mercredi 31 juillet 2024

Climactualités - juillet 2024

 

   Concentration de l'atmosphère en CO₂

Global Monitoring Laboratory - Carbon Cycle Greenhouse Gases (noaa.gov)

Moyenne mensuelle récente du CO₂ à l'observatoire de Mauna Loa.


Variation de la concentration en CO₂ depuis 1960.


Les lignes et symboles rouges représentent les valeurs moyennes mensuelles, centrées sur le milieu de chaque mois. Les lignes et symboles noirs représentent les mêmes valeurs, après correction pour le cycle saisonnier moyen.

Taux de croissance annuel moyen du CO₂ au Mauna Loa.


Le graphique montre les taux de croissance annuels moyens du dioxyde de carbone pour Mauna Loa. Les moyennes décennales du taux de croissance sont également représentées sous forme de lignes horizontales pour les années 1960 à 1969, 1970 à 1979, et ainsi de suite.

Voir aussi : Mauna Loa carbon dioxide forecast for 2023 - Met Office


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Divers graphiques montrant l'évolution du CO₂ et de la température au cours des âges.


Evolution du CO₂ et de la température depuis 540 millions d'années (source confex.com)



Changement en parties par million par 1000 ans (Source Climate Central)


Source Graphic: The relentless rise of carbon dioxide – Climate Change: Vital Signs of the Planet (nasa.gov)


Concentrations de l'atmosphère en CO2 depuis 500 millions d'années (source Earth.Org)


Evolution (estimation) de la température durant les 500 millions d'années passées (source Earth.Org)


Attention ! L'échelle des abscisses des deux derniers graphiques n'est pas la même !


Liens utiles (tirés de ens-lyon.fr) :


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ENSO



La Niña Watch

Forecasters have issued a La Niña Watch, indicating that the cool phase of the El Niño-Southern Oscillation ("ENSO") climate pattern is likely to develop in coming months, with a 79% chance it will be in place for the Northern Hemisphere winter. Whether it will arrive in time to exert a strong influence on the Atlantic hurricane season is still uncertain. Forecasters currently place the odds at 70 percent chance that La Niña will have settled in by the August-October season. 

Les prévisionnistes ont émis une veille La Niña, indiquant que la phase froide du schéma climatique El Niño-Oscillation australe (« ENSO ») est susceptible de se développer dans les mois à venir, avec 79 % de chances qu'elle soit en place pour l'hiver de l'hémisphère nord. On ne sait pas encore si elle se manifestera à temps pour exercer une forte influence sur la saison des ouragans dans l'Atlantique. Les prévisionnistes estiment actuellement à 70 % les chances que La Niña s'installe d'ici la saison août-octobre. 


Index ENSO de 2015 à 2024 (source weather.plus)


Index ENSO de 1950 à 2024 (source weather.plus)


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Données de températures de la NOAA

Climate Change: Global Temperature | NOAA Climate.gov.

Température annuelle de surface comparée à la moyenne de 1901 à 2000.



FAITS MARQUANTS (PUBLIÉ LE 18 JANVIER 2024)

  • La température de la Terre a augmenté en moyenne de 0,11° Fahrenheit (0,06° Celsius) par décennie depuis 1850, soit environ 2° F au total.
    • Depuis 1982, le réchauffement est trois fois plus rapide : 0,36° F (0,20° C) par décennie.
  • L'année 2023 a été, de loin, l'année la plus chaude depuis le début des relevés mondiaux en 1850.
    • La température est supérieure de 2,12 °F (1,18 °C) à la moyenne du 20e siècle, qui est de 57,0 °F (13,9 °C).
    • La température a dépassé de 2,43 °F (1,35 °C) la moyenne de l'ère préindustrielle (1850-1900).
  • Les dix années les plus chaudes de l'histoire se sont toutes produites au cours de la dernière décennie (2014-2023).

Voir aussi l'évaluation du climat mondial en 2023 : Assessing the Global Climate in 2022 | News | National Centers for Environmental Information (NCEI) (noaa.gov)

La Terre a connu l'année la plus chaude jamais enregistrée ; le contenu thermique des océans supérieurs a atteint un niveau record, tandis que la glace de mer de l'Antarctique a atteint un niveau historiquement bas.

Faits marquants : 

  • La NOAA classe 2023 comme l'année la plus chaude dans son registre des températures mondiales, qui remonte à 1850. 
  • Il y a une chance sur trois que 2024 soit plus chaude que 2023 et 99 % de chances que 2024 se classe parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées.  

  • Le contenu thermique de la couche supérieure de l'océan - la quantité de chaleur stockée dans les 2000 premiers mètres de l'océan - a atteint un niveau record en 2023. 

  • L'étendue moyenne annuelle de la glace de mer arctique a été l'une des dix plus faibles depuis 1979, et l'étendue de la glace de mer antarctique a été la plus faible jamais enregistrée. 

  • En 2023, 78 tempêtes tropicales ont été recensées dans le monde, ce qui est inférieur à la moyenne, et 20 dans l'Atlantique Nord, ce qui est nettement supérieur à la moyenne.


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GISS L-OTI anomalies de températures vs 1881-1910

data.giss.nasa.gov

Ecarts de températures pour le mois de juin 2024 par rapport à la période de référence 1881-1910.

Rappel des années précédentes avec leur classement :

  • année 2023 : 1.43 => 1
  • année 2022 : 1.13 => 6
  • année 2021 : 1.11 => 7
  • année 2020 : 1.24 => 3
  • année 2019 : 1.21 => 4
  • année 2018 : 1.08 => 8 
  • année 2017 : 1.17 => 5 
  • année 2016 : 1.26 => 2


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Elévation du niveau moyen des mers

Mean Sea Level: Aviso+ (altimetry.fr)

Depuis le début des mesures altimétriques par satellite en 1993, le niveau moyen global des mers s'est élevé de plus de 10 cm.


Niveau moyen global de référence (GMSL) basé sur les données des missions TopEx/Poseidon, Jason-1, Jason-2, Jason-3 et Sentinel-6MF de janvier 1993 à aujourd'hui, après élimination des signaux annuels et semi-annuels en appliquant un filtre de 6 mois et une correction pour le rebond postglaciaire (mis à jour le 13/07/2024)


Depuis 1993 :

Depuis 1993 : 3,61 mm / an (source Aviso)


Sur les 10 dernières années :

Sur les 10 dernières années : 4,43 mm / an (source Aviso)


Sur les 5 dernières années :

Sur les 5 dernières années : 4,60 mm / an (source Aviso)


Résumé :

  • depuis 1993 (début des mesures)...........+3,61 par an ;
  • depuis 10 ans...................................+4,43 par an ;
  • depuis 5 ans....................................+4,60 par an.


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Polar Science Center

psc.apl.uw.edu

Evolution du volume de la banquise arctique de PIOMAS par rapport à la moyenne de la période 1979-2023.


11. Moyenne annuelle du volume de glace de mer de PIOMAS


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Polar Portal

Greenland: Polar Portal

  • Conditions de surface du Groenland :
Bilan de masse de surface du Groenland (journalier)

La carte illustre comment la surface de la calotte glaciaire du Groenland gagne et perd de la masse chaque jour. Cette différence entre les chutes de neige et le ruissellement est connue sous le nom de bilan massique de la surface. Elle est toujours positive au cours d'une année car toute la neige tombée ne s'écoule pas à nouveau de la calotte glaciaire.

Le bilan massique de surface n'est PAS identique au bilan massique TOTAL (c'est-à-dire le gain ou la perte globale de la calotte glaciaire), qui comprend également la masse perdue lorsque les glaciers vêlent des icebergs, la fonte des langues de glacier lorsqu'elles entrent en contact avec l'eau de mer chaude et les effets de friction et autres au fond de la calotte glaciaire.

Bilan de masse de surface du Groenland (cumul)

  • Changement de masse du Groenland :
Changement de masse et impact sur le niveau des mers.

La carte et le graphique montrent l'augmentation de la masse de glace lorsqu'il y a des précipitations, et la quantité de cette masse qui est perdue lorsque la neige et la glace fondent et lorsque des icebergs se détachent des principaux glaciers de sortie de la calotte glaciaire. La différence entre ces changements de masse au cours d'une année glaciologique (septembre-août) est appelée le bilan massique total de l'inlandsis groenlandais.

Tous les changements sont donnés par rapport à avril 2002.

Sur la base de ces données, on constate qu'au cours de la période 2003-2011, l'inlandsis groenlandais a perdu 234 km3 d'eau par an, ce qui correspond à une contribution annuelle à l'augmentation moyenne du niveau de la mer de 0,65 mm (Barletta et al. (2013).


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Arctic Data archive system (ADS)

ads.nipr.ac.jp/vishop/#/extent

Evolution de l'étendue de la banquise arctique.

Evolution de l'étendue de la banquise antarctique.

Evolution globale des deux banquises arctique et antarctique.

Voir également


Historique des Climactualités (l'Arctique est mentionné en premier ; en bleu les valeurs minimales, en jaune les maximales ; la valeur entre parenthèses est la variation par rapport à l'année précédente)

Valeurs en millions de km².

Moyenne des années 1980 à la même date : 8,97 + 16,82 = 25,78 (+4,70)

Juillet 2024 : 6,14 + 14,94 = 21,08 (-0,30)
Juin 2024 : 9,36 + 12,90 = 22,26 (+0,90)
Mai 2024 : site en maintenance
Avril 2024 : 12,82 + 7,69 = 20,51 (+0,92)
Mars 2024 : 14,12 + 4,19 = 18,31 (+0,57)
Février 2024 : 14,25 + 2,43 = 16,68 (+0,67)
Janvier 2024 : 13,56 + 2,63 = 16,19 (+0,55)
Décembre 2023 : 12,49 + 6,71 = 19,20 (+1,67)
Novembre 2023 : 10,01 + 12,38 = 22,39 (-1,04)
Octobre 2023 : 8,14 + 15,67 =23,81 (-0,98)
Septembre 2023 : 4,46 + 16,78 = 21,24 (-1,73)
Août 2023 : 4,56 + 16,37 = 20,93 (-1,64)
Juillet 2023 : 6,78 + 14,60 = 21,38 (-1,24)
Juin 2023 : 9,34 + 12,02 = 21,36 (-1,32)
Mai 2023 : 11,29 + 9,70 = 20,99 (-1,09)
Avril 2023 : 12,87 + 6,72 = 19,59 (-0,75)
Mars 2023 : 13,71 + 4,02 = 17,74 (-0,21)
Février 2023 : 13,97 + 2,04 = 16,01 (-0,30)
Janvier 2023 : 13,13 + 2,51 = 15,64 (-1,05)
Décembre 2022 : 12,13 + 5,41 = 17,53 (-1,29)
Novembre 2022 : 10,19 + 13,24 = 23,43 (-0,84)
Octobre 2022 : 8,10 + 16,69 = 24,79 (-0,15)
Septembre 2022 : 5,01 + 17,97 = 22,97 (-0,11)
Août 2022 : 5,06 + 17,51 = 22,57 (-1,05)
Juillet 2022 : 6,74 + 15,88 = 22,62 (-1,15)
Juin 2022 : 9,32 + 13,36 = 22,68 (-1,22)
Mai 2022 : 11,60 + 10,49 = 22,08 (-0,87)
Avril 2022 : 12,84 + 7,50 = 20,34 (-0,96)
Mars 2022 : 13,79 + 4,16 = 17,95 (-1,20)
Février 2022 : 14,14 + 2,17 = 16,31 (-0,44)
Janvier 2022 : 13,70 + 3,00 = 16,69 (-0,23)
Décembre 2021 : 12,50 + 6,32 = 18,82 (-0,32)
Novembre 2021 : 10,79 + 13,48 = 24,27 (+0,37)
Octobre 2021 : 7,97 + 16,98 = 24,94 (+0,99)
Septembre 2021 : 5,04 + 18,04 = 23,08 (+0,20)
Août 2021 : 5,05 + 18,57 = 23,62 (+1,14)
Juillet 2021 : 6,38 + 17,39 = 23,77 (+1,48)
Juin 2021 : 9,09 + 14,81 = 23,90 (+0,33) 
Mai 2021 : 11,29 + 11,66 = 22,95 (+0,54)
Avril 2021 : 12,82 + 8,48 = 21,3 (+0,78)
Mars 2021 : 13,62 + 5,53 = 19,15 (+0,65)
Février 2021 : 13,73 + 3,02 = 16,75 (-0,35)
Janvier 2021 : 13,43 + 3,50 = 16,92 (-0,13)
Décembre 2020 : 12,07 + 7,07 = 19,14 (+0,23)
Novembre 2020 : 9,71 + 14,19 = 23,90 (+0,77)
Octobre 2020 : 6,02 + 17,94 = 23,95 (-0,33)
Septembre 2020 : 4,08 + 18,81 = 22,88 (+0,22)
Août 2020 : 4,06 + 18,43 = 22,48 (+0,26)
Juillet 2020 : 5,78 + 16,51 = 22,29 (-0,17)
Juin 2020 : 9,18 + 14,39 = 23,57 (+0,80)
Mai 2020 : 10,83 + 11,58 = 22,41 (+1,35)
Avril 2020 : 12,60 + 7,92 = 20,52 (+1,30)
Mars 2020 : 13,56 + 4,94 = 18,50 (+0,94)
Février 2020 : 14,30 + 2,81 = 17,10 (+0,64)
Janvier 2020 : 13,63 + 3,42 = 17,05 (+0,56)
Décembre 2019 : 12,26 + 6,65 = 18,91 (+0,99)
Novembre 2019 : 9,85 + 13,27 = 23,13 (-0,67)
Octobre 2019 : 7,06 + 17,21 = 24,28 (+0,01)
Septembre 2019 : 4,31 + 18,35 = 22,66 (-0,03)
Août 2019 : 4,34 + 17,89 = 22,23 (-0,27)
Juillet 2019 : 6,08 + 16,39 = 22,46 (-0,65)
Juin 2019 : 9,09 + 13,68 = 22,77 (-1,01)
Mai 2019 : 10,88 + 10,18 = 21,06 (-0,61)
Avril 2019 : 12,56 + 6,66 = 19,22 (+1,07)
Mars 2019 : 13,73 + 3,83 = 17,56 (+0,19)
Février 2019 : 14,02 + 2,44 = 16,46 (+0,47)
Janvier 2019 : 13,48 + 3,01 = 16,49 (+0,35)
Décembre 2018 : 11,85 + 6,07 = 17,92 (-0,97)
Novembre 2018 : 10,54 + 13,26 = 23,8 (+0,48)
Octobre 2018 : 7,18 + 17,09 = 24,27 (-0,82)
Septembre 2018 : 4,68 + 18,01 = 22,69
Août 2018 : 4,8 + 17,7 = 22,5
Juillet 2018 : 6.67 + 16.44 = 23.11
Juin 2018 : 9.19 + 14.59 = 23.78
Mai 2018 : 11.02 + 10.65 = 21.67
Avril 2018 : 12.82 + 6.33 = 18.15
Mars 2018 : 13.87 + 3.50 = 17.37
Février 2018 : 13.68 + 2.31 = 15.99
Janvier 2018 : 12.68 + 3.46 = 16.14
Décembre 2017 : 11.76 + 7.13 = 18.89
Novembre 2017 : 10.07 + 13.25 = 23.32
Octobre 2017 : 7.82 + 17.27 = 25.09
Septembre 2017 : pas de stats

jeudi 25 juillet 2024

Tout sauf le CO₂ (il parait selon certains)

 Nous venons de battre le record de température comme nous l'ont indiqué de nombreux climatologues ou météorologues comme par exemple Guillaume Jausseau :

🌍🔥Le record de temp moyenne à la surface du globe vient d'être battu avec 17.15°C, soit une anomalie de 1.69°C par rapport à l'ère préindustrielle. Alors qu'auparavant nous dépassions les records précédents de 0.01°C, le 22 juillet, l'écart est de 0.06°C, c'est inédit.

Les 49 derniers records de température à la surface du globe.

Et nous savons déjà que 2023 fut l'année la plus chaude jamais enregistrée comme cela a été confirmé par l'OMM :

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a officiellement confirmé que 2023 est de loin l’année la plus chaude jamais enregistrée.

La courbe des températures présentée par l'organisation se passe de commentaire :

Différence de température moyenne globale (°C) par rapport à la moyenne 1850-1900.


Et pourtant, malgré l'agonie d'El Niño et le plus que probable retour de La Niña d'ici la fin de l'année, 2024 pourrait bien être encore plus chaude que 2023 ! Ainsi le site Carbon Brief nous dit dans State of the climate: 2024 now very likely to be warmest year on record :

As 2024 passes its midpoint, the global climate continues to push into uncharted territory.

À mi-parcours de l'année 2024, le climat mondial continue de s'enfoncer dans des territoires inexplorés.

Et la probabilité que 2024 soit plus chaude que 2023 est proche des 100% :

Carbon Brief’s analysis indicates a 95% probability that this year will surpass 2023 as the warmest year on record in the Copernicus/ECMWF ERA5 dataset.

L'analyse de Carbon Brief indique une probabilité de 95 % que cette année dépasse 2023 en tant qu'année la plus chaude jamais enregistrée dans l'ensemble de données Copernicus/ECMWF ERA5.

Voici d'ailleurs le graphique qui justifie cette probabilité très élevée :

Températures pour chaque mois de 1940 à 2024.

Cela fait donc 13 mois en suivant que la température de la Terre bat son précédent record !

Cependant les records de 2024 sont battus avec une plus faible marge qu'en 2023 :

Marge par laquelle les nouveaux records mensuels de température ont été établis au cours des 13 derniers mois.

Alors la question qui se pose est de savoir pourquoi l'année 2023 a été chaude à ce point, et c'est là que les habituels originaux se distinguent, tels les bras cassés climato-irréalistes qui nous régalent d'un article de l'ineffable Javier Vinós qu'ils sont allés pêcher chez l'inénarrable Judith Curry.

Javier Vinós a son rond de serviette à la fois chez Anthony Watts et chez Judith Curry, ce qui prouve son immense talent, mais qui est-il en réalité ?

Le mieux est de regarder sa vidéo dans laquelle il avoue lui-même qu'il n'est pas climatologue mais biologiste moléculaire, ce qui, vous en conviendrez, lui accorde le droit de réfuter la science du climat résumée dans les rapports du GIEC ainsi que de se proposer sans rire de, je cite, résoudre l'énigme du climat (solving the climate puzzle en haut à droite pour les mal-comprenants) :

Javier Vinós, celui qui va trouver la solution à l'énigme du climat.

 Au fait, Solving the climate puzzle est un bouquin qu'il a écrit, comme quoi il a de la suite dans les idées quand il s'agit de mettre un peu de beurre dans les épinards. Et si cela vous fait penser à des gars comme Benoit Rittaud ou François Gervais qui eux aussi ont réussi à monétiser leurs compétences en lavage de cerveaux c'est que vous avez été attentifs et je vous en félicite.

Donc que nous dit cet éminent spécialiste en biologie moléculaire au sujet de l'année 2023 ? Eh bien que non ce n'est pas le CO₂ qui est le responsable du record de température qu'elle détient jusqu'à présent, non, non, tenez-vous bien, ce qui a provoqué les fortes chaleurs c'est tout simplement...le volcan Hunga Tonga !

J'avais déjà évoqué ici ( voir (encore de très) Gros problèmes de compréhension chez Skyfall (9) et Idée fixe chez Skyfall) un débile mental qui croyait (et qui apparemment croit toujours) que les volcans sous-marins sont à l'origine du réchauffement des océans, nous avons maintenant un artiste qui nous affirme qu'un volcan à lui seul est responsable d'un réchauffement de l'atmosphère inédit.

Le problème pour ce tartufe et tous ceux qui le badent (cherchez la définition de ce verbe si vous ne la connaissez pas, ça vous occupera un moment) c'est que les véritables experts en la matière ne sont pas du tout d'accord avec eux.

Ainsi Andrew Dessler, une pointure dans le domaine, est le co-auteur d'une étude intitulée Evolution of the Climate Forcing During the Two Years After the Hunga Tonga‐Hunga Ha'apai Eruption dont je vous livre le résumé pour les novices (Plain Language Summary) :

The Hunga Tonga-Hunga Ha'apai (Hunga) submarine volcanic eruption on 15 January 2022, produced aerosol and water vapor plumes in the stratosphere. These plumes have persisted mostly in the Southern Hemisphere throughout 2022 and into 2023. Enhanced tropospheric warming due to the added stratospheric water vapor is offset by the larger stratospheric aerosol attenuation of solar radiation. Hunga induced circulation changes that reduce stratospheric ozone and lower temperatures also play a role in the net forcing. The change in the radiative flux would result in a very slight 2022/3 cooling in Southern Hemisphere. The Hunga climate forcing has decreased to near zero by the end of 2023. 
L'éruption volcanique sous-marine Hunga Tonga-Hunga Ha'apai (Hunga) du 15 janvier 2022 a produit des panaches d'aérosols et de vapeur d'eau dans la stratosphère. Ces panaches ont persisté principalement dans l'hémisphère sud tout au long de l'année 2022 et jusqu'en 2023. Le réchauffement accru de la troposphère dû à l'ajout de vapeur d'eau stratosphérique est compensé par l'atténuation plus importante du rayonnement solaire par les aérosols stratosphériques. Les changements de circulation induits par Hunga, qui réduisent l'ozone stratosphérique et abaissent les températures, jouent également un rôle dans le forçage net. La modification du flux radiatif entraînerait un très léger refroidissement de 2022/3 dans l'hémisphère sud. Le forçage climatique dû à Hunga est pratiquement nul à la fin de l'année 2023.
A retenir pour ceux qui auraient la flemme de tout lire :

Le forçage climatique dû à Hunga est pratiquement nul à la fin de l'année 2023.


Pour conclure je vous laisse décider qui d'un biologiste moléculaire n'ayant aucune étude sur le climat à son actif (à part quelques bouquins ayant dû lui rapporter quelques royalties) et d'un climatologue internationalement reconnu est le plus crédible dans l'affaire.

Et s'il s'avère que 2024 est encore plus chaude que 2023 est-ce que le charlatan Javier Vinós nous sortira de son chapeau un autre lapin dans le même genre, sachant que l'éruption date de janvier 2022 et que la vapeur d'eau a depuis eu le temps de se dissiper en grande partie ?


En ce qui me concerne j'ai comme dans l'idée que nous ne sommes pas près de voir un refroidissement de l'atmosphère, et j'ai dans mes munitions un graphique suffisamment parlant :

Variation de la concentration en CO₂ depuis 1960 (source noaa)


Est-il vraiment nécessaire d'en dire davantage ?


mercredi 24 juillet 2024

L'immigration passée au scanner par Paul Krugman

 Kamala Harris remplace donc Joe Biden pour les prochaines élections de novembre, et c'est un grand soulagement pour tous ceux qui ont plus de deux neurones en activité et savent qu'un Donald Trump réélu ne serait pas vraiment un progrès pour l'humanité.

Il est un domaine où elle risque d'être attaquée, c'est celui de l'immigration dont elle avait la charge en tant que vice-présidente, mais Paul Krugman nous explique, chiffres et arguments à l'appui, dans Immigration Is Great for Jobs, Actually, que ce n'est pas un problème pour les Etats-Unis. Est-ce que cela servira à Kamala dans ses prochaines joutes avec le clown orange ? Nous verrons bien.


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A vrai dire, l'immigration est une bonne chose pour l'emploi


Chroniqueur d'opinion


À la veille de l'élection de 2020, Donald Trump, dans un message publié sur la plateforme anciennement connue sous le nom de Twitter, a déclaré aux électeurs que « cette élection est un choix entre une reprise de TRUMP ou une dépression de BIDEN. » Pas tout à fait. Depuis l'entrée en fonction du président Biden, les États-Unis ont gagné 15,7 millions d'emplois.

Tous les salariés, total non agricole (source Federal Reserve Economic Data)


Cependant, Trump a rejeté les bonnes nouvelles concernant l'emploi, affirmant que tous les gains d'emplois allaient aux immigrés illégaux. Dans ma dernière chronique, j'ai abordé sa nouvelle affirmation selon laquelle l'immigration a eu un effet dévastateur sur les travailleurs noirs (ce n'est pas le cas)


Ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'une grande partie de la croissance récente de l'emploi a concerné les immigrés. Mais cette croissance s'est-elle faite au détriment des personnes nées dans le pays ?

Non. Mais comment le savons-nous ? Et comment devrions-nous réfléchir à l'effet de l'immigration récente sur l'emploi ?


Avant que je ne présente les chiffres, il y a trois qualifications à prendre en compte.

Premièrement, bien que nous disposions d'estimations mensuelles de l'emploi qui font la distinction entre les travailleurs nés dans le pays et ceux nés à l'étranger (bien qu'elles ne distinguent pas les sans-papiers), ces chiffres ne sont pas ajustés pour tenir compte des variations saisonnières. Plutôt que d'essayer d'effectuer ma propre correction des variations saisonnières, je me contenterai d'utiliser les moyennes sur 12 mois, qui sont suffisantes pour les besoins actuels.

Deuxièmement, de nombreux experts estiment que les chiffres standards, basés sur l'enquête sur la population actuelle (Current Population Survey), sous-estiment la récente poussée de l'immigration. Je noterai les cas où cela fait une différence, mais cela ne change pas le tableau général.

Enfin, lorsqu'on examine la croissance récente de l'emploi, le choix du point de départ a son importance. M. Biden a hérité d'une économie encore déprimée par les effets du Covid-19, et une partie de la croissance de l'emploi sous son mandat reflétait une reprise par rapport à cet état de dépression. Il est sans doute plus logique de comparer l'économie actuelle avec l'économie à la veille du Covid. Je ferai les deux, en examinant à la fois la croissance de l'emploi depuis 2020 et la croissance de l'emploi à partir de l'année prépandémique 2019.

Bon, c'est parti. Tout d'abord, comparons l'emploi moyen au cours des 12 mois se terminant en juin 2024 avec l'emploi en 2019 et l'emploi au cours de l'année pandémique 2020 :

Croissance de l'emploi (en milliers) - Bureau of Labor Statistics


Depuis 2020, l'emploi des travailleurs nés dans le pays et des travailleurs nés à l'étranger a fortement progressé, mais cette progression est en grande partie le résultat de la reprise après le creux de la vague de la pandémie. Par rapport à l'économie prépandémique, les gains d'emplois ont été beaucoup plus faibles, en particulier pour les personnes nées dans le pays. Les immigrants ont donc été à l'origine de la majeure partie de la croissance de l'emploi - peut-être plus que ne l'indique le graphique, si l'immigration a été sous-estimée - mais pas de la totalité.

La question est toutefois de savoir si les emplois occupés par les immigrés auraient été attribués à des travailleurs nés dans le pays si l'immigration avait été moins importante.

Eh bien, si les immigrés volaient nos emplois, on s'attendrait à une forte hausse du chômage chez les autochtones. Ce n'est pas le cas. Le taux de chômage des travailleurs nés dans le pays est proche de son plus bas niveau historique :


Chômage des personnes nées dans le pays (moyenne sur 12 mois) - Bureau of Labor Statistics


Mais certains militants anti-immigration affirment que le chômage n'est faible que parce que les immigrés ont chassé les Américains de naissance de la population active ; en effet, on n'est compté comme chômeur que si l'on est activement à la recherche d'un emploi.

En réalité, la part des adultes nés dans le pays et faisant partie de la population active - qu'ils soient employés ou au chômage - a légèrement diminué depuis 2019 :


Participation au marché du travail des personnes nées dans le pays (moyenne sur 12 mois) - Bureau of Labor Statistics


Or ce phénomène était à la fois prévisible et prédit, non pas à cause de l'immigration mais en raison du vieillissement de la population née dans le pays. Les projections du Congressional Budget Office publiées en janvier 2020 - alors que personne ne savait que la pandémie ou la vague d'immigration allaient arriver - prévoyaient déjà une baisse du taux de participation à la population active à mesure que les baby-boomers prenaient leur retraite.


Prévisions du marché du travail en janvier 2020 - source Congressional Budget Office ; Bureau of Labor Statistics

Ainsi la quasi-stagnation de l'emploi des personnes nées dans le pays n'est pas un problème de demande, où les gens ne travaillent pas parce qu'ils ne trouvent pas d'emploi. Il s'agit plutôt d'un problème d'offre, où les gens ne travaillent pas parce qu'ils ont atteint l'âge de la retraite. Nous avons été en mesure de réaliser de fortes augmentations de l'emploi global uniquement parce que des immigrants en âge de travailler sont venus en Amérique. Si nous n'avions pas eu d'immigrants, nous n'aurions pas eu les emplois.


Qu'en est-il de l'impact de l'immigration sur les salaires ? Il y a quelques décennies, de nombreux économistes, dont moi-même, pensaient que les immigrés ayant un faible niveau d'éducation formelle étaient en fait en concurrence avec les travailleurs nés dans le pays qui n'avaient pas non plus de diplômes. Mais la plupart des économistes du travail estiment aujourd'hui que les immigrés ne sont pas en concurrence directe avec les travailleurs nés dans le pays ; ils apportent des compétences différentes et occupent des emplois différents. En outre, ces dernières années, marquées par une forte immigration, ont également été marquées par une croissance exceptionnelle des salaires des personnes les moins bien rémunérées.

Au cours des 45 dernières années, les travailleurs à bas salaires n'ont connu que deux périodes de croissance soutenue des salaires (source briefingbook.info)

Donc aucune de ces affirmations négatives sur les effets de l'immigration ne tient la route. Mais existe-t-il des effets positifs importants ? (Mis à part les avantages pour les immigrants eux-mêmes, qui peuvent être très importants - je suis très heureux, pour de multiples raisons, que mes grands-parents aient quitté l'Empire russe).

Il y a de bonnes raisons, même si elles ne sont pas irréfutables, de penser que l'immigration a contribué à limiter l'inflation ces dernières années. Normalement, comme l'a récemment fait remarquer Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, l'immigration a des effets plus ou moins neutres sur l'inflation : Les immigrants augmentent l'offre, mais ils contribuent également à la demande. Or, au lendemain de la pandémie, les sommes colossales consacrées à l'aide ont gonflé la demande ; cette explosion de la demande a été plus facile à absorber sans inflation soutenue, car l'immigration a permis une croissance rapide de l'emploi.

À plus long terme, l'essentiel est d'ordre fiscal. Les immigrants adultes sont généralement en âge de travailler, ce qui signifie qu'ils passeront des années à payer des impôts avant de pouvoir bénéficier de Medicare et de la sécurité sociale, qui représentent une grande partie des dépenses fédérales. Bien que ce point soit un peu brutal, les immigrés sans papiers sont particulièrement bénéfiques pour le budget, car ils paient des charges sociales (qui sont perçues par les employeurs) sans être éligibles à des prestations futures.

Donc, non, les immigrés ne prennent pas nos emplois. Tout ce qui se passe dans l'économie nuit à quelqu'un : Il y a sans aucun doute des endroits où les immigrants ont fait grimper les coûts du logement, ou des endroits où les Américains nés dans le pays ou les immigrants légaux ont été confrontés à une concurrence accrue en matière d'emploi. Mais les histoires alarmistes ne correspondent pas aux faits.

Paul Krugman est chroniqueur d'opinion depuis 2000 et est également professeur distingué au Graduate Center de la City University of New York. Il a reçu le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel en 2008 pour ses travaux sur le commerce international et la géographie économique. 


*****

Ce qui est étonnant dans ce texte c'est que les arguments qu'il contient peuvent également s'appliquer à d'autres pays que les Etats-Unis, dont...la France !

Il suffit de le relire avec à l'esprit la situation dans notre pays afin de mieux comprendre pourquoi l'immigration chez nous, même si elle peut parfois poser des problèmes qu'il ne faut pas balayer sous le tapis, est en fait indispensable au bon fonctionnement de notre économie (et donc de notre société)


mardi 9 juillet 2024

Et un de moins

 Max Planck aurait écrit :

A new scientific truth does not triumph by convincing its opponents and making them see the light, but rather because its opponents eventually die, and a new generation grows up that is familiar with it.

Une nouvelle vérité scientifique ne triomphe pas en convainquant ses opposants et en leur faisant voir la lumière, mais plutôt parce que ses opposants finissent par mourir, et qu'une nouvelle génération grandit et se familiarise avec elle.

Je tire cette citation d'une étude intitulée Does Science Advance One Funeral at a Time?.

La partie intéressante et qui est l'objet de ce billet est celle-ci :

ses opposants finissent par mourir

Les opposants en question sont en principe eux-mêmes des scientifiques versés dans le domaine faisant l'objet d'une controverse, mais il se trouve parfois, et même assez souvent, que ces opposants se recrutent parmi soit des scientifiques qui s'expriment en-dehors de leur domaine d'expertise, soit carrément chez des non-scientifiques ayant une certaine autorité qui les rend susceptibles de causer des dommages à la science par leurs prises de position motivées par leur idéologie ou par des intérêts purement financier.

Ainsi nous apprenons, dans The New York Times, le décès de James Inhofe à l'âge de 89 ans :

An Oklahoma Republican who led the Environment Committee, he took hard-right stands on many issues but was especially vocal in challenging evidence of global warming.

Ce républicain de l'Oklahoma, qui a dirigé la commission de l'environnement, a adopté des positions de droite dure sur de nombreux sujets, mais il s'est montré particulièrement virulent en contestant les preuves du réchauffement climatique.

Nous avions précédemment eu à déplorer (non) les décès de Fred Singer et plus près de nous de personnes sans importance tels que Jacques Duran, István Markó ou, très récemment, Jacques Henry, plus quelques autres que j'oublie ou dont le trépas est passé complètement inaperçu. Quels seront les prochains ? Claude Allègre ? François Gervais ? Peu importe, en vérité je souhaite longue vie à eux, la plus longue qui soit afin que leur honte soit à leur niveau maximal quand l'heure sera venue.

Benoit Rittaud, qui a 50 ans, a encore devant lui plusieurs décennies à tenter de convaincre de moins en moins de gogos que le réchauffement climatique causé par les activités anthropiques ne serait pas une urgence pour les pouvoirs publics qui feraient mieux, d'après lui, de se consacrer à des problèmes comme la faim dans le monde, laquelle d'ailleurs, toujours d'après lui, serait en diminution comme il l'expliquat en 2016 dans Contrepoints :

Revoilà les angoisses pour 2050 remises au goût du jour dans le Le Monde. Celui-ci, dans ses inimitables pages « Planète », titre en effet sur L’effet mortifère du réchauffement climatique sur l’alimentation en se fondant sur une nouvelle étude-qui-fait-peur publiée par le Lancet. Cette fois, ce sont 529 000 morts qui nous sont annoncés à l’horizon 2050, en raison de la chute à prévoir des rendements agricoles, causés bien sûr par le réchauffement climatique.

Et de montrer quelques statistiques destinées bien sûr à nous rassurer, sauf que...

Sauf que quand on consulte les données actuelles on obtient une tout autre image de la situation comme nous l'expliquait le site de l'ONU en juillet 2023:

À l’échelle mondiale, plus de 122 millions de personnes supplémentaires souffrent de la faim par rapport à 2019, en raison de la pandémie, des chocs météorologiques à répétition et des conflits, notamment de la guerre en Ukraine, selon un nouveau rapport publié mercredi par cinq agences des Nations Unies.

Alors qui croire ? Benoit Rittaud ou l'ONU ?

Faudra-t-il attendre le décès de notre éminent mathématimancien afin que cessent les fausses informations concernant le climat et quelques autres sujets de préoccupation traités par-dessus la jambe par des incompétents ayant accès à des médias étonnement soit d'extrême droite soit ultra-libéraux ?


Ni la peste, ni le choléra, une simple grosse fièvre

 Dimanche dernier nous avons évité la honte, mais nous devons bien être conscients que ce n'est peut-être que partie remise.

En effet, même si le RN arrive en troisième position seulement en nombre de sièges, il est bien la première formation politique homogène si l'on compte en nombre de voix.

Le site gouvernemental interieur.gouv.fr nous donne les résultats suivants :

Résultats des "nuances" ayant obtenu plus de 1% des voix des inscrits.

Wikipédia donne des chiffres légèrement différents (ils sont toujours...provisoires !) mais qui ne changent pas les ordres de grandeur et ont l'avantage d'être présentés dans un seul tableau où figurent également les élus du 1er tour :

Résultats provisoires par nuances.

Ainsi le RN arrive largement en tête avec quelques 1,7 millions de voix supplémentaires par rapport à l'union de la gauche et plus de 2,4 millions de plus que la "majorité" présidentielle. Ce n'est donc qu'en nombre de sièges que le RN ne fait pas mieux que la troisième place, ce qui ne peut que nous rassurer très temporairement.

Comme je l'avais dit dans un précédent billet le RN ne pouvait espérer un meilleur scénario que celui-ci, puisqu'il leur évite de devoir (tenter de) gouverner la France pendant 3 ans avant la prochaine élection présidentielle, ce qui aurait été plus que probablement catastrophique pour Marine Le Pen !

Avec ces résultats le RN reste donc dans l'opposition et va se contenter pendant les trois prochaines années d'accumuler encore plus d'électeurs potentiels.

Alors qui va gouverner la France jusqu'en 2027 ?

Je n'en ai pas la moindre idée et à dire vrai je m'en fiche un peu.

Le prochain gouvernement risque en effet d'être purement de transition, tout juste capable de gérer les affaires courantes.

Le véritable problème, de mon point de vue, se situe par rapport à la guerre en Ukraine. Qu'en sera-t-il par exemple des Mirage 2000-5 promis par Macron ? Et les fameux instructeurs qui devaient former des militaires ukrainiens ?

J'ai bien peur que tout cela soit remis en question, ça et d'autres choses, comme des financements complémentaires qui devraient passer l'approbation de l'Assemblée. Jusqu'à présent ces financements ont plutôt été adoptés assez facilement, mais est-ce que ce sera toujours le cas ?

Nous risquons en fait d'avoir une situation "à la belge", mais sans les capacités qu'ont les Belges de vivre dans des conditions que nous n'avons jamais connues.

Une chose est sûre pour le moment, Mélenchon demeure le boulet qu'il est depuis un certain temps, même si on doit reconnaitre qu'il est le principal artisan de l'union de la gauche sous la forme du Nouveau Front Populaire.

Cela fait évidemment penser à Joe Biden, à qui on doit une défaite cuisante de Donald Trump en 2020, mais qui risque bien de provoquer le retour de celui-ci en refusant de se désister au profit d'un candidat plus jeune et plus "en forme" que lui.

Bref :

Un pont trop loin.