vendredi 27 décembre 2019

Willis Eschenbach joue avec les courbes et avec ses lecteurs

Willis Eschenbach est un gros malin qui a tout compris, pour tromper facilement les lecteurs du site de pseudo-science WUWT il leur balance des courbes censées leur prouver ce qu'ils ont envie de croire, et ça marche super bien.

Dans Wet Years, Dry Years (Années humides, années sèches) il veut faire gober à qui est assez naïf pour le croire que
As you might expect, the worst droughts were in the 1930s, the time of the “Dust Bowl”. There were also droughts in the 1950s, although somewhat smaller and shorter.

Then for about thirty years, from 1970 to 2000, times were generally wetter … followed by drier times up to 2010, and wetter times since then.
Comme on peut s'y attendre, les pires sécheresses ont eu lieu dans les années 1930, à l'époque du " Dust Bowl ". Il y a également eu des sécheresses dans les années 1950, bien qu'elles aient été un peu plus petites et plus courtes.

Puis, pendant une trentaine d'années, de 1970 à 2000, les périodes ont été généralement plus humides... suivies de périodes plus sèches jusqu'en 2010, et de périodes plus humides depuis.
A l'appui de ses dires il nous montre ce graphique :
Indice mensuel de gravité de la sécheresse de Palmer pour la partie continentale des États-Unis, 1895-2019. Au-dessus de la ligne pointillée, la sécheresse est plus importante, en dessous, elle est plus humide.

Comme il nous l'explique il a inversé (ce qu'il n'avait nul besoin de faire au passage puisqu'on aurait quand même compris) l'axe des Y afin de montrer les périodes de sècheresse « au-dessus » ; en effet, l'indice PDSI mesure la sècheresse avec cette particularité qui est que plus il est bas et plus la sècheresse est sévère ; c'est contre-intuitif mais c'est ainsi, et c'est pour cela que l'ami Willis a inversé l'axe des Y, il sait que les lecteurs de WUWT sont plutôt cons et qu'il vaut mieux leur montrer un graphique qui leur parle, eux qui sont habitués depuis leur enfance aux dessins animés de Disney et à qui il faut tout expliquer avec de jolies images qui ne les traumatisent pas trop.

Bien évidemment comme vous vous en doutez un peu il y a un loup (comme chez Disney) et heureusement que la brigade anti fake news veille au grain en la personne de Tamino qui, dans The West Burns and the East Drowns … so it averages out, right? (L'Ouest brûle et l'Est se noie ... donc ça fait une moyenne, non ?), met les pendules à l'heure en expliquant le truc grossier employé par le bonimenteur professionnel qu'est Willis Eschenbach.

Tout d'abord Tamino reprend les données utilisées par Eschenbach pour construire son propre graphique, juste au cas où...
Graphique de Tamino avec la même inversion de l'axe des Y afin de coller sur celui d'Eschenbach.

Jusque là pas de problème, les deux graphiques semblent identiques même s'ils n'ont pas tout à fait la même apparence, celui de Tamino faisant plus professionnel (Tamino n'est pas un personnage de Disney, lui)

Mais là où ça se gâte, pour Eschenbach bien sûr, c'est quand Tamino dévoile le pot aux roses avec deux autre graphiques, l'un concernant les Etats-Unis de l'Ouest, l'autre la partie centrale du pays :
Indice PDSI pour l'ouest du pays.
Indice PDSI pour la partie centrale du pays.

Et là tout s'éclaire, l'ouest montre une tendance très nette à l'augmentation de la sècheresse au cours du temps alors que le centre dégringole, ce qui est la marque de davantage d'humidité et donc de pluies et donc...d'inondations !

Sur le graphique global la tendance était jugée, tant par Eschenbach que par Tamino, non sigificative ; voici ce que chacun écrivait :
  • Eschenbach : overall there is a very slight and not statistically significant linear trend toward a bit more wetness.
    • dans l'ensemble, il y a une tendance linéaire très légère et non statistiquement significative vers un peu plus d'humidité.
  • Tamino : I […] put in a trend line (which is not “statistically significant”).
    • J'ai [...] mis une ligne de tendance (qui n'est pas "statistiquement significative").
Par contre pour ce qui est des deux graphiques montrant l'ouest et le centre, Tamino nous précise :
  • pour l'ouest : The result is “statistically significant” (although the trend isn’t really a straight line). Any way you look at it, increase in droughts, statistically significant.
    • Le résultat est " statistiquement significatif " (bien que la tendance ne soit pas vraiment une ligne droite). De toute façon, l'augmentation des sécheresses est statistiquement significative.
  • pour le centre : PDSI and a lot of evidence tell us increase in wet periods, statistically significant.
    • Le PDSI et de nombreuses preuves nous indiquent une augmentation des périodes humides, statistiquement significative.
Cela confirme l'« adage » climatique selon lequel avec le réchauffement climatique les zones déjà sèches seront encore plus sèches et les zones humides seront encore plus humides ; faire la moyenne de l'ensemble n'a pas vraiment de sens, sauf à vouloir abuser son public avec des courbes venant de la NOAA et donc supposées être sérieuses, ce qu'elles sont quand on ne leur fait pas dire n'importe quoi.

Dans le même style de tromperie sur la marchandise nous avons la môme Jo Nova déjà évoquée pas plus tard qu'hier qui, dans Climate change and bushfires — More rain, the same droughts, no trend, no science (Changements climatiques et feux de brousse - Plus de pluie, les mêmes sécheresses, aucune tendance, aucune science), nous dit le plus sérieusement du monde :
The most important weather factor is rain, not an extra 1 degree of warmth.
Le facteur météorologique le plus important est la pluie, et non un degré de chaleur supplémentaire.
Jo Nova aurait dû jouer dans Le Père Noël est une ordure, Thierry Lhermitte lui aurait répondu ceci :
C'est c'la oui...

jeudi 26 décembre 2019

L'Australie du réel et l'Australie du déni

Les années se suivent et se ressemblent, mais en pire !

Il y a presque un an, en janvier de cette année, dans L'Australie, ou ce qui nous attend ?, avec un point d'interrogation que l'on pourrait aisément remplacer par un point d'exclamation, je faisais état des nombreux records de température qui étaient alors tombés comme des mouches, mais en cette fin d'année 2019 on nous parle encore de records battus pour l'été austral dans cette partie du monde qui semble si éloignée de nous.

Le dernier rapport du Climate Council mis en place en Australie est sans ambiguïté, on peut y lire, concernant les vagues de chaleurs (pages 10 et 11) :
  1. Le nombre de jours de canicule augmente ;
  2. Les canicules sont plus fréquentes ;
  3. La durée de la plus longue canicule annuelle augmente ;
  4. La première canicule de la saison se produit plus tôt ;
  5. Le jour le plus chaud d'une canicule est de plus en plus chaud.
A l'appui de ces quelques informations un tableau nous est présenté page 12 :
r de chaleur excessive (Nairn et Fawcett 2013 ; Perkins et Alexander 2013). Toutes les statistiques sont arrondies au nombre entier le plus proche. La première colonne pour chaque caractéristique est pour la période 1950-1980 et la deuxième pour la période 1981-2011. Les variations de l'intensité moyenne et de l'intensité de pointe sont calculées en comparant les moyennes respectives des périodes 1950-1980 et 1981-2011. Les changements dans le calendrier sont calculés en soustrayant la date de début moyenne pendant la période 1981-2011 de celle de 1950-1980. Source : Conseil climatique 2014
 Le nombre moyen de jours de canicule, le nombre d'événements, la durée de l'événement le plus long, l'intensité moyenne de la canicule, l'intensité moyenne de la journée de pointe de la canicule et le changement dans le calendrier de la première canicule d'été pour les capitales australiennes (Perkins et Alexander 2013). Les statistiques ont été calculées à partir de l'ensemble de données de température de haute qualité ACORN-SAT pour la période 1951-2011 (Trewin 2013), en utilisant la définition du facteur de chaleur excessive (Nairn et Fawcett 2013 ; Perkins et Alexander 2013). Toutes les statistiques sont arrondies au nombre entier le plus proche. La première colonne pour chaque caractéristique est pour la période 1950-1980 et la deuxième pour la période 1981-2011. Les variations de l'intensité moyenne et de l'intensité de pointe sont calculées en comparant les moyennes respectives des périodes 1950-1980 et 1981-2011. Les changements dans le calendrier sont calculés en soustrayant la date de début moyenne pendant la période 1981-2011 de celle de 1950-1980. Source : Conseil climatique 2014

Bref quasiment tous les voyants sont au rouge ; il n'y a guère qu'à Hobart que l'on décèle une baisse dans l'intensité moyenne des canicules avec -1,5°C, partout ailleurs la température moyenne des canicules a augmenté, sauf à Darwin et à Canberra où elle est restée stable ; par contre pour l'intensité moyenne du jour le plus chaud il n'y a pas photo, cela va de +1 à +4,3°C ! Quant au premier événement caniculaire, il apparait partout plus tôt dans la saison sauf à Perth avec un petit retard de 3 jours alors qu'à Melbourne c'est 17 jours en avance !


On dit bien qu'il vaut toujours mieux prévenir que guérir, car le processus de guérison coûte davantage que celui de prévention, c'est ce que nous dit en substance l'article intitulé The growing risk of natural perils: preemptive action needed (Le risque croissant de périls naturels : une action préventive s'impose) :
Spatial data shows much of the Australian population is at risk of natural perils such as bushfires, floods, storms and tropical cyclones. Without preemptive action, these risks will continue to impact our economies, damage our homes and put lives at risk.
Les données spatiales montrent qu'une grande partie de la population australienne est exposée à des périls naturels tels que les feux de brousse, les inondations, les tempêtes et les cyclones tropicaux. Sans action préventive, ces risques continueront à avoir un impact sur nos économies, à endommager nos maisons et à mettre des vies en danger.
C'est limpide comme de l'eau de roche, et si cela ne suffit pas on nous met les points sur les i :
As a general rule, one dollar spent on mitigation can save at least two dollars in recovery costs. The Australian Government spend on mitigation measures is equivalent to three per cent of what it spends on recovery and rebuilding efforts.
En règle générale, un dollar consacré à l'atténuation peut permettre d'économiser au moins deux dollars en frais de recouvrement. Les dépenses du Gouvernement australien pour les mesures d'atténuation équivalent à 3 % de ce qu'il dépense pour les efforts de relèvement et de reconstruction.
Mais ce qui parait clair à tout être humain doté d'un cerveau en état normal de marche ne semble pas l'être pour certaines personnes qui se laissent influencer par d'excellents communicants comme Jo Nova, la blogueuse payée par l'industrie locale du charbon pour essayer de faire croire à la population que l'avenir est dans l'anthracite ; dans ABC, Climate experts do damage control on 1896 heatwave story, can’t say why, but they “know” it was cooler. Faith! elle nous parle même de foi (faith) en attribuant celle-ci aux scientifiques qui nous disent que les canicules d'aujourd'hui sont bien plus chaudes que celles des neiges d'antan !

Notre blogueuse de charme nous remémore un vieil article de 2012 dans lequel elle assurait que la canicule...de 1896 avait été bien plus mortelle (437 morts, pensez donc !) que celles que nous connaissons actuellement, faisant fi de tous les progrès accomplis dans son pays en matière de prévention et de gestion des risques, sans compter la climatisation présente dans quasiment toutes les habitations, un outil qu'auraient bien aimé avoir ses ancêtres du 19ème siècle.

Ceux qui me lisent régulièrement se rappelleront certainement mon article de juillet, La station baladeuse de Météo France, dans lequel ressortait à la surface un vieux papier australien d'août 1930 faisant état de températures record en France, pas moins de 38°C à Paris et 50°C dans la Loire !

Le 28 aout 1930 près de 38°C (100°F) à Paris et 50°C (122°F) dans la Loire (source AndyOz)

Le 28 août 1930 122°F dans la Loire, soit 50°C (source paperspast.natlib)


Un de mes lecteurs m'avait à cette occasion fourni une information nous permettant de relativiser l'importance des températures reprises sans trop de discernement par le journal australien de l'époque :
octal2 juillet 2019 à 21:35

Sinon, au lieu d'aller chercher des unes australiennes de l'époque, voici ce qu'en disait les journaux locaux, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7629522h.item
Le 28 août 1930 34°C à l'ombre à Paris (source gallica.bnf)

Si l'on résume, pour les Australiens il a fait 38°C (100°F) à Paris mais seulement 34°C à l'ombre dans la presse française !

De là à dire que les Australiens de 1930 racontaient un peu n'importe quoi il y a un petit pas que je franchis allègrement (après tout nous sommes en période de fête, non ?), alors imaginez un peu les Australiens de 1896, ceux-là mêmes dont Jo Nova reprend les informations, et vous aurez une bonne idée du sérieux avec lequel on peut prendre ce qu'elle nous raconte comme histoires.

Météo France avait d'ailleurs réagi suite aux fake news propagées en juillet :
On parle de températures élevées jusqu'à 50°C le 28 août 1930 dans des coupures de presse. À cette date, Météo-France disposait de données fiables et mesurées dans de bonnes conditions. Ce jour-là, la température la plus élevée mesurée par nos stations est de 37°C au Cap Ferret. A Lyon, on a atteint 32,8°C. Des températures nettement au-dessus des normales, qui restent toutefois très loin des 50°C annoncés.
Mais Météo France n'est pas le seul organisme public ayant un peu plus de crédibilité sur le sujet qu'une jolie blogueuse appointée par les charbonniers de son pays, le BOM (Australian Bureau of Meteorology) livre des informations sérieuses remontant à 1910 seulement, soit 14 ans après la canicule « exceptionnelle » de 1896, car avant 1910 les données n'étaient tout simplement...pas fiables !
The dataset employs the peer-reviewed and published data analysis techniques and takes advantage of 100 years of digitised observational data to provide a daily record of Australian temperatures since 1910. 
L'ensemble de données utilise des techniques d'analyse de données révisées par des pairs et publiées et tire profit de 100 ans de données d'observation numérisées pour fournir un enregistrement quotidien des températures australiennes depuis 1910.
The data is comparable through time, making adjustments for historic changes in observing practices and observing locations, which enable climates researchers to better understand long-term changes in monthly and seasonal climate, as well as changes in day-to-day weather, such as the frequency of heat and cold extremes.
Les données sont comparables dans le temps, en faisant des ajustements pour les changements historiques dans les pratiques d'observation et les lieux d'observation, ce qui permet aux chercheurs en climatologie de mieux comprendre les changements à long terme du climat mensuel et saisonnier, ainsi que les changements dans les conditions météorologiques quotidiennes, comme la fréquence des extrêmes de chaleur et de froid.
Importantly, each of the datasets described […], including ACORN-SAT version 2, show a consistent picture of warming temperatures for Australia over the past 110 years, with most of the warming occurring since the middle of the 20th century, and good agreement between the datasets over that period.
Il est important de noter que chacun des ensembles de données décrits [...], y compris la version 2 d'ACORN-SAT, donne une image cohérente du réchauffement des températures en Australie au cours des 110 dernières années, la plus grande partie du réchauffement ayant eu lieu depuis le milieu du 20e siècle, et que les ensembles de données concordent bien pour cette période.
Le site du BOM fournit la courbe des températures pour l'Australie depuis 1910 :
Anomalies de la température moyenne annuelle pour l'Australie (rouge) avec une moyenne sur 10 ans (gris clair). Les écarts sont par rapport à la moyenne de 1961-1990. (source bom.gov)

En regardant ce graphique il est difficile de s'imaginer qu'en 1896 il ait pu y avoir une canicule plus importante que celles que nous connaissons depuis quelques années dans ce pays, en effet l'importance d'une vague de chaleur est quand même un peu corrélée à la température moyenne au cours de l'année, or avec plus d'un degré de différence (sur la moyenne calculée sur 10 ans) on voit mal comment cela se pourrait.

L'explication la plus plausible est bien sûr la plus simple, les mesures effectuées avant 1910 n'étaient pas dignes de confiance, et même celles reportées en 1930, on l'a vu, étaient ridiculement erronées, on comprend alors bien mieux pourquoi le BOM a dû se livrer à des ajustements sur les données brutes.

Il y a aussi l'explication climato-sceptico-dénialiste à la mode Jo Nova, qui consiste à faire croire que les scientifiques du BOM soit n'y connaissent rien et font n'importe quoi, soit manipulent les données pour montrer un réchauffement qui selon elle n'existerait pas.

Le plus grave (ou le plus comique si l'on veut) n'est pas que Jo Nova affirme de telles choses, c'est plutôt qu'il y ait de gros benêts pour avaler les salades qu'elle leur vend avec il faut l'avouer un talent certain.

Jo Nova, la vérité les yeux dans les yeux.


jeudi 19 décembre 2019

Follow the money et vous comprendrez à peu près tout

Voici la traduction d'un article intitulé Follow the Money to Understand Denial, From Think Tanks To Universities to the Federal Government ; je pense important de porter à la connaissance des lecteurs francophones ce genre d'information afin de leur montrer que les âneries proférées ici ou là concernant le réchauffement climatique ne sortent pas vraiment du chapeau d'un habile prestidigitateur comme on pourrait le croire de premier abord mais ont une origine plutôt triviale ayant un rapport avec ce que l'on nomme des espèces sonnantes et trébuchantes en provenance d'outre-Atlantique.


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Suivez l'argent pour comprendre le déni. Des groupes de réflexion aux universités en passant par le gouvernement fédéral


Les nouvelles d'hier selon lesquelles Bob "mange-merde" Murray, qui a fait faillite, a financé diverses organisations de lutte contre le changement climatique alors que sa compagnie de charbon faisait faillite, n'ont rien de surprenant. Mais c'était tout de même une confirmation importante que des gens comme Chris Horner n'attaquent pas les climatologues gratuitement ou pour le plaisir, mais dans le cadre d'une stratégie concertée sur les énergies fossiles pour protéger les intérêts des donateurs.

Un autre élément clé de cette stratégie est la dépense de 2 millions de dollars de l'Independent Petroleum Association of America pour l'Energy in Depth au cours des deux dernières années, que HuffPo a révélé hier. EiD est une boutique de propagande déguisée en blog d'information, qui crée un contenu résolument pro-pétrole au profit de ses bailleurs de fonds, comme Shell, BP, Chevron et Halliburton.

L'une des choses que EiD et Chris Horner ont en commun, outre le fait que leurs poches dégoulinent d'argent sale, est leur antagonisme envers les efforts de contentieux climatique, ce qui est peut-être plus facilement compris en lisant un récent article d'opinion dans le Washington Examiner. L'article, écrit par Steve Milloy, rassemble les points de discussion défensifs de l'EiD et les attaques de Chris Horner contre la philanthropie de Michael Bloomberg qui soutient les procureurs généraux des États. Il n'est pas surprenant que Milloy se soit fait l'écho de l'approche de Horner, étant donné que les efforts des deux hommes pour protéger les pollueurs remontent à leur travail commun sur la règlementation de censure scientifique au nom de l'industrie du tabac, que l'EPA est toujours en train d'examiner.

Mais bien sûr, l'EPA n'est pas le seul endroit au sein du gouvernement fédéral de M. Trump où les pollueurs exercent une influence indue. Une nouvelle analyse du Center for Western Priorities montre que l'ancien groupe de pression du chef du ministère de l'Intérieur David Bernhardt, Brownstein Hyatt Farber Schreck, a intensifié ses efforts de lutte contre le DOI [Department of Interior] dès que son employé a commencé à diriger l'agence, avec une augmentation incroyable de 310 % des revenus. Après la nomination de M. Bernhardt, son ancien employeur a recruté 19 nouveaux clients qui voulaient qu'ils fassent du lobbying auprès du DOI, et le cabinet a fait près de 12 millions de dollars de lobbying auprès de l'agence.

Sur les 36 clients au nom desquels les lobbies exercent des pressions, 24 ont vu leurs intérêts défendus par le Ministère. L'analyse comprend cinq études de cas, avec des détails sur la façon dont le ministère a accédé aux demandes des entreprises qui ont embauché Brownstein Hyatt Farber Schreck, pour conclure avec une entreprise qui a reçu 3,84 millions de dollars de fonds publics après un effort de lobbying de 390 000 $.

Malheureusement, le niveau de divulgation exigé par les lobbyistes n'est guère la norme, de sorte que les luttes se poursuivent ailleurs pour révéler des dons douteux. Par exemple, la Cour suprême de Virginie a statué cette semaine que la fondation de l'Université George Mason n'a pas à fournir de dossiers concernant les dons qu'elle a reçus des organisations caritatives de Koch, ce qui permet au Centre Mercatus de l'école de continuer à pomper des travaux " académiques " approuvés par Koch qui justifient des politiques économiques favorables à Koch.

Ainsi, qu'il s'agisse d'économistes anti-réglementation financés par les Koch, d'administrateurs anti-réglementation à la tête d'agences fédérales, de blogs et de communiqués de presse anti-réglementation ou de groupes de réflexion et d'avocats anti-réglementation, il est clair que l'argent est à la base de tous ces maux.

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Bref, la machine à décerveler nos petits frenchies (Benoit Rittaud et François Gervais entre autres, ainsi que tous leurs suiveurs et adorateurs qui animent quelques sites périphériques) est très bien expliquée ; cette machine est alimentée par un carburant que l'on peut facilement trouver dans un distributeur de billets, sauf que là il s'agit de sommes hors de portée d'un individu lambda.

Pour avoir une petite idée des sommes en jeu, Greenpeace nous aide avec quelques chiffres (datant d'il y a 3 ans) :
Top donateurs :
Top destinataires :
Tout cela fait de l'argent, beaucoup plus que nos climato-rigolos locaux ne pourront jamais brasser de leur vie, eux ils se contentent de suivre le mouvement en écrivant des bouquins qu'il arrivent à vendre aux gogos qu'ils réussissent à prendre dans leurs filets ; un exemple parmi tant d'autres :
4598. micfa | 19/12/2019 @ 18:20

Michel Le Rouméliote (#4597),
Actuellement, la banquise Arctique est plus étendue qu’en 2018, 2017, 2016, 2010, 2007, et même 2006 à la même date (données nsidc), pas étonnant que ceux qui s’y promènent soient givrés.
Le dénommé micfa devrait penser à refermer la porte de son congélateur, manifestement cela perturbe fortement son entendement :
Etendue de la banquise arctique (source ads.nipr.ac)

 « Actuellement » la banquise arctique (avec un a minuscule) est donc en deuxième position derrière 2016 ; quant à 2006...
Etendue de la banquise arctique par années (source ads.nipr.ac)
2006 semblait à la même époque se trouver au coude à coude avec 2012, soit un chouia plus étendue qu'en 2019.

La réalité est parfois tellement dérangeante que certains préfèrent se laisser bercer d'illusions, illusions savamment entretenues par les marchands de sable professionnels dont nous connaissons parfaitement les sources de financement.



mardi 17 décembre 2019

L'année Poulidor

Pour ceux de mes lecteurs qui se demanderaient ce que vient faite Poulidor dans ce billet je me dois en introduction de donner une brève explication.

Raymond Poulidor est un coureur cycliste récemment décédé ; durant toute sa longue carrière il a gagné de nombreuses courses mais n'a jamais endossé le maillot jaune du Tour de France ! Il a à chaque fois été surpassé par plus fort que lui durant cette course mythique à laquelle il a participé de 1962 à 1976 en obtenant la bagatelle de 8 podiums dont … trois deuxièmes places ! C'est uniquement pour cette raison qu'il a été qualifié d'« éternel second », mais cela ne concernait que cette course-là.

Vous comprendrez mieux maintenant le titre de ce billet à la lecture d'un article de la NOAA intitulé November 2019 was 2nd hottest on record for the planet (Novembre 2019 a été le 2e mois le plus chaud de l'histoire de la planète)

Ainsi nous apprenons que novembre 2019 fut le deuxième mois le moins froid (pour reprendre l'expression du climato-créationniste Roy Spencer) depuis le début des mesures instrumentales qui datent d'il y a 140 ans.

Mais ce n'est pas tout.

La saison qui vient de se terminer, l'automne météorologique qui va de septembre à novembre inclus, fut également la deuxième la moins fraiche !

Mais ce n'est pas tout.

L'année « à date », c'est-à-dire allant du 1er janvier au 30 novembre, fut aussi la deuxième la moins frisquette en 2019 !

Mais ce n'est pas tout.

L'état de la banquise globale, Arctique et Antarctique confondus (sic), représente de même à la fin du mois de novembre la deuxième extension minimale après 2016 !

Par contre novembre fut, le croirez-vous, le mois le plus chaud jamais enregistré en Amérique du Sud, en Afrique et dans les iles Hawaï ! Mais Poulidor est de retour avec les Caraïbes qui ont enregistré le deuxième mois le moins glacé de leur histoire instrumentale ; quant à l'Europe elle fait piètre figure avec sa septième place, même pas sur le podium.

Mais ce n'est pas tout (qu'est-ce que vous vous imaginez ?)

Les océans arrivent, devinez quoi, non quand même pas, mais oui, à la deuxième place pour ce qui est de leur température de surface, comme si Poulidor avait fait du pédalo durant toute sa carrière sportive !

Un petit résumé s'impose après toutes ces révélations qui en laisseront très probablement sceptiques plus d'un qui ne connait rien au cyclisme et ne sait même pas qui était Poulidor :
  • Novembre 2019 : +0,92°C par rapport à la moyenne du 20ème siècle, derrière 2015 ;
    • les 5 mois de novembre les plus chauds ont été enregistrés depuis 2013 ;
    • pour la surface des océans seulement, novembre 2019 arrive également en deuxième position avec +0,77°C, juste derrière 2015 ;
  • Année « à date » de janvier à novembre 2019 : +0,94°C, derrière 2016 ;
  • Saison automne (printemps dans l'hémisphère sud) 2019 : +0,94°C, derrière 2015 ;
  • Etendue globale des banquises : 
    • pour l'Arctique : -12,8% sous la moyenne 1981-2010 ;
    • pour l'Antarctique : -6,35% sous la même moyenne.
  • Année « à date » pour les océans : 0,05°C moins chaud que la même période en 2016.

En ce qui concerne l'état des banquises j'ai voulu vérifier par moi-même leur étendue à la date d'aujourd'hui, la voici :
Etendue des banquises arctique et antarctique (source ads.nipr.ac)

Nous en sommes donc à 20,66 millions de kilomètres carrés pour 2019, côte à côte avec 2017 et assez loin derrière 2016 et ses 19,09m.

Le rapport complet de la NOAA est disponible ici.



lundi 16 décembre 2019

Grégoire Canlorbe se fait tailler un costume sur mesure sur WUWT

Nous avions déjà vu que le calamiteux Jean-Pierre Bardinet s'était fait éparpiller façon puzzle par Willis Eschenbach quand il avait voulu présenter là-bas ses fumeuses contrevérités qui ne dérangent pas grand monde (voir Jean-Pierre Bardinet, le VRP du climato-scepticisme), c'est aujourd'hui au tour du petit blanc qui monte du côté extrême de la droite, j'ai nommé Grégoire Canlorbe dont nous avions pu juger dans Antisémitisme chez Anthony Watts... à quel point il sentait le ranci, de se faire dézinguer en bonne et due forme.

Dans A conversation with Susan J. Crockford—for Association des climato-réalistes il s'entretien avec Susan Crockford, l'autoproclamée spécialiste ès ours polaires ; on les voit tous deux attablés lors d'une conférence d'envergure internationale :
Susan Crockford, la maman des bisounours bipolaires, en compagnie de Grégoire Canlorbe.

Un passage a fait tiquer un des lecteurs du site :
Aaron Watters
December 16, 2019 at 6:55 am

“””Grégoire Canlorbe: It seems that the colder winters encountered in Europe and Asia (with respect to those existing in Africa) have led natural selection to play in favor of high intelligence—and high K strategy—in Europeans and a fortiori East-Asians. Is such hypothesis plausible also in the case of polar bears and other artic species?”””

Big red racism flag flapping in the breeze. Too bad this has to be mixed up with Dr. Crockford’s interesting comments. I wish she had called it out.
"Grégoire Canlorbe : Il semble que les hivers plus froids rencontrés en Europe et en Asie (par rapport à ceux existant en Afrique) ont conduit la sélection naturelle à jouer en faveur de la haute intelligence - et de la stratégie du haut K - en Europe et a fortiori en Asie orientale. Une telle hypothèse est-elle plausible aussi dans le cas des ours polaires et d'autres espèces artiques ?

Un gros drapeau rouge raciste qui flotte dans la brise. Dommage que cela doive être mélangé avec les commentaires intéressants du Dr Crockford. J'aurais aimé qu'elle le signale.
Il surenchérit plus loin :
Aaron Watters
December 16, 2019 at 7:19 am

A little background research reveals the interviewer is a creep of the first order:

http://gregoirecanlorbe.com/tag/white-genocide

Please don’t lend credibility to that guy. Maybe Mr Monckton could or someone like that could interview Dr. Crockford.
Une petite recherche de fond révèle que l'intervieweur est un salaud du premier ordre :

http://gregoirecanlorbe.com/tag/white-genocide

S'il vous plaît, n'accordez pas de crédibilité à ce type. Peut-être que M. Monckton ou quelqu'un comme lui pourrait interviewer le Dr Crockford.
Bon le dénommé Aaron Watters n'est pas plus perspicace que ça puisqu'il apporte du crédit à des gens comme Monckton ou Crockford, ce qui en dit long sur sa naïveté (pour rester poli), cependant il a quand même flairé la mauvaise affaire avec ce petit jeune collaborateur (ça lui va bien comme qualificatif, non ?) de Henry de Lesquen qui, je le rappelle, est l'auteur de ces magnifiques sorties toutes en délicatesse :
La musique nègre stimule les mêmes zones du cerveau que la sexualité. C’est donc une musique obscène de part en part (source streetpress)
La musique nègre s'adresse à notre cerveau reptilien et provoque un ensauvagement de la culture occidentale […] Le lundi [sur Radio Courtoisie, la radio de Jean-Marie], c'est variété française, le mardi c'est Valse, le jeudi c'est la musique militaire etc... Nous passons même de la gigue écossaise ! C'est une programmation variée qui permet de libérer la jeunesse de la musique nègre. (source nouvelobs)
On comprend mieux l'allusion du petit (dans tous les sens du terme) Canlorbe quand celui-ci fait une comparaison entre les pays européens et asiatiques d'une part, qui seraient favorisés en matière de « haute intelligence » grâce à des hivers froids, et d'autre part les pauvres Africains, qu'il n'ose quand même pas appeler des nègres (mais on sent qu'il se retient), qui seraient eux des laissés-pour-compte sur ce plan-là.

Y'a pas bon Grégoire Canlorbe (source nofi)