vendredi 2 novembre 2018

Du fond des abysses...

C'était prévisible, inéluctable, le commissaire est désormais perdu corps et biens, ses derniers borborygmes viennent juste de parvenir à la surface par l'intermédiaire du zombie qu'était il n'y a pas longtemps le très distingué AntonioSan :

AntonioSan, aka monsieur Antoine, ou du moins ce qu'il en reste, a été repêché au-dessus de l'archipel de la Désolation où son âme demeurera pour l'éternité dans les profondeurs au delà des crêtes algales. Requiescat in pace.

Comme tout ce qui, à compter de maintenant, émanera du pseudo AntonioSan sera en fait issu d'un mort-vivant à peine plus décérébré que l'individu respectable qu'il était avant le naufrage, je m'abstiendrai désormais de répondre, n'ayant pas que cela à faire et préférant laisser le dernier (probable) mot à celui que j'appelais affectueusement monsieur Antoine, afin de permettre à ses mânes de garder la tête haute auprès de ses anciens coreligionnaires.

Je vous livre donc ici l'ultime message venu des profondeurs où périt le valeureux et téméraire commissaire :
1978. AntonioSan | 1/11/2018 @ 20:49

AntonioSan (#1975),
En débarquant chez le têtard, j’ignorais que j’abordais l’archipel du malotru…
Monsieur Antoine ignore en effet beaucoup de choses ; rappelons-en quelques unes :
Cela fait donc beaucoup de choses que notre commissaire ignore, quand il ne déforme pas les propos des autres, mais qui s'en étonnerait quand on connait sa littérature de chevet ?

Il continue ses flatuosités en me citant (incomplètement) :
si ces eaux n’avaient pas été si élevées la descente d’air polaire n’aurait tout simplement pas produit les effets que nous avons pu constater avec les événements extrêmes de ces derniers temps 

C’est bien connu pour les têtards un gradient de température ne dépend que de l’eau chaude et surtout pas de l’air froid polaire dont la pression exceptionnelle pour la saison mesurée à 1063 hPa sur le Groenland si tôt en automne indiquant un air extrêmement froid pour la saison… On peut dire que celui-là n’a pas inventé l’eau tiède!
J'évoquais évidemment la température élevée des eaux qui est une condition sine qua non pour qu'un épisode méditerranéen se produise ; sans cette température élevée des eaux la descente d'air polaire ne produira pas les mêmes effets puisque le gradient de température sera plus faible, de plus s'il n'y a pas de vent du sud pour amener l'humidité à la rencontre de l'air polaire, celui-ci peut être « extrêmement froid pour la saison » il ne produira que du froid ; je répète pour le commissaire : humidité => précipitations au contact d'un air plus froid ; pas d'humidité => pas de précipitations, air froid ou non rencontré.
Que veut-il dire avec ce charabia ? Seul lui connait peut-être la réponse, mais ce n’est même pas sûr

Le charabia ce sont les pressions atmosphériques et leur évolution… Un détail.
« Un détail » hors de propos, l'épisode méditerranéen étant avant tout causé par des eaux chaudes qui produisent de l'humidité transportée vers le continent ; il suffit de lire le charabia du commissaire (et notamment « il faudrait donc en faire abstraction pour aller titiller les « couches supérieures de la troposphère » afin de créer les épisodes méditerranéens ») pour se convaincre que le commissaire essaie de noyer le poisson dans un jargon de circonstance.
Il nous fait ainsi la démonstration qu’il est incapable d’analyser un texte et donc de le comprendre, puisque les descentes d’air froid sont une condition nécessaire mais pas suffisante pour qu’un épisode méditerranéen se produise ; il n’a tout simplement pas réalisé que dans « épisode méditerranéen » le mot important est « méditerranéen », et non pas « polaire » !

Là c’est d’autant plus rigolo que le lien Météo Contact auquel lui-même se réfère dit précisément l’inverse:
Même si le fait d’avoir un excédent de températures à la surface de l’eau permet de fournir une plus grande quantité d’énergie cela ne favorise pas de facto la multiplication des épisodes pluvio-orageux. En effet, le mécanisme par lequel un épisode méditerranéen se forme ne se résume pas seulement à la température de la mer. Un épisode méditerranéen naît généralement de la rencontre entre l’air très chaud de la Méditerranée et entre de l’air plus froid issu du pôle.
Je l'avais bien dit, le commissaire ne comprend pas ce qu'il lit ; Météo Contact explique que les épisodes ont besoin « en général », donc pas toujours, d'un air plus froid provenant du pôle, mais il ne comprend pas que si l'air froid issu du pôle ne rencontre pas l'air très chaud de la Méditerranée il ne se passe pas grand chose hormis un temps très froid et « généralement » très sec ; par conséquent c'est bien l'air très chaud de la Méditerranée qui est la condition première et indispensable pour qu'un épisode méditerranéen se produise.
Le têtard se mord la queue! Je sens un crêpage de chignon imminent avec Météo Contact…
Je rassure monsieur Antoine, je fais toujours confiance à Météo Contact (et à Météo France également) et je ne compte pas contester leur expertise.

Mais le commissaire enchaine avec l'Antarctique, un continent qu'il connait sous toutes les coutures :
Et que dire de ma prétendue « diversion » qui vaudrait son pesant de cacahuètes, que vient faire le « CO2 qui ne s’attaquerait qu’à l’ouest antarctique » là-dedans ? Monsieur Antoine fait mine de ne pas comprendre que le CO2 se répartit de façon homogène dans l’atmosphère de la planète et qu’il provoque une hausse de la température globale, notamment au niveau des océans, et que c’est justement l’océan qui borde l’Antarctique qui fait fondre les glaciers par leur base.

Sauf que ce fameux « CO2 qui se répartit de manière homogène » et qui « provoque une hausse de la température globale notamment au niveau des océans » et qui affecterait « justement l’océan qui borde l’Antarctique qui fait fondre les glaciers par leur base » ne fait fondre que les seuls glaciers de l’ouest antarctique, ne réchauffe que le seul ouest antarctique et non les autres 80% du continent qui se refroidissent modestement…
Sans blague ! Apparemment le glacier Totten, situé...à l'est du continent antarctique, n'est pas de l'avis du commissaire :
Au niveau de la côte [le glacier de Totten] forme une « langue glaciaire » importante près de la partie Est du cap Waldron, attentivement suivie par les spécialistes du climat et des glaciers notamment parce que ce glacier, pour des raisons encore mal comprises présente une vitesse de fonte en accélération et très supérieure à celle des autres glaciers de la partie Est de la calotte antarctique.

De nombreux indices montrent que la fonte de l'Antarctique n'est pas homogène. Les scientifiques qui étudient les effets du réchauffement climatique dans la région du Totten et dans l'Est-Antarctique craignent qu'un réchauffement de l'eau et la montée de la mer puissent accélérer la fonte de ce glacier, mais aussi déstabiliser une partie importante de la calotte glaciaire de l'Antarctique-Est.
Et National Geographic, que le commissaire ne doit pas connaitre, dans un article récent du 9 août 2018 nous dit que si l'ouest de l'Antarctique fond, l'est lui-aussi est « en danger »
For years, scientists thought that icy, remote East Antarctic glaciers were stable. But that may no longer be the case.
Caramba, encore raté commissaire !

Mais notre Tonio chéri conclut en beauté :
AntonioSan (#1976),
Quant aux cartes NOAA, j’ai écrit :

Arabie, pacifique… soit, pas de données ou bien on ignore celles qui existent…

Ayant proposé les cartes dont la seconde montrant Land-only température, il est évident que la partie du commentaire « pas de données » qualifie la situation sur la péninsule arabique –situation qui ne trouble nullement notre rigolo puisque ses héros justifient aisément que les données ça se fabrique par interpolation, par calcul ad-hoc, dont HadCRUt, NOAA et GISS dans un esprit de transparence scientifique conservent jalousement les algorithmes- et que « on ignore celles qui existent » se rapportait aux points bleus mesurés du pacifique sud qui soudain deviennent rouges, là encore sans troubler notre petit batracien qui se balade avec son sac à dos bleu.
Nous finirons donc en apothéose sur un véritable bouquet final venant conclure le magnifique feu d'artifesse que nous aura offert monsieur Antoine en plusieurs épisodes (non méditerranéens) tous aussi passionnants les uns que les autres.

Je commencerai ma déconstruction des élucubrations antonionesques par le Pacifique sud qui, d'après lui, serait « ignoré » par la NOAA ; il n'a pas compris, tout d'abord, que le Pacifique c'était 99,99% d'eau avec quelques iles parsemées ici ou là, et il en déduit que si les stations terrestres montrent des températures plus basses que la normale alors ces températures sont forcément applicables aux 99,99% de la superficie restante.

Nous allons donc déniaiser le commissaire en lui apprenant que la NOAA connait assez bien les températures du Pacifique et qu'elle nous en donne une idée avec cette image :

Graphique opérationnel des anomalies de températures à la surface des océans à la date du 1er novembre 2018.

On voit donc que dans le Pacifique nous avons une langue d'eau plutôt froide à l'ouest de l'Amérique du sud, ainsi que quelques endroits au large du Mexique, mais qu'en majorité les eaux sont plutôt chaudes, avec au large du Japon des eaux bien plus chaudes que la normale ; ce graphique est à rapprocher de celui montré par notre perspicace commissaire concernant le mois de septembre :

Anomalies de températures pour le mois de septembre 2018.

Sans surprise, au large de l'Amérique du sud on constate que les eaux sont « proches de la moyenne » alors que la majorité des eaux du Pacifique sont bien « plus chaudes » voire « beaucoup plus chaude que la moyenne » ; les deux images ci-dessus n'étant pas prises à la même époque (le 1er novembre pour l'une, le mois de septembre pour l'autre) il me parait normal qu'il y ait des différences par endroits, donc pas la peine de venir chipoter en me disant qu'ici ou là il y aurait des différences, ce qui est important ici est de constater que les températures relevées sur quelques iles isolées ne peuvent pas représenter l'ensemble de l'océan Pacifique comme tente de nous le faire croire monsieur Antoine avec son graphique représentant les anomalies de températures de surface des terres seulement :

Anomalies de températures de surface des terres pour le mois de septembre 2018.

Que disait-il déjà ?
[…] il est évident que la partie du commentaire […] « on ignore celles qui existent » se rapportait aux points bleus mesurés du pacifique sud qui soudain deviennent rouges, là encore sans troubler notre petit batracien qui se balade avec son sac à dos bleu.
Ben non, les points bleus, en plus, ne sont pas devenus rouges, si l'on regarde bien on s'aperçoit qu'ils sont devenus blancs pour certains, mais comme dit plus haut c'est la température au-dessus de l'océan qui compte.

On notera quand même l'insinuation perfide tendant à « démontrer » que la NOAA, ainsi que tous les autres organismes produisant des données de températures, seraient de mèche pour truquer les chiffres et berner les pauvres citoyens du monde afin de leur vendre des éoliennes et des panneaux solaires. On laissera au commissaire, qui a dû mener une enquête approfondie pour en arriver à ces conclusions, toute la responsabilité de ces accusations.

Terminons avec l'Arabie qui est d'actualité, ça tombe super bien.

Voici donc ce que nous dit le commissaire :
[…] la partie du commentaire « pas de données » qualifie la situation sur la péninsule arabique –situation qui ne trouble nullement notre rigolo puisque ses héros justifient aisément que les données ça se fabrique par interpolation, par calcul ad-hoc, dont HadCRUt, NOAA et GISS dans un esprit de transparence scientifique conservent jalousement les algorithmes-...]
Nous avons ici la confirmation du vaste complot unissant au moins trois organismes, mais il en oublie d'autres, par exemple BEST, UAH ou RSS qui montrent tous à peu près les mêmes tendances à la hausse des températures, avec un léger décalage pour UAH qui se distingue par son côté climato « réaliste » qui est fait pour plaire au commissaire.

Pour l'Arabie il s'étonne donc qu'avec quelques stations situées à la périphérie la NOAA en déduirait des températures caniculaires à l'intérieur du pays ; honnêtement je ne sais pas comment pratique la NOAA mais je pense qu'il n'est pas nécessaire d'être grand sorcier pour savoir que c'est dans cette région qu'on rencontre les températures parmi les plus élevées dans le monde, par conséquent je ne suis pas étonné ni troublé outre mesure par les records mentionnés.

Cependant je suis étonné de l'étonnement de monsieur Antoine qui semble penser qu'on ne connait rien des températures de l'Arabie Saoudite ; alors encore une fois, pour le déniaiser nous allons l'inviter au voyage avec le site climatsetvoyages qui nous fournit cette carte :

La péninsule Arabique est en grande partie occupée par un plateau appelé Najd (ou Nejd)

On voit immédiatement que de nombreuses localités sont mentionnées et que leur nombre est amplement suffisant pour en inférer une bonne estimation de l'évolution des températures dans le pays.

Ainsi on connait parfaitement les records de températures du pays consultables sur le site mherrera :
SAUDI ARABIA
Ryad -7.2 49
Yenbo 4.7 49.5
Madinah -1 49
Jeddah 9 52
Makkah 8 51.4
Gizan 11.8 45.3
Abha 0.2 38.1
Dhahran -1 51.1
Shaybah 2 53* * dubious
Khurais -2 52
Turaif -12.2 47
La première valeur mentionnée correspond aux températures minimales, vous aurez compris à quoi correspond la deuxième.

Environ 50°C pour les maximales à peu près partout, moi j'appelle cela un fort indice me faisant penser qu'il fait vraiment très chaud dans ce pays, et je ne vois vraiment pas comment la NOAA pourrait ne pas être au courant de ces températures apparemment mesurées avec des thermomètres, et pourquoi elle serait obligée, à l'aide d'algorithmes compliqués qu'elle se refuserait à divulguer, de reconstituer de son côté des températures connues de tous.

Donc non je ne suis pas troublé le moins du monde, la planète se réchauffe, c'est consistant avec ce que l'on sait des lois de la physique en général et du rôle des gaz à effet de serre en particulier, et certaines régions sont plus chaudes que d'autres, ce que semblent ignorer quelques personnalités que l'on aurait pu croire plus dégourdies intellectuellement parlant.

Le commissaire, ou ce qu'il en reste, équipé par mes soins et paré pour de nouvelles aventures.

De nouvelles aventures à suivre sur Skyfall, pas ici.


Ou le marrant persévère.


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