le réchauffement que nous ressentons ne soit que la partie émergée de l'iceberg.
Car en effet les particules en suspension agissent comme un retardant du réchauffement climatique, et si l'on parvient à les diminuer ou à les supprimer cela ne fera qu'accroitre la hausse des températures !
We've been doing that for 20-odd years, and what you find is that you get all sorts of answers and you really don't get anywhere.
Nous le faisons depuis une vingtaine d'années et vous constatez que vous obtenez toutes sortes de réponses et que vous n'allez nulle part.
Il évoque ici l'incertitude qui existe sur le forçage négatif des particules, le GIEC reportant une fourchette de 0,1 à 1,9 W/M² d'effet refroidissant.
All sorts of schoolteachers were contacting me, and they were all worried that everything they'd learned was wrong.
Toutes sortes d'enseignants me contactaient et craignaient que tout ce qu'ils avaient appris ne soit faux.
Cela faisait suite à l'article de Nick Lewis jetant le doute (et le trouble, ce qui était l'objectif réel) sur la sensibilité climatique, avançant une ECS de 1,2 à 1,8°C là où le GIEC reporte de 1,5 à 4,5 avec une médiane à 3°C.

A ce stade SA paraphrase Stevens avec ce passage :
Soon after, he took the unusual step, for a climate scientist, of issuing a press release to correct the misconceptions. Lewis had used an extremely rudimentary, some would even say flawed, climate model to derive his estimates.
Peu de temps après, [Stevens] a pris la décision inhabituelle, pour un climatologue, de publier un communiqué de presse pour corriger les idées fausses. Lewis avait utilisé un modèle climatique extrêmement rudimentaire, voire imparfait, pour calculer ses estimations.
Mais aussi :
Stevens said his study is something to be mulled over, but it does not call into question man-made global warming.
Stevens a déclaré que son étude était une chose à considérer, mais elle ne remet pas en question le réchauffement climatique provoqué par l'homme.
Et il termine ainsi :
I continue to believe that warming of Earth's surface temperatures from rising concentrations of greenhouse gases carries risks that society must take seriously, even if we are lucky and (as my work seems to suggest) the most catastrophic warming scenarios are a bit less likely.
Je continue de croire (sic) que le réchauffement de la température de la surface de la Terre dû à la concentration croissante de gaz à effet de serre comporte des risques que la société doit prendre au sérieux, même si nous avons de la chance et (comme le suggère mon travail) les scénarios de réchauffement les plus catastrophiques sont un peu moins probables.

Ainsi pour résumer:
  • Stevens ne remet en aucune façon en cause la réalité du réchauffement climatique d'origine humaine ;
  • Il admet, mais ce n'est pas un scoop, qu'il existe des incertitudes concernant les particules et les nuages ainsi que leurs interactions ;
  • Il estime que l'ECS est dans la limite basse de la fourchette (dixit Andrew Dessler) ce qui explique son relatif « optimisme »

Pour le dernier point Stevens est loin de faire l'unanimité, voila un thème, la sensibilité climatique, qui ne fait pas (encore) consensus mais nous avons déjà vu quand même que la majorité des papiers récents donnaient une ECS proche des 3°C...Nous verrons bien ce que dira le prochain rapport du GIEC qui reprendra à mon avis exactement les mêmes valeurs que dans les précédentes éditions (c'est mon petit doigt qui me l'a dit)




mercredi 15 janvier 2020

Zharkova vs Resplandy

Laure Resplandy


On se souvient de Laure Resplandy, cette océanographe spécialisée en biochimie, qui avait été auteure principale d'une étude intitulée Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition qui a beaucoup fait parler d'elle il y a un peu plus d'un an ; en effet, cette étude, qui a été finalement rétractée le 25 septembre 2019 dans Retraction Note: Quantification of ocean heat uptake from changes in atmospheric O2 and CO2 composition, avait eu toute l'attention d'un certain Nic Lewis qui avait très rapidement vu que le traitement statistique de la marge d'incertitude était erroné ; la note dit en substance :
Shortly after publication, arising from comments from Nicholas Lewis, we realized that our reported uncertainties were underestimated owing to our treatment of certain systematic errors as random errors. 
Peu après la publication, à la suite des commentaires de Nicholas Lewis, nous avons réalisé que nos incertitudes déclarées étaient sous-estimées en raison de notre traitement de certaines erreurs systématiques comme des erreurs aléatoires.
Les auteurs, en revoyant leur copie, trouvèrent d'autres erreurs que Nic Lewis avait semble-t-il laissé passer :
In addition, we became aware of several smaller issues in our analysis of uncertainty.
De plus, nous avons pris conscience de plusieurs problèmes de moindre importance dans notre analyse de l'incertitude.
Cependant l'étude demeurait valable dans son principe, puisque seule la marge d'incertitude devait être revue à la hausse :
Although correcting these issues did not substantially change the central estimate of ocean warming, it led to a roughly fourfold increase in uncertainties, significantly weakening implications for an upward revision of ocean warming and climate sensitivity.
Bien que la correction de ces problèmes n'ait pas modifié sensiblement l'estimation centrale du réchauffement de l'océan, elle a multiplié par quatre environ les incertitudes, ce qui a considérablement affaibli les implications d'une révision à la hausse du réchauffement de l'océan et de la sensibilité du climat.
Les auteurs, respectant donc une certaine déontologie, ont pris la décision de purement et simplement rétracter le papier original :
Because of these weaker implications, the Nature editors asked for a Retraction, which we accept. 
En raison de ces implications plus faibles, les rédacteurs de Nature ont demandé une Rétractation, que nous acceptons.
Cependant ils restent persuadés que leurs résultats sont valides sur le principe et ont décidé de publier dès que possible un nouveau papier dans une autre revue :
Despite the revised uncertainties, our method remains valid and provides an estimate of ocean warming that is independent of the ocean data underpinning other approaches. The revised paper, with corrected uncertainties, will be submitted to another journal. The Retraction will contain a link to the new publication, if and when it is published.
Malgré les incertitudes révisées, notre méthode reste valable et fournit une estimation du réchauffement de l'océan qui est indépendante des données océaniques qui sous-tendent les autres approches. L'article révisé, avec les incertitudes corrigées, sera soumis à une autre revue. La rétractation contiendra un lien vers la nouvelle publication, si et quand elle sera publiée.
Nous en sommes aujourd'hui là et attendons ce nouveau papier afin de voir si monsieur Nic Lewis trouvera encore une fois à redire sur le traitement statistique des incertitudes ou bien sur tout autre chose.

Valentina Zharkova


Ce cas de figure est à mettre en parallèle avec celui de Valentina Zharkova, professeur de mathématiques à l'Université anglaise de Northumbria à Newcastle ; j'ai déjà écrit sur cette dame, notamment dans Et encore un clown mathématicien, un ! où j'évoquais les délires du mathématicien (encore un) Claude Brasseur, certainement un clone de Benoit Rittaud, qui rebondissait sur les récents travaux de Zharkova (voir Prediction of Solar Activity from Solar Background Magnetic Field Variations in Cycles 21-23) afin de prédire l'arrivée d'un imminent âge glaciaire !

Zharkova est donc devenue une figure emblématique, une sorte d'idole, annonçant une petite faiblesse du soleil que nos bons amis climatosceptiques ont immédiatement interprétée comme une baisse à venir des températures terrestres, malgré un bémol de la chercheuse qui avait précisé dans There Probably Won't Be A “Mini Ice Age” In 15 Years :
We must not ignore the effects of global warming and assume that it isn't happening. “The Sun buys us time to stop these carbon emissions,” Zharkova says. The next minimum might give the Earth a chance to reduce adverse effects from global warming.
Nous ne devons pas ignorer les effets du réchauffement de la planète et supposer qu'il ne se produit pas. "Le Soleil nous permet de gagner du temps pour arrêter ces émissions de carbone", dit Zharkova. Le prochain minimum pourrait donner à la Terre une chance de réduire les effets néfastes du réchauffement de la planète.
Cette « petite phrase » était passée complètement inaperçue aux yeux de ceux qui ont décidé une fois pour toute que non seulement il n'y avait pas d'effet de serre dû au CO₂ mais qu'en plus si le soleil se mettait à faiblir cela ne pouvait se traduire qu'en une baisse des températures puisque pour eux SEUL le Soleil peut avoir une influence sur notre climat.

Bien que Zharkova ait émis ce bémol en son temps, probablement afin de ne pas trop perdre en crédibilité, elle semble persuadée que le Soleil est un élément majeur bien supérieur aux gaz à effet de serre, allez savoir pourquoi, peut-être a-t-elle été grisée par le succès rencontré auprès des neuneus de la planète et s'est-elle dit qu'après tout il y avait un créneau à exploiter, si quelqu'un a une idée qu'il le fasse savoir, toujours est-il que très récemment elle sort un papier intitulé Oscillations of the baseline of solar magnetic field and solar irradiance on a millennial timescale dans lequel elle se propose de nous informer que
[t]he solar inertial motion means for the Earth that the distance between the Sun and the Earth has to significantly change (up to 0.02 of a.u) at the extreme positions of SIM, and so does the average solar irradiance, which is inversely proportional to the squared distance between the Sun and Earth. 
Le mouvement inertiel solaire signifie pour la Terre que la distance entre le Soleil et la Terre doit changer de manière significative (jusqu'à 0,02 u.a.) aux positions extrêmes du SIM, de même que l'irradiance solaire moyenne, qui est inversement proportionnelle au carré de la distance entre le Soleil et la Terre.
Le SIM en question est le Solar Inertial Motion que l'on peut traduire mot pour mot par « mouvement inertiel solaire » ; la thèse de Zharkova est donc que la distance Terre-Soleil varierait, comme nous l'explique Ken Rice dans Nature Scientific Reports : 
This seems to be suggesting that the typical, or average, distance of the Earth from the Sun can change quite substantially due to the motion of the Sun around the barycentre of the Solar System. 
Cela semble indiquer que la distance typique, ou moyenne, de la Terre par rapport au Soleil peut changer de façon assez importante en raison du mouvement du Soleil autour du barycentre du système solaire.
Je ne suis pas mathématicien et j'ai donc dû consulter la définition d'un barycentre sur Wikipédia :
La notion de barycentre est utilisée en physique notamment pour déterminer le point d'équilibre d'un ensemble fini de masses ponctuelles.
Je comprends de cette définition (merci aux matheux de me corriger et/ou d'apporter leur pierre à l'édifice) que le Soleil tourne autour d'un point immatériel en bougeant sans cesse dans toutes les directions mais revient toujours à l'équilibre, lequel constitue le barycentre ou point autour duquel le Soleil tournerait continûment s'il n'était pas soumis à des forces qui perturbent ses mouvements (j'espère que j'ai au moins la moyenne barycentrique sur ce coup…)

Et Zharkova d'en déduire que ces mouvements du Soleil autour de son barycentre entrainent des variations de distance avec ses planètes et avec la Terre en particulier (les autres on s'en fiche un peu non ?)

Sauf que...sauf que c'est tout simplement faux !

Ken Rice


Ken Rice est professeur d'astrophysique à l'Université d'Edinburgh, on peut donc présumer qu'il connait un peu mieux le sujet qu'une simple mathématicienne comme Zharkova ; c'est pourquoi il vient de publier hier un nouvel article sur son blog, intitulé Zharkova et al.: an update, dans lequel il nous informe que le papier de Zharkova a finalement été rétracté...euh non, en fait le papier n'a toujours pas été rétracté alors qu'il a été publié il y a plus de six mois maintenant...et qu'il s'avère qu'il est manifestement erroné !

Rice nous montre un fil de discussion (voir pubpeer) dans lequel Zharkova le traite de haut, par exemple :
Mr Ken Rice claims that he does simulations. However, he seems does not manage to capture that of Sun moves about the barycentre than by default has to be closer to one part of planetary orbit and further from another.
M. Ken Rice affirme qu'il fait des simulations. Cependant, il semble qu'il ne parvienne pas à saisir les mouvements du Soleil autour du barycentre alors que, par défaut, il doit être plus proche d'une partie de l'orbite planétaire et plus éloigné d'une autre.
Zharkova donnant des leçons d'astrophysique à un professeur d'astrophysique, cela s'appelle comment ?

Geoff Sharp


Mais Rice n'est pas le seul à trouver le papier de Zharkova plus que faible...il y a aussi un certain Geoff Sharp, qui n'est ni mathématicien ni astrophysicien mais qui a des arguments qu'il expose dans Zharkova et al 2019, A Science Disaster, un titre qu'il n'est pas nécessaire de traduire (si ?) ; nous apprenons au passage que la môme Zharkova s'est permis d'utiliser un graphe que Sharp avait publié auparavant, voici ce qu'il nous dit :
Many hundreds of comments were directed at Zharkova, but she refused to take any criticism on board, her vanity more important than the truth. Calls were made to her to produce proof of her claims and in particular a graph of the Earth/Sun distances based on the JPL data. Back in 2010 I produced such a graph/plot which also included the Earth/SSB distances, I posted this plot (the plot at the head of this post) on the Tallbloke blog (and had done many times previously) while waiting for the Pubpeer team to approve my registration request. When I finally logged into the Pubpeer platform to my surprise Zharkova had just produced with the help of her team the required plot, BUT the plot was MY plot from 2010.
Plusieurs centaines de commentaires ont été adressés à Zharkova, mais elle a refusé de prendre en compte toute critique, sa vanité étant plus importante que la vérité. Des appels lui ont été adressés pour qu'elle produise des preuves de ses affirmations et en particulier un graphique des distances Terre/Soleil basé sur les données du JPL. En 2010, j'ai produit un tel graphe/tracé qui incluait également les distances Terre/Soleil, j'ai posté ce graphe (le tracé en tête de ce billet) sur le blog Tallbloke (et l'avais fait plusieurs fois auparavant) en attendant que l'équipe Pubpeer approuve ma demande d'inscription. Lorsque je me suis finalement connecté à la plateforme Pubpeer, à ma grande surprise, Zharkova venait de produire avec l'aide de son équipe le graphe requis, MAIS le graphe était MON graphe de 2010.
Bref Sharp accuse ni plus ni moins Zharkova de plagiat, mais on ne va pas s'arrêter à si peu ; en effet, deux des réviseurs viennent de publier un « feedback », ce que l'on peut traduire par retour d'expérience étant donné qu'ils se sont apparemment rendu compte que des choses leur avaient échappées lors de leur première revue qui a mené à la publication du papier de Zharkova. Le comité de rédaction (editorial board) précise dès le début :
The concerns raised are relevant only to the section of the paper "Effects of SIM on a temperature in the terrestrial hemispheres”
Les préoccupations soulevées ne concernent que la section du document "Effets du SIM sur une température dans les hémisphères terrestres".
Bref il y aurait des « préoccupations » concernant la soi-disant variation de distance Terre-Soleil et ses effets sur les températures, rien que ça. Et d'ajouter quelques lignes plus bas :
The motion of the Earth is not directly affected by SIM, but it is highly correlated with it, because the tidal perturbations from Jupiter and other outer planets that are responsible for SIM are nearly the same on the Sun and the Earth. The reason is easily understood: the Sun-Earth separation is small compared to the distances to Jupiter and the other giant planets, so the Sun and Earth “see” nearly the same gravitational field from the outer planets, and thus they move together. 
Le mouvement de la Terre n'est pas directement affecté par le SIM, mais il est fortement corrélé avec lui, car les perturbations de marée de Jupiter et d'autres planètes extérieures qui sont responsables du SIM sont presque les mêmes sur le Soleil et la Terre. La raison en est facile à comprendre : la séparation Soleil-Terre est petite par rapport aux distances à Jupiter et aux autres planètes géantes, de sorte que le Soleil et la Terre " voient " presque le même champ gravitationnel des planètes extérieures, et donc ils se déplacent ensemble.
Ce que l'on peut résumer ainsi : le Soleil et la Terre dansent la même valse avec les mêmes pas (merci encore une fois de me corriger si vous n'êtes pas d'accord avec mon interprétation) et par conséquent ni ne se rapprochent ni ne s'éloignent en raison des mouvements de marée provoqués par les autres planètes telles que Jupiter.

Cependant la distance entre la Terre et le Soleil évolue bien, mais pas pour cette raison, ce qui est très bien expliqué par Ken Rice :
It’s well known that there is a slow change in the eccentricity of the Earth’s orbit; it goes from being almost circular, to being slightly elliptical.

This does indeed then lead to a slow change in the perhelion (sic) distance. However, there is an equivalent, but opposite, change in the aphelion distance, so that the average distance remains unchanged.
Il est bien connu qu'il y a un lent changement dans l'excentricité de l'orbite de la Terre ; elle passe d'une orbite presque circulaire à une orbite légèrement elliptique.

Cela conduit en effet à un lent changement de la distance au périhélie. Cependant, il y a un changement équivalent, mais opposé, de la distance aphélie, de sorte que la distance moyenne reste inchangée.
Pourquoi Rice précise-t-il cela ? Eh bien tout simplement parce que Zharkova, tout en admettant qu'elle s'est trompée sur le SIM et une supposée variation de la distance Terre-Soleil, se trompe lourdement une deuxième fois en affirmant qu'il y aurait
still quite a substantial change in the Earth-Sun distance on century timescales. 
encore un changement assez substantiel de la distance Terre-Soleil sur des échelles de temps d'un siècle.
Et changement qui serait dû à quoi ? Ben au changement d'excentricité de l'orbite de la Terre ! Le seul problème c'est que Zharkova ne tient compte que du périhélie, c'est-à-dire quand la Terre est au plus près du Soleil, en négligeant son aphélie, soit quand la distance entre les deux est maximale.

C'est en fait Geoff Shark qui a remarqué la boulette, il écrit d'ailleurs ceci dans son article :
The team in some sort of attempt to regain prestige looked into the JPL data perhaps desperate to find some variation in the Sun/Earth distance, and this is where they come up with "Valentina's Trick". The Earths orbit is gradually moving to a circular shape before once again moving to a more elliptical shape. When the orbit is elliptical the Sun sits over to one side thus generating a longer (Aphelion) distance at around July 4 and a shorter distance (Perihelion) around January 4. As the orbit becomes more round the Aphelion shortens and the Perihelion lengthens, this is where the "Trick" happens.

Zharkova et al in their erratum have plotted the future Aphelion distances stating that this value represents the average Sun/Earth distance going forward. As I already showed them in the pubpeer forum if you plot the Perihelion distance the Sun/Earth distance INCREASES going forward. Taken as a whole the Sun/Earth distance is not declining and there is certainly no "SIM" effect on our orbit.
L'équipe, dans une sorte de tentative pour regagner du prestige, a examiné les données du JPL, peut-être dans le but désespéré de trouver une variation de la distance Soleil/Terre, et c'est là qu'elle a trouvé le " truc de Valentina ". L'orbite de la Terre se déplace graduellement vers une forme circulaire avant de prendre à nouveau une forme plus elliptique. Lorsque l'orbite est elliptique, le Soleil se trouve sur un côté, ce qui génère une distance plus longue (Aphelion) vers le 4 juillet et une distance plus courte (Perihelion) vers le 4 janvier. Lorsque l'orbite devient plus ronde, l'Aphélie se raccourcit et le Périhélie s'allonge, c'est là que le "truc" se produit.

Zharkova et al dans leur erratum ont tracé les distances futures de l'Aphélie en indiquant que cette valeur représente la distance moyenne Soleil/Terre à l'avenir. Comme je leur ai déjà montré dans le forum de pubpeer, si vous tracez la distance Périhélie, la distance Soleil/Terre AUGMENTERA à l'avenir. Pris dans son ensemble, la distance Soleil/Terre ne diminue pas et il n'y a certainement pas d'effet "SIM" sur notre orbite.
Et de conclure :
So the Sun/Earth distance is not declining 0.0025AU every 1000 years going forward, and there is no change at 2600AD as suggested by the team. The reputation of this once prestigious Journal is in the balance, hopefully they redeem themselves and reject the original paper along with the erratum.
Donc la distance Soleil/Terre ne diminue pas de 0,0025AU tous les 1000 ans à l'avenir, et il n'y a pas de changement en 2600AD comme le suggère l'équipe. La réputation de cette revue autrefois prestigieuse est en jeu, espérons qu'elle se rachète et qu'elle rejette l'article original ainsi que l'erratum.
Le problème est donc que dans l'erratum produit par Zharkova et les réviseurs, aucun d'entre eux n'a corrigé cette erreur grossière, ils se sont contentés d'admettre uniquement l'erreur dans le papier d'origine.


Que constate-t-on ?


Laure Resplandy s'est faite incendier par tout le troupeau climatosceptique beuglant à l'unisson que son papier c'était du grand n'importe quoi ; j'ai eu par exemple droit au commentaire suivant dont je donne un extrait :
Ce qui est grave , c'est que cette erreur grossière n'aient pas été détectée et la (sur) réaction des gens comme vous et des médias . Elle est symptomatique du climat pourri instauré par les militants/activistes du climat.
Précisons que Laure Resplandy n'est pas statisticienne et qu'elle a certainement quelques lacunes dans ce domaine, sa seule faute en tant qu'auteure principale a donc été de ne pas faire réviser ses calculs d'incertitude par un professionnel, voire deux ou trois pour faire bonne mesure, mais son travail a quand même été jugé remarquable car original, son approche n'ayant jamais été tentée auparavant.

Cela-dit il ne lui a fallu que quelques jours après les remarques de Nic Lewis pour admettre qu'il y avait un problème avec les incertitudes et une mise à jour a rapidement été publiée en annexe du papier le 19 novembre 2018, soit 20 jours seulement après sa publication le 31 octobre 2018 :
Editor’s Note: We would like to alert readers that the authors have informed us of errors in the paper. An implication of the errors is that the uncertainties in ocean heat content are substantially underestimated. We are working with the authors to establish the quantitative impact of the errors on the published results, at which point in time we will provide a further update.
Note de la rédaction : Nous tenons à informer les lecteurs que les auteurs nous ont signalé des erreurs dans le document. Ces erreurs impliquent que les incertitudes relatives au contenu thermique de l'océan sont considérablement sous-estimées. Nous travaillons avec les auteurs pour établir l'impact quantitatif des erreurs sur les résultats publiés, et nous ferons alors une nouvelle mise à jour.
Et nous avons vu que l'étude a finalement été rétractée le 25 septembre 2019.

Quant à Valentina Zharkova, qui n'est que mathématicienne et se permet de faire la leçon à un astrophysicien, nous attendons toujours la rétractation de son torch…, pardon, de son papier, ce qu'elle ne devrait pas tarder à faire incessamment sous peu, n'est-ce pas monsieur BenHague ?

Oui car c'est BenHague qui me reprochait ma « réaction » et qui relevait le « climat pourri instauré par les militants/activistes du climat ».

Mais il est vrai que pour lui et sa bande il n'y a pas de climat pourri dans leur petite sphère où l'air n'a pas dû être recyclé depuis longtemps, ce qui explique probablement les nombreuses pertes de connaissances que l'on peut remarquer chez eux.

Et je vous fiche mon billet que le clown Pierre Gosselin continuera à publier sur son blog des papiers comme celui de Zharkova démontrant sans aucun doute possible que le CO₂ n'est pour rien dans l'augmentation des températures.

Et je vous refiche un autre billet qu'il y aura quelqu'un sur Skyfall qui citera Gosselin mentionnant Zharkova, c'est comme si c'était écrit dans les astres, vous pouvez donc me faire confiance.

On parie ?