samedi 23 mai 2020

Didier Raoult est-il vraiment infectiologue ?

Quand on regarde le profil de Didier Raoult sur Wikipédia voici comment on nous le décrit :
Didier Raoult, né le 13 mars 1952 à Dakar, au Sénégal, est un infectiologue et professeur de microbiologie français. Il est spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille et à l'institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU).
Il est bien mentionné qu'il est « infectiologue » et le même Wikipédia nous dit au sujet de l'infectiologie :
L'infectiologie est une spécialité médicale traitant du diagnostic, du contrôle et du traitement des infections. Le travail d'un infectiologue consiste en grande partie à gérer les infections nosocomiales (acquises à l'hôpital), mais peut aussi impliquer des consultations externes.
Je n'y connais rien en la matière et jusqu'à présent j'étais persuadé que Didier Raoult pouvait se prévaloir du titre d'infectiologue, cependant une interview récente sur BFM TV vient ébranler cette croyance.

Cette interview est reprise dans Plus de morts à Paris qu'à Marseille? L'infectiologue Christophe Rapp accuse Didier Raoult de "populisme scientifique" ; voici le passage intéressant concernant les qualifications du professeur Raoult remises en question par un autre professeur de médecine :
Je rappelle qu'il est microbiologiste et non pas infectiologue, alors il faudra arrêter de marquer infectiologue sur le bandeau, parce qu'on n'est que 80 professeurs de maladies infectieuses en France et ce n'est pas le même métier.
Je vous laisse digérer tout ça, on est samedi et j'ai d'autres choses à faire donc je ne vais pas m'étendre davantage sur le sujet.
Sauter à la recherche



Sottisier de la semaine 21


https://wattsupwiththat.com/2020/05/22/there-is-no-climate-emergency-2/
It is the propaganda of Catastrophic Global Warming / Climate Change alarmists that has illogically conflated Carbon Dioxide, the beneficial trace gas that sustains photosynthesis and thus all life on earth and which may cause some minor warming, with real and dangerous pollutants to create the “Great Global Warming Scare / Climate Change Scare / Climate Emergency / etcetera”, with their “we are all going to fry in the next few years” narrative”.

When compared with CO2, Water Vapour and Clouds play a much more significant role in the Greenhouse effect. Methane and other warming Greenhouse gasses play an even less important and only a very marginal contribution to the Greenhouse effect.
C'est la propagande des alarmistes du réchauffement climatique catastrophique qui a associé de manière illogique le dioxyde de carbone, le gaz à l'état de trace bénéfique qui soutient la photosynthèse et donc toute vie sur terre et qui peut provoquer un réchauffement mineur, à des polluants réels et dangereux pour créer la "grande peur du réchauffement climatique / la peur du changement climatique / l'urgence climatique / etcetera", avec leur récit "nous allons tous griller dans les prochaines années".

Par rapport au CO2, la vapeur d'eau et les nuages jouent un rôle beaucoup plus important dans l'effet de serre. Le méthane et les autres gaz à effet de serre qui réchauffent l'atmosphère jouent un rôle encore moins important et ne contribuent que de manière très marginale à l'effet de serre.
Quand en 2020 nous lisons toujours ce genre d'âneries nous savons qu'il y a encore du boulot devant nous. Et ce n'est pas le covid-19 qui va nous sortir de l'ornière, contrairement à ce que pensent quelques naïfs comme Nicolas Hulot.

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1. Le temps est venu, ensemble, de poser les premières pierres d’un nouveau monde.

[blablabla] 

100. Le temps est venu de créer un lobby des consciences.
Nicolas Hulot, président du Bisounoursland, a cinq propositions pour redresser la planète, on lui souhaite bien du courage, ou bien de se réveiller de son long sommeil.

*****

Vous pensez bêtement que le principal virus dont il y aurait lieu de parler aujourd’hui est le SARS-CoV-2 et sa maladie associée qu’est le covid-19 ? Alors vous n’êtes sûrement pas digne de devenir anthropologue au Collège de France. Philippe Descola, lui, sait remettre les pendules à l’heure : « Nous sommes devenus des virus pour la planète », explique-t-il dans Le Monde. […] le panorama global est pourtant clair : le covid-19 a montré une fois de plus que la nature n’est pas notre amie
Si vous pensez bêtement que Philippe Descola aurait dit que « la nature est notre amie » comme tente de vous le faire croire Rittaud, voici ce que l'anthropologue déclare exactement :
Cette révolution mentale [i.e. l’idée que les humains vivent dans un monde séparé de celui des non-humains] est l’une des sources de l’exploitation effrénée de la nature par le capitalisme industriel en même temps que du développement sans précédent des connaissances scientifiques.
Bref Rittaud, le roi du contresens, ou de l'enfumage de gogos, traduit cela à sa façon, chacun sera juge et le classera soit parmi les escrocs intellectuels soit parmi les cons (qui osent tout etc.) ; un autre exemple ?
Il y a deux siècles, les symptômes banals du covid (fièvre, toux, fatigue…) aussi bien que sa prévalence limitée (au plus quelques pourcents) n’auraient peut-être pas même permis de l’identifier comme maladie nouvelle.
« Symptomes banals du covid », c'est vrai que quand un malade est sous respirateur artificiel parce que ses poumons sont nazes cela est quelque chose de tout à fait banal, tout comme la contagiosité qui a permis à ce virus de gagner l'ensemble de la planète en seulement quelques mois ; et il y a deux siècles on ne s'en serait effectivement peut-être même pas rendu compte, mais pour une simple raison qui échappe totalement à l'entendement de notre mathématicoronamancien.

Allez encore une autre pour la route :
Si cette pandémie est considérée comme majeure, c’est de façon relative à notre situation présente, qui fait de nous une espèce si puissante que nous pouvons nous focaliser sur un mal qui, par le passé, aurait été à peine remarqué.
Même Raoult aurait pu proférer la même bêtise, c'est vous dire si Rittaud a tout juste !

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972. Demokratia | 22/05/2020 @ 8:58

AntonioSan (#968),

[blablabla] Pourquoi [les partis en place] vont-ils dans le sens du changement climatique ? Parce que les gens donnent leurs voix pour cela.
Mince alors, moi qui croyais que « les gens » se foutaient comme de l'an quarante du changement climatique en privilégiant l'emploi ou le risque terroriste, voila-t-il pas maintenant qu'ils votent pour ou contre celui-ci, c'est à ne plus rien y comprendre ; Terrorisme, chômage, immigration… Quelles sont les préoccupations principales des Français ? :
le terrorisme arrive en tête des préoccupations principales des Français, cité par 50% d'entre eux. Les questions sociales viennent juste après : le chômage (45%) et les inégalités (29%). L'immigration n'est pas en reste non plus, citée par 31% des personnes interrogées. Enfin, la place de l'Islam et le niveau des impôts sont des thèmes qui préoccupent 18% des Français.
Mais c'était en 2016, en quatre ans les choses ont dû bien changer. Ou pas.

*****
 
There has long been argument that the contribution of anthropogenic CO2 to air is tiny compared to natural sources and sinks. Another argument says that the decades-long increase in CO2, the Keeling Curve, is mainly due to mankind, because the estimated emissions from industry account for about double the increase measured each year. It follows that an absence of a fall in the curve in the 2020 lockdown could indicate that the emissions of mankind are dwarfed by natural emissions.
On a longtemps soutenu que la contribution du CO2 anthropique dans l'air est minime par rapport aux sources et aux puits naturels. Un autre argument dit que l'augmentation du CO2 depuis des décennies, la courbe de Keeling, est principalement due à l'homme, car les émissions estimées de l'industrie représentent environ le double de l'augmentation mesurée chaque année. Il s'ensuit qu'une absence de baisse de la courbe dans le cadre du confinement de 2020 pourrait indiquer que les émissions de l'humanité sont éclipsées par les émissions naturelles.
Nous assistons avec cette pandémie covid-19 à l'émergence d'un nouveau serpent de mer qui consiste à prétendre que si l'on ne voit pas d'effet dans la courbe de Keeling cela signifierait que le CO2 d'origine humaine n'aurait pas d'influence sur l'évolution des concentrations de ce gaz dans l'atmosphère. On ne peut pas forcer un âne à boire s'il n'a pas soif, mais de toute évidence on ne peut pas non plus l'empêcher, s'il est assoiffé, d'aller boire une eau croupie s'il en a envie. Un exemple ? En voici un qui résume bien l'idée du serpent de mer (et de l'eau croupie) :
454. JC | 20/05/2020 @ 10:19  
the fritz (#451),
C’est bien le pb en ce moment : baisse des rejets humains et continuité de l’augmentation du taux atm.
JC (pour Je Crois) a tout compris, de travers bien sûr.

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988. AntonioSan | 22/05/2020 @ 23:58

Herté07 (#985), ce n’est pas une etude, c’est une compil… tendancieuse de surcroit quant au choix de sa biblio, floutant ses propres regles en acceptant un pre-print posterieur a leur limite de date de publi pour les autres. [blablabla]
Finissons en beauté ce sottisier hebdomadaire avec un habitué des plantages en tous genres, j'ai nommé monsieur Antoine ; l'étude en question est celle du Lancet que j'ai évoquée pas plus tard que tout à l'heure (voir Cela se précise... ) et qui discrédite la pilule miracle du barde à barbe blanche de la Canebière, ce qui indispose notre commissaire en goguette.


Cela se précise...

Le site mediabiasfactcheck vient juste de publier un article concernant...l'hydroxychloroquine.

Dans Hydroxychloroquine not effective in the Treatment of Covid-19, increased risk for ventricular arrhythmias (L'hydroxychloroquine n'est pas efficace dans le traitement de Covid-19, risque accru d'arythmies ventriculaires) on résume la situation ainsi :
In a study published in the Peer-Reviewed medical journal The Lancet on May 22, 2020 it concluded that Hydroxychloroquine is not an effective treatment for Covid-19, but rather may increase the risk of ventricular arrhythmias and decreased hospital survival.
Dans une étude publiée dans la revue médicale The Lancet le 22 mai 2020, les auteurs ont conclu que l'hydroxychloroquine n'est pas un traitement efficace pour le Covid-19, mais qu'elle pourrait plutôt augmenter le risque d'arythmies ventriculaires et diminuer la survie à l'hôpital.
Et on nous précise :
Hydroxychloroquine or chloroquine, often in combination with a second-generation macrolide, are being widely used for treatment of COVID-19, despite no conclusive evidence of their benefit. Although generally safe when used for approved indications such as autoimmune disease or malaria, the safety and benefit of these treatment regimens are poorly evaluated in COVID-19.
L'hydroxychloroquine ou la chloroquine, souvent en combinaison avec un macrolide de deuxième génération, sont largement utilisées pour le traitement du COVID-19, malgré l'absence de preuves concluantes de leur bénéfice. Bien qu'ils soient généralement sans danger lorsqu'ils sont utilisés pour des indications approuvées telles que les maladies auto-immunes ou le paludisme, la sécurité et les avantages de ces traitements sont mal évalués dans COVID-19.
Le « macrolide de deuxième génération » dont il est question est bien sûr la fameuse azithromycine comme l'indique Wikipédia :
Il existe plusieurs types de macrolides avec 14, 15 ou 16 atomes dans leur macrocycle. On les classe parfois en diverses générations : 
[…]
2e génération  
[…]
cycle à 15 : azithromycine
On retiendra de cette information que :
  • l'hydroxychloroquine avec ou sans azithromycine n'est pas efficace contre le covid-19 ;
  • ces médicaments sont « largement utilisés [...] malgré l'absence de preuves concluantes de leurs bénéfices » ;
  • quand ils sont utilisés dans le cadre pour lequel ils ont été conçus (paludisme ou lupus par exemple) ils sont « généralement sans danger » ;
  • pour le covid-19 ils « sont mal évalués », c'est-à-dire qu'on ne sait pas très bien quels peuvent être leurs effets sur l'être humain.
Il est quand même sidérant qu'à la suite de Raoult nombreux sont ses admirateurs qui avancent que puisqu'ils sont efficaces et (pratiquement) sans danger pour le paludisme ou le lupus alors ces médicaments seraient nécessairement efficaces et sans danger pour traiter le covid-19 ; il me semble que cela ressort du biais de conclusion (jumping to conclusion en anglais) qui, selon Wikipédia, 
is a psychological term referring to a communication obstacle where one "judge[s] or decide[s] something without having all the facts; to reach unwarranted conclusions".[2][3] In other words, "when I fail to distinguish between what I observed first hand from what I have only inferred or assumed".[1] Because it involves making decisions without having enough information to be sure that one is right, this can give rise to poor or rash decisions that often cause more harm to something than good. 
est un terme psychologique désignant un obstacle à la communication où l'on "juge ou décide quelque chose sans disposer de tous les faits ; pour arriver à des conclusions injustifiées"[2]. 3] En d'autres termes, "lorsque je ne fais pas la distinction entre ce que j'ai observé de première main et ce que j'ai seulement déduit ou supposé"[1]. Comme il s'agit de prendre des décisions sans disposer de suffisamment d'informations pour être sûr que l'on a raison, cela peut donner lieu à des décisions médiocres ou irréfléchies qui causent souvent plus de tort que de bien à quelque chose.
La publication dans le Lancet qui est à la base de ce factchecking est titrée Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis (Hydroxychloroquine ou chloroquine avec ou sans macrolide pour le traitement de COVID-19 : analyse d'un registre multinational) et voici sa conclusion :
In summary, this multinational, observational, real-world study of patients with COVID-19 requiring hospitalisation found that the use of a regimen containing hydroxychloroquine or chloroquine (with or without a macrolide) was associated with no evidence of benefit, but instead was associated with an increase in the risk of ventricular arrhythmias and a greater hazard for in-hospital death with COVID-19. These findings suggest that these drug regimens should not be used outside of clinical trials and urgent confirmation from randomised clinical trials is needed.
En résumé, cette étude multinationale d'observation en situation réelle de patients atteints de COVID-19 nécessitant une hospitalisation a révélé que l'utilisation d'un traitement contenant de l'hydroxychloroquine ou de la chloroquine (avec ou sans macrolide) n'était associée à aucune preuve de bénéfice, mais plutôt à une augmentation du risque d'arythmies ventriculaires et à un plus grand risque de décès en milieu hospitalier avec COVID-19. Ces résultats suggèrent que ces régimes médicamenteux ne devraient pas être utilisés en dehors des essais cliniques et qu'une confirmation urgente des essais cliniques randomisés est nécessaire.
Donc non seulement le traitement miraculeux (à Marseille uniquement, allez savoir pourquoi) ne semble pas efficace mais il est surtout dangereux, et cela en milieu hospitalier ; on imagine alors hors milieu hospitalier…

On comprend mieux pourquoi l'hydroxychloroquine a été classée parmi les substances vénéneuses et pourquoi également on a interdit aux médecins libéraux de l'utiliser ; cette substance a fait l'objet :
  • [d'un] avis du directeur général de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail en date du 12 novembre 2019 ;
  • [d'une] proposition du directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé en date du 13 décembre 2019 ;
  • [d'un] arrêté du 13 janvier 2020 [émanant de la] ministre des solidarités et de la santé [Agnès Buzyn]
Finalement les autorités sanitaires françaises n'ont pas été si mauvaises sur ce coup-là, malgré les quelques ratés qu'on peut leur mettre sur le dos durant la crise mais qu'elles partagent amplement à des degrés divers avec les autorités sanitaires de quasiment tous les pays de la planète.

Le Conseil d'Etat lui-aussi a joué son rôle en rejetant les requêtes de médecins qui voulaient s'affranchir de l'interdiction après avoir été hypnotisés par le gourou voilé phocéen :
Saisi par des médecins libéraux souhaitant pouvoir prescrire de la chloroquine pour soigner leurs patients atteints du coronavirus, le Conseil d’Etat a tranché ce samedi [28 mars 2020] dans le sens du gouvernement.
Nos institutions ont donc été parfaitement clairvoyantes en ne cédant pas aux sirènes marseillaises, cela aura très probablement sauvé un nombre important de vies ; par contre pour les vies qui ont été mises à la disposition du professeur Raoult et qu'il aura gâchées, celui-ci devra peut-être rendre des comptes quand tout sera revenu (presque) comme avant et que l'on pourra passer à la phase judiciaire.

Qui déjà a dit que « l'enquête sera sanglante » ? Ah oui, c'est lui :

Didier Raoult menace : « L’enquête sera sanglante »


Il ne croyait pas si bien dire.


vendredi 22 mai 2020

Le sentier des crêtes à Pampelonne

Il ne faut pas confondre Pampelonne (avec deux n) avec Pamplona ou Pampelune ; la ville espagnole a pourtant bien donné son nom à Pampelonne (avec deux n) si l'on en croit l'une des affiches trônant en contrebas du chateau de Thuriès où l'on nous dit que « vers 1285, Bertrand Vicomte de Lautrec cède le chateau et la seigneurie de Thuriès à Eustache de Beaumarchais, Sénéchal de Toulouse. Ce dernier, ancien gouverneur de la Navarre, s'était emparé de Pampelune, capitale de la Navarre. Il donne le nom de Pampilona lors de la construction de la bastide fortifiée de Pampelonne. »

Le dénommé Eustache de Beaumarchais est également le créateur d'un nombre impressionnant de bastides comme nous l'indique Wikipédia :
Il devient un bâtisseur de bastides, pour le compte du roi de France. Il en fonde 23 : Rimont (1272), Alan (1272), Montréjeau (1272), Fleurance (1274), Valence-d'Albigeois (1275), Beaumont-de-Lomagne (1279), Verdun-sur-Garonne (1279), Saint-Lys (1280), Mirande (1281), Pavie (1281), Cazères (1282), Cologne (1284), Miélan (1284), Plaisance-du-Touch (1285), Réjaumont[Lequel ?] (1285), Pampelonne (1285), Boulogne-sur-Gesse (1286), Valentine (1287), Aurimont (1287), Beaumarchés (1288), Grenade (1290), Sorde (1290), Solomiac (1322).
La balade d'aujourd'hui, la toute première estampillée « post-confinement », est incluse dans le guide Le Tarn à pied, pages 40-41, randonnée n°10.
Pour l'accès routier à Pampelonne c'est simple, depuis l'autoroute qui va d'Albi à Rodez on prend la sortie Tanus et on suit les panneaux pour arriver au village ; voici l'environnement routier :

Vue d'ensemble de la randonnée avec mention des routes d'accès.

La balade elle-même vue depuis le ciel nous donne ceci :

Randonnée avec vue « satellite »
Le Viaur est nettement visible avec le barrage de Thuriès que l'on va voir de presque tous les angles ; la retenue d'eau alimente une centrale électrique située exactement au nord (un peu à gauche du chiffre 4) au moyen d'une conduite d'eau traversant la montagne comme expliqué sur une des affiches positionnées sur le parking du bâtiment devant lequel passe le chemin :

Panneau explicatif du fonctionnement de la centrale de Thuriès.

Les caractéristiques de la randonnée sont les suivantes, du moins bien évidemment en ce qui me concerne pour les pulsations cardiaques :

Statistiques de la randonnée.

La balade a donc duré près de cinq heures pour une distance modeste d'un peu plus de dix kilomètres, il faut dire que non seulement le cheminement le long des berges du Viaur ne permet pas une allure élevée, mais également les deux pauses, dont une pour le déjeuner sur la crête surplombant la retenue d'eau et l'autre au chateau sur l'herbe fraiche de ce qui reste de la cour (du moins j'imagine qu'il s'agissait de la cour...), tout cela fait que...nous avons pris notre temps !

Les graphiques sont partagés verticalement par des barres représentant chaque tranche de kilomètre parcouru, on voit donc que c'est entre les kilomètres 6 et 7 que se situe le point d'orgue de la randonnée, l'endroit où il faut s'arrêter et profiter du magnifique paysage que la nature a sculpté juste pour que vous puissiez jouir du moment présent (avec un peu de chance vous serez seul et ne partagerez pas ce moment, l'endroit étant un peu exigu...)

Il y a bien d'autres circuits ou traversées à faire dans le coin, comme nous le précise l'ensemble de panneaux qui nous accueillent dès le début après avoir laissé la voiture sur la place du Foirail :

Il n'y a que l'embarras du choix, le nôtre se porte sur le sentier des crêtes.

Le circuit de las Planques ce sera pour une autre fois, on va d'abord s'aguerrir un peu, les mollets ont besoin de se refaire une santé après tant de mois de relative inaction.

Une fois n'est pas coutume, la balade commence par une descente afin de trouver le fond des gorges du Viaur :

Les gorges du Viaur que nous allons remonter en direction de la centrale électrique de Thuriès.

Au passage de nombreuses digitales semblent nous faire une haie d'honneur :

Un des nombreux « clusters » de digitales.
Arrivés au fond on laisse la passerelle et on prend rive gauche (donc côté droit en remontant le courant) :

En remontant le Viaur rive gauche.

Là ce ne sont plus des digitales qui nous présentent les armes mais des plantons moins sympathiques avec des signes cabalistiques inscrits sur leur galure :

Macrolepiota ?

Si vous connaissez ce champignon merci de vous signaler à l'accueil afin de donner toute information utile (moi je n'y connais strictement rien)

Plus loin nous arrivons face au moulin de Bondouy :

Le moulin de Bondouy sur la rive opposée.
Et peu après c'est au tour de notre fameuse centrale électrique de Thuriès :

La centrale électrique de Thuriès.
Trois panneaux nous donnent des explications sur la création de cette centrale (nous en avons vu un plus haut) et il est utile de s'attarder un peu pour les lire, il n'y a pas le feu après tout et nous avons toute la journée devant nous.

Après avoir franchi le Viaur par la route qui descend de Pampelonne (pour aller on ne sait où mais on s'en fiche un peu) on reprend le sentier qui nous mène, après une courte mais intense montée, au hameau de La Rive qu'on traversera en passant par la place de la Pipe (non je ne rigole pas) :

L'entrée du hameau de la Pipe, pardon, de la Rive.

Peu après nous longeons, de très haut, les rives du Viaur et pouvons pour la première fois contempler le chemin qui nous reste à faire :

Le chateau de Thuriès sur son éperon rocheux avec le village de Pampelonne en arrière-plan.

Quand je dis le chateau de Thuriès il s'agit plutôt du peu qu'il en reste, à savoir la moitié délabrée d'une tour qui pointe au-dessus des arbres ; on remarque sur la droite les lignes électriques qui montent de la centrale en direction du village.

Enfin c'est la récompense avec la pause déjeuner sur la crête (qui donne son nom à la balade) qui sépare deux bras d'un méandre du Viaur :

Depuis la crête, vue sur la retenue d'eau en amont du barrage.

Plus loin, après nous être sustentés et reposés, nous redescendons vers le Viaur et le franchissons sur une passerelle multiple entrecoupée de murs cimentés :

La passerelle qui nous mène vers le chateau de Thuriès.
Nous remontons le chemin et passons très vite sous les restes piteux du chateau :

Le chateau de Thuriès.
Nous pouvons également admirer l'ouvrage d'art de l'autre côté, ce fameux barrage qui fut construit entre 1919 et 1923, soit il y a exactement un siècle :

Le barrage de Thuriès.
Puis c'est le petit détour quasi obligatoire par le chateau et sa drôle de tour en forme d'amphithéâtre :

La tour du chateau de Thuriès.

Il faut quand même avoir en tête que ce chateau a été construit avant 1275, date de « la plus ancienne trace écrite du château » selon Wikipédia.

Après ça le retour à la place du Foirail de Pampelonne est une simple formalité qui demandera un tout petit effort supplémentaire.

Bref une simple petite balade agréable dans le rayon des cent kilomètres du domicile (pour vous je sais pas) faite en respectant la distanciation physique chaque fois que nous rencontrions d'autres promeneurs/randonneurs, ce qui ne nous empêchait pas de nous saluer et d'échanger de larges sourires, on se demande bien pourquoi.

Adishatz.


mercredi 20 mai 2020

J'approuve Laurent Alexandre (une fois n'est pas coutume)


Il ne peut pas avoir tort sur tout, comme Didier Raoult ne peut pas avoir tort sur tout, comme Olivier Berruyer ne peut pas avoir tort sur tout, comme Michel de Lorgeril ne peut pas avoir raison sur tout.

Qui ? Ben oui, c'est de Laurent Alexandre qu'il s'agit, celui-là même qui délire régulièrement sur le transhumanisme et nous a prédit que l'humanité sauverait la Galaxie (oui, notre Galaxie) dans quatre milliards d'années et l'Univers (oui, notre Univers) dans gogol années (voir Laurent Alexandre, le nouvel étalon de l'intelligence de notre temps ?)

Non il ne peut pas avoir tort sur tout et notamment en matière de médecine puisque parait-il il est, ça tombe bien, médecin urologue de son état, même s'il ne doit pas exercer cette profession de manière régulière...

Dans La Querelle Raoult (Série) : L’intuition médicale tue ! il publiait le 21 avril dernier un article qu'il me serait difficile de renier étant donné qu'il va exactement dans le sens que je pressens.

Effectivement, il me semble avoir déjà dit que la recherche médicale française filait un mauvais coton ( je ne retrouve plus l'article mais ça me reviendra peut-être à moins qu'un lecteur attentif...) à cause de celui que Michel de Lorgeril qualifie de polichinelle du Vieux-Port et Olivier Berruyer de pur charlatan.

Cela commence d'ailleurs à bien se voir que son traitement miraculeux ressemble davantage à de la poudre de perlimpinpin qu'à de la matière pour prix Nobel de médecine (voir notamment « Fin de partie » pour le professeur Raoult ? et Deux pierres de plus dans le jardin de Didier Raoult)

Je suis pourtant le premier à avoir souhaité que son traitement à base de chloroquine marche vraiment tellement j'aimerais être définitivement débarrassé de cette saloperie de virus qui nous empoisonne à tous l'existence depuis plusieurs mois et menace de continuer ainsi pendant « un certain temps » que personne, et surtout pas Raoult, ne sait évaluer ; j'écrivais ainsi dans L'autre Didier Raoult (c'était le 22 mars dernier, il y a environ deux mois déjà) :
L'avenir nous dira si Raoult est le sauveur de la planète, ce que nous espérons tous finalement, car si son médicament s'avère efficace comme il le dit c'est plutôt une excellente nouvelle. A confirmer.
Les confirmations tombent les unes après les autres et elles ne constituent pas vraiment d'excellentes nouvelles.

Je suis donc assez d'accord avec Laurent Alexandre quand il écrit notamment :
Les fans du professeur Didier Raoult, dans un déni complet, ont d’ailleurs oublié qu’il avait dit que le coronavirus serait grâce à la chloroquine l’infection respiratoire la plus facile à traiter de notre histoire et qu’elle faisait moins de victimes que les accidents de trottinettes.
Comment ne pas être d'accord, hein ? J'ai moi-même à maintes reprises rappelé à mes lecteurs les divers errements du gourou voilé de la Canebière qui entraine ses suivants (ou suiveurs) dans son naufrage, tels les professeurs Perronne et Douste-Blazy qui ont tous deux manqué une bonne occasion de rester humbles et discrets.

Je ne détaillerai pas tout ce que dit Laurent Alexandre, notamment sur la politisation du sujet et sa « giletjaunisation », quelque chose certes intéressant mais que je préfère laisser de côté, par contre je citerai ce passage vers la fin où il tutoie son tropisme transhumaniste sans pourtant déraper, ce qui fait que je ne peux qu'acquiescer :
Le rôle de l’Intelligence Artificielle dans le management de cette crise a été marginal. Mais la crise de la chloroquine -qu’elle se révèle finalement efficace ou inefficace- accélérera le déclin de ma profession. Elle a augmenté le pouvoir des médecins anti-sciences au détriment des partisans de la médecine basée sur des preuves scientifiques.

A l’ere de la génétique et du big data cette évolution est suicidaire : aucun médecin ne pourra avec son intuition et ses tripes -pour paraphraser le Professeur Péronne- traiter des milliards d’informations. En 2040, il y aura un million de fois plus de données dans un dossier médical qu’aujourd’hui. Les médecins vont affronter une véritable « tempête numérique » : ils devront interpréter demain des milliers de milliards d’informations quand ils ne gèrent aujourd’hui que quelques poignées de données. L’analyse complète de la biologie d’une seule tumeur représente, par exemple, 20.000 milliards de données. On découvre 100.000 nouvelles mutations génétiques chaque jour. Dans le génome de chacun de nous, il existe en moyenne 2 millions de mutations par rapport au génome de référence. On connaît déjà 200 millions de single nucleotide polymorphisms (SNPs), qui sont les positions de notre ADN pouvant faire l’objet d’une variation chez tout un chacun et potentiellement responsable d’effets cliniques.
Et il porte l'estocade finale :
Dans ce contexte, refuser la médecine basée sur les preuves et les statistiques est suicidaire. Si ma profession ne se ressaisit pas rapidement, nous allons devenir des sous-médecins. Le retour à la médecine de 1970 est voué à l’échec : personne n’acceptera en 2030 de devoir passer par son cancérologue travaillant à l’intuition et refusant les statistiques avec 50 % seulement de chance de survie pour son enfant leucémique si l’IA de Google, Alibaba ou Amazon apporte 95 % de taux de guérison.
Bien que je ne sois pas totalement persuadé qu'en 2030 (dans dix ans) les GAFA pourront nous soigner mieux que ne le ferait un médecin, je pense qu'il n'a pas tort (encore !) et que tôt ou tard les robots, quelle que soit leur forme et leur aspect physique ou immatériel, seront capables d'effectuer des diagnostics très corrects et de proposer les meilleurs médicaments disponibles sur le marché.

En fin de compte Didier Raoult est un dinosaure de la médecine qui n'a pas compris qu'une météorite était en train de s'abattre sur lui dans le dessein (intelligent ?) de le faire disparaitre. Mais comme ce n'est pas pour tout de suite et qu'il est plus proche de la retraite que du jardin d'enfant il devrait s'en remettre sans trop de problème.

A titre de bonus je vous offre la vidéo, proposée par Laurent Alexandre dans son article, d'un jeune médecin qui nous narre sept histoires d'essais cliniques ayant prouvé que l'intuition pouvait avoir des effets néfastes au point de causer parfois autant de morts que la guerre du Vietnam :


Le genre de vidéo dont pourraient s'inspirer des gens comme Benoit Rittaud qui en profiterait pour améliorer la forme de ses interventions ennuyantes (ou ennuyeuses) ainsi que Philippe Catier qui en tirerait quelques leçons pouvant lui servir dans son métier de médecin-dépeceur. On apprendra dans cette vidéo dynamique où pas une seule seconde n'est perdue en blabla inutile que les essais cliniques ont une utilité que même de grands professeurs (surtout à barbe blanche) n'ont toujours pas comprise.

Un grand merci donc à Laurent Alexandre qui remonte (un peu) dans mon estime, à charge pour lui de ne pas gâcher ce beau travail d'analyse avec de futures élucubrations dont il semble avoir le secret.