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mercredi 14 octobre 2026

Le réchauffement climatique est une arnaque, la preuve c'est la guerre en Ukraine !

 Parfois il faut se pincer pour croire ce que l'on lit.

Ainsi en consultant l'article de Clintel intitulé Europe, Net Zero and the Rise of War Rhetoric nous apprenons que l'Europe a décidé de prétendre que la Russie allait l'envahir afin de cacher le fait que la politique du "net zéro émission" serait un fiasco.

J'ai soumis à Claude le prompt suivant :

Peux-tu me faire un bref résumé du texte suivant émanant de Clintel et me dire ce que tu en penses ?
Voici dans un premier temps la réponse de Claude. Ensuite vous verrez un fact-checking effectué par Perplexity.

Résumé

Tilak Doshi soutient que les élites européennes (UE et Royaume-Uni) ont ruiné leur industrie par la politique climatique et l’énergie chère (Draghi, BASF à Ludwigshafen, délocalisations vers les États-Unis et la Chine). Face à des électorats tentés par l’AfD ou le RN, elles auraient remplacé la peur climatique par la peur d’une guerre avec la Russie, pour détourner l’attention de leur échec. Il y voit une dérive autoritaire (contrôle de l’information, identité numérique, propos sur les « voix prorusses ») et une Ukraine instrumentalisée pour empêcher toute négociation. Les deux illustrations (le cartoon « If all else fails… start a war » et le graphique des parts du PIB mondial) servent cette thèse.

Mon avis

Le texte mêle des points défendables et des affirmations beaucoup plus fragiles.

  • Solide : le coût de l’énergie en Europe pèse sur l’industrie, le constat de Draghi sur l’écart de PIB avec les États-Unis est exact, et la question des atteintes à la liberté d’expression est légitime.
  • Causalité non démontrée : le graphique montre bien le recul de la part de l’UE, mais l’essentiel de cette baisse précède le Pacte vert (2019). Elle reflète aussi l’essor de la Chine, les taux de change (le graphique le précise en note) et l’écart de productivité numérique, que Draghi met au premier plan. L’énergie n’est qu’un facteur parmi d’autres, et le choc gazier de 2022 vient de la coupure russe, pas du Net Zero.
  • Raisonnement par intention : il suppose que la menace russe est fabriquée pour des raisons de politique intérieure, alors que l’invasion de 2022, les sabotages et les incursions de drones existent indépendamment. « Faible mais dangereuse » n’est pas contradictoire, et on peut discuter l’ampleur de la menace sans en faire un théâtre.
  • Affirmations contestables présentées comme des faits : le « coup d’État » de 2014 ; Arakhamia et Boulogne-sur-mer… pardon, Johnson (Arakhamia a lui-même nuancé, et le rôle de Boutcha et du manque de garanties occidentales est débattu) ; la « disparition des populations historiques », qui relève du vocabulaire du « grand remplacement » et que Vance n’a pas employé dans son discours de Munich ; la prétendue « rétractation » des scénarios du GIEC, que je ne connais pas. L’absence d’élections en Ukraine est exacte, mais la loi martiale les interdit, ce que le texte omet.
  • Sources : Lavrov, partie au conflit, sert d’argument d’autorité, et l’auteur est issu de la mouvance climatosceptique, tout comme Clintel qui le relaie.

Plusieurs faits sur le Royaume-Uni (Burnham Premier ministre, Streeting à la Défense, Miliband aux Affaires étrangères, le « National Centre for Information Defence ») sont postérieurs à mes connaissances fiables. Je ne peux pas les confirmer sans recherche.

En bref, c’est un texte d’opinion militant, qui part de griefs réels mais les relie par une causalité unique et un procès d’intention. Pour un billet analytique, je ne le citerais qu’en le distinguant clairement de ce qui est vérifiable.

*****

Voici maintenant le fact-checking demandé à Perplexity :

Oui, je suis très largement d’accord avec l’analyse de Claude : c’est un texte d’opinion militant qui part de problèmes économiques réels, mais les enchaîne dans une causalité unique — « le Net Zero a ruiné l’Europe, donc les élites inventent la menace russe pour se maintenir » — et y ajoute un procès d’intention difficile à démontrer. L’article existe bien et est signé Tilak Doshi sur Clintel, publié le 3 octobre 2026.clintel

Ce que Claude évalue correctement

  • Le constat industriel n’est pas faux en soi : la compétitivité européenne, l’écart avec les États-Unis et le poids du coût de l’énergie sont des sujets sérieux, notamment repris dans le rapport Draghi. Mais en faire la cause du déclin européen est une simplification.

  • Le graphique des parts du PIB mondial ne prouve pas la thèse. Le recul relatif de l’Europe est ancien et s’explique surtout par la croissance chinoise, la productivité, la démographie, les taux de change et le retard numérique ; il ne peut pas être lu comme une conséquence du Green Deal de 2019.

  • Le choc énergétique de 2022 résulte d’abord de la guerre et de la weaponisation du gaz par la Russie, pas d’une politique européenne d’électrification. Les politiques climatiques ont pu amplifier certains coûts ou créer des contraintes, mais elles n’ont pas provoqué la crise gazière.

  • L’affaire Arakhamia/Johnson est correctement nuancée par Claude. Arakhamia a bien rapporté que Johnson avait conseillé à Kyïv de ne rien signer et de continuer à combattre, mais il a aussi expliqué que l’Ukraine n’avait pas confiance dans Moscou, qu’un accord aurait exigé une révision constitutionnelle et qu’il fallait des garanties de sécurité. Johnson a nié avoir « sabote » un accord. Donc : élément réel, mais insuffisant pour conclure à un diktat occidental ou à une Ukraine prête à signer une paix durable. voanews+1

Points à renforcer ou corriger

  • « Coup d’État de 2014 » : c’est le vocabulaire russe, pas une description neutre. Le Maidan a été un mouvement populaire suivi d’un changement de gouvernement ; parler de « coup d’État » sans qualification adopte d’emblée le cadre narratif de Moscou.

  • « Disparition des populations historiques » : l’alerte de Claude est juste. Cette formule évoque la rhétorique du « grand remplacement » ; il faut vérifier si Doshi cite réellement Vance ou s’il lui prête une formulation qu’il n’a pas employée. Dans les deux cas, ce n’est pas un argument factuel sur la politique énergétique.

  • La « rétractation des scénarios du GIEC » : je ne connais pas non plus de rétractation formelle des scénarios du GIEC. Il faut distinguer trois choses : les scénarios d’émissions (SSP), les projections climatiques conditionnelles, et les politiques nationales réelles. Une critique des scénarios les plus pessimistes n’est pas une « rétractation » du GIEC.

  • L’absence d’élections ukrainiennes : exacte, mais elle s’inscrit dans la loi martiale et l’invasion. La présenter comme preuve d’autoritarisme intrinsèque, sans ce contexte, est trompeur — tout en admettant que la question mérite d’être posée démocratiquement.

Sur les faits britanniques

Claude avait raison de signaler son incertitude, mais plusieurs éléments sont désormais vérifiables : Andy Burnham est bien Premier ministre dans ce contexte et a annoncé, le 22 septembre 2026 à l’ONU, la création d’un National Centre for Information Defence destiné à détecter, attribuer et perturber des campagnes d’information hostiles, notamment russes et assistées par l’IA. Wes Streeting est également présenté comme ministre de la Défense dans la couverture de cette annonce.bbc+2

Cela ne valide pas pour autant l’interprétation de Doshi. Le centre annoncé vise officiellement la désinformation étatique et les deepfakes ; sa création soulève légitimement des questions de proportionnalité, de transparence et de liberté d’expression, mais son existence ne démontre pas qu’il sert à criminaliser l’opposition au Net Zero ou à fabriquer la peur de la guerre.adsadvance.co+1

Ce que j’ajouterais

  1. Confusion entre critique de la menace et négation de la menace. On peut juger excessive une partie de la rhétorique sécuritaire européenne tout en reconnaissant que l’invasion de 2022, les attaques sur des infrastructures, les sabotages et les opérations d’influence sont des faits documentés. Doshi glisse du premier constat vers le second.

  2. Inversion probable de la causalité. Ce n’est pas la rhétorique de guerre qui aurait créé la crise énergétique ; c’est l’agression russe qui a rendu la dépendance au gaz russe politiquement et stratégiquement intenable. Le Net Zero peut être critiqué pour son rythme, ses coûts ou ses choix technologiques ; il n’explique pas l’invasion.

  3. Amalgame entre coûts, causes et responsables. Les coûts industriels européens ont plusieurs causes : prix du gaz, taux d’intérêt, concurrence chinoise, retard numérique, réglementation, taille du marché intérieur, fragmentation politique. Réduire cela au « Net Zero » permet une narration politique efficace, mais analytiquement pauvre.

  4. Argument d’autorité asymétrique. Citer Lavrov pour établir la réalité d’une menace ou d’une négociation revient à citer une partie directement intéressée. Cela peut servir de source pour connaître la position russe, pas pour établir un fait contesté.

  5. Le titre fait le travail idéologique. « Net Zero and the Rise of War Rhetoric » suggère une substitution programmée : la peur climatique remplacée par la peur russe. C’est une hypothèse politique, pas un résultat démontré. L’article ne semble pas fournir de chronologie, de sondages, de décisions budgétaires ou de documents internes qui permettraient d’établir cette substitution comme stratégie délibérée.

Pour votre billet

Je garderais la conclusion de Claude, en la durcissant légèrement : le texte est utilisable comme objet d’analyse rhétorique, pas comme source factuelle fiable. Il repère de vrais angles morts du débat européen — compétitivité, coût de l’énergie, liberté d’expression, risque de sécurisation excessive du débat public — puis les encapsule dans une explication complotiste : les élites remplaceraient une peur défaillante par une autre peur pour survivre politiquement.

La formule la plus juste serait peut-être : « Doshi identifie de vraies tensions, mais les relie par une intention supposée plutôt que par des preuves ; il transforme une critique possible de la politique climatique et sécuritaire européenne en théorie d’un remplacement calculé des peurs. »

*****

Pas la peine d'en rajouter, je pense qu'aujourd'hui, avec des IA performantes capables de résumer un texte et d'en faire une critique objective et constructive, les sujets en dehors de notre domaine de compétence ne présenteront plus de secrets.

Et c'est tant mieux.


lundi 24 août 2026

John Christy publie dans une revue de référence, The Epoch Times.

 Le titre de ce billet est évidemment sarcastique, j'espère que tout le monde l'aura compris. The Epoch Times est l'équivalent en Amérique d'un Fox News ou en France d'un CNews, donc d'une crédibilité scientifique identique à un zéro pointé. Pourtant, et l'article de The Epoch Times, intitulé Climatologist Says a Century of Weather Data Contradicts Claims of Record Heat (Un climatologue affirme qu'un siècle de données météorologiques contredit les affirmations selon lesquelles on aurait atteint des records de chaleur), n'en fait pas mention, John Christy, qui est le héros de l'article, est bien l'auteur d'une étude scientifique publiée dans une revue "sérieuse" à lire ici : Declines in hot and cold daily temperature extremes in the conterminous US, 1899–2025 | Theoretical and Applied Climatology | Springer Nature Link ; cette étude est d'ailleurs d'une telle importance qu'elle est en accès gratuit, donc profitez-en !

 Comme je ne suis pas capable, par manque de connaissances, de critiquer efficacement cette étude ainsi que l'article du torchon, pardon du site qui laisse son auteur répondre aux questions du "journaliste", un certain Kevin Stocklin, je ne vois aucun autre moyen de me faire une idée de sa pertinence qu'en demandant à une IA, Claude en l'occurence, de m'en faire un compte rendu objectif. Comme vous pourrez le constater tout n'est pas à jeter chez Christy, c'est d'ailleurs à cela qu'on reconnait un "climato-irréaliste" compétent, il part de données ou faits réels et incontestables afin de ferrer les petits poissons naïfs pour mieux les attraper dans sa nasse de désinformation en balançant des contrevérités ou approximations impossibles (ou très difficiles) à déceler pour le commun des mortels.

Après plusieurs prompts destinés à affiner et compléter la réponse de l'IA (sans pour autant la "guider" dans un sens ou un autre) voici ce que Claude a à dire sur le sujet. (J'ai rajouté moi-même quelques images issues de The Epoch Times ainsi que des liens hypertextes et des extraits de l'article là où c'était utile)

*****


# Un climatologue affirme que les extrêmes de chaleur n'augmentent pas : que vaut vraiment cette étude ?


Il y a des noms qui reviennent régulièrement dans le débat climatique, et John Christy en fait partie depuis près de trente ans. Avant de regarder ce que dit sa dernière étude, il n'est pas inutile de rappeler qui est cet homme, parce que son parcours éclaire beaucoup sur la manière dont il faut lire ses conclusions.

Un climatologue affirme qu'un siècle de données météorologiques contredit les affirmations faisant état d'une chaleur record - Contrairement à ce que l'on pourrait croire, une étude indique un adoucissement des températures, tant chaudes que froides, aux États-Unis au cours du siècle dernier.

John Christy a grandi à Fresno, en Californie, où il dit avoir développé très tôt une fascination pour les motifs météorologiques. Après des études de mathématiques, puis un doctorat en dynamique du climat à l'université de l'Illinois, il a passé l'essentiel de sa carrière à l'université d'Alabama à Huntsville, où il a longtemps occupé le poste de climatologue officiel de l'État d'Alabama — un titre auquel il a mis fin en janvier 2026, après plus de vingt ans. Ce n'est pas un amateur ni un polémiste de plateau télé : avec son collègue Roy Spencer, il est le co-créateur du jeu de données satellitaires UAH, une des grandes séries de mesure de la température de la basse atmosphère, un travail qui leur a valu en 1991 une médaille de la NASA. Il a aussi été contributeur aux rapports du GIEC dans les années 1990.


Il faut ajouter un élément moins flatteur mais tout aussi factuel : Christy fait partie, depuis longtemps, du petit cercle de climatologues dont les travaux sont systématiquement mobilisés pour minimiser l'ampleur ou l'origine anthropique du réchauffement. Le jeu de données UAH lui-même a dû être révisé à plusieurs reprises au fil des décennies, notamment après que des équipes concurrentes (RSS en particulier) ont mis en évidence des erreurs de correction orbitale qui avaient conduit UAH à *sous-estimer* le réchauffement troposphérique. Cela ne disqualifie pas son travail actuel, mais ça mérite d'être su avant de lire la suite.

## Ce que dit la nouvelle étude


L'étude en question a une référence précise : Christy, J.R., *Declines in hot and cold daily temperature extremes in the conterminous US, 1899–2025*, publiée dans *Theoretical and Applied Climatology* (vol. 157, article 309, 2026), DOI : 10.1007/s00704-026-06200-3. Soumise en janvier 2026 et acceptée en mars, elle est passée par le circuit classique de la revue par les pairs — la revue, éditée par Springer Nature, est un titre reconnu du champ, pas une publication marginale. Christy lui-même raconte dans l'article de l'Epoch Times (“The reviewers tried to find anything they could to reject it, and fighting that takes a long time and a lot of effort,” Christy said.) avoir dû défendre son papier pied à pied face à des relecteurs sceptiques avant publication, ce qui est plutôt un signe que le processus a fonctionné normalement.


Cela dit, être publié après revue par les pairs ne signifie pas faire consensus. Une étude peut être méthodologiquement solide et rigoureusement évaluée tout en restant une position minoritaire dans son champ — et c'est précisément le cas ici. Christy compare d'ailleurs lui-même ses résultats à ceux de la 5e National Climate Assessment américaine (l'évaluation officielle de référence aux États-Unis), qui conclut à une augmentation des vagues de chaleur depuis les années 1960 : il reconnaît que sur cette période plus courte, sa propre tendance nationale est « faible et statistiquement non significative », sauf dans l'Ouest, et que ce n'est qu'en étendant la fenêtre à 1899 (Christy’s study, however, indicates that, far from an increase in extreme weather, there has been an overall moderating of temperatures in the United States. In contrast to NOAA’s assessment, Christy’s analysis indicates fewer extreme high temperatures and extreme low temperatures since 1899.) que le signal de déclin apparaît nettement. C'est un écart assumé avec l'évaluation officielle, pas une réfutation qui aurait convaincu la communauté.

Source NOAA.

Baisse des températures extrêmes quotidiennes dans la partie continentale des États-Unis (CONUS) entre 1899 et 2025


Ce n'est pas non plus un cas isolé dans la carrière de Christy : plusieurs de ses travaux précédents sur la sensibilité climatique au CO2 ou sur l'écart entre modèles et observations satellitaires ont fait l'objet de critiques méthodologiques publiées par d'autres climatologues (notamment Ben Santer), qui lui reprochent de privilégier systématiquement l'hypothèse la moins alarmante sans toujours tester les hypothèses concurrentes. Il a par ailleurs rejoint le Department of Energy américain en 2025, sous l'administration Trump, dans le cadre d'un recrutement explicitement présenté comme visant des scientifiques mettant en doute le consensus climatique. Rien de tout cela n'invalide la qualité technique du travail, mais ça situe clairement l'auteur comme faisant partie d'une minorité de climatologues dont les conclusions s'écartent de façon récurrente du courant dominant — un contexte qu'il est honnête de rappeler avant de présenter l'étude comme une remise en cause générale du réchauffement.


Sur le fond, l'étude repose sur le dépouillement de relevés provenant de 1 211 stations météo américaines (Incomplete station records were supplemented with nearby stations with high correlation and removeable biases to provide time series for 1,211 of the stations with at least 92% of data present.), dont certains remontent aux premières notes manuscrites de l'Army Signal Corps, il y a plus d'un siècle. Sa conclusion centrale : loin d'une multiplication des extrêmes de chaleur, les données montreraient au contraire une *modération* générale des températures extrêmes depuis 1899 — moins de pics de froid, sans réelle hausse des pics de chaud. Pour lui, la décennie la plus extrême reste celle des années 1930, période du Dust Bowl.

Localisation des stations disposant de séries chronologiques « complètes » (points noirs, 1 211) et incomplètes (cercles rouges, 7)

Deux choix méthodologiques expliquent, selon Christy, l'écart avec les chiffres habituellement cités par la NOAA. D'abord, il s'intéresse aux valeurs extrêmes plutôt qu'aux moyennes annuelles — un choix qu'il justifie en expliquant que ce sont les extrêmes qui définissent les limites de tolérance des écosystèmes. Ensuite, et c'est le point le plus contesté, il affirme avoir réintégré manuellement des relevés que les algorithmes de contrôle qualité de la NOAA auraient écartés comme suspects. Il cite l'exemple de Newport, dans l'Oregon, (“When I was going through the federal data that’s digitized, I noticed that the government’s website says the hottest temperature in Newport, Oregon, in history was 94 degrees,” Christy said. “I knew a lot more about the West Coast because I grew up there.”) où le record officiel affiche 94°F alors qu'il aurait retrouvé, dans les archives manuscrites, une journée à 100°F en juin 1925 et dix autres au-dessus de 94°F — un écart qu'il dit avoir confirmé en croisant avec des stations voisines.

Autre observation, sans doute la plus solide de l'étude : l'essentiel de la hausse des températures qu'il mesure se concentre la nuit, les températures diurnes restant globalement stables. Il y voit la signature de l'urbanisation — parkings, bâtiments, disparition du couvert forestier autour des stations — plutôt que celle des gaz à effet de serre.

## Ce que cette étude ne dit pas


C'est là que la lecture doit se faire prudente. Le procédé rhétorique de l'article — et sans doute de l'étude elle-même dans sa réception médiatique — consiste à opposer des chiffres américains à des affirmations globales de la NOAA sur « l'année la plus chaude jamais enregistrée ». Or ce ne sont pas les mêmes objets. Que le Dust Bowl reste, aux États-Unis, une référence indépassable en matière d'extrêmes n'a jamais été contesté par la climatologie mainstream — ce n'est en rien une découverte, et cela ne dit rien du réchauffement moyen planétaire, qui repose sur des séries bien plus vastes, océans compris, là où l'effet d'îlot de chaleur urbain ne peut pas jouer.

Sur les algorithmes d'homogénéisation, il faut rappeler qu'ils existent pour corriger des biais documentés — déplacement de station, changement d'instrument, dérive d'horaire de mesure — et non pour lisser artificiellement une tendance. Certaines de ces corrections réduisent d'ailleurs le réchauffement mesuré plutôt que de l'accentuer. L'anecdote de Newport est parlante, mais elle reste une anecdote tant que la méthode de « réincorporation » des données n'est pas rendue publique et reproductible à l'échelle des 1 200 stations concernées — l'article ne donne aucun détail sur les critères de validation utilisés à cette échelle, seulement la parole de Christy.

Quant au signal nuit/jour, il est réel, documenté, et l'explication par l'urbanisation locale est plausible et sérieuse. Mais elle n'est pas exclusive de l'explication par l'effet de serre : le CO2 piège le rayonnement infrarouge sortant, un mécanisme particulièrement actif la nuit, en l'absence d'apport solaire direct qui viendrait masquer l'effet. Les deux phénomènes peuvent parfaitement se superposer — l'article les présente comme des explications concurrentes, ce qu'elles ne sont pas nécessairement.

## Ce qu'il faut en retenir


L'étude de Christy contient des observations solides et intéressantes — la spécificité des années 1930 aux États-Unis, l'importance de l'îlot de chaleur urbain dans les mesures nocturnes, la difficulté réelle que pose l'homogénéisation automatisée de données historiques hétérogènes. Ce sont des points qui méritent débat scientifique, pas disqualification a priori. Mais l'habillage médiatique qu'en fait l'article — une contradiction frontale avec le consensus climatique global à partir de données régionales et d'une méthode encore opaque — relève d'un procédé rhétorique classique, déjà rencontré dans d'autres textes de la mouvance climato-sceptique : substituer une question locale et méthodologiquement discutable à la question globale à laquelle elle prétend répondre.
 

*****

Ainsi que je le disais au début Christy part de faits a priori corrects, même s'ils demandent parfois à être "interprétés", puis il en tire des conclusions générales comme si par exemple le cas des Etats-Unis était applicable à l'ensemble de la planète.

La lecture des commentaires de l'articles est d'ailleurs suffisamment parlante, en voici un petit échantillon qui montrera à quel point les "petits poissons naïfs" ont bien été attrapés dans la nasse.


epochtimes2 -Fan
4 minutes ago

The polar ice caps are melting and the ocean will rise. Just ask all the rich climate folks that buy oceanfront property.

Les calottes polaires fondent et le niveau des océans va monter. Il suffit de demander à tous ces riches défenseurs du climat qui achètent des propriétés en bord de mer.

geraldcline54
7 minutes ago

The people pushing the extreme heat narrative are supporting the global warming hoax. It isn’t that things are hot it’s that it gives them an excuse to control everyone around them. They’re using the same tactics the same people use to control US during the covid epidemic. They just want to tell everybody how to live their lives.

Ceux qui mettent en avant le discours sur la canicule soutiennent le canular du réchauffement climatique. Ce n’est pas tant qu’il fasse chaud, mais plutôt que cela leur donne un prétexte pour contrôler tout leur entourage. Ils utilisent les mêmes tactiques que celles employées par ces mêmes personnes pour nous contrôler pendant la pandémie de Covid. Ils veulent simplement dicter à tout le monde comment vivre sa vie.

pointy nips
12 minutes ago

Thank you for publishing this, Epoch! ABC, NBC et al would never run a story like this. Instead, they would label the Professor a right wing MAGA conspiracy theorist who was involved in January 6th and kills trans youth for a hobby.

Merci d'avoir publié cet article, Epoch ! ABC, NBC et les autres ne diffuseraient jamais un reportage comme celui-ci. Au contraire, ils qualifieraient le professeur de théoricien du complot d'extrême droite partisan du mouvement MAGA, impliqué dans les événements du 6 janvier et qui s'adonne au meurtre de jeunes transgenres comme passe-temps.

John Williamson 19 minutes ago

The earth has warmed and cooled for thousands of years! All this green eco bull crap has an agenda! 💲💲

La Terre connaît des périodes de réchauffement et de refroidissement depuis des milliers d'années ! Toutes ces conneries écolo, c'est juste pour servir un agenda caché ! 💲💲

CheeseAndCrackers
21 minutes ago

How does NOAA expect to be taken seriously when they remove data points that do not fit their narrative?

Comment la NOAA peut-elle espérer être prise au sérieux alors qu'elle supprime les données qui ne cadrent pas avec son discours ?

USA First!
27 minutes ago

The earth’s climate has been changing since God created it millions of years ago.
The hoax perpetrated by the elites is designed to make them richer and give them even more control over us peons!

Le climat de la Terre n'a cessé d'évoluer depuis que Dieu l'a créé il y a des millions d'années.

Le canular orchestré par les élites vise à les enrichir davantage et à leur donner encore plus de pouvoir sur nous, simples mortels !

jggorski 29 minutes ago

Never ever trust the government

Ne faites jamais, au grand jamais, confiance au gouvernement

waitingonjesus Freedom
40 minutes ago

NOAA id funded by leftist progressive groups. If their data doesn’t show results that fit the “climate change” narrative, they don’t get grants. We’ve all known this.
Isn’t it funny that since Data Centers started popping up,
you don’t hear much from climate alarmists anymore.

La NOAA est financée par des groupes progressistes de gauche. Si leurs données ne corroborent pas le discours sur le « changement climatique », ils ne reçoivent pas de subventions. Nous le savons tous.

N’est-il pas curieux que, depuis l’apparition des centres de données, on n’entende plus guère parler des alarmistes climatiques ?

sublegturbo
42 minutes ago

Climate change is in the libtards brain .!! We go threw natural cycles .!!!

Le changement climatique, c'est dans la tête des gauchistes !! On traverse des cycles naturels !!!

David Wilson
52 minutes ago

Just a few years ago this real scientist would have been vilified for telling the truth. Manmade climate change is and has always been a scam to steal your money. Everyone should be outraged at “the party line” BS. Truth always prevails!!

Il y a quelques années à peine, ce véritable scientifique aurait été vilipendé pour avoir dit la vérité. Le changement climatique d’origine humaine est et a toujours été une arnaque destinée à vous soutirer de l’argent. Tout le monde devrait être indigné par ces conneries de « ligne officielle ». La vérité finit toujours par l’emporter !!

Peter Wiggin
53 minutes ago

Now California needs a “John Christy” law making it illegal to make claims about the climate contrary to the approved messaging…

La Californie a désormais besoin d'une loi « John Christy » rendant illégale toute affirmation sur le climat qui contredirait le discours officiel…

Richard Hansen
1 hour ago

So nice to see real science regarding climate.
Exposes the scams, especially from governments and organizations like the UN.

C'est tellement agréable de voir de la vraie science sur le climat.

Cela met en lumière les supercheries, notamment celles des gouvernements et d'organisations comme l'ONU.

Karl Reimers
2 hours ago

The climate scammers should be brought to justice- all the wasted money and brainwashing of people across the world to fill the pockets of the globalists and fraudsters at large.
Just like the vax scam.

Les escrocs du climat devraient être traduits en justice : tout cet argent gaspillé et ce lavage de cerveau infligé aux populations du monde entier pour remplir les poches des mondialistes et des fraudeurs en général.

Tout comme l'arnaque des vaccins.

Della Milbank
7 hours ago

Weather records go back a few hundred years, yet some of these ‘scientists’ claim they know what happened sixty million years ago based on them.
Bologna.
What arroance.

Les archives météorologiques remontent à quelques centaines d'années, et pourtant certains de ces « scientifiques » prétendent savoir ce qui s'est passé il y a soixante millions d'années en se basant sur ces données.

Bologne.

Quelle arrogance !

Pour le dernier j'ai appris un nouveau terme d'argot, bologna, que l'on peut traduire ici par "un tas de sornettes", ce qui n'est pas gentil pour les Italiens vivant dans cette charmante ville ; cependant il existe une autre traduction que la décence m'interdit de vous expliquer plus en détail.

Je m'arrête là, je n'ai choisi que les commentaires les plus courts et ayant obtenu beaucoup de pouces levés montrant un accord des autres lecteurs. Aucun doute que ces lecteurs ont voté pour Trump et ne le regrettent pas. Jusqu'à leur mort ils resteront persuadés d'avoir raison, il est donc inutile d'essayer de leur répondre en leur apportant des arguments que leur idéologie rejettera immanquablement.

*****
Pour terminer et afin de faire moi-aussi de la "revue par les pairs", un seul pair en fait nommé Gemini, j'ai demandé à cette IA de critiquer sans concession mon billet avant de le publier ; voici le résultat :

Voici une critique concise et directe de ton article de blog.

Points forts

  • L’angle d'attaque est excellent : tu déconstruis la mécanique classique de la désinformation (partir d'une donnée réelle pour en tirer une conclusion trompeuse).

  • Le ton est engageant : l'ironie du début et de la fin fonctionne bien et reflète le ton habituel de la blogosphère.

  • Le travail d'illustration par les commentaires : la sélection montre très concrètement le décalage entre la rigueur d'une analyse nuance par nuance et la façon dont le grand public politisé "consomme" ce type de publication.

Points d'attention et corrections à apporter

  1. Confusion sur la forme du texte principal

    • Tu présentes la partie centrale comme un « compte rendu objectif » rédigé par Claude. Or, la structure, les ajouts personnels et le style font très "article rédigé à quatre mains".

    • Conseil : assume clairement dans ton introduction que le texte qui suit est une synthèse rédigée avec l'aide de l'IA que tu as toi-même enrichie et éditée.

  2. Rigueur scientifique et retours sur l'étude

    • Le texte de l'IA explique très bien les biais : confusion entre extrêmes locaux (CONUS) et réchauffement global, rôle de l'îlot de chaleur urbain (UHI), et absence de méthodologie claire sur la "réintégration" manuelle des données de stations.

    • Inexactitude/Précision à revoir : l'article présente l'effet de serre et l'îlot de chaleur comme s'excluant l'un l'autre sur les températures nocturnes. Il convient de souligner plus fermement que l'augmentation des températures minimales nocturnes est une signature directe et documentée du réchauffement climatique (piégeage de l'infrarouge par les GES), et pas uniquement un effet d'urbanisation.

  3. L'anecdote de "bologna" (en fin de billet)

    • Ta remarque finale sur le mot bologna contient une petite imprécision d'interprétation. En anglais américain, bologna (prononcé "baloney") signifie simplement « charabia », « idioties » ou « conneries ». C'est une altération argotique du nom de la saucisse de Bologne, sans rapport injurieux direct avec la ville italienne elle-même ou ses habitants.

*****

Bizarre, j'ai pourtant écrit
Après plusieurs prompts destinés à affiner et compléter la réponse de l'IA (sans pour autant la "guider" dans un sens ou un autre) voici ce que Claude a à dire sur le sujet. (J'ai rajouté moi-même quelques images issues de The Epoch Times ainsi que des liens hypertextes et des extraits de l'article là où c'était utile)

Je conteste donc la critique de Gemini concernant la "Confusion sur la forme du texte principal".

Quant à l'anecdote de "bologna", je ferais remarquer à madame Gemini que les termes qu'elle propose sont parfaitement compatibles avec ma traduction en "un tas de sornettes" ; par ailleurs elle ne semble pas avoir compris l'acception particulière de "bologna" qui se réfère à un attribut...sexuel ! Mais on ne peut pas demander à une IA de comprendre toutes les nuances d'un mot surtout si elles se rapportent à quelque chose qu'elle ne connaitra jamais...physiquement !

mercredi 8 juillet 2026

Géraldine Woessner ne veut pas mourir pour des idées

 Sur X Sophia Aram fait de la pub pour Le Point et Géraldine Woessner :

Je vous recommande "chaudement" l’édito de l’excellente sur « l’entêtement de l’État à décourager la climatisation, au nom d'une idéologie de la sobriété que le réchauffement rend intenable… » #canicule


Une fois n'est pas coutume j'ai demandé à mes amies les IA de me dire ce qu'elles pensent de cet édito, mais aujourd'hui je ne vous livrerai que leurs conclusions sous forme de résumés afin de ne pas alourdir mon billet et surtout de ne pas vous décourager !

Je note que Grok se démarque des autres IA par une position pratiquement idéologique que j'ai fréquemment trouvée chez...les climato-irréalistes !


Grok

Bref, cet édito est une bonne claque contre le catastrophisme moralisateur et l’écologie de la punition. On a besoin de plus de Woessner : réaliste, pro-technologie, pro-progrès humain, et anti-bullshit idéologique. La sobriété forcée n’est pas une vertu quand elle devient pauvreté énergétique déguisée. L’abondance énergétique intelligente (nucléaire + innovation) reste la voie la plus humaine.


ChatGPT

En définitive, je qualifierais cet éditorial de tribune d'opinion bien argumentée sur certains points, mais sélective dans l'usage des faits. Il met utilement l'accent sur un angle longtemps négligé — l'adaptation — mais il tend à opposer adaptation et sobriété alors que, dans la littérature scientifique, elles sont généralement considérées comme complémentaires plutôt qu'antagonistes.


DeepSeek

En résumé

Cet éditorial est une charge politique contre une certaine écologie de gouvernement, qu'elle juge dogmatique et contre-productive. Il a le mérite de poser de vraies questions sur l'adaptation immédiate et le paradoxe énergétique français. En revanche, il escamote les réalités globales (impact climatique mondial, nécessité de réduire les émissions à la source) et caricature ses opposants pour servir une démonstration qui tient davantage du réquisitoire idéologique que de l'analyse équilibrée. C'est une tribune de combat, pas un essai de science politique.


Gemini

En résumé

C'est un éditorial très efficace sur le plan polémique, qui s'appuie sur le ras-le-bol des usagers face aux vagues de chaleur et sur le dogmatisme parfois rigide des normes d'État.

Cependant, il choisit délibérément d'ignorer la vision à long terme des urbanistes et des climatologues : la climatisation généralisée est une solution d'adaptation immédiate, mais elle traite le symptôme plutôt que la cause, tout en risquant de saturer le réseau lors des pics et de surchauffer les centres-villes. C'est tout le débat entre l'adaptation court terme (le confort et la santé immédiate) et la durabilité systémique (l'aménagement du territoire).


Claude

En résumé : les faits chiffrés cités (canicule 2003, coût de la rénovation énergétique, sous-stockage de l'eau) sont globalement vérifiables et réels. La lecture de la RE2020 est en revanche la partie la plus fragile de l'édito — elle reprend une controverse politique actuelle (portée notamment par le RN) en la présentant comme un fait établi, alors que les acteurs du secteur du bâtiment la contestent largement. C'est un texte d'opinion cohérent dans sa charge polémique, mais qui mélange faits solides et généralisations qui méritent d'être resituées si tu veux t'en servir pour un billet critique.


Perplexity

Mon avis

Je dirais donc que c’est un édito efficace comme objet polémique, mais faible comme analyse. Il a de la force stylistique, mais il pousse trop loin la logique de confrontation et simplifie un sujet qui demande justement du raisonnement par arbitrages. Son mérite principal est de révéler un conflit politique réel; sa limite est de le transformer en slogan.

Je peux aussi te faire une analyse ligne par ligne, repérer les procédés rhétoriques, ou te proposer une contre-lecture plus factuelle en mode fact-checking.


Comme Perplexity me propose d'aller plus loin dans le détail je lui demande « une analyse ligne par ligne, repérer les procédés rhétoriques », voici sa réponse :


Oui — on peut lire cet édito comme une suite de mouvements rhétoriques très nets. Le texte cherche moins à convaincre par démonstration qu’à produire un effet de pression morale et d’évidence, en alternant dramatisation, caricature de l’adversaire et accumulation de chiffres. journals.openedition.org/rhetorique/pdf/399

Entrée en matière

« Face aux épisodes de canicule, l’État s’entête… » : l’attaque initiale pose d’emblée un cadre conflictuel. Le verbe « s’entête » attribue à l’État une obstination presque irrationnelle, ce qui ferme la porte à une lecture nuancée. On est déjà dans une logique de mise en accusation.

Premier paragraphe

Le passage sur « les bons apôtres » et les « sacrifices qu’ils réserveraient aux autres » relève de l’ironie agressive et de la dévalorisation de l’adversaire. L’expression « bons apôtres » suggère l’hypocrisie, tandis que la formule sur le « martyr » dramatise à l’excès la position écologiste pour la rendre ridicule. C’est un procédé classique de disqualification par le ridicule.

La citation attribuée à une ministre, puis l’incise « C’est une mesure d’urgence, pas une politique de long terme », servent à introduire une antithèse entre urgence et stratégie, tout en donnant au texte une apparence de pluralité des voix. Mais la sélection de l’exemple oriente déjà la lecture vers l’idée que la sobriété serait forcément punitive.

Passage sur le nucléaire

Quand le texte évoque la « stratégie du nucléaire » et l’« arrière plan » de « la sobriété », il utilise une association causale implicite : climatisation, sobriété, nucléaire, malthusianisme sont reliés dans une même chaîne argumentative. Ce type de montage crée un effet de continuité idéologique, même si les liens sont plus complexes dans le réel.

L’expression « le mot "sobriété", dans le monde réel, se traduirait par "peur" » relève de la formule frappante et de la réduction polémique. Elle transforme un concept hétérogène en état affectif, ce qui est efficace stylistiquement mais très simplificateur analytiquement.

Changement d’échelle

Le passage « D’ici peu, l’eau déclenchera les mêmes débats hystériques » annonce un glissement vers la prophétie polémique. L’adjectif « hystériques » est un marqueur de disqualification émotionnelle : il ne critique pas seulement des arguments, il pathologise l’adversaire.

La phrase sur « 40 jours consécutifs de pluie » puis « elle n’a rien stocké » joue sur le paradoxe et la frustration cognitive : après l’évocation de la canicule, la pluie apparaît comme un contre-exemple qui ne résout pourtant rien. Cela permet à l’autrice d’élargir son propos de la climatisation à l’ensemble du rapport français à l’adaptation.

Série de chiffres

L’énumération des chiffres sur la canicule de 2003, les décès, la RE2020, les 64 g de CO₂/kWh, les 12% d’immeubles rénovés, etc., relève de l’argument d’autorité par quantification. Le texte donne une impression de solidité factuelle, mais l’accumulation sert aussi à saturer le lecteur et à rendre la thèse plus difficile à contester.

On a ici une technique très fréquente : le chiffre comme effet de réel. Même quand les données sont exactes, leur succession rapide peut remplacer le raisonnement causal par une sensation de nécessité.

Oppositions morales


Le passage sur « les Français » puis sur « les murs se dressent en remparts » installe une polarisation morale et spatiale. L’image des murs transforme le débat climatique en scène de blocage : d’un côté, ceux qui veulent agir; de l’autre, des barrières qui empêchent le changement. C’est une métaphore de l’enfermement et de la résistance, qui renforce le sentiment d’urgence.

L’opposition entre « ceux qui refusent de s’adapter » et les réalités physiques du climat relève aussi de la fausse dichotomie. Le texte sous-entend qu’il n’y aurait que deux camps: les réalistes et les dogmatiques. C’est un ressort rhétorique puissant, mais réducteur.

Chute finale

La fin, avec « notre pays », « nous », « les pénuries menacent », bascule dans le nous inclusif et la mobilisation collective. Le texte ne se contente plus d’argumenter: il cherche à faire ressentir un enjeu national, presque existentiel. La question finale fonctionne comme une question rhétorique destinée à laisser le lecteur sur une impression d’évidence.

Ce qu’il faut retenir

En résumé, l’édito combine surtout :

  • la dramatisation.

  • l’ironie et le sarcasme.

  • la caricature de l’adversaire.

  • l’accumulation de chiffres comme effet de crédibilité.

  • les questions rhétoriques et les formulations sentencieuses.

  • une structure binaire très marquée, qui oppose les lucides aux idéologues.


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Bref si j'ai bien compris Géraldine Woessner a les mêmes travers que moi !