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vendredi 23 décembre 2022

Les principaux griefs contre Donald Trump


 Le rapport final de la Commission d'enquête sur les événements du 6 janvier 2021 est maintenant disponible : Report_FinalReport_Jan6SelectCommittee.pdf (house.gov)

Voici 17 points qui résument ce qui est reproché à l'ancien président (traduction par mes soins avec l'aide de DeepL)


*****


A partir de la page 4 de l'Executive summary.

  1. À partir de la nuit de l'élection et jusqu'au 6 janvier et par la suite, Donald Trump a délibérément diffusé de fausses allégations de fraudes liées à l'élection présidentielle de 2020 afin de contribuer à son effort pour renverser l'élection et dans le but de solliciter des contributions. Ces fausses allégations ont poussé ses partisans à la violence le 6 janvier.
  2. Sachant que lui et ses partisans avaient perdu des dizaines de procès électoraux, et malgré le fait que ses propres conseillers principaux réfutaient ses allégations de fraude électorale et l'exhortaient à reconnaître sa défaite, Donald Trump a refusé d'accepter le résultat légal de l'élection de 2020. Au lieu de respecter son obligation constitutionnelle de "veiller à ce que les lois soient fidèlement exécutées", le président Trump a plutôt comploté pour renverser le résultat de l'élection.
  3. Bien que sachant qu'une telle action serait illégale, et qu'aucun État n'avait ou n'allait soumettre une liste électorale modifiée, Donald Trump a fait pression sur le Vice-président Mike Pence pour qu'il refuse de compter les votes électoraux pendant la session conjointe du Congrès le 6 janvier.
  4. Donald Trump a cherché à corrompre le ministère de la Justice des États-Unis en essayant d'enrôler des fonctionnaires du département pour faire des déclarations délibérément fausses et ainsi aider son action pour annuler l'élection présidentielle. Après que cet effort ait échoué, Donald Trump a offert le poste de procureur général par intérim à Jeff Clark, sachant que ce dernier avait l'intention de diffuser de fausses informations visant à renverser l'élection.
  5. Sans aucune base probante et contrairement aux lois de l'État et fédérales, Donald Trump a illégalement fait pression sur les fonctionnaires de l'État et les législateurs pour changer les résultats de l'élection dans leurs États.
  6. Donald Trump a supervisé un effort pour obtenir et transmettre de faux certificats électoraux au Congrès et aux Archives nationales.
  7. Donald Trump a fait pression sur des membres du Congrès pour qu'ils s'opposent aux listes électorales valides de plusieurs États.
  8. Donald Trump a délibérément confirmé de fausses informations déposées dans une cour fédérale.
  9. Sur la base de fausses allégations selon lesquelles l'élection a été volée, Donald Trump a convoqué des dizaines de milliers de partisans à Washington pour le 6 janvier. Bien que ces partisans aient été en colère et que certains aient été armés, Donald Trump leur a demandé de marcher vers le Capitole le 6 janvier pour "reprendre" [take back] leur pays.
  10. Sachant qu'une attaque violente sur le Capitole était en cours et sachant que ses paroles inciteraient à plus de violence, Donald Trump a délibérément envoyé un message sur les médias sociaux condamnant publiquement le vice président Pence à 14 h 24 le 6 janvier.
  11. Sachant que des violences étaient en cours au Capitole, et malgré son devoir de s'assurer que les lois sont fidèlement exécutées, Donald Trump a rejeté les demandes répétées pendant plusieurs heures lui demandant d'ordonner à ses partisans violents de se disperser et de quitter le Capitole, et a préféré regarder l'attaque violente se dérouler à la télévision. Cette inaction a perpétué la violence au Capitole et a empêché le Congrès de procéder au décompte des votes électoraux.
  12. Chacune des actions de Donald Trump a été prise en soutien d'une conspiration à plusieurs volets visant à renverser les résultats légaux de l'élection présidentielle de 2020.
  13. La communauté du renseignement et les forces de l'ordre ont réussi à détecter la planification d'une violence potentielle le 6 janvier, y compris la planification spécifique des groupes de miliciens Proud Boys et Oath Keeper qui ont finalement mené l'attaque contre le Capitole. À l'approche du 6 janvier, les services de renseignement ont spécifiquement identifié le potentiel de violence au Capitole des États-Unis. Ces renseignements ont été partagés au sein de l'exécutif, notamment avec les services secrets et le Conseil national de sécurité du président.
  14. Les renseignements recueillis avant le 6 janvier ne permettaient pas de conclure que des Antifa ou d'autres groupes de gauche s'engageraient probablement dans une contre-manifestation violente, ou attaqueraient des partisans de Trump le 6 janvier. En effet, les renseignements recueillis le 5 janvier indiquaient que certains groupes de gauche demandaient à leurs membres de "rester chez eux" et de ne pas participer à la manifestation du 6 janvier. En fin de compte, aucun de ces groupes n'a été impliqué de manière significative dans l'attaque du Capitole le 6 janvier.
  15. Ni la communauté du renseignement ni les forces de l'ordre n'ont obtenu de renseignements avant le 6 janvier sur l'étendue complète de la planification en cours par le président Trump, John Eastman, Rudolph Giuliani et leurs associés pour renverser les résultats certifiés de l'élection. Ces agences n'ont apparemment pas (et ne pouvaient potentiellement pas) anticiper la provocation que le président Trump offrirait à la foule dans son discours de l'Ellipse, que le président Trump demanderait "spontanément" à la foule de marcher vers le Capitole, que le Président Trump exacerberait l'émeute violente en envoyant son tweet de 14 h 24 condamnant le vice président Pence, ou l'échelle complète de la violence et de l'anarchie qui s'ensuivraient. Les forces de l'ordre n'avaient pas non plus prévu que le président Trump refuserait d'ordonner à ses supporters de quitter le Capitole une fois que les violences avaient commencé. Aucune analyse préalable de la communauté du renseignement n'a prédit exactement comment le président Trump se comporterait ; aucune analyse de ce genre n'a identifié l'ampleur et la portée de la menace qui pesait sur le Capitole le 6 janvier. 
  16. Des centaines d'agents de la police du Capitole et de l'agglomération de Washington ont accompli leur mission avec bravoure le 6 janvier, et l'Amérique leur doit une immense gratitude pour leur courage dans la défense du Congrès et de notre Constitution. Sans leur bravoure, le 6 janvier aurait pu être bien pire. Bien que certains membres de la direction de la police du Capitole aient considéré que leur approche du 6 janvier était "tout le monde sur le pont", la direction de la police du Capitole ne pouvait pas disposer de suffisamment de moyens pour faire face à la foule violente et anarchique. La direction de la police du Capitole n'a pas anticipé l'ampleur de la violence qui s'ensuivrait après que le président Trump a demandé à des dizaines de milliers de ses partisans dans la foule de l'Ellipse de marcher vers le Capitole, puis a tweeté à 14 h 24. Bien que le chef Steven Sund ait évoqué l'idée d'un soutien de la Garde nationale, le conseil de la police du Capitole n'a pas demandé l'aide de la Garde avant le 6 janvier. La police métropolitaine a adopté une approche encore plus proactive le 6 janvier et a déployé environ 800 agents, notamment pour répondre aux appels d'urgence au Capitole. Les émeutiers ont tout de même réussi à briser leur ligne à certains endroits, lorsque la foule a déferlé immédiatement après le tweet de 14 h 24 de Donald Trump. Le ministère de la Justice a préparé un groupe d'agents fédéraux à Quantico et dans le district de Columbia, anticipant que le 6 janvier pourrait devenir violent, puis a déployé ces agents lorsqu'il est devenu évident que la police du Capitole était débordée. Des agents du Département de la Sécurité Intérieure ont également été déployés pour aider.
  17. Le président Trump avait l'autorité et la responsabilité de diriger le déploiement de la Garde nationale dans le district de Columbia, mais il n'a jamais donné l'ordre de déployer la Garde nationale le 6 janvier ou tout autre jour. Il n'a pas non plus donné l'ordre à un organisme fédéral chargé de l'application de la loi d'apporter son aide. Le pouvoir de déployer la Garde nationale ayant été délégué au ministère de la Défense, le secrétaire à la Défense pouvait, et a finalement, déployé la Garde. Bien que les preuves identifient un malentendu probable entre les membres de la direction civile du ministère de la Défense ayant un impact sur le calendrier de déploiement, la commission n'a trouvé aucune preuve que le ministère de la Défense ait intentionnellement retardé le déploiement de la Garde nationale. La commission spéciale reconnaît que certains membres du ministère étaient sincèrement préoccupés, en conseillant la prudence, par le fait que le président Trump pourrait donner un ordre illégal d'utiliser l'armée pour soutenir ses efforts pour renverser l'élection.


*****


Finalement on se rend compte que presque tous ces points étaient connus quasiment dès le début, certains dès le jour même, à l'heure près, comme par exemple le discours de Donald Trump à l'Ellipse qui fut retransmis en direct et ne peut donc souffrir aucune contestation possible.

Maintenant il reste peut-être le plus dur à faire : mettre Donald Trump sous les verrous. Une bagatelle.

Il a poussé au coup d'État et devrait être derrière les barreaux.


samedi 16 janvier 2021

Bientôt le Trumpexit

 Plus que quelques jours et nous en aurons terminé avec le pire président que les Etats-Unis aient jamais connu.

Les événements que nous vivons actuellement sont littéralement inimaginables, inimaginables dans un monde normal, mais sommes-nous encore dans un monde normal ? Apparemment non. Il semblerait qu'un monde parallèle se soit progressivement mis en place sans que nous y prenions garde, un monde qui serait apparu bien avant l'élection de Trump en 2016 et qui aurait justement permis qu'un clown puisse devenir le président de la première puissance mondiale avec toutes les conséquences que cela entraine et entrainera pendant un certain temps non seulement en Amérique mais aussi sur le reste de la planète.

Si l'on se contente de contempler le désastre que représente Trump lui-même en ce moment nous ne devrions pas être surpris de ce qui arrive ; il nous avait en quelque sorte prévenus dès le départ, dès avant son élection de 2016 nous avions des indices (voir Donald Trump n’exclut pas de contester le résultat de l’élection), et juste après son élection nous étions fixés puisqu'il était allé jusqu'à contester les résultats (voir Etats-Unis: Trump dit avoir remporté le suffrage populaire), niant qu'Hillary Clinton avait bien gagné le vote dit populaire avec près de 3 millions de voix d'avance (65 853 514 contre 62 984 828 exactement) ! Par la suite, durant ses quatre longues années d'errance twit-terreuses, les mensonges se sont alignés à une cadence infernale que les journalistes avaient le plus grand mal à comptabiliser ; le Washington Post en a décompté pas moins de 30 529 en 1 455 jours, soit quelques 21 mensonges par jour, ce qu'on peut regarder comme susceptible de figurer dans le Guinness des records ! Avec comme le premier d'entre tous ces mensonges celui de la création de la plus grande économie de l'histoire répété pas moins de 492 fois ! (voir notamment Les merveilleux résultats de Trump)

Et pour l'élection de 2020 Trump avait très tôt préparé le terrain afin de « motiver » ses troupes en les conditionnant habilement ; la stratégie était claire : le coronavirus allait inciter une majorité de démocrates à voter par correspondance alors que les républicains iraient voter en personne, faisant fi des consignes de distanciation physique puisque leur cher président leur a assuré que le Covid-19 est une invention des Chinois pour ruiner l'économie américaine ! Ah non, pardon, en fait c'est du changement climatique qu'il s'agit, mais ça marche aussi pour le Covid-19 qui pour lui est une invention de Pékin, il l'appelle d'ailleurs toujours le virus chinois, les Chinois étant par essence même l'ennemi absolu de l'Amérique qui vole le travail des bons Américains.

Ainsi on savait très exactement ce qui allait se passer, le soir du 3 novembre il était très probable que les Républicains aient une certaine avance sur les Démocrates, puis qu'au fur et à mesure que les votes par correspondance seraient traités le résultat basculerait en faveur de ces derniers, d'où l'idée simplissime de persuader ses électeurs que ces votes en « distanciel » seraient frauduleux et ne devraient pas être décomptés, et le tour était joué !

Mais les votes par correspondance ne sont pas plus frauduleux que les autres, des élus républicains ont d'ailleurs reconnu que les élections s'étaient tenues à la régulière (voir USA 2020-Des sénateurs républicains reconnaissent l'élection de Joe Biden), même s'il a pu y avoir quelques couacs ici ou là (des électeurs ayant voté par correspondance pouvant être décédés le jour de l'élection, ce qui ne doit pas représenter un très grand nombre...) ; cependant quelques couacs peuvent difficilement expliquer une différence...de plus de 7 millions de voix !

Le chemin vers la calamiteuse journée du 6 janvier 2021 a également été astucieusement balisé de quelques jalons aujourd'hui facilement identifiables, comme par exemple quand Trump a déclaré publiquement, en direct lors d'un face à face avec Joe Biden, que les Proud Boys devaient se tenir prêts, après avoir convenu en 2017 qu'il y avait « des gens très bien des deux côtés » lors des émeutes de Charlottesville qui avaient fait un mort et 35 blessés comme par hasard dans le camp des « gauchistes » ; le Ku Klux Klan avait au passage remercié Trump par la voix de son ténor David Duke :

Thank you President Trump for your honesty & courage to tell the truth about #Charlottesville & condemn the leftist terrorists in BLM/Antifa https://t.co/tTESdV4LP0

— David Duke (@DrDavidDuke) 15 août 2017

Merci président Trump pour votre honnêteté et votre courage de dire la vérité au sujet de Charlottesville et de condamner les terroristes gauchistes de Black Lives Matter et des Antifa [antifascistes]

Le compte Twitter de David Duke a été depuis supprimé comme celui de tant d'autres, impossible donc aujourd'hui de consulter toutes les insanités proférées, ce qui peut être considéré comme un bien ou un mal (à vous de voir)

Vint enfin la journée du 6 janvier qui était prévue comme étant celle qui verrait la confirmation de Joe Biden suite au décompte officiel des voix par le vice-président en charge Mike Pence, une simple formalité puisqu'à ce stade là les jeux sont faits et plus rien, à part un coup d'état, ne peut remettre en question le résultat des urnes.

Mais c'était sans compter sur Donald Trump qui a choisi ce jour précis, un peu avant la « cérémonie », pour tenir un meeting comme il en a le secret, dont on peut voir l'intégralité sur 🔴 TRUMP RALLY LIVE IN DC: President Donald Trump at Save America Rally at The Ellipse 1/6/21 - YouTube :

Donald Trump : nous allons marcher sur le Capitole et je serai avec vous ! (source YouTube)

Tout le monde aura remarqué que Trump a en fait « trumpé » son monde en utilisant la célèbre devise « armons-nous et partez ! » que tout bon stratège sait employer au bon moment pour motiver ses troupes à aller de l'avant tout en restant lui-même prudemment hors de portée des mauvais coups.

Les Proud Boys étaient « prêts », ainsi que tous les sympathisants QAnon, ceux-là même qui croient dur comme fer que (source Wikipédia) 

une guerre secrète a lieu entre Donald Trump et des élites implantées dans le gouvernement (l'État profond ou Deep State), les milieux financiers et les médias, qui commettraient des crimes pédophiles et sataniques1.

La majorité de la foule était en fait de « paisibles » citoyens venus pour participer « pacifiquement » à une réunion censée selon eux soutenir leur président adoré et renverser (par quel moyen ?) le résultat des élections ; car oui, beaucoup de ces (gros pour la plupart) naïfs étaient et sont toujours persuadés qu'on leur a volé leur vote et qu'il était (est) encore possible de refaire tourner la grande roue du casino mis en place par Donald Trump.

J'ai moi-même regardé en direct ce qui s'est passé au Capitole, puis plus tard j'ai visionné de nombreuses vidéos racontant toutes la même histoire mais sous des angles différents : la foule, après avoir été chauffée à blanc par leur idole qui leur avait enjoint de « marcher sur le Capitole », s'est d'abord heurtée au cordon de sécurité qui, contrairement à ce qui a été prétendu par les usual suspects, a bien essayé de lui barrer le passage, parfois même très violemment, avec par exemple un policier (en)trainé loin de ses collègues et frappé par un manifestant avec la hampe de son drapeau, ce que tout le monde peut constater par lui-même (voir Capitol Rioters Drag Officer Down Steps, Beat Him With American Flag in Viral Videos)

Vue plongeante sur le policier.

Seule une poignée de policiers a facilité le passage de la horde, ils ont été identifiés et seront poursuivis par la justice (voir Etats-Unis: deux policiers suspendus après les violences au Capitole (yahoo.com) ; la majorité des policiers ont cependant tenté réellement de protéger les locaux du Capitole, mais de toute évidence ils étaient trop peu nombreux et ont été submergés par le nombre et la détermination des décérébrés hurlant et vociférant divers slogans ; il y aura une enquête et les responsables seront connus (le chef de la police du Capitole a d'ailleurs démissionné)

Mais l'enquête sur ces événements sera longue, tous les participants qui pourront être retrouvés le seront, ils seront jugés et sévèrement condamnés, cela ne fait aucun doute.

En ce qui concerne la cérémonie d'investiture de Joe Biden, le 20 janvier prochain, il serait illusoire de penser qu'un 6 janvier bis arrivera, ce ne sera pas le cas, tous les bâtiments officiels seront gardés et les policiers ou militaires en poste ce jour-là auront des consignes très strictes qu'ils feront mieux de respecter ; il n'y en aura pas qui faciliteront quoi que ce soit à d'éventuels illuminés qui auraient la mauvaise idée de franchir les limites qui seront fixées par les autorités.

Pourtant ce que l'on ne peut écarter totalement c'est le geste désespéré d'un militaire ou d'un policier trumpiste en charge de la sécurité de Joe Biden qui passerait à la postérité en sulfatant le nouveau président et son entourage au bon moment...J'espère que les personnes en charge de la sécurité ont réfléchi à ce scénario et ont pris les dispositions adéquates (charger les fusils à blanc...?)

A part cela Biden sera le 46ème président des Etats-Unis et du « monde libre », nous lui souhaitons bonne chance, il va en avoir besoin.


mardi 12 janvier 2021

Comme un poulet sans tête

 

Républicains en plein désarroi.

Le soir du 6 janvier dernier je n'aurai manqué de regarder CNN à 19 heures précises pour rien au monde. Je me doutais qu'il pouvait se passer quelque chose, par exemple que Mike Pence refuse de certifier les résultats et qu'il y ait donc du spectacle au Congrès, et France Info, par exemple, faisait état de certaines craintes dans Etats-Unis : journée décisive au Congrès pour Joe Biden (francetvinfo.fr) où l'on entend Loïc de La Mornais dire notamment que « les députés vont voter pour confirmer les résultats de l'élection de novembre et certains, des conservateurs trumpistes, ont annoncé qu'ils voteraient contre la confirmation de Joe Biden » en ajoutant cependant que « Ça ne changera rien au résultat, Joe Biden sera investi le 20 janvier prochain. »

On pouvait donc s'attendre à une représentation simplement « comique », mais à la place nous avons eu du « tragi-comique » gratiné que pas grand monde aurait pu imaginer.

On savait pourtant que Donald Trump allait prendre la parole devant ses partisans ce même jour, juste avant la certification de Joe Biden au Congrès, et ses paroles résonnent aujourd'hui de manière éclatante et prémonitoire. Nous en avons la transcription exacte que chacun peut vérifier avec This is what Trump told supporters before many stormed Capitol Hill - ABC News (go.com) :

Donald J. Trump dans son numéro favori de claquettes.

Voici par exemple l'un des moments clés :

All of us here today do not want to see our election victory stolen by a bold and radical left Democrats, which is what they are doing, and stolen by the fake news media. That is what they have done and what they are doing. We will never give up. We will never concede. It doesn't happen. You don't concede when there's theft involved.
Nous tous ici présents ne voulons pas voir notre victoire électorale volée par une gauche démocrate audacieuse et radicale, ce qu'elle fait, et volée par les pseudo-médias. C'est ce qu'ils ont fait et c'est ce qu'ils sont en train de faire. Nous n'abandonnerons jamais. Nous ne céderons jamais. Cela n'arrive pas. On ne concède pas quand il y a un vol.

Et il termine son discours ainsi :

So we are going to--we are going to walk down Pennsylvania Avenue, I love Pennsylvania Avenue, and we are going to the Capitol, and we are going to try and give--the Democrats are hopeless, they are never voting for anything, not even one vote but we are going to try--give our Republicans, the weak ones because the strong ones don't need any of our help, we're try--going to try and give them the kind of pride and boldness that they need to take back our country. So let's walk down Pennsylvania Avenue.
Nous allons donc - nous allons marcher sur Pennsylvania Avenue, j'adore Pennsylvania Avenue, et nous allons aller au Capitole, et nous allons essayer de donner - les démocrates sont sans espoir, ils ne votent jamais pour quoi que ce soit, pas même un vote, mais nous allons essayer - pardonner à nos républicains, les faibles parce que les forts n'ont pas besoin de notre aide, nous allons essayer - d'essayer de leur donner le genre de fierté et d'audace dont ils ont besoin pour reprendre notre pays. Alors, marchons sur Pennsylvania Avenue.

On passera sur le style décousu pour ne pas dire extrêmement médiocre qui est la marque de fabrique de tout discours public de Trump, ce qui compte c'est le fond, et ici le fond est suffisamment explicite : Trump incite clairement ses supporters à marcher sur le Capitole pour tenter d'inverser le résultat des élections !

A ce stade-là on est en droit de se poser une question en forme d'alternative : qu'est-ce qui est le plus hallucinant ?

  • que Donald Trump, président de la première puissance économique et militaire du monde, se permette de se comporter tel un dirigeant de république bananière ?
  • ou que ses nombreux partisans le suivent sans réfléchir ?
Nous avons dans l'histoire d'autres exemples où des dirigeants ont réussi à subjuguer leur peuple, du moins une assez grande partie de celui-ci, afin de l'entrainer dans le chaos : Hitler, Mussolini et Staline viennent immédiatement à l'esprit, mais on peut y ajouter Mao, Franco, Pinochet, même si ces derniers n'ont pas vraiment eu la volonté de commettre des meurtres de masse ; plus récemment nous avons eu des dictateurs soft (i.e. des dictateurs potentiels qui le deviendraient réellement si on leur en donnait la possibilité) tels que Bolsonaro, Orbán ou Modi, entre autres, tous régulièrement élus et bénéficiant donc du soutien d'une large partie de la population ; on pourrait y ajouter les « en devenir » comme Le Pen ou Maréchal (nous voilà) pour la France, elles aussi ont le soutien d'une large partie de la population et comme par hasard elles aussi soutiennent Trump dans ses délires (la Marine essaie de faire croire que « Trump n'a pas mesuré la portée de ses propos »)

Alors maintenant la suite...

Si vous voulez connaitre mon sentiment (et je ne doute pas que vous le vouliez) il ne va rien se passer de particulier d'ici le 20 janvier prochain.

Nous aurons très probablement des manifestations de gros barbus dopés à la bière et au McDo, mais en aucun cas les autorités ne laisseront se reproduire un 6 janvier bis dans l'un des 50 Capitoles de la fédération ; les forces de l'ordre tireront sans complexe aucun sur quiconque essaierait de rééditer l'« exploit » des décérébrés du 6 janvier et Joe Biden, dans un environnement ultra-protégé, sera confirmé comme le 46ème président des Etats-Désunis d'Amérique.

Qu'arrivera-t-il à tous ceux qui ont soutenu le clown orange, tels Rudi Giuliani ou Ted Cruz ou Josh Hawley, en jetant de l'huile sur le feu en encourageant la foule d'écervelés à investir par la force le Capitole ? Je n'en sais fichtrement rien mais j'ai peur que rien de malheureux ne leur arrive et qu'ils n'aient pas vraiment à répondre de leurs actes, nous verrons bien.

La question se pose de la nécessité de destituer ou de mettre en accusation (impeach) Donald Trump ; certains redoutent que de telles procédures en feraient un martyr, mais Donald Trump est DEJA un martyr aux yeux de ses adorateurs qui ne voient en lui que le héro ayant « rendu à l'Amérique sa grandeur » qui s'est fait voler le résultat de l'élection avec un second mandat à la clé, et à mon avis ce serait une gravissime erreur de « laisser pisser » et donner ainsi l'impression que finalement il n'avait rien à se reprocher puisque n'est-ce pas, si on ne tente rien contre lui c'est donc qu'il est blanc comme neige !

Le destituer avec la procédure de l'impeachment aurait au moins un avantage : l'empêcher définitivement de se représenter en 2024 ainsi qu'à n'importe quelle élection, ou du moins rendre de telles choses incroyablement difficiles à réaliser.

A noter que la procédure de l'impeachment peut être invoquée pour n'importe quel « fonctionnaire public » qui se serait rendu coupable de méfaits, bien qu'il soit difficile de dire en quoi consistent exactement ces méfaits ; ainsi dans What is impeachment, who invokes it and what is the House voting on? | The Independent :
The president, under the Constitution, can be removed from office for "Treason, Bribery, or other High Crimes and Misdemeanours".

High crimes and misdemeanours have historically encompassed corruption and abuses of the public trust, as opposed to indictable violations of criminal statutes.

En vertu de la Constitution, le président peut être révoqué pour "trahison, corruption ou autres crimes et délits graves".

Les crimes et délits graves ont toujours englobé la corruption et les abus de confiance du public, par opposition aux violations des lois pénales.
Nous avons vu, avec la première procédure d'impeachment à l'encontre de Donald Trump, qu'il est assez facile, finalement, de noyer le poisson et de faire passer des « crimes et délits graves » pour de simples écarts de conduite sans réelles conséquences, et en cela Mitch McConnell s'est montré d'une redoutable efficacité pour faire en sorte que rien n'aboutisse et que son protégé à la Maison Blanche s'en sorte haut la main avec en prime la certitude qu'il pouvait à partir de là se permettre de franchir d'autres limites encore plus lointaines que celles qu'il avait déjà largement dépassées sans se soucier du qu'en-dira-t-on.

Les jours qui viennent, jusqu'au 20 janvier mais aussi au-delà, vont être passionnants dans le sens où j'ai hâte de lire les réactions des tarés complotistes qui bien évidemment n'accepteront jamais Joe Biden comme LEUR président.

Un adorateur de Donald Trump répétant cot cot cot à qui veut l'entendre.


vendredi 13 novembre 2020

La loi de Benford au secours des habituels idiots

 Les Bidenégateurs (vous avez compris le sens de ce néologisme je pense) qui sont également climatonégateurs (rappelez-vous, négateur un jour, négateur toujours) nous sortent en file indienne des articles sur une « loi de Benford » supposée démontrer la fraude massive en défaveur de leur chouchou chéri le Donald, autrement appelé par les véritables extralucides le clown orange.

Par ordre d'apparition à l'écran :

Le 7 novembre chez Jo Nova : Hmm. Odd pattern of Biden-votes fails an easy first test for Tax Fraud (Hmm. Un curieux modèle de votes [en faveur de] Biden échoue à un premier test facile en matière de fraude fiscale)

Le 9 novembre chez Roy Spencer : Benford’s Law: Evidence of Fraud in Reporting of Voter Precinct Totals? (La loi de Benford : Preuve de fraude dans la déclaration des résultats électoraux ?)

Repris par WUWT le même jour : Statistics: Evidence of Malfeasance in Reporting of Election Totals? (Statistiques : Preuves de malversations dans la déclaration des totaux électoraux ?)

Le 12 novembre chez Roy Spencer again : Benford’s Law, Part 2: Inflated Vote Totals, or Just the Nature of Precinct Sizes? (La loi de Benford, partie 2 : Total des votes gonflés, ou juste la nature de la taille des circonscriptions ?)

On remarquera les points d'interrogation dans les trois derniers articles qui ne sont là que pour faire joli, les auteurs prenant simplement les précautions d'usage afin de ne pas insulter l'avenir mais n'en pensant toutefois pas moins ; Jo Nova, quant à elle, y va dans l'affirmatif, c'est sûr, c'est prouvé, l'élection de Biden est frauduleuse et cette fameuse loi de Benford le démontre incontestablement.

Je connaissais cette loi de Benford sans me souvenir de son nom ; il y a longtemps (je ne peux absolument pas dire quand) j'avais lu quelque chose là-dessus, donc je n'ai pas été vraiment surpris de la voir apparaitre chez nos loustics (mais aussi dans de nombreux autres articles)

Alors qu'est-ce que c'est que cette loi de Benford ?

Comme je ne suis pas mathématicien je risque d'être un piètre vulgarisateur en essayant de vous expliquer en peu de mots en quoi elle consiste, donc je vais grandement m'aider de Wikipédia (la version anglaise est ici) qui nous dit ceci en introduction :

La loi de Benford, initialement appelée loi des nombres anormaux par Benford1,2, fait référence à une fréquence de distribution statistique observée empiriquement sur de nombreuses sources de données dans la vraie vie, ainsi qu'en mathématiques.

A ce stade-là vous n'êtes pas plus avancés, n'est-ce pas ? Alors continuons :

Dans une série de données numériques, on pourrait s'attendre à voir les chiffres de 1 à 9 apparaître à peu près aussi fréquemment comme premier chiffre significatif, soit avec une fréquence de 1/9 = 11,1 % pour chacun. Or, contrairement à cette intuition (biais d'équiprobabilité), la série suit très souvent approximativement la loi de Benford : pour près du tiers des données, le 1er chiffre significatif le plus fréquent est le 1. Vient ensuite le chiffre 2, puis le 3, etc., et la probabilité d'avoir un 9 comme premier chiffre significatif n'est que de 4,6 % .

Etonnant, non ? Ainsi le chiffre 1 va être surreprésenté avec une occurrence de près de 33% là où on attendrait un « normal » 11,1% (100 / 9  = 11,11%) ; la répartition des chiffres dans les séries numériques concernées est visualisée par le graphique suivant :

Fréquences relatives d'apparition de la 1ère décimale d'un résultat de mesure selon la Loi de Benford

Et nos loulous de comparer plusieurs graphiques pour mettre en évidence une supposée fraude en faveur de Joe Biden ; par exemple :

Répartition des premiers chiffres (leading digits) pour plusieurs candidats à Chicago et Allegheny (source joannenova)

Dans ces graphiques la loi de Benford est matérialisée par une courbe rouge descendante et on remarque immédiatement que seul Joe Biden se démarque de ses autres concurrents (dont des outsiders tels que Jo Jorgensen) ; ainsi la fraude serait caractérisée, car « prouvée » par la violation de la loi de Benford !

Je le répète, et ne le répèterai jamais assez, non seulement je ne suis pas mathématicien mais en plus je suis assez nul en mathématique, étant seulement capable de maitriser les quatre opérations ainsi que la règle de trois, et encore sans garantie de ne pas me planter si je ne fais pas suffisamment attention.

Je vais donc botter en touche et simplement vous faire part de quelques commentaires glanés sur les sites de nos désinformateurs préférés, preuve que je ne suis pas partisan hein !

Dans l'article publié sur WUWT :

Greg Strebel
November 11, 2020 at 10:45 am

Mathematician Matt Parker has a very informative video on the applicability of Benford’s Law on this matter.
Le mathématicien Matt Parker a réalisé une vidéo très instructive sur l'applicabilité de la loi de Benford à ce sujet.




Dans l'article publié par Roy Spencer :

Tim C says:
November 11, 2020 at 3:21 PM

Benford’s law is not universal, but a statement that holds true for certain kinds of probability distributions. Specifically, it is true for probability distributions that are distributed evenly over a logarithmic scale. Equivalently, the probability density function must be proportional to 1/x over several orders of magnitude of x.

Dr. Spencer is trying to apply this statement to vote counts by precincts. However, precincts are chosen to be relatively uniform in size. Moreover, each precinct’s results approximately represent a sample of the overall population, and so their distribution should follow a normal distribution by the central limit theorem.

A normal distribution CANNOT satisfy the requirement for Benford’s law to hold. So there is absolutely no reason to think that it would apply. This is easy to see in practice: consider a normal distribution centered at an arbitrary number (say 600) with an arbitrary standard deviation (say 50), and obviously the most common leading digits will be 6, 5, and 7. Not 1 as predicted by Benford’s law.

This article should be retracted. There is no reason for Benford’s law to apply, so all analysis that follows is bogus. To insinuate that the election is fraudulent (as Dr. Spencer does several times) based on this nonsense is irresponsible, not to mention flat-out wrong. I would expect better from Dr. Spencer.
La loi de Benford n'est pas universelle, mais c'est une règle qui s'applique à certains types de distributions de probabilité. Plus précisément, elle est vraie pour les distributions de probabilités qui sont réparties de manière égale sur une échelle logarithmique. De même, la fonction de densité de probabilité doit être proportionnelle à 1/x sur plusieurs ordres de grandeur de x.

Le Dr Spencer tente d'appliquer cette déclaration au décompte des votes par circonscription. Cependant, les circonscriptions sont choisies pour être de taille relativement uniforme. De plus, les résultats de chaque circonscription représentent approximativement un échantillon de la population globale, et leur distribution devrait donc suivre une distribution normale selon le théorème de la limite centrale.

Une distribution normale NE PEUT PAS satisfaire à l'exigence de maintien de la loi de Benford. Il n'y a donc absolument aucune raison de penser qu'elle s'appliquerait. Cela est facile à voir en pratique : considérez une distribution normale centrée sur un nombre arbitraire (disons 600) avec un écart-type arbitraire (disons 50), et évidemment les chiffres les plus courants en tête seront 6, 5 et 7. Pas 1 comme le prédit la loi de Benford.

Cet article devrait être rétracté. La loi de Benford n'a aucune raison de s'appliquer, donc toute l'analyse qui suit est fausse. Insinuer que l'élection est frauduleuse (comme le fait le Dr Spencer à plusieurs reprises) sur la base de ces absurdités est irresponsable, pour ne pas dire carrément mensonger. Je m'attendais à mieux de la part du Dr Spencer.
markr says:
November 11, 2020 at 3:47 PM

Comments by those such as Tim C seem to match reality. Benford’s rule doesn’t apply to competitive candidates in elections where ward/constituency sizes are narrowly distributed.

See e.g. comments in the cited github repo.
https://github.com/cjph8914/2020_benfords/issues/9
https://github.com/cjph8914/2020_benfords/issues/17
https://github.com/cjph8914/2020_benfords/issues/36

For example, Trump’s counts in precincts where he won in Allegheny couty violate Benford.
https://user-images.githubusercontent.com/74244234/98703095-0b233500-2373-11eb-964c-5e744236385c.png
Is this evidence that pro-Trump people were fiddling the vote in those precincts? No.

Brexit constituency votes violate Benford.
https://user-images.githubusercontent.com/74244234/98800757-ba5e1b80-2408-11eb-945c-f4f4f0ebf437.png

Weak, in this case baseless, accusations and implications undermining election integrity are very damaging to the trust that’s vital for democracy. I hope you pull this article Dr Spencer.
Les commentaires de personnes telles que Tim C semblent correspondre à la réalité. La règle de Benford ne s'applique pas aux candidats en compétition lors d'élections où la taille des quartiers ou des circonscriptions est étroitement répartie.

Voir, par exemple, les commentaires dans le repo github cité.
https://github.com/cjph8914/2020_benfords/issues/9
https://github.com/cjph8914/2020_benfords/issues/17
https://github.com/cjph8914/2020_benfords/issues/36

Par exemple, les comptages de Trump dans les circonscriptions où il a gagné à Allegheny violent Benford.
https://user-images.githubusercontent.com/74244234/98703095-0b233500-2373-11eb-964c-5e744236385c.png
Est-ce la preuve que des pro-Trump ont truqué le vote dans ces circonscriptions ? Non.

Les votes des circonscriptions de Brexit violent Benford.
https://user-images.githubusercontent.com/74244234/98800757-ba5e1b80-2408-11eb-945c-f4f4f0ebf437.png

Faibles, dans ce cas sans fondement, les accusations et les implications qui sapent l'intégrité des élections sont très dommageables pour la confiance qui est vitale pour la démocratie. J'espère que vous retirerez cet article Dr Spencer.

En conclusion :

Si vous maitrisez l'anglais je vous conseille vivement de regarder la vidéo mentionnée par le commentateur Greg Strebel sur WUWT, elle vous montrera qu'en poussant le bouchon un peu loin on pourrait arriver à démontrer que la victoire de Donald Trump dans certaines circonscriptions est elle aussi frauduleuse ! Evidemment il n'en est rien, tout simplement parce que la loi de Benford ne s'applique pas dans toutes les circonstances !

D'ailleurs Wikipédia nous donne des exemples où la loi s'applique et d'autres où elle ne s'applique pas :

Suites connues pour vérifier cette loi

Pour les suites {\displaystyle (u_{n})} suivantes, la suite {\displaystyle (\ln u_{n})} est équirépartie modulo 1, ce qui prouve qu'elles suivent la loi de Benford (voir ci-dessus).
  • la suite des puissances de 2 {\displaystyle (2^{n})}28 (en base différente de 2) ; résultat démontré en 1968 par Arnold et Avez 29
  • plus généralement la suite des puissances d'un entier {\displaystyle k} vérifiant {\displaystyle \log _{b}(k)} irrationnel 30
  • la suite de Fibonacci {\displaystyle (F_{n})} en toute base 31,32
  • la suite des factorielles {\displaystyle (n!)} en toute base 33
  • la suite {\displaystyle (n^{n})} en toute base 34

Suites connues pour ne pas vérifier cette loi

On démontre que si une suite {\displaystyle (u_{n})} vérifie la loi de Benford, alors la suite {\displaystyle \left({\frac {u_{n+1}}{u_{n}}}\right)^{n}} est non majorée34. On en déduit les contre-exemples suivants :
  • la suite des entiers {\displaystyle (n)}
  • plus généralement les suites {\displaystyle (n^{\alpha })} et les suites polynomiales positives
  • la suite {\displaystyle (\ln n)}
  • la suite des nombre premiers {\displaystyle (p_{n})}


Ne m'en demandez pas davantage, tout ce que j'ai compris c'est que cette loi peut parfois s'appliquer dans certains cas de figures, mais dans les cas mentionnés par nos désinformateurs patentés c'est uniquement de l'enfumage et les votes en faveur de Joe Biden sont parfaitement licites.

Je sais que j'ai quelques lecteurs ayant des connaissances en mathématiques infiniment supérieures aux miennes, qu'ils n'hésitent donc pas à ajouter leur grain de sel ; par ailleurs je ne compte pas sur Benoit Rittaud pour publier un article afin de démonter cette arnaque à la loi de Benford détournée de sa finalité (elle sert à ma connaissance essentiellement en matière de détection de fraude financière, et c'est un comptable à la retraite qui vous le dit) car ce serait ajouter un caillou dans le jardin d'un « climatoréaliste », et ça Riri n'y tient pas vraiment.


mardi 10 novembre 2020

American paranoia

 C'est fou à quel point ces élections américaines peuvent monter à la tête de certains trumpistes de la première heure déçus que leur chéri ait été finalement battu à plate couture par celui que le clown orange surnommait Sleepy Joe.

Voici par exemple ce que l'on peut lire ici :

It is terrifying to think I may have to remove my American Flag, religious figures and conservative signs from the outside of my home and vehicle just to make sure I am not attacked, robbed or vandalized. These things WILL happen. It’s a disgrace. However, it won’t happen for long! Trump will send out the National Guard and it will stop.
Il est terrifiant de penser que je vais devoir retirer mon drapeau américain, les figures religieuses et les signes conservateurs de l'extérieur de ma maison et de mon véhicule, juste pour m'assurer que je ne serai pas attaquée, volée ou vandalisée. Ces choses vont arriver. C'est une honte. Cependant, cela n'arrivera pas pour longtemps ! Trump va envoyer la Garde Nationale et ça s'arrêtera.

Euh non, chère madame, personne ne va vous attaquer parce que vous arborez le drapeau américain, ni même pour vos signes extérieurs d'allégeance à la religion ou au candidat de votre choix ; et Trump n'enverra rien du tout, si la Garde Nationale doit intervenir un jour ce sera peut-être pour le déloger de la Maison Blanche ou pour calmer les agités du bocal tels que les Proud Boys, à moins que ce ne soit carrément l'armée qui s'y colle.

A l'heure actuelle cela ne fait plus guère de doute que Biden l'a emporté avec près de 5 millions de voix de plus que Trump, soit avec un écart encore plus grand que celui de Hillary Clinton sur le même guignol.

Pour ce qui est du vote qui compte, celui qui concerne les grands électeurs, là-aussi l'écart est conséquent avec pour le moment 279 sièges pour Biden contre 214 pour Trump.

Et les recomptages n'y changeront rien, comme toujours ils donneront des chiffres assez semblables qui ne modifieront pas le résultat final.

Avec des écarts pareils, tant sur les votes populaires que sur les sièges gagnés, une fraude de la part des Démocrates est tout simplement impensable, car elle impliquerait tellement de monde qu'elle s'avère tout simplement irréalisable au niveau national, ce qui ne veut pas dire qu'ici ou là il n'y ait pas eu de « problèmes » dans un sens ou dans l'autre (les Républicains aussi se sont montrés assez bons dans le voter suppression...)

En fait après recomptage il est fort possible que l'écart entre Biden et Trump s'agrandisse encore plus !

Il n'empêche, les illuminés du genre de la nana dont j'ai reporté les propos plus haut resteront persuadés jusqu'à leurs derniers jours que Biden aura été un président illégitime et que Trump s'est fait voler sa victoire.

Un simple haussement d'épaules devrait suffire devant tel comportement digne d'un grand malade mental.


dimanche 8 novembre 2020

Un train de sénateurs américains

 A la date d'aujourd'hui les résultats des élections américaines concernant le Sénat sont encore incertains.

Voici l'état des lieux d'après Wikipédia :

Le scrutin s'avère particulièrement serré, les démocrates et leurs alliés indépendants obtenant 48 sièges, à égalité avec les républicains. Les deux sièges de sénateurs de la Géorgie se retrouvent en ballotage pour des second tours décisifs le 5 janvier 2021. Avec la victoire de Joe Biden à la présidentielle, la présidence du Sénat doit revenir à sa colistière Kamala Harris, permettant une éventuelle majorité démocrate si ces derniers remportent les deux sièges géorgiens4.

La Géorgie serait donc en cette année 2020 le véritable Etat clef, le swing state parfait qui déciderait du sort des prochaines décisions politiques de Joe Biden ; si le Sénat bascule à droite, Biden pourra difficilement engager les réformes nécessaires et bien entendu on lui reprochera dans quatre ans de n'avoir rien fait.

Alors peut-être que la prière est la seule solution pour que la haute assemblée amère-loque penche du « bon côté » ? C'est ce que pense la nana dont je suis les pérégrinations conservatrices depuis quelque temps déjà :

Sunday Faith Blog

PLEASE PRAY FOR THE SENATE SEATS………..PRAY NO REPUBLICANS ARE OUT AND THE SENATE STAYS REPUBLICAN!

GOD BLESS AMERICA……… 

AMEN.

Have a very HAPPY SUNDAY!   CHEER UP!  God’s in control!   (What He’s up to, I don’t know…and I don’t much welcome conjecture on God’s part here, but thanks, everybody!)

Z

Traduction :

Blog de la foi du dimanche

Posté le 8 novembre 2020 par geeez2014

VEUILLEZ PRIER POUR LES SIÈGES DU SÉNAT........... PRIEZ POUR QU'AUCUN RÉPUBLICAIN NE SOIT EXCLU ET QUE LE SÉNAT RESTE RÉPUBLICAIN !

DIEU BÉNISSE L'AMÉRIQUE.........

AMEN.

Passez un très bon DIMANCHE ! COURAGE ! Dieu est maître de la situation ! (Je ne sais pas ce qu'il fait, et je n'aime pas trop les conjectures de la part de Dieu, mais merci à tous !)

Z

Nous avons vu avec Paula White que la prière avait été très efficace pour assurer un second mandat du clown orange :

La conseillère spirituelle présidentielle Paula White dirige actuellement un service de prière passionné afin d'obtenir la réélection de Trump.

En espérant qu'il en sera de même avec les sièges du Sénat. Prions très fort mes frères, après tout nous sommes tous concernés (ou cernés par les cons si vous préférez) et ce qui se passe en Amérique ne doit pas nous laisser indifférents.


jeudi 5 novembre 2020

Il y croit encore

 

Ouah ! Regardez tous les états rouges ! Dis-lui que c'est la carte du covid !

Pendant ce temps Joe Biden livre un discours digne d'un véritable président :

twitter.com/JoeBiden

Quelque chose me dit que ça va nous changer, mais avant cela il va falloir se débarrasser complètement du clown orange.

Le 20 janvier 2021 on pourra enfin lui dire : « You are fired! »

Et pour ceux qui douteraient encore à l'heure où je mets sous presse ce billet (00:13 le 5 novembre) :

Résultats provisoires (source graphics.rfi)

264 sièges dans la poche, plus le Nevada qui ne devrait pas tarder avec ses 6 sièges = 270 sièges = majorité !

mardi 3 novembre 2020

Help!!!!!

S'il fallait trouver un qualificatif je dirais « jubilatoire ».

Voici le dernier opus d'un blog que je suis régulièrement, il vous montrera, avec ses commentaires, l'état d'affolement dans lequel se trouvent les pro-Trump alors qu'ils entrevoient la défaite de leur idole.

NOVEMBER 3


I’d have called this post VOTING DAY, but what kind of voting day allows for votes to be counted days after voting day? 

PRAY HARD……….it’s, as Kid put it, “America versus America No More”

VOTE. PRAY. 

oh, man……………………………let it be a landslide for Trump, then batten the hatches down for violence.   Violence is the thing Biden followers do.   

GOD BLESS AMERICA. 

BY THE WAY: https://www.breitbart.com/politics/2020/11/02/top-coup-experts-training-left-with-revolutionary-tactics-ahead-of-election/

GOD HELP US ALL.

The site also prescribes a pledge which demands, “If we need to, we will shut down this country to protect the integrity of the democratic process.”    There is not bigger irony or hypocrisy than that statement. EVER.

If we lose, I will never make a red/white/blue post again.  EVER.

Z

Traduction :

LE 3 NOVEMBRE

Ce poste aurait pu s'appeler JOUR DE VOTE, mais quel type de jour de vote permet de compter les votes plusieurs jours après le jour du vote ?

PRIEZ FORT.........., c'est, comme l'a dit Kid, "l'Amérique contre plus d'Amérique".

VOTEZ. PRIEZ.

oh, mon ami................................., que ce soit un immense succès pour Trump, puis que les portes soient fermées pour la violence. La violence, c'est ce que font les adeptes de Biden.

QUE DIEU BÉNISSE L'AMÉRIQUE.

AU FAIT : https://www.breitbart.com/politics/2020/11/02/top-coup-experts-training-left-with-revolutionary-tactics-ahead-of-election/

QUE DIEU NOUS AIDE TOUS.

Le site prescrit également une promesse qui demande : "Si nous devons le faire, nous fermerons ce pays pour protéger l'intégrité du processus démocratique". Il n'y a pas de plus grande ironie ou hypocrisie que cette déclaration. JAMAIS.

Si nous perdons, je ne ferai plus jamais de message rouge/blanc/bleu. JAMAIS.

Z
Et les commentaires ne sont pas piqués des vers, en voici un bref échantillon :
peter3nj says:
November 3, 2020 at 1:24 am

We are one bunch away from a banana republic.
Nous sommes à deux doigts d'une république bananière.
Always On Watch says:
November 3, 2020 at 4:21 am

About that Breitbart link: Lord. Help us!

And take a look at ShutDownDC.

I’m less than 10 miles from the targets in the link above.

Again, Lord, help us!
A propos de ce lien Breitbart : Seigneur. Aidez-nous !

Et jetez un coup d'œil à ShutDownDC.

Je suis à moins de 10 miles des cibles dans le lien ci-dessus.

Encore une fois, Seigneur, aidez-nous !
La république bananière est bien sûr celle que les Américains sont sur le point de jeter à la poubelle de l'Histoire.

Jubilatoire je vous disais au début.

Cela dit les jeux ne sont pas encore faits et il ne faut pas vendre la peau des faisans avant de les avoir tués à l'AK47.
 

Bis repetita ?

 Tout d'abord quelques informations factuelles :

Elections américaines de 2000 :

  • George W. Bush : 50 456 002 voix
  • Al Gore : 50 999 897 voix
  • Ecart de voix : 543 895 en faveur d'Al Gore
  • Président élu : George W. Bush

  • Hillary Clinton : 65 853 514 voix
  • Donald Trump : 62 984 828 voix
  • Ecart de voix : 2 868 686 en faveur d'Hillary Clinton
  • Président élu : Donald Trump

On rappellera quelques élections ayant respecté le scrutin dit « populaire » :

  • Bill Clinton : 47 402 357 voix
  • Bob Dole : 39 198 755 voix
  • Ecart de voix : 8 203602 en faveur de Bill Clinton
  • Président élu : Bill Clinton
  • Bill Clinton : 44 909 806 voix
  • George H. W. Bush : 39 104 550 voix
  • Ecart de voix : 5 805 256 en faveur de Bill Clinton
  • Président élu : Bill Clinton
  • George W. Bush : 62 041 268 voix
  • John Kerry : 59 028 548 voix
  • Ecart de voix : 3 012 720 en faveur de George W. Bush
  • Président élu : George W. Bush
  • Barak Obama : 69 456 897 voix
  • John McCain : 59 934 814 voix
  • Ecart de voix : 9 522 083 en faveur de Barak Obama
  • Président élu : Barak Obama
  • Barak Obama : 65 918 507 voix
  • Mitt Romney : 60 934 407 voix
  • Ecart de voix : 4 984 100 en faveur de Barak Obama
  • Président élu : Barak Obama
Première remarque, qui a de l'importance : à part en 2004 nous voyons que l'Amérique vote pour les démocrates depuis 1992, soit depuis près de 30 ans ! Et encore l'élection de Bush fils en 2004 a largement été favorisée par le choc émotionnel qu'ont représenté les attentats du 11 septembre 2001 avec les conséquences déplorables qui ont suivi mais qui à l'époque n'avaient pas été perçues par les Américains, tellement ils étaient sidérés par l'attaque de quelques djihadistes sur leur propre territoire ; Bush l'avait alors emporté avec « seulement » 3 millions de voix de plus que son adversaire, quand Obama écrasait les siens avec 5 à 9,5 millions de voix de plus !

Deuxième remarque, après on arrêtera, si Bush l'avait emporté avec 3 millions de voix de plus on constatera qu'Hillary Clinton a perdu face à Donald Trump avec presque le même nombre de voix en sa faveur !

Et quid de cette élection-ci ? Joe Biden pourrait vaincre Donald Trump en lui mettant 5 millions de voix dans la vue, pourtant il n'est pas assuré à 100% d'être le prochain président, même si au regard des sondages actuels il semblerait que les jeux soient faits :

Moyenne des sondages (source projects.fivethirtyeight)


+8,4 points d'écart à la date du 2 novembre, c'est un peu plus que ce qui était donné à Hillary Clinton peu avant le 8 novembre 2016 (de 1 à 7 points d'écart), donc Biden a simplement « un peu plus » de chances de gagner que Clinton en avait de ne pas perdre, ce qui devrait nous rassurer...hum...

Mais même si Biden l'emporte finalement dans les urnes tant au nombre de voix (ce qui ne fait absolument aucun doute) qu'au niveau du collège électoral qui est le seul qui compte réellement pour définir qui sera l'heureux élu, personne, absolument personne ne peut dire ce qui va se passer entre le 3 novembre 2020 et le 20 janvier 2021, ni même ce qui peut se passer après cette date !

En fait à la lecture de The Election That Could Break America. If the vote is close, Donald Trump could easily throw the election into chaos and subvert the result. Who will stop him? (L'élection qui pourrait briser l'Amérique. Si le vote est serré, Donald Trump pourrait facilement plonger l'élection dans le chaos et fausser le résultat. Qui l'en empêchera ?) on s'aperçoit qu'il existe une multitude de scénarios possibles et que les institutions ainsi que la Constitution américaines ne prévoient pas vraiment des choses qu'un abruti de la trempe de Trump est tout bonnement capable de faire.

Tout d'abord l'auteur de l'article nous explique que depuis qu'un certain William Jennings Bryan, malheureux candidat à l'élection de 1896 (ça ne nous rajeunit pas), a « concédé » officiellement sa défaite, la « concession » est devenue un rituel incontournable de chaque élection :
After Bryan, concession became a civic duty, performed by telegram or telephone call and then by public speech. Al Smith brought the concession speech to radio in 1928, and it migrated to television soon afterward.
Après Bryan, la concession est devenue un devoir civique, accompli par télégramme ou par appel téléphonique, puis par discours public. Al Smith a introduit le discours de concession à la radio en 1928, et il est passé à la télévision peu après.
Et même Al Gore s'y était plié malgré le fait que sa défaite contre Bush fils était plus que contestable :
Consider the 2000 election, which may appear at first glance to demonstrate otherwise. Al Gore conceded to George W. Bush on Election Night, then withdrew his concession and fought a recount battle in Florida until the Supreme Court shut it down. It is commonly said that the Court’s 5–4 ruling decided the contest, but that’s not quite right.
The Court handed down its ruling in Bush v. Gore on December 12, six days before the Electoral College would convene and weeks before Congress would certify the results. Even with canvassing halted in Florida, Gore had the constitutional means to fight on, and some advisers urged him to do so. If he had brought the dispute to Congress, he would have held high ground as the Senate’s presiding officer.
Not until Gore addressed the nation on December 13, the day after the Court’s decision, did the contest truly end. Speaking as a man with unexpended ammunition, Gore laid down his arms. “I accept the finality of this outcome, which will be ratified next Monday in the Electoral College,” he said. “And tonight, for the sake of our unity as a people and the strength of our democracy, I offer my concession.”
La Cour a rendu son jugement dans l'affaire Bush contre Gore le 12 décembre, six jours avant que le Collège électoral ne se réunisse et des semaines avant que le Congrès ne certifie les résultats. Même avec l'arrêt de la campagne de démarchage en Floride, Gore avait les moyens constitutionnels de continuer à se battre, et certains conseillers l'ont exhorté à le faire. S'il avait porté le litige devant le Congrès, il aurait tenu le haut du pavé en tant que président du Sénat.
Ce n'est que lorsque Gore s'est adressé à la nation le 13 décembre, le lendemain de la décision de la Cour, que le combat a véritablement pris fin. S'exprimant en tant qu'homme avec des munitions non utilisées, Gore déposa les armes. "J'accepte le caractère définitif de ce résultat, qui sera ratifié lundi prochain par le Collège électoral", a-t-il déclaré. "Et ce soir, au nom de notre unité en tant que peuple et de la force de notre démocratie, j'offre ma concession."
Ainsi Al Gore avait la possibilité de ne pas « concéder » sa défaite et d'aller devant les tribunaux, avec quelques chances de gagner l'élection sur tapis vert, mais il ne l'a pas fait, estimant que l'intérêt de son pays allait au-delà du sien propre.

Or il est envisagé très sérieusement que Trump ne concède jamais sa défaite...

Par ailleurs nous avons cette fameuse (ou plutôt fumeuse) période comprise entre le jour de l'élection et le jour de la passation de pouvoir effective ; cette période est appelée « interregnum » et ce ne sera pas une partie de plaisir d'après l'auteur de l'article :
This year, if election analysts are right, we know when the trouble is likely to come. Call it the Interregnum: the interval from Election Day to the next president’s swearing-in. It is a temporal no-man’s-land between the presidency of Donald Trump and an uncertain successor—a second term for Trump or a first for Biden. The transfer of power we usually take for granted has several intermediate steps, and they are fragile.
Cette année, si les analystes électoraux ont raison, nous savons quand les problèmes risquent de survenir. C'est ce qu'on appelle l'interrègne : l'intervalle entre le jour de l'élection et la prestation de serment du prochain président. Il s'agit d'un no man's land temporel entre la présidence de Donald Trump et un successeur incertain - un second mandat pour Trump ou un premier pour Biden. Le transfert de pouvoir que nous considérons généralement comme acquis comporte plusieurs étapes intermédiaires, et elles sont fragiles.
On ne peut qu'être abasourdis d'apprendre que le pays le plus puissant de la planète, celui qui se vante d'être un phare civilisationnel bien au-dessus de toutes les autres démocraties, permet que pendant 79 jours, la durée de cet interrègne, il existe des « étapes intermédiaires fragiles » pouvant le faire sombrer dans le chaos !
“Our Constitution does not secure the peaceful transition of power, but rather presupposes it,” the legal scholar Lawrence Douglas wrote in a recent book titled simply Will He Go? The Interregnum we are about to enter will be accompanied by what Douglas, who teaches at Amherst, calls a “perfect storm” of adverse conditions. We cannot turn away from that storm. On November 3 we sail toward its center mass. If we emerge without trauma, it will not be an unbreakable ship that has saved us.
"Notre Constitution n'assure pas la transition pacifique du pouvoir, mais la présuppose", a écrit le juriste Lawrence Douglas dans un récent ouvrage intitulé simplement Will He Go ? L'interrègne dans lequel nous allons entrer sera accompagné de ce que Douglas, qui enseigne à Amherst, appelle une "tempête parfaite" de conditions défavorables. Nous ne pouvons pas nous détourner de cette tempête. Le 3 novembre, nous naviguerons vers sa masse centrale. Si nous en sortons sans traumatisme, ce ne sera pas un navire incassable qui nous aura sauvés.
L'article est trèèèèèèèèès loooooooooong et je vous laisse le lire en entier, voici simplement son dernier paragraphe afin de vous en donner envie :
That is an unsettling precedent for 2021. If our political institutions fail to produce a legitimate president, and if Trump maintains the stalemate into the new year, the chaos candidate and the commander in chief will be one and the same.
C'est un précédent troublant pour 2021. Si nos institutions politiques ne parviennent pas à produire un président légitime, et si Trump maintient l'impasse jusqu'à la nouvelle année, le candidat au chaos et le commandant en chef ne feront qu'un.

Et pour le chaos, nous le savions pourtant dès le début : 

Chaos. Désordre. Incompétence.