vendredi 12 septembre 2025

Les climatosceptiques seraient beaucoup moins nombreux que ce que vous pensez (mais ils sont très bruyants)

 Les climatosceptiques, ceux que Benoit Rittaud et sa bande appellent les climato réalistes mais que personnellement je préfère nommer climato irréalistes ou encore climato crétins, aiment à prétendre qu'ils seraient de plus en plus nombreux, et il se pourrait bien qu'en France ce soit bien le cas comme nous le disait La Bouscule en mars dernier :

Ils sont relativement âgés, ont souvent de faibles revenus, sont volontiers marqués à droite. Et ils sont de plus en plus nombreux.
Cette perception d'un climatoscepticisme en hausse en France est confirmée par Parlons Climat :
Depuis 2000, l’ADEME réalise un baromètre annuel sur le rapport des Français au climat, qui fait référence en la matière. Alors que la part de climatosceptiques était contenue entre 18% et 22% entre 2020 et 2022, ce chiffre a bondi à 35% en 2023.
Mais un gros bémol est ajouté :
Cette absence de standard occasionne aujourd’hui des variations de résultats notables entre les principaux sondages d’opinion.
Ce sentiment est partagé par d'autres sources (Assiste-t-on vraiment à une montée du climatoscepticisme en France ?, Les Français sont de plus en plus climatosceptiques selon l’Ademe, ) et pourrait venir d'un rejet idéologique de la part de la droite vis à vis du mouvement politique des écologistes...

Il existe pourtant des études tendant à faire accroire que le climatoscepticisme serait en hausse y compris dans le monde entier, comme nous en informait par exemple LeJournal.info en 2023 :
L’étude d’une ampleur inédite a été menée par l’Obs’COP 2022, observatoire international climat et opinions publiques (EDF) sur 30 pays représentant 2/3 de la population mondiale.
L’inflation est la préoccupation n° 1 : en Amérique du Nord, en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique
En 4ème position, l’environnement reste une préoccupation importante pour 40% de la population mondiale
Pour autant, le climatoscepticisme progresse à l’échelle mondiale
Mais est-ce bien le cas ?

Une étude récente révélée par Phys Org nous donne des clés pour comprendre que cette impression de hausse du climatoscepticisme dans la population ne serait en fait qu'une illusion.


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Les sentiments pro-climat sont plus répandus que vous ne le pensez

par l'Association pour la psychologie scientifique
Édité par Gaby Clark, revu et corrigé par Andrew Zinin


Les bandes de couleur représentent les tendances de la température mondiale de 1850 à 2024. Avec l'aimable autorisation de Climate Central. Crédit : Climate Central

Alors que Sandra Geiger participait à une conférence en tant que doctorante, l'orateur principal a posé une question au public : Selon vous, quel est le pourcentage de personnes sceptiques à l'égard du changement climatique ? Certains ont répondu 30 %. D'autres ont répondu 50 %. Mais le chiffre réel révélé plus tard dans la présentation était beaucoup plus bas, environ 5 %.

"Et cela m'a vraiment marqué, cette énorme erreur de perception", a déclaré Geiger, qui est aujourd'hui chercheur postdoctoral à l'université de Princeton. Ce phénomène, qui se produit lorsque des groupes ont systématiquement une perception erronée des croyances des autres, est appelé ignorance pluraliste. Une étude l'a mis en évidence dans le cas du changement climatique en Australie, où les gens surestimaient le nombre de climato-sceptiques dans le pays. Mais on ne savait pas si cette perception erronée était plus répandue.

C'est pourquoi, lorsqu'elle était étudiante à l'université de Vienne, Mme Geiger a décidé de consacrer sa thèse à ce sujet. Les résultats, récemment publiés dans Psychological Science, montrent que l'ignorance pluraliste des croyances en matière de changement climatique existe dans de nombreux pays du monde. Mme Geiger et ses collègues ont également cherché à comprendre s'il existait des moyens d'atténuer ces perceptions erronées et si cela pouvait inciter les gens à devenir plus actifs et à s'exprimer davantage sur les questions climatiques.

"L'idée de l'ignorance pluraliste est très importante", a déclaré Stephan Lewandowsky, psychologue à l'université de Bristol, qui n'a pas participé à l'étude. "Elle a des conséquences en aval : si les gens pensent que les sceptiques du changement climatique sont plus nombreux, cette position a une plus grande emprise sur la société.

Pour comprendre l'étendue de l'ignorance pluraliste en matière de changement climatique, Mme Geiger et ses collègues ont recueilli les réponses de plus de 3 500 participants à une enquête en ligne dans 11 pays différents. Les pays ont été systématiquement choisis pour l'étude afin de constituer un échantillon mondial large et varié, a expliqué Mme Geiger. Les pays sélectionnés diffèrent par leur géographie, la proportion de leur population qui croit au changement climatique, la rigueur de leurs normes sociales et leur sous-représentation dans la recherche en psychologie.

L'enquête administrée commençait par deux questions : L'une d'entre elles évaluait les propres convictions des participants en matière de changement climatique, à savoir s'ils pensaient que le changement climatique était en train de se produire et s'il était d'origine humaine. L'enquête demandait également aux participants d'indiquer ce qu'ils pensaient des autres : Combien de personnes dans leur pays croyaient-elles au changement climatique ? Et dans quelle mesure ces personnes pensaient-elles que le changement climatique était d'origine humaine ?

Ce faisant, les chercheurs ont constaté que, bien que la plupart des gens reconnaissent que le changement climatique est en cours et qu'il est dû à l'action de l'homme, les gens sous-estiment encore les sentiments pro-climat dans leur pays. Par exemple, le Brésil présentait l'un des écarts de perception les plus importants, avec une différence de 20,8 % entre le nombre de participants qui croyaient au changement climatique d'origine humaine et leur perception de ce que les autres croyaient. Les écarts sont constants d'un pays à l'autre, l'Indonésie présentant l'écart le plus faible (7,5 %).

"Ce qui m'a surpris, c'est que ces perceptions erronées sont si répandues. Elles sont présentes dans tous les pays que nous avons testés", a déclaré M. Geiger.

Dans la deuxième partie de l'enquête, les chercheurs ont mis en œuvre une intervention visant à combler ces écarts de perception : ils ont exposé les participants à une opinion publique représentative des points de vue sur le changement climatique dans leurs pays respectifs. Une fois que les participants ont reçu ces informations, Geiger et ses collègues ont mesuré s'ils étaient davantage disposés à adopter un mode de vie plus écologique, à soutenir les politiques climatiques ou à exprimer leurs opinions sur le changement climatique. L'étude a toutefois révélé que cette stratégie n'était pas très efficace.

Selon M. Geiger, les recherches futures pourraient porter sur les types de messages susceptibles de corriger les idées fausses et d'inciter à l'action. Des études antérieures ont montré que la communication du consensus entre les scientifiques du climat peut faire changer d'avis le public dans une faible mesure. Il faudra également poursuivre les travaux pour déterminer quelles sont les idées fausses les plus préjudiciables et les plus importantes à corriger.

Quoi qu'il en soit, prendre la parole et exprimer son opinion, même si l'on n'est pas un expert, peut être un bon début. En effet, le silence peut créer des perceptions erronées, a expliqué M. Geiger, donnant l'impression que les autres ne se soucient guère du changement climatique. Ces perceptions erronées, à leur tour, entretiennent la spirale du silence.

"Il est important que les gens s'expriment et fassent entendre leur opinion sur le sujet", a déclaré M. Geiger. Ce n'est qu'ainsi que l'on pourra briser la spirale.

Plus d'informations : Sandra J. Geiger et al, What We Think Others Think and Do About Climate Change: A Multicountry Test of Pluralistic Ignorance and Public-Consensus Messaging, Psychological Science (2025). DOI: 10.1177/09567976251335585

Informations sur le journal : Phys.org - Nature Human Behaviour  Phys.org - Nature Climate Change Phys.org - Psychological Science

Fourni par Phys.org - Association for Psychological Science


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Ainsi le fait que les gens qui sont d'accord avec le consensus scientifique sur le climat n'expriment pas clairement ce qu'ils pensent serait la cause principale de ce sentiment erroné que le climatoscepticisme serait plus important que ce qu'il est dans la réalité.

Si je prends mon cas personnel je peux constater que personne autour de moi n'a jamais parlé ouvertement de sa position en ce qui concerne le changement climatique, autrement que par de vagues considérations sur le temps qu'il fait, la météo qui se détraque, etc. Evidemment mon cas personnel n'a strictement aucune valeur scientifique, cependant je considère que c'est un indice intéressant pour la question dont ce billet est l'objet.

Il est dommage que la France n'ait pas été choisie par la chercheuse, mais on peut éventuellement regarder les données sur l'Italie, un pays qui nous est proche.

A noter, et c'est assez révélateur, pour ne pas dire éloquent, la position de l'Indonésie visible sur ce graphique :

Fig. 1. Prévalence réelle et perçue (en %) des différents types de croyances sur le changement climatique par pays.


L'Indonésie est donc, parmi les pays sélectionnés, celui chez lequel on trouve le plus de climatosceptiques ou le moins de gens en accord avec le consensus scientifique, presque à égalité avec l'Allemagne et la Chine, or le secteur énergétique en Indonésie est prépondérant et il est utile de savoir, comme nous l'apprend Wikipédia, qu'il s'agit du premier exportateur de charbon dans le monde :

L'Indonésie se classe en 2022 au 9e rang mondial pour ses réserves de charbon avec 2,8 % des réserves mondiales, et en 2024 au 3e rang des producteurs de charbon avec 9,3 % de la production mondiale, derrière la Chine et l'Inde, et au 1er rang des exportateurs de charbon avec 29,8 % des exportations mondiales.

Etonnant non ?

Et c'est en Chine, un pays largement importateur de pétrole et de gaz, mais en pointe dans les énergies renouvelables, que l'on trouve une majorité de la population partiellement en phase avec le consensus scientifique sur le changement climatique. Il est cependant bizarre que les Chinois soient ceux qui pensent majoritairement que le changement climatique est en partie d'origine humaine mais qu'ils soient les derniers, dans l'échantillon de l'étude, à dire qu'il serait "principalement" causé par les activités humaines. Allez comprendre...

Une seule étude ne risque pas de faire consensus, il en faudrait bien d'autres portant sur davantage de pays et des échantillons de population plus importants, cela dit le réchauffement de la planète se fiche comme d'une guigne que les climato crétins soient ou non en augmentation.

Panel de climatosceptiques en grande discussion sur les causes du changement climatique.


jeudi 11 septembre 2025

Bis repetita ?

 Certains disent comme Mark Twain que l'histoire ne se répète pas, elle rime, d'autres se réfèrent à Karl Marx qui aurait déclaré à peu près la même chose, à savoir que l'histoire ne se répète pas, elle bégaie, quoi qu'il en soit l'histoire aujourd'hui prend le chemin d'une rebelote ; pour peut-être finir en dix de der ?

Zapad 2021 est le sobriquet d'un exercice militaire conjoint entre la Russie et le Belarus (ou Biélorussie) qui se tint comme son nom l'indique en 2021, avant de déborder largement en 2022 avec l'agression à grande échelle de l'Ukraine le 24 février de cette année.

Beaucoup chez nous (i.e. l'occident) y ont vu un simple exercice de routine puisque se tenant régulièrement tous les 4 ans, d'autres bien moins nombreux y ont décelé les signes avant-coureurs d'une possible invasion de l'Ukraine ; parmi ces derniers on peut citer les services de renseignement américains et britanniques qui dès octobre 2021 « ont indiqué [...] la possibilité d’une intervention russe en Ukraine » ; et le 25 janvier 2022, soit un mois seulement avant l'invasion, France 24 s'interrogeait naïvement « Ukraine : Londres et Washington ont-ils raison d'être alarmistes face à Moscou ? » ; il y a encore mieux, car en 2018 (oui, en 2018 !) l'ISW (Institute for the Study of War) nous informait avec quatre ans d'avance (sur 2022) que « la Russie a déployé des troupes pour se préparer à une guerre en Ukraine et dans les Pays baltes » !

Les forces armées russes sont positionnés à l'est et au nord de la frontière ukrainienne de telle manière qu'elles pourraient lancer une offensive à grande échelle qui menacerait également les Pays baltes.

Il s'agissait alors de Zapad 2017 et la suite a montré que ce n'était qu'un simple exercice, mais à y réfléchir un instant on peut comprendre que la Russie ne s'est pas considérée comme prête à avaler non seulement l'Ukraine mais aussi les Pays baltes comme l'ISW semblait le craindre alors. Il est clair qu'on a eu affaire à ce moment-là à un essai non concluant, ce qui n'a de toute évidence pas été le cas en 2022 puisque Poutine a donc, comme chacun a pu le constater, donné son feu vert le 24 février.

Nous sommes maintenant en 2025 et 8 ans après Zapad 2017 et 4 ans après Zapad 2021 voici logiquement venu le temps de Zapad 2025.

Et nous avons tout aussi logiquement de nombreux commentateurs qui vous disent que non la Russie ne va pas envahir les Pays baltes puisqu'elle a déjà fort à faire avec l'Ukraine qu'elle n'est arrivée à conquérir que pour environ 20% de son territoire ! 

Moi je veux bien mais en 2022 on disait que Poutine n'oserait pas, et il a quand même osé. Et aujourd'hui on nous dit donc que Poutine n'oserait pas parce que soi-disant il n'en aurait pas les moyens.

Voire.

Il s'en trouve même pour nous dire que la Russie est au bord de l'effondrement économique, comme si l'économie était un facteur clé dans le fonctionnement de la Russie actuelle. Bien sûr à long terme l'économie peut provoquer l'effondrement de la Russie. A long terme. Pour l'instant l'économie de guerre mise en place par Poutine semble plutôt bien fonctionner pour les objectifs qu'il s'est fixés.

Alors si vous voulez savoir ce que j'en pense je vous dirais que ça sent le roussi, et qu'après le test grandeur nature effectué par les Russes en Pologne avec les 19 drones dont la majorité n'ont pas été abattus, Poutine, au vu des réactions, ou plutôt du manque de réactions des Européens (ne parlons même pas des Américains aux abonnés absents), peut se sentir assuré qu'en jetant ses quelques troupes en Lituanie où les attend une résistance quasi inexistante il pourra désenclaver Kaliningrad sans redouter la moindre contre-offensive autrement que verbale.

Et avec un peu de courage ou d'inconscience supplémentaire la Lettonie et l'Estonie pourraient bien faire partie du paquet cadeau aimablement fourni par une Communauté européenne n'ayant à ce jour toujours pas le moindre embryon de département de la défense capable de se lever comme un seul homme pour défendre la veuve et l'orphelin baltes.

Quant à la France et au Royaume-Uni on ne voit pas très bien leur marge de manoeuvre tellement ces deux pays sont embarrassés par leurs problèmes politiques. Tout comme les Américains et la plupart des autres pays européens, surtout ceux du sud, aucune population n'ira se faire tuer pour Dantzig, pardon, pour Riga, Tallinn ou Vilnius. Et ce n'est pas en envoyant nos maigres troupes de soldats de métier que nous repousserons plusieurs dizaines de milliers de soviétiques, pardon de Russes dont le patron, un certain Vladimir Poutine, se fiche éperdument de les envoyer à l'abattoir.


samedi 6 septembre 2025

Pourquoi la droite rejette-t-elle le progrès ? par Paul Krugman

 Paul Krugman est en principe à la retraite et n'écrit plus d'articles pour le New York Times depuis décembre 2024, ce qui ne l'empêche pas de continuer à s'exprimer, notamment dans Substack, une application hébergeant des "newsletters" ou lettres d'information en bon français.

Son dernier article publié sur cette plateforme tente de nous expliquer pourquoi la droite (américaine, mais c'est peut-être valable pour toutes les droites...) rejette la science et donc le progrès, puisque celui-ci ne peut être généré que par celle-là.

Dans Why Does the Right Reject Progress? nous avons de bonnes pistes expliquant ce phénomène qui semble être là pour quelque temps encore, pour ne pas dire pour longtemps.


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Pourquoi la droite rejette-t-elle le progrès ?

La volonté perverse de rendre l'Amérique à nouveau misérable

En début de semaine, j'ai interviewé Peter Hotez et Michael Mann, auteurs d'un nouveau livre qui sortira la semaine prochaine et qui s'intitule "Science under siege". Je publierai cette interview samedi.

Les deux hommes sont d'éminents scientifiques qui ont joué un rôle clé dans les débats sur les politiques publiques - Hotez sur les vaccins, Mann sur le changement climatique. Ils ont écrit leur livre pour lutter contre la vague de réactions contre la science. Cette vague de réactions est d'autant plus tragique qu'il y a, ou qu'il devrait y avoir, beaucoup de bonnes nouvelles en ce moment. Dans ces deux domaines, les réactionnaires tentent d'étrangler des technologies qui ont le potentiel de rendre le monde bien meilleur.

Comme le souligne Hotez, les vaccins en général ont fait d'incroyables progrès, et les nouveaux vaccins à ARNm sont un miracle scientifique et médical - pourtant RFK Jr. et ses alliés tentent de tuer les vaccins et des milliers, voire des millions de personnes. M. Mann, célèbre pour son graphique en "crosse de hockey" montrant la récente flambée des températures mondiales, a mis en évidence le danger que représente le changement climatique. Les progrès réalisés dans le domaine des énergies renouvelables ont toutefois rendu la lutte contre les émissions mondiales bien plus facile que ce que l'on imaginait - et pourtant, Trump et consorts empêchent activement l'adoption de cette avancée technologique.

Ce que j'ai réalisé après notre conversation, c'est que le problème dont ils parlent, celui des réactionnaires qui refusent d'accepter le progrès et tentent de le bloquer, va bien au-delà de leurs domaines spécifiques, et même de la science en général. L'Amérique est aujourd'hui gouvernée par des gens qui détestent le progrès sous toutes ses formes, qu'il soit économique, social ou scientifique. Ils refusent de reconnaître les progrès que nous avons accomplis sur de multiples fronts et font de leur mieux pour les inverser.

Pourquoi ? Je n'ai pas de théorie complète, seulement quelques réflexions éparses, que j'aborderai à la fin. Mais tout d'abord, permettez-moi d'expliquer le progrès que j'ai à l'esprit.

Lorsque je parle de progrès, ma référence est le début des années 1990. Pourquoi ? À cette époque, la brève euphorie de Morning in America s'était évaporée. Certes, l'inflation avait baissé et l'économie américaine s'était rapidement remise de la grave récession à double creux de 1979-1982. Mais ensuite, nous sommes revenus à une croissance molle et à une inégalité croissante des revenus, ainsi qu'à un sentiment omniprésent que l'Amérique était en train de se faire dépasser par d'autres nations.

En 1992, l'économiste Lester Thurow a connu un énorme succès de librairie avec son livre "Head to head : La bataille économique entre le Japon, l'Europe et l'Amérique", dans lequel Thurow affirmait que l'Amérique était en train de perdre. La même année, Michael Crichton a publié "Rising sun", un roman dont le postulat est que l'avenir appartient au Japon.

Comment ces prévisions se sont-elles concrétisées ? Voici le pourcentage de croissance du PIB réel entre 1992 et 2024 pour les trois pays en lice selon Thurow : le Japon, l'Union européenne et les États-Unis :

Pourcentage de variation du PIB réel, 1992-2024 (Source: World Bank)

Donald Trump affirme que d'autres pays nous ont trompés et ont profité de nous pendant toutes ces années. Si c'est le cas, ils ont fait un travail remarquablement mauvais.

Ce que ce graphique ne montre pas, mais qu'il est facile de documenter, c'est qu'une grande partie de cette surperformance américaine peut être attribuée au succès des États-Unis dans l'adoption de nouvelles technologies et l'augmentation de la productivité, ce qui leur a permis d'établir une nette avance sur les autres pays riches. La montée en puissance de la Chine constitue une nouvelle menace pour la domination américaine, mais c'est une autre histoire. Ce qui est clair, c'est que le discours catastrophiste du début des années 90 était erroné.

Il convient également de mentionner que la victoire que nous avons remportée contre l'inflation dans les années 1980 s'est avérée durable. Dans mon troisième livre sur la stagflation, j'ai noté que si l'inflation annuelle a fluctué depuis les années 1980, l'inflation attendue est restée faible et stable, en grande partie parce que les gens croient qu'une Réserve fédérale indépendante ne laissera pas l'inflation redevenir incontrôlable :

Evolution de l'inflation prévue vs l'inflation réelle (source Fred)

Je ne dis pas que tout va bien dans l'économie américaine. Les inégalités élevées et croissantes signifient que les bénéfices de la croissance ont été très inégalement partagés. Certaines régions ont été laissées pour compte, car le passage à une économie fondée sur la connaissance a laissé des parties du centre du pays - et les personnes qui y vivent - en rade. En définitive, la misère est bien plus grande que ce que devrait être une économie riche et prospère.

Pourtant, les responsables ne veulent pas reconnaître nos succès passés. En s'attaquant à la science, à l'éducation et, oui, à l'immigration - sans parler de la tentative de nous forcer à revenir à des sources d'énergie obsolètes et polluantes comme le charbon - ils font de leur mieux pour saper les piliers de ce succès. Et en s'attaquant à l'indépendance de la Fed, ils font également de leur mieux pour ramener la stagflation.

L'économie n'est pas le seul domaine dans lequel l'Amérique a défié le pessimisme qui prévalait il y a quelques décennies.

Je me moque souvent des gens de droite qui insistent sur le fait que nos grandes villes sont toutes des paysages d'enfer ravagés par la criminalité (bien que ce délire soit devenu moins drôle depuis que l'administration Trump s'en sert pour justifier l'invasion effective de Los Angeles, de Washington et bientôt, semble-t-il, de Chicago). Mais il y a 30 ou 35 ans, les grandes villes étaient bien plus proches de cette vision dystopique qu'elles ne le sont aujourd'hui. Jeff Asher a récemment publié un tableau des taux de meurtres jusqu'au mois d'août dans plusieurs grandes villes depuis 1960 :


Meurtres jusqu'en août, 1960-2025 (Source: Jeff Asher)

Il est clair que quelque chose s'est bien passé - très, très bien passé - dans les grandes villes américaines. La vérité est que nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé, mais les progrès en matière de sécurité publique et, je dirais, de qualité générale de la vie urbaine sont indéniables.

Vous direz peut-être que, peu importe les statistiques, les villes ne se sentent pas plus sûres. Pourtant, elles le sont. Essayez de lire des descriptions de la vie urbaine de la fin des années 1980 ou du début des années 1990 - par exemple, "Le Bûcher des vanités" de Tom Wolfe, publié en 1987, un peu tôt pour ma comparaison, mais assez proche. Toute l'intrigue est centrée sur la dangerosité de New York, réelle ou supposée. Un collègue dit au protagoniste du roman : "Si tu veux vivre à New York, tu dois t'isoler, t'isoler, t'isoler", c'est-à-dire te séparer des "tranchées des guerres urbaines". J'écris ces lignes depuis un café en plein air à New York, en regardant passer les piétons, et je ne vois pas de gens qui essaient désespérément de s'isoler de la vie urbaine.

Pourquoi la droite ne peut-elle pas accepter le progrès lorsqu'il se produit et essayer de s'en servir comme base pour aller de l'avant ? Cela s'explique en partie par des intérêts politiques particuliers, notamment ceux des énergies fossiles qui tentent d'empêcher l'essor des énergies alternatives. Mais je pense que cela tient surtout à des raisons viscérales. J'ai déjà écrit que les partisans de MAGA considèrent les énergies renouvelables comme un mouvement woke et insuffisamment viril : les vrais hommes brûlent des choses.

Dans le même ordre d'idées, Trump et MAGA voient tout en termes de punition et de peur. Ils ne peuvent accepter l'idée que l'Amérique a prospéré, non pas en utilisant son pouvoir pour dominer d'autres nations, mais en concluant et en respectant des accords internationaux qui ont permis de maintenir l'ouverture des marchés mondiaux. Ils ne peuvent pas accepter l'idée que nous pouvons gérer l'économie en laissant la politique monétaire entre les mains de technocrates qui n'obéissent pas aux ordres de Trump. Ils ne peuvent pas accepter l'idée que les villes peuvent être relativement sûres, non pas parce que des hommes armés gardent tout le monde en ligne, mais parce que la plupart des Américains - quelle que soit leur origine nationale ou la couleur de leur peau - sont des gens décents plus enclins à s'entendre avec leurs voisins qu'à les haïr.

L'Amérique n'est pas une utopie, loin s'en faut. Mais nous avons fait beaucoup de progrès. Malheureusement, les personnes qui sont aujourd'hui aux commandes sont déterminées à ruiner tout ce qu'elles peuvent.


mercredi 3 septembre 2025

La guerre de relations publiques de la Russie contre l'Occident

 Je ne suis pas (ou plutôt plus) abonné au New York Times mais je reçois quotidiennement le "Morning Briefing, Europe Edition" qui me permet d'un coup d'oeil de voir les principaux titres de l'actualité mondiale vue par un journal classé à gauche, c'est-à-dire ayant un penchant démocrate certain et assumé. Ainsi l'édition de ce jour traitait essentiellement de la Russie avec Putin’s Propaganda War.

Je précise au passage que pour ne pas avoir qu'un seul son de cloche je reçois également une lettre quotidienne de The Epoch Times qui est, elle, carrément pro-trumpienne même si parfois les sujets sont traités plutôt objectivement, mais quand on lit les commentaires des lecteurs abonnés (si l'on n'est pas abonné on ne peut pas commenter) le doute n'est plus permis quant au positionnement du journal en ligne que le site Media Bias/Fact Check qualifie de "source douteuse" (questionable source).

Pour en revenir au sujet de ce billet je vous livre la traduction de la lettre d'aujourd'hui consacrée à la façon dont la Russie communique avec sa population mais aussi avec les peuples "amis" tels que les Chinois pour ne citer qu'eux.


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Ce qu'une station de métro de l'enfer dit de la guerre en Ukraine


Lorsque j'ai parlé à mon collègue Ivan Nechepurenko de l'énorme festival qui a envahi Moscou cet été, sa description d'un pavillon m'a marqué : une expérience immersive du métro de New York.

Sur les images qu'Ivan m'a envoyées, des néons clignotent dans un tunnel lugubre. Le sol est sale. Des eaux usées s'accumulent dans un coin. "Bienvenue en Amérique", crie en anglais un acteur personnifiant un arnaqueur aux yeux sauvages qui vend de faux sacs de marque.

Après avoir traversé cet enfer, vous débouchez sur une station de métro moscovite. Cette station, toute de marbre et de miroirs, est impeccable et ordonnée, sans aucun fou en vue.

Ivan a écrit un excellent article sur la façon dont les autorités russes submergent les Moscovites de divertissements pour les distraire de la guerre en Ukraine. Vous pouvez regarder ma conversation avec lui ci-dessus. (c'est ici, mais à condition d'être abonné)

Mais je voudrais me concentrer sur un autre objectif de ce festival. Les autorités russes l'utilisent pour présenter Moscou - et, par extension, la Russie - comme un endroit où il fait meilleur vivre qu'en Occident.

Le message est essentiellement le suivant : "L'Occident veut vous faire croire que la Russie est arriérée, sombre et dangereuse, mais regardez ce qu'il en est réellement", m'a dit Ivan. Et c'est également ce message qui façonne la guerre.


Des récits contradictoires


La Russie met en scène sa propre résilience. Ce faisant, elle envoie un message interne : nous pouvons continuer en Ukraine jusqu'à ce que nous puissions mettre fin à la guerre selon nos propres termes. Mais cela fait également partie d'une stratégie plus large visant à faire comprendre au monde extérieur que les promesses de l'Occident s'estompent.

Ce message s'adresse, entre autres, aux 2,7 millions de touristes qui ont visité Moscou l'année dernière, pour la plupart originaires de pays non occidentaux. C'est le même message qui est régulièrement délivré par RT, le média d'État russe qui diffuse des émissions mettant en avant les démocraties occidentales en déroute.

Une partie de la force de ce récit vient du fait qu'il repose sur une certaine vérité : de nombreux pays occidentaux sont en plein désarroi. En juillet, 57 % des Russes interrogés par un institut de sondage indépendant se sont déclarés satisfaits de leur vie - le chiffre le plus élevé depuis le début de ces sondages en 1993, deux ans après la dissolution de l'Union soviétique.

Le message de la Russie est-il donc bien reçu ? Les sondages réalisés depuis l'invasion de l'Ukraine révèlent un fossé croissant dans l'opinion publique mondiale. Une étude a montré que la grande majorité des personnes vivant dans des démocraties libérales ont une opinion négative de la Russie, mais que c'est l'inverse qui est vrai dans la plupart des autres pays du monde. Parmi les 6,3 milliards de personnes qui ne vivent pas dans des démocraties libérales, la plupart ont une opinion positive de la Russie et sont sceptiques à l'égard de la démocratie.


« Des conflits politiques brûlants »


Quel est le rapport avec l'Ukraine ?

Je me suis entretenu avec Charles Kupchan, ancien conseiller en politique étrangère du président Obama et professeur à l'université de Georgetown. Je voulais savoir pourquoi les efforts du président Trump pour mettre fin à la guerre avaient donné si peu de résultats.

Ce n'est pas seulement que Trump n'a pas préparé sa rencontre avec Vladimir Poutine, a déclaré M. Kupchan. C'est aussi que le monde a changé. Les États-Unis ne peuvent plus imposer leur volonté sans contrôle. La Russie a les moyens de résister, avec l'aide d'autres pays comme la Chine, l'Inde et la Turquie, qui achètent son pétrole et l'aident à contourner les sanctions occidentales.

La diminution de l'influence de l'Amérique est principalement due à la diffusion du pouvoir et au déclin économique relatif de l'Occident. Mais elle est également due à des facteurs plus subtils. L'Occident était autrefois un club ambitieux. Aujourd'hui, les grandes démocraties occidentales, comme l'a dit Kupchan, sont "de véritables gâchis politiques". Et pour ceux qui vivent en dehors de ces démocraties, "il n'est pas évident que la démocratie soit la voie à suivre".

Ce sentiment percolant est-il la raison pour laquelle Poutine a été accueilli à Tianjin ce week-end ? Ce n'est pas quelque chose que l'on peut mesurer directement. Mais il convient de noter que pendant que Poutine tenait la main de Narendra Modi et de Xi Jinping, le gouvernement français était au bord de l'effondrement (une fois de plus) et Donald Trump promettait d'envoyer davantage de troupes dans les grandes villes américaines. Moscou, quant à elle, prépare son festival d'hiver. 


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Combien de temps durera tout ce cirque ?

La fédération de Russie a du plomb dans l'aile mais semble encore loin de l'effondrement, même si celui-ci peut arriver plus vite que ce que l'on pense (cf. l'URSS que l'on croyait éternelle dans les années 1980...)

La seule chose à faire pour le moment est d'aider autant que possible l'Ukraine à tenir. Elle a derrière elle les pays dits "occidentaux" (qui incluent le Japon ou l'Australie...) qui représentent quand même bien plus que la moitié du PIB mondial, face à la Russie dont l'economie est quasiment entièrement dédiée à l'effort de guerre, ce qui est intenable à long terme.

De plus l'Ukraine s'est en grande partie autonomisée pour ce qui est de ses vecteurs ciblant les infrastructures russes telles que les raffineries de pétrole. A ce jour environ 17% de la capacité de raffinage russe a été détruite à l'aide de drones à longue portée ou de missiles de croisière pour la très grande majorité fabriquée en Ukraine (pour les drones c'est 96%, pour le Flamingo de Fire Point c'est 100%)

Il est encore trop tôt (je me répète) pour savoir comment tout cela va finir, mais si l'on raisonne en termes de probabilités les chances de l'Ukraine sont loin d'être nulles, quant à celles de la Russie elles se rapprochent plus du zéro que du cent pour cent.


dimanche 31 août 2025

Climactualités - août 2025

 Concentration de l'atmosphère en CO₂

Global Monitoring Laboratory - Carbon Cycle Greenhouse Gases (noaa.gov)

Moyenne mensuelle récente du CO₂ à l'observatoire de Mauna Loa.

Variation de la concentration en CO₂ depuis 1960.

Les lignes et symboles rouges représentent les valeurs moyennes mensuelles, centrées sur le milieu de chaque mois. Les lignes et symboles noirs représentent les mêmes valeurs, après correction pour le cycle saisonnier moyen.

Taux de croissance annuel moyen du CO₂ au Mauna Loa.


Le graphique montre les taux de croissance annuels moyens du dioxyde de carbone pour Mauna Loa. Les moyennes décennales du taux de croissance sont également représentées sous forme de lignes horizontales pour les années 1960 à 1969, 1970 à 1979, et ainsi de suite.

Voir aussi : Mauna Loa carbon dioxide forecast for 2025 - Met Office


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Divers graphiques montrant l'évolution du CO₂ et de la température au cours des âges.

Evolution du CO₂ et de la température depuis 540 millions d'années (source confex.com)



Changement en parties par million par 1000 ans (Source Climate Central)


Source Graphic: The relentless rise of carbon dioxide – Climate Change: Vital Signs of the Planet (nasa.gov)


Concentrations de l'atmosphère en CO2 depuis 500 millions d'années (source Earth.Org)


Evolution (estimation) de la température durant les 500 millions d'années passées (source Earth.Org)


Attention ! L'échelle des abscisses des deux derniers graphiques n'est pas la même !


Liens utiles (tirés de ens-lyon.fr) :


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ENSO


Final La Niña Advisory

After just a few months of La Niña conditions, the tropical Pacific is now ENSO-neutral, and forecasters expect neutral to continue through the Northern Hemisphere summer.

Après seulement quelques mois de conditions La Niña, le Pacifique tropical est maintenant ENSO neutre, et les prévisionnistes s'attendent à ce que cette neutralité se poursuive tout au long de l'été dans l'hémisphère nord.


Index ENSO de 2016 à 2025 (source weather.plus)

Index ENSO de 1950 à 2025 (source weather.plus)


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GISS L-OTI anomalies de températures vs 1881-1910

data.giss.nasa.gov


Ecarts de températures pour juillet 2025 par rapport à la période de référence 1881-1910.

Rappel des années précédentes avec leur classement :

  • année 2024 : 1.54 => 1
  • année 2023 : 1.43 => 2
  • année 2022 : 1.13 => 7
  • année 2021 : 1.11 => 8
  • année 2020 : 1.24 => 4
  • année 2019 : 1.21 => 5
  • année 2018 : 1.08 => 9 
  • année 2017 : 1.17 => 6 
  • année 2016 : 1.26 => 3


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NASA Earth observatory

World of Change: Global Temperatures

Ecarts de températures par rapport à la période de référence 1951-1980.


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NASA Gistemp

Data.GISS: GISS Surface Temperature Analysis (v4): Analysis Graphs and Plots

Indice de température terre-océan, de 1880 à aujourd'hui, avec la période de référence 1951-1980.


Moyenne annuelle et quinquennale de la température de l'air en surface dans les 48 États contigus des États-Unis (1,6 % de la surface de la Terre) par rapport à la moyenne de 1951-1980.

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NOAA

Climate change: global temperature | NOAA Climate.gov

Température de surface annuelle entre 1880 et 2024 comparée à la moyenne du 20e siècle (1901-2000).


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HadCRUT

tempts_decadesmooth_global.png (2141×865)

Analyse de la température de l'air à la surface du globe (période de référence 1961-1990)

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Elévation du niveau moyen des mers

Mean Sea Level: Aviso+ (altimetry.fr)

Depuis le début des mesures altimétriques par satellite en 1993, le niveau moyen global des mers s'est élevé de plus de 10 cm.

Niveau moyen global de référence (GMSL) basé sur les données des missions TopEx/Poseidon, Jason-1, Jason-2, Jason-3 et Sentinel-6MF de janvier 1993 à aujourd'hui, après élimination des signaux annuels et semi-annuels en appliquant un filtre de 6 mois et une correction pour le rebond postglaciaire (mis à jour le 15/07/2025)


Depuis 1993 :

Depuis 1993 : 3,63 mm / an (source Aviso)


Sur les 10 dernières années :

Sur les 10 dernières années : 4,04 mm / an (source Aviso)
Sur les 5 dernières années :

Sur les 5 dernières années : 3,88 mm / an (source Aviso)


Résumé :

  • depuis 1993 (début des mesures)...........+3,63 par an ;
  • depuis 10 ans...................................+4,04 par an ;
  • depuis 5 ans....................................+3,88 par an.


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Polar Science Center

psc.apl.uw.edu


Evolution du volume de la banquise arctique de PIOMAS par rapport à la moyenne de la période 1979-2023.


11. Moyenne annuelle du volume de glace de mer de PIOMAS


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Polar Portal

Greenland: Polar Portal

  • Conditions de surface du Groenland :
Bilan de masse de surface du Groenland (journalier)

La carte illustre comment la surface de la calotte glaciaire du Groenland gagne et perd de la masse chaque jour. Cette différence entre les chutes de neige et le ruissellement est connue sous le nom de bilan massique de la surface. Elle est toujours positive au cours d'une année car toute la neige tombée ne s'écoule pas à nouveau de la calotte glaciaire.

Le bilan massique de surface n'est PAS identique au bilan massique TOTAL (c'est-à-dire le gain ou la perte globale de la calotte glaciaire), qui comprend également la masse perdue lorsque les glaciers vêlent des icebergs, la fonte des langues de glacier lorsqu'elles entrent en contact avec l'eau de mer chaude et les effets de friction et autres au fond de la calotte glaciaire.

Bilan de masse de surface du Groenland (cumul)

  • Changement de masse du Groenland :
Changement de masse du Groenland et impact sur le niveau des mers


La carte et le graphique montrent l'augmentation de la masse de glace lorsqu'il y a des précipitations, et la quantité de cette masse qui est perdue lorsque la neige et la glace fondent et lorsque des icebergs se détachent des principaux glaciers de sortie de la calotte glaciaire. La différence entre ces changements de masse au cours d'une année glaciologique (septembre-août) est appelée le bilan massique total de l'inlandsis groenlandais.

Tous les changements sont donnés par rapport à avril 2002.

Sur la base de ces données, on constate qu'au cours de la période 2003-2011, l'inlandsis groenlandais a perdu 234 km3 d'eau par an, ce qui correspond à une contribution annuelle à l'augmentation moyenne du niveau de la mer de 0,65 mm (Barletta et al. (2013).


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Arctic Data archive system (ADS)

ads.nipr.ac.jp/vishop/#/extent

Evolution de l'étendue de la banquise arctique.


Evolution de l'étendue de la banquise antarctique.

Evolution globale des deux banquises arctique et antarctique.


Voir également


Historique des Climactualités (l'Arctique est mentionné en premier ; en bleu les valeurs minimales, en jaune les maximales ; la valeur entre parenthèses est la variation par rapport à l'année précédente)

Valeurs en millions de km².

Moyenne des années 1980 à la même date : 7,43 + 18,21 = 25,64 (+3,70)

Août 2025 : 4,67 + 17,27 = 21,94 (+0,75)
Juillet 2025 : 6,32 + 15,50 = 21,81 (+0,73)
Juin 2025 : 8,77 + 13,40 = 22,18 (-0,08)
Mai 2025 : 11,16 + 10,44 = 21,60 (NB : j'ai reconstitué les valeurs de mai a posteriori)
Avril 2025 : 12,81 + 7,57 = 20,39 (-0,12)
Mars 2025 : 13,34 + 4,22 = 17,56 (-0,75)
Février 2025 : 13,30 + 2,13 = 15,43 (-1,25)
Janvier 2025 : 12,84 + 3,26 = 16,10 (-0,09)
Décembre 2024 : 11,78 + 7,10 = 18,88 (-0,32)
Novembre 2024 : 9,83 + 12,55 = 22,38 (-0,01)
Octobre 2024 : 7,33 + 15,94 = 23,27 (-0,54)
Septembre 2024 : 4,33 + 17,05 = 21,38 (+0,14)
Août 2024 : 4,26 + 16,93 = 21,19 (+0,26)
Juillet 2024 : 6,14 + 14,94 = 21,08 (-0,30)
Juin 2024 : 9,36 + 12,90 = 22,26 (+0,90)
Mai 2024 : site en maintenance
Avril 2024 : 12,82 + 7,69 = 20,51 (+0,92)
Mars 2024 : 14,12 + 4,19 = 18,31 (+0,57)
Février 2024 : 14,25 + 2,43 = 16,68 (+0,67)
Janvier 2024 : 13,56 + 2,63 = 16,19 (+0,55)
Décembre 2023 : 12,49 + 6,71 = 19,20 (+1,67)
Novembre 2023 : 10,01 + 12,38 = 22,39 (-1,04)
Octobre 2023 : 8,14 + 15,67 =23,81 (-0,98)
Septembre 2023 : 4,46 + 16,78 = 21,24 (-1,73)
Août 2023 : 4,56 + 16,37 = 20,93 (-1,64)
Juillet 2023 : 6,78 + 14,60 = 21,38 (-1,24)
Juin 2023 : 9,34 + 12,02 = 21,36 (-1,32)
Mai 2023 : 11,29 + 9,70 = 20,99 (-1,09)
Avril 2023 : 12,87 + 6,72 = 19,59 (-0,75)
Mars 2023 : 13,71 + 4,02 = 17,74 (-0,21)
Février 2023 : 13,97 + 2,04 = 16,01 (-0,30)
Janvier 2023 : 13,13 + 2,51 = 15,64 (-1,05)
Décembre 2022 : 12,13 + 5,41 = 17,53 (-1,29)
Novembre 2022 : 10,19 + 13,24 = 23,43 (-0,84)
Octobre 2022 : 8,10 + 16,69 = 24,79 (-0,15)
Septembre 2022 : 5,01 + 17,97 = 22,97 (-0,11)
Août 2022 : 5,06 + 17,51 = 22,57 (-1,05)
Juillet 2022 : 6,74 + 15,88 = 22,62 (-1,15)
Juin 2022 : 9,32 + 13,36 = 22,68 (-1,22)
Mai 2022 : 11,60 + 10,49 = 22,08 (-0,87)
Avril 2022 : 12,84 + 7,50 = 20,34 (-0,96)
Mars 2022 : 13,79 + 4,16 = 17,95 (-1,20)
Février 2022 : 14,14 + 2,17 = 16,31 (-0,44)
Janvier 2022 : 13,70 + 3,00 = 16,69 (-0,23)
Décembre 2021 : 12,50 + 6,32 = 18,82 (-0,32)
Novembre 2021 : 10,79 + 13,48 = 24,27 (+0,37)
Octobre 2021 : 7,97 + 16,98 = 24,94 (+0,99)
Septembre 2021 : 5,04 + 18,04 = 23,08 (+0,20)
Août 2021 : 5,05 + 18,57 = 23,62 (+1,14)
Juillet 2021 : 6,38 + 17,39 = 23,77 (+1,48)
Juin 2021 : 9,09 + 14,81 = 23,90 (+0,33) 
Mai 2021 : 11,29 + 11,66 = 22,95 (+0,54)
Avril 2021 : 12,82 + 8,48 = 21,3 (+0,78)
Mars 2021 : 13,62 + 5,53 = 19,15 (+0,65)
Février 2021 : 13,73 + 3,02 = 16,75 (-0,35)
Janvier 2021 : 13,43 + 3,50 = 16,92 (-0,13)
Décembre 2020 : 12,07 + 7,07 = 19,14 (+0,23)
Novembre 2020 : 9,71 + 14,19 = 23,90 (+0,77)
Octobre 2020 : 6,02 + 17,94 = 23,95 (-0,33)
Septembre 2020 : 4,08 + 18,81 = 22,88 (+0,22)
Août 2020 : 4,06 + 18,43 = 22,48 (+0,26)
Juillet 2020 : 5,78 + 16,51 = 22,29 (-0,17)
Juin 2020 : 9,18 + 14,39 = 23,57 (+0,80)
Mai 2020 : 10,83 + 11,58 = 22,41 (+1,35)
Avril 2020 : 12,60 + 7,92 = 20,52 (+1,30)
Mars 2020 : 13,56 + 4,94 = 18,50 (+0,94)
Février 2020 : 14,30 + 2,81 = 17,10 (+0,64)
Janvier 2020 : 13,63 + 3,42 = 17,05 (+0,56)
Décembre 2019 : 12,26 + 6,65 = 18,91 (+0,99)
Novembre 2019 : 9,85 + 13,27 = 23,13 (-0,67)
Octobre 2019 : 7,06 + 17,21 = 24,28 (+0,01)
Septembre 2019 : 4,31 + 18,35 = 22,66 (-0,03)
Août 2019 : 4,34 + 17,89 = 22,23 (-0,27)
Juillet 2019 : 6,08 + 16,39 = 22,46 (-0,65)
Juin 2019 : 9,09 + 13,68 = 22,77 (-1,01)
Mai 2019 : 10,88 + 10,18 = 21,06 (-0,61)
Avril 2019 : 12,56 + 6,66 = 19,22 (+1,07)
Mars 2019 : 13,73 + 3,83 = 17,56 (+0,19)
Février 2019 : 14,02 + 2,44 = 16,46 (+0,47)
Janvier 2019 : 13,48 + 3,01 = 16,49 (+0,35)
Décembre 2018 : 11,85 + 6,07 = 17,92 (-0,97)
Novembre 2018 : 10,54 + 13,26 = 23,8 (+0,48)
Octobre 2018 : 7,18 + 17,09 = 24,27 (-0,82)
Septembre 2018 : 4,68 + 18,01 = 22,69
Août 2018 : 4,8 + 17,7 = 22,5
Juillet 2018 : 6.67 + 16.44 = 23.11
Juin 2018 : 9.19 + 14.59 = 23.78
Mai 2018 : 11.02 + 10.65 = 21.67
Avril 2018 : 12.82 + 6.33 = 18.15
Mars 2018 : 13.87 + 3.50 = 17.37
Février 2018 : 13.68 + 2.31 = 15.99
Janvier 2018 : 12.68 + 3.46 = 16.14
Décembre 2017 : 11.76 + 7.13 = 18.89
Novembre 2017 : 10.07 + 13.25 = 23.32
Octobre 2017 : 7.82 + 17.27 = 25.09
Septembre 2017 : pas de stats