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mercredi 30 mars 2016

Plateau, pause, hiatus, GISS, HADCRUT, RSS et UAH en images

Comme un joli dessin vaut mieux qu'un long discours, voici quelques graphiques qui j'espère expliqueront simplement les choses aux yeux de certains lecteurs aveuglés par la propagande climatosceptique.

Plateau

http://woodfortrees.org/plot/gistemp/plot/gistemp/from:1939/to:1946
La période 1939-1946 peut être considérée comme un plateau, puisque les températures ont diminué ensuite jusqu'à la fin des années 50, pour remonter cahin-caha à partir des années 1960-1970..


Pause

http://woodfortrees.org/plot/gistemp/plot/gistemp/from:1940/to:1980
Pendant les années 1940-1970 les températures semblent avoir marqué une véritable pause, puisqu'elles n'ont pas évolué, hormis une forte variabilité annuelle, mais la hausse a repris dès les années 1980 jusqu'à nos jours sans discontinuer.

Hiatus

http://woodfortrees.org/plot/gistemp/plot/gistemp/from:1998/to:2014/plot/gistemp/from:1998/to:2014/trend/plot/gistemp/from:1960/to:2016/trend
Dans ce graphique j'ai sélectionné (chéri-piqué si l'on peut dire) deux périodes spécifiques:
  1. de 1960 à 2014: c'est la droite de tendance violette qui montre une certaine pente;
  2. de 1998 à 2014: c'est la droite de tendance verte qui montre une pente plus faible que la précédente, c'est le fameux hiatus.
J'aurais pu sélectionner d'autres périodes, l'objectif ici est simplement de montrer ce qu'est un hiatus, pas de démontrer autre chose.

Réalité sur le long-terme

http://woodfortrees.org/plot/gistemp/plot/gistemp/trend

Ici on voit bien, sur la période 1880-2016, que la hausse des températures est constante pour peu qu'on ignore les fortes variabilités s'étant manifestées à certaines époques.

Et si l'on est un peu observateur, on peut assez facilement remarquer que la hausse du début du 21ème siècle est nettement plus forte que la tendance à long-terme...

Données de surface

J'ai favorisé dans les graphes ci-dessus les températures issues de GISS (NASA), mais j'aurais tout aussi bien pu choisir HADCRUT (University of East Anglia) ou NOAA ou BEST (Berkeley Earth), voici par exemple ce que cela donne avec GISS et HADCRUT ensemble:

Les deux droites de tendance se confondent, les données, bien que présentant quelques différences dans la variabilité annuelle, sont cohérentes et indiquent exactement la même pente.

Voici ce qu'indique NOAA:


Et Best:

Best que l'on peut également voir comme ceci:

A ma connaissance toutes ces informations de températures de surface ont une source commune, elles viennent des thermomètres et des bouées réparties sur la planète et sont simplement traitées différemment par chaque organisme; cependant on peut remarquer leur grande cohérence d'ensemble (si un lecteur veut bien me fournir la référence de ces données brutes je suis preneur)

Mais ces températures de surface ne plaisent pas aux climatosceptiques, car elles montrent une tendance trop haussière à leur goût; de plus ils leur reprochent d'être "ajustées", ce qui, dans la tête d'un climatosceptique, veut dire qu'elles seraient "manipulées" afin de montrer justement une tendance trop haussière.

Données satellitaires


C'est là que réside le comique de l'argument de la manipulation, car les climatosceptiques préfèrent utiliser et montrer les températures issues de données satellitaires qui, elles sont en fait 100% ajustées et, de plus, crime suprême, issues de modèles!

Et quand on sait comment les modèles sont accueillis par les climatosceptiques...

En effet, les satellites ne mesurent pas directement la température; wikipedia nous informe que
  • La mesure de température par satellite de l’atmosphère à diverses altitudes, de celle du sol et de la mer se fait par interprétation des mesures de capteurs sensibles à la luminance terrestre dans différentes longueurs d’onde.
  • Les satellites ne mesurent pas directement la température. Ils sont équipés de capteurs (radiomètres) sensibles à la luminance de l’atmosphère et de la mer dans le domaine des infrarouges.
  • Le profil vertical de températures obtenu dépend ensuite de la précision de la conversion et des capteurs.
  • Différents groupes ont analysé les données disponibles et bien que les résultats soient voisins, ils se sont pas exactement semblables à cause des limites de chacun des algorithmes utilisés.
  • Parmi les banques de températures obtenues, il y a celle de l’université d'Alabama à Huntsville (UAH satellite temperature dataset) et celle de la compagnie Remote Sensing Systems.
  • Ces deux ensembles de données sont tirées des données de plusieurs générations de satellites dont les capteurs ne sont pas homogènes.
Donc, quand un climatosceptique se déclarera sceptique des données de surface qui sont ajustées (sous-entendu manipulées) et que dans la foulée il vous parlera des températures qui n'ont pas bougé depuis 18 ans en se référant aux données satellitaires, vous aurez le choix de le traiter de bouffon, de charlatan ou de tout autre appellation similaire.

Voici ce que donnent les satellites quand on torture leurs données:
Comme on peut le constater les divergences de traitement sont flagrantes.

On peut également remarquer que RSS montre une tendance légèrement moins haussière que UAH, et devinez donc lequel des deux les climatosceptiques ont choisi?

Bingo, vous avez trouvé: les données RSS!

Et comme je le faisais remarquer dans mon billet intitulé Les projections d'Hansen-1988 confrontées à la réalité, Roy Spencer conseillait à ses amis climatosceptiques d'utiliser plutôt RSS que UAH:
  • But, until the discrepancy is resolved to everyone’s satisfaction, those of you who REALLY REALLY need the global temperature record to show as little warming as possible might want to consider jumping ship, and switch from the UAH to RSS dataset.
Est-il vraiment nécessaire d'en rajouter?








 

5 commentaires:

  1. Géd @

    Les mesures satellitaires ne sont pas à proprement parler issues de modèles mais de calculs et de réanalyses. Ces mesures sont sujettes à tout un tas de biais qu'il faut sans cesse corriger.

    Demander à un climatosceptique d'être cohérent c'est demander à un aveugle de vous montrer la voiture blanche au milieu d'autres de couleur.

    Robert

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    1. Les modèles peuvent se cacher là où on ne les attend pas, regardez par exemple ce lien : https://andthentheresphysics.wordpress.com/2016/01/16/satellite-temperatures/ dont voici un extrait:
      "Peter Sinclair has also produced a very nice video about the satellite data. I’ve included it below, but it discusses how actually determining temperatures from the measurements requires a model, points out that there have been a number of well-documented errors that have had to be corrected (typically changing the trend), and that really we should consider all the data when trying to assess AGW"

      La vidéo dont il est question est ici: http://climatecrocks.com/2016/01/13/new-video-can-we-trust-satellite-temperatures/

      Voir aussi cet intéressant lien: http://www.skepticalscience.com/Dessler-2011-Debunks-Roy-Spencer-And-Richard-Lindzen.html

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  2. je préfère toujours m'adresser au bon dieu qu'à ses saints (aussi compétents soient ils)

    http://www.remss.com/measurements/upper-air-temperature

    Robert

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  3. Je ne sais pas vraiment qui est le bon dieu et s'il y a des saints dans cette affaire, mais regardez la vidéo dont je vous ai fourni le lien (http://climatecrocks.com/2016/01/13/new-video-can-we-trust-satellite-temperatures/), à 3:30 environ Andrew Dessler explique que ce sont des modèles qui sont utilisés pour inférer les températures à partir des données satellitaires.

    Par ailleurs dans le lien que vous fournissez on peut lire "Infrared Sounders. These are satellite-borne instruments that measure the radiance of Earth at infrared frequencies, which allows scientists to retrieve the temperature of thick atmospheric layers using inversion algorithms."
    Je ne suis pas mathématicien ni spécialiste des modèles en tout genre, mais il me semble que ceux-ci utilisent des algorithmes pour "travailler"
    Et de manière générale les informations fournies par le site And then there's physics sont sérieuses, tant dans les articles que dans les commentaires (une autre planète que Skyfall ou WUWT)

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  4. On ne va pas ergoter sur un point de détail, il y a utilisation de modèles mais les températures elles même ne sont pas issues de la modélisation. les modèles sont là comme contrôle. A savoir également que l'on ne calcule pas les températures d'après le rayonnement IR mais micro-onde.



    Je ne suis pas modélisateur mais un algorithme n'est pas un modèle c'est un composant d'un modèle. Enfin, bref ce n'est guère important, ce qui l'est c'est que les températures RSSmsu ou UAH sont déduites de calcul et non d'observation comme les températures terrestres.

    Robert

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