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mardi 30 mai 2017

Les deux erreurs de Mélenchon

Nous sommes en pleine campagne législatives et tous les coups sont permis, bref, rien de bien nouveau en somme.

Ainsi nous assistons à une passe d'armes entre Mélenchon et Cazeneuve concernant des propos tenus par le premier à l'encontre du second :
  • Jean-Luc Mélenchon [...] avait qualifié Bernard Cazeneuve de « gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse », militant écologiste tué par une grenade lancée par un gendarme lors d’une manifestation contre le projet de barrage à Sivens (Tarn), en 2014.
Evidemment ces propos étaient excessifs, un assassinat étant un meurtre avec préméditation ; la mort de Rémi Fraisse était purement accidentelle, cependant elle a été provoquée par un état de fait dont le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, porte une part de responsabilité, sauf à dire qu'il a été « dépassé par les événements », ce qui au demeurant est fort possible mais guère flatteur pour lui.

Quoi qu'il en soit Mélenchon a dérapé et il aurait mieux fait de se taire ou de tourner l'affaire autrement, ce dont il était capable étant donné ses talents d'orateur et sa maîtrise de la langue française.

Cela a été sa seconde erreur commise après le premier tour de la Présidentielle, et il s'agit d'ailleurs plus d'une faute que d'une erreur, mais ne chipotons pas sur les mots.

Cette erreur fut d'après moi le résultat, plus ou moins indirect, d'une première erreur, celle-ci purement tactique, commise juste après le premier tour donc, qui a consisté à ne pas appeler franchement à voter pour Macron afin de faire barrage à Marine Le Pen.

Sur le fond j'étais d'accord avec lui, car je suis capable de savoir pour qui ne pas voter et je n'ai pas besoin qu'on me prenne par la main pour prendre ce genre de décision, cependant beaucoup de gens avaient apparemment besoin qu'on le leur dise en paroles et pas seulement en pensées, ils s'attendaient par conséquent à ce que Mélenchon leur dise « votez pour Macron pour que Le Pen fasse le score le plus bas possible ! »

En fait cela ne mangeait pas de pain que Mélenchon se positionne de cette façon, il aurait pu ajouter « votez Macron mais ne soyez pas dupes, il y a les législatives et là il faudra voter non pas par défaut mais pour ce à quoi vous croyez », et tout le monde aurait compris que Macron serait élu par une minorité de français pour contrer Le Pen parce qu'il n'y avait pas d'autre choix possible, mais qu'avec les législatives il y avait la possibilité de se rattraper

Au lieu de cela Mélenchon s'est enfermé tout seul, comme un grand, dans une attitude intenable que tous ses adversaires, y compris bien entendu Bernard Cazeneuve, se sont fait un plaisir de démolir sur le mode « ne pas appeler à voter Macron serait une "impardonnable faute morale" ».

La faute morale n'était évidemment pas de ne pas appeler à voter Macron, c'était de qualifier Cazeneuve d'assassin, ce à quoi Cazeneuve a largement contribué, peut-être à l'insu de son plein gré !



samedi 20 mai 2017

Les sondages sont-ils fiables ?

Dans mon précédent billet je n'évoquais pas les sondages, mais dans les commentaires il en a été question quand j'en ai évoqué un en réponse à Robert :
  • Géd19 mai 2017 à 16:39 [...] fin janvier on donnait encore Fillon contre Le Pen et Macron arrivait en troisième position : « NFO RTL - Si Marine Le Pen et François Fillon sont les mieux placés pour accéder au second tour, Emmanuel Macron consolide son statut de troisième homme, selon un sondage Kantar Sofres-Onepoint pour RTL » (http://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2017-le-pen-en-tete-au-1er-tour-macron-talonne-fillon-7786982543) [...]
Ce à quoi Robert me répond :
  • Géd @

    Je n'ai jamais dit que Macron avait toutes les chances de gagner, j'ai dit que Hollande a fait tout ce qu'il pouvait pour. Le soutien de Hamon n'était qu'un soutien de façade (Hollande a de la mémoire). Quant aux sondages leur fiabilité est quasi nulle.

    Robert
Talleyrand disait que « tout ce qui est excessif est insignifiant », donc je serais tenté de dire que la dernière phrase du commentaire de Robert est insignifiante.

Cependant il me semble utile d'étudier un minimum la question afin au moins de s'assurer que, contrairement à ce que prétend Robert, la fiabilité des sondages n'est pas quasi nulle.

Il y a plusieurs définitions du mot sondage, données par exemple sur wikipedia :
Prise au pied de la lettre, la phrase de Robert « Quant aux sondages leur fiabilité est quasi nulle » s'appliquerait donc à tous les types de sondages, cependant il parait assez évident qu'il voulait parler de la quatrième définition, à savoir :
  • Un sondage peut également être une méthode statistique d'analyse d'une population humaine ou non humaine à partir d'un échantillon de cette population.
Wikipedia nous donne une définition de ce type de sondages de nature statistique :
  • Un sondage est une méthode statistique visant à évaluer les proportions de différentes caractéristiques d'une population à partir de l'étude d'une partie seulement de cette population, appelée échantillon. Les proportions sont déterminées avec des marges d'erreur, dans lesquelles se situent les proportions recherchées avec telle ou telle probabilité.
Il existe beaucoup d'applications des sondages, par exemple :
  • on relève leur utilisation dans le cadre de stratégies de marketing.
On peut déjà s'interroger sur la santé mentale des directeurs marketing qui utilisent fréquemment, pour « cibler les attentes de leurs consommateurs »,  une technique dont, selon Robert, la « fiabilité est quasi nulle »...

On sait également que les candidats à quasiment n'importe quelle élection sont très demandeurs de sondages qu'ils analysent afin de peaufiner leur stratégie, avec plus ou moins de bonheur il faut dire, mais personne n'est parfait.

Même quand les sondages sont interdits, la veille et le jour du scrutin, cela n'empêche pas les principaux intéressés d'en consulter des plus récents, ils sont simplement interdits à la diffusion au grand public.

Alors, les sondages, leur fiabilité est-elle vraiment quasi nulle ?

Il faut d'abord souligner, et c'est peut-être ce qui a échappé à Robert, qu'on ne parle pas de prédictions ou de prévisions des sondages, mais de projections !

J'avais déjà parlé de la confusion entre prédictions, prévisions et projections dans ce billet sur les modèles climatiques :
  • [...] c'est une constante chez les climatosceptiques de confondre projections avec prévisions ou prédictions, et donc climat (projections) avec météo (prévisions) ou astrologie (prédictions) [...]
Ainsi il semblerait que Robert tombe dans le même piège que les climatosceptiques qui croient que les modèles climatiques sont censés prévoir le climat futur, alors qu'en fait ils ne font que projeter des hausses de températures en fonction de scénarios bien spécifiques ; comme le précise le site du Centre National de Recherches Météorologiques :
  • Concernant les gaz à effet de serre et les aérosols, leur évolution future est fortement liée aux activités humaines et reste très incertaine. Afin de prendre en compte ces incertitudes, différents scénarios d’émissions de ces particules sont proposés par des économistes et les modèles sont utilisées pour simuler l’évolution du climat suivant ces différents scénario d’émission.
Ainsi les sondages politiques fonctionnent à base de scénarios donnant des projections qui sont fonction de ces scénarios ; la différence essentielle entre sondages politiques et modèles climatiques est que les scénarios changent quasiment tous les jours quand on est dans un processus électoral, alors que les scénarios utilisés pour les modèles climatiques sont beaucoup plus pérennes, on ne les change pas souvent et ils restent valables assez longtemps.

L'exemple le plus caractéristique est le « cas Fillon ».

En décembre 2016 Fillon était aux alentours des 30% d'intentions de vote, mais ça c'était avant l'« affaire Pénélope » révélée le 24 janvier 2017. A partir de cette date Fillon a irrémédiablement chuté dans les sondages, avec quelques petites reprises sans importance, pour en arriver à environ une vingtaine de % à la veille du premier tour ; il y a donc eu un scénario « avant l'affaire » et plusieurs scénarios « après l'affaire ».

Voyons plus en détail avec les chiffres fournis par wikipedia :
  • Résultats premier tour :
    • Macron : 24,01%
    • Le Pen : 21,30%
    • Fillon : 20,01%
    • Mélenchon : 19,58%
  • Sondage Odoxa du 21 avril :
    • Macron : 24,50%
    • Le Pen : 23,00%
    • Fillon : 19,00%
    • Mélenchon : 19,00%
  •  Sondage IFOP du 30 mars :
    • Macron : 26,00%
    • Le Pen : 25,50%
    • Fillon : 17,00%
    • Mélenchon : 15,00%
  •  Sondage IFOP fin novembre 2016 :
    • Fillon : 28%
    • Le Pen 24%
    • Macron : 15%
    • Mélenchon : 11%
    • Valls : 10%
Il y a plusieurs constatations que l'on peut faire en regardant ces résultats de sondages et en les comparant aux résultats finaux :
  • Sans l'« affaire Pénélope » ce ne serait pas Macron notre actuel président, mais Fillon !
  • Le sondage de novembre 2016 a été effectué avant que Valls ne soit éliminé de la primaire de la Gauche ; à cette époque il faisait jeu égal avec Mélenchon, ce que fera également Hamon après avoir été choisi, mais avant de dégringoler au profit essentiellement de Mélenchon ce qui explique en grande partie la remontée de celui-ci par la suite ;
  • En novembre Macron était très loin de Fillon et Le Pen, et on ne voit pas trop par quel miracle, en sachant ce que l'on sait maintenant, comment il aurait pu passer devant l'un des deux s'il n'y avait pas eu l'« affaire Pénélope ».
A la lecture de ces différents sondages on ne peut que constater qu'ils ont reflété assez fidèlement l'évolution de la campagne avec ses diverses péripéties.

Les sondages politiques ne sont donc rien d'autre que la photographie de l'opinion à un instant donné, avec une marge d'erreur compréhensible étant donné que les calculs sont basés sur un échantillon de la population avec toutes les incertitudes que cela comporte.

Il ne faut donc pas vouloir faire dire aux sondages ce qu'ils ne peuvent pas prévoir.

Pour terminer voici la définition la plus précise que l'on puisse trouver du mot projection, dans le cadre qui nous intéresse ici, elle émane du site cnrtl :
  • 4. STAT. ,,Extrapolation temporelle d'une tendance observée sur un intervalle de temps, conduisant à une estimation de la valeur future de la variable`` (Éduc. 1979).
    ♦ Projection démographique. ,,Opération mentale par laquelle, à partir de l'état et des tendances d'une population actuelle, on estime l'effectif de cette population dans un avenir donné`` (Foulq. Sc. soc. 1978).
    ♦ Projection économique. ,,Représentation prospective ou précision de l'état économique, qui, dans un avenir déterminé et compte tenu des changements que l'on peut imaginer, résultera probablement des conditions actuelles`` (Foulq. Sc. soc. 1978). La commission de la sidérurgie, par exemple, établit ses prévisions non par projection ou estimation de la tendance, mais par addition des programmes réels des entreprises (Reynaud, Syndic. en Fr.,1963, p.238).
Il serait toutefois utile que ce site rajoute un alinéa concernant les projections issues des sondages politiques.

*****

Liens utiles :



mercredi 17 mai 2017

Que peut faire Macron ?

Le programme d'Emmanuel Macron est connu, on peut notamment le consulter sur le site du Monde et le comparer éventuellement à celui des autres candidats éliminés.

Comme tous les programmes d'un candidat devenu président il sera respecté pour une (petite) partie seulement, car il y a toujours loin de la coupe aux lèvres et on ne voit pas pourquoi celui de Macron ferait exception.

A chacun d'imaginer quelles parties de son programme seront réalisées et quelles parties tomberont dans les oubliettes de la politique et/ou du principe de réalité :
  • Respecter le principe de réalité consiste à prendre en compte les exigences du monde réel, et les conséquences de ses actes. Le principe de réalité désigne avant tout la possibilité de s'extraire de l'hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d'admettre l'existence d'une réalité, insatisfaisante ou non conforme à son idéalisation.
Comme disait Pasqua « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent » et Henri Queuille était plus explicite encore quand il disait qu' «  il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. » ; combien de chefs d’État et de Premiers ministres ont pu leur donner raison...!

Il n'est pas question pour moi de décortiquer en détail le programme de Macron, je voudrais seulement m'attarder un instant sur son aspect économique et social, et plus particulièrement sur son désir de réformer rapidement, dès cet été, le droit du travail afin de « libérer » les entreprises.

Le fait que Pierre Gattaz soutienne franchement Emmanuel Macron devrait faire réfléchir sur les conséquences d'une refonte des relations entre salariés et employeurs...
  • Côté patronal, le Medef applaudit avec enthousiasme les projets du président Macron. «Nous sommes sur un nuage, pour l'instant, Emmanuel Macron fait un sans-faute», a même lancé sur CNews son président, Pierre Gattaz.
Cela dit Gattaz et son Medef ne représentent qu'une très petite partie des entreprises, environ 11% si l'on en croit Michel Offerlé, professeur de sciences politiques, enseignant à l'Ecole normale supérieure :
  • Il estime que 350 000 entreprises adhérent au Medef, ce qui fait en pourcentage 11% des entreprises.
Et on peut se poser la question de savoir en quoi une simplification du droit du travail améliorerait de quelque façon que ce soit la compétitivité des entreprises, leur capacité à embaucher, leurs perspectives de croissance, etc.

Dans l'Express de cette semaine Nicolas Bouzou, grand libéral devant l’Éternel (l’Éternel Dieu de l'argent il faut croire) nous dit dans son éditorial :
  • [...] la relance de la croissance passe elle-même par une libéralisation du marché du travail qui permettra aux entreprises de produire et d'innover davantage.
Il s'agit là d'une affirmation sans aucune argumentation ni explication, Bouzou nous assène qu'il faut « libérer » le marché du travail, c'est-à-dire en fait « libérer » les entreprises, et comme par enchantement celles-ci vont se mettre à innover et produire davantage, bien sûr en embauchant à tour de bras.

Pour faire simple il y a deux sortes de politiques économiques qui s'opposent frontalement (et idéologiquement) depuis quelques décennies :
  • la politique de l'offre, qui consiste à aider les entreprises en leur fichant la paix, par exemple en facilitant les licenciements, en libérant les salaires (i.e. en les soumettant à la concurrence, i.e. en les baissant) ou en les taxant beaucoup moins, cela dans l'espoir de les voir embaucher et investir ;
  • la politique de la demande, également appelée politique (néo)keynésienne, qui favorise la consommation en augmentant les dépenses publiques et en baissant les impôts (tous les impôts, pas seulement ceux des entreprises...) ; l'idée est de dire que 1) les dépenses publiques vont créer de l'activité et donc des embauches, et que 2) s'il y a davantage d'argent pour consommer les entreprises ne pourront qu'en bénéficier car elles vendront plus.
Chacune de ces politiques a des qualités et des défauts et ne devrait être appliquée que moyennant un subtil équilibre entre les deux qui dépend des circonstances économiques du moment ; comme je ne suis pas assez doué en économie je suis dans l'embarras pour dire laquelle de ces deux politiques devrait être privilégiée au moment présent, mais ce qui est sûr c'est que pour Macron c'est la politique de l'offre qui va primer.

Cela-dit je suis étonné quand j'entends certains dire que le code du travail serait trop compliqué, ce qui freinerait la compétitivité des entreprises :
  • Lorsque le sujet de la compétitivité des entreprises est abordé, il est souvent question de pouvoir d'achat, de fiscalité et charges sociales. En revanche, il est rarement question de droit du travail. Pourtant, je rencontre de nombreux dirigeants qui affichent un ras-le-bol de la paperasse et de l'incompréhension des textes", clame François Taquet, avocat et professeur à l'Iéseg, école supérieure de commerce.
Lorsque le sujet de la compétitivité des entreprises est abordé, il est souvent question de pouvoir d'achat, de fiscalité et charges sociales. En revanche, il est rarement question de droit du travail. Pourtant, je rencontre de nombreux dirigeants qui affichent un ras-le-bol de la paperasse et de l'incompréhension des textes", clame François Taquet, avocat et professeur à l'Iéseg, école supérieure de commerce.

Retrouvez cet article sur : www.chefdentreprise.com - "Droit du travail français : un frein à la compétitivité des entreprises ?"
Oui je suis étonné quand on sait que bon nombre d'entreprises, surtout de grande taille, ont les moyens de se payer les services de fiscalistes qui vont leur optimiser l'impôt sur les sociétés afin qu'elles payent un minimum, et on veut nous faire croire qu'elles auraient des difficultés « de paperasse et d'incompréhension des textes », alors que les textes fiscaux sont tout aussi compliqués sinon plus que les textes afférents au droit du travail !

En ce qui concerne les entreprises de plus petite taille elles n'ont en principe pas les mêmes besoins que les grosses, et les services de leur expert comptable leur suffisent amplement pour gérer les quelques cas qui se présentent à elles, et si ce n'est pas assez il existe d'excellents avocats spécialisés en droit du travail pour traiter des affaires « compliquées ».

De plus, le recours au CDD (Contrat à durée déterminée) est relativement aisé et souple, la durée peut aller jusqu'à 36 mois soit 3 ans, ce qui est en principe largement suffisant, pour une entreprise qui voit son activité augmenter ou a des perspectives intéressantes de croissance, pour juger de la compétence du salarié et de l'utilité qu'il peut avoir à l'avenir, avec donc la possibilité de l'embaucher de manière définitive ; si ce n'est pas le cas alors cela veut dire que l'activité n'est pas si bonne que prévue, mais cela n'a rien à voir avec les difficultés éventuelles pour embaucher le salarié.

Enfin s'il s'agit de débaucher un salarié cela n'est pas particulièrement compliqué si l'on a affaire à une baisse d'activité, on pratique alors un licenciement pour motif économique, qui ne se fait certes pas sur un claquement de doigts mais est quasiment toujours accepté par l'inspection du travail.

De mon expérience passée (qui commence à dater mais j'ai quand même un peu de mémoire...) les entrepreneurs que je conseillais au tout début de ma carrière ne se plaignaient pas de la paperasse ou des textes incompréhensibles mais simplement de payer trop d'impôts, ce qui est un autre problème. Je ne pense pas que les choses aient vraiment beaucoup changé aujourd'hui, si l'entreprise est suffisamment bien épaulée par son expert-comptable ou en interne par son service comptable et/ou des ressources humaines alors elle peut gérer les péripéties de la vie quotidienne, et les informations dans les journaux nous montrent amplement que les entreprises arrivent plutôt bien à gérer leurs plans sociaux, en tout cas la confrontation entre patrons et salariés s'apparente le plus souvent à la lutte du pot de terre contre le pot de fer (devinez qui est qui)

Si un patron a des projets et qu'il va voir son banquier pour obtenir un prêt, on lui demandera un plan de financement à 5 ans ainsi que diverses autres informations permettant au prêteur de juger de la solidité du dossier ; il ne lui sera pas demandé s'il a des difficultés à embaucher ou licencier ses salariés, ou a établir leur paye et à payer leurs cotisations sociales, ou plus généralement à gérer les relations avec le personnel. S'il n'obtient pas son prêt ce sera parce que le banquier n'est pas assez confiant dans les perspectives de croissance avancées par l'entrepreneur et parce que les chiffres qui lui auront été montrés ne l'auront pas convaincu.

Le véritable moteur d'un chef d'entreprise c'est son carnet de commandes, si celui-ci est à plat rien ne peut avancer, par contre s'il est bien fourni est-ce que de simples contraintes administratives peuvent freiner un entrepreneur digne de ce nom ?

Il existe une situation dans laquelle un entrepreneur peut hésiter, plus ou moins à juste titre, c'est quand l'effectif de son entreprise se situe juste au dessous d'un seuil et que l'embauche de salariés supplémentaires lui ferait dépasser ce seuil, qui peut être de 11, 20 ou 50 salariés, entrainant ainsi certaines obligations qui peuvent paraitre disproportionnées, du moins à court terme si l'entreprise a des difficultés pour s'adapter aux nouvelles contraintes. Je n'ai pas l'impression qu'il existe dans le programme de Macron quelque chose destiné à régler ce problème, je n'ai vu qu'une proposition destinée à simplifier les instances de représentation du personnel, ce qui n'est déjà pas si mal, mais rien concernant les seuils, à moins que ce ne soit bien caché quelque part...

La composition du gouvernement a été rendue publique aujourd'hui. Elle penche clairement à droite dans le domaine de l'économie et des finances publiques avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, donc je ne m'attends pas à des miracles et ne serais pas étonné si la courbe du chômage conservait une tête hollandaise...

Mais dans l'ensemble le gouvernement est plutôt de qualité, on a connu bien pire, en tout cas je souhaite aux nouveaux ministres de réussir dans leur mission et si au bout de cinq ans la situation de la France était significativement meilleure que ce qu'elle est aujourd'hui je m'en réjouirais et serais prêt à reconnaitre que la politique suivie était la bonne.

Qui vivra verra.


dimanche 7 mai 2017

Dur dur d'avoir toujours raison...

Je le dis dès à présent afin de lever toute ambiguïté : le titre de ce billet est une boutade, un clin d’œil destiné à celui qui m'accusait de vouloir toujours avoir raison :
  •  Anonyme5 mai 2017 à 20:30
    Géd,

    [...]

    Vous avez une forte propension à toujours vouloir avoir raison et ce malgré un manque cruel de connaissances.

    [...]

    Robert
Non non, monsieur Robert, quand je défends mon point de vue et n'en change pas tant qu'on ne m'a pas convaincu que j'avais tort je ne trouve pas que ce soit un défaut, en tout cas je n'appelle pas cela « toujours vouloir avoir raison », et je pense avoir montré à plusieurs occasions que je pouvais reconnaitre mes erreurs quand j'en faisais ; et cette critique est d'autant plus cocasse qu'elle vient de quelqu'un qui n'a jamais montré une quelconque flexibilité dans ses prises de position, par exemple au sujet de l'économie qui nous a valu ce genre de commentaire :
  • Gèd désolé mais je ne suis pas d'accord avec vous, l'économie me fait penser à l'astrologie, à la numérologie + toutes les autres pseudosciences. Chacun y va de sa propre théorie fondée sur des arguments plus que boîteux et qui n'apporte au final aucune solution valable (si c'était le cas, ça se saurait).

    Robert
Et c'est moi qui suis censé vouloir « toujours avoir raison », mais on lui pardonnera ce biais de projection qui est très répandu chez les climatosceptiques que nous combattons pourtant Robert et moi, et il est vrai que je ne suis certainement pas moi-même immunisé contre cette maladie qui nous fait transférer sur autrui notre vision des choses et notamment nos propres défauts ; seulement j'en suis conscient et essaie autant que possible de l'éviter, ce que d'autres montrent quelques difficultés pour y arriver.

Tout cela pour dire que dès le 19 février dernier j'écrivais :
  • Je persiste à penser que l'on sur-estime le poids des sympathisants FN et que l'on sous-estime la capacité des électeurs de se mobiliser « contre » Le Pen, je vois dans ma boule de cristal (celle que Benoit Rittaud m'a prêtée, donc sans garantie de fiabilité...) une resucée de 2002 avec de nombreux idiots utiles qui iront se sacrifier pour éviter la peste brune.
Et je rappelle aussi que mon estimation de fin janvier n'était pas si délirante que cela :
  • Bien malin celui qui peut prédire qui sera le futur président de la République, cependant je vais prendre le risque insensé de faire un pari sur le deuxième tour avec le résultat suivant :
    • Macron : 70%
    • Le Pen-Pon : 30%
Quand on voit que certains mettaient le FN à 40% :
  • Je ne sais pas ce qui s’est passé pour qu’un FN estimé aux alentours de 40% pour le second tour de la présidentielle ne soit pas la priorité, une urgence absolue. 
Et quand on voit ce qui se dessine comme résultat final :
Et pour info voici ce que cela donne dans ma commune :

Source : http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/

Il faut croire que j'ai été un peu influencé par l'atmosphère locale qui m'a fait exagérer l'écart entre les candidats, cependant nous sommes au niveau national dans les environs de 66-34 (ou 65-35 au pire) ce qui finalement me fait dire que ma boule de cristal n'était pas si délirante qu'elle en avait l'air.

Bref on nous a refait le coup de 2002 avec le fameux « Front républicain » pour « faire barrage au Front national », Front contre Front tels deux taureaux se disputant une génisse, parce que vous comprenez si le méchant venait à l'emporter alors pauvre génisse qui se ferait violenter, mais finalement la génisse n'a jamais été en péril et son avenir n'est pas plus clair que celle de 2002, à mon avis elle est promise à l'abattoir et après avoir été exploitée pour son lait (rappelez-vous la formule de Sully...) on en voudra à sa viande ; labourage et pâturage ont été remplacés par finançage et globalisage, et les mamelles n'appartiennent plus vraiment à la France.

Je prévoyais également que Macron était une baudruche qui allait assez tôt se dégonfler à défaut d'éclater (ça va mettre un certain temps mais on y arrivera)
  • Macron, que je croyais une baudruche qui allait se dégonfler semble être une baudruche qui va tenir le coup, au moins jusqu'à son élection.
C'est bien ce qui s'est passé, malgré quelques petites frayeurs vite surmontées la baudruche Macron a même réussi à reprendre un peu d'air grâce à la prestation calamiteuse (mais voulue...?) de Le Pen lors du débat d'entre-deux tours.

Cela-dit laissons-lui le bénéfice du doute et permettons-lui de mettre « en marche » son programme pour voir s'il « marche » vraiment ; rendez-vous dans cinq ans, ou moins.

Et si je me suis trumpé sur la baudruche Macron je promets de le reconnaitre.


En attendant viennent les législatives et là on va voir ce qu'on va voir, mon bulletin de vote est déjà prêt à être dégainé, et je sais en faveur de qui il sera.




vendredi 5 mai 2017

Marine Le Pen dementie par monsieur Klein

Il y a de ces concours de circonstances, quand même, qu'on se demanderait presque si c'est du hasard...

Il y a presque un mois, le 9 avril dernier, Marine Le Pen faisait une déclaration étonnante ; « la France n’était pas responsable du Vél’ d’Hiv » déclara-t-elle !

A-t-elle seulement vu une seule fois dans sa vie le film que Joseph Losey tourna en 1976, Mr Klein ?


Ce film, bizarrement, vient de passer hier soir sur Ciné+ Classic, ce qui a permis de se rendre compte que ce sont bien des flics français, et non des allemands, qui ont procédé à la rafle en allant chercher les Juifs et en les amenant dans des bus au Vél' d'Hiv où ils furent parqués en attendant d'être convoyés en train vers les camps de la mort ; ce n'est que lors de l'embarquement dans les wagons que l'on voit des uniformes allemands, auparavant c'est bien notre maréchaussée qui est aux premiers rangs et à la manœuvre.

On passera sur les « anomalies » du film, comme la période d'hiver et le Vél' d'Hiv à découvert alors que la rafle a été effectuée en juillet et que le vélodrome est un bâtiment fermé, ou bien le sigle SNCF sur les trains qui était en fait celui utilisé à partir de 1972, tout ceci est du détail comme aurait dit Jean-Marie et ne remet nullement en cause le fait que ce sont bien des Français qui ont fait le boulot pour les Allemands.

Sur wikipedia on peut lire :
  • Pour Éric Conan et Henry Rousso :
    « Le Vél' d'Hiv' ? L'événement est devenu depuis 1993 le symbole officiel du Vichy antisémite. Mais la grande rafle de , ainsi que toutes celles qui ont suivi, en zone nord comme en zone sud, furent moins la conséquence de l'antisémitisme d'État que celle de la collaboration d'État. Le rôle des Bousquet, Leguay et consorts s'explique non par un fanatisme antijuif, mais par la politique d'un régime prêt à payer le prix du sang, celui des autres, la défense d'une certaine conception de la « souveraineté nationale ». Cette politique n'a pas de lien nécessaire avec les lois antijuives promulguées deux ans plus tôt par Vichy. C'était même ce que la mémoire nationale était supposée intégrer : la part d'autonomie à l'égard de l'occupant. Certes, ces lois ont favorisé ultérieurement l'application de la « Solution finale », un crime prémédité et organisé par les nazis. Statuts, fichiers, lois d'exclusion françaises ont facilité les arrestations massives de 1942-1943. Mais le sens de ces lois, promulguées entre et l'été 1941, n'était pas celui de prémices d'une extermination, projet qui, à ce moment-là, n'est pas à l'ordre du jour, ni dans la politique de Vichy ni même dans celle du Reich. Ces lois françaises exprimaient un principe d'exclusion politique et sociale inscrit au cœur d'une certaine tradition française et qui reste aujourd'hui encore vivante. »
Ainsi à l'origine les collaborateurs vichystes « ne pensaient pas à mal » et n'avaient pas l'intention d'exterminer les Juifs, cependant leur politique liée à leur idéologie antisémite a suffit pour que le résultat soit celui que nous connaissons et que certains encore aujourd'hui, comme la famille Le Pen, tentent soit de minimiser soit carrément de nier.

Cela doit nous faire réfléchir (si ce n'est déjà fait) sur ce qu'il y a non seulement dans la tête d'une Marine Le Pen qui prétend devenir la présidente des Français, mais aussi dans celle de beaucoup de ceux qui veulent voter pour elle en scandant la France aux Français, c'est-à-dire tous les autres dehors !

Évidemment cela ne les dérange nullement s'il s'agit de réfugiés qui dans leur pays d'origine risqueraient leur vie, ils ont déjà montré qu'ils étaient capables de mettre dans des wagons à bétail des gens qu'ils jugeaient indésirables sans se soucier de ce qui allait leur arriver.

En fait quand on y pense bien, nous n'apprenons pas grand chose de l'Histoire, les mêmes faits finissent toujours par se reproduire un jour ou l'autre, ce n'est qu'une question de temps, le temps que la mémoire se soit suffisamment diluée dans les préoccupations du présent et que nous ayons d'autres chats à fouetter.

Et manifestement les Le Pen sont de ceux qui aident à effacer les atrocités du passé.




mercredi 3 mai 2017

Un homme et une femme, bla bla bla bla bla...

Au moment où je commence à rédiger ce billet il reste 8 minutes avant que nos deux protagonistes ne rentrent en scène sur TF1 pour faire leur numéro de claquettes attendu.

Je ne regarderai pas ce débat ; pourquoi faire ?

Comme si on ne savait pas quels étaient leurs programmes respectifs.

Macron va se draper dans le costume du futur président de la République qu'il sera dans quelques jours, donc il restera (relativement) calme, digne, prenant de la hauteur et parlant aux français par-dessus la Marine.

Le Pen, qui n'a ni rien à perdre ni rien à gagner, va faire du Le Pen, donc que du même réchauffé que nous servait déjà son père quand il était à la barre du bateau dont héritera dans quelques années la petite dernière Marion (Maréchal nous voilà)

Non je ne vais pas perdre mon temps, j'ai bien mieux à faire et vous n'avez pas besoin de savoir de quoi il s'agit.

Il est 20 heures 59 et je m'apprête à cliquer sur le bouton Publier.

C'est quasiment fait.



mardi 2 mai 2017

Macron en danger, sans blague !

Plus que quelques jours et nous serons fixés.

J'avais prédit fin janvier :
  • Macron : 70%
  • Le Pen : 30% 
Mais certainement je prenais mes désirs pour des réalités en prévoyant un écart de 40 points, car il est vrai que j'aimerais par dessus tout que Le Pen se prenne une gamelle monumentale, cependant cela sera un peu plus serré, avec un écart dans les 20 points ce qui n'est pas si mal quand même.

Le choix semble pour moi cornélien, dimanche prochain je devrai me décider, mais je sais qu'en tout état de cause ce ne sera pas Le Pen, éliminée d'office, car son bulletin me salirait trop les doigts ; mais voter Macron me pose un sérieux problème, car je n'adhère pas du tout à son projet libéral qui n'est que la suite du hollandisme, lequel n'était finalement pas si différent du sarkozisme, lequel était à peu de choses près etc. bref avec Macron c'est la continuation de la politique que nous connaissons tous depuis plusieurs décennies avec des variantes sociétales mais peu de nuances sur le plan économique ; alors ne pas voter Macron ce serait voter blanc ou m'abstenir, c'est-à-dire si l'on en croit certains faire le jeu de Le Pen...

Quelques uns vont jusqu'à prédire que Macron pourrait éventuellement perdre, comme Éric Verhaeghe sur Contrepoints qui pense avoir trouvé « 8 contrariétés qui pourraient faire perdre Emmanuel Macron », comme par exemple l'épisode de la Rotonde...ou la désastreuse sortie chez Whirpool...deux événements qui auront été totalement oubliés dimanche prochain au moment de mettre son bulletin dans l'urne.

Et que penser de certaines autres « contrariétés » plus ou moins imaginaires dont la plupart des gens n'auront même pas eu connaissance, comme les déclarations d'Attali ou de Parisot que même moi j'ignorais avant de lire l'article de Verhaeghe ; et à supposer que j'aie été au courant, honnêtement si je voulais voter pour Macron aucune de ces « 8 contrariétés » ne m'aurait vraiment fait changer d'avis.

Mais comme le dit Mélenchon (pour qui j'ai voté au premier tour) ce sont les législatives qui seront les plus importantes, à la limite peu importe le président, s'il/elle n'a pas de majorité au parlement quel sera son pouvoir ?

Ce serait tout de même drôle que Le Pen gagne (d'un cheveu si c'est le cas) et que Mélenchon se retrouve en tête aux législatives et devienne son premier ministre ; idem si c'est Macron qui l'emporte, comme il n'est pas du tout certain d'avoir une majorité (qui reste à prouver et à construire quasiment de toutes pièces) cela pourrait également être Mélenchon qui se retrouve à ses côtés, vu la dynamique des Insoumis qui est plutôt positive alors que celle des Républicains a pâti des affaires Fillon, sans parler du PS d'Hamon en pleine déconfiture.

Mais ne rêvons pas, Macron est assez largement en tête dans les sondages, même s'il accuse une légère baisse selon Les Echos :
  •  Dans le sondage quotidien Présitrack d'Opinionway-ORPI pour "Les Echos" publié ce jeudi, le leader d'En marche est donné favori du second tour. Mais il recule à 59 % d'intentions de vote face à Marine Le Pen.
Il est vrai qu'il est passé de 64% le 23 avril à 59% entre le 26 et le 30 avril, mais rappelez-vous que j'avais qualifié Macron de baudruche qui se dégonflerait un jour ou l'autre, cela commence un peu avant son élection et cela va continuer son petit bonhomme de chemin jusqu'à ce que tout le monde se rende compte qu'il ne sait pas faire de miracle.

Mais il reste 6 jours, et pour passer de 59% aujourd'hui à 49,99% dimanche il faudrait un quasi-cataclysme fort peu probable, chacun des prétendants ne prenant (si possible) plus aucun risque et essayant de gérer la dernière ligne droite au mieux :
  • Macron pour conserver son avantage
  • Le Pen pour ne pas trop perdre
Macron sera notre prochain président, il faut dès à présent s'y faire.


dimanche 23 avril 2017

Et le grand gagnant est...

Tout le monde s'en doute, celle qui va gagner ce premier tour c'est bien sûr madame Abstention, même s'il parait qu'elle est en baisse ces derniers jours d'après Le Figaro :
  • Dans son dernier sondage, Elabe estime que «la participation au premier tour de l'élection présidentielle pourrait désormais s'approcher de celle enregistrée en 2012». La proportion d'inscrits se disant désormais «tout à fait certain d'aller voter» progresse de 3 points par rapport à la semaine dernière (71%). 
Sauf que le sondage Elabe qui est cité dit :
  • [...] la participation au premier tour de l’élection présidentielle pourrait désormais s’approcher de celle enregistrée en 2012 (79,5%).
 Pourquoi Le Figaro « oublie » les 79,5% et évoque à la place 71% ? Mystère.


Quoi qu'il en soit à 29% ou à 20,5% cela fait plus d'un inscrit sur cinq qui ne compte pas se déplacer.

Le dernier sondage visible sur wikipedia à l'heure actuelle est celui d'Odoxa qui donne les résultats suivants :
  1. Macron : 24,5%
  2. Le Pen : 23%
  3. Mélenchon / Fillon : 19%
Hamon est 5ème avec 7,5%, donc éliminé d'office ; cependant si cet animal avait accepté de faire cause commune avec Mélenchon celui-ci aurait environ 25% (en comptant les pertes) et serait en tête sans trop de problème.

Mais voilà, Mélenchon, s'il est élu, c'est Cuba ou le Vénézuela, et c'est le chaos suite à la sortie de l'euro, de l'UE et de l'OTAN.

Voire.

Si je ne m'abuse Le Pen et Fillon sont plutôt amis avec Poutine, donc avec eux la France deviendrait la Russie, non ?

Et les mêmes ont eu des mots doux envers el-Assad, Fillon l'avait  qualifié de « meilleur rempart contre les djihadistes » avant de faire machine arrière, et Le Pen trouvait que le dictateur Syrien était « une solution plus rassurante que l’État islamique », donc si je suis le même raisonnement que pour Mélenchon, alors Fillon et Le Pen veulent aussi que la France devienne comme la Syrie...

On voit bien où ce genre de rapprochement peut mener, et Mélenchon a dans les derniers jours payé sa remontée dangereuse pour les trois autres qui ne se sont pas privés de caricaturer son projet, aidés en cela par Hamon et aussi par Hollande !

A croire que Mélenchon c'est le mal absolu dont il faut à tout prix se préserver, mais il est vrai que Le Pen est moins dangereuse que lui, car au second tour elle est battue par n'importe lequel des autres candidats, alors que Mélenchon aurait quelques chances de l'emporter, sauf peut-être contre Macron.

Donc ce sera très probablement sans Mélenchon et le duo gagnant qui se dessine est bien Macron-Le Pen, mais qui sait, une surprise est toujours possible, il ne faut pas insulter l'avenir dit-on, mais l'avenir s'en fout un peu à vrai dire.


PS (post-scriptum et non parti socialiste) - Si c'est Fillon-Le Pen je ne vois pas de raison pour me déplacer au second tour : je ne veux en aucun cas être partie-prenante dans l'élection d'un fraudeur futur mis en examen qui sera la risée non seulement des étrangers mais aussi de nos enfants quand ils apprendront l'histoire de France et la Vème République.

 

mardi 11 avril 2017

J moins presque dix

Nous sommes maintenant dans la dernière ligne droite et nous nous trouvons avec quatre candidats qui forment le peloton de tête, avec deux qui sont légèrement devant mais talonnés de près et pas sûrs du tout de se retrouver au second tour, tellement les choses ont évolué en peu de temps.

En novembre dernier je me hasardais ironiquement au pronostic suivant :
  • Mélanchon : 20%
  • Hollande : 20%
  • Macron : 20%
  • Bayrou : 20%
  • Fillon : 20%
  • Le Pen : 20%
A l'époque on ne savait pas si Hollande et Bayrou allaient se présenter et Hamon n'avait pas encore été choisi pour être le candidat du PS.

Si je compare cette prédiction avec ce que disent les derniers sondages je n'ai pas à rougir de mes talents divinatoires ; l'IFOP nous donnait hier les pourcentages suivants (entre parenthèses l'écart avec mon doigt mouillé en novembre) :
  • Mélanchon : 18% (-2)
  • Hollande Hamon : 9% (-11)
  • Macron : 23% (+3)
  • Bayrou : na (-20)
  • Fillon : 18,5% (-1,5)
  • Le Pen : 24% (+4)
Il m'était évidemment quasi impossible de deviner si Bayrou allait se présenter, quant au renoncement de Hollande et à la qualification de Hamon je n'ai vu personne les imaginer.

Par contre ce qui pourrait bien arriver dans les tout derniers jours ou les toutes dernières heures, ce serait, pourquoi pas, un désistement de Benoit Hamon au profit de Jean-Luc Mélenchon, propulsant très probablement celui-ci aux alentours des 25% (il y aurait sans doute quelques pertes vers Macron et Le Pen, ou Poutou et Arthaud...)

En tout cas le parcours de Mélenchon contredit ce que me disait Robert :
  • J'ai bien peur que Mélenchon soit un second Jean-Marie, en fait il ne veut pas le pouvoir, juste exister.
    Robert
Pour quelqu'un qui ne chercherait juste qu'à exister sans vouloir le pouvoir, on se demande ce qui le pousse vers les 20%...

Je répondais d'ailleurs :
  • [...] Mélenchon [...] a suffisamment de soutiens de bon niveau pour pouvoir constituer un gouvernement qui tienne la route, en tout cas [il] ne [fera] pas pire que ce que nous avons connu avec Sarkozy ou Hollande, deux présidents qui ont appliqué une politique libérale située entre le centre droit ascendant extrême droite pour l'un et le centre gauche ascendant droite pour l'autre.

    Mélenchon peut compter sur le PC (et il y a au PC beaucoup d'intellectuels n'ayant rien à voir avec le niveau du FN) ainsi que sur toute l'aile gauche du PS et même j'en suis sûr une partie des hollandistes... sans compter les écologistes (Mélenchon est l'un des rares à avoir des idées bien claires sur l'écologie)

    Pour toutes ces raisons je suis persuadé que Mélenchon croit en ses chances, en tout cas je pense qu'il fera un score honorable ; s'il ne passe pas le premier tour ce sera probablement parce que certains électeurs qui auront voté Hamon lui auront fait défaut ; sans Hamon il aurait un électorat plus étendu et de grandes chances de passer.

    Aux dernières nouvelles les sondages de janvier (qui valent ce qu'ils valent...) donnent : Mélenchon entre 10 et 15% ; Hamon entre 6 et 15% ; Macron entre 16 et 24% ; Fillon entre 21 et 28% ; Le Pen entre 22 et 27% (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l'%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2017#Janvier_2) sachant que les deux derniers font actuellement face à de petits problèmes, surtout Fillon...

    Avec les voix de Hamon et de Jadot Mélenchon arriverait en théorie à 27%...

    Et il reste encore trois mois avant le premier tour...
Rétrospectivement je me dis que je ne changerais pas une seule ligne de ce que j'ai écrit début février ; si Hamon se maintient Mélenchon aura beaucoup de mal pour se qualifier, il faudrait pour cela un véritable effondrement de Le Pen et Macron (pour Fillon c'est déjà fait) qui parait improbable, même si Le Pen a perdu de sa superbe et risque d'être encore un peu grignotée avec sa sortie sur le Vél' d'Hiv...difficile de dire si ce dérapage (contrôlé ?) lui rapportera quelques voix ou lui en fera perdre.

Pour le second tour je rappelle mon pronostic du 31 janvier :
  • Macron : 70%
  • Le Pen : 30%
Pour l'IFOP ce serait du 58-42, avec un écart qui semble se resserrer (c'était du 62-38 le 23 mars...) mais qui pourrait tout aussi bien s'élargir, les entrailles de poulet ne m'éclairent pas trop là-dessus.

Il me semble cependant plus que probable que j'aurai à aller voter le 23 avril prochain, seul un match Fillon-Le Pen m'aurait fait préférer une petite balade histoire de respirer un peu d'air pur.

Mais après tout, Macron n'est pas pire qu'un autre (ni Mélenchon d'ailleurs...) et ce n'est ni la peste ni le choléra, seulement une petite grippe pas bien méchante.

Et puis les Américains ont eu Trump, on pourra donc s'estimer satisfaits avec Macron !
Mais l'élection passée, si c'est bien Macron qui décroche la timbale (ou le pompon) je reste persuadé qu'il se dégonflera presque aussi vite qu'il a enflé, ce sera finalement notre Trump à nous, mais un gentil Trump qui présentera bien sur la photo.



 

jeudi 23 février 2017

La danse des baudruches

Il semblerait que nous soyons entrés dans l'ère des baudruches, chaque jour en donne une preuve supplémentaire.

Dans un passé très récent nous avions eu les baudruches british Cameron, Johnson et Farage qui se sont dégonflées suite au Brexit qu'elles avaient provoqué, puis la superbe baudruche orange Trump côté Amériques, celle-là avec plus de succès puisqu'elle est parvenue au poste suprême à la surprise de tous, y compris du principal intéressé, et maintenant chez nous nous assistons à un véritable défilé de haute-couture où les baudruches arborent toutes les couleurs du spectre électoral.

Un sondage elabe nous indique que sans François Bayrou, ce qui est maintenant acté suite à son désistement, les cartes sont légèrement rebattues comme suit :


Où l'on voit que telles des montgolfières, essayant de se frayer un passage au gré des vents qu'elles ne peuvent pas contrôler en jouant sur la manette des gaz, nos candidats font du yoyo à l'exception notable de la Marine qui a décidé carrément de continuer à monter malgré les casseroles attachées à sa nacelle.

Ainsi Fillon remonte en dépit des casseroles de la même marque que celles de la passionaria de l'extrême droite, alors que Macron, celui que j'avais déjà qualifié de baudruche qui arrivait à rester en l'air, se casse la figure suite à sa sortie hasardeuse sur la colonisation française et son piteux « je vous ai compris » !

Quant à Hamon et Mélenchon, comme ils ne parviendront pas à s'entendre, sauf rebondissement de dernière minute fort peu probable, on peut d'ores et déjà dire que la gauche, du moins ce qui reste de la « vraie » gauche,  ne sera pas présente au second tour.

A vue de nez et si les choses restent en l'état ou s'aggravent dans le même sens pour tous les protagonistes on peut pronostiquer un surprenant second tour mettant face à face Fillon et Le Pen :


Et là je dois avouer que je me vois obligé de modifier mon jugement précédent quand je disais :
  • Je persiste à penser que l'on sur-estime le poids des sympathisants FN et que l'on sous-estime la capacité des électeurs de se mobiliser « contre » Le Pen, je vois dans ma boule de cristal (celle que Benoit Rittaud m'a prêtée, donc sans garantie de fiabilité...) une resucée de 2002 avec de nombreux idiots utiles qui iront se sacrifier pour éviter la peste brune.
En fait je vais jeter la boule de cristal de Benoit Rittaud qui ne fait rien d'autre que d'induire en erreur celui qui l'utilise imprudemment (comme son propriétaire nous l'a déjà démontré), car si l'on prend en compte la dynamique Le Pen qui est clairement « vent arrière » et le fait que Fillon peut nous réserver des surprises d'entre-deux tours concernant le Penelopegate, faisant exploser en vol la baudruche qui le constitue, alors là oui, tout est possible...

https://www.youtube.com/watch?v=-fd7lhNnOIs


Je me pince, ce n'était qu'un mauvais rêve, stay tuned comme on dit sur Fox News.






dimanche 19 février 2017

Décrépitude ici, détrumpitude là-bas...

Nous vivons vraiment une époque mémorable, mémorable dans le sens où non seulement elle semble être quelque chose de nouveau de mémoire d'homme (et accessoirement de femme) mais aussi parce qu'il faudra justement la garder en mémoire pour s'en souvenir plus tard au cas où les choses reviendraient « à la normale », ce qui n'est pas impossible tellement nous avons l'impression d'être complètement en dehors des clous !

Je ne sais pas trop ce qu'il en est dans la majorité des pays de la planète et s'ils expérimentent également ce sentiment de « nouveauté » bizarroïde, mais je vois au moins trois pays qui actuellement se trouvent dans une sorte de monde parallèle, à savoir la France bien sûr, les États-Unis bien évidemment, et la Grande Bretagne dans une moindre mesure avec son Brexit qui a été approuvé par une majorité de britanniques à l'insu de leur plein gré.

Pour la France c'est la décomposition politique qui est en œuvre dans toute sa splendeur, tant à droite qu'à gauche ou même au centre qu'on n'arrive plus trop à situer.

Dans mes dernières prévisions je donnais Macron gagnant contre Le Pen, par 70-30, mais ça c'était avant comme il est maintenant coutume de dire si l'on veut avoir l'air branché.

Comme chaque jour ou presque nous apporte son lot de nouvelles informations ou de nouveaux rebondissements, rien ne dit que l'on ne nous sortira pas quelque chose sur Macron du temps où il était banquier (ils en font des choses ces gens-là...), sachant qu'il est blindé côté purement politique puisqu'il n'en a jamais fait auparavant !

Les derniers sondages donnent ce qui suit pour le premier tour :
  1. Le Pen : 26%
  2. Macron  : 19,5%
  3. Fillon : 18,50%
  4. Hamon : 14%
  5. Mélenchon : 11%
  6. Bayrou : 5%
On voit bien que c'est très serré, Le Pen se maintient en ayant tendance à progresser légèrement, Fillon a dégringolé de ses 30% et quelques, mais se maintient plutôt bien et pourrait même remonter malgré (ou grâce à...?) ses casseroles, Macron semble faire du sur-place après son envolée de fin d'année, Hamon ne convainc pas et se casse doucement la figure, et Mélenchon stagne sans espoir de passer la qualification.

On peut d'ailleurs se poser des questions concernant la gauche et le duel Hamon-Mélenchon, ont-ils intérêt à s'« entendre » ? En ont-ils la volonté ? Et en ont-ils la possibilité ?
  • Sur le papier ils ont plutôt intérêt, car 11 + 14 = 25 et ils sont au niveau de Le Pen, mais ça c'est sur le papier ;
  • Apparemment aucun des deux ne donne de signe de vouloir cette union ;
  • A supposer qu'ils s'entendent, est-ce que leur électorat suivrait ? 11+14 peut tout aussi bien faire 20, c'est-à-dire quasiment le score attendu de Macron ou de Fillon (en supposant que ce dernier remonte un peu, ce qui n'est pas impossible)
L'un des deux sortirait grandi s'il se désistait au profit de l'autre, mais ont-ils envie de se grandir...?

Quant à Bayrou il n'a toujours pas dit s'il se présentait, donc ses 5% putatifs sont à allouer soit à Macron, soit à Fillon, soit à l'abstention, bref on n'en sait rien.

Pour le deuxième tour d'après les mêmes sondages qui nous ont habitués à ne jamais se tromper on aurait à peu près ceci, sachant que Le Pen est toujours présente grâce à (ou à cause de...?) ses plus de 25% :
  1. Macron : 62%
  2. Le Pen  : 38%
  1.  Fillon : 57%
  2. Le Pen : 43%
Ah non, en fait il existe une option alternative pour ceux qui auraient fumé la moquette...
  1. Macron : 58%
  2. Fillon : 42%
Finalement ma prévision de fin janvier n'était pas si délirante :
  1. Macron : 70%
  2. Le Pen : 30%
Je persiste à penser que l'on sur-estime le poids des sympathisants FN et que l'on sous-estime la capacité des électeurs de se mobiliser « contre » Le Pen, je vois dans ma boule de cristal (celle que Benoit Rittaud m'a prêtée, donc sans garantie de fiabilité...) une resucée de 2002 avec de nombreux idiots utiles qui iront se sacrifier pour éviter la peste brune.


Si l'on traverse l'Atlantique on peut considérer que nous avons une vision grandeur nature avec quelques mois d'avance sur ce que pourrait être notre situation si Le Pen l'emportait chez nous !

Nous avons en effet un président qui applique, ou du moins qui tente d'appliquer toutes ses promesses de campagne, et qui se heurte au dur mur des réalités ; soit il se rend compte que ce n'est pas faisable en pratique et il rétro-pédale, soit il voit ses décisions annulées par des « petits juges » pour cause d’inconstitutionnalité.

Par la même occasion il ne manque pas de dénigrer Presse et Justice, les deux contre-pouvoirs existant dans toute démocratie digne de ce nom ; quand un dirigeant commence à s'attaquer à la fois à la Presse et à la Justice ce n'est jamais bon signe, on peut même dire que c'est le plus sûr chemin vers la dictature ou, du moins, vers la démocrature,  ce néologisme qui désigne par un mot-valise un régime qui se pare des atours de la démocratie mais est en réalité une dictature ; nous en avons des exemples assez parlants avec la Turquie ou la Russie, entre autres (la Syrie par exemple)

Nous assistons par conséquent outre-Atlantique à une descente vers les bas-fonds de la politique qui va durer au moins quatre ans, après quoi les Américains diront à Trump « dégage ! », en anglais « you are fired ! »

Pendant ce temps les dégâts auront pu être considérables sur tous les niveaux et devront être réparés par toutes les bonnes volontés, mais y en aura-t-il encore, des bonnes volontés...?


Quant aux British et à leur Brexit qui n'en finit pas de se déclarer (une annonce a été faite mais il y a loin de la coupe aux lèvres) ils vont vivre une paire d'années le cul entre deux chaises, toujours adhérents de l'Union Européenne mais « en partance sur le quai en attendant les formalités de sortie du territoire », et ça va leur sembler long...




mardi 31 janvier 2017

Qui sera le prochain Napoléon ?

En novembre dernier je m'étais aventuré à faire quelques prévisions approximatives concernant les résultats du premier tour des prochaines élections présidentielles françaises et ça donnait ce qui suit:
  • Mélanchon : 20%
  • Hollande : 20%
  • Macron : 20%
  • Bayrou : 20%
  • Fillon : 20%
  • Le Pen : 20%
Je me suis trompé au moins sur un point, à savoir qu'Hollande serait en fait remplacé par Hamon (celui qui va me dire que mon arithmétique n'est pas conventionnelle je lui répondrais qu'on s'en fout un peu)

En ce qui concerne Bayrou, il se tâte toujours, donc on va faire comme s'il était toujours dans la course.

Mon pronostic actualisé est par conséquent le suivant :
  • Mélanchon : 20%
  • Hamon : 20%
  • Macron : 20%
  • Bayrou : 20%
  • Fillon : 20%
  • Le Pen-Pon : 20%
Parmi ces six prétendants cherchez l'erreur.

Aux extrêmes les candidats n'ont à se garder que d'un côté, par contre tous les autres font face à un danger de porosité avec les deux qui les encadrent ; chacun peut prendre des voix à celui qui le jouxte mais peut aussi en perdre.

Bien malin celui qui peut prédire qui sera le futur président de la République, cependant je vais prendre le risque insensé de faire un pari sur le deuxième tour avec le résultat suivant :
  • Macron : 70%
  • Le Pen-Pon : 30%
Mon cœur penche pour Mélenchon, le seul à avoir quelque chose dans les tripes pour dire ce qui ne va pas dans ce pays (pour les solutions on peut discuter de la faisabilité) malheureusement il n'a à mon avis aucune chance.

Hamon va se faire bouffer à sa droite et à sa gauche.

Bayrou, comme d'habitude, va faire de la figuration, soit en personne soit par candidat interposé.

Fillon a des soucis pénélopiens à se faire et va aller nourrir pour une bonne part et Macron et Le Pen-Pon.

Macron, que je croyais une baudruche qui allait se dégonfler semble être une baudruche qui va tenir le coup, au moins jusqu'à son élection.

Le Pen-Pon ne passera pas, ayant encore trop de monde contre elle et c'est tant mieux.

Voila voila, qui vivra verra, je suis à temps d'actualiser à nouveau ces prévisions, il reste trois mois et tout peut encore arriver.



mardi 22 novembre 2016

Va-t-il falloir voter Le Pen pour éviter Fillon ?

Le titre de ce billet est une boutade, je préfère annoncer la couleur tout de suite afin que personne ne se méprenne.

Il ne faut pas escompter que quelqu'un ayant une « sensibilité de gauche » et ayant voté Chirac en 2002 pour éviter Le Pen père se mette en 2017 à voter pour la fille afin d'éviter Fillon ; si c'est le choix qui nous est proposé en mai prochain il faut espérer que le jour de l'élection soit suffisamment  radieux pour justifier une virée à la montagne plutôt que dans l'isoloir où le seul bulletin envisageable serait blanc.

Mais nous n'en sommes pas encore là et il n'est pas certain que ce soit vraiment le duo Fillon-Le Pen qui se retrouve au deuxième tour.

Tout d'abord, même si les choses semblent bien mal engagées pour Juppé, il n'est pas encore battu, et si Fillon a surpris tout le monde au premier tour de la primaire de la droite et du centre, Juppé pourrait lui aussi surprendre son monde au deuxième tour (même si personnellement je n'y crois pas trop)

Ensuite Bayrou, si Fillon était vainqueur de la primaire, se présenterait probablement, soutenu alors par...Juppé qui pense lui aussi que le programme de Fillon est « dangereux » !

Par ailleurs entre Fillon et Le Pen il n'y a pas de grandes différences sur certains sujets notamment sociétaux, Fillon est un catholique opposé personnellement à l'avortement, et même s'il ne compte pas remettre en cause ce droit s'il était élu, cette prise de position à mon avis pourrait plaire à une partie de l'électorat du FN, siphonnant une partie des votes lepénistes.

A gauche on ne sait pas encore trop ce qui va se passer, Hollande est bien capable non seulement de se présenter à la primaire de gauche mais en plus il est bien capable de la remporter !

Et à l’extrême gauche les déçus du hollandisme pourraient se rabattre sur Mélanchon.

Et puis il y a Macron, l’électron libre qui se dit de gauche  mais agit en penchant (et pensant) à droite, donc difficile à classer pour savoir s'il va pomper des voix d'un côté ou de l'autre...

Dans ces conditions voici mon pronostic pour le premier tour de la présidentielle, en allant de l'extrême gauche à l'extrême droite :
  • Mélanchon : 20%
  • Hollande : 20%
  • Macron : 20%
  • Bayrou : 20%
  • Fillon : 20%
  • Le Pen : 20%
Pour ceux qui me diraient que je suis nul en maths je leur répondrais que oui, je suis nul en maths, mais je l'assume.

Par contre Fillon, le « nouveau Thatcher », est nul en économie, mais lui ne le sait pas, il se croit encore dans les années 1980 quand « on » était persuadé, après avoir lu Milton Friedman, que pour relancer la croissance d'un pays il fallait faire une confiance aveugle au secteur privé, sabrer dans les dépenses publiques et diminuer fortement les impôts des plus riches, en plus évidemment de déréguler tout ce qui pouvait l'être ; on a vu ce que ça a donné en 2007-2008.



Non, décidément je pense que j'irai me balader en montagne après tout.