jeudi 7 avril 2016

Enrôlés à l'insu de leur plein gré

Quand vous savez que vos arguments sont faibles ou, pire, que vous n'avez même pas d'argument valable à faire valoir, une très bonne technique pour paraître en avoir d'excellents et inattaquables consiste à enrôler dans votre troupe de grands esprits, si possible disparus (ils ne viendront pas contester) ou même parfois encore vivants si vous désirez faire dans l'actuel sans invoquer les mânes savantes (mais dans ce dernier cas vous prenez quelques risques comme nous allons le voir)

Les climatosceptiques semblent être les champions dans ce genre de vrai faux appel à l'autorité; en principe on fait appel à de "fausses" autorités, c'est-à-dire à des autorités qui ne sont pas compétentes sur le sujet que l'on veut traiter, ou qui n'ont aucune compétence du tout, alors qu'avec l'enrôlement d'autorités c'est un peu différent, car les autorités en questions sont en général soit très compétentes sur le sujet traité, soit non compétentes mais tellement connues pour être d'immenses savants que le commun des mortels ne peut qu'être ébloui et s'avouer tellement séduit qu'il va automatiquement adhérer à votre point de vue.

Je vais montrer quelques exemples avec des personnalités bien connues du milieu climatosceptique, Jacques Duran enrôlant un prix Nobel décédé, Claude Allègre préférant recruter, lui, des scientifiques bien vivants, et Benoit Rittaud embauchant dans ses rangs notre roseau pensant national.


Jacques Duran et Pierre-Gilles de Gennes

Dans Paroles de grands chercheurs sur le réchauffement climatique Jacques Duran nous donne un florilège de chercheurs supposés se trouver "dans son camp":
 
On aperçoit nettement dans la liste le nom de Pierre-Gilles de Gennes avec qui Jacques Duran a travaillé.
 
Si l'on suit le lien concernant le prix Nobel, on trouve (extraits):
  • Tout le monde sait que notre brillant et très populaire prix Nobel de Physique 1991, ("le Newton de notre époque" a déclaré le président du Comité Nobel), n'était pas un "climatologue", comme l'on dit maintenant. Mais il était un savant hors pair, dont la culture scientifique était aussi vaste que profonde notamment en physique, en chimie, et en biologie. A vrai dire, elle faisait l'admiration de tous ceux qui l'ont connu.
Ainsi nous sommes avertis, nous avons affaire à une véritable pointure.
 
  • PGG savait parler au public, jeune ou moins jeune. Sa grande simplicité et sa modestie faisaient merveille. Il avait l'art de simplifier, sans les déformer, de nombreuses notions scientifiques réputées délicates, notamment celles qui concernaient la matière molle (c'est une appellation qu'il n'aimait pas. Il la trouvait trop imprécise).
"Sans les déformer", cela annonce ce qui va suivre...
 
  • Pierre-Gilles de Gennes [...] n'était certes pas un spécialiste des simulations numériques sur ordinateur. Ils les avait pourtant fréquemment pratiquées en tant qu'utilisateur des résultats obtenus par des numériciens spécialistes dans son (ses) domaine(s) de recherche qui étaient aussi nombreux que variés.
    De manière générale, il n'était, sauf en de rares exceptions, guère impressionné par les performances des simulations numériques et, connaissant leur fragilité, il s'inquiétait surtout de leur application aux questions environnementales.
    Voici ce que PGG a écrit, à ce sujet, dans "Les objets fragiles"...
 
Attention, après toutes ces précautions oratoires, Jacques Duran va frapper très, très fort:
  • "Les problèmes d'environnement sont souvent gérés par des spécialistes des "simulations", c'est à dire des gens dont la compétence est davantage dans l'ordinateur que dans les données scientifiques. A partir d'un gros ordinateur, on produit des prédictions qui paraissent respectables, même si les données sont insuffisantes. Voilà l'une des grandes plaies de notre époque. Le malheur, c'est que beaucoup de gens croient encore que l'ordinateur dit vrai et prédit l'inévitable (le même type de croyance a existé au XIXème siècle à l'égard du texte imprimé). Le simulateur informaticien est crédible puisque sa machine possède une puissance et une rapidité de calcul dont aucun cerveau humain ne serait capable. Le pouvoir ronflant des chiffres plus le pouvoir de l'image : de quoi entretenir dans l'opinion une mentalité magique pré-rationnelle."
De quand date le livre Les objets fragiles déjà? Ah oui, de 1994, il y a donc 22 ans. C'est vrai que depuis les scientifiques n'ont pas avancé d'un pouce et n'ont fait aucune observation ni amélioré leurs modèles, et puis c'est bien connu, les "gros ordinateurs" dont parle PGG en sont toujours au même stade et n'ont pas gagné en puissance, et s'il était encore vivant c'est sûr que PGG penserait toujours la même chose qu'il y a 22 ans, c'est évident.
  • Ce texte se passe de commentaire, sauf à rappeler qu'on croirait lire du Marcel Leroux ou du Claude Allègre...
Hum, rapprocher le texte de PGG de ceux de Claude Allègre me parait plutôt hasardeux (on verra plus loin), quant à Marcel Leroux, uniquement connu dans sa circonscription lyonnaise, le comparer à PGG me semble assez présomptueux, pas sûr que l'intéressé (qui il faut le rappeler est mort et ne peut contester) serait d'accord pour être mis sur le même plan qu'un géographe climatosceptique ignoré de la communauté scientifique mondiale.
 
Mais il y a mieux (ou pire, c'est selon) quand Jacques Duran nous assène:
  • Pierre-Gilles de Gennes qui n'était absolument pas opposé à l'écologie "rationnelle" s'inquiétait cependant des dérives que l'on percevait déjà nettement en 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. C'est ainsi qu'il signa avec 71 autres prix Nobel et de nombreux autres scientifiques l'"Appel de Heidelberg" qui fut publié lors du Sommet, au grand dam de beaucoup des participants. Vous trouverez, par exemple, ici le texte original de l'appel d'Heidelberg et la liste des signataires.
  • Par son ampleur, par le nombre et le prestige des personnalités enrôlées à leur insu, par l'effet qu'elle a eu dans la structuration du débat public, c'est sans doute l'une des plus brillantes opérations de communication jamais menées.
  • Qu'on en juge : des dizaines de Prix Nobel de toutes disciplines (Hans Bethe, Linus Pauling, Ilya Prigogine, Jean-Marie Lehn, Pierre-Gilles de Gennes, Elie Wiesel, etc.) aux côtés de centaines de scientifiques de premier plan, de médecins, d'intellectuels ou d'écrivains (Pierre Bourdieu, Hervé Le Bras, Marc Fumaroli, Eugène Ionesco, etc.) signant dans un même élan un appel solennel "aux chefs d'Etat et de gouvernement".
  • Le 1er juin 1992, ce texte-massue est rendu public à la veille de l'ouverture du Sommet de la Terre à Rio (Brésil). C'est l'appel d'Heidelberg. Sitôt rendu public, il fait couler des tombereaux d'encre : il est présenté comme une grave mise en garde des "savants", enjoignant les dirigeants réunis à Rio à la plus grande méfiance face aux défenseurs de l'environnement animés par une "idéologie irrationnelle qui s'oppose au développement scientifique et industriel".
  • Initiative spontanée de la communauté scientifique ? L'appel d'Heidelberg est en réalité le résultat d'une campagne habilement orchestrée par un cabinet de lobbying parisien lié de près aux industriels de l'amiante et du tabac...
  • Le premier indice est un mémo confidentiel de Philip Morris, daté du 23 mars 1993 et rendu public dans le cadre d'une action en justice contre le cigarettier. La note interne présente l'appel d'Heidelberg, se félicitant qu'il "a maintenant été adopté par plus de 2 500 scientifiques, économistes et intellectuels, dont 70 Prix Nobel".
  • Jean-Pierre Hulot, ancien collaborateur de Marcel Valtat (décédé en 1993) et actuel PDG de CES, confirme au Monde que "l'appel d'Heidelberg est bien parti de CES". "Michel Salomon travaillait en free-lance pour nous", ajoute M. Hulot, qui a été mis en examen en janvier 2012 pour son rôle au sein du Comité permanent amiante.
  • Patron et fondateur de CES, Marcel Valtat est alors connu pour ses liens avec les industriels de la pharmacie et de l'amiante. "J'ai lu le texte et j'ai tout de suite soupçonné qu'il y avait des intérêts économiques derrière, poursuit Roger Cans. Par déontologie, je l'ai refusé. Je savais que, si Le Monde le publiait en exclusivité, on penserait qu'il en épousait le point de vue. C'est Le Figaro qui a finalement eu le "scoop"..." Bien sûr, l'écrasante majorité des signataires ignore tout de l'origine du texte et des motivations de ses commanditaires.


Et Jacques Duran enfonce le clou (en s'enfonçant lui-même un peu plus):
  • De fait, cet appel d'Heidelberg reflétait assez précisément ses positions sur le sujet comme en témoigne Laurence Plévert qui a consacré un grand nombre d'heures à interviewer et à enregistrer PGG, peu de temps avant son décès. Elle en a tiré un livre édité chez Belin  dans lequel elle déclare à la page 262 que "l'Appel d'Heidelberg est parfaitement conforme à son point de vue" .
"Parfaitement conforme à son point de vue", pour le savoir il ne nous reste plus qu'à commander le livre de Laurence Prévert afin de vérifier si cette citation est correcte et non sortie de son contexte...

Mais permettez-moi de douter que Pierre-Gilles de Gennes ait été si proche que cela des "opinions" de Jacques Duran...

Voyons ce que l'on peut trouver de plus récent sur ce que Pierre-Gilles de Gennes avait à dire sur le climat avant sa mort en mai 2007:
  • sur Futura Science (à l'occasion de sa disparition, en mai 2007):
    • Réchauffement climatique - Il y a un réchauffement climatique, dû sans doute en partie à l’industrie, et en partie à des effets naturels (le retrait des glaciers a commencé il y a 100 ans). Limiter l’émission de CO2 est nécessaire. La seule solution actuellement visible est le nucléaire. Ce que dit Charpak sur le nucléaire est bien documenté.
  • sur Sauvons le climat (non daté, mais publié courant 2006) :
    • « La France doit rester en tête de la lutte contre le réchauffement climatique » Par Georges Charpak *, Pierre-Gilles De Gennes * et Jean-Marie Lehn **
      * Prix Nobel de physique     ** Prix Nobel de chimie.
    •  http://www.lefigaro.fr/debats/20061226.FIG000000006_la_france_doit_rester_en_tete_de_la_lutte_contre_le_rechauffement_climatique.html
    • La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère de notre planète atteint aujourd'hui un niveau supérieur à tout ce qu'elle a connu depuis plus d'un demi-million d'années. Démarrée au début de l'ère industrielle, vers les années 1880, cette hausse est essentiellement due à l'accumulation des émissions croissantes de gaz carbonique et de méthane résultant de l'acti­vité humaine. Si nous ne faisons rien, cette hausse va se poursuivre.En très grande majorité les experts qui observent et étudient ces phénomènes sont formels : sauf à réduire les émissions, notamment celles de gaz carbonique, d'un facteur au moins égal à 2, notre globe verra sa température moyenne augmenter de plusieurs degrés au cours du présent siècle. Une telle augmentation de température, comparable en ordre de grandeur à celles qui ont suivi les périodes glaciaires, mais qui se produira de façon beaucoup plus rapide, aura des conséquences majeures sur le climat. Les conséquences qui en résulteraient sur notre santé, la végétation et les productions agricoles, le niveau des mers, les espèces vivantes, etc. sont évidemment plus difficiles à cerner, mais nul ne peut exclure que des évolutions irréversibles catastrophiques, allant jusqu'à mettre en cause les conditions de vie de l'espèce humaine, puissent se produire. Qu'attendons-nous pour agir face au réchauffement climatique qui nous menace ? Il nous faut limiter les émissions de gaz à effet de serre par tous les moyens à notre disposition.
      Si des économies d'énergie importantes sont possibles et souhaitables dans les pays développés, il est impossible d'exiger des efforts similaires de la part des pays en voie de développement. Sauf récession économique catastrophique, la consommation énergétique mondiale va continuer à croître. Il est donc capital de mettre en œuvre, chaque fois que cela est possible, des techniques de production d'énergie ne faisant pas appel aux combustibles fossiles. De telles techniques existent dans le domaine de la production d'électricité pour les réseaux centralisés : énergie nucléaire, hydroélectricité, éolien. Le solaire photovoltaïque est particulièrement bien adapté aux sites isolés et aux pays dont le réseau de distribution électrique est peu développé. Le solaire thermique, la géothermie, la biomasse bien gérée, les pompes à chaleur doivent prendre davantage de place pour le chauffage des locaux et la production d'eau chaude. Les transports demeureront encore longtemps les plus tributaires des combustibles fossiles ; il n'en est que plus important de rechercher d'autres solutions : développement des transports en commun, véhicules électriques, utilisation de l'hydrogène produit par électrolyse ou décomposition thermochimique de l'eau.
      Face aux grands pays en émergence qui vont, par nécessité et comme nous l'avons fait au cours des deux siècles passés, fonder leur développement sur le charbon, le gaz et le pétrole, et donc (sauf aboutissement suffisamment rapide des études en cours sur la séquestration du gaz carbonique) voir croître leurs rejets de gaz carbonique, les pays développés doivent démontrer que la limitation des émissions de gaz à effet de serre grâce aux technologies modernes est possible, sans handicap économique majeur et sans diminution de qualité de vie. La France (qui, grâce au nucléaire, a déjà une position enviée, avec des émissions de 6 tonnes de gaz carbonique par tête et par an, contre 10 en Allemagne et 20 aux États-Unis) doit continuer à montrer l'exemple.
      Il est temps que les Français se convainquent que l'objet du débat énergétique n'est pas de savoir s'il faut ou non « sortir du nucléaire » (un nucléaire qui, maîtrisé comme il l'est dans nos pays, ne présente que des risques minimes comparés à ceux des gaz à effet de serre), mais plutôt de savoir comment « limiter le plus possible ces combustibles fossiles qui menacent notre climat » (et non pas « sortir des combustibles fossiles », car ce serait totalement irréaliste). Nous appelons nos concitoyens et nos dirigeants à engager une politique volontariste et décidée, à la fois d'économies d'énergie et de développement de l'énergie nucléaire et des énergies renouvelables. Une telle politique est la seule qui puisse raisonnablement garantir à notre génération et aux générations futures le maintien de conditions climatiques acceptables et prévisibles.
    • Manifeste Sauvons le Climat (liste de quelques uns des 96 signataires)
      • M. Georges CHARPAK
      • M. Pierre-Gilles DE GENNES
      • M Jean-Marc JANCOVICI
Ainsi, peu de temps avant sa mort, Pierre-Gilles de Gennes avait, avec Georges Charpak et bien d'autres personnalités scientifiques, clairement exposé quelle était sa vision du changement climatique, bien éloignée de ce que tente vainement de nous faire avaler Jacques Duran.

On peut évidemment contester le caractère très "nucléarisé" de ce manifeste, en objectant qu'il sous-estime la part que peuvent prendre les énergies dites "renouvelables", mais là c'est un autre débat, pour un autre jour.

Jacques Duran et bien d'autre savants décédés

Mais Jacques Duran ne se contente pas d'enrôler quelqu'un avec qui il a travaillé, il appelle également à son secours (je ne cite que les plus illustres):
Ne manque plus que Galilée!
 
Jacques Duran, en introduction à sa Petite histoire des grands résistants à la Pensée Unique, nous dit le plus sérieusement du monde:
  • J'aurais pu aussi bien attribuer le Prix d'Honneur à ces grands savants courageux et obstinés qui, contre vents et marées, ont su discerner et imposer la vérité scientifique alors qu'ils se trouvaient en butte aux tenants de la pensée ambiante. Cela aurait fait le contre-poids du bonnet d'âne que certains se disputent dans ces temps difficiles où il ne fait pas pas bon être d'une opinion contraire à la Pensée Unique !
Dans les "bonnets d'âne" auxquels il est fait référence on trouve pêle-mêle (échantillonnage loin d'être exhaustif):
Donc pour Jacques Duran des gens comme Fred Singer, Richard Lindzen, Roy Spencer, Willie Soon, Christopher Moncton, etc. sont comparables à Einstein, Wegener, Darwin, etc.
 
Et ses "bonnets d'âne" sont les mêmes que ceux qui s'opposent aux génies et constituent ce qu'il appelle la pensée unique.
 
En matière de sergent recruteur, il faut dire que Jacques Duran est un vrai professionnel qu'il sera difficile de surpasser (même Claude Allègre est un amateur en comparaison, voir ci-après)
 

Claude Allègre et Håkan Grudd

C'est Sylvestre Huet qui fait la meilleure analyse de l'imposture de Claude Allègre, notamment avec cet article: Claude Allègre accusé de falsification par Håkan Grudd
 
Voici la courbe présentée par Claude Allègre dans son livre L'imposture climatique:
 
 Je cite Sylvestre Huet:
  • Page 48 de son livre, Claude Allègre publie un graphique dévastateur. Dévastateur pour les «scientifiques dévoyés, ambitionnant l'argent et la gloire» que sont d'après lui les climatologues ? C'est ce qu'il espérait en le publiant. Mais, comme un boomerang, il lui revient à la tête. La légende de ce graphique, dans le livre de Claude Allègre, est précise :«voici la courbe de température en fonction du temps, établie pour les périodes historiques par Grudd en 2008,et, en regard, la courbe d'augmentation du CO2 atmosphérique.»
 Mais voilà, Sylvestre Huet, en bon journaliste, demande à Håkan Grudd ce qu'il en pense, et voici sa réponse:
  • «Figure 6a in the book “L’imposture climatique” by Claude Allègre and Dominique de Montvalon claim to show my summer temperature reconstruction for northern Fennoscandia based on tree-ring maximum density (Grudd, H., 2008, Climate Dynamics). The graph below shows Figure 6a from Allègre and Montvalon (in black). Overlaid is my original curve (in red) published in the 2008 paper (Grudd, 2008). From AD 500 to about 1900 the curves are in reasonably good agreement. However, from about 1900 onwards there is a demonstrable difference between their temperature curve and my published temperature reconstruction. Furthermore, their curve seems to be extrapolated to around 2100 – my published data ends in 2004. Obviously, Allègre and Montvalon are not using my published data for the period from about 1900 onwards in their Figure 6a. Hence, their reference to Grudd, 2008, is misleading, and unethical! The Torneträsk reconstruction (Grudd, 2008) is only relevant to North Fennoscandia (as is previous ones by Briffa et al. 1990,1992). It should not be mistaken as a representation of global temperatures. Furthermore, it is a record of the summer season. Håkan Grudd, Stockholm, 18 March, 2010.»
Sylvestre Huet résume la réponse de Grudd en expliquant comme suit la triple mystification à laquelle s'est livré Claude Allègre:
  1. "Cette courbe réalisée à partir des cernes d’arbres de la région de Tornetrâsk (à l’extrême nord de la Suède) représente uniquement les températures estivales de cette région." et non la température globale comme essaie de le faire croire Claude Allègre.
  2. "Claude Allègre a dessiné une courbe très différente de celle de Grudd pour les années post 1900"
  3. "La courbe de teneur en gaz carbonique de l’air, qui n’existe pas sur le graphique de Grudd, ne correspond pas aux valeurs connues"
Håkan Grudd a depuis réalisé comme co-auteur une autre étude en 2014, cette fois avec davantage d'échantillons de cernes d'arbres:
  • Here, we select 15 tree-ring records that start before 1500 CE and which have been demonstrated to show a signal of temperature variability for a certain seasonal window. Four records are from North America, five from Europe, four from Asia and two from Oceania.
En voici le résumé: 
  • A statistical framework for evaluation of climate model simulations by comparison with climate observations from instrumental and proxy data (part 1 in this series) is improved by the relaxation of two assumptions. This allows autocorrelation in the statistical model for simulated internal climate variability and enables direct comparison of two alternative forced simulations to test whether one fits the observations significantly better than the other. The extended framework is applied to a set of simulations driven with forcings for the pre-industrial period 1000–1849 CE and 15 tree-ring-based temperature proxy series. Simulations run with only one external forcing (land use, volcanic, smallamplitude solar, or large-amplitude solar) do not significantly capture the variability in the tree-ring data – although the simulation with volcanic forcing does so for some experiment settings. When all forcings are combined (using either the small- or large-amplitude solar forcing), including also orbital, greenhouse-gas and non-volcanic aerosol forcing, and additionally used to produce small simulation ensembles starting from slightly different initial ocean conditions, the resulting simulations are highly capable of capturing some observed variability. Nevertheless, for some choices in the experiment design, they are not significantly closer to the observations than when unforced simulations are used, due to highly variable results between regions. It is also not possible to tell whether the small-amplitude or large-amplitude solar forcing causes the multiple-forcing simulations to be closer to the reconstructed temperature variability. Proxy data from more regions and of more types, or representing larger régions and complementary seasons, are apparently needed for more conclusive results from model–data comparisons in the more conclusive results from model–data comparisons in the last millennium.
 
Comme on peut le constater, Håkan Grudd n'est pas vraiment sur la même "ligne éditoriale" que Claude Allègre...
 

Claude Allègre et Thierry Dudok de Wit

En complément au précédent chapitre, Sylvestre Huet nous apprend que Claude Allègre a également  enrôlé dans son camp un astrophysicien, Thierry Dudok de Wit:
  • «Il y a, dans divers pays, de nombreux spécialistes climatologues qui, souvent au péril de leur survie scientifique, ont combattu les théorie du Giec. Lindzen, dans un article fameux du Wall Street Journal, a parfaitement décrit l'ambiance malsaine qui a longtemps prévalu dans le monde scientifique et qui explique la retenue de bon nombre de spécialistes, par exemple la quasi totalité des océanographes. Car, figurez-vous, on en était un point tel que douter simplement, c'était s'opposer, et c'était grave ! «Chercher à comprendre, c'est déjà commencer à désobéir.» Je donne donc quelques noms parmi les plus prestigieux, et sans être exhaustif : les Scandinaves Svensmark et Christensen, Dudok de Wit, etc .»
A quoi l'intéressé répond:
  • «Je suis très surpris de me voir dans cette liste, je n'ai jamais rencontré Claude Allègre. J'ai croisé son ami Vincent Courtillot, peut être est-ce cela l'origine de cette citation de mon nom dans cette liste. J'ai certes écrit un article avec un collègue allemand sur le forçage solaire avec un point de vue critique sur les analyses du Giec, mais la conclusion de l'article est que ce forçage reste petit à côté du forçage anthropogénique. Je ne suis pas un climatosceptique, je refuse d'ailleurs ces étiquettes anti ou pro-Giec et je me sens plus proche du Giec, même si je ne partage pas toutes leurs analyses».
  •  
Là non plus, Thierry Dudok de Wit ne peut pas être considéré comme partageant les mêmes vues que Claude Allègre...

 

Benoit Rittaud et Blaise Pascal

Nous terminerons notre tour d'horizon du trio terrible avec Benoit Rittaud, le grand philosophe contemporain ayant produit pour le compte de son Mythe climatique une intéressante thèse faisant intervenir le pari de Pascal, dans laquelle on peut notamment lire:
  • Même s’il n’est plus utilisé aujourd’hui pour promouvoir la foi chrétienne, et qu’il n’a même
    probablement jamais convaincu personne à ce sujet, le pari pascalien est aujourd’hui souvent
    utilisé dans sa structure lorsque les conditions suivantes sont réunies :
    - un choix à faire dans une situation considérée comme relevant d’une incertitude (c’est-à-dire
    autorisant le recours à la théorie des probabilités) ;
    - une issue considérée comme à la fois possible et « extrême », qu’elle soit positive ou
    négative.
    Positive dans sa version originelle pascalienne, les issues proposées aujourd’hui sont plus
    fréquemment négatives, conduisant à une formulation du type : « même si l’issue X est peu
    probable, ses effets seraient tels qu’on ne peut pas se permettre de l’ignorer. » Qu’il s’agisse
    des dramatiques conséquences potentielles du réchauffement climatique6 ou des merveilleux
    effets espérés de telle ou telle médecine alternative, c’est la même structure logique qui est à
    l’oeuvre. Pour le premier cas, l’on peut mentionner l’exemple de l’ancien ministre de
    l’environnement Jean-Louis Borloo début 2010 au micro d’Europe 1, tandis que le second a été illustré par le dirigeant d’une célèbre secte qui promettait, au choix, de guérir le cancer ou
    le SIDA.

On ne saura pas, dans cette thèse, ce que Benoit Rittaud reproche à Jean-Louis Borloo, mais on remarquera qu'il fait un astucieux rapprochement avec "une célèbre secte qui promettait, au choix, de guérir le cancer ou le SIDA."; évidemment Benoit Rittaud ne prétend pas que Jean-Louis Borloo est adhérent d'une secte qui promettrait de guérir quoique ce soit, mais le parallèle effectué est tellement direct qu'il faudrait être vraiment naïf pour croire que Benoit Rittaud n'a pas pensé un moment que son lecteur allait faire ce rapprochement de lui-même; Benoit Rittaud est comme ça, il est "soft" dans ses propos, jamais il ne dépasse la ligne jaune, même s'il la mordille un peu avec le tranchant du pied, et il laisse à ses lecteurs (et ses adorateurs) le soin d'aller gaiement de l'autre côté de la route, là où on dirait par exemple que Jean-Louis Borloo est un  petit rigolo que l'on peut aisément comparer à un gourou de secte prédisant l'apocalypse pour le lendemain après-midi.

Je ne suis pas un esprit aussi brillant que Benoit Rittaud et je me garderai de remettre en cause ses explications du pari de Pascal, surtout quand il explique dès le départ:
  • Dans cet article, nous abordons deux passages de l’oeuvre de Pascal qui chacun donne à voir
    une façon d’envisager les possibilités de la science. Le premier concerne les probabilités, le
    second la géométrie. Paradoxalement, c’est le premier qui sert à Pascal à affirmer la puissance
    du raisonnement tandis que le second, pourtant assis sur des siècles de certitudes rationnelles,
    est l’occasion d’un discours mystique sur les limites intrinsèques du savoir. Le premier
    explore les possibilités intellectuelles du discours probabiliste pour transcender l’incertitude
    sur un sujet aussi essentiel que l’orientation de la vie humaine. Le second démontre
    l’impossibilité de toute science de la nature et exhorte à l’humble contemplation du monde.

J'imagine que c'est "l’impossibilité de toute science de la nature [qui] exhorte à l’humble contemplation du monde" qui détermine Benoit Rittaud dans son climatoscepticisme; pour moi ce n'est que du charabia mais pour lui cela a l'air d'avoir beaucoup de sens, "transcender l’incertitude
sur un sujet aussi essentiel que l’orientation de la vie humaine" étant certainement quelque chose de très intéressant et utile dans la vie de tous les jours, mais désolé je n'arrive pas à accrocher.

 

Mais je peux quand même essayer de comprendre un minimum à partir de la définition première du pari de Pascal, à savoir:

  • je parie sur l'existence de Dieu
    • si Dieu existe je vais au paradis = je gagne indéfiniment (-b +∞)
    • si Dieu n'existe pas je retourne au néant = je perds ma mise (−b +0)
  • je parie sur l'inexistence de Dieu
    • si Dieu existe je brûle en enfer = je perds indéfiniment (+b -∞)
    • si Dieu n'existe pas je retourne au néant = je gagne ma mise (+b +0)

b signifiant les plaisirs d'une vie libertine (+b) ou les privations d'une vie vertueuse (-b)
représentant le poids d'une éternité de bonheur (+∞) ou d'une éternité de malheur (-∞)

 0 étant le néant bien entendu

 

Alors disons-le tout de suite, comme je suis athée ma conviction profonde est que je retournerai d'où je suis venu, c'est-à-dire au néant; ma position personnelle ne serait même pas de parier, mais simplement de "laisser faire", me disant que de toute façon si Dieu existe quand même c'est plutôt un chic type et la probabilité qu'il y ait un enfer est quasiment nulle, donc au pire je n'aurais pas droit aux dix mille vierges promises aux croyants et j'en serais quitte avec un camp de redressement (bon là je m'égare un peu)

 
Mais bon sang que vient faire le climat dans cette histoire et en quoi le pari de Pascal peut-il nous dire ce qu'il convient de faire ou ne pas faire?
 
Comme je l'avais fait dans mon billet spécialement dédié à Benoit Rittaud, je vais laisser la parole à deux intervenants ayant apparemment lu Le mythe climatique (ce que je ferai quand ce livre aura atteint un prix décent, inférieur à 5 euros)
  • Jean Jouzel: "[Le mythe climatique] est un livre qui n’apporte aucun argument scientifique nouveau et étayé et qui mélange parfois des considérations pseudo-philosophiques qui n’ont pas grande pertinence dans le débat. Je ne vois pas notamment l’intérêt de digresser sur le pari de Pascal. Il reprend des arguments largement débattus et même si certains sont exacts, il ne fait pas avancer la science."
  • H.Prevot: "On change alors de registre pour parler de la notion de probabilité. Le pari de Pascal est analysé et critiqué. On peut se demander ce qu’il vient faire ici. En tout cas cela permet de se rendre compte que B. Rittaud tombe dans le travers qu’il prête aux « carbocentristes ». Il entend démontrer que ce pari ne doit pas conduire à se comporter, si l’on n’a pas la foi, comme si Dieu existait. La preuve : « dans le cas du pari pascalien, notre multiplication de zéro par l’infini vaut…zéro » et, en note : « une façon de s’en convaincre consiste à envisager le produit de deux nombres a et b comme l’aire d’un rectangle de côtés a et b. Lorsque a vaut zéro et b l’infini, le rectangle devient une droite, qui n’englobe aucune surface, d’où la nullité de l’aire et, donc, du produit ». Quelle belle démonstration ! Voici un contre-exemple bien connu des élèves de terminales. Si a si vaut k fois t au carré et si b vaut h divisé par t, lorsque t va vers l’infini, a tend vers l’infini et b tend vers zéro. Le produit, qui vaut kh fois t, tend vers l’infini et non pas vers zéro Qu’un mathématicien pense river son clou à Pascal avec un raisonnement comme celui que nous tient B. Rittaud ! Tout se passe comme si son raisonnement était guidé par la conclusion qu’on veut lui trouver. "
 Je ne suis pas certain de comprendre ce que H. Prévot explique, notamment quand il dit « dans le cas du pari pascalien, notre multiplication de zéro par l’infini vaut…zéro », je ne vois pas trop où dans le pari de Pascal se situe cette multiplication de zéro par l'infini (zéro et l'infini sont à mon avis exclusifs l'un de l'autre, mais bref, je peux me tromper), quoi qu'il en soit cette histoire de pari de Pascal arrimée de force par Benoit Rittaud à la problématique du réchauffement climatique me semble un bel exemple d'essai d'enrôlement (ici d'une théorie d'un de nos grands savants) pour le compte d'une argumentation orientée (dans le sens que vous savez)
 
Si je tente quand même d'appliquer "bêtement" la matrice du pari de Pascal au réchauffement climatique j'obtiens quelque chose qui ressemble à ceci:
 
  • je parie sur l'existence du RCA (et des problèmes qu'il va engendrer)
    • si le RCA existe "je vais au paradis" = je gagne indéfiniment (-b +∞)
    • si le RCA n'existe pas "je retourne au néant" = je perds ma mise (−b +0)
  • je parie sur l'inexistence du RCA
    • si le RCA existe "je brûle en enfer" = je perds indéfiniment (+b -∞)
    • si le RCA n'existe pas "je retourne au néant" = je gagne ma mise (+b +0)
 Dans ces hypothèse je suppose que:
  • je vais au paradis = notre civilisation s'en sort à moindre mal
  • je retourne au néant = il ne se passe rien de spécial
  • je brûle en enfer = notre civilisation va à la catastrophe
Si j'ai une once de bon sens et que je pense un minimum à ma descendance et non à mes oignons (ou ognons, beurk) il est évident que j'ai tout intérêt à parier sur le RCA, au pire il ne se passe rien, et c'est tant mieux dirons-nous, par contre s'il se passe quelque chose et si je gagne je m'en sors sans trop de bobo, alors que si je perds ça va faire mal!
 
Mais c'est mon avis personnel que je donne là, sans faire appel à aucune sommité pour m'aider dans ma réflexion.

Tous les climatosceptiques et Galilée

 Je ne pouvais pas terminer ce billet sans citer, en conclusion, le fameux appel à Galilée (Galileo gambit en anglais) qui peut se résumer comme suit:
  1. ils ont persécuté Galilée, alors qu'il avait raison
  2. je suis persécuté, donc j'ai raison

Galilée s'avère être le savant le plus enrôlé par tous les adeptes de pseudosciences, et par les climatosceptiques par la même occasion.

J'ai trouvé un intéressant site (le site d'Irna) qui explique assez bien (et c'est en français) de quoi il retourne, extraits:
  • Les partisans des parasciences interprètent le débat comme la lutte d’esprits ouverts, révolutionnaires, contre la censure d’une institution omnipotente et sclérosée, qui cherche à étouffer la vérité afin d’assurer la pérennité de sa domination. Cette schématisation, qu’on appellera ici “appel à Galilée”, repose sur l’établissement d’un parallèle entre la controverse actuelle sur les parasciences et le procès de Galilée – ou plus précisément, le mythe auquel il a donné naissance.
  • l’appel à Galilée "présuppose la validité de la théorie défendue. L’adversaire, qui lui est opposé, est pressé [...] de changer d’opinion, et d’admettre la validité de la théorie présentée comme novatrice, sous peine d’attirer un jugement défavorable sur sa propre personne, puisqu’en rejetant la théorie, il reproduit l’anti-modèle."
  • il permet "de faire apparaître les adversaires des parasciences comme les gardiens de la tradition, attachés au passé, réfractaires à toute innovation, et, à l’inverse, de présenter les partisans des parasciences comme les représentants d’une théorie en plein développement, tournée vers l’avenir, dont la validité sera démontrée par l’histoire dans les années à venir."
  •  il permet également d’affirmer "la non scientificité du débat. Une des raisons fréquemment invoquées par les partisans des parasciences de l’impossibilité à résoudre le débat est l’absence d’objectivité de la part de leurs adversaires, qui rejetteraient les théories parascientifiques non parce qu’elles ne sont pas scientifiques, mais bien plutôt parce qu’elles les dérangent, d’un point de vue éthique, philosophique, ou simplement parce qu’elles mettent en danger leurs intérêts (carrières, subventions...)."
  • Il ne suffit pas d’être persécuté pour être Galilée, encore faut-il avoir raison. (A man does not attain the status of Galileo merely because he is persecuted ; he must also be right. Stephen Jay Gould in Velikovsky in Collision (en))
Le site d'Irna est en fait focalisé sur les prétendus mystères des pyramides de Bosnie et autres cas de pseudo-archéologie (comme son sous-titre l'indique)  mais on s'aperçoit assez vite des similitudes entre "pseudo-archéologie" et "climatoscepticisme", par exemple quand on lit ceci:
  • Récemment, quelques uns de ces scientifiques, des géologues, ont rédigé une lettre de protestation (bs) adressée au Recteur de l’Université des Sciences de Sarajevo, lettre dans laquelle ils s’élèvent contre l’organisation d’une "conférence", à destination des professeurs et étudiants, de M. Osmanagic, qui était annoncée pour le 29 janvier 2008, dans l’enceinte même de cette Université, la plus ancienne et la plus respectée des universités de Bosnie-Herzégovine. Il en va, disent-ils, de la respectabilité de l’Université, qui ne doit pas apparaître sur la liste des institutions qui "soutiennent" M. Osmanagic, et de l’image de la Bosnie-Herzégovine, qui est en train d’acquérir pour l’opinion internationale la réputation d’un pays où la pseudo-science l’emporte sur la science.
Cela ne vous rappelle pas une certaine lettre de protestation des climatologues à l'encontre de Claude Allègre? (en 2010)
  • C'est une chercheuse au CEA, Valérie Masson-Delmotte, 39 ans, paléoclimatologue au sein du laboratoire des sciences du climat, qui a décidé de prendre la riposte en main. Elle est à l'origine de la Lettre ouverte de protestation (lire La Croix du 2 avril) signée par 604 climatologues et envoyée notamment à la ministre de la recherche.
  • Ces « brefs éléments de réponse préliminaires » pointent, dans l'argumentaire de Claude Allègre, une série d'affirmations non étayées, d'erreurs, de confusions et, dans les séminaires de Vincent Courtillot, des « présentations volontairement biaisées ».
  • Cette réaction des climatologues n'est pas propre à la France. « Des initiatives concomitantes s'organisent partout en réaction à l'offensive climato-sceptique planétaire », précise Jean-Louis Fellous, directeur du Cospar, le Comité mondial de la recherche spatiale.
Ce qui, chez Skyfall, devient quelque chose comme Le réchauffement climatique: un débat qui dérange (au sujet d'une précédente lettre de protestation, en 2006)
  • Dès sa publication, la chronique de M. Allègre a déchaîné une véritable tempête au sein des centres de recherches et des media. On a ainsi appris que plusieurs climatologues avaient envoyé le 3 octobre 2006 une lettre de protestation à l’Académie des sciences, à l’Institut national des sciences de l’univers (INSU), au Ministère de la recherche ainsi qu’à l’Express
  • Ces deux événements illustrent ce que dénonce le climatologue Richard Lindzen dans un article pour le Wall Street Journal du 12 avril 2006, à savoir que les tenants du réchauffement global d’origine humaine cherchent à éviter tout débat sur la question, faisant ainsi croire qu’elle serait résolue
Ah! et au sujet de Skyfall, cet article de Serge Galam intitulé Pas de certitude scientifique sur le climat, donc voici un extrait:
  • Lorsque Galilée a conclu que la Terre était ronde, le consensus unanime était contre lui, s'accordant sur la platitude de la Terre. Mais lui avait la démonstration de sa conclusion. De façon similaire, à l'époque nazie la théorie de la relativité fut rejetée, estampillée comme une théorie juive dégénérée, avec à l'appui une pétition de grands scientifiques de l'époque, qui signaient du haut de leur autorité établie. Einstein aurait alors dit que des milliers de signatures n'étaient pas nécessaires pour invalider sa théorie. Il suffirait d'un seul argument, mais scientifique. Encore fallait-il qu'il existe. La difficulté avec la question du réchauffement est que s'opposer à sa cause plébiscitée peut être perçu comme un soutien à la pollution, ce qui est évidemment faux.
Non seulement Serge Galam nous produit un fabuleux double sophisme (ad Galileo + ad Hitlerum) en embauchant au passage Albert Einstein,  mais de plus il ne sait pas que ce que concluait Galilée était que la Terre tournait autour du Soleil, et non pas qu'elle était ronde, ce que même l'Eglise de son temps admettait!






3 commentaires:

  1. Bah les climatosceptiques sont ce qu'ils sont : une bande de voyous ne reculant devant rien pour faire avaler leurs couleuvres.

    A propos de Galilée l'origine du procès ne vient pas du fait qu'il reprenne les idées de Copernic, mais de sa désobéissance envers l'église qui lui avait ordonné d'utiliser le terme d'hypothèse à propos de cette théorie.

    Robert

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  2. Géd @

    Vous pourrez soumettre ceci à Minitax qui enrôle Leroy-Ladurie dans le camp des climatosceptiques (je ne peux le faire étant interdit de séjour sur skyfall..) :

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/emmanuel-le-roy-ladurie-oui-le-climat-peut-bousculer-nos-destins_1645624.html

    Robert

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    1. C'est plus ou moins ce que j'ai déjà écrit ici http://sogeco31.blogspot.fr/2015/10/il-faut-ecouter-et-lire-emmanuel-le-roy.html

      Quant à l'embauchage de Leroy Ladurie c'est moi qui en fait mention sur Skyfall à l'adresse de miniTAX (je ne suis pas encore interdit, ils me prennent pour un bouffon et ça les amuse) http://www.skyfall.fr/2016/04/11/climat-et-sante/comment-page-1/#comment-151168

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